AAARGH

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Discours de Hanan Ashraoui

devant la Conférence mondiale sur le racisme à Durban en Afrique du Sud, le 28 août 2001

[traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier]


 

Chères soeurs, chers frères,
C'est depuis Jérusalem que je suis venue me joindre à vous aujourd'hui; depuis le coeur de la Palestine, cette terre assiégée et continuellement violée par une occupation militaire des plus brutales: celle d'Israël. C'est à partir du coeur du peuple de Palestine, une nation martyrisée, coupable de sa seule aspiration jamais démentie à la paix, à la dignité et à l'indépendance, que je suis venue me joindre à vous aujourd'hui. Je représente une saga faite d'exclusion, de déni, de racisme et de persécution nationale, mais je viens aussi apporter ici un message d'espoir, de renouveau et de revendication nationale incarnée dans l'esprit et la volonté d'un peuple qui a refusé de succomber devant les forces coalisées de l'oppression, de la violence, de la cruauté et de l'injustice. Par votre réunion elle-même, vous êtes l'incarnation authentique du courage, en tenant tête aux forces de domination, d'asservissement. Nous sommes côte à côte, ensemble, aujourd'hui, afin de lancer un mot d'ordre véritablement global de prise de notre destin en main et de solidarité, afin de donner une voix à ceux à qui l'on impose le silence, de donner réalité aux "invisibles", de donner reconnaissance aux "déniés" et de donner une écoute aux victimes. Dans les moments d'adversité, durant les nuits les plus sombres pour notre âme, nous nous tournons vers vous afin de rechercher auprès de vous initiative et action en tant qu'antidotes à l'échec des systèmes de pouvoir établi, et notamment les gouvernements, cet échec qui se caractérise par l'intérêt égoïste primant tout, la politique politicienne, l'absence de volonté réelle et l'impuissance. Je saisis l'opportunité que me donne cette tribune pour rendre hommage devant vous à ces hommes et à ces femmes courageux qui ont laissé derrière eux, aux Etats-Unis et en Europe, le confort de leur foyer afin de venir chez nous, en Palestine, y assurer une protection populaire, un "bouclier humain" face aux exactions israéliennes, à la violence et aux violations des droits commis à l'encontre du peuple palestinien. Je vous rejoins ici, aujourd'hui, le coeur lourd de devoir laisser une nation captive, otage d'une Nakba qui n'en finit pas, sous la forme de la manifestation parmi les plus complexes et les plus insidieuses qui soient, d'un colonialisme obstiné, de l'apartheid, du racisme et du crime. Voilà plus d'un demi-siècle (cinquante trois ans, pour être précise), les Palestiniens ont été voués, en tant que peuple, à l'anéantissement national. Ils ont été rejetés hors de l'histoire, leur identité a été déniée et leur réalité humaine et culturelle elle-même supprimée. Nous sommes devenus les victimes du mythe d'"une terre sans peuple pour un peuple sans terre", mythe grâce auquel l'Occident cherchait à soulager sa conscience de la culpabilité des crimes dus à son horrible antisémitisme, fût-ce au prix de l'assassinat'une nation entière. Le sionisme cherchait à imposer son programme d'éviction et de domination exclusive en usurpant non seulement les terres et les droits des Palestiniens, mais aussi en confisquant leur cri et en déformant leur histoire nationale. En 1948, nous fumes victimes d'une grave injustice historique qui se traduisit par une double stigmatisation: d'un côté, l'injustice de la dépossession, de la dispersion, d'un exil imposé par la force des armes à une population civile qui allait être connue comme constituant le "problème des réfugiés" (problème qui concerne aujourd'hui plus de cinq millions de Palestiniens) et de l'autre, ceux des Palestiniens qui sont restés ont été soumis à l'oppression systématique et à la brutalité d'une occupation inhumaine qui les a privés de tous leurs droits et libertés, jusqu'à y compris leur identité nationale, sur leur propre terre ! La création de l'Etat d'Israël n'a rien de l'épopée historique et édifiante forgée par la version de l'histoire répandue pro domo par les conquérants eux-mêmes. Il est temps de faire tomber le masque, d'examiner les faits en eux-mêmes et de prendre toute la mesure du prix terrifiant payé par une nation innocente pour son simple tort d'exister et à cause de l'avidité et de l'aveuglement moral d'autres qu'elle-même. Le temps du déni doit finir. Le peuple palestinien a droit à sa place au soleil comme un peuple parmi les autres peuples, comme un tribut à la commune Humanité, apport qui ne saurait être remis en question. En tant que Palestinienne, en tant que femme, et aussi au nom de mon peuple, je m'adresse à vous aujourd'hui afin de revendiquer mon/notre humanité. De Palestiniens inexistants ("Il n'y a pas de Palestiniens; ils n'ont jamais existé", avait déclaré Golda Meir, en 1969), nous avons subi une métamorphose, qui nous a été imposée délibérément par le diktat et les politique israéliennes discriminatoires, qui nous ont traités de qualificatifs aussi choisis et variés que "vermines à deux pattes", "cancrelats", "bêtes de somme marchant sur deux pattes", "sauterelles