AAARGH
Chères soeurs,
chers frères,
C'est depuis Jérusalem que je suis venue me joindre à
vous aujourd'hui; depuis le coeur de la Palestine, cette terre
assiégée et continuellement violée par une
occupation militaire des plus brutales: celle d'Israël. C'est
à partir du coeur du peuple de Palestine, une nation martyrisée,
coupable de sa seule aspiration jamais démentie à
la paix, à la dignité et à l'indépendance,
que je suis venue me joindre à vous aujourd'hui. Je représente
une saga faite d'exclusion, de déni, de racisme et de persécution
nationale, mais je viens aussi apporter ici un message d'espoir,
de renouveau et de revendication nationale incarnée dans
l'esprit et la volonté d'un peuple qui a refusé
de succomber devant les forces coalisées de l'oppression,
de la violence, de la cruauté et de l'injustice. Par votre
réunion elle-même, vous êtes l'incarnation
authentique du courage, en tenant tête aux forces de domination,
d'asservissement. Nous sommes côte à côte,
ensemble, aujourd'hui, afin de lancer un mot d'ordre véritablement
global de prise de notre destin en main et de solidarité,
afin de donner une voix à ceux à qui l'on impose
le silence, de donner réalité aux "invisibles",
de donner reconnaissance aux "déniés"
et de donner une écoute aux victimes. Dans les moments
d'adversité, durant les nuits les plus sombres pour notre
âme, nous nous tournons vers vous afin de rechercher auprès
de vous initiative et action en tant qu'antidotes à l'échec
des systèmes de pouvoir établi, et notamment les
gouvernements, cet échec qui se caractérise par
l'intérêt égoïste primant tout, la politique
politicienne, l'absence de volonté réelle et l'impuissance.
Je saisis l'opportunité que me donne cette tribune pour
rendre hommage devant vous à ces hommes et à ces
femmes courageux qui ont laissé derrière eux, aux
Etats-Unis et en Europe, le confort de leur foyer afin de venir
chez nous, en Palestine, y assurer une protection populaire, un
"bouclier humain" face aux exactions israéliennes,
à la violence et aux violations des droits commis à
l'encontre du peuple palestinien. Je vous rejoins ici, aujourd'hui,
le coeur lourd de devoir laisser une nation captive, otage d'une
Nakba qui n'en finit pas, sous la forme de la manifestation parmi
les plus complexes et les plus insidieuses qui soient, d'un colonialisme
obstiné, de l'apartheid, du racisme et du crime. Voilà
plus d'un demi-siècle (cinquante trois ans, pour être
précise), les Palestiniens ont été voués,
en tant que peuple, à l'anéantissement national.
Ils ont été rejetés hors de l'histoire, leur
identité a été déniée et leur
réalité humaine et culturelle elle-même supprimée.
Nous sommes devenus les victimes du mythe d'"une terre sans
peuple pour un peuple sans terre", mythe grâce auquel
l'Occident cherchait à soulager sa conscience de la culpabilité
des crimes dus à son horrible antisémitisme, fût-ce
au prix de l'assassinat'une nation entière. Le sionisme
cherchait à imposer son programme d'éviction et
de domination exclusive en usurpant non seulement les terres et
les droits des Palestiniens, mais aussi en confisquant leur cri
et en déformant leur histoire nationale. En 1948, nous
fumes victimes d'une grave injustice historique qui se traduisit
par une double stigmatisation: d'un côté, l'injustice
de la dépossession, de la dispersion, d'un exil imposé
par la force des armes à une population civile qui allait
être connue comme constituant le "problème des
réfugiés" (problème qui concerne aujourd'hui
plus de cinq millions de Palestiniens) et de l'autre, ceux des
Palestiniens qui sont restés ont été soumis
à l'oppression systématique et à la brutalité
d'une occupation inhumaine qui les a privés de tous leurs
droits et libertés, jusqu'à y compris leur identité
nationale, sur leur propre terre ! La création de l'Etat
d'Israël n'a rien de l'épopée historique et
édifiante forgée par la version de l'histoire répandue
pro domo par les conquérants eux-mêmes. Il est temps
de faire tomber le masque, d'examiner les faits en eux-mêmes
et de prendre toute la mesure du prix terrifiant payé par
une nation innocente pour son simple tort d'exister et à
cause de l'avidité et de l'aveuglement moral d'autres qu'elle-même.
Le temps du déni doit finir. Le peuple palestinien a droit
à sa place au soleil comme un peuple parmi les autres peuples,
comme un tribut à la commune Humanité, apport qui
ne saurait être remis en question. En tant que Palestinienne,
en tant que femme, et aussi au nom de mon peuple, je m'adresse
à vous aujourd'hui afin de revendiquer mon/notre humanité.
De Palestiniens inexistants ("Il n'y a pas de Palestiniens;
ils n'ont jamais existé", avait déclaré
Golda Meir, en 1969), nous avons subi une métamorphose,
qui nous a été imposée délibérément
par le diktat et les politique israéliennes discriminatoires,
qui nous ont traités de qualificatifs aussi choisis et
variés que "vermines à deux pattes", "cancrelats",
"bêtes de somme marchant sur deux pattes", "sauterelles
à écraser d'un coup de talon", "crocodiles"
et "vipères". (Nous tenons à votre disposition
une liste exhaustive, illustrée d'exemples représentatifs).
