AAARGH

Les ripostes de l'Harmattan aux calomnies de Didier Daeninckx

Dénigrement, diffamation, amalgame, calomnie... Didier Daeninckx Inquisiteur

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L'AFFAIRE DAENINCKX (au 25 octobre 2000)

 Suite aux élucubrations de Didier Daeninckx, je remercie les auteurs, directeurs et amis de l'Harmattan qui ont réagi.

C'est de fait nos auteurs et directeurs de collections que visent ses insanités.

Que monsieur Didier Daeninckx se renseigne. Ce n'est pas une directrice de collection qui a décidé de l'ouvrage " Le XXIe siècle, suicide planétaire ou résurrection ? ". c'est moi-même, Denis Pryen, Directeur des éditions L'Harmattan qui l'ait accepté après lecture totale de l'ouvrage, qui portant sur le sacré et le dialogue inter-religion me tient à coeur.

Par ailleurs, nos 167 directeurs de collection ont un jugement aussi sûr que le grand inquisiteur Daeninckx.

Encore merci à tous ceux qui travaillent avec nous, nous continuons.

Les chiens aboient... la caravane passe...

J'ai vu que le grand inquisiteur Daeninckx s'en était pris sur le net à M. Claude Karnoouh, auteur de l'ouvrage " Postcommunisme, fin de siècle, essai sur l'Europe " paru à L'Harmattan. c'est encore une élucubration à la façon Daeninckx de malaxer de la confiture.

Qu'il sache enquêter le grand maître du polar !!

Déjà dans la revue "La nouvelle alternative" n° 16 de 1989, il pouvait lire une réponse de Claude Karnoouh. Je cite selon le texte, sans amalgame ni distorsion à la Daeninckx :

" ... il est faux, voire mensonger, d'affirmer que dans le long essai que j'ai écrit, " De l'Intolérance ", j'ai pu, à un moment quelconque, nier le génocide des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Je mets au défi Arthur Gordon de me citer une seule phrase qui puisse laisser peser un doute sur ce que je considère comme une extermination de masse".

Notre grand affabulateur aurait intérêt à relire toute cette lettre de décembre 1989.

Denis Pryen, Directeur de L'Harmattan


notre dossier : 


L'appel  

APPEL DES AUTEURS ET POÈTES DES CINQ CONTINENTS

Nous, auteurs de la collection Poètes des Cinq Continents des éditions l'Harmattan, sommes scandalisés de l'insulte qui nous est faite par Monsieur Daeninckx au nom d'un prétendu soutien au discours antisémite auquel notre amie Geneviève Clancy donnerait accès par la collection Poètes des Cinq Continents.

Monsieur Daeninckx manifeste une xénophobie évidente en accusant les auteurs de la collection qu'il sait en majorité étrangers, d'être proches des dictateurs tels que Khomeyni, Saddam Hussein, Hafez El Assad et Kadhafi.

Les auteurs iraniens, irakiens, syriens, maghrébins et libyens visés sauront lui répondre à leur manière. Quant à nous autres poètes et écrivains de l'Harmattan et tous ceux qui s'y associent, nous exigeons qu'il présente des excuses publiques à toutes les personnes calomniées.

Collectif

Jean-Pierre FAYE, poète, philosophe

Mithridad POURMIR, poète

Kamal BEN HAMEDA, poète

Philippe TANCELIN, poète, philosophe

Salah AL HAMDANI, poète et homme de théâtre

Muniam ALFAKER, poète

Isabelle POURMIR, écrivain

Stéphanette VANDEVILLE, traductrice, femme de théâtre

Geneviève CLANCY, poète, philosophe

Roland LAFFITTE, écrivain, historien

Michel CASSIR, poète

Yves BERGERET, poète, écrivain

M. S. AL SAGGAR, poète, calligraphe

Falih MAHDI, écrivain, juriste

Marc JIMENEZ, écrivain, philosophe

Jean-Julien MARTIN, peintre, écrivain

Marianne AURICOSTE, poète, écrivain

Jean-Claude MONTEL, écrivain, philosophe

Françoise ROBERT AUBRAL, écrivain

Hosham DAWOD, anthropologue

Costin MIEREANU, écrivain, compositeur

François LE PERLIER, écrivain, philosophe

Chekib ABDESSALAM poète, romancier

Jamila ABITAR Poète

Emmanuelle MOYSAN, co-directrice de collection

Léopold Congo-MBEMBA, poète et co-directeur de collection

Evelyne ACCAD, romancière

Pablo POBLETE, poète et artiste

Danièle ISTAS, traductrice

Christine HEUZE, bibliothécaire

Michel HAAG, enseignant

Marcelle SANTONNA, professeur d'histoire

Oscar DAZA MENDES, artiste peintre

Patrice LLAONA, poète

Claude FRIOUX, écrivain traducteur

Irène SOKOLOGORSKY, écrivain et traductrice

Shamy CHEMINI, écrivain, musicien

Georges SEBBAG, écrivain

Marc BARON, poète

Etel ADNAN, poète

Kader EDDAIKRA, écrivain

Serge VENTURINI, poète, philosophe

Gilles COSTAZ, écrivain-journaliste

Jean GILLIBERT, poète, homme de théâtre

Jean-Luc MOULENE, artiste

Parviz KAZRAÏ, poète

Vincent LABAUME, écrivain

Kazem SHAHRYARI, poète, homme de théâtre

Gérard da SILVA, poète

Monique CHAJMOWIEZ, éditrice  

à suivre...

Voix au chapitre

A Didier Daeninckx

Les nains n'engendrent pas des géants

Monsieur,

  Le 23 septembre dernier, j'ai reçu deux torchons intitulés " Sciences inhumaines à l'Harmattan " publiés par vous dans la revue Amnistia sur Internet, que je considère comme un ghetto de névrosés. Vous êtes malhonnête et surtout frustré de n'être ni un bon écrivain ni un poète.

Des pensées maléfiques vous prennent certainement très tard la nuit et vous voulez salir gratuitement des poètes pourchassés par des régimes dictatoriaux fascistes comme celui de Saddam Hussein.

