Allez au chapitre précédent
/ Allez au chapitre suivant
Retournez au sommaire de La controverse sur l'extermination
des juifs par les Allemands, Tome 2 : Réalités
de la "Solution finale"
Annexe 4 - Les Einsatzgruppen
Selon Hilberg (lequel affirme qu'il est mort 5.100.000 juifs
au total), les commandos SS auraient assassiné méthodiquement par
« fusillades à ciel ouvert » plus de 1.300.000 juifs surtout
soviétiques (2.000.000, disent même ceux qui en sont encore à 6 millions de
morts). Or, il se fait qu'on possède des rapports d'activités chiffrés des Einsatzgruppen,
rapports qui furent produits à Nuremberg : ces petites unités de lutte contre
la guérilla y indiquaient les pertes qu'elles avaient infligées à l'ennemi et
on peut penser qu'elles aussi, en profitaient pour se mettre en valeur aux yeux
de leurs chefs. [1] Les historiens les moins extravagants (et même parfois les
autres) en conviennent ; Weber et Christie, au procès Zündel, ont cité Paget,
historien anglais, qui à l'époque où il était député travailliste, assura
avec succès la défense du maréchal von Manstein qu'on accusait de complicité
avec les Einsatzgruppen ; Paget avait bien étudié la question et, sans
être réfuté, était arrivé à la conclusion qu'en moyenne, les chiffres
revendiqués par les Einsatzgruppen étaient au moins multipliés par 10
! Parfois même, leurs exagérations étaient incroyables : ainsi
revendiquèrent-ils 10.000 morts juifs à Simféropol (Crimée) en novembre 41
alors qu'ils n'avaient pas abattu 300 personnes, lesquelles n'étaient
d'ailleurs pas toutes juives. Bref, malgré tout ce qu'on peut reprocher à bon
droit aux Einsatzgruppen et aux autres forces de police allemandes, on
est très loin d'arriver à un chiffre de l'ordre de celui que retient Hilberg.
[2]
Les rapports d'activité des Einsatzgruppen étaient journaliers et mensuels ; ils
cessèrent à fin mai 42 ; ils étaient transmis par radio à un service berlinois qui
les diffusaient en 60 à 100 exemplaires et sous une forme non codée, ce qui
est tout à fait contraire aux théories historiennes sur la pratique du secret
et du codage par la SS. Non seulement les Einsatzgruppen exagéraient
leurs crimes mais, en outre, ils les proclamaient urbi et orbi ! Aveuglé par le
dogmatisme, Reitlinger ne pouvait que constater : « Il n'est pas facile
de comprendre pourquoi les assassins ont laissé un témoignage aussi abondant
derrière eux (...) ».
En réalité, les Einsatzgruppen SS avaient été créées en mai 41
(c'est-à-dire à la veille et, donc, en vue de l'attaque contre l'URSS et non
pas, vraisemblablement dans le cadre d'une politique d'extermination) ; elles
étaient au nombre de 4 (A,B,C,D), étaient motorisées, étaient constituées
chacune de 200 à 500 combattants (en décomptant les chauffeurs, les
secrétaires, etc.) et étaient chargées d'assurer la police à l'arrière du
front en attendant la mise en place d'une nouvelle administration, ce qui
revient à dire qu'elles avaient à lutter contre les partisans soviétiques et
cela, dans un territoire des dizaines de fois plus grand que la Belgique ... Le
groupe D, par exemple, avait 400 à 500 hommes et plus de 170 véhicules dont
beaucoup de blindés légers : ceci indique bien que c'étaient des unités
destinées à se déplacer rapidement dans une chasse à des partisans réputés
mobiles et donc, des unités a priori peu aptes à une mission d'extermination
d'une population civile. A partir de 41/42, d'autres unités allemandes (police
d'ordre, gendarmerie, unités de l'armée de lutte contre les partisans, qui,
toutes, employaient de très nombreux supplétifs indigènes) participèrent
aussi au maintien de l'ordre (c'est-à-dire a priori au massacre de nombreux
innocents civils) mais les historiens ont trouvé commode de tout imputer aux
seuls Einsatzgruppen.
Pour bien
comprendre le rôle joué par les Einsatzgruppen
en URSS, il faut d'abord réviser une idée reçue, à savoir que les Allemands
auraient conquis l'ouest de l'URSS jusqu'à Moscou ; c'est là une apparence,
les Allemands n'ayant fait que traverser cette immense région, ce qui n'est pas
la même chose. En fait, le terrible hiver 41/42 avait chassé les Allemands des
campagnes vers les villes ; ce retrait avait permis à une partie du million de
soldats soviétiques errants à l'arrière des troupes allemandes de se
regrouper dans les vastes forêts et les immenses marais soviétiques (notamment
les marais du Pripet ou de Pinsk, à cheval sur la Biélorussie et l'Ukraine).
