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 LA GAZETTE DU GOLFE ET DES BANLIEUES



Nouvelle série


 Numéro 1 -- octobre 2001

>gazettegb@yahoo.fr<

Nouvelles en français et en anglais

Créée en 1991 par Serge Thion

News in French and English

Established 1991 by Serge Thion



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DURBAN : LA GRANDE BAFFE AUX SIONISTES

Durban: Enormous Slap at Zionism's Face


La grande claque de New York

The New York Great slap

ILS DISENT "LE MONDE ENTIER EST CONTRE NOUS": POUR LA PREMIÈRE FOIS, C'EST VRAI. ENFIN VRAI.

They Said: "The Whole World is Against Us". For the First Time, This is True. True at Last.



LA "LIBANISATION" DU TERRITOIRE ISRAÉLIEN EST EN ROUTE

Lebanisation of Israel is Under Way


L'AMÉRIQUE REçOIT LA MONNAIE DE SA PIÈCE

America Reaps What it Sowed



LES USA, PRINCIPAL ETAT TERRORISTE DANS LE MONDE

USA, Nr 1 Terrorist State



GEORGE W., LE LAPIN DU NEBRASKA, VEUT FAIRE LA GUERRE A TOUT LE MONDE

George W., the Nebraska Rabbit, Declares War to Everybody Else



US GO HOME

ENTRETIENS AVEC ARIEL SHARON ET OUSSAMA BEN LADEN

 

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EDITO


Nous sommes contre le terrorisme. La preuve, c'est que nous ne le pratiquons pas. Nous pensons qu'il atteint toujours le but opposé à celui qu'il s'était fixé. Dans la plupart des cas, d'ailleurs, le terrorisme est manipulé par des Etats qui s'en servent pour atteindre des buts politiques inverses de ceux qui sont attribués aux terroristes manipulés.
Pour qui observe la scène politique mondiale, il ne fait pas de doute que les Etats terroristes par excellence, ceux qui se livrent ouvertement à des chantages et à des extorsions, ce sont les USA et Israël. La guerre du Golfe est à 99% une action terroriste, qui d'ailleurs se continue chaque jour depuis dix ans. Il serait bien temps de geler les avoirs de la famille pétrolière Bush qui ordonne toutes ces guerres au Moyen-Orient pour de misérables intérêts de fabrique.
Lutter contre le terrorisme, c'est lutter contre les dirigeants politiques qui menacent en réclamant des autres la soumission ou la destruction. (Vous êtes avec moi ou contre moi). Lutter contre ceux qui, pour mieux terroriser des civils, s'affranchissent du cadre pourtant léger de l'ONU. Lutter contre la domination par la force des armes ou celle de l'argent.
Les Etats-Unis et Israël ont des systèmes politiques oligarchiques qui sont le contraire de la démocratie qu'ils invoquent à tout propos. Ils tentent d'imposer le monopole de leur pouvoir dans tous les domaines: la force militaire et nucléaire, le renseignement, l'accès aux ressources naturelles, la consommation de masse, le système monétaire international, les finances mondiales, le contrôle régional des pouvoirs locaux, la soupe culturelle, l'abrutissement médiatique, sans parler de religion, de langue et de pensée.
A l'extérieur des Etats-Unis, chaque personne prise individuellement rejette tout ou partie de ce système de domination mondiale, pour son propre compte et dans une certaine mesure. Il y a donc cinq milliards et demi d'habitants sur cette planète qui refusent et rejettent quelque chose qui leur vient d'Amérique et qui s'impose par la force à eux et à leur vie personnelle. La domination engendre la résistance. Fédérons ces résistances et nous contraindrons les Américains à rentrer chez eux, à vivre de leurs ressources propres et à redevenir des humains comme tout le monde, égaux en droits et en devoirs au reste de l'humanité.
La guerre que George W., le lapin du Nébraska, a déclarée au reste du monde le soir du 11 septembre vise à nous asservir tous. C'est donc une guerre mondiale faite par les Etats-Unis qui veulent la mener eux-mêmes, seuls, sans alliés mais avec des valets et des coolies, contre tous ceux qui refusent de s'agenouiller. Dans un premier temps, nous disons:

NON À LA TROISIÈME GUERRE MONDIALE



Mais quand elle sera sur le seuil de notre porte, il faudra bien accepter la guerre qu'on nous impose et se battre contre la tyrannie des Etats-Unis. Dans cette lutte, toutes les alliances deviendront possibles. Il s'agirait en effet de choisir entre le destin des esclaves et celui des hommes libres. Dans cette lutte, nous trouverons le soutien de très nombreux Américains qui sont chez eux, déjà, réduits à une non-liberté abjecte. Ce qui nous menace, ce n'est pas l'Amérique de Mark Twain ou de Nat Turner, mais le pouvoir sans visage des trusts, des hedge funds et du Pentagone, celui d'Echelon et de la Fed, celui de Wall Street et du lobby militaro-industriel. Bush n'est qu'un lapin qui s'enfuit dans son terrier du Nebraska au premier coup de fusil. Les soldats américains sont des baudruches que nous crèverons avec de toutes petites épingles. A bas la guerre!

ST 20 Sept. 2001

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1 - Durban et la Palestine



EXCERPTS from the World Conference Against Racism
NGO FORUM DECLARATION and PROGRAMME OF ACTION

3 September 2001
[...]
20. Affirming the right of the Palestinian people to self- determination, statehood, independence and freedom and the right of
the return as stipulated in UN Resolution 194.