Qui calomniez-vous dans votre torchon ? Je vous cite : " Depuis plusieurs années, un groupe s'est sciemment installé dans les rouages de l'Harmattan, par l'étroite porte de la collection poésie. Il s'est appuyé sur quelques orphelins des justes combats de la décolonisation qui ne se nourrissent plus, aujourd'hui, que d'un ressentiment contre l'état d'Israël, ressentiment qui s'est rapidement mué en antisémitisme. On croise là des admirateurs de Saddam Hussein ou de Khomeyni, des ultra-gauche déjantés devenus révisionnistes professionnels, des nostalgiques de Hafez El Assad, des admirateurs d'un proche de Roger Garaudy, le colonel Kadhafi ". Vous êtes un individu lamentable, un personnage inqualifiable, bête et méchant. Mais pourquoi faites-vous cela ? Pour quelles raisons vous acharnez-vous contre des poètes ? Est-ce parce qu'ils sont des poètes étrangers ? N'aimez-vous pas les Arabes parce que vous êtes un israélien intégriste ? Si c'est le cas alors là je vous réponds en tant que poète arabe : Monsieur Didier Daeninckx, allez vous faire foutre, vous et votre état xénophobe d'Israël. Et j'y ajoute tous les régimes du monde arabe ! Par contre si ce n'est pas le cas, ouvrez grand vos oreilles : Quand on dévie comme vous à des fins politiques le sens de l'Histoire, et qu'on oriente ainsi la pensée de ceux qui nous entourent pour servir une idéologie malveillante, on agit d'une manière dangereuse pour la vie de n'importe quel peuple. Car quand on dénature la vérité et la réalité comme vous l'avez fait systématiquement en mélangeant, les idéologies, la philosophie, les juifs, les Arabes, le front national, l'extrême droite, Madame Clancy, les éditions l'Harmattan, M. Garaudy, Madame Maria Poumier, la collection Poètes des Cinq Continents, Saddam Hussein, Khomeyni, Hafez El Hassad et Kadhafi, tout ce qui était clair a été perdu, et la profondeur de votre pensée s'est effacée. Et alors là, Monsieur l'écrivain de polar, comme ça, vous avez fait une grosse merde !

En lisant votre torchon, il me rappelle les méthodes des services secrets de Saddam Hussein qui ramassent les opposants communistes au régime dictatorial sur simple dénonciation.

Vous n'avez pas le droit de vous cacher derrière l'Histoire du peuple juif pour inonder de saletés des écrivains que vous ne connaissez même pas. En injectant votre venin envers et contre tout, vous créez une atmosphère de suspicion. Vous voulez diviser pour mieux régner. Votre état xénophobe d'Israël en a fait autant avec les états arabes, mais les poètes, Monsieur, ne sont pas des états !

Il est vrai que les éditions l'Harmattan ne sont pas à votre botte ni à celle de vos amis qui ne souhaitent pas voir de noms arabes dans la littérature française. Vous tentez depuis quelques années d'exercer un harcèlement sur les intellectuels parisiens, et aujourd'hui sur les éditions l'Harmattan. Vous voulez qu'elles cessent de publier des écrivains arabes ou étrangers. Vous voulez également que Madame Clancy quitte cette maison d'édition où elle est co-responsable de la collection de poésie. Cela ne vous gênerait pas dans la foulée qu'elle soit radiée de l'Éducation Nationale, et qu'elle crève ! Vous êtes vraiment un lâche de vous en prendre à un éditeur comme l'Harmattan qui fait partie de ces rares maisons où il fait bon entrer.

Je ne pense pas que la pensée juive en France soit minable et vide de sens et qu'elle ait besoin de votre intelligence, vous qui exercez un terrorisme intellectuel contre la pensée libre. Derrière votre paravent de justicier, vous paraissez en fait beaucoup plus proche de Saddam Hussein ou de Kadhafi. Il y a un monstre qui sommeille en vous.

Et si Israël était aujourd'hui vraiment en danger ; cet état qui massacre et qui pirate la terre du peuple palestinien depuis 50 ans, à cause de quelques écrits poétiques, je trouverais ça magnifique et glorieux. Et si le mouvement sioniste précisément pouvait se sentir attaqué par un seul poème, comme je serais heureux ! Cependant je suis sûr que le seul danger véritable pour le peuple juif, vient de personnes comme vous, ignorantes, aveugles, xénophobes et fières des saloperies qu'elles envoient aux poètes et philosophes.

Sachez, Monsieur, que la pensée et la dignité d'un peuple ou d'un individu ne se défendent que par la voie du savoir et du dialogue avec les autres, et non par la persécution exercée par un écrivain de polar comme vous assoiffé de voir les autres souffrir.

Dans la liberté pour l'individu de parler et d'écrire, l'humanité trouvera son salut.

Ce n'est pas avec un policier arabe, un policier français, ni un policier israélien comme vous que le monde trouvera la paix un jour.

J'exige donc que vous cessiez vos calomnies infâmes et que vous présentiez vos excuses à Madame Clancy qui a tant donné à la cause de peuples opprimés, ainsi qu'aux auteurs de la collection Poètes des Cinq Continents des éditions l'Harmattan.

 Salah Al HAMDANI

 

Salah Al Hamdani est né en 1951 à Bagdad et vit en France depuis 1974. Opposant à la dictature de Saddam Hussein. Poète, acteur et metteur en scène, il est auteur de plusieurs ouvrages en arabe et en français dont parmi les plus récents : "Ce qu'il reste de lumière" poèmes en français et "Une vie entre parenthèses" nouvelles et récits écrits en arabe.

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Réponse de Geneviève CLANCY

 

L'homme n'est pas une suite de chaos que l'on peut assigner sous un trait, un acte, une parole. Il excède tous les sens et seuils qu'on assigne à sa durée, son être est implicite à la temporalité de l'existence.

 Ce qui fait la dimension tragique d'une part de l'idéologie contemporaine tient dans la réduction qu'elle opère sur l'individu résumé en une somme de biens, de mesures, d'adhésion ou non à des opinions prédéterminées.

Il s'agit là d'une destruction du sujet-être.

Il est à tâche de toute éthique de rappeler la présence de ce réel en l'homme et de combattre ce qu'il y a de massacre dans sa négation.

 C'est le coeur même de son urgence de poète qui fit désigner par V. Hugo le crime non point dans le criminel mais dans ce qui accule l'homme au crime; la pratique idéologique de la négation du sujet-homme n'en est-elle point une ?

 Cette négation est également le fait des donneurs de leçons ou redresseurs de tort qui au nom de leurs morales et de leurs point de vue personnels se font écho des amalgames, des connaissances par ouïe dire. Sans doute cherchent ils à bâillonner l'appel certes si difficile à demeurer dans le respect, même de ceux qui pourraient déshonorer notre humanité. Le sujet homme n'est pas réductible aux attributs qu'on lui confère, fussent-ils les pires.

Aujourd' hui ce déni du sujet au profit de l'individualité sert à légitimer, les chasses à l'homme, les exterminations, les oppressions en les rationalisant sous des arguties. On s'arroge le droit de réduire des peuples, ou des individus au nom de... d'applaudir au nom de... de se taire au nom de... Pour que disparaisse cet au nom de ... il faut accepter l'engagement.

Aucune pensée ne peut admettre la "légitimation" abusive des exterminations ou des bannissements sans s'apparenter immédiatement à ce qu'elle veut dénoncer.

