Traduit de l'anglais
PRISONNIERS DU SILENCE
DANS UN PETIT CIMETIÈRE DU KANSAS, 14 TOMBES DE PRISONNIERS DE GUERRE ALLEMANDS SONT LÀ POUR RAPPELER L'UN DES DERNIERS ÉVÉNEMENTS PASSÉS SOUS SILENCE DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE.
Nous reproduisons ci-dessous un article de David Lamb,
extrait du Los Angeles Times du 30 novembre 1990 et reproduit en
septembre 1991 par le GANPAC Brief de Santa Monica (Californie). David
Lamb précise qu'il a bénéficié de la collaboration, sur place à Berlin, de
son confrère de la rédaction Tyler Marschall.
Cet article est à rapprocher de la recension du livre de l'Américain James
Bacque sur la question des prisonniers de guerre américains, que nous avons
publiée dans notre première livraison, p. 150-160.
LEAVENWORTH, Kansas — Aucune femme, aucun enfant ne repose
dans le petit cimetière du sommet de la colline qui surplombe le Missouri, mais
seulement des prisonniers militaires, au nombre d'environ 240, dont les âmes
restent pour toujours entachées de quelque action déshonorante qui les aura
finalement conduits dans cette terre abandonnée de Dieu.
A l'inverse de l'ancien cimetière national situé à 800 mètres de là, ce
lieu attire peu de visiteurs ; aucune fleur n'est déposée sur ce sol
infortuné. Les petites pierres tombales ne portent qu'un nom et une date de
décès, mais c'est ce qui appela l'attention, il y a dix ans, du sergent Ken
Knox, du service de la commutation des peines du quartier disciplinaire de Fort
Leavenworth, et déclencha en lui cette obsession pour l'un des derniers
événements passés sous silence de la seconde guerre mondiale.
«Viens voir ! Regarde-ça !» dit Knox à sa femme, Dianne, alors qu'ils
roulaient à bicyclette un dimanche autour de la base.
Dans un coin à part, séparées des autres tombes, il y avait 14 pierres
tombales portant chacune un nom allemand à demi effacé avec la même date, le
25 août 1945.
La première pensée de Knox fut que ces gens avaient dû mourir dans un
accident d'autobus, mais il apprit bientôt qu'il était tombé par hasard sur
les tombes des seuls prisonniers de guerre à avoir été exécutés aux
États-Unis. En fouillant dans les archives et les bibliothèques, il découvrit
que bien des questions troublantes de caractère moral se posaient encore sur
les circonstances de leur pendaison.
De son bureau du deuxième étage, il avait l'habitude de regarder la cour de la
prison, et il imaginait Walter Beyer et Otto Stengel ainsi que les douze autres
marins et soldats allemands, les menottes aux mains, chacun escorté de huit
hommes et se dirigeant vers une potence de fortune que les autorités du fort
avaient fait dresser dans la cage du monte-charge d'un ancien entrepôt. C'est
tout juste s'il n'entendait pas l'aumônier épiscopal, John Sagar, en train de
réciter le Psaume 130, la litanie de ceux qui vont mourir : «Du fond de
l'abîme, je crie vers toi, ô Seigneur. Seigneur, entends ma voix…»
«Je ne conteste pas leur culpabilité, mais seulement l'injustice», déclare
Knox, qui vit à présent à Sacramento. «Ces gars ne sont pas à leur place
dans ce cimetière. C'étaient des militaires honorables et, qu'ils aient eu
raison ou tort, si l'Allemagne avait gagné la guerre, on leur aurait donné une
médaille. On devrait les réenterrer en Allemagne, dans un lieu digne de
respect. C'est tout ce à quoi je m'emploie. En outre, ils ont été exécutés
une fois la guerre terminée, ce qui soulève beaucoup de questions sur le fait
de savoir s'ils n'ont pas été victimes d'un désir de vengeance de la part de
la société contre tous les Allemands.»