De ces bases inexpugnables, ces partisans attaquaient avec efficacité les voies
de communication allemandes et même les petites unités de la Wehrmacht. Les
3.000 Einsatzgruppen n'arrivaient évidemment
pas à contrôler la situation et tout ce qu'ils pouvaient faire était de
courir d'un point de sabotage à l'autre et d'y pratiquer des représailles
qu'ils espéraient exemplaires. Fatalement, ces représailles visaient les juifs
pour la raison qu'ils étaient considérés comme les pires ennemis des
Allemands : ils étaient censés constituer l'âme du « judéo-communisme » et
le fer de lance des armées soviétiques au point que tout commissaire politique
ou tout partisan était censé être juif ; ils animaient la coalition
antiallemande et d'ailleurs, n'avaient-ils pas, à titre personnel, déclaré la
guerre à l'Allemagne ? Les masses ukrainiennes, biélorusses et baltes, par
contre, avaient souvent accueilli les troupes allemandes avec sympathie ; elles
redoutaient davantage les « judéo-communistes » que les Allemands ; bref,
elles n'étaient pas susceptibles de constituer l'objet de représailles
efficaces. Ces massacres n'étaient donc en aucune façon des massacres gratuits et ils ne s'inscrivaient absolument pas dans le cadre d'une
politique d'extermination contrairement à ce que prétendent les historiens.
Une des versions révisionnistes est que les massacres gratuits de communautés juives dans la région (c'est-à-dire en dehors des bavures de
la lutte antiguérilla, des opérations de représailles, d'opérations sanitaires et autres, toutes opérations qu'on ne pourrait
déjà pas justifier la plupart du temps) furent surtout le fait des autochtones
(Ukrainiens et surtout Baltes) et plus particulièrement, puisqu'ils étaient
armés, de ces supplétifs ; ces gens profitèrent de la situation pour régler
de vieux comptes et assouvir leur haine des juifs, qu'eux aussi, assimilaient
souvent aux communistes du fait de leur sur-représentativité dans les rangs du
PC et dans l'administration soviétique, notamment la police politique, laquelle
s'était tristement illustrée dans les Pays baltes en 39/41 (déportations
massives vers la Sibérie des opposants potentiels au communisme). Certes, ces
gens étaient des antisémites traditionnels mais c'étaient aussi des
nationalistes pour qui le communisme était un système d'oppression imposé par
un occupant honni ; dans une telle vision, les juifs apparaissaient comme des
oppresseurs, des collaborateurs et des traîtres qu'il fallait châtier.
La responsabilité des autochtones dans les
massacres de juifs est si grande qu'elle ressortait avec éclat des témoignages
recueillis après-guerre par l'équipe de Ehrenbourg et Grossman pour la rédaction
du « Livre Noir » sur l' « extermination scélérate des juifs par
les envahisseurs fascistes allemands ». De la sorte, un rapporteur de la
commission chargée de cette rédaction, soulignant le principal défaut du
livre, disait : « Il est indispensable de réviser très soigneusement tous
les documents et récits, surtout ceux concernant l'Ukraine (...) afin qu'on ne
puisse pas s'imaginer que les éléments antisoviétiques locaux ont joué un rôle
primordial dans l'anéantissement de la population juive. » (selon Ilya
Altman dans une des préfaces de la version française du « Livre Noir
»).
Toutefois, ces massacres furent souvent encadrés par la SS (quand elle ne les
organisait pas) et même, parfois, par la Wehrmacht. Il y eut bien quelques
protestations indignées de la part de généraux allemands mais, dans
l'ensemble, les meilleurs fermèrent les yeux et ordonnèrent à leurs troupes
d'en faire autant. De toutes façons, responsables de l'ordre dans les
territoires occupés, les Allemands portent toute la responsabilité de ces
horreurs. Mais il ne faudrait pas pour autant en rajouter ainsi que le font sans
vergogne les historiens-prêtres de la Shoah.
NOTES
| [1] |
Les Einsatzgruppen ont émis deux sortes de rapports :
|
| [2] |
Un exemple tiré de la lecture de Reitlinger :
Le 31/1/42, dit l'historien judéo-anglais, Stahlecker revendiquait 171.661 exécutions
de juifs lettons et lithuaniens, « un nombre certainement exagéré
pour impressionner Heydrich ». En effet, ajoute-t-il, il y avait
248.200 juifs en 1935 dans les deux pays, dont 60.000 à 70.000 avaient été
déportés ou évacués par les Soviétiques et 50.000 auraient encore bien pu
être en vie à ce moment-là. Les 171.661 de Stahlecker se réduisent donc
déjà à 128.200/138.200 (soit 248.200 - 60.000/70.000 - 50.000), mais, quelques pages plus haut, Reitlinger
précisait qu'il était « certain » que le chiffre de 248.200
juifs de 1935 avait diminué avant l'arrivée des Soviétiques du fait de
l'émigration, ce qui réduit encore les prétentions de Stahlecker. Et ce n'est
pas tout : en note de bas de page, Reitlinger se souvenait tout à coup de de ce
que les ghettos de Memel, Suwalki et Grodno (villes détachées de la Lithuanie
-d'après lui- et rattachées au Reich) auraient pu abriter un grand
nombre de juifs lithuaniens, de sorte qu'il aurait bien pu y avoir « un
nombre [de survivants] de loin supérieur » aux 50.000 qu'il
retenait plus haut. De la sorte, le total des morts qu'aurait pu revendiquer
Stahlecker doit être très en dessous de 100.000 et même apparemment près de
50.000 (en admettant, bien entendu, que les Soviétiques n'en aient pas
déporté et évacué plus de 60 à 70.000 !). |
Allez au chapitre précédent
/ Allez au chapitre suivant
Retournez au sommaire de La controverse sur l'extermination
des juifs par les Allemands, Tome 2 : Réalités
de la "Solution finale"