"Il n'y a pas d'alternative: les Arabes doivent faire de
la place aux juifs en Eretz-Israël. Si on a pu déplacer
les peuples baltes, on peut déplacer aussi les Arabes palestiniens
(Vladimir Jabotinskij, 1939). "La colonisation sioniste doit
être soit arrêtée maintenant, soit menée
à son terme contre la volonté de la population autochtone...
Il est important de parler hébreu, certes. Mais il est
encore plus important d'être capable de tirer - sans quoi,
cela reviendrait à jouer la colonisation à pile
ou face" (Vladimir Jabotinskij, 1939). "Nous devons
faire tout ce qui est en notre pouvoir afin de nous assurer qu'ils
ne reviendront jamais. Les vieux mourront. Quant aux jeunes: ils
oublieront." Toutefois, pour ceux qui allaient rester en
dépit de la coercition militaire israélienne et
des tentatives de les expulser par la force, d'autres plans, tout
aussi sinistres, étaient en préparation. "Nous
réduirons les Arabes à l'état de communauté
de bûcherons et de porte-faix." (David Ben Gourion).
Pour le reste du monde, nous avons été réduits
à une dualité aristotélicienne de pitié
et de peur: la pitié inspirée par les réfugiés,
la peur des "terroristes" impitoyables. Mais nous n'avons
jamais été perçus ni considérés
dans l'intégrité de notre humanité. Aujourd'hui,
les Palestiniens continuent à être en but à
des formes et des expressions multiples de racisme, d'exclusion,
d'oppression, de colonialisme, d'apartheid et de déni de
l'appartenance nationale. Notre droit à décider
nous-mêmes de notre sort et, par tant, notre droit à
la souveraineté et à la possession d'un Etat, a
été suspendu par la force militaire et soumis à
l'approbation de notre oppresseur. Les populations réfugiées,
composées pour la plupart de "gens sans Etat",
sont privés des droits civiques, humains, politiques et
nationaux élémentaires, abandonnés à
la merci de pays "hôtes" qui voient en eux, quand
ce n'est pas une menace démographique: des importuns, dans
le meilleur des cas. Alors qu'Israël a adopté une
"loi du retour" afin d'amener à l'intérieur
de la Palestine historique des juifs du monde entier, il persiste
à rejeter le "Droit au Retour" des réfugiés
et à refuser de se conformer à la résolution
194 des Nations Unies, engagement légal que la communauté
internationale était supposée garantir et mettre
en application. Les Palestiniens restés dans ce qui est
devenu Israël sont confrontés, à l'intérieur
même de leur patrie historique, au pire système d'apartheid,
d'exclusion, de discrimination raciale: leurs villes et villages
sont soit entièrement annexés, soit transformés
en ghettos et en enclaves réservés à la population
"non juive" d'Israël. Nombreux sont ceux à
être encore de nos jours des "personnes déplacées"
sur leur propre terre, témoins vivants de la destruction
de leurs villages. Plus de cinq cents villages ont été
rasés au sol au cours de la campagne de purification ethnique
originelle qui a accompagné la naissance de l'état
d'Israël. Ceux d'entre nous qui se sont retrouvés
occupés en 1967 ont tenté de survivre en Cisjordanie,
à Jérusalem et dans la bande de Gaza, sous une combinaison
sans précédent d'occupation militaire, de colonisation
de peuplement et d'oppression systématique. Rarement esprit
humain a inventé des moyens aussi variés, divers
et néanmoins globaux de brutalité et de persécution
à grande échelle. Depuis 1967, la terre palestinienne
a été confisquée à un rythme sans
cesse accéléré, tandis que des populations
juives entières y ont été amenées,
dans le cadre d'un plan soigneusement préparé de
colonisation de peuplement. A travers tout le territoire, un réseau
artificiel et purement colonial d'infrastructures a été
artificiellement imposé à notre réalité
de terrain afin de créer une superstructure insidieuse
au service des seuls colons, destinée à permettre
des incursions démographiques, géographiques et
extra territoriales à l'intérieur de la Palestine.
Les routes dites "de contournement", à l'usage
exclusif des colons juifs illégaux, déchirent le
tissu du pays palestinien, afin d'éluder les réalités
palestiniennes et d'inscrire dans les réalités du
terrain une politique se caractérisant par un racisme inouï.
Dans le même temps, des colons d'avant-garde donnent régulièrement
libre cours à leurs débordements d'extrémisme
et de violence, menant à bien des campagnes de terreur
contre des villages palestiniens ou des familles palestiniennes
isolées, tout aussi désarmés les uns que
les autres. Le terrorisme d'état d'Israël est pratiqué
tant par l'armée que par les colons avec une impunité
politique totale, fille de la duplicité des autorités
israéliennes. Une autre manifestation, unique en son genre,
du racisme israélien est la politique scandaleuse et sinistre
d'"ingénierie démographique". Afin de
maintenir le "caractère juif", autrement dit,
la "pureté" de l'état d'Israël, les
Palestiniens ont été présentés et
traités à l'instar d'une "menace démographique".