Même si cela rend nos existences parfois tragiques, aucun au nom de... ne peut fonder le déni de l'être de l'homme c'est à dire sa réduction à des actes ou à des pensées.

 On ne se venge pas du pire, On l'affronte avec la seule arme qui fait l'irrépressible beauté de notre humanité : celle qui affirme la lumière de l'être-homme au sein même de l'obscurité.

 Cette oeuvre d'urgence incombe aux poètes et aux philosophes. Prendre la verticalité du verbe, affirmer la beauté, la liberté, l'amour dans les moments les plus déshonorés de notre humanité, ainsi qu'y invitait René Char.

 Il n'appartient pas à l'engagement ontologique des poètes et des philosophes de se mouvoir au milieu des arguties idéologiques des pour ou contre..

Notre tâche de témoins de l'histoire, notre implication dans le contemporain passent aussi dans le faire oeuvre pour manifester l'indestructibilité de la beauté souveraine d'un absolu implicite à l'historicité de l'existence.

Manifester par le poème et par l'écrit philosophique que les passages historiques les plus terribles n'entachent en rien l'être de l'homme qui ne peut être historicisé.

 Ce manifesté est une présence intempestive, un vol à contre courant, qu'il nous faut assurer malgré les solitudes, les risques qu'entraînent les tentatives de salir de tels engagements pour ce qu'ils réveillent de mauvaises consciences.

 La pensée poétique ne se commet pas avec la propagande elle n'est là ni pour convaincre, ni pour convertir, seulement pour témoigner de l'essentiel.

 

Aujourd'hui la poésie assure cet espace où l'on peut croire encore en tous les espoirs, au moment où se répand le projet de faire désespérer l'homme de l'homme.

Geneviève Clancy

Professeur de philosophie
esthétique à Paris I Sorbonne.


Réponse de Philippe TANCELIN

Délation -Souffrance

Nous sommes parmi ces milliers et quelques autres, auteurs-poètes publiés par les Éditions l'Harmattan qui en réponse au SOS lancé par Monsieur Didier Daeninckx, ont décidé de faire entendre leur voix. Parce que notre langue ne surgit pas aux sources vénéneuses ni ne s'écoule aux caniveaux de la chronique de fange... Sans doute aussi parce que la poésie que nous commettons solitairement ou sciemment en groupe ne s'abreuve pas au scandale, ainsi ne connaît-elle pas l'infiltration diabolique des troubleurs de rêves et tous ceux qui pèchent par excès et outrance d'information, c'est-à -dire mal-informent, désinforment. Que d'auteur du SOS aux poètes de l'harmattan, avant de précipiter sa crédibilité sous les écrous de son écriture, s'initie quelque peu au libre cours de l'expression poétique par toutes les larges portes de cette grande maison d'édition. Cela lui permettra assurément d'accéder sans détour ni tissage amateur de probabilités de comptoir, à une authentique information, vérifiée sur les conditions de publication dans la collection "Poètes des Cinq Continents" comme dans toutes autres collections des éditions l'harmattan. Une telle initiation aurait le mérite de calmer les souffrances de l'auteur du SOS. Elle lui éviterait tant de méprises et de confusionnisme dans ses pérégrinations d'errant aveugle dans la brousse de l'actualité. Ainsi et pour son mieux être, cet auteur sortirait-il très vite de la caverne où tant d'ombres obsessionnelles l'enchaînent à sa propre ignorance de la philosophie des éditions l'harmattan et de leur esprit critique plus aiguisé que les crocs gâtés des aboyeurs. L'auteur de ce SOS retrouverait aussitôt plus grande félicité et quiétude dans l'écriture lorsqu'elle sort des sentiers battus de l'enquête sur les complots de quartier fut-ce du quartier latin. A tant ressentir l'angoisse séculaire de l'auteur de cet article récemment publié sur Internet et intitulé "sciences inhumaines à l'harmattan", les auteurs-poètes de cette grande et libre maison d'édition, ne peuvent que souhaiter à Mr Daeninckx un franc apaisement de son âme par quelques lectures de poésies de rêve, extrême, moyenne ou simplement orientale de notre collection, en langue française, relue et corrigée par les humanités des membres de l'Universitas afin d'éviter toute infiltration de barbarisme, solécisme et autres contresens. Les auteurs-poètes levés au zénith sous ce vent du désert saharien encouragent leur détracteur à une quête salutaire: la Déconcentration Évadez-vous de la logorrhée, cf., Dict. Robert. besoin irrésistible, morbide de parler.

Philippe TANCELIN

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Lettre de Jean-Pierre FAYE

25 septembre 2000

M. Denis PRYEN

Éditions L'Harmattan

  

Cher Denis Pryen,  

La lecture du www visant L'Harmattan m'indigne.

La collection des Poètes des Cinq Continents a publié mon dernier livre de poèmes. Je suis donc concerné directement.

Pour moi, c'est un honneur d'avoir fait paraître un livre aux côtés des Poètes des Cinq Continent en effet, y compris auprès de poètes irakiens, syriens, égyptiens, palestiniens, iraniens, kurdes, de langue arabe et persane.

Il se trouve qu'en 1993 un autre de mes livres, dialogue avec une femme qui fut une " enfant cachée " sous l'occupation nazie, a reçu le Prix de la LICRA. Elle était défunte quand le prix m'a été remis par le Président du Sénat et celui de la LICRA, pour La déraison antisémite et son langage, aux éditions Acte Sud.

La personnalité visée par ce message interneto-diffamatoire est celle d'un grand poète, Geneviève Clancy.

J'ai été le premier à publier un recueil de poèmes signés de son nom, dans la collection que je dirigeais aux Éditions Seghers/Laffont. J'enseignais à la Sorbonne quand elle était une brillante étudiante de Philosophie.

Dans nos conversations d'amis, nous avons souvent recherché quelles pourraient être les voies pour sortir des états de faits au Moyen-Orient, vers l'horizon d'états de droit et de justice.

Le père de Geneviève Clancy a été un déporté de la Résistance, dans les camps nazis.

Elle-même a été effectuer un don de sang à l'ambassade d'Israël, en un moment où elle craignait une offensive militaire en ce sens-là, en 1967.

La souffrance des camps palestiniens est à ses yeux une réalité inoubliable de notre temps. Confondre l'attention passionnée qu'elle porte vers cette souffrance avec les agitations des néo-nazis est un amalgame infâme.

Amalgame insupportable également, l'affirmation insidieuse qui présente les poètes exilés d'Iran et d'Irak comme des partisans de Khomeyni ou des autres dictatures contemporaines. La souffrance des exilés est aussi ce qui mérite le respect.