à écraser d'un coup de talon", "crocodiles" et "vipères". (Nous tenons à votre disposition une liste exhaustive, illustrée d'exemples représentatifs). "Il n'y a pas d'alternative: les Arabes doivent faire de la place aux juifs en Eretz-Israël. Si on a pu déplacer les peuples baltes, on peut déplacer aussi les Arabes palestiniens (Vladimir Jabotinskij, 1939). "La colonisation sioniste doit être soit arrêtée maintenant, soit menée à son terme contre la volonté de la population autochtone... Il est important de parler hébreu, certes. Mais il est encore plus important d'être capable de tirer - sans quoi, cela reviendrait à jouer la colonisation à pile ou face" (Vladimir Jabotinskij, 1939). "Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir afin de nous assurer qu'ils ne reviendront jamais. Les vieux mourront. Quant aux jeunes: ils oublieront." Toutefois, pour ceux qui allaient rester en dépit de la coercition militaire israélienne et des tentatives de les expulser par la force, d'autres plans, tout aussi sinistres, étaient en préparation. "Nous réduirons les Arabes à l'état de communauté de bûcherons et de porte-faix." (David Ben Gourion). Pour le reste du monde, nous avons été réduits à une dualité aristotélicienne de pitié et de peur: la pitié inspirée par les réfugiés, la peur des "terroristes" impitoyables. Mais nous n'avons jamais été perçus ni considérés dans l'intégrité de notre humanité. Aujourd'hui, les Palestiniens continuent à être en but à des formes et des expressions multiples de racisme, d'exclusion, d'oppression, de colonialisme, d'apartheid et de déni de l'appartenance nationale. Notre droit à décider nous-mêmes de notre sort et, par tant, notre droit à la souveraineté et à la possession d'un Etat, a été suspendu par la force militaire et soumis à l'approbation de notre oppresseur. Les populations réfugiées, composées pour la plupart de "gens sans Etat", sont privés des droits civiques, humains, politiques et nationaux élémentaires, abandonnés à la merci de pays "hôtes" qui voient en eux, quand ce n'est pas une menace démographique: des importuns, dans le meilleur des cas. Alors qu'Israël a adopté une "loi du retour" afin d'amener à l'intérieur de la Palestine historique des juifs du monde entier, il persiste à rejeter le "Droit au Retour" des réfugiés et à refuser de se conformer à la résolution 194 des Nations Unies, engagement légal que la communauté internationale était supposée garantir et mettre en application. Les Palestiniens restés dans ce qui est devenu Israël sont confrontés, à l'intérieur même de leur patrie historique, au pire système d'apartheid, d'exclusion, de discrimination raciale: leurs villes et villages sont soit entièrement annexés, soit transformés en ghettos et en enclaves réservés à la population "non juive" d'Israël. Nombreux sont ceux à être encore de nos jours des "personnes déplacées" sur leur propre terre, témoins vivants de la destruction de leurs villages. Plus de cinq cents villages ont été rasés au sol au cours de la campagne de purification ethnique originelle qui a accompagné la naissance de l'état d'Israël. Ceux d'entre nous qui se sont retrouvés occupés en 1967 ont tenté de survivre en Cisjordanie, à Jérusalem et dans la bande de Gaza, sous une combinaison sans précédent d'occupation militaire, de colonisation de peuplement et d'oppression systématique. Rarement esprit humain a inventé des moyens aussi variés, divers et néanmoins globaux de brutalité et de persécution à grande échelle. Depuis 1967, la terre palestinienne a été confisquée à un rythme sans cesse accéléré, tandis que des populations juives entières y ont été amenées, dans le cadre d'un plan soigneusement préparé de colonisation de peuplement. A travers tout le territoire, un réseau artificiel et purement colonial d'infrastructures a été artificiellement imposé à notre réalité de terrain afin de créer une superstructure insidieuse au service des seuls colons, destinée à permettre des incursions démographiques, géographiques et extra territoriales à l'intérieur de la Palestine. Les routes dites "de contournement", à l'usage exclusif des colons juifs illégaux, déchirent le tissu du pays palestinien, afin d'éluder les réalités palestiniennes et d'inscrire dans les réalités du terrain une politique se caractérisant par un racisme inouï. Dans le même temps, des colons d'avant-garde donnent régulièrement libre cours à leurs débordements d'extrémisme et de violence, menant à bien des campagnes de terreur contre des villages palestiniens ou des familles palestiniennes isolées, tout aussi désarmés les uns que les autres. Le terrorisme d'état d'Israël est pratiqué tant par l'armée que par les colons avec une impunité politique totale, fille de la duplicité des autorités israéliennes. Une autre manifestation, unique en son genre, du racisme israélien est la politique scandaleuse et sinistre d'"ingénierie démographique". Afin de maintenir le "caractère juif", autrement dit, la "pureté" de l'état d'Israël, les Palestiniens ont été présentés et traités à l'instar d'une "menace démographique". Les "remèdes" proposés sont allés jusqu'à inclure des appels à l'imposition d'un contrôle des naissances et d'une "gestion de la population", afin de "transférer" et d'expulser des communautés humaines entières, en application du schéma raciste et répressif de la "séparation unilatérale" si souvent évoquée depuis quelques mois. A Jérusalem, les expropriations, les confiscations de cartes d'identité, les démolitions de maisons, la non-délivrance délibérée de permis de construire et l'importation de colons installés dans des implantations à l'intérieur et autour de la ville: voilà quels sont les éléments constants de la politique d'"ingénierie démographique" d'Israël, menée à bien grâce à l'épuration ethnique. Si Jérusalem est en état de siège, c'est aussi afin de tenter de l'isoler de son contexte et de son environnement palestiniens, et de l'extirper du coeur de la Palestine, alors que Jérusalem est le centre même de l'activité politique, culturelle, économique, sociale et éducative de la Palestine et la future capitale de notre Etat. De telles mesures unilatérales, de la part d'Israël, visent à consolider l'annexion illégale de Jérusalem occupée et à imposer une domination exclusivement juive sur une ville palestinienne qui a toujours été pluraliste et tolérante. Les agressions contre les lieux saints musulmans et chrétiens ainsi que contre les institutions caritatives de ces deux confessions, tandis que l'on interdit aux fidèles palestiniens d'aller prier sur leurs lieux saints, voilà qui traduit une politique délibérée d'intolérance et une violation de la liberté religieuse. L'état de siège n'est pas imposé aux seules Cisjordanie et Gaza, mais aussi à l'intérieur de ces territoires mêmes, afin de transformer chaque hameau, chaque village, chaque ville, en un camp de rétention isolé , au prix de la destruction de tous les aspects d'une vie authentiquement humaine: la cohésion économique, éducative, sanitaire, sociale, dans une tentative destinée à lacérer le tissu d'une vie normale. Les troupes d'occupation israéliennes, en recourant aux tanks, aux mitrailleuses héliportées, aux avions de combat F-16, aux véhicules blindés et à l'imposition de multiples barrages militaires, ne se contentent pas de retenir l'ensemble de la population palestinienne captive dans soixante-quatre bantoustans isolés les uns des autres: elles bombardent des habitations palestiniennes, elles assassinent des militants et des dirigeants palestiniens, elles détruisent des récoltes et des champs, elles se livrent à l'assassinat de sang froid d'enfants et de bien d'autres innocents tout en mettant en pratique une politique d'humiliation systématique et d'étouffement, à travers la multitude de barrages dont elles hérissent le pays. L'occupation israélienne a eu aussi pour effet de détourner (au sens du détournement-prise d'otage) le concept de "sécurité", en le rendant applicable aux seuls Israéliens tout en déniant aux Palestiniens tous les aspects de leur sécurité personnelle, politique, légale, territoriale, historique, culturelle, économique et même vitale. Afin de couvrir ses abus systématiques, Israël a aussi détourné l'essence du concept, l'exploitant à la seule fin de parvenir à l'effacement de toute mention de l'occupation, et en revendiquant le "droit" extravagant de pouvoir mener une politique d'occupation militaire "sure" - pourquoi pas: sans risque et plaisante? - alors que l'occupation militaire est, en tant que telle, l'antithèse même de la paix, de la sécurité et des droits de l'Homme... Sous les yeux du monde entier, Israël a réussi à mettre en oeuvre et à imposer une nouvelle tromperie à grande échelle, sous la forme d'une torsion de la réalité officielle qui non seulement déshumanise et diabolise les Palestiniens, mais aussi tente de "blâmer la victime" et de remettre au goût du jour des insultes qui nous représentent sous les traits caricaturaux d'une espèce infra-humaine et de "terroristes" portant la violence dans leurs gènes et par conséquent indignes d'un quelconque traitement humain. Dans le meilleur des cas, une fausse symétrie est établie entre occupant et occupé, oppresseur et opprimé (comme on peut le constater dans l'appel lancé aux deux parties à "arrêter la violence"), dont l'objectif ultime est d'éradiquer l'horreur de l'occupation, tout en déniant aux victimes leur droit à la résistance. Etant donné le déséquilibre de pouvoir, l'insistance américaine sur une "solution bilatérale" ne sert qu'à donner à Israël carte blanche pour tirer profit du déséquilibre flagrant entre les forces en présence (en sa faveur) et pour perpétuer sa politique visant à imposer la soumission à une nation entière et à imposer une solution aussi injuste qu'unilatérale. La solution israélienne est fermement ancrée dans la mentalité perverse qui voit dans l'occupation la licité de dicter par la force des armes des réalités illégales et répressives qui ne pourraient qu'exacerber le conflit à l'avenir ainsi que les souffrances du peuple palestinien. Le refus d'intervention des Etats-Unis et, d'une manière générale, de la communauté internationale, représente un véritable feu vert donné à Israël pour continuer à agir en toute impunité et immunité comme un pays au-dessus des lois et auquel on ne saurait demander de comptes, tandis que les Palestiniens continuent