Les 14 condamnés — dont l'un était épicier dans la vie civile, l'autre
tailleur, un autre mécanicien — faisaient partie des 400 000 Allemands
détenus prisonniers au cours de la seconde guerre mondiale dans les 500 camps
disséminés à travers les États-Unis. Les prisonniers allemands travaillaient
dans les champs de blé du Kansas, farcissaient les olives de piments espagnols
au Texas, réparaient des véhicules de l'armée en Virginie, cousaient des
uniformes de l'armée américaine dans le Maryland ou encore cueillaient des
petits pois au nord de New York.
Vers la fin de la guerre, aidés par les tailleurs des prisons qui leur
procuraient des vêtements civils et par des artistes qui leur fournissaient de
faux documents, des Allemands s'évadaient du camp à raison d'une centaine par
mois, souvent pour se mêler à la société américaine.
Les officiers de renseignement américains travaillaient dur pour recruter des
«moutons» parmi les prisonniers nouvellement arrivés et, dans des cellules
pour deux où avaient été cachés des microphones, ils plaçaient avec eux des
détenus qui ne se doutaient de rien. Les renseignements recueillis se
révélèrent inestimables pour l'effort de guerre des Alliés. L'un des
moutons, Johannes Kunze, transmit ainsi des détails sur le camouflage de
Hambourg prévu pour tromper les pilotes des bombardiers britanniques — la
toiture de la gare ferroviaire avait été peinte pour ressembler à une
autoroute, le lac avait été recouvert — et d'autres établirent l'identité
de certains chefs de camp nazis et firent partager des secrets sur la stratégie
des sous-marins allemands [U-Boot].
Le 4 novembre 1943, à 10 heures du soir, Walter Beyer, l'un des prisonniers
allemands de Camp Gruber, à Tankowa, dans l'Oklahoma, sergent-chef âgé de
trente ans capturé en Afrique du Nord, ordonna à sa compagnie de se rassembler
dans le hall du réfectoire. Johannes Kunze fut un des derniers à y pénétrer.
Le visage blême et en sueur, il s'assit à une table près de la porte. Beyer
leva les bras pour montrer deux textes d'une écriture identique — l'un, non
signé, renfermait une brève description du camouflage de Hambourg, l'autre
était une lettre signée de Kunze adressée à sa femme à Leipzig.
«Camarades,» dit Beyer, dont l'épouse et le fils Edgar, âgé de deux ans,
vivaient à Hambourg, «je suis désolé et je suis blessé au fond de moi-même
d'être obligé de vous apprendre une triste nouvelle, et le cas est si grave
que je ne suis pas en mesure de porter moi-même un jugement. Aussi cruel que
cela puisse paraître, un traître s'est glissé parmi nous.»
Beyer avait à peine terminé que quelqu'un s'écria : «C'est lui !
Empêchez-le de sortir !» et une vingtaine d'hommes se précipitèrent sur
Kunze, qui se débattit sauvagement pour échapper aux poings et aux pieds de
ceux qui le tourmentaient. Il mourut peu de temps plus tard d'une fracture du
crâne et d'une hémorragie cérébrale. Beyer, comme le révéla plus tard un
témoin devant le tribunal, n'avait pas participé à la bagarre.
Au cours des cinq mois qui suivirent, trois autres informateurs furent
assassinés au cours d'incidents sans aucun lien entre eux dans les camps de
prisonniers de guerre de Florence, dans l'Arizona, de Camp Chaffee, dans
l'Arkansas et d'Aiken, en Caroline du Sud.
Ces assassinats conduisirent à des enquêtes interminables — Otto Stengel,
l'un des suspects, n'avoua qu'après avoir été forcé de porter un masque à
gaz bourré d'oignons et d'ail — et finalement 14 Allemands furent envoyés à
Fort Leavenworth pour y être pendus après avoir été déclarés coupables par
quatre cours martiales différentes.