Pousser la délation calomnieuse jusqu'à désigner du doigt les très belles lectures de poèmes par des poètes de tous les horizons, en effet, à l'Espace Harmattan, c'est précisément une façon qui relève de l'idéologie dictatoriale dont l'Europe a fait l'expérience, avant tout autre des Cinq Continents.

L'ouverture dans la générosité, c'est à l'inverse la pratique de l'Harmattan.

Elle n'a pas de leçons à recevoir des délateurs et amalgamateurs.

Avec vous en solidarité, et amitié, et aussi en riant de ces gros mensonges - gros, trop gros-.

  

 Jean-Pierre FAYE


Lettre de Roland LAFFITTE

A Monsieur le Directeur des éditions l'Harmattan,

A Mesdames et Messieurs les directrices & directeurs de collection,

Lettre ouverte aux éditions l'Harmattan

 au sujet des mises en cause de Didier Daeninckx

Participant depuis le début de leur existence aux soirées poétiques organisées par la Collection Poètes des Cinq Continents et le CICEP dans les locaux des éditions l'Harmattan, je dois vous dire ma stupéfaction, ma colère et mon dégoût devant les attaques odieuses des éditions l'Harmattan et de Geneviève Clancy dans un article intitulé " Sciences inhumaines à l'Harmattan " publié le 18 septembre 2000 sur le site www.amnistia.net sous la signature de Didier Daeninckx.

Ces accusations porteraient à sourire si les torrents de boue déversés dans son appel à l' " épuration " des éditions l'Harmattan pouvaient ne pas laisser de trace. Nous savons hélas que la calomnie ne s'évapore pas comme la rosée au premier rayon de soleil.

Un mauvais procès

  Sur quoi sont fondées les accusations de Didier Daeninckx, auto-érigé en procureur de la Sainte Inquisition antifasciste, antipétainiste, antirévisionniste et anti-antisémite ? Uniquement sur des procédés douteux. Qu'on en juge :

 Concernant les éditions l'Harmattan :

 1. Les éditions l'Harmattan publient un livre sur L'islam en Occident de Roger Garaudy.

2. Or celui-ci a été condamné devant les tribunaux pour pour « constestation de crimes contre l'humanité ». C'est bien exact. Bien que la préocédure ne soit pas tout à fait terminée.

3. Roger Garaudy serait devenu par décision d'un tribunal un " émule de Faurisson " et partant, tous ceux ses écrits, toutes ses pensées sont supposées porter la souillure de cette accusation infamante. Avec de tels raisonnements, il fraudrait brûler toute l''oeuvre de Céline pour son attitude antisémite. Ne nous arrêtons pas là : brûlons aussi celles de Renan pour sa mise en hiérarchie des races humaines et ses tirades antisémites englobant tous les peuples sémitiques, les Arabes en premier lieu, Lamartine et Hugo pour avoir magnifié le colonialisme, Montaigne pour avoir acquiescé à la Saint Barthélémy, Voltaire pour avoir tiré ressources de l'esclavage. Il est vrai que Didier Daeninckx se garde de tomber dans ce travers, lui qui affiche s'être guéri de toute nostalgie de l'anticolonialisme, une cause que l'on devine chez lui désormais sans plus objet et qui n'aurait plus aujourd'hui à se mettre sous la dent " qu'un ressentiment contre l'État d'Israël [1] rapidement mué en antisémitisme "...

4. Roger Garaudy étant atteint par la maladie négationniste, tous ceux qui ont eu un contact avec lui ont été contaminés et sont devenus des négationnistes comme le Père Michel Lelong...

5. Donc l'Harmattan trempe dans la confusion négationniste et se voit menacé d'être emporté par la maladie révisionniste.

La simple mise en lumière des articulations du discours suffirait, me semble-t-il, à le tourner en ridicule. Et comme le raisonnement est le même avec avec Moumen Diouri, je me dispense donc de le recommencer.

  Je note maintenant que, dans sa grande magnanimité, le procureur Daeninckx est disposé à laisser tomber les terribles accusations qui pèsent sur les éditions l'Harmattan à condition qu'elles se débarrassent du vecteur supputé de cette contagion : Geneviève Clancy. Mais le type de réquisitoire qui la condamne est de la même eau .

 

Concernant Geneviève Clancy :

 1. Geneviève Clancy a lu le manuscrit de Roger Garaudy. Que le manuscrit incriminé ait ou non un rapport avec la faute dont on accuse Roger Garaudy n'est pas de nature à ébranler la conviction de notre accusateur public : si elle a trouvé le livre intéressant, elle doit être punie car, quel que soit le sujet qu'il traite, il a été écrit par un homme marqué au sceau de l'opprobre.

2. Geneviève Clancy aurait " accepté le manuscrit ". Qu'elle ne soit nullement responsable de l'édition de cet ouvrage et que seul son avis ait été en l'occurrence sollicité n'a aucune importance pour notre accusateur public : elle est coupable !

3. Or elle est présentée comme directrice de la collection Poètes des Cinq Continents. Notre procureur ne s'est pas embarrassé d'aller vérifier ce qu'il avance et peut être balaierait-il d'un revers de manche le fait qu'elle ne s'en présente pas comme la responsable mais seulement comme l'une des quatre personnes ayant le titre de lecteur ou lectrice. Et voici que cette collection reçoit dans une de ses soirées une certaine Maria Poumier. Que cela soit à titre de traductrice de poésie hispano-américaine et que jamais la moindre allusion à ce dont on l'accuse n'ait pu être soupçonnée dans la soirée incriminée - j'en tombe moi-même sur mon séant - n'a pas à entrer en ligne de compte pour notre zélateur de la Vertu antirévisionniste : cette dame aurait, selon l'accusation, des contacts avec Roger Garaudy dans le cadre de l'Université où elle exerce. Toutes ses actions sont donc souillées par cette tache indélébile et partant tous ceux qui ont commerce avec elle.

4. Sur les seuls faits connus par notre Grand Inquisiteur, à savoir que Geneviève Clancy s'est permis de pas jeter au panier un manuscrit de Roger Garaudy et qu'elle participe à l'animation des soirées poétiques, elle est implicitement montrée du doigt comme figure de proue d'un groupe " qui s'est sciemment installé dans les rouages de l'Harmattan, par l'étroite porte de la collection poésie ". Conclusion : les éditions l'Harmattan doivent, pour leur santé morale, se séparer des membres pourris.

 

Devant n'importe quelle juridiction répressive, un procureur peut à bon droit dire sur l'accusé ce qui lui chante : selon l'adage, la parole est libre. N'oublions pas cependant que selon le même adage, l'écriture est serve : le procureur doit avancer ce qu'il prouve dans ses réquisitions. Et gageons qu'aucun juge ne pourrait accepter les arguments du procureur Daeninckx.