à être privés de la protection pourtant garantie par la légalité internationale et les impératifs minimaux de la morale et de la décence humaines. Nous continuons à revendiquer un état de droit global qui sanctionnerait l'agression du puissant et mettrait un terme à la déshumanisation en cours du peuple palestinien. Une telle absence de volonté et une telle ignorance de ses responsabilités de la part de la communauté internationale n'a pas seulement permis la perpétuation de la "Nakba" et prolongé les souffrances et la sujétion du peuple palestinien, elles ont contribué, par le passé - et contribuent encore, aujourd'hui - à miner la recherche (et les chances) d'une paix dans l'ensemble de la région. Lorsque nous avons décidé de rejoindre le processus de paix lancé à Madrid, en 1991, nous l'avons fait en gage de bonne volonté, en nous engageant à rechercher une solution pacifique au conflit dans le but de mettre un terme à l'occupation de 22% de la Palestine historique et d'établir notre Etat indépendant sur les territoires occupés par Israël en 1967. Nous, les victimes, nous avons fait l'effort de nous élever au-dessus de la douleur que nous ressentions alors durement, et nous avons fait un geste en direction de nos occupants afin de détourner le cours de l'histoire d'un conflit inéluctable, pour l'orienter vers une réconciliation fondée sur la justice et la parité. Encouragés par la confiance dans la volonté de notre peuple de tenir bon et de résister à l'oppression, volonté manifestée avec combien de force par l'intifada de 1987, nous avons offert à Israël et au monde une opportunité unique de légitimiser une recherche audacieuse de la paix et d'accumuler les atouts d'une solution équitable. Malheureusement, le processus de paix est devenu un processus de rétorsion mis par Israël au service de ses politiques expansionnistes, de nettoyage ethnique, de colonialisme et de domination du plus faible par la force armée. Cela servit par la suite de prétexte à théoriser la séparation du peuple de sa terre et à fragmenter tant le peuple que cette dernière, transformant les territoires palestiniens occupés en une série de réserves isolées, de bantoustans, tout en assurant l'hégémonie et le contrôle direct et ubiquiste d'Israël. Tout en cherchant à créer de toutes pièces une légitimité rétroactive sur les colonies israéliennes illégales et sur l'annexion de Jérusalem par la force, ce processus (perverti) s'est employé à nier le droit au retour des réfugiés palestiniens et, par voie de conséquence, à dénier l'essence même de la paix, en en mettant à bas les fondements. La prétendue "offre généreuse" de Barak a été éventée pour ce qu'elle était en réalité: une version de l'occupant du "c'est bon pour les sauvages du coin", uniquement basée sur "ce qui est bon pour Israël", et par là même pérennisant les conflits et l'instabilité à venir, bien loin de cimenter une solution juste et durable. Etant historiquement les victimes des guerres, par le passé, et du conflit en cours, par-dessus le marché, nous nous retrouvions encore une fois victimes: d'un processus de paix biaisé et injuste, cette fois-ci... L'incursion de Sharon sur l'Esplanade des Mosquées, à Jérusalem, le 28 septembre dernier, n'était que l'étincelle sciemment calculée afin de mettre le feu au baril de poudre d'ores et déjà en place, résultat des iniquités du processus lui-même. Le recours à des tirs à balles réelles et à la "force létale" contre les manifestants palestiniens désarmés a déchaîné des torrents de brutalité horrible, d'hostilité, de racisme, de violence orchestrée contre un peuple palestinien prisonnier chez lui. L'intensification continue des mesures répressives envoie un  message insidieux et sombre de brutalité, symptomatique de la régression vers le sionisme fondamentaliste déjà constatée durant les bains de sang perpétrés durant les années quarante. En clamant qu'il s'agit là de "la continuation de la guerre d'indépendance d'Israël", Sharon envoie un message au peuple palestinien - mais pas seulement à lui: au monde entier - et ce message, c'est que la purification ethnique et la volonté d'éradication totale de la nation palestinienne, à l'oeuvre à l'époque de la Nakba de 1948, sont toujours d'actualité. Le gouvernement actuel d'Israël incarne la combinaison la plus mortelle qui puisse être d'idéologie politique d'extrême-droite, de fondamentalisme et de zèle religieux (juifs) et de militarisme débridé, avec un soupçon - trompeur - de "façade civilisée" apporté par le parti travailliste. Sharon est bien le même général d'armée qui a commis des crimes contre l'humanité au cours d'atrocités telles que le massacre de Qibya, en 1953, le "nettoyage" de Gaza, en 1973, l'invasion du Liban et les massacres de Sabra et Chatila, en 1982. Tout à sa carrière sanglante et à la répétition sempiternelle des mêmes erreurs historiques, Sharon n'a pas appris qu'aucune accumulation de brutalité, de cruauté et de violence, aussi grandes soient-elles, ne saurait casser la volonté d'un peuple déterminé à recouvrer sa liberté, sa dignité et son indépendance. Sharon ne donne aucun signe de tirer les conclusions historiques avérées, qui sont que le colonialisme est, par