98. Recognizing further that the Palestinian people are one such people currently enduring a colonialist, discriminatory military occupation that violates their fundamental human right of self- determination including the illegal transfer of Israeli citizens into the occupied territories and establishment of a permanent illegal Israeli infrastructure; and other racist methods amounting to Israel's brand of apartheid and other racist crimes against humanity. Recognizing therefore that the Palestinian people have the clear right under international law to resist such occupation by any means provided under international law until they achieve their fundamental human right to self-determination and end the Israeli racist system
including its own brand of apartheid.
99. Recognizing further that a basic "root cause" of Israel's on going and systematic human rights violations, including its grave breaches of the fourth Geneva convention 1949 (i.e. war crimes), acts of genocide and practices of ethnic cleansing is a racist system, which is Israel's brand of apartheid. One aspect of this Israeli racist system has been a continued refusal to allow the Palestinian refugees to exercise their right as guaranteed by international law to return to their homes of origin. Related to the right of return, the Palestinian refugees also have a clear right under international law to receive restitution of their properties and full compensation. Furthermore, international law provides that those Palestinian refugees choosing not to return are entitled to receive full compensation for all their losses. Israel's refusal to grant Palestinian refugees their right of return and other gross human rights and humanitarian law violations has destabilized the entire region and has impacted on world peace and security.

160. Appalled by the on-going colonial military Israeli occupation of the Occupied Palestinian Territories (the West Bank including Jerusalem, and the Gaza Strip), we declare and call for an immediate end to the Israeli systematic perpetration of racist crimes including war crimes, acts of genocide and ethnic cleansing (as defined in the Statute of the International Criminal Court), including uprooting by military attack, and the imposition of any and all restrictions and measures on the population to make life so difficult that the only option is to leave the area, and state terrorism against the Palestinian people, recognizing that all of these methods are designed to ensure the continuation of an exclusively Jewish state with a Jewish majority and the expansion of its borders to gain more land, driving out the indigenous Palestinian population.
161. We declare that this alien domination and subjugation with the denial of territorial integrity amounts to colonialism, which denies the fundamental rights of self-determination, independence and freedom of Palestinians. Condemn this process of settler colonialism through the on-going collective punishments, expropriation and destruction of Palestinian lands, homes, property, agricultural land and crops; the establishment of illegal Israeli settlements, the mass transfer of Israeli Jewish populations to the illegally expropriated Palestinian land and the development of a permanent and illegal Israeli infrastructure, including by-pass roads.
162. We declare Israel as a racist, apartheid state in which Israel's brand of apartheid as a crime against humanity has been characterized by separation and segregation, dispossession, restricted land access, denationalization, ¨bantustanization¨ and inhumane acts. 163. Appalled by the inhumane acts perpetrated in the maintenance of this new form of apartheid regime through the Israeli state war on civilians including military attacks, torture, arbitrary arrests and detention, the imposition of severe restrictions on movement (curfews, imprisonment and besiegement of towns and villages), and systematic collective punishment, including economic strangulation and deliberate impoverishment, denial of the right to food and water, the right to an adequate standard of living, the right to housing,
the right to education and the right to work.

418. Call for the immediate enforcement of international humanitarian law, specifically the Fourth Geneva Convention 1949, in the Occupied Palestinian Territories through the adoption of all measures to ensure its enforcement including all measures employed against the South African Apartheid regime. Call for the immediate convening of the High Contracting Parties to implement this process in fulfillment of their obligation to ensure respect for the Convention in all circumstances. Also call for the immediate deployment of an independent, effective international protection force for Palestinian civilians and the dismantlement of the illegal Jewish Israeli colonies (settlements) and a complete withdrawal of the colonial military occupation.
419. Call upon the United Nations to ensure the implementation of the various UN resolutions on the Occupied Palestinian Territories including the withdrawal of the Israeli colonial military occupation (of the Gaza Strip and the West Bank, including Jerusalem), the right of return for refugees, and for the protection for refugees of the UN High Commission for Refugees until such time as they may be able to exercise their right to return and in accordance with UN resolution 194. Also call for the reinstitution of UN resolution 3379 determining the practices of Zionism as racist practices which propagate the racial domination of one group over another through the implementation of all measures designed to drive out other indigenous groups, including through colonial expansionism in the Occupied Palestinian Territories (in the Gaza Strip, the West Bank, including Jerusalem), and through the application of discriminatory laws of return and citizenship, to obliterate their national identity and to maintain the exclusive nature of the State of Israel as a Jewish state to the exclusion of all other groups. Also call for the repeal of all discriminatory laws within the state of Israel, including those of return and citizenship, which are part of the institutionalized racism and Apartheid regime in Israel.
420. Call for the establishment of a war crimes tribunal to investigate and bring to justice those who may be guilty of war crimes, acts of genocide and ethnic cleansing and the crime of Apartheid which amount to crimes against humanity that have been or continue to be perpetrated in Israel and the Occupied Palestinian Territories.
421. Call for an increased awareness of the root causes of the Israel's belligerent occupation and systematic human rights violations as a racist, apartheid system, through relevant UN agencies working closely with international civil society networks to widely disseminate information including educational packs for schools and universities, films and publications.
422. Call for the establishment of a UN Special Committee on Apartheid and Other Racist Crimes Against Humanity perpetrated by the Israeli Apartheid regime to monitor and to report Apartheid and other racist crimes, and to recommend the implementation of measures to combat Apartheid and other racist crimes.
423. Call for the establishment of programmes and institutions to combat the racist media distortion, stereotyping and propaganda, including the demonizing and dehumanizing of Palestinians as all being violent and terrorists, and undeserving of human rights protections. Call for the correction of misleading information surrounding their status as indigenous peoples, the history of the violations perpetrated against them, and the on-going distortion of the facts and nature of the peace negotiations.
424. Call for the launch of an international anti Israeli Apartheid movement as implemented against South African Apartheid through a global solidarity campaign network of international civil society, UN bodies and agencies, business communities and to end the conspiracy of silence among states, particularly the European Union and the United States.
425. Call upon the international community to impose a policy of complete and total isolation of Israel as an apartheid state as in the case of South Africa which means the imposition of mandatory and comprehensive sanctions and embargoes, the full cessation of all links (diplomatic, economic, social, aid, military cooperation and training) between all states and Israel. Call upon the Government of South Africa to take the lead in this policy of isolation, bearing in mind its own historical success in countering the undermining policy of "constructive engagement" with its own past Apartheid regime.
426. Condemnation of those states who are supporting, aiding and abetting the Israeli Apartheid state and its perpetration of racist crimes against humanity including ethnic cleansing, acts of genocide.