Les "remèdes" proposés sont allés
jusqu'à inclure des appels à l'imposition d'un contrôle
des naissances et d'une "gestion de la population",
afin de "transférer" et d'expulser des communautés
humaines entières, en application du schéma raciste
et répressif de la "séparation unilatérale"
si souvent évoquée depuis quelques mois. A Jérusalem,
les expropriations, les confiscations de cartes d'identité,
les démolitions de maisons, la non-délivrance délibérée
de permis de construire et l'importation de colons installés
dans des implantations à l'intérieur et autour de
la ville: voilà quels sont les éléments constants
de la politique d'"ingénierie démographique"
d'Israël, menée à bien grâce à
l'épuration ethnique. Si Jérusalem est en état
de siège, c'est aussi afin de tenter de l'isoler de son
contexte et de son environnement palestiniens, et de l'extirper
du coeur de la Palestine, alors que Jérusalem est le centre
même de l'activité politique, culturelle, économique,
sociale et éducative de la Palestine et la future capitale
de notre Etat. De telles mesures unilatérales, de la part
d'Israël, visent à consolider l'annexion illégale
de Jérusalem occupée et à imposer une domination
exclusivement juive sur une ville palestinienne qui a toujours
été pluraliste et tolérante. Les agressions
contre les lieux saints musulmans et chrétiens ainsi que
contre les institutions caritatives de ces deux confessions, tandis
que l'on interdit aux fidèles palestiniens d'aller prier
sur leurs lieux saints, voilà qui traduit une politique
délibérée d'intolérance et une violation
de la liberté religieuse. L'état de siège
n'est pas imposé aux seules Cisjordanie et Gaza, mais aussi
à l'intérieur de ces territoires mêmes, afin
de transformer chaque hameau, chaque village, chaque ville, en
un camp de rétention isolé , au prix de la destruction
de tous les aspects d'une vie authentiquement humaine: la cohésion
économique, éducative, sanitaire, sociale, dans
une tentative destinée à lacérer le tissu
d'une vie normale. Les troupes d'occupation israéliennes,
en recourant aux tanks, aux mitrailleuses héliportées,
aux avions de combat F-16, aux véhicules blindés
et à l'imposition de multiples barrages militaires, ne
se contentent pas de retenir l'ensemble de la population palestinienne
captive dans soixante-quatre bantoustans isolés les uns
des autres: elles bombardent des habitations palestiniennes, elles
assassinent des militants et des dirigeants palestiniens, elles
détruisent des récoltes et des champs, elles se
livrent à l'assassinat de sang froid d'enfants et de bien
d'autres innocents tout en mettant en pratique une politique d'humiliation
systématique et d'étouffement, à travers
la multitude de barrages dont elles hérissent le pays.
L'occupation israélienne a eu aussi pour effet de détourner
(au sens du détournement-prise d'otage) le concept de "sécurité",
en le rendant applicable aux seuls Israéliens tout en déniant
aux Palestiniens tous les aspects de leur sécurité
personnelle, politique, légale, territoriale, historique,
culturelle, économique et même vitale. Afin de couvrir
ses abus systématiques, Israël a aussi détourné
l'essence du concept, l'exploitant à la seule fin de parvenir
à l'effacement de toute mention de l'occupation, et en
revendiquant le "droit" extravagant de pouvoir mener
une politique d'occupation militaire "sure" - pourquoi
pas: sans risque et plaisante? - alors que l'occupation militaire
est, en tant que telle, l'antithèse même de la paix,
de la sécurité et des droits de l'Homme... Sous
les yeux du monde entier, Israël a réussi à
mettre en oeuvre et à imposer une nouvelle tromperie à
grande échelle, sous la forme d'une torsion de la réalité
officielle qui non seulement déshumanise et diabolise les
Palestiniens, mais aussi tente de "blâmer la victime"
et de remettre au goût du jour des insultes qui nous représentent
sous les traits caricaturaux d'une espèce infra-humaine
et de "terroristes" portant la violence dans leurs gènes
et par conséquent indignes d'un quelconque traitement humain.
Dans le meilleur des cas, une fausse symétrie est établie
entre occupant et occupé, oppresseur et opprimé
(comme on peut le constater dans l'appel lancé aux deux
parties à "arrêter la violence"), dont
l'objectif ultime est d'éradiquer l'horreur de l'occupation,
tout en déniant aux victimes leur droit à la résistance.