 

Didier Daeninckx confond fiction et investigation

  Didier Daeninckx est présenté comme ayant participé à diverses publications. Je ne conteste pas une affirmation que je n'ai pas vérifiée mais elle m'inspire une réflexion. Si Didier Daeninckx avait présenté son article dirigé contre les éditions l'Harmattan aux publications auxquelles il a jadis collaboré, je ne puis dire quel accueil ce travail aurait reçu." Je peux seulement ici témoigner de ma propre expérience. J'ai personnellement publié des enquêtes dans plusieurs publications : je songe particulièrement aux Cahiers de l'Orient dont je suis un des collaborateurs et qui n'assume pourtant pas les propos auteurs des articles qu'il publie, ou à Témoignage Chrétien et ce sur des sujets chauds comme la situation de l'immigration, ou encore au Monde Diplomatique, tout particulièrement sur l'utilisation de l'uranium appauvri pendant la guerre du Golfe. Eh bien je puis vous assurer que j'ai toujours dû avancer, et ceci sans aucune réticence de ma part, la preuve de la plus infime de mes assertions. Je suis donc navré de dire à ce sujet que, s'agissant d'investigation, Didier Daeninckx a oublié ici le B.A.BA du métier de journaliste.

  Considérons maintenant ce passage de son article sur le net : " Le deuxième manuscrit de l'émule de Faurisson est parvenu le 25 novembre 1999 au siège parisien de l'Harmattan, rue des Écoles, en provenance du domicile privé de Garaudy. Il n'a été lu que par une seule personne, un professeur d'esthétique à la Sorbonne, Geneviève Clancy, qui l'a accepté, dans la journée ! ". Je ne reviens pas sur les contrevérités et les amalgames contenus dans cette phrases qui, il faut en convenir contient d'édifiantes révélations, du type : " le manuscrit est sorti du domicile privé de son auteur "... Convenons-en : du fait que, dans ce récit, l'exposition des données réelles s'inscrit sur une trame imaginée, il relève davantage de la manière habituelle des fictions policières que des enquêtes en bonne et due forme. Je n'ai aucune raison de douter des talents de Didier Daeninckx comme auteur de roman policier. Je n'ai aucune gêne à dire que sa littérature se lit avec plaisir et qu'il possède dans ce domaine une efficacité certaine et un talent reconnu : ayant éprouvé en son temps la difficulté à parler du 17 octobre 1961, j'ai apprécié l'intelligence avec laquelle il était parvenu à briser, avec Meurtres pour mémoire, Gallimard, 1984, les barrages successifs de la bonne et de la mauvaise conscience coloniale par le biais de l'évocation littéraire.

  Mais les dégâts sont considérables dès qu'on accepte dans l'enquête journalistique ou dans la lutte politique et citoyenne les méthodes de la fiction littéraire policière.

 

Assez de bassesses !

 Faites n'importe quelle recherche sur le net : vous trouverez à boire et à manger. Tout y est dit : le meilleur comme le pire, plus souvent même le pire que le meilleur. Un exemple : un des principaux forums politiques comme fr.soc.politique est largement squatté par la mouvance d'extrême droite. Faut-il interdire pour cela le net ou le soumettre à la censure ? Je ne crois pas. J'estime qu'il faut accepter le défi de la bataille publique, pensant que chacun d'entre nous était capable de se comporter comme citoyen et apte à faire le tri dans les mots, les idées, les odeurs parfois nauséabondes et aussi les parfums que portent les vents sociaux.

 Didier Daeninckx s'avère un piètre procureur. Permettez-moi d'émettre les doutes les plus sérieux sur ses qualités d'enquêteur. A la vérité, il pervertit son talent d'écrivain par des arguments dignes des procès que l'on qualifiait naguère de staliniens. Les procédés de Didier Daeninckx sont l'exagération et le mensonge, l'accusation sans fondement, l'insinuation et l'amalgame, le jeu d'ombres chinoises des fausses perspectives, et reposent surtout sur un présupposé que l'on pourrait appeler la " théorie de la contamination " : Untel a touché Untel qui a vu Untel qui a parlé avec Untel qui a été vu avec Untel, etc… Tous procédés qui furent les armes favorites de toutes les chasses aux sorcières de l'Histoire.

 Est-il abusif d'évoquer ceci à propos des méthodes de Didier Daeninckx ? C'est pourtant ce que fit le 25 juin 1995 Maurice Rajsfus qui, mis en cause par le même Didier Daeninckx, se vit obligé de répondre à ses attaques ignobles par un texte intitulé " Chasse aux sorcières, ça suffit ! ". Dans un pamphlet intitulé Le Goût de la vérité, Ed. Verdier, notre Grand Inquisiteur venait d'accuser un certain nombre de personnalités, pourtant insoupçonnables sur ce terrain, de révisionnisme voire d'antisémitisme : il y assassinait notamment Gilles Perrault et Maurice Rajsfus. Ceci au point que ses amis et en particulier l'écrivain Gérard Delteil lui demandèrent instamment " d'arrêter les frais " (voir " Daeninckx en un combat douteux ", dans Libération du 11/11/1997).

 Il suffit de demander " Didier Daeninckx " sur un moteur du recherche du net pour se rendre immédiatement compte à quel point le Front national peut se délecter de telles accusations (voir l'article " Ras l'Front, Ras le bol ", par Gabriel Lindon, National Hebdo, n° 695, 13-19 nov. 1997, repris par le site aaarghinternational@hotmail.com). Je ne peux pas ne pas me souvenir à ce propos d'une époque où Jean-Marie Le Pen traînait devant les tribunaux plusieurs radios libres dont celle où Geneviève Clancy et moi-même nous nous côtoyions comme animateurs, pour l'avoir traité de " fasciste " et de " raciste "... Venant de cet endroit, les coups ne sont pas pour surprendre : nous y sommes habitués. Mais je suis outré que l'on puisse verser en si peu de mots que ne le fait Didier Daeninckx dans son article ordurier, autant de fiel sur Geneviève Clancy et autant de purin sur autant de monde à la fois.

Qu'on me permette également de dire le malaise que procure d'ailleurs l'utilisation, de tous les bords politiques aujourd'hui, d'arguments bas, sans envergures qui ne prouvent, chez ceux qui les utilisent, que leur propre faiblesse et donc aujourd'hui une réelle difficulté de notre société à faire face à ses propres tâches.

 Je voudrais aussi dire que si les calomnies engagent ceux qui les profèrent et donnent une idée de leur valeur, elles n'ont de force que par ceux qui, pouvant leur faire barrage, négligent de les contrer.

 

 Soyez assuré, Mesdames, Messieurs, de mon profond respect.