nature, une forme d'esclavage qui ne saurait durer qu'un temps et qu'un peuple colonisé ne saurait être maintenu à genoux par l'aggravation indéterminée des mesures de répression et de contrôle prises par le colonisateur à son encontre. Chères soeurs et chers frères, je vous appelle aujourd'hui à remettre les Palestiniens, qui en sont aujourd'hui écartés, à l'ordre du jour de l'humanité, à valider notre existence et nos droits, à reconnaître les souffrances de notre nation martyrisée, afin de les soulager et à donner une reconnaissance à la mémoire des souffrances des Palestiniens, trop longtemps étouffée. Vous êtes la seule source de pouvoir pour un peuple qui se sent abandonné et impuissant, mais qui n'a jamais perdu sa confiance dans la solidarité humaine ni sa vision partagée du combat pour la liberté. Je vous appelle, comme je l'ai souvent fait à l'égard des gouvernements et des aréopages internationaux, à ne pas adopter l'attitude de "la neutralité pleutre" car, dans la lutte contre l'oppression, l'injustice, le racisme, l'intolérance, le colonialisme et l'exclusion, il ne saurait y avoir une quelconque neutralité. Nous sommes tous exhortés à prendre partie pour la victime, l'enchaîné, l'opprimé et à faire barrage à la vague du mal et à faire en sorte que les forces des ténèbres ne l'emportent pas. En la matière, il n'y a pas de veto américain qui puisse nous dénier protection et garantie de nos droits, il n'y a pas non plus de censure, ni de chantage qui puisse chercher à intimider des gouvernements sous l'empire de leur seul intérêt égoïste. Faites que votre réunion rayonne de la lumière pure de l'esprit humain, qui ne peut être cachée ou contenue. Notre passage vers le futur doit être basé sur la rédemption du passé et de l'histoire, libérés des scories d'iniquités reçues en lourd héritage. Notre loyauté envers le futur doit se fonder sur la guérison des plaies héritées du passé. Chères soeurs et chers frères, jamais par le passé une armée d'occupation n'avait imposé un siège aussi total et asphyxiant contre l'ensemble d'une population tenue en otage, cette armée étant même passée au bombardement des maisons, à la destruction des infrastructures, à l'assassinat de ses militants et de ses dirigeants, à l'arrachage de ses cultures et de ses vergers, au meurtre délibéré de civils, à l'expropriation de ses terres et, à tout cela, il faut ajouter par-dessus le marché qu'on demande à ses victimes d'acquiescer, comme des moutons, aux agissements du bourreau. Jamais auparavant avait-on vu dénier aux victimes le droit de formuler, puis de se voir reconnues, les atrocités horrifiantes commises contre elles en application d'une politique délibérée, tandis qu'elles étaient elles-mêmes stigmatisées du simple fait qu'elles étaient les victimes. Le mantra souvent répété qu'"Israël ne négociera jamais sous le feu (de l'ennemi)" ne s'applique qu'au "feu" des Palestiniens, ou plutôt: à leurs tentatives de se défendre eux-mêmes. Tandis qu'il faudrait laisser Israël mener à bien en toute tranquillité sa politique du "tire, bombarde et assassine" à volonté, les Palestiniens doivent maintenir un niveau de "violence zéro" conduisant à une "période d'apaisement", qui devrait préparer le terrain pour des "mesures de rétablissement de la confiance" et, enfin, valoir aux Palestiniens la "récompense" convoitée de reprendre les négociations avec leurs occupants. Au nom du peuple palestinien, je vous exhorte à avoir le courage d'intervenir, de vous assurer que l'oppresseur est tenu pour comptable de ses exactions et la victime - protégée, de mettre en vigueur ces principes et ces valeurs qui non seulement épargnent des vies, mais qui donnent à la vie les qualités humaines qui la rendent digne d'être vécue. Malgré nos immenses souffrances, nous ne nous sommes pas rendus aux forces de l'occupation, de la colonisation, du racisme et de la déshumanisation - de même, nous n'avons pas intégré les distorsions morales qu'elles ne manquent pas d'induire. Je vous demande de ne pas céder, et au contraire, de soutenir et de revivifier la lutte pour la dignité, l'égalité, la liberté et la justice, comme un acte d'affirmation collective, au nom de l'Humanité toute entière.

Free Palestine!

World Conference Against Racism, Racial Discrimination, Xenophobia,
and Related Intolerances
Address by Hanan Ashrawi
Durban, South Africa
August 28, 2001

World Conference Against Racism: Address by Hanan Ashrawi (spokewoman of the PA, christian and marxist)


Sisters and Brothers,
>From Jerusalem, from the heart of Palestine, a land besieged, and
repeatedly violated by a most brutal Israeli military occupation, I have come to join you today. From the midst of the people of Palestine, a tortured nation, guilty only of an unwavering commitment to freedom, dignity, and independence, I have come to join you today. From the depths of unredeemed history, I have come to join you today. I represent a narrative of exclusion, denial, racism, and national victimization, but I also come with a message of hope, redemption, and historical vindication embodied in the spirit and the will of a people that has refused to succumb to all forces of oppression, violence, cruelty, and injustice.