Etant donné le déséquilibre de pouvoir, l'insistance
américaine sur une "solution bilatérale"
ne sert qu'à donner à Israël carte blanche
pour tirer profit du déséquilibre flagrant entre
les forces en présence (en sa faveur) et pour perpétuer
sa politique visant à imposer la soumission à une
nation entière et à imposer une solution aussi injuste
qu'unilatérale. La solution israélienne est fermement
ancrée dans la mentalité perverse qui voit dans
l'occupation la licité de dicter par la force des armes
des réalités illégales et répressives
qui ne pourraient qu'exacerber le conflit à l'avenir ainsi
que les souffrances du peuple palestinien. Le refus d'intervention
des Etats-Unis et, d'une manière générale,
de la communauté internationale, représente un véritable
feu vert donné à Israël pour continuer à
agir en toute impunité et immunité comme un pays
au-dessus des lois et auquel on ne saurait demander de comptes,
tandis que les Palestiniens continuent à être privés
de la protection pourtant garantie par la légalité
internationale et les impératifs minimaux de la morale
et de la décence humaines. Nous continuons à revendiquer
un état de droit global qui sanctionnerait l'agression
du puissant et mettrait un terme à la déshumanisation
en cours du peuple palestinien. Une telle absence de volonté
et une telle ignorance de ses responsabilités de la part
de la communauté internationale n'a pas seulement permis
la perpétuation de la "Nakba" et prolongé
les souffrances et la sujétion du peuple palestinien, elles
ont contribué, par le passé - et contribuent encore,
aujourd'hui - à miner la recherche (et les chances) d'une
paix dans l'ensemble de la région. Lorsque nous avons décidé
de rejoindre le processus de paix lancé à Madrid,
en 1991, nous l'avons fait en gage de bonne volonté, en
nous engageant à rechercher une solution pacifique au conflit
dans le but de mettre un terme à l'occupation de 22% de
la Palestine historique et d'établir notre Etat indépendant
sur les territoires occupés par Israël en 1967. Nous,
les victimes, nous avons fait l'effort de nous élever au-dessus
de la douleur que nous ressentions alors durement, et nous avons
fait un geste en direction de nos occupants afin de détourner
le cours de l'histoire d'un conflit inéluctable, pour l'orienter
vers une réconciliation fondée sur la justice et
la parité. Encouragés par la confiance dans la volonté
de notre peuple de tenir bon et de résister à l'oppression,
volonté manifestée avec combien de force par l'intifada
de 1987, nous avons offert à Israël et au monde une
opportunité unique de légitimiser une recherche
audacieuse de la paix et d'accumuler les atouts d'une solution
équitable. Malheureusement, le processus de paix est devenu
un processus de rétorsion mis par Israël au service
de ses politiques expansionnistes, de nettoyage ethnique, de colonialisme
et de domination du plus faible par la force armée. Cela
servit par la suite de prétexte à théoriser
la séparation du peuple de sa terre et à fragmenter
tant le peuple que cette dernière, transformant les territoires
palestiniens occupés en une série de réserves
isolées, de bantoustans, tout en assurant l'hégémonie
et le contrôle direct et ubiquiste d'Israël. Tout en
cherchant à créer de toutes pièces une légitimité
rétroactive sur les colonies israéliennes illégales
et sur l'annexion de Jérusalem par la force, ce processus
(perverti) s'est employé à nier le droit au retour
des réfugiés palestiniens et, par voie de conséquence,
à dénier l'essence même de la paix, en en
mettant à bas les fondements. La prétendue "offre
généreuse" de Barak a été éventée
pour ce qu'elle était en réalité: une version
de l'occupant du "c'est bon pour les sauvages du coin",
uniquement basée sur "ce qui est bon pour Israël",
et par là même pérennisant les conflits et
l'instabilité à venir, bien loin de cimenter une
solution juste et durable. Etant historiquement les victimes des
guerres, par le passé, et du conflit en cours, par-dessus
le marché, nous nous retrouvions encore une fois victimes:
d'un processus de paix biaisé et injuste, cette fois-ci...
L'incursion de Sharon sur l'Esplanade des Mosquées, à
Jérusalem, le 28 septembre dernier, n'était que
l'étincelle sciemment calculée afin de mettre le
feu au baril de poudre d'ores et déjà en place,
résultat des iniquités du processus lui-même.
Le recours à des tirs à balles réelles et
à la "force létale" contre les manifestants
palestiniens désarmés a déchaîné
des torrents de brutalité horrible, d'hostilité,
de racisme, de violence orchestrée contre un peuple palestinien
prisonnier chez lui. L'intensification continue des mesures répressives
envoie un message insidieux et sombre de brutalité,
symptomatique de la régression vers le sionisme fondamentaliste
déjà constatée durant les bains de sang perpétrés
durant les années quarante. En clamant qu'il s'agit là
de "la continuation de la guerre d'indépendance d'Israël",
Sharon envoie un message au peuple palestinien - mais pas seulement
à lui: au monde entier - et ce message, c'est que la purification
ethnique et la volonté d'éradication totale de la
nation palestinienne, à l'oeuvre à l'époque
de la Nakba de 1948, sont toujours d'actualité. Le gouvernement
actuel d'Israël incarne la combinaison la plus mortelle qui
puisse être d'idéologie politique d'extrême-droite,
de fondamentalisme et de zèle religieux (juifs) et de militarisme
débridé, avec un soupçon - trompeur - de
"façade civilisée" apporté par
le parti travailliste. Sharon est bien le même général
d'armée qui a commis des crimes contre l'humanité
au cours d'atrocités telles que le massacre de Qibya, en
1953, le "nettoyage" de Gaza, en 1973, l'invasion du
Liban et les massacres de Sabra et Chatila, en 1982. Tout à
sa carrière sanglante et à la répétition
sempiternelle des mêmes erreurs historiques, Sharon n'a
pas appris qu'aucune accumulation de brutalité, de cruauté
et de violence, aussi grandes soient-elles, ne saurait casser
la volonté d'un peuple déterminé à
recouvrer sa liberté, sa dignité et son indépendance.
