LE RÉVISIONNISME A TRAVERS LE MONDE (6)
France
Le 27 novembre, la «Cinq» projette le téléfilm américain
antirévisionniste Evil in Clear River (1988) sous le titre Le Combat
d'une mère.
Le 21 décembre, Nationalisme et République publie de Pierre Guillaume
une interview qui va faire l'objet d'un procès à Amiens.
Anarchistes et libertaires s'ouvrent de plus en plus aux thèses
révisionnistes, en particulier l'Anarchie, de R. Beaulaton (Le Mans).
Le livre de Philippe Bourdrel, L'Épuration sauvage, est provisoirement
interdit à la vente.
L'historien Pierre Chaunu suggère un traitement psychiatrique des
révisionnistes.
Le Déporté pour la liberté, qui avait voulu faire la leçon aux
révisionnistes en publiant le témoignage d'Henry Bily, reconnaît avoir été
abusé par un faux témoin (livraison de décembre-janv. ; voy., ci-dessus,
p.190-194).
Le 12 décembre, Antenne 2 projette La Peste brune (voy., ci-dessus, p.
161-174). Autour du 17 décembre, la presse mène campagne contre le professeur
Faurisson présenté comme ayant assisté en 1989, à Haguenau, à une réunion
clandestine néo-nazie ; il avait en fait prononcé une conférence publique
dans un lieu public de cette ville ; les enregistrements radio et vidéo
étaient permis à tous, y compris aux Renseignements généraux. Au Figaro,
F.O. Giesbert refuse l'insertion d'un droit de réponse pourtant jugé conforme
à la loi par le service juridique du journal.
Vers le 17 décembre se déclenche l'affaire, montée de toutes pièces, du
fichier juif dont l'existence n'était en fait un secret pour aucun historien
compétent. Même opération factice (une «carpentrasserie») autour du livre
d'Éric Conan sur les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande.
Le 29 décembre, Calmann-Lévy publie Le Journal d'Anne Frank dans une
stupéfiante «nouvelle édition», résultat d'additions et de transformations
diverses à partir d'un texte rédigé en allemand, puis transcrit en hollandais
et enfin traduit en français. On se garde bien de fournir un seul spécimen de
l'écriture attribuée autrefois à Anne Frank, ni le plan de la maison. Le
professeur Faurisson avait tiré partie de ces éléments matériels et de bien
d'autres encore pour prouver le faux ; son analyse avait conduit un tribunal de
Hambourg à ordonner une expertise des manuscrits par les laboratoires de
l'office criminel de Wiesbaden : des traces d'encre de stylobille avaient été
trouvées. Les successeurs d'Otto Heinrich Frank, décédé en 1980, décidaient
de publier une version revue et corrigée du journal : un travail de plusieurs
années résultant en une édition savante dont Calmann- Lévy fournit ici une
sorte d'adaptation pour le grand public qui ne pourra plus se faire d'Anne Frank
qu'une représentation quasi immatérielle. R. Faurisson prépare une étude sur
le sujet.
Le 2 janvier, l'Événement du jeudi titre : «Libérez John-Ivan
Demjanjuk !» (voy., ci-dessus, p. 176).
Le 10 janvier, le Monde consacre un article à un livre de Simon Laks,
préfacé par Pierre Vidal-Naquet, Mélodies d'Auschwitz, Cerf :
«Contrairement à de noires légendes, l'orchestre ne se produisait pas devant
les potences et les chambres à gaz». Ce livre est le remake — avec de graves
altérations — d'un témoignage fantaisiste de Simon Laks et René Coudy, Musiques
d'un autre monde, préface de Georges Duhamel, Mercure de France, 1948, 192
p.
Dans sa préface au livre de Simon Laks, P. Vidal-Naquet cite le «témoignage»
du général André Rogerie sur Birkenau. Rédigé en 1945, ce récit avait
été réédité par Georges Wellers dans le Monde juif (janv.-mars
1987), avec l'annonce suivante en couverture : «Chambres à gaz : un
témoignage hors pair». A. Rogerie a publié une nouvelle fois son livre en
1988 sous le titre Vivre, c'est vaincre, Hérault-Éditions, 110 p. et
reçu les compliments de Pierre-Serge Choumoff, membre du Centre de
documentation juive contemporaine de Paris (le Monde juif, juil.-sept.