In convening this conference, you are the authentic embodiment of courage in withstanding the forces of domination, subjugation, and enslavement. We stand together today to launch a truly global mission of empowerment and solidarity, to give voice to the silenced, to give a reality to the invisible, to give recognition to the denied, and to give credence to the victimized.
In times of adversity, and during the darkest nights of the soul, we look to you for affirmation and action as an antidote to the failure of established power systems, including governments a failure characterized by self-interest, power politics, absence of will, and impotence. I take this opportunity to recognize before you those valiant men and women who had left the comfort of their homes in Europe and the US and joined us in Palestine to provide popular protection, a human shield in the face of Israeli abuses, violence, and violations against the Palestinian people.
I come to you today with a heavy heart leaving behind a nation in captivity held hostage to an ongoing Nakba [catastrophe], as the most intricate and pervasive expression of persistent colonialism, apartheid, racism, and victimization.
More than half a century ago [53 years], the Palestinians as a people were slated for national obliteration, cast outside the course of history, their identity denied, and their very human cultural and historical reality suppressed. We became victims of the myth of a land without a people for people without a land whereby the West sought to assuage its guilt over its horrendous anti-Semitism by the total victimization of a whole nation. Zionism sought to implement its agenda of exclusivity by usurping not only the lands and rights of the Palestinians, but also by confiscating their utterance and distorting their historical narrative.
In 1948, we became subject to a grave historical injustice manifested in a dual victimization: on the one hand, the injustice of dispossession, dispersion, and exile forcibly enacted on the population that has come to be known as the refugee question that currently encompasses more than 5 million Palestinians. On the other hand, those that remained were subject to the systematic oppression and brutality of an inhuman occupation that robbed them of all their rights and liberties including their national identity on their own land.
The creation of the state of Israel was no heroic and legendary accomplishment as depicted by the version of history propagated by the conquerors. It is time to lift the veil, to examine the facts themselves, and to come to grips with the horrific price paid by an innocent nation for the mere fact of its existence as well as for the greed and moral blindness of others. The days of denial must come to an end. The Palestinian people deserve their day in the sun as an equal among nations, and as a tribute to the human will that cannot be broken. As a Palestinian, as a woman, and on behalf of my people, I stand before you today to lay claim to my/to our humanity. From the non-existent Palestinians (there is not such thing as Palestinians; they never existed (Golda Meir, 1969) we have undergone a metamorphosis willfully inflicted upon us by Israeli-imposed diction and policies that have variously depicted us as two-legged vermin, cockroaches, beasts walking on two legs, a people that have to be exterminated unless they are resigned to live as slaves, grasshoppers to be crushed, crocodiles, and vipers. [A comprehensive list with representative samples is available]
Such a systematic and racist dehumanization was also accompanied by policies of violent expulsion. There is no other way than to transfer the Arabs from here to neighboring countries, not one village, not one tribe should be left (Joseph Weitz, 1940).
There is no choice: the Arabs must make room for the Jews in Eretz Yisrael. If it was possible to transfer the Baltic peoples, it is also possible to move the Palestinian Arabs (Vladimir Jabotinsky, 1939).
Zionist colonization must either be terminated or carried out against the wishes of the native population. It is important to speak Hebrew, but it is even more important to be able to shoot or else I am through at playing with colonizing (Vladimir Jabotinsky, 1939).
We must do everything to insure they never return. The old will die and the young will forget. However, for those that remained in spite of all of Israels military coercion and attempts at forced expulsion, other (and equally sinister) plans were in the making: We shall reduce the Arab population to a community of woodcutters and waiters. (David Ben Gurion).
To the rest of the world, we were reduced to the Aristotelian dualism of pity and fear the pitiful refugees, of the fearful terrorists. But never were we perceived or addressed in the fullness of our humanity.
The Palestinians today continue to be subject to multiple forms and expressions of racism, exclusion, oppression, colonialism, apartheid, and national denial. Our right to self-determination, hence sovereignty and statehood, has been withheld by force and made subject to the approval of our oppressor. The refugee populations, mostly stateless people, are bereft of the rudimentary civil, human, political, and national rights, left at the mercy of host countries that view them either as a demographic threat, or as unwelcome guests. While Israel has legislated a law of return to bring in Jews from all over the world into historical Palestine, it persists in rejecting the Palestinian refugees Right of Return and in refusing to abide by UN res. 194, a legal commitment which the international community was supposed to guarantee and implement.