Sharon ne donne aucun signe de tirer les conclusions historiques
avérées, qui sont que le colonialisme est, par nature,
une forme d'esclavage qui ne saurait durer qu'un temps et qu'un
peuple colonisé ne saurait être maintenu à
genoux par l'aggravation indéterminée des mesures
de répression et de contrôle prises par le colonisateur
à son encontre. Chères soeurs et chers frères,
je vous appelle aujourd'hui à remettre les Palestiniens,
qui en sont aujourd'hui écartés, à l'ordre
du jour de l'humanité, à valider notre existence
et nos droits, à reconnaître les souffrances de notre
nation martyrisée, afin de les soulager et à donner
une reconnaissance à la mémoire des souffrances
des Palestiniens, trop longtemps étouffée. Vous
êtes la seule source de pouvoir pour un peuple qui se sent
abandonné et impuissant, mais qui n'a jamais perdu sa confiance
dans la solidarité humaine ni sa vision partagée
du combat pour la liberté. Je vous appelle, comme je l'ai
souvent fait à l'égard des gouvernements et des
aréopages internationaux, à ne pas adopter l'attitude
de "la neutralité pleutre" car, dans la lutte
contre l'oppression, l'injustice, le racisme, l'intolérance,
le colonialisme et l'exclusion, il ne saurait y avoir une quelconque
neutralité. Nous sommes tous exhortés à prendre
partie pour la victime, l'enchaîné, l'opprimé
et à faire barrage à la vague du mal et à
faire en sorte que les forces des ténèbres ne l'emportent
pas. En la matière, il n'y a pas de veto américain
qui puisse nous dénier protection et garantie de nos droits,
il n'y a pas non plus de censure, ni de chantage qui puisse chercher
à intimider des gouvernements sous l'empire de leur seul
intérêt égoïste. Faites que votre réunion
rayonne de la lumière pure de l'esprit humain, qui ne peut
être cachée ou contenue. Notre passage vers le futur
doit être basé sur la rédemption du passé
et de l'histoire, libérés des scories d'iniquités
reçues en lourd héritage. Notre loyauté envers
le futur doit se fonder sur la guérison des plaies héritées
du passé. Chères soeurs et chers frères,
jamais par le passé une armée d'occupation n'avait
imposé un siège aussi total et asphyxiant contre
l'ensemble d'une population tenue en otage, cette armée
étant même passée au bombardement des maisons,
à la destruction des infrastructures, à l'assassinat
de ses militants et de ses dirigeants, à l'arrachage de
ses cultures et de ses vergers, au meurtre délibéré
de civils, à l'expropriation de ses terres et, à
tout cela, il faut ajouter par-dessus le marché qu'on demande
à ses victimes d'acquiescer, comme des moutons, aux agissements
du bourreau. Jamais auparavant avait-on vu dénier aux victimes
le droit de formuler, puis de se voir reconnues, les atrocités
horrifiantes commises contre elles en application d'une politique
délibérée, tandis qu'elles étaient
elles-mêmes stigmatisées du simple fait qu'elles
étaient les victimes. Le mantra souvent répété
qu'"Israël ne négociera jamais sous le feu (de
l'ennemi)" ne s'applique qu'au "feu" des Palestiniens,
ou plutôt: à leurs tentatives de se défendre
eux-mêmes. Tandis qu'il faudrait laisser Israël mener
à bien en toute tranquillité sa politique du "tire,
bombarde et assassine" à volonté, les Palestiniens
doivent maintenir un niveau de "violence zéro"
conduisant à une "période d'apaisement",
qui devrait préparer le terrain pour des "mesures
de rétablissement de la confiance" et, enfin, valoir
aux Palestiniens la "récompense" convoitée
de reprendre les négociations avec leurs occupants. Au
nom du peuple palestinien, je vous exhorte à avoir le courage
d'intervenir, de vous assurer que l'oppresseur est tenu pour comptable
de ses exactions et la victime - protégée, de mettre
en vigueur ces principes et ces valeurs qui non seulement épargnent
des vies, mais qui donnent à la vie les qualités
humaines qui la rendent digne d'être vécue. Malgré
nos immenses souffrances, nous ne nous sommes pas rendus aux forces
de l'occupation, de la colonisation, du racisme et de la déshumanisation
- de même, nous n'avons pas intégré les distorsions
morales qu'elles ne manquent pas d'induire. Je vous demande de
ne pas céder, et au contraire, de soutenir et de revivifier
la lutte pour la dignité, l'égalité, la liberté
et la justice, comme un acte d'affirmation collective, au nom
de l'Humanité toute entière.
World Conference Against
Racism, Racial Discrimination, Xenophobia,
and Related Intolerances
Address by Hanan Ashrawi
Durban, South Africa
August 28, 2001
World Conference Against
Racism: Address by Hanan Ashrawi (spokewoman of the PA, christian
and marxist)
Sisters and Brothers,
>From Jerusalem, from the heart of Palestine, a land besieged,
and
repeatedly violated by a most brutal Israeli military occupation,
I have come to join you today. From the midst of the people of
Palestine, a tortured nation, guilty only of an unwavering commitment
to freedom, dignity, and independence, I have come to join you
today. From the depths of unredeemed history, I have come to join
you today. I represent a narrative of exclusion, denial, racism,
and national victimization, but I also come with a message of
hope, redemption, and historical vindication embodied in the spirit
and the will of a people that has refused to succumb to all forces
of oppression, violence, cruelty, and injustice.