Chacun prétendait avoir agi comme l'aurait fait n'importe quel soldat loyal.
«Je ne suis pas un assassin», déclara au tribunal le sergent Erich Gauss, 32
ans, épicier, «je me suis simplement battu pour l'honneur de ma patrie et par
respect pour ma qualité de soldat, et j'estime que tout soldat allemand
honnête aurait agi de la sorte…»
La défense des Allemands fonda son argumentation sur le fait que les victimes
étaient des traîtres et que les prisonniers de guerre avaient pour obligation
d'empêcher toute trahison dirigée contre leur patrie. Pour défendre Beyer et
les quatre autres soldats accusés d'avoir tué Kunze, le gouvernement désigna,
à temps partiel, le lieutenant-colonel Alfred Petsch, qui se décrivait
lui-même comme avocat de province et fermier et qui déclara à une commission
de révision qu'il n'avait «pratiquement aucune expérience dans ce genre
d'affaire». Le procureur était l'un des juristes les plus respectés de
l'armée américaine, le lieutenant-colonel Leon Jaworski, lequel devait
devenir, par la suite, procureur spécial dans l'affaire du Watergate.
Ken Knox, dont le père, aviateur, fut décoré pour sa conduite en Corée, et
qui servit lui-même en Corée après la paix et au Vietnam pendant la guerre,
est aujourd'hui retraité militaire après une carrière de 22 ans dans l'armée
; il travaille comme sableur au Dépôt de l'armée de Sacramento.
Il a rassemblé 4 000 documents, dont un grand nombre au titre de la loi sur la
liberté de l'information, et a réussi péniblement à composer un livre de 159
pages. Soir après soir, il s'asseoit devant son ordinateur, tout en examinant
minutieusement les dépositions et les rapports déclassés de l'armée, et se
demandant s'il n'aurait pas laissé échapper quelque indice qui prouverait
l'injustice de ces morts allemandes. Des amis lui disent : «Qu'est-ce que tu
fais de tes Allemands aujourd'hui ?» mais, dit-il, «cela ne les intéresse pas
vraiment».
«Je ne peux pas expliquer pourquoi cette affaire est devenue si importante pour
moi, je n'y arrive pas», dit Knox, «mais c'est comme un ulcère. Je pense sans
cesse aux familles en Allemagne auxquelles on a raconté que leur père ou leur
grand-père était mort comme criminel, alors que ce n'est pas du tout le cas.
Les Américains qui auraient agi comme eux, nous les considérerions comme des
héros.»
Les Allemands ont traîné pendant une année dans le Couloir de la Mort de Fort
Leavenworth. Pendant ce temps-là, 15 Américains, sur les 90 000 qui étaient
retenus prisonniers en territoire allemand, furent également condamnés à
mort, et Washington et Berlin, par l'intermédiaire d'autorités helvétiques,
entamèrent des négociations en vue d'un échange de prisonniers. Les deux
parties se mirent d'accord pour ne procéder à aucune exécution jusqu'à la
fin des négociations.
«Aucune condamnation à mort prononcée contre des prisonniers de guerre
allemands dans notre pays ne sera appliquée», affirmait un message classé
secret provenant du chef-assistant d'état-major [américain] et adressé aux
autorités de Fort Leavenworth le 28 avril 1945, «…jusqu'à nouvel ordre de
la division du personnel.»
Neuf jours plus tard, la guerre en Europe se terminait avec la reddition de
l'Allemagne. Les 15 Américains condamnés à mort furent rendus au commandement
allié, et le président Harry S. Truman signa les ordres d'exécution des
Allemands, et ce en dépit du fait qu'une commission de révision avait
préconisé la commutation de la peine de mort en peine de prison à
perpétuité.