Paris, le 1er octobre 2000

Roland LAFFITTE

e.mail : laffitte@cybercable.fr


Réponse de Maria POUMIER

Mais qui c'est, cette Poumier que personne ne connaît ?

Je réponds pour tous ceux qui se sont déjà trouvés dans ma situation, brusquement projetés sous les projecteurs de l'inquisition avec une étiquette infamante, et pour ceux à qui cela peut arriver d'un jour à l'autre, simplement parce qu'ils n'auront pas embrayé automatiquement sur une consigne de boycott d'une maison d'édition, d'un ouvrage, ou de n'importe qui, connu ou inconnu d'eux.

Née en 1950 dans une famille bourgeoise, à dix-sept ans j'ai ressenti l'assassinat du Che comme un sacrifice extraordinaire qui exigeait, tout simplement, que l'on suive ses traces. Je suis allée offrir mes services à la révolution cubaine, et j'ai enseigné à l'université de La Havane plusieurs années, jusqu'en 1979. Agrégée d'espagnol depuis 1971, j'étais passionnée de littérature, de philosophie de l'art, d'esthétique, et on me demandait des cours dans ce domaine. C'est dès cette époque que les efforts de Roger Garaudy pour élargir les critères de valeur à l'intérieur du camp des communistes m'ont intéressée ; or je découvris dès que je tentai d'utiliser Pour un réalisme sans rivages, titre qui restera longtemps admirable, qu'il n'était pas en odeur de sainteté dans son propre camp. Cela me confortait dans mes convictions : j'appartenais au camp de la gauche, j'essayais d'être aussi solidaire que possible des damnés de la terre, et depuis la place singulière que le romantisme et le hasard m'avaient donnée, il me semblait que mon rôle était de desserrer les étaux idéologiques, de réintroduire la respiration de la pensée dans les domaines que je connaissais et que j'aimais, et cela dans mon milieu professionnel.

Puis je revins en France : dix ans de socialisme, avec toutes les férocités qu'une dictature férocement assiégée répercute jusqu'au coeur de la vie domestique, étaient venus à bout de ma faiblesse. Mon échec personnel a renforcé mon admiration pour les gens modestes, le peuple, infiniment plus résistant que nous autres, les intellos, dans leur endurance à la torture permanente que leur inflige l'impuissance. Le sens des valeurs, je continue à le reconnaître souvent chez les communistes, en Amérique latine comme en France, surtout lorsqu'ils refusent tout privilège, toute rentabilisation de leurs sacrifices, étant bien entendu que les communistes ne sont pas les seuls à me donner l'exemple de la constance dans l'adversité, et de la foi dans des valeurs hautement religieuses, celles qui relient les sociétés, en font autre chose que des troupeaux de consommateurs. En France, dans l'enseignement secondaire, je découvre la banlieue, et à nouveau l'exemple du courage et de la patience dans les familles immigrées. Dans les années quatre-vingt dix, je m'investis dans l'action sociale, en misant sur le potentiel des mères de famille étrangères et pauvres, en qui je voyais l'autorité, le sens de la responsabilité, potentialisées par les injustices qu'elles subissaient, en tant que femmes, que leurs maris autant que les conditions de l'expatriation contribuaient à confiner, à étouffer, à bafouer dans leurs aspirations élémentaires. Dans la perspective de l'auto-métissage que j'estime vivifiant pour chacun, j'organisais des activités interculturelles, j'invitais des conférenciers, je contribuais à faire reprendre pied dans le réel aux idéologues de gauche et aux féministes françaises, et je m'efforçais d'atténuer l'injustice sociale, tandis que les femmes musulmanes me communiquaient un peu de leur force et de leur astuce.

Voilà comment je retrouve Roger Garaudy, et j'épouse globalement son aventure intellectuelle, avec la redécouverte du religieux, et sa relecture de l'islam comme source d'une nouvelle jeunesse pour la pensée en Europe. Une fois nommée Maître de Conférences à l'Université de Paris VIII, Saint-Denis, ex Vincennes, avec le soutien des hispanistes et spécialistes de Cuba réputés les plus à gauche dans le monde universitaire, j'ai donc eu le plaisir de l'inviter à faire une conférence publique sur " Islam et modernité ", avec l'accord de la présidence de l'université à cette époque, convaincue que c'était salutaire dans une université où il est probable que plus de la moitié des étudiants sont musulmans. A ce moment, pour moi, les juifs n'existaient pas plus que les corses ou les bretons, c'est à dire des éléments vivants du folklore national, et dignes, comme les corses et les bretons, d'une attention fraternelle dans la mesure où ils avaient parfois maintenant un statut minorisé. Sionisme, Palestine, étaient des questions très éloignées de mes préoccupations, je l'avoue à ma grande honte, les médias réussissaient parfaitement à me faire éviter de réfléchir à ces choses difficiles. Des énergumènes tentèrent par la force d'empêcher la conférence de se tenir, au prétexte que Le Monde et le Canard enchaîné venaient d'annoncer que Roger Garaudy avait écrit un livre négationniste. Dans les jours qui suivirent la CNT afficha des tracts dans l'université, qui se terminaient par " Poumier tu ne passeras pas l'hiver ", tandis que la présidente se trouvait harcelée par certains enseignants et l'Union des étudiants juifs.

Depuis 1996, quelques enseignants n'ont cessé de tout mettre en oeuvre pour me marginaliser ; ils sont parvenus à me faire exclure du groupe de recherches auquel j'appartenais. Dans la mesure où je n'ai jamais exprimé la moindre opinion sur les chambres à gaz, et où Roger Garaudy est en fait victime d'un ostracisme général depuis 1982, date de son premier livre sur la Palestine, j'ai réalisé que la cause palestinienne est centrale pour notre époque, et qu'en France il existe un énorme continent submergé de pensée censurée et autocensurée, sous des prétextes divers.

J'abrège : j'ai à la disposition de tous les curieux le dossier de mes demandes de respect des usages démocratiques, auprès des autorités universitaires, dont les trois syndicats de l'enseignement supérieur ont reçu copie, et dont nul ne m'a jamais accusé réception, à commencer par le président de l'université de Paris VIII. A ce jour, le seul document qui m'a été communiqué officiellement est celui du groupe de recherches (entité qui n'engage nullement la responsabilité de toute l'université) qui m'a exclue, et qui, n'ayant pas été soumis à l'avis de tous les responsables du groupe, a été réfuté par certains de ses membres. Il faut donc en conclure que pour marginaliser quelqu'un, il suffit de propager la rumeur que c'est un abominable négationniste, parce qu'il refuse de se désolidariser d'un vieux militant et philosophe courageux qui aura marqué son siècle, et cherché à prendre, à chaque tournant de sa vie, la défense des plus vilipendés, restant parfaitement fidèle à l'anti-nazisme de sa jeunesse.