The Palestinians who remained in what has become Israel are experiencing in their historical homeland the worst system of apartheid, exclusion, and racial discrimination--their towns and cities either taken over entirely, or turned into ghettos and enclaves as the non-Jewish population of Israel. Many continue to be displaced persons in their own land, witnesses to the destruction of their villages. Over 500 villages were razed in the original ethnic cleansing campaign that accompanied the creation of the state of Israel. Those of us who came under Israeli occupation in 1967 have languished in the West Bank, Jerusalem and the Gaza Strip under a unique combination of military occupation, settler colonization, and systematic oppression.
Rarely has the human mind devised such varied, diverse, and comprehensive means of wholesale brutalization and persecution. Since 1967, Palestinian land has been expropriated at an increasing pace, while whole Jewish populations have been brought in, in a calculated scheme of settler colonization. Throughout the land, an artificial and colonial grid of infrastructure was superimposed on our authentic reality to create a spurious settler superstructure as a means of Israeli demographic, geographic, and extraterritorial incursions into Palestine. So-called bypass roads for the exclusive use of the illegal Jewish settler population, tear through the heart of Palestinian land, to bypass Palestinian realities and create a unique form of racism. In the meantime, settler vigilantes habitually unleash the full force of their extremism and violence, carrying out campaigns of terror against defenseless Palestinian families and villages. Israels state terrorism is implemented by both military and settler perpetrators with political duplicity and legal impunity.
Another unique manifestation of Israeli racism is the blatant and sinister policy of demographic engineering. To maintain the Jewish character, or the purity of the state of Israel, the Palestinians have been depicted and dealt with as a demographic threat. Proposed remedies included calls for forced birth control and population management, to transfer and expulsion of whole communities, to the racist and punitive unilateral separation scheme currently being advocated.
In Jerusalem, land expropriation, ID confiscations, home demolitions, withholding of building permits, and the importation of settler colonies within and around the city have become constant elements of Israels demographic engineering through ethnic cleansing.
Jerusalem is also under siege in an attempt to isolate it from its Palestinian context and environment, and to extricate it from the heart of Palestine, as the center of political, cultural, economic, social, and educational activity and as the future capital of our state. Such Israeli unilateral measures seek to consolidate Israels illegal annexation of occupied Jerusalem, and to impose a Jewish exclusivity on a Palestinian city that has always been pluralistic and tolerant. Onslaughts on Christian and Islamic holy sites and activities while banning Palestinian worshipers from reaching their holy places of worship betray a willful policy of intolerance and a violation of the right and freedom to worship.
A state of siege has been imposed not only on the West Bank and Gaza, but also within these territories, to transform each village, town, and city into an isolated prison thereby destroying every aspect of human life, including economic, educational, health, and social cohesiveness in an attempt to sever every fiber of the fabric of normal life. Israeli occupation troops using tanks, helicopter gunships, F-16s, military barges, and checkpoints not only render a whole Palestinian population captive in 64 isolated bantustans, they also use the full force of their military power against a vulnerable and defenseless people. Daily, they shell Palestinian homes, assassinate Palestinian activists and leaders, destroy crops and fields, indulge in cold-blooded murder of children and other innocents while implementing a policy of deliberate humiliation and suffocation at every checkpoint.
The Israeli occupation has also hijacked the concept of security rendering it applicable only to Israelis while depriving the Palestinians of every aspect of personal, political, legal, territorial, historical, cultural, economic, and even human security. As a blanket cover for its systematic abuses, Israel has also abused the essence of the concept, exploiting it for the sake of eradicating any mention of the occupation, and claiming the illogical right to have a secureor even a safe and pleasantmilitary occupation that is in itself the very antithesis of peace, security, and human rights.
As the world watches, Israel has succeeded in evolving and imposing another grand deception in the form of an official spin that not only dehumanizes and demonizes the Palestinians, but also as an attempt at blaming the victim and resuscitating labels that represent us as subhuman species, and genetically violent terrorists, hence undeserving of any human treatment. At best, a false symmetry is manufactured between occupier and occupied, oppressor and oppressed, (as in the call on both sides to stop the violence) serving to eradicate the full horror of the occupation while depriving the victims of their right to resist. Given the disequilibrium of power, the American insistence on a bilateral solution only serves to give Israel license to exploit the asymmetry of power and to pursue its policies of subjugating a whole nation and imposing a unilateral and unjust solution.
The Israeli solution is firmly imbedded in the tainted mentality of occupation as license to dictate by force of arms illegal and punitive realities that would further exacerbate the conflict and the suffering of the Palestinian people. Refusal to intervene by the US and the international community as a whole has given Israel a free hand to continue to act with impunity and immunity as a country above the law and beyond accountability, while the Palestinians continue to be deprived of protection of the law and the minimal imperatives of moral and human decency. We continue to plead for a global rule of law that would check the aggression of the powerful, and eliminate the ongoing dehumanization of the Palestinian people. Such absence of will and abrogation of responsibility on the part of the international community has not only perpetuated the Nakba and prolonged the suffering and victimization of the Palestinian people, but has also served to undermine the quest and chances for peace throughout the region.