1991, p. 132). Or, André Rogerie n'a jamais vu ces chambres à gaz qu'il
décrit avec des pommes de douches laissant passer le gaz (p. 75) ! C'est un
certain «Cambier» qui lui en a parlé (p. 85). En outre, A. Rogerie aura un
sort privilégié ; il est installé, dit-il, au bloc des «caïds» (p. 82). Il
a atteint, après 14 mois de camp, une «planque royale» où il a de «bons
souvenirs» (p. 83). Il y joue au bridge (p. 84). Certes, «il ne se passe pas
que des événements gais» (p. 84) mais, le 18 janvier 1945, au moment de
quitter Birkenau, il pense : «A l'encontre de bien d'autres, j'y ai été moins
malheureux que partout ailleurs» (p. 87).
Le 20 janvier, la presse et Louis Mexandeau évoquent «Wannsee» ; sur Wannsee,
«une histoire inepte», d'après Yehuda Bauer, voy., ci-dessus, p. 157-158).
Dans le Monde du 9-10 février, P. Vidal-Naquet dénonce Bonne chance,
Frenchie ! comme un film profondément révisionniste «au sens faurissonien
du terme».
Le 10 février, le Conseil d'État déboute Henri Roques de sa requête et
confirme ainsi l'annulation de sa thèse sur Gerstein ; cette annulation semble
être la première dans l'histoire de l'Université française.
Le 26 février, la XIe chambre de la cour d'appel (Mme Simon) confirme la
condamnation de François Brigneau et de Roland Gaucher, coupables d'avoir
reproduit dans National-Hebdo «la phrase de 60 mots» du professeur
Faurisson ; ils auront à payer environ 75 000 F. Le 5 avril, Claude Grellier
les avait condamnés à cette peine. L'affaire est portée en cassation.
Vers le 11 mars, J.G. Cohn-Bendit, qui avait «écrit naguère des textes
révisionnistes, non démentis depuis», est conduit à se rétracter pour des
motifs de politique électorale.
Vers le 20 mars, Claude Allègre, conseiller de Lionel Jospin aux universités,
est accusé, in absentia, de révisionnisme lors d'une manifestation
étudiante à «Tolbiac».
Le 13 avril éclate l'affaire de «l'arrêt Touvier» (voy., ci-dessus, p.
83-85) ; André Glucksmann dénonce «un révisionnisme juridique» (le
Figaro, 17 avril).
Le 22 avril, sur Antenne 2, lors d'une émission sur «Vichy, la mémoire ou
l'oubli», dirigée par Christine Ockrent, Simone Veil répète une fois de plus
qu'elle aurait souhaité, comme dans l'affaire Barbie, que «quelqu'un comme
moi, par exemple, à un moment quelconque, froidement assassine quelqu'un par
acte non pas de vengeance mais pour qu'on sache et à ce moment-là on assume
des faits et on raconte pourquoi».
Le 27 avril, Jack Lang, nouveau ministre de l'Éducation, préconise la
projection de Nuit et Brouillard dans les établissements scolaires ; ce
film de 1955 présente subrepticement comme chambre à gaz homicide une pièce
aujourd'hui reconnue comme étant, à Majdanek, une simple salle de douche ; il
parle de traces d'ongles dans le béton et de savon fait à partir de graisse
humaine ; il évalue le nombre des morts d'Auschwitz à 9 millions (aujourd'hui
: 1 million).