In convening this conference, you are the authentic embodiment
of courage in withstanding the forces of domination, subjugation,
and enslavement. We stand together today to launch a truly global
mission of empowerment and solidarity, to give voice to the silenced,
to give a reality to the invisible, to give recognition to the
denied, and to give credence to the victimized.
In times of adversity, and during the darkest nights of the soul,
we look to you for affirmation and action as an antidote to the
failure of established power systems, including governments a
failure characterized by self-interest, power politics, absence
of will, and impotence. I take this opportunity to recognize before
you those valiant men and women who had left the comfort of their
homes in Europe and the US and joined us in Palestine to provide
popular protection, a human shield in the face of Israeli abuses,
violence, and violations against the Palestinian people.
I come to you today with a heavy heart leaving behind a nation
in captivity held hostage to an ongoing Nakba [catastrophe], as
the most intricate and pervasive expression of persistent colonialism,
apartheid, racism, and victimization.
More than half a century ago [53 years], the Palestinians as a
people were slated for national obliteration, cast outside the
course of history, their identity denied, and their very human
cultural and historical reality suppressed. We became victims
of the myth of a land without a people for people without a land
whereby the West sought to assuage its guilt over its horrendous
anti-Semitism by the total victimization of a whole nation. Zionism
sought to implement its agenda of exclusivity by usurping not
only the lands and rights of the Palestinians, but also by confiscating
their utterance and distorting their historical narrative.
In 1948, we became subject to a grave historical injustice manifested
in a dual victimization: on the one hand, the injustice of dispossession,
dispersion, and exile forcibly enacted on the population that
has come to be known as the refugee question that currently encompasses
more than 5 million Palestinians. On the other hand, those that
remained were subject to the systematic oppression and brutality
of an inhuman occupation that robbed them of all their rights
and liberties including their national identity on their own land.
The creation of the state of Israel was no heroic and legendary
accomplishment as depicted by the version of history propagated
by the conquerors. It is time to lift the veil, to examine the
facts themselves, and to come to grips with the horrific price
paid by an innocent nation for the mere fact of its existence
as well as for the greed and moral blindness of others. The days
of denial must come to an end. The Palestinian people deserve
their day in the sun as an equal among nations, and as a tribute
to the human will that cannot be broken. As a Palestinian, as
a woman, and on behalf of my people, I stand before you today
to lay claim to my/to our humanity. From the non-existent Palestinians
(there is not such thing as Palestinians; they never existed (Golda
Meir, 1969) we have undergone a metamorphosis willfully inflicted
upon us by Israeli-imposed diction and policies that have variously
depicted us as two-legged vermin, cockroaches, beasts walking
on two legs, a people that have to be exterminated unless they
are resigned to live as slaves, grasshoppers to be crushed, crocodiles,
and vipers. [A comprehensive list with representative samples
is available]
Such a systematic and racist dehumanization was also accompanied
by policies of violent expulsion. There is no other way than to
transfer the Arabs from here to neighboring countries, not one
village, not one tribe should be left (Joseph Weitz, 1940).
There is no choice: the Arabs must make room for the Jews in Eretz
Yisrael. If it was possible to transfer the Baltic peoples, it
is also possible to move the Palestinian Arabs (Vladimir Jabotinsky,
1939).
Zionist colonization must either be terminated or carried out
against the wishes of the native population. It is important to
speak Hebrew, but it is even more important to be able to shoot
or else I am through at playing with colonizing (Vladimir Jabotinsky,
1939).
We must do everything to insure they never return. The old will
die and the young will forget. However, for those that remained
in spite of all of Israels military coercion and attempts at forced
expulsion, other (and equally sinister) plans were in the making:
We shall reduce the Arab population to a community of woodcutters
and waiters. (David Ben Gurion).
To the rest of the world, we were reduced to the Aristotelian
dualism of pity and fear the pitiful refugees, of the fearful
terrorists. But never were we perceived or addressed in the fullness
of our humanity.
The Palestinians today continue to be subject to multiple forms
and expressions of racism, exclusion, oppression, colonialism,
apartheid, and national denial. Our right to self-determination,
hence sovereignty and statehood, has been withheld by force and
made subject to the approval of our oppressor. The refugee populations,
mostly stateless people, are bereft of the rudimentary civil,
human, political, and national rights, left at the mercy of host
countries that view them either as a demographic threat, or as
unwelcome guests. While Israel has legislated a law of return
to bring in Jews from all over the world into historical Palestine,
it persists in rejecting the Palestinian refugees Right of Return
and in refusing to abide by UN res. 194, a legal commitment which
the international community was supposed to guarantee and implement.
The Palestinians who remained in what has become Israel are experiencing
in their historical homeland the worst system of apartheid, exclusion,
and racial discrimination--their towns and cities either taken
over entirely, or turned into ghettos and enclaves as the non-Jewish
population of Israel. Many continue to be displaced persons in
their own land, witnesses to the destruction of their villages.
Over 500 villages were razed in the original ethnic cleansing
campaign that accompanied the creation of the state of Israel.
Those of us who came under Israeli occupation in 1967 have languished
in the West Bank, Jerusalem and the Gaza Strip under a unique
combination of military occupation, settler colonization, and
systematic oppression.