J'ai le sentiment que le dénigrement de mon action n'est rien en comparaison de la campagne actuelle de désinformation malveillante qui dénature le combat des Palestiniens pour leurs droits élémentaires est infiniment plus grave, et la France est ces jours-ci victime d'une campagne dans les médias pour que toute protestation contre les tueries perpétrées par Israel soit assimilée à de l'antisémitisme. Comme c'est bien là l'argument suprême auquel tentent de se raccrocher nos censeurs domestiques, je répondrai comme l'éditorialiste de l'Humanité : " quelques sinistres apprentis sorciers courageusement anonymes s'efforcent d'importer sur notre territoire le conflit, d'essence fondamentalement politique, sous les traits du souffle de la haine religieuse ou raciale. Ces " salauds " de l'ombre -que le lecteur pardonne cet emportement de vocabulaire qui dit bien ce qu'il veut dire- font resurgir l'odieux spectre de l'antisémitisme : ils ne méritent que d'être méprisés, combattus, démasqués et punis. [2] Il serait parfaitement injuste de soupçonner d'antisémitisme quiconque porte un jugement sévère sur les actes des autorités israéliennes. " (Claude Cabanes, 13 10 00). Laissera-t-on encore longtemps de telles critiques s'exprimer ?

Maria POUMIER, le 15 10 00

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Lettre de Yves BERGERET

Le 1er octobre 2000

Aux éditions L'Harmattan

Monsieur, mademoiselle,

  

Informé de la polémique que Daeninckx fait à notre collection Poètes des Cinq Continent, je tiens à vous dire combien je trouve cette collection intéressante par son ouverture internationale, sa capacité à faire connaître aux lecteurs français des auteurs aussi différents que divers, et son pluralisme.

 Yves BERGERET


Réponse de Maître Isabelle COUTANT PEYRE

 

En espérant que ce message parviendra à Didier Daeninckx qui n'ose pas donner ses coordonnées quand il étale sur Internet un pathos culpabilisé de repenti avec effets secondaires haineux.

 

Qu'est-il arrivé à Didier Daeninckx dont j'ai tant admiré, en son temps de publication, un livre comme "Meurtre pour mémoire" qui osait dénoncer les crimes contre l'humanité conduits par la Police française contre les algériens.

 

Quoique je constate que ces derniers temps, ce même homme courageux se tait lorsque les algériens sont raflés par centaines par la Police française pour les besoins des petites affaires financières entre certains généraux algériens et une bande d'hommes politiques français, et de leurs sbires de la D.S.T. et des sections spéciales du Palais de justice.

 

Pour qui travaille maintenant Didier Daeninckx ? Je n'ose croire qu'un homme digne de ce nom ait pu se montrer digne et courageux, tout en nageant dans un camps ennemi du respect et de la dignité à l'égard de tous, noirs, jaunes, blancs, chrétiens, juifs et musulmans.

 

Je ne pense pas utile de répondre sur le contenu de la prose malveillante et hargneuse, mais simplement sur un simple point matériel : je ne suis pas et n'ai pas été collaboratrice de Jacques Vergès. Le mot collaborateur est d'ailleurs un mot qui ne fait pas partie de mes goûts.

 

Je laisse cependant à D. Daeninckx le droit de l'utiliser pour lui-même. Il est libre de ses opinions, selon les principes que je défends pour mes clients et que j'applique pour moi-même.

 

Isabelle COUTANT PEYRE

Avocat à la Cour


Patrick KARAM

 

Réponse aux articles du 18 septembre et du 4 octobre

Amnistia.net

 Monsieur le Directeur,

Didier DAENINCKX nous somme de réagir pour "refuser la mainmise des négationnistes" sur l'Harmattan. La règle du jeu est d'accepter de publier la réaction des auteurs qu'il sollicite. D'autant que le 4 octobre un autre article courageusement anonyme reprend les mêmes procédés.

Vous soulevez en filigrane un débat essentiel : faut-il exclure du débat public les promoteurs de thèses extrêmes ? Votre réponse est positive, version moderne de Saint-Just "pas de liberté pour les ennemis de la liberté". La réalité n'est pas aussi simple. L'essence même de la démocratie impose l'expression des idées, y compris celles qui sont contraires à nos convictions. C'est ce qui nous distingue des régimes totalitaires. S'il est nécessaire de combattre les extrémistes et leurs prétendues vérités, en revanche il faut s'assurer qu'ils puissent s'exprimer. En excluant, en muselant, vous forgez le sentiment d'avoir peur de la confrontation. C'est ainsi que vous alimentez et légitimez des idées qui circulent sans véritable contradicteur.

Que vous tranchiez que ces idées ne doivent pas trouver de réceptacle, c'est votre droit. Mais que vous jetiez le discrédit sur un éditeur qui fait le choix inverse du vôtre, c'est là que vous dérapez. Vous usez de votre liberté de parole et de jugement pour prétendre restreindre celle des autres. Qui vous donne le droit de vous improviser comme censeur moral, donneur de leçon ? Vous désinformez, instrumentalisez par accumulation d'anecdotes souvent éloignées de votre sujet initial mais qui donne l'impression après vous avoir lu que l'Harmattan devient une véritable officine d'extrême droite. Vous citez un ou deux ouvrages et vous oubliez de mentionner les dizaines de milliers d'autres. Ce faisant, vous insultez les milliers d'auteurs, attachés comme moi à leur maison d'édition, à sa bonne réputation et qui se sentent salis par vos procédés misérables. J'ai dirigé plus de 12 ans différentes organisations de défense des droits de l'homme, sans aucune concession pour les extrémistes de tout bord. Petit-fils d'immigrés, les délires antisémites et racistes m'insupportent. Si jamais il y avait eu le moindre risque de dérive de l'Harmattan, je n'aurais pas attendu votre appel pour réagir. Sans doute vos excès s'expliquent par votre souci d'attirer des internautes sur votre site et de le rentabiliser. Fallait-il pour autant, jeter le doute sur les milliers d'ouvrages et d'auteurs publiés chaque année par l'Harmattan ?

Je remarque d'ailleurs que vous ne faites aucune allusion au contenu des livres incriminés, pas plus que vous ne signalez des passages contenant d'éventuels délires extrémistes. Vous vous attachez plus à condamner les personnes. Votre logique d'exclusion est poussée à la caricature puisque vous déniez aux personnes visées de s'exprimer sur aucun sujet que ce soit. Les éditeurs sont sommés de les exclure à la seule lecture de leur nom, sans aucun regard sur le contenu. Belle conception des valeurs démocratiques !!!