Minuit venait de sonner, le 10 juillet, quand on vint chercher dans leur
cellule, après un repas composé d'un ragoût, de riz à la vapeur et d'un
gâteau, le premier contingent de cinq prisonniers allemands, tous anciens
membres du célèbre Afrika Korps de Rommel.
Un peu moins de 300 mètres séparaient l'aile du bâtiment de Fort Leavenworth
réservée aux régimes cellulaires, appelée le Château, de la potence
élevée dans l'entrepôt ; sous un brillant clair de lune, accompagnés d'un
prêtre catholique et d'un aumônier épiscopal, les prisonniers traversèrent
la cour que le sergent Ken Knox contemplerait pendant des heures plusieurs
années plus tard. Sur leur demande, ils portaient tous leur uniforme militaire.
Le sergent Walter Beyer fut le premier à s'approcher des soldats américains
qui attendaient près de la corde.
«Le prisonnier n'avait pas l'air très robuste et il avait les traits tirés»,
devait rapporter le lendemain William H. Radford dans le Kansas City Star.
«Une barbe noire, de la même couleur que ses cheveux, indiquait qu'il ne
s'était pas rasé depuis au moins 12 heures. Ses yeux étaient ceux d'un animal
pris au piège. Ils se déplaçaient nerveusement de droite à gauche. Mais il
ne tourna jamais la tête et conserva fièrement le menton relevé…
«Un sous-officier qui se trouvait près de lui ôta à Beyer sa casquette et
lui enfila une cagoule noire sur la tête. Un brusque commandement retentit,
"A droite, en avant, marche", et le Nazi pivota sur son talon droit,
en cadence avec l'escorte des soldats qui le firent pénétrer dans le
bâtiment, et descendit les 10 mètres restants vers la potence. Son attitude
fut une attitude militaire jusqu'à la fin.»
La femme de Beyer comprenait que quelque chose n'allait pas du tout en ce début
de printemps 1945, car elle ne recevait plus de lettres de son mari. Mais il
s'écoula une année avant qu'elle n'apprenne qu'il était mort, et bien
d'autres encore avant qu'elle ne connaisse les circonstances de sa mort. A cette
époque, elle n'avait pas les moyens de se rendre aux États-Unis pour réclamer
le corps de son mari.
«Je me souviens encore de l'instant où Mère a découvert que mon père était
mort,» déclara Edgar, 49 ans, unique enfant de Beyer, sous-directeur d'une
banque de Hambourg. «J'avais 5 ans. Elle était en train de faire cuire des
haricots dans l'arrière-cour quand est arrivée la nouvelle, sur une simple
carte postale, sans enveloppe. Elle la lut et commença à trembler. Elle laissa
échapper un gémissement que je n'oublierai jamais. Il a dû durer de 5 à 10
minutes. J'ai cru qu'elle allait mourir.»
La carte postale — Beyer le rappela dans une interview téléphonique —
était laconique. Datée du 2 août 1946, elle ne donnait aucun détail, si ce
n'est la notification de la mort et sa date. Ultérieurement, elle fut suivie
d'un certificat de décès et d'un mot de la Croix-Rouge spécifiant qu'on ne
disposait d'aucun autre renseignement.
Pendant plus de vingt ans, Mme Beyer ne fit partager son secret à personne et
ce fut seulement lorsqu'Edgar Beyer fut sur le point de se marier qu'elle le fit
asseoir et lui dit que son père avait été exécuté et avait été enterré
dans une tombe pour criminel. «Le choc pour moi fut total,» dit Beyer, «je
n'arrivais pas à y croire.»
Il y a neuf ans, une tante d'Edgar Beyer lui donna l'équivalent de 4 000
dollars pour se rendre aux États-Unis à la condition qu'il aille voir tous les
parents de sa famille ainsi que la tombe de son père. Il prit seul l'avion
entre la Nouvelle-Orléans et Kansas City, se rendit en voiture à Fort
Leavenworth et là rencontra un officier de l'armée américaine qui lui
expliqua où se trouvait le cimetière des condamnés. Le portail était fermé
; alors il passa par-dessus la clôture de chaînes et trouva la tombe de son
père, la première de la rangée des 14 tombes. La dernière fois qu'il avait
vu son père, c'était en 1941, le jour de Noël.