The entire NGO Declaration and Programme of Action are available on the NGO Forum website,
<http://www.racism.org.za> and on the Badil website,
<http://www.badil.org/Resources/WCAR/WCAR2001.htm>.



Nous soutenons la position du Forum des Organisations Non Gouvernementales à Durban qui déclare qu'Israël est "un état raciste", qualifiant sa politique "d'équivalent du colonialisme" et appelant à "l'arrêt immédiat des crimes racistes systématiques perpétrés par Israël, dont les crimes de guerre, actes de génocide, de nettoyage ethnique (...) et de terrorisme d'Etat contre le peuple palestinien".
Nous trouvons cette formulation juste, modérée et précise dans la description des faits observables tous les jours.
Nous pouvons et nous devons intervenir directement dans le cadre de la résolution 423 qui demande que l'on redresse les distortions médiatique, qu'on combatte les mensonges sionistes et qu'on rétablisse les faits.


UN COMMENTAIRE

[Extrait] "If the Palestinian cause is to gain momentum and gain international support, it must continue from where Durban has left off, by relocating from the back door of the White House into the center of the American and international solidarity and human rights movement. Already, preparations are underway to strategize with the Dalits, the anti-apartheid, the civil rights, and the human rights movements. Only popular international pressure could urge the U.S. to put an end to Israel's impunity and allow for a just solution to the Palestinian-Israeli conflict. The Palestinians do not have to reinvent the wheel on this one."
* Marwan Bishara is a journalist and author. Center for Policy
Analysis on Palestine.<
76161.301@compuserve.com>.
Source: INFORMATION BRIEF, Number 82, 7 September 2001, Center for Policy Analysis on Palestine <
http://www.palestinecenter.org>


VU EN ISRAEL

Une gifle

par Uri Avnery (18 août 2001)


Un homme d'âge moyen s'approche du point de contrôle de l'armée. Trois soldats qui s'ennuient le regardent. L'un, probablement le responsable, qui se trouvait à deux ou trois mètres, s'approche de lui et le gifle.
Quelques heures plus tard, cette scène est montrée à la télévision en Israël et dans tous les pays arabes. Il se trouve que l'homme frappé était un reporter de la télévision égyptienne qui se rendait à une conférence de presse.
Le MFID (Menteur des Forces Israéliennes de Défense, un officier anonyme chargé d'inventer des prétextes aux fautes de l'armée) a donné la réponse habituelle: l'homme avait provoqué et insulté les soldats. Le soldat a reçu une espèce de sanction avec sursis, probablement pour avoir donné la gifle devant une caméra. On peut supposer qu'il aura vite de l'avancement.
Qu'y a-t-il de si particulier dans cet incident? Seulement la présence d'une équipe de télévision étrangère, et le culot incroyable du soldat qui s'est conduit de cette façon sans d'abord s'assurer qu'aucune caméra n'était présente. À part cela, c'était un incident banal. Des choses comme cela - et même pires - se produisent quotidiennement à des dizaines de points de contrôle sur tous les Territoires occupés. Harcèlement routinier, «afin de tromper l'ennui» comme l'a récemment expliqué un soldat à propos d'un autre incident.
Gifler. Frapper. Contraindre les gens à rester debout pendant des heures sous un soleil brûlant. Contraindre les gens à rester assis pendant des heures dans leur voiture au soleil avec les vitres fermées. Prendre les clés de voiture ou les cartes d'identité. Crever les pneus. Retenir des femmes près d'accoucher qui se rendent à l'hôpital. Retenir des enfants cancéreux qui vont se faire soigner. Retenir des insuffisants rénaux qui se rendent à la dialyse. Voler de l'argent et des bijoux. Alors qu'y a-t-il de si particulier dans le fait de gifler un journaliste égyptien? Après tout, un Arabe est un Arabe.
Néanmoins, il est utile d'examiner cet incident un peu plus en profondeur. Le soldat (sergent? lieutenant?) a dit ce qu'il a dit comme le font des milliers d'autres soldats à des points de contrôle permanents ou temporaires, parce qu'ils croient que cela est permis, voire souhaitable.
Si cela est vrai, la situation est grave. Si ce n'est pas vrai, alors la situation est encore pire.
Quand des milliers de soldats aux points de contrôle se conduisent ainsi depuis des années, il est clair que ceux qui les commandent ferment les yeux. Le responsable immédiat. Le chef de bataillon. Le chef de brigade. Le commandant. Le chef d'état-major. Le ministre de la Défense. Le Premier Ministre. Il suffirait qu'une seule de ces personnes donne un ordre sans équivoque pour que cette pratique cesse. Il suffirait que le chef d'état-major déplace un chef de brigade sous le commandement duquel l'incident s'est produit. Ou qu'un chef de brigade déplace un chef de bataillon. Ou que le chef de bataillon limoge un capitaine de compagnie. Et évidemment, il suffirait d'envoyer un soldat en prison pour 28 jours (la sanction habituellement appliquée aux soldats refusant de servir dans les Territoires occupés) pour que la pratique cesse sur le champ.
Si ce n'est pas fait, on ne peut que tenir pour responsable l'ensemble de la hiérarchie - du soldat harceleur au point de contrôle jusqu'au chef d'état-major. Cela signifie que le harcèlement est une politique. Une politique destinée à casser le moral des gens, à faire de leur vie un enfer et à les inciter à quitter le pays. Et également à apprendre aux soldats à traiter les autochtones comme des chiens.
Il y a une autre interprétation, et elle n'est pas moins grave: qu'une telle politique n'existe pas. C'est-à-dire que la discipline dans l'armée a disparu, que le commandement à tous les niveaux a perdu le contrôle. Ce n'est plus une armée mais une milice sans foi ni loi.
Cela n'est pas vraiment très surprenant. On ne peut pas utiliser une armée pendant des dizaines d'années comme une force de police coloniale répressive sans provoquer un relâchement de la discipline. On ne peut pas demander à un soldat de coller à la vérité dans ses rapports quand il entend tous les jours les rapports du sus-mentionné MFID («tué alors qu'il tentait de s'échapper», «tenté de déborder les soldats», «ont été obligés de tirer quand leur vie était en danger», «insulté les soldats», «tenté d'arracher le fusil des mains du soldat», et autres contre-vérités similaires. On ne peut pas attendre d'un soldat qui harcèle de vénérables vieillards et des femmes respectables dans les Territoires occupés qu'il se conduise comme un garçon bien élevé dans une discothèque de Haïfa ou qu'il traite correctement sa femme et ses enfants. On ne peut pas attendre d'un soldat qui, pendant des années, a été un héros face à des femmes et des enfants, qu'il soit un héros face à des tanks et de l'artillerie sur un vrai champ de bataille.
Chaque année, quand les généraux veulent soutirer plusieurs milliards aux fonds publics, ils nous disent que dorénavant, à tout moment une guerre majeure peut éclater - la Syrie, l'Irak, l'Iran, ensemble ou séparément, vont nous lancer des missiles remplis de bactéries ou de gaz empoisonnés - et que seule une armée israélienne forte et moderne nous sauvera. Cette même armée qui s'est entraînée pendant des années aux points de contrôle.
On a vu une autre image à la télévision l'autre jour: Micki Levi, commandant de la police de Jérusalem, a été vu se querellant avec une femme arabe. Soudain, il a frappé avec son poing. Cela avait l'air d'un coup puissant. Mais la caméra était placée derrière lui et ne pouvait pas capter où le poing a frappé. Sur son ventre? Sur sa poitrine? Ou a-t-il simplement manqué son objectif et frappé dans le vide?
Le MPI (Menteur de la Police Israélienne, jeune frère de son collègue de l'armée) a donné une explication stupide. Mais il n'y a pas de meilleur témoin que ses propres yeux. Le chef de district de la police, un officier ayant le grade de général, a utilisé son poing alors qu'il discutait avec une femme.
Il n'y a eu aucun tollé public. Ni dans les médias, ni à la Knesset, ni au gouvernement. Après tout, qui a envie de se disputer avec la police ?

