[1] La sociologie critique (dans la lignée de l'école de Francfort : Adorno, Horkheimer...) de l'art et du marché de l'art est une discipline particulièrement féconde. Citons seulement les
travaux de Jean Beaudrillard, Paul Virilio, Pierre Bourdieu.

[2] Le Monde des livres daté 22 juin 2001, p. VIII. Les lettres de Céline vendues à Brest étaient adressées à un ami médecin de Quimper, le docteur Tuset.

[3] Le Monde daté du 17 mai 2001.

[4] Le Monde des poches daté du 8 juin 2001, p. XI.

[5] Je pense aux travaux de Pierre Vidal-Naquet, Kogon-Langbein-Rückerl, Pierre Ayçoberry, Enzo Traverso, Bernard Conte, Marc Knobel, Christian Terras, Didier Daeninckx, Gérard Panczer et à la thèse de Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, Seuil, mars 2000.

[6] Enzo Traverso, « L'antisémitisme comme code culturel », dans Pour une critique de la barbarie moderne. Ecrits sur l'histoire des Juifs et de l'antisémitisme, nouvelle édition revue et augmentée, éditions Page Deux, 1997.

[7] Philippe Alméras, Je suis le bouc. Céline et l'antisémitisme, Denoël, 2000, p. 161. Dans ses souvenirs, le sonderführer Gerhard Heller affecté à la Propaganda-Staffel, à Paris, pendant l'Occupation, dresse un portrait ambigu de Gaston Gallimard : "Il dut jouer un jeu assez délicat et périlleux pendant ces années d'Occupation. Il y avait, parmi les auteurs de la maison, aussi bien des collaborateurs que des résistants et même des juifs (il dut, évidemment, renoncer à les publier, mais il resta toujours en contact personnel avec eux). (...)
Gaston Gallimard était avant tout soucieux de la survie de sa maison d'édition ; pour atteindre ce but, il accepta la reprise de la NRF par Drieu et la publication de nombreux ouvrages de collaborateurs..." (Un Allemand à Paris, 1940-1944, avec le concours de Jean Grand, éd. du Seuil, 1981, p. 135).

[8] Marc Laudelout, dans Le Bulletin célinien, Bruxelles, 1984 : « Les pamphlets de Céline -à l'exception de Mea culpa- ne peuvent, comme on le sait, être réédités. Contrairement à l'opinion habituelle, l'interdiction n'émane pas d'une quelconque autorité légale. En réalité, c'est Lucie Almansor-Destouches, veuve de Céline et ayant droit en la matière, qui s'oppose de la façon la plus énergique à une réimpression des pamphlets, y compris sous la forme d'extraits. Ainsi a-t-elle intenté un procès à l'éditeur milanais Ugo Guanda qui a publié en traduction italienne Bagatelles pour un massacre, Mea culpa et Les beaux draps, ces deux derniers textes en un volume. En 1975, elle fit retrancher, par autorité de justice, les pages extraites des pamphlets reproduites par Philippe Ganier-Raymond dans un essai anthologique intitulé Une certaine France (éd. Balland).
Sur le plan juridique, elle exerce là un droit dont on ne pourrait sérieusement mettre en doute la légitimité. Sur le plan moral, il en va peut-être autrement. On sait qu'en 1952, lors de la réédition de ses uvres chez Gallimard, Céline en avait volontairement exclu les pamphlets, Mea culpa inclus. D'aucuns ont cru trop rapidement y voir un reniement. En fait, l'écrivain n'a jamais renié ses pamphlets d'avant-guerre (Bagatelles... - 1937 ; L'Ecole des cadavres - 1939), ni Les beaux draps publiés, eux, au début de l'Occupation (1940). Les entretiens qu'il accorda sur ce sujet aux journalistes, à la fin de sa vie, sont suffisamment explicites à cet égard : "Je ne renie rien du tout... je ne change pas d'opinion du tout... j'émets simplement un petit doute, mais il faudrait qu'on me prouve que je me suis trompé, et pas moi que j'ai raison" (Entretien avec Albert Zbinden, 1957). »

[9] Michel Bounan, L'Art de Céline et son temps, 3e éd. revue et augmentée, éd. Allia, 1998.