De temps à autre, les autorités militaires allemandes et américaines
suggèrent que les restes des prisonniers soient ramenés en Allemagne pour
reposer dans un cimetière allemand. Mais, tant que l'Allemagne fut divisée,
l'ambassade de l'Allemagne de l'Ouest à Washington préféra que la question ne
fût pas du tout soulevée, de crainte que l'Allemagne de l'Est ne s'emparât de
l'affaire pour provoquer une faille dans l'alliance entre Washington et Bonn.
Aucune des familles des victimes n'a tenté de réclamer les corps. Lui-même,
Edgar Beyer, n'est pas certain que leur rapatriement soit une bonne idée. «Il
me faut du temps pour y réfléchir», dit-il.
Aussi Ken Knox continue-t-il, à Sacramento, à étudier de près ses piles de
documents, à téléphoner aux journaux et stations de télévision, dans
l'espoir que quelqu'un partagera l'intérêt qu'il porte à la réparation de
l'injustice qu'il ressent. «Au début, on s'y intéressait», dit-il, «mais
cet intérêt s'est évanoui bien vite. Qu'ai-je obtenu en dix ans ? A vrai
dire, rien. Juste un sentiment de frustration. Je crois que j'ai atteint les
limites de mes capacités. J'aurais besoin de quelqu'un qui ait plus
d'instruction et plus d'expérience que moi pour y arriver.»
Un vent froid d'automne balayait le cimetière de la colline Hancock de Fort
Leavenworth, un dimanche après-midi, tout récemment, et se faisait entendre
par un murmure à travers les arbres effeuillés. C'était le 18 novembre, jour
que les Allemands appellent Volkstrauertag — la Journée du souvenir
national ; de la route, cinq soldats allemands, en veste grise, gants de cuir et
béret bordeaux, s'avançaient vers la rangée des 14 pierres tombales, portant
avec eux une couronne d'œillets.
Le colonel Michael Hueber, ancien combattant de 27 ans et fils d'un parachutiste
de la seconde guerre mondiale, venait le premier ; il avait en mémoire cette
journée du souvenir où les Alliés avaient livré une attaque aérienne sur sa
maison de Kreuznach, tuant ainsi sa mère, ses grands-parents, une tante et un
neveu. Derrière lui, marchant au pas, se trouvaient quatre autres Allemands
détachés ici auprès de l'École d'État-major général du commandement de
l'armée américaine.
Ils déposèrent la couronne entre la pierre tombale du soldat Rudolf Sraub, 39
ans, tailleur dans le civil, et celle du soldat Helmut Fisher, 22 ans, qui
venait de quitter le collège. «Nous sommes là debout», dit Hueber, la tête
inclinée, «devant les tombes de jeunes soldats qui sont morts en remplissant
la mission qui leur avait été confiée. Ils étaient simplement des soldats
comme vous et moi. Leur mort a été plus dure que celle de leurs collègues
morts au combat parce qu'ils se sont rendu compte qu'à la fin ils allaient
mourir. Mais ils sont morts pour que nous puissions vivre libres, pour que
l'Allemagne puisse enfin mettre un terme à 60 années de dictature. C'est la
raison pour laquelle le peuple allemand leur rend hommage aujourd'hui.»
Puis, après avoir fait un salut, les Allemands se retirèrent, leurs pas
bruissant à travers le tapis de feuilles mortes qui recouvraient le sol, et,
avec la nuit qui tombait, la couronne et les 14 pierres tombales s'estompèrent
lentement.
Revue d’Histoire Révisionniste, n° 5, novembre 1991, p. 71-78
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