Traduit de l'anglais par R. Massuard et S. de Wangen.
Point d'information Palestine , No 165 du 28/08/2001, AMFP - BP 33 - 13191 Marseille FRANCE,<amfpmarseille@wanadoo.fr>

ECONOCROQUES


L'intifada a contribué à affaiblir l'économie israélienne

Déclin économique, taux de croissance au-dessous des niveaux escomptés, plus longue récession jamais traversée par l'économie israélienne

par Amjad Al-Tamimi



Après avoir connu plusieurs années de dynamisme, de prospérité et de stabilité, au cours desquelles elle avait pu maintenir des taux de croissance honorables, l'économie israélienne est affectée par l'intifada, qui a commencé le 29 septembre 2000. Celle-ci, produisant une sorte d'effet de tempête brutale, a plongé cette économie dans une crise profonde, plongeant le pays dans une récession sans précédent, et dans une atmosphère faite d'expectative anxieuse, dans une sorte de méfiance jamais encore rencontrée.
La crise et ses effets ne se limitent pas à quelques secteurs particuliers, mais elle s'étend à toutes les branches de l'économie, où elle produit des dégâts très importants, les instances gouvernementales et privées de l'Etat hébreu étant impuissantes dans leurs tentatives pour sauver ce qui peut encore l'être et éviter au maximum les pertes.
Sans doute la démission du conseiller économique du premier ministre Ariel Sharon, qu'il a présentée à la fin du mois de juin, neuf mois après le déclenchement de l'intifada d'Al-Aqsa, est-elle un indice significatif de la profondeur de la crise généralisée qui affecte l'économie israélienne, ainsi qu'une preuve tangible de l'incapacité du gouvernement Sharon à y faire face.
Des économistes israéliens décrivent la présente crise, qui n'entrait absolument pas dans les prévisions tant du secteur privé que du gouvernement, comme la plus durable qu'ait connu l'Etat hébreu. Ils craignent qu'elle n'anéantisse une prospérité qui s'était renforcée et avait atteint son apex au cours de ces dernières années.
Dans ce contexte, le président de l'union des chambres israéliennes de commerce, M. Guellermann, s'attend à ce que l'année actuelle représente la crête de la vague, suivie d'une forte pente descendante vers les valeurs "négatives". En effet, on s'attend à ce que les records économiques négatifs soient battus avant même la fin de l'année en cours, la raison première en étant l'intifada palestinienne. D'après M. Guellermann, "on s'achemine vers une récession qui sera la plus longue de l'histoire d'Israël, la croissance du PNB n'étant que de un pour cent, ce qui signifie une croissance négative des revenus individuels de l'ordre de 1,5%", en précisant que ce taux de croissance est le plus bas jamais enregistré depuis 1996.
Les analyses, les données statistiques, les sondages et les rapports publiés par diverses instances économiques israéliennes convergent sur une récession durable, les mois à venir ne seront pas meilleurs que les mois passés, l'économie aura besoin d'une longue période de convalescence avant de retrouver la stabilisation et la croissance et de sortir de l'impasse dans laquelle l'ont plongée les politiques suivies par le gouvernement israélien, politiques qui ont contraint les Palestiniens à déclencher une guerre d'usure contre l'occupation, les institutions et l'économie d'Israël.
En face, certains analystes palestiniens pensent que cette guerre d'usure commence à porter ses fruits, et même à produire des effets qui ne laissent pas de surprendre, dont le moins éloquent n'est pas l'importance des pertes subies par l'économie israélienne, qui dépassent les deux milliards de dollars, c'est-à-dire l'équivalent de 2% du PNB israélien.