Le 10 avril, la cour d'appel de Caen (Jean Passenaud, Baptiste Leseigneur,
Pierre Lepaysant) condamne pour diffusion de tracts et autocollants Vincent
Reynouard, ingénieur chimiste sans emploi, 23 ans, et Rémi Pontier, ingénieur
informaticien appelé sous les drapeaux, 24 ans ; tous deux sont issus de
l'Institut supérieur de la matière et du rayonnement ; le premier est
condamné à 2 mois d'emprisonnement avec sursis et le second, à 15 jours de la
même peine ; ils auront à payer ensemble environ 25 000 F. Le 4 déc., ils
avaient été condamnés en première instance aux mêmes peines
d'emprisonnement et à verser environ 60 000 F. Le procès s'était déroulé
sous la présidence d'un certain Dominique Ricard, assisté de Mmes Anne
Bertrand et Virginie Lureau dans des conditions scandaleuses ; le président
avait toléré d'incroyables incidents de toute nature ; le procureur J.-Marie
Besse avait improvisé un cours d'histoire digne de l'école primaire ; le texte
du jugement, truffé d'erreurs et de négligences, a les apparences d'un
brouillon. Adresse de V. Reynouard pour toute aide financière : A.N.E.C.,
B.P. 258, 14013 Caen Cedex.
Le 30 avril, Philippe Costa, 31 ans, ingénieur, et Laurent Gentel, 24 ans,
étudiant en droit, sont assignés sur le fondement de la loi Fabius-Gayssot
devant le tribunal de Fontainebleau pour avoir distribué une modeste publicité
en faveur des radio-cassettes du professeur Faurisson sur le mythe des chambres
à gaz ; Mme Jacqueline Monnet préside ; elle refuse le droit aux accusés et
au professeur de parler si peu que ce soit des chambres à gaz ; Me Éric
Delcroix refuse donc d'assurer la défense ; le procès est reporté au 30 juin.
René Rémond, qui avait accepté de venir témoigner sur la demande de Me
Delcroix et avait même obtenu un report de date, ne s'est pas présenté.
Le 6 mai, le Canard enchaîné affirme que le tribunal correctionnel de
Marseille, dans un jugement prononcé le 20 mars, réplique à un avocat
invoquant la liberté d'expression que celui-ci «se garde bien de dénoncer
l'iniquité manifeste et la contradiction d'une loi interne [datant] du 13
juillet 1990». Il s'agit de la loi Fabius-Gayssot.
Robert Faurisson attend pour le 15 mai la décision de la XVIIe chambre
correctionnelle présidée par Jean-Yves Monfort. Il est poursuivi trois
fois pour une interview publiée dans le Choc du Mois de septembre 1990.
Les 9 et 10 avril, au cours de sa défense, R. Faurisson a pu démontrer que le
procureur Cervoni avait, pour les besoins d'une démonstration fallacieuse,
gravement altéré le texte du jugement de Nuremberg.
A Nice, Fabrice Robert,étudiant en histoire à l'université de Nice, passera
en jugement le 27 mai pour avoir enfreint la loi Fabius-Gayssot.
A L'ÉTRANGER
Allemagne
Le 3 décembre éclate comme une bombe la déclaration
intitulée «Wir verlangen die Wahrheit und unser Recht» [Nous exigeons
la vérité et nos droits], signée de 522 personnes (voy., ci-dessus, p.
96-102).
Le 9 décembre, E. Zündel est condamné par un tribunal de Munich à une peine
de 12 600 DM ; parmi les motifs de la poursuite figurait la mise en doute de
l'authenticité du «journal d'Anne Frank» ; constatant que le professeur
Faurisson était prêt à témoigner sur le sujet, le procureur retire sa
plainte sur ce point. Le tribunal refuse d'entendre Germar Rudolf au sujet de
son rapport technique sur Auschwitz (voy., ci-dessus, p. 9-21).
Les monuments ou musées de l' «Holocauste» se multiplient. A Berlin, près de
la Jerusalemstraße, le souvenir de l'«Holocauste» trouvera sans doute sa
place dans un gigantesque espace commercial juif, (d'une superficie de 30
hectares achetés pour 12 milliards de F). Après la chute du Mur de Berlin, le
Congrès juif mondial (CJM) a fait valoir que plus d'un tiers des terrains
disponibles pour le développement de la ville avait, avant la guerre, appartenu
à des juifs. Le ministre allemand des Finances a fait l'objet de pressions de
la part du CJM pour ne céder cet espace ni à d'autres candidats ni au projet
de constructions indispensables pour le transfert à Berlin des administrations
situées à Bonn. Le CJM a souligné qu'il s'agissait là d'un sujet
«émotionnel» et non pas d'un simple investissement économique (Wall
Street Journal, 7 février).