[10] [depuis] le 3 mai 1999, les Bagatelles [sont] téléchargeables à partir de l'http://www.abbc.com/solus/index.html

[11] Outre les ouvrages classiques de Jules Isaac et Léon Poliakov : Emmanuel Lévinas, Quelques réflexions sur la philosophie de l'hitlérisme (1934 !), éditions Payot & Rivages, 1997 ; Pierre Sorlin, L'Antisémitisme allemand, Flammarion, 1969 ; George Steiner, Martin Heidegger (1978), Albin Michel, 1981 ; George Steiner, « Une saison en enfer », in Dans le château de Barbe-Bleue... (1971), nouvelle éd., Gallimard, Folio, 1986 ; Victor Farias, Heidegger et le nazisme, Verdier, 1987 ; Jean-François Lyotard, Heidegger et « les juifs », Galilée, 1988 ; Jean-Pierre Faye et Anne-Marie de Vilaine, La Déraison antisémite et son langage..., Actes Sud, 1993 ; Pierre-André Taguieff, La Couleur du sang. Doctrines racistes à la française, éditions
Mille et une nuits, janvier 1998 ; P.-A. Taguieff (sous la dir. de), L'Antisémitisme de plume, 1940-1944, études et documents, Berg International éditeurs, 1999 ; Christian Delacampagne, Une histoire du racisme, Le Livre de Poche (inédit), 2000 ; Georges Nataf, Les Sources païennes de l'antisémitisme, Berg International éditeurs, 2001 ; Leo Strauss, « Sur le nihilisme allemand » (1941), dans Nihilisme et politique, Rivages & Payot, 2001 ; Arno Munster, « Heidegger nazi, la preuve par l'eugénisme », dans Libération daté des 9 et 10 juin 2001, pp. 30 et 31...

[12] Le Monde des poches daté du vendredi 8 juin 2001, p. XI.

[13] Postface à : Kaminski, Céline en chemise brune (1938), éd. Mille et une nuits, 1997, p. 79.

[14] Ibidem, p. 80.

[15] Michel Bounan, L'Art de Céline et son temps, 3e éd. revue et augmentée, éd. Allia, 1998, p. 64.

[16] Philippe Alméras, Je suis le bouc..., Denoël, 2000, p. 221.

[17] Philippe Alméras a définitivement démontré (Les Idées de Céline, Berg International, 1992 ; Céline entre haines et passion, Robert Laffont, 1994 ; Céline : Lettres des années noires, Berg International, 1994 ; Je suis le bouc..., Denoël, 2000) combien le racisme de Céline imprègne déjà ses premiers livres, y compris le Voyage au bout de la nuit, et s'enracine dans l'enfance (Affaire Dreyfus...) de l'écrivain, mais aussi dans une « certaine culture française », plus massive qu'on ne veut toujours bien le dire. Dès 1933, Céline dénonce, dans L'Eglise, la S. D. N. menée par les Juifs (Judenzweck et Mosaïc), ce qui motive un article de Ramon Fernandez (Marianne, 11 octobre 1933) qui a remarqué la communauté de vue de
Céline avec l'Action française et... Hitler.

[18] Sur l'ensemble de cette considérable question, la meilleure synthèse a été écrite par Annick Duraffour : « Céline, un antijuif fanatique », dans L'Antisémitisme de plume, 1940-1944, études et documents, sous la dir . de Pierre-André Taguieff, Berg International, 1999, pp. 147 à 203.

[19] Lettres à Marie Canavaggia, Du Lérôt éd., 1995. Citée par Ph. Alméras, dans Je suis le bouc..., Denoël, 2000, pp. 201 et 202.

[20] Philippe Alméras, Je suis le bouc..., Denoël, 2000, p. 204, et surtout Ernst Jünger, Journal, tome I, 1941-1943, Julliard, 1951, pp. 94 et 95 : « Il (Céline) dit combien il est surpris, stupéfait, que nous, soldats, nous ne fusillions pas, ne pendions pas, n'exterminions pas les Juifs - il est stupéfait que quelqu'un disposant d'une baïonnette n'en fasse pas un usage illimité. « Si les Bolcheviks étaient à Paris, ils vous feraient voir comment on s'y prend ; ils vous montreraient comment on épure la population, quartier par quartier, maison par maison. » ».

[21] Ibidem.

[22] Michel Bounan, L'Art de Céline et son temps, 3e éd. revue et augmentée, éd. Allia, 1998, pp. 57 et 58.

[23] Cahiers Céline 7, Céline et l'actualité, 1933-1961, textes réunis et présentés par Jean-Pierre Dauphin et Pascal Fouché, Gallimard, 1986, p. 114.

[24] Céline en chemise brune, éd. Mille et une nuits, 1997, pp. 27 à 34.

[25] Michel Bounan, L'Art de Céline et son temps, 3e éd. revue et augmentée, éd. Allia, 1998, pp. 53 et suivantes.

[26] Ph. Alméras, Je suis le bouc. Céline et l'antisémitisme, Denoël, 2000, p. 194.