Recul de la croissance
En comparaison avec un taux de croissance proche de 6% avéré de façon continue au cours de l'année écoulée, les projections de croissance sont décourageantes pour les Israéliens en ce qui concerne l'année en cours, puisque les projections des analystes économiques sont unanimes sur le fait que le taux de croissance escompté pour l'année 2001 ne dépassera en aucun cas les 2,5%. C'est ce à quoi s'attend le responsable de la banque Apoalim, la plus importante en Israël, Bitahay Barshavit, qui a déclaré que "la croissance ne dépassera pas 2,5% cette année".
Le ministre de l'économie, Sulivan Shalom s'est livré à un pronostic allant dans le même sens, affirmant devant une délégation du Fonds Monétaire International venue en visite dernièrement à Tel Aviv, que la croissance se situera dans une fourchette entre les 2% et les 2,5% cette année.
La directrice du service de l'économie et des revenus, du Ministère du budget, Gal Yam Tsifi, ainsi que son adjointe Ferd Dar, ont exprimé avec une amertume difficilement dissimulée leur préoccupation au sujet de ces sombres prévisions, indiquant que le taux de croissance, au cours du premier trimestre 2000, qui a atteint 1,7% seulement, est très décevant non pas seulement parce qu'il est très bas, mais aussi parce qu'il est attribuable avant tout à l'augmentation de la consommation des ménages.
La délégation du FMI avait préparé une déclaration mettant en évidence le fait que l'économie israélienne ne croîtrait que de 1,5% à 2% en 2001, et que l'inflation resterait dans le cadre de l'objectif visé par le gouvernement, soit de 2,5 à 3,5%.

Le tourisme
Le secteur du tourisme est sans doute, de tous les secteurs de l'économie israélienne, celui qui pâtit le plus de la crise, particulièrement à cause de l'échec des nombreux efforts déployés par les gouvernements israéliens successifs afin d'inciter les touristes étrangers de venir visiter l'Etat hébreu, au moyen de campagnes de promotion touristique quelque peu cosmétiques, tendant à faire passer une image de stabilité et de sécurité.
La dégradation de la situation a entraîné un recul marqué de l'activité du secteur touristique, dû particulièrement à la réticence des touristes à venir en Israël. Le nombre des touristes a diminué de moitié depuis la fin de l'année dernière. Le secteur hôtelier a subi des pertes énormes, qui ont contraint 25 hôtels à fermer leurs portes, tandis que les institutions touristiques se voyaient contraintes à licencier 28 000 de leurs employés.
Il ressort des données publiées par l'institut de la statistique israélien que le premier trimestre 2001 a connu une baisse de 50% dans les revenus du tourisme. Le mouvement des passagers à l'aéroport Ben Gourion a diminué de 7,4% depuis le début de l'année, ce qui a contraint la compagnie nationale israélienne El Al à supprimer environ une vingtaine de ses lignes en direction d'une dizaine de destinations de par le monde, et à licencier des milliers d'employés, afin de limiter les pertes économiques subies depuis le début de l'intifada.
Certaines compagnies aériennes étrangères ont annoncé la réduction du nombre de leurs vols à destination d'Israël. Elles ont aussi souvent interdit à leurs avions de stationner en Israël durant la nuit (en attendant le voyage retour le lendemain matin, ndt) (pour des raisons de sécurité, notamment de l'équipage, ndt).
Le ministre israélien du tourisme, Raabaam Z'evi, a reconnu que le secteur du tourisme connaît une situation extrêmement difficile et qu'il a enregistré des pertes énormes, en raison de l'intifada, pertes que l'institut des statistiques israélien évalue à trois milliards de shekels depuis le début de l'année, ce qui a amené M. Z'evi à demander au ministère du budget un budget exceptionnel additionnel d'un montant de 70 millions de shekels afin de soutenir le tourisme, et de trouver un montage financier exceptionnel afin de venir en aide aux milieux du tourisme, notamment afin de prévenir la dégradation des infrastructures et de tirer les établissements hôteliers et touristiques de leur mauvaise passe financière.
Le ministère du tourisme a pris des mesures afin de limiter les conséquences de la crise en doublant son budget consacré au tourisme interne, tandis que les tour-opérateurs étrangers lui demandaient des indemnités s'élevant globalement à 60 millions de shekels afin de les dédommager de leur manque à gagner.
Des membres de l'Union des compagnies de tourisme ont révélé, au cours d'une réunion avec le ministre Ze'ivi, que le chiffre d'affaires de 80 compagnies membres de l'Union s'élèvera à 150 millions de dollars cette année, alors qu'elles escomptaient réaliser un chiffre d'affaires de 525 millions de dollars.
Ces compagnies ont également exigé des indemnités correspondant à 50% du déficit d'exploitation sur l'exercice ayant débuté en octobre 1999 et clos à la fin septembre 2000, ainsi que des indemnités correspondant à l'exercice en cours.
Selon ces calculs, le manque à gagner sur la haute saison touristique (passée) s'établit à environ 500 millions de dollars, les coûts d'exploitation à 40 millions de dollars, la perte de bénéfices sur l'année 2001 à 150 millions de dollars, et les coûts d'exploitation à 12 millions de dollars.