En avril, le chancelier Kohl reçoit à Munich le président autrichien Kurt
Waldheim, suscitant ainsi la colère du CJM.
A l'occasion d'un sommet économique du GATT, Kohl refuse sa participation à
une manifestation d'anciens concentrationnaires au camp de Dachau.
Le 5 mai, l'historien David Irving, qui dénonce le mythe des chambres à gaz,
est condamné à une peine de 10 000 DM. Le tribunal refuse d'entendre Germar
Rudolf, et cela au terme d'une manœuvre effrontée du président. Les deux
avocats de David Irving refusent de plaider.
Australie
Sir Walter Crocker, ancien gouverneur d'état et ancien
diplomate, manifeste en personne contre les poursuites des «criminels de
guerre».
Alex McClelland, ancien prisonnier australien du camp de Theresienstadt,
dénonce les récits d'atrocités sur ce camp principalement réservé aux
juifs.
L’avocat John Bennett, président de l'Australian Civil Liberties Union,
poursuit son combat en faveur du révisionnisme.
Autriche
Le 10 décembre, Walter Ochensberger est condamné en
première instance à une peine d'emprisonnement de 3 ans ferme par le tribunal
de Bregenz. D'autres révisionnistes sont condamnés comme Fritz Rebhandl à
Salzbourg ou Franz Radl.
Le 26 février, le parlement vote l'adoption d'une loi prévoyant pour les
révisionnistes une peine d'1 à 10 ans de prison. Le groupe de Jorg Haider
(décrit parfois comme l'équivalent du Français Le Pen) vote cette loi «pour
raison d'état», c'est-à-dire en fait à cause de la terreur ambiante.
L'Autriche est donc le premier pays au monde à suivre la France dans la
création d'une loi spécifique contre le révisionnisme. En Allemagne, une
telle loi n'existe pas ; les magistrats y usent de prétextes divers pour
aboutir au même résultat.
Vers le 17 mars éclate l'affaire Walter Lüftl. Ce dernier préside la chambre
des ingénieurs d'Autriche. Il a rédigé une étude technique concernant les
présumés gazages d'Auschwitz. Sa conclusion est formelle : «technisch
unmöglich» ; ces gazages sont «techniquement impossibles». Il est
contraint de démissionner.
Le 5 mai, Gerd Honsik est condamné par le tribunal de Vienne (président :
Stockhammer) à 18 mois et 10 jours de prison ferme pour un ouvrage publié en
1988 : Acquittement pour Hitler ? 36 témoins contre les chambres à gaz.
Le témoignage du professeur Faurisson, qui a fait le déplacement, est refusé.
Le professeur d'histoire Gerhard Jagschitz (voy. «L'expertise de Vienne (des
"doutes substantiels")», R.H.R. n° 5, novembre 1991, p.
151-156) ne craint pas d'affirmer que l'existence des chambres à gaz est
incontestable ; il offre pour preuves les arguments les plus éculés de
l'école exterminationniste du début des années 80 et il s'appuie sur
l'existence, dans certains documents, de termes désignant des «gazages» ou
des «chambres à gaz». Personne n'est là pour le contredire et lui faire
remarquer que ces termes désignent des gazages de désinfection ou des chambres
à gaz d'épouillage : c'est ce qu'il serait facile de prouver par l'apport de
certains documents de la «Serrurerie» d'Auschwitz. L'avocat Schaller n'a pas
la compétence nécessaire pour faire pièce aux arguments du professeur. Il
n'ose pas formuler la seule question qui s'impose : «Si vous connaissez si bien
le sujet, montrez-nous à quoi pouvait ressembler une chambre à gaz nazie à
Auschwitz. Nous demandons une photographie, un dessin ou une maquette». Le soir
même, à la télévision autrichienne, l'avocat Schaller se voit opposer six
personnes dont le professeur G. Jagschitz. Il embarrasse beaucoup ses
adversaires en leur faisant remarquer que, dans un procès criminel, il est
impossible de se passer d'une expertise de l'arme du crime ordonnée par le
juge. Pourquoi une telle expertise n'existe-t-elle pas ? Il demande à ses
adversaires s'ils sont d'accord pour en réclamer une. Le professeur Jagschitz
répond oui du bout des lèvres ; Wolfgang Benz, de l'Institut d'histoire
contemporaine de Munich, répond non ; les autres esquivent la question.