Vos deux articles sentent la mauvaise foi : d'insinuation en approximation, vous terminez par un appel qui se veut vertueux, soi-disant dans l'intérêt de l'éditeur et des auteurs. Cela porte un nom : manipulation.

J'observe depuis un certain temps la multiplication des attaques en règle subies par l'Harmattan. Il est étrange de constater à quel point le succès déclenche les haines et les coups bas. Regardons objectivement la situation. L'Harmattan fait partie de ces très rares éditeurs qui assument une véritable politique éditoriale qui ne se résume pas à un calcul de rentabilité pour accepter un manuscrit, mais évalue son utilité et la nécessité de nourrir les débats. Chez quel autre éditeur, un universitaire, un intellectuel, ou un politique africain, sud-américain ou asiatique peut-il publier en langue française ? Qui a le plus favorisé l'éclosion de la créolité ? Comment nier son influence, immense, auprès des élites du tiers-monde qui y trouvent là une tribune. N'est-ce pas ainsi que l'on fait avancer les valeurs démocratiques ?

Faites votre travail en professionnel. Lisez d'abord les ouvrages que vous incriminez -c'est le moins qu'on puisse vous demander-, critiquez-les, démontez les arguments des auteurs. Tout combat contre le négationnisme mérite d'être soutenu, à condition toutefois d'être mené de façon sérieuse et désintéressée. Ce n'est certainement pas en ouvrant des polémiques destinées à faire de la publicité à votre site que vous faites oeuvre utile.


A l'attention de Mr Daeninckx et ses "collaborateurs" pour qu'il puisse continuer son enquête et voir si les Éditions l'Harmattan sont négationnistes !

Collection

Mémoires du XXe siècle  

Déjà parus

Michel BLOIT, Moi, Maurice, bottier à Belleville, 1993.

Maurice SCHIFF, Histoire d'un bambin juif sous l'occupation nazie. Préface d'Henri Bulawko, 1993.

David DIAMANT, La résistance juive. Entre gloire et tragédie, 1993.

Joseph BERMAN, Un juif en Ukraine au temps de l'armée rouge, 1993.

Pierre BRANDON, Coulisses de la résistance à Toulouse, Lyon, Marseille et Nice, 1994.

Charlotte SCHAPIRA, Il faudra que je me souvienne. La déportation des enfants de l'Union Générale des Israélites de France, 1994.

Georges SADOUL, Journal de guerre (2 sept. 1939 - 20 juillet 1940), deuxième édition, 1994.

Pierre LEENHARDT, Pascal Copeau (1908-1982). L'histoire préfère les vainqueurs, 1994.

France HAMELIN, La Résistance vue d'en bas... au confluent du Lot et de la Garonne, 1994.

Marcel DUCOS, Je voulais seulement changer l'Église, 1994.

Léon ARDITTI, Vouloir vivre. Deux frères à Auschwitz, 1995.

Georges BELLENGER, Pilote d'essais. Du cerf-volant à l'aéroplane, 1995.

Claude-Henri MOUCHNINO, Survivant par hasard, 1995.

Philippe BARRIÈRE, Grenoble à la Libération (1944-1945). Opinion publique et imaginaire social, 1995.

Stanislas LIKIERNIK, Une jeunesse polonaise, 1923-1946, Damnée chance ou doigt de Dieu ?, 1995.

Odette ABADI, Terre de détresse - Birkenau-Bergen-Belsen, 1995.

Louis BOYÉ, "Un jour, le grand bateau viendra", chroniques de la Résistance, 1996.

Michel BLOIT, Micheline Ostermeyer ou la vie partagée, 1996.

Lisa DRACH, Les fantômes de Lisa, juive polonaise émigrée, 1996.

Edward REICHER, Une vie de Juif. Souvenirs d'un médecin juif polonais - 1939-1945, 1996.

Micheline LARÈS-YOËL, France 40-44. Expérience d'une persécution, 1996.

Rivka COHEN, Mon enfance Sépharade, 1996.

Francine CHRISTOPHE, Une petite fille privilégiée, 1996.

Mireille NATHAN-MURAT, Poursuivi par la chance. De Marseille à Bichenwald, 1996.

Max VARADI, De l'Arno aux rives du Jourdain, 1996.

Lucien ELKIND, Caporal Dick, 1997.

Général KATZ, "... Une destinée unique..." Mémoires (1907-1996), 1997.

Larissa CAIN, Une enfance au ghetto de Varsovie, 1997.

Jacques JURQUET, Années de feu. Algérie 1954-1956, 1997.

Camille VAILLOT, "LE DUS", Mineur de Monceau-Les-Mines. Mémoires, Présentés et annotés par Robert Chantin, 1997.

Henri KELLER, AMÉLIE I. Chronique d'un mineur de Potasse, 1997.

Evelyne KRIEF, Le temps des mensonges ou la petite marrane, 1997.

Robert FRANCÈS, Intact aux yeux du monde, 1997.

Serge MAMONTOV, Carnets de route d'un artilleur à cheval 1917-1920, 1998.

Henri KELLER, Azougar. Fragments de vie dans l'Atlas, 1998.

Alain CHAFFEL, Les communistes de la Drôme de la Libération au printemps 1981, témoignage sur le premier génocide du XXe siècle, 1999.

Dernières parutions

Laure SCHINDLER-LEVINE, L'impossible au revoir. L'enfance de l'un des derniers " maillons de la chaîne ", 1933-1945, 1999.

André CAUSSAT, Gutka. Du ghetto de Varsovie à la liberté retrouvée, préface d'André Kaspi, 1999.

Willy BERLER, Itinéraire dans les ténèbres. Monowitz, Auschwitz, Gross-Rosen, Buchenwald, récit présenté par Ruth Fivaz-Silbermann, préface de Maxime Steinberg, 1999.

Jean-Varoujean GURÉGHIAN, Le Golgotha de l'Arménie mineure. Le destin de mon père. Témoignage sur le premier génocide du XXe siècle, préface de Yves Ternon, 1999.

Saül OREN-HORNFELD, Comme un feu brûlant. Expérimentations médicales au camp de Sachsenhausen, témoignage, préface de Thierry Feral, 1999.

Daniel KLUGER (avec la collaboration de Victor SULLAPER), Vigtor le Rebelle. La résistance d'un Juif en France, récit biographique, préface de Henry Bulawko, 1999.

Claire JACQUELIN, De la rue d'Ulm au Chemin des Dames. Histoire d'un fils, trajectoire d'un homme. (Correspondance, 1902-1818).

Hélène COUPÉ, Les Sans-Amour. Femmes ukrainiennes prisonnières en Allemagne nazie (journal de captivité, 1942-1945).

Docteur Serge LAPIDUS, Étoiles jaunes dans la France des années noires, onze récits parallèles de jeunes rescapés, 2000.

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