Le commerce
En ce qui concerne les diverses branches du commerce et des services, les prévisions ne sont pas meilleures que dans les autres secteurs économiques. Les données récemment publiées par l'union israélienne des chambres de commerce indiquent que le taux de croissance du secteur commercial et des services sera le plus bas depuis 1989 et se limitera à 1,5%, contre 4,5% escomptés. Les économistes de l'Union ont indiqué que "les branches du commerce et des services croîtront seulement de 1,5%. Il s'agit de la croissance la plus faible enregistrée depuis douze ans."
Ils ont expliqué que les branches du commerce et des services, en particulier du secteur marchand, étaient les locomotives de la croissance du secteur privé israélien au cours des années de stagnation (de 1996 à 1999), grâce à un taux de croissance annuelle qu'ils ont estimé à 6,2%, en moyenne, estimant que le recul d'un quart des branches du commerce et des services, qui avaient progressé au cours de l'année écoulée, marque un retournement de tendance préoccupant.
Le déficit de la balance commerciale extérieure d'Israël est passé, en avril dernier, à 1,057 milliards de dollars, à comparer avec les 782 millions de dollars enregistrés au cours du même mois de l'année précédente, ce qui représente le plus important déficit commercial enregistré par Tel Aviv depuis août 1999.
Au cours du premier trimestre de cette année, le déficit extérieur s'est élevé à environ 3,067 milliards de dollars, à comparer aux 2,456 milliards de dollars de la période comparable de l'année dernière, d'après les indications de l'institut de la statistique israélien, qui a fait savoir que les exportations israéliennes à destination des Etats-Unis ont chuté de manière importante depuis le début de l'année, du fait de l'intifada palestinienne.
Les données statistiques font apparaître que les exportations à destination des Etats-Unis ont chuté, au cours du premier tiers de l'année, à un rythme de 14,8% annuels, à comparer avec la période similaire de l'année dernière, tandis que le volume des importations israéliennes en provenance des Etats-Unis connaissait une croissance d'environ 2,5%.
Le directeur de l'Union israélienne des chambres de commerce, Yossi Shusik, ne cache pas son pessimisme face à la situation économique actuelle. Il déclare que "même si l'intifada s'arrêtait aujourd'hui, il faudrait au minimum huit mois pour remettre l'économie sur les rails."
L'industrie
Le secteur industriel a connu, lui aussi, des pertes importante. Ce qui distingue ce secteur des autres secteurs de l'économie israélienne est sa grande dépendance du marché palestinien et l'orientation de ses débouchés vers ce marché, les exportations israéliennes en direction du marché palestinien représentant environ 8% du total des exportations israéliennes.
Le secteur industriel a connu un effondrement au cours des premiers mois de l'année 2001. L'Union israélienne des chefs d'entreprises industrielles a déclaré que la situation difficile que traverse le secteur industriel est appelée à durer. Il est question de stagnation et de régression de la production, de réduction des effectifs de personnes employées, de réduction des heures de travail (chômage technique) et, enfin, de réduction des importations de matières premières.
D'après un sondage effectué par l'Union des chefs d'entreprise auprès de 213 industriels, les projections pour le troisième trimestre de l'année en cours sont celles d'une continuation de la stagnation de la production, des licenciements, de baisse des ventes de produits finis. Les sondages effectués au cours du premier trimestre 2001 montrent que 41% des usines ont réduit leurs capacités de production, et que 35% d'entre elles ont réduit leur activité.
L'éclatement de la crise a entraîné l'annulation de plusieurs visites de délégations commerciales et industrielles européennes dans l'Etat hébreu, prévues afin d'étudier les coopérations possibles et les investissements envisageables dans les entreprises de haute technologie.

L'agriculture, le bâtiment, l'épargne
Les données publiées par l'institut israélienne des statistiques indiquent que les secteurs de l'agriculture et du bâtiment sont gravement affectés par la crise liée à l'intifada. Les pertes de l'agriculture sont estimées à plus de 150 millions de shekels. Le secteur de la construction, quant à lui, qui venait de traverser une crise aigue au cours des dernières années, a pâti de l'impossibilité pour la main-d'oeuvre palestinienne de se rendre sur les chantiers en Israël (Palestine de 1948 écrit l'auteur).
Dans l'Etat hébreu, le secteur du bâtiment dépend dans une large mesure de la force de travail palestinienne, les ouvriers palestiniens du bâtiment représentant environ 17% de l'ensemble des employés dans ce secteur, en Israël.
Fird Dar, directrice au ministère du Budget, a déclaré que le secteur de la construction souffre des conséquences du bouclage par Israël des territoires palestiniens, qui empêche les ouvriers palestiniens du bâtiment de se rendre sur leurs lieux de travail.
Par ailleurs, et ceci est significatif du manque de confiance des Israéliens en l'avenir de leur économie grevée par l'intifada, un rapport du ministère du budget a révélé que les Israéliens ont retiré, en mai dernier, deux milliards de dollars des différentes institutions d'épargne, ajoutant que l'ensemble des désinvestissements d'épargne, au cours des cinq mois écoulés, atteignait environ 8,5 milliards de dollars, retirés des banques et des différentes fonds d'investissement et de placement.

(Amjad Al-Tamimi est un chercheur palestinien. Cet article a été publié dans la revue "Les banques en Palestine" Al Bunuk fi Filastin, publiée par l'Union des banques palestiniennes.)
Al-Quds Al-Arabi, quotidien arabe publié en Grande Bretagne du jeudi 9 août 2001, traduit de l'arabe par Marcel Charbonnier dans Point d'information Palestine > No 165 du 28/08/2001, AMFP - BP 33 - 13191 Marseille, France, <
amfpmarseille@wanadoo.fr>

Recession deepens: Production down, but prices up
The Israeli economy is heading deeper into the current recession. Production was down 6 percent in July, bringing the total drop in production since the beginning of the year to 15% compared to last year. Imports were down 5% in July, and 12% from February through June. Tourism to Israel also continued to drop, according to the Central Bureau of Statistics. Despite the overall slowdown in the economy, prices were up in June by 3%, Army Radio reported. (jpost.com)

<
Al-Awda@yahoogroups.com>, 27 Aug 2001 .