Le 7 mai paraissent des articles de presse où l'on affirme que la police, la «Stapo»,
recherche le témoin de Gerd Honsik, c'est-à-dire le professeur Faurisson.
Celui-ci est introuvable. Le ministère de l'Intérieur est interpellé au
parlement : la police autrichienne serait-elle aveugle ? R. Faurisson était
dans la salle même du tribunal.
Le 10 mai se produit un événement médiatique. Le journal le plus lu
d'Autriche, Kronen-Zeitung, publie un article de son plus célèbre
chroniqueur, «Staberl», sous le titre : «Méthodes d'un meurtre de masse».
Ce chroniqueur était résolument antirévisionniste. Probablement sous l'effet
du procès Honsik, il écrit qu'il est anormal qu'on ne possède pas d'expertise
officielle de l'arme du crime. Il fait une allusion aux expertises privées qui
prouvent, rappelle-t-il, l'impossibilité des gazages. Il pense que seul un
nombre relativement réduit de victimes juives a été gazé. La plupart de
celles-ci sont mortes d'épidémies. Pourquoi les nazis auraient-ils eu recours
à une arme aussi compliquée que la chambre à gaz ? Il ajoute que la
troisième génération des survivants juifs est en droit d'utiliser la saga des
martyrs du gazage comme les chrétiens, depuis 2000 ans, entretiennent la
mémoire de Jésus-Christ tué par un procédé bien plus barbare, celui de la
crucifixion. Il conclut que cela ne change rien à la barbarie nazie. Aux
dernières nouvelles, la polémique fait rage en Autriche autour de cette
chronique de «Staberl».
Belgique
Le 15 novembre se tient à Bruxelles une importante conférence du B'nai B'rith (association juive de caractère maçonnique) qui met la communauté internationale en garde contre «l'expansion rapide du phénomène de la négation de l'Holocauste».
Canada
En janvier, Jim Dinning, ministre de l'Éducation de
l'Alberta, province où s'est déroulé le plus long procès du Canada, celui de
l'enseignant révisionniste James Keegstra), estime que l'enseignement ne
devrait plus être concentré sur l' «Holocauste» comme il l'est actuellement.
En mars, le ministère public renonce à poursuivre le «criminel de guerre»
Michael Pawlawski. Il avait déjà abandonné la poursuite de Steven Reistetter.
Quant à Imre Finta (voy. «Le calvaire d'Imre Finta», R.H.R. n° 2, p.
36-46), il avait été acquitté ; les organisations juives avaient interjeté
appel ; elles ont été déboutées. Il n'y aura pas de nouveau procès Finta.
Le bilan de telles poursuites est totalement négatif. Le remarquable système
de défense mis au point par Ernst Zündel et l'avocat Doug Christie depuis 1985
permet de contre-interroger sans ménagement les prétendus témoins. La
déconfiture de ces derniers est patente.
Le savant Arthur Rudolph expulsé du Canada vers l'Allemagne ne pourra regagner
le Canada ; son recours a échoué.
L'avocate Barbara Kulaszka s'apprête à publier un ouvrage de 700 pages sur le
procès Zündel de 1988 (celui au cours duquel est comparu l'ingénieur F.
Leuchter avec son expertise sur les chambres à gaz d'Auschwitz, de Birkenau et
de Majdanek).
Croatie
Le président croate Franjo Tudjman, ancien général de Tito, est historien. En 1984, il a publié à Zagreb un ouvrage de caractère révisionniste dont le titre signifie Les Chemins impraticables de la réalité historique ou encore Déroute de l'histoire. Sur le contenu révisionniste de l'ouvrage et sur la réaction de Simon Wiesenthal, voy. R.H.R. n° 5, p. 215. La discussion se poursuit. Le livre a connu trois éditions. Maurice Duverger en parle dans le Monde du 22 février. F. Tudjman conteste non seulement le chiffre des 6 millions de morts juives mais aussi celui des morts du camp de Jasenovac : de 30 000 à 40 000, dit-il, et non de 800 000 à 1 000 000 comme on le prétend.