Rarely has the human mind devised such varied, diverse, and comprehensive
means of wholesale brutalization and persecution. Since 1967,
Palestinian land has been expropriated at an increasing pace,
while whole Jewish populations have been brought in, in a calculated
scheme of settler colonization. Throughout the land, an artificial
and colonial grid of infrastructure was superimposed on our authentic
reality to create a spurious settler superstructure as a means
of Israeli demographic, geographic, and extraterritorial incursions
into Palestine. So-called bypass roads for the exclusive use of
the illegal Jewish settler population, tear through the heart
of Palestinian land, to bypass Palestinian realities and create
a unique form of racism. In the meantime, settler vigilantes habitually
unleash the full force of their extremism and violence, carrying
out campaigns of terror against defenseless Palestinian families
and villages. Israels state terrorism is implemented by both military
and settler perpetrators with political duplicity and legal impunity.
Another unique manifestation of Israeli racism is the blatant
and sinister policy of demographic engineering. To maintain the
Jewish character, or the purity of the state of Israel, the Palestinians
have been depicted and dealt with as a demographic threat. Proposed
remedies included calls for forced birth control and population
management, to transfer and expulsion of whole communities, to
the racist and punitive unilateral separation scheme currently
being advocated.
In Jerusalem, land expropriation, ID confiscations, home demolitions,
withholding of building permits, and the importation of settler
colonies within and around the city have become constant elements
of Israels demographic engineering through ethnic cleansing.
Jerusalem is also under siege in an attempt to isolate it from
its Palestinian context and environment, and to extricate it from
the heart of Palestine, as the center of political, cultural,
economic, social, and educational activity and as the future capital
of our state. Such Israeli unilateral measures seek to consolidate
Israels illegal annexation of occupied Jerusalem, and to impose
a Jewish exclusivity on a Palestinian city that has always been
pluralistic and tolerant. Onslaughts on Christian and Islamic
holy sites and activities while banning Palestinian worshipers
from reaching their holy places of worship betray a willful policy
of intolerance and a violation of the right and freedom to worship.
A state of siege has been imposed not only on the West Bank and
Gaza, but also within these territories, to transform each village,
town, and city into an isolated prison thereby destroying every
aspect of human life, including economic, educational, health,
and social cohesiveness in an attempt to sever every fiber of
the fabric of normal life. Israeli occupation troops using tanks,
helicopter gunships, F-16s, military barges, and checkpoints not
only render a whole Palestinian population captive in 64 isolated
bantustans, they also use the full force of their military power
against a vulnerable and defenseless people. Daily, they shell
Palestinian homes, assassinate Palestinian activists and leaders,
destroy crops and fields, indulge in cold-blooded murder of children
and other innocents while implementing a policy of deliberate
humiliation and suffocation at every checkpoint.
The Israeli occupation has also hijacked the concept of security
rendering it applicable only to Israelis while depriving the Palestinians
of every aspect of personal, political, legal, territorial, historical,
cultural, economic, and even human security. As a blanket cover
for its systematic abuses, Israel has also abused the essence
of the concept, exploiting it for the sake of eradicating any
mention of the occupation, and claiming the illogical right to
have a secureor even a safe and pleasantmilitary occupation that
is in itself the very antithesis of peace, security, and human
rights.
As the world watches, Israel has succeeded in evolving and imposing
another grand deception in the form of an official spin that not
only dehumanizes and demonizes the Palestinians, but also as an
attempt at blaming the victim and resuscitating labels that represent
us as subhuman species, and genetically violent terrorists, hence
undeserving of any human treatment. At best, a false symmetry
is manufactured between occupier and occupied, oppressor and oppressed,
(as in the call on both sides to stop the violence) serving to
eradicate the full horror of the occupation while depriving the
victims of their right to resist. Given the disequilibrium of
power, the American insistence on a bilateral solution only serves
to give Israel license to exploit the asymmetry of power and to
pursue its policies of subjugating a whole nation and imposing
a unilateral and unjust solution.
The Israeli solution is firmly imbedded in the tainted mentality
of occupation as license to dictate by force of arms illegal and
punitive realities that would further exacerbate the conflict
and the suffering of the Palestinian people. Refusal to intervene
by the US and the international community as a whole has given
Israel a free hand to continue to act with impunity and immunity
as a country above the law and beyond accountability, while the
Palestinians continue to be deprived of protection of the law
and the minimal imperatives of moral and human decency. We continue
to plead for a global rule of law that would check the aggression
of the powerful, and eliminate the ongoing dehumanization of the
Palestinian people. Such absence of will and abrogation of responsibility
on the part of the international community has not only perpetuated
the Nakba and prolonged the suffering and victimization of the
Palestinian people, but has also served to undermine the quest
and chances for peace throughout the region.
When we joined the peace process launched in Madrid in 1991, we
did so as an act of will, as a commitment to a peaceful resolution
of the conflict with the aim of ending the occupation of 22% of
historical Palestine and the establishment of our independent
state on the territory occupied by Israel in 1967. As victims,
we rose above the pain of the moment and reached out to our occupiers
to wrench the course of history away from inevitable conflict,
towards reconciliation based on justice and parity. Buttressed
by the confidence of the peoples will to endure and resist oppression,
as manifested in the intifada of 1987, we offered Israel and the
world a unique opportunity to legitimize a daring pursuit of peace,
and to gain a constituency for an equitable resolution.