Les aides étrangères au secours d'Israël

par Salma Hussein


L'économie israélienne n'arrive pas à se réveiller du cauchemar de l'Intifada, déclenchée en septembre 2000. Elle est, en effet, passée d'une croissance forte à une véritable crise à long terme. Causant ainsi des pertes estimées entre 2 et 3 milliards de dollars, selon les économistes israéliens. Le taux de croissance -- qui a atteint 6 % en 2000 du PIB -- sera en 2001 de 1 %. Ce qui signifie, en fait, une baisse du PIB par individu de -1,5 %, vu le taux de croissance de la population de 2,5 %.
Cette chute est la conséquence des baisses de régime des secteurs de la technologie et du tourisme. En effet, ces deux derniers ont représenté ensemble les moteurs de la croissance pendant plusieurs années. Cependant, il semble que les sept vaches grasses seront suivies par sept vaches maigres. Bien que la Banque d'Israël ait baissé les taux d'intérêt, comme tentative pour freiner la récession, « les investisseurs s'enfuient », comme l'indique le ministre des Finances. A son avis, les entreprises américaines craignent d'investir en Israël, à cause des événements au Proche-Orient. Par exemple, la coopérative des industriels s'attend à une chute du taux de croissance dans le secteur de la technologie à 10-15 %, contre 45 % en 1999. Pour sa part, le ministre du Tourisme, Rehavam Zeevi, prédit que « l'impact des événements s'étendra non seulement dans les mois prochains, mais pour des années à venir ».
En premier lieu, les pertes des revenus touristiques s'élèvent, à elles seules, à 0,75 milliard de dollars. Le nombre de touristes a chuté de moitié, après le déclenchement de l'Intifada à 870 000. Il y a eu dans ce secteur 28 000 licenciements en un an parmi lesquels 12 000 travaillant dans l'hôtellerie, et 3 000 chambres ont été fermées. A Nazareth, la plus affectée des villes touristiques, 100 % des hôtels ont fermé. Par ailleurs, le ministre du Tourisme a averti le gouvernement que « la crise du tourisme pourrait avoir un effet boule de neige et entraîner dans sa chute le reste de l'économie. Surtout que plusieurs industries et services y sont liés ».
Quant au secteur de la technologie, il représente 15 % du PIB. Ce qui rend l'économie israélienne la plus dépendante de ce secteur au monde. Il a aussi contribué au taux de croissance en 1999, estimé à 6 % pour les deux tiers. Cette année, les choses vont changer. Le financement injecté dans les start-up du secteur va baisser de 60 %. Celui-ci a atteint un record de 3,1 milliards de dollars, au début de 2000. Zeev Holtzman, PDG de GIZA, un fonds de capital, risque, résume l'état désastreux : « L'année dernière nous financions une nouvelle entreprise par mois. Actuellement le taux est à une tous les six mois ». Pour lui, la chute du Nasdaq a énormément amplifié les effets négatifs de l'Intifada. Ainsi, 60 entreprises ont fait faillite. 10 000 employés ont été licenciés, dès le début de 2001. 300 autres entreprises ne pourront pas survivre à la crise, selon un analyste du secteur.
Le politique d'abord
Conséquence, le nombre de demandes d'emplois a augmenté pendant les 4 premiers mois de 2001, atteignant un chiffre record de 179 100. Les études officielles prévoient un taux de chômage de 9-9,5 % à la fin de 2001, contre 6,8 % à la fin du premier quart de l'année. Pour des économistes indépendants, ce taux s'élève à 17 %.
Le directeur du Syndicat israélien des chambres de commerce, qualifie les pertes de l'économie de « considérables ». Et, le bureau central de statistiques a annoncé que le premier trimestre de 2001 a connu une diminution du remboursement des dettes de 30-40 % du secteur de commerce et des services, un secteur qui fournit 59 % du PIB. Or, il semble que ces pertes ne sont pas suffisantes pour convaincre les décideurs israéliens de changer leur politique d'agression contre les civils palestiniens. « Bien que les tensions dans les territoires occupés soient considérablement nuisibles à l'économie, cela n'est pas le facteur décisif de la politique israélienne. Ce sont plutôt les facteurs politiques et sécuritaires qui comptent », estime Ahmad Al-Naggar, chercheur économique au Centre d'Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d'Al-Ahram. « En revanche, le flux des aides internationales ne leur manquera pas. Celui-ci dépasse 2,5 milliards de dollars annuellement, en provenance des Etats-Unis, des juifs de la diaspora et de l'Allemagne.»