Espagne
Le 20 novembre, E. Zündel a donné à Madrid une conférence
de presse devant 40 journalistes.
Le 17 février, R. Faurisson a voulu donner une conférence à l'université
centrale de Barcelone et, le lendemain, à la faculté d'histoire de
l'université Complutense de Madrid. Diverses organisations, notamment le Centre
Simon Wiesenthal de Paris, sont intervenues auprès des autorités politiques,
policières et universitaires pour faire annuler ces conférences. Elles y sont
parvenues dans le cas de Barcelone où le professeur a néanmoins pu tenir une
conférence dans un grand hôtel de la ville. Elles ont échoué à Madrid où,
au dernier moment, une association d'étudiants pour la liberté d'expression a
pu retenir une salle à la faculté de droit. La conférence a remporté un
succès considérable, dont la presse s'est fait l'écho. L'auditoire, composé
d'étudiants pour la plupart hostiles au début, a été conquis par la
démonstration. Les autorités de l'université ont tenté d'intervenir pour
interrompre la conférence mais, devant l'intérêt manifesté par les
étudiants pour le conférencier, elles ont dû y renoncer. L'université
Complutense a fait savoir qu'elle réprouvait le professeur Faurisson ; il faut
savoir que, dans un passé récent, cette université a accordé le titre de
docteur honoris causa à Nicolaï Ceaucescu et à Erich Honecker.
Le roi et la reine d'Espagne ont honoré de leur présence
des cérémonies censées réparer le préjudice causé aux juifs il y a 5
siècles par Isabelle la Catholique. Les conditions dans lesquelles se sont
déroulées ces cérémonies ont été humiliantes pour l'Espagne. La procédure
de béatification d'Isabelle la Catholique est interrompue sine die, sur
intervention des autorités juives auprès du Vatican. A Tolède, J. Sitruk,
grand rabbin de France, a délivré un message de victoire à l'occasion de
l'une de ces cérémonies (voy., ci-dessus, p. 42).
États-Unis
Les unes après les autres, les universités américaines
sont gagnées par la vague révisionniste. Le phénomène prend de telles
proportions que les plus importants médias du pays commencent à en parler, y
compris le New York Times et le Washington Post. C'est
essentiellement à Bradley Smith, Mark Weber et Robert Countess, auxquels s'est
récemment joint David Cole (lui-même d'origine juive), qu'on doit ce succès.
Ils ont fondé à Los Angeles le Committee for Open Debate on the Holocaust
(CODOH, Comité pour un débat ouvert sur l'Holocauste) : P.O. Box 3267, Visalia,
California 93267 (USA).
L'Institute for Historical Review (voy. références ci-dessous, p. 210) tiendra
du 10 au 12 octobre, à Los Angeles, sa onzième conférence internationale.
Felipe Rivero, personnalité éminente de la communauté cubaine de Miami, a
déclaré : «Si les Allemands avaient voulu éliminer les juifs, comment se
fait-il qu'on trouve à Miami Beach des milliers de juifs qui ont passé
jusqu'à cinq années dans les camps de concentration ?» Il a, par ailleurs,
déclaré : «Dans ce pays [les États-Unis], vous pouvez dire que vous ne
croyez pas en Dieu mais vous ne pouvez pas dire que vous ne croyez pas en
l'Holocauste» (Miami Herald, 27 décembre et 5 janvier).
Une loi de l'état d'Illinois (Chicago) rend obligatoire l'enseignement de l'
«Holocauste» dans toute école publique. Il est possible que l'état de
Californie adopte une loi équivalente. Rappelons qu'Arthur Robert Butz, auteur
de The Hoax of the 20th Century (La mystification du XXe siècle)
enseigne l'informatique dans une université de l'Illinois et que l'Institute
for Historical Review a son siège en Californie.