When we joined the peace process launched in Madrid in 1991, we did so as an act of will, as a commitment to a peaceful resolution of the conflict with the aim of ending the occupation of 22% of historical Palestine and the establishment of our independent state on the territory occupied by Israel in 1967. As victims, we rose above the pain of the moment and reached out to our occupiers to wrench the course of history away from inevitable conflict, towards reconciliation based on justice and parity. Buttressed by the confidence of the peoples will to endure and resist oppression, as manifested in the intifada of 1987, we offered Israel and the world a unique opportunity to legitimize a daring pursuit of peace, and to gain a constituency for an equitable resolution.
Unfortunately, the peace process became a punitive process manipulated by Israel to pursue its policies of expansion, ethnic cleansing, colonialism, and subjugation of the weaker side by force. It further served as a guise to rationalize the separation of the people from the land and to fragment both the people and the land, transforming the occupied Palestinian territories into a series of isolated reservations or Bantustans while maintaining full Israeli hegemony and direct control. While seeking to bestow retroactive legitimacy on illegal Israeli settlements, and on Israels annexation of Jerusalem by force, it also sought to negate the Palestinian refugees right of return thereby denying the very essence of peace and destroying its foundations.
The so-called generous offer of Barak has been exposed for the sham that it is an occupiers version of whats good for the natives, based only on whats good for Israel, thus ensuring further conflict and instability rather than cementing a fair and durable solution. Having been historically the victims of war and conflict, we found ourselves the victims of a flawed and unjust peace process.
Sharons incursion into the Haram Al-Sharif on September 28, 2000, was only the calculated spark that ignited a powder keg already in place as a result of the inequities of the process itself. The use of live ammunition and lethal force against the unarmed Palestinian protestors unleashed horrific forces of hostility, racism, and orchestrated violence against the captive Palestinian people. The continued intensification of these measures sends an ominous and stark message of brutality and is symptomatic of the regression to fundamentalist Zionism witnessed in the bloodbaths of the 1940s. By claiming that this is the continuation of Israels War of Independence, Sharon is sending a message to the Palestinian people and to the whole world that the national eradication and the ethnic cleansing of the 1948 Nakba are still in process.
The current Israeli government represents the most lethal combination of extremist right-wing political ideology, religious fundamentalism and zealotry, and unbridled forces of militarism with a deceptive veneer of the civilized face of the Labor party. Sharon is the same army general who had committed crimes against humanity in such atrocities as the Qibya massacre of 1953, the cleansing of Gaza in 1973, the invasion of Lebanon and the massacres of Sabra and Shatilla of 1982. Intent on pursuing this bloody path and on repeating the mistakes of history, Sharon has not learned that no amount of brutality, cruelty, or violence can break the will of a people determined to gain its freedom, dignity, and independence. He shows no signs of drawing the right historical conclusions that colonialism is by nature a temporary form of enslavement, and that a people colonized cannot be brought to their knees by the colonizers stifling measures of subjugation and containment.
Sisters and brothers, I appeal to you today, to restore the absent Palestinians to the agenda of humanity, to validate our reality and rights, to recognize and alleviate the pain and suffering of this tortured nation, and to give recognition to the Palestinian narrative long denied. You are the only source of empowerment for a people who feel abandoned and disempowered, but who have never lost faith in human solidarity and a shared vision of emancipation.
I appeal to you, as I have often done to governments and global fora, not to adopt the stance of cowardly neutrality, for in the struggle against oppression, injustice, racism, intolerance, colonialism, and exclusion, there can be NO neutrality. We are all called upon to take sides on behalf of the victim, the disenfranchised, and the oppressed, and to stem the tide of evil and prevent the forces of darkness from prevailing. Here, there is no US veto to deprive us of protection and our rights, nor is there censorship or blackmail to intimidate governments ruled by self- interest.
Let this meeting radiate the pure light of the human spirit that can never be dimmed or contained. Our path to the future must be based on the redemption of history and the past, free of the shackles of inherited inequities. Our legacy to the future must be based on the rectification of the painful legacies of the past.
Sisters and brothers,
Never before has an occupation army imposed such a total and suffocating siege on a captive civilian population, then proceeded to shell their homes, bomb their infrastructure, assassinate their activists and leaders, destroy their crops and trees, murder their civilians at will, steal their lands, and then demand that they acquiesce like lambs to the slaughter. Never before have the victims been denied the right to articulate, and gain recognition for, the horrendous atrocities being committed against them as a matter of policy, but were rather blamed and punished for the fact of their victimization.
On behalf of the Palestinian people I appeal to you to have the courage to intervene, to ensure that the oppressor is held accountable and the victim is protected, to enact those principles and values that not only protect lives but that also imbue life with the human qualities that make it worth living. Despite our overwhelming pain, we have not surrendered to the forces of occupation, colonization, racism, and dehumanizationnor have we adopted their moral distortions. I ask you also not to succumb, but to maintain and enhance the struggle for dignity, equality, freedom, and justice as an act of collective affirmation on behalf of humanity as a whole.

Address by Hanan Ashrawi
Durban, South Africa
August 28, 20

 


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