Unfortunately, the peace process became a punitive process manipulated
by Israel to pursue its policies of expansion, ethnic cleansing,
colonialism, and subjugation of the weaker side by force. It further
served as a guise to rationalize the separation of the people
from the land and to fragment both the people and the land, transforming
the occupied Palestinian territories into a series of isolated
reservations or Bantustans while maintaining full Israeli hegemony
and direct control. While seeking to bestow retroactive legitimacy
on illegal Israeli settlements, and on Israels annexation of Jerusalem
by force, it also sought to negate the Palestinian refugees right
of return thereby denying the very essence of peace and destroying
its foundations.
The so-called generous offer of Barak has been exposed for the
sham that it is an occupiers version of whats good for the natives,
based only on whats good for Israel, thus ensuring further conflict
and instability rather than cementing a fair and durable solution.
Having been historically the victims of war and conflict, we found
ourselves the victims of a flawed and unjust peace process.
Sharons incursion into the Haram Al-Sharif on September 28, 2000,
was only the calculated spark that ignited a powder keg already
in place as a result of the inequities of the process itself.
The use of live ammunition and lethal force against the unarmed
Palestinian protestors unleashed horrific forces of hostility,
racism, and orchestrated violence against the captive Palestinian
people. The continued intensification of these measures sends
an ominous and stark message of brutality and is symptomatic of
the regression to fundamentalist Zionism witnessed in the bloodbaths
of the 1940s. By claiming that this is the continuation of Israels
War of Independence, Sharon is sending a message to the Palestinian
people and to the whole world that the national eradication and
the ethnic cleansing of the 1948 Nakba are still in process.
The current Israeli government represents the most lethal combination
of extremist right-wing political ideology, religious fundamentalism
and zealotry, and unbridled forces of militarism with a deceptive
veneer of the civilized face of the Labor party. Sharon is the
same army general who had committed crimes against humanity in
such atrocities as the Qibya massacre of 1953, the cleansing of
Gaza in 1973, the invasion of Lebanon and the massacres of Sabra
and Shatilla of 1982. Intent on pursuing this bloody path and
on repeating the mistakes of history, Sharon has not learned that
no amount of brutality, cruelty, or violence can break the will
of a people determined to gain its freedom, dignity, and independence.
He shows no signs of drawing the right historical conclusions
that colonialism is by nature a temporary form of enslavement,
and that a people colonized cannot be brought to their knees by
the colonizers stifling measures of subjugation and containment.
Sisters and brothers, I appeal to you today, to restore the absent
Palestinians to the agenda of humanity, to validate our reality
and rights, to recognize and alleviate the pain and suffering
of this tortured nation, and to give recognition to the Palestinian
narrative long denied. You are the only source of empowerment
for a people who feel abandoned and disempowered, but who have
never lost faith in human solidarity and a shared vision of emancipation.
I appeal to you, as I have often done to governments and global
fora, not to adopt the stance of cowardly neutrality, for in the
struggle against oppression, injustice, racism, intolerance, colonialism,
and exclusion, there can be NO neutrality. We are all called upon
to take sides on behalf of the victim, the disenfranchised, and
the oppressed, and to stem the tide of evil and prevent the forces
of darkness from prevailing. Here, there is no US veto to deprive
us of protection and our rights, nor is there censorship or blackmail
to intimidate governments ruled by self- interest.
Let this meeting radiate the pure light of the human spirit that
can never be dimmed or contained. Our path to the future must
be based on the redemption of history and the past, free of the
shackles of inherited inequities. Our legacy to the future must
be based on the rectification of the painful legacies of the past.
Sisters and brothers,
Never before has an occupation army imposed such a total and suffocating
siege on a captive civilian population, then proceeded to shell
their homes, bomb their infrastructure, assassinate their activists
and leaders, destroy their crops and trees, murder their civilians
at will, steal their lands, and then demand that they acquiesce
like lambs to the slaughter. Never before have the victims been
denied the right to articulate, and gain recognition for, the
horrendous atrocities being committed against them as a matter
of policy, but were rather blamed and punished for the fact of
their victimization.
On behalf of the Palestinian people I appeal to you to have the
courage to intervene, to ensure that the oppressor is held accountable
and the victim is protected, to enact those principles and values
that not only protect lives but that also imbue life with the
human qualities that make it worth living. Despite our overwhelming
pain, we have not surrendered to the forces of occupation, colonization,
racism, and dehumanizationnor have we adopted their moral distortions.
I ask you also not to succumb, but to maintain and enhance the
struggle for dignity, equality, freedom, and justice as an act
of collective affirmation on behalf of humanity as a whole.
Address by Hanan Ashrawi
Durban, South Africa
August 28, 20
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de l'homme, qui stipule:
ARTICLE 19
<Tout individu a droit à la liberté d'opinion
et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être
inquiété pour ses opinions et celui de chercher,
de recevoir et de répandre, sans considération de
frontière, les informations et les idées par quelque
moyen d'expression que ce soit>
Déclaration internationale des droits de l'homme,
adoptée par l'Assemblée générale de
l'ONU à Paris, le 10 décembre 1948.