Grande-Bretagne
Le 15 novembre, invité par David Irving, R. Faurisson a tenu
une conférence à l'Old Chelsea Town Hall de Londres. L'Américain Fred
Leuchter, l'auteur du fameux «Rapport Leuchter» sur les présumées chambres
à gaz d'Auschwitz, de Birkenau et de Majdanek, a été interrompu par la police
durant sa conférence. Il a été mis en état d'arrestation et, le lendemain,
refoulé vers les États-Unis. Le ministre de l'Intérieur Baker avait fait
savoir que l'entrée de la Grande-Bretagne lui était interdite ; la même
mesure devait être prise contre R. Faurisson quand, au dernier moment, les
autorités britanniques se sont avisées de ce que le professeur, né près de
Londres d'une mère écossaise, possédait, en plus de la nationalité
française, la nationalité britannique.
Vers le 12 janvier, D. Irving a créé une sensation médiatique au sujet des
mémoires d'Eichmann. Les journalistes, croyant qu'il abjurait le
révisionnisme, ont assiégé l'historien qu'ils boycottaient depuis plusieurs
années. Ils ont titré : «Un historien se rétracte sur l'Holocauste» (Sunday
Telegraph). Mais, quelques jours plus tard, le Jewish Chronicle
rétablissait les faits : David Irving maintenait fermement sa position et
déclarait : «Les juifs sont bien inconscients (very foolish) de ne pas
abandonner la théorie des chambres à gaz alors qu'il en est encore temps» ;
il ajoutait que les juifs «ont exploité les gens avec la légende des chambres
à gaz» (17 janvier). David Irving déploie une activité révisionniste
considérable en Allemagne et dans d'autres parties du monde. A Munich, il a
été condamné à une peine de 7 000 DM le 12 janvier et de 10 000 DM le 5 mai.
Ces condamnations provoquent l'étonnement des Britanniques.
Dans le Daily Telegraph du 9 mai, le célèbre journaliste Auberon Waugh
vient d'écrire que l'idée ne lui était jamais venue de douter de l'existence
des chambres à gaz homicides mais, en apprenant coup sur coup que David Irving
avait été condamné et qu'il existait en France et en Autriche une loi
antirévisionniste, il en est venu à se demander : «Quelle est cette vérité
qui a besoin d'exiger de telles sanctions ?» Et, à son tour, il doute.
Israël
Carlos Huerta voit dans le révisionnisme un phénomène
mondial «qui se répand en Europe, aux Amériques, au Moyen-Orient et dans
certaines parties de l'Asie. [Le révisionnisme] est de mieux en mieux
organisé, recherché et financé» (Martyrdom and Resistance,
septembre-octobre 1991).
L'escroc milliardaire de Londres Robert Maxwell (Ian Hoch), qui a trouvé la
mort dans des circonstances mystérieuses, est enterré en Israël. Il a été,
avec le milliardaire Edgar Bronfman à New York (président du Congrès juif
mondial) et le milliardaire Armand Hammer à Moscou, l'un des adversaires les
plus déterminés du révisionnisme. Il avait organisé à Oxford en juillet
1988 un colloque international aux dimensions de sa fortune. Ce colloque, grâce
aux initiatives d'un groupe de révisionnistes français, avait connu un tel
échec médiatique que R. Maxwell avait publié un article intitulé en
français : «J'accuse». Il accusait la presse britannique de son indifférence
pour ce colloque intitulé «Remembering for the Future» (Se souvenir en
vue de l'avenir).
Yehuda Bauer, professeur à l'université hébraïque de Jérusalem, déclare
que la théorie selon laquelle c'est à Berlin-Wannsee, le 20 janvier 1942, que
les Allemands avaient décidé l'extermination des juifs est une «silly
story» (voy., ci-dessus, p. 157-158). Avec un certain cynisme il ajoute que
l'«Holocauste» n'est pas en péril parce que, quelle que soit la qualité des
moyens utilisés pour le défendre — par le vrai ou par le faux —
l'important est qu'on l'évoque par tous les moyens possibles : TV, film,
pièces de théâtre, etc.
Italie
Carlo Mattogno s'apprête à publier un ouvrage d'érudition : La Solution finale. Problèmes et polémiques.
Japon
Keiichiro Kobori, professeur à l'université de Tokyo, publie, dans Sankei (journal tirant à 2 000 000 d'exemplaires), un article élogieux sur l'Institute for Historical Review de Los Angeles. Des ouvrages de cet institut sont, par ailleurs, traduits en japonais.
Pérou
Des étudiants fondent la Societad de Estudios Revisionistas (P.O. Box 11 – 0017, Lima 11) et un bulletin bimensuel d'histoire révisionniste : Lealtad.
Suède
Le passage à Stockholm du professeur Faurisson, du 17 au 20
mars, a provoqué une tornade en Suède ainsi qu'en Norvège. Invité par Ahmed
Rami, responsable de Radio Islam, il a été accueilli à l'aéroport par un
nombre exceptionnellement élevé de journalistes. Il a été retenu par la
police des frontières et interrogé sur les motifs de son séjour. Le parlement
suédois avait consacré plusieurs séances à la question de savoir s'il
convenait ou non de l'admettre en Suède. Des groupes de juifs ont manifesté
devant le parlement et à l'aéroport. Dans l'après-midi, R. Faurisson donnait
une conférence de presse au cours de laquelle il lançait un défi aux médias
: «Montrez-moi une photographie, un dessin ou une maquette de chambre à gaz et
osez nous affirmer qu'il s'agit d'une chambre à gaz homicide. Vous avez 24
heures pour relever ce défi. Je commenterai votre réponse sur les ondes de
Radio Islam.» Les médias se sont montrés incapables de relever le défi. Le
soir de son arrivée, le professeur ainsi qu'Ahmed Rami et deux jeunes Suédois
qui les accompagnaient, ont été agressés par une meute de manifestants
surexcités, armés de bâtons, de couteaux et de bombes lacrymogènes. Les
téléviseurs du monde entier ont montré le professeur se défendant en
position de boxeur puis courant, poursuivi par des jeunes gens. Ahmed Rami et
l'un des jeunes Suédois ont été blessés. Cette agression physique, en
présence d'une police inactive, a choqué beaucoup de Suédois. R. Faurisson a
pu, pendant deux nuits consécutives, répondre aux questions des auditeurs de
Radio Islam.
Il ne se passe pas de jour que la presse suédoise ne parle d'Ahmed Rami dont
l'exceptionnelle détermination et le savoir-faire dans la diffusion de ses
idées est un exemple pour les révisionnistes du monde entier. Son séjour en
prison pendant trois mois n'a pas entamé cette détermination. Un nouveau
procès lui est intenté, qui aura lieu à la fin de septembre et au début
d'octobre. Adresse d'A. Rami pour ceux qui désirent le soutenir financièrement
: P.O. Box 316, S-10124 Stockholm (Suède).
Suisse
La Suisse envisage de se doter d'une loi antirévisionniste.
La répression n'en finit pas d'accabler le Dr. Max Wahl à Winterthur et Mme
Mariette Paschoud à Lausanne.
Deux révisionnistes de langue allemande préparent, chacun de son côté,
d'importantes publications sur le mythe de l' «Holocauste» qui doivent
paraître en 1992.
Monde arabo-musulman
Ahmed Rami défraie la chronique par sa préface au livre d'Abdelmoumen
Diouri, opposant marocain au roi Hassan II (que le gouvernement français avait
extradé au Gabon) : A qui appartient le Maroc ?, L'Harmattan.
En Algérie, l'hebdomadaire Le Jeune Indépendant consacre un long
article au procès Rami à Stockholm sous le titre : «Le plus long procès de
l'histoire de la Suède» (19 et 26 novembre). A Paris, le Monde s'en
fait l'écho (27 novembre).
A Londres, Al Arab [les Arabes], journal international de langue arabe,
publie deux interviews d'Ahmed Rami, les 23 et 24 décembre où, notamment,
l'existence de notre revue est mentionnée.
A Alger, El Chaâb [le Peuple], organe central du FLN, consacre une
série d'articles à Ahmed Rami : p. 1 et 9 des livraisons des 13, 15 et 16
février.
Revue d’Histoire Révisionniste, n° 6, mai 1992, p. 195-208
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