Al-Ahram Hebdo, hebdomadaire égyptien, 26 septembre 2001

En Israël, la dialectique de la paix et de l'économie



Sandra et Yaël fréquentent beaucoup la plage de Tel-Aviv ces derniers temps. Leurs copains aussi. Ils ne sont pas en vacances, mais au chômage, et en cette fin du mois d'août les offres d'emplois se font plus rares que jamais. Sandra, par exemple, est sans travail depuis le 4 mai et elle arrive à la fin de ses quatre mois d'allocation-chômage. "Je suis complètement déprimée", dit-elle, alors qu'elle vient d'envoyer une série de curriculum vitae à des sociétés de publicité. "Si après cette série de lettres je ne trouve pas un boulot, je serai obligée de chercher dans un secteur qui n'est pas le mien", confie-t-elle. Sandra, 28 ans, résidant à Tel-Aviv, a une maîtrise de gestion, option marketing, qu'elle a passée à la Sorbonne et parle quatre langues (hébreu, français, anglais, espagnol). Depuis son licenciement, elle a passé de nombreux entretiens. A plusieurs reprises, elle a cru qu'elle allait être embauchée, mais finalement un autre candidat lui a été préféré, soit qu'il était plus expérimenté, soit qu'il l'était moins, ce qui permettait de lui offrir un salaire plus bas, ou alors il bénéficiait d'une "protectzia", autrement dit d'un "piston". "Aujourd'hui, la conjoncture économique est tellement mauvaise que les compétences professionnelles ne suffisent plus et les entreprises en profitent", explique-t-elle.
Il y a beaucoup de demandes et peu d'offres. Les entreprises de high-tech, fleuron de l'économie israélienne, ont licencié à tour de bras depuis le début de l'année. Tech Data, la société informatique où Sandra était chef de produit marketing, a débauché plus de la moitié de son personnel en quelques mois.
A l'origine de cette crise, deux phénomènes cumulés : d'abord, la récession de l'économie américaine et la chute du Nasdaq ; ensuite, le conflit israélo-palestinien, qui a entraîné la chute des investissements étrangers, lesquels jouent un rôle majeur dans l'économie israélienne. D'après un rapport réalisé par une société privée israélienne, les compagnies high-tech auraient perdu entre 30 % et 70 % de leur valeur depuis le début de l'année à cause de la baisse du Nasdaq. Les salaires du secteur auraient chuté de 20 % à 25 % et 30 % des 2 500 start-up israéliennes devraient disparaître d'ici à la fin de l'année.
Moins de touristes
Le tourisme, un autre secteur particulièrement éprouvé ces derniers mois, a quant à lui surtout souffert de la situation politique. La compagnie d'aviation El Al a perdu 83 milliards de dollars au cours du premier semestre, soit 18 % de plus que ses pires prévisions. En juillet, le pays a enregistré une baisse de 56 % du nombre de touristes, comparé à l'an 2000. A Jérusalem, de grands hôtels ont dû fermer la moitié de leurs chambres, et à Nazareth, qui vivait du tourisme, il n'y a plus un seul hôtel ouvert.Tous les indices économiques publiés en cascade depuis une dizaine de jours traduisent la détérioration de l'économie israélienne. D'abord, les investissements étrangers n'ont cessé de baisser depuis octobre 2000, les chiffres sont même de plus en plus alarmants. Au deuxième trimestre 2001, ces investissements représentaient une somme de 1,315 milliard de dollars, soit le niveau le plus bas enregistré au cours de ces trois dernières années.
Ensuite, le nombre de demandeurs d'emploi a augmenté de 3,7 % en juillet - un record historique en Israël -, alors que la hausse moyenne mensuelle était de 0,6 % depuis le début de l'année. Le taux de chômage représente 8,6 % de la population active et pourrait, d'après certaines estimations, atteindre 10 % à la fin de l'année. Pour réduire le chômage, certains suggèrent, comme ailleurs, de renvoyer les travailleurs immigrés (non palestiniens). Leur nombre, estimé à 200.000, y compris les clandestins, correspond peu ou prou au nombre de demandeurs d'emploi.
Mais, d'après certaines études, les chômeurs d'aujourd'hui sont plus jeunes et plus diplômés qu'ils ne l'étaient par le passé et probablement peu enclins à remplacer la main-d'_uvre immigrée sous- payée. Ceux-là, soulignait récemment un éditorialiste, "ne feront pas de manifestation en brûlant des pneus sur la chaussée, ils partiront chercher du travail à l'étranger". En l'occurrence, ils partent déjà.
Enfin, le produit intérieur brut a baissé de 0,6 % au premier semestre, comparé à celui du deuxième semestre 2000, et l'indice des prix à la consommation a augmenté de 0,4 % en juillet, soit deux fois plus que prévu. Cette augmentation est avant tout liée à la hausse du prix de l'immobilier, en raison de la dépréciation du shekel par rapport au dollar. La consommation, elle, est plutôt en baisse ; les centres commerciaux, les restaurants et les cafés sont sensiblement moins fréquentés en raison des risques d'attentats.
Quant aux prévisions, elles ne sont pas bonnes. David Klein, gouverneur de la Banque d'Israël, a conseillé au gouvernement de construire le budget 2002 sur la base d'une croissance économique de 2 %, ce qui correspond en réalité à une croissance négative, compte tenu de la croissance démographique du pays. Pour tenter de redresser la situation, le gouvernement a décidé d'augmenter le déficit du budget 2002. Celui-ci représenterait 2,4 % du PIB, au lieu de 1,5 %, selon les prévisions initiales. Les dépenses publiques s'élèveront à 13,5 milliards de shekels (3,5 milliards d'euros) et permettront notamment le développement des infrastructures. Ce choix est critiqué par certains, qui le considèrent comme préjudiciable à la position financière d'Israël sur les marchés internationaux et fait du pays un des plus mauvais élèves de l'OCDE en matière de contrôle des dépenses publiques.

Catherine Dupeyron
Le Monde, 7.septembre 2001

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ILS VONT ENCORE SE FAIRE AIMER
Five days before the New York Slap:

F.B.I. Shuts Down Websites on Orders of Zionists

InfoCom Corporation in Texas raided by scores of federal agents. Zionist directed action is designed to hurt the Palestinian cause.



by Ernesto Cienfuegos, La Voz de Aztlan


Los Angeles, Alta California -- September 6, 2001- (ACN) La Voz de Aztlan has learned that approximately 50 federal agents are still inside the business offices of an Internet Service Provider after an early morning raid yesterday. The InfoCom corporate building in Richardson, Texas was first surrounded and then evacuated in the early morning hours. The FBI has shut down servers that host many websites serving the refugee Palestinian community. At least one of the websites was for the purpose of charity. The website for the Holy Land Foundation raises funds in the United States to help countless Palestinians that have been adversely affected by Israel's racist apartheid policies. Other websites that have been shut down include those for the Muslim Students Association, the Islamic Society of North America, and for the Islamic Association for Palestine
This is an ominous development and a trampling of the First Amendment Right that should anger every decent American that believes in the U.S. Constitution. There are extremely powerful elements in our society that are now utilizing the police powers of the federal government to suppressed freedom of speech, expression and of the press. There have been repeated attempts by Zionists to shut down La Voz de Aztlan as well. Recently the Rabbi Abraham Cooper of the Simon Weisenthal Center made some comments in the Jewish Journal of Los Angeles that were designed to call the attention of the Zionist community to our publication. Soon after the publication of the rabbi's comments, we started receiving a barrage of hate e-mail, computer viruses and pressure from our own Internet Service Provider.
The raid on InfoCom Corporation came after similar commentary by hateful Zionists who write for the Wall Street Journal of New York. Writers Steven Emerson and Daniel Pipes, called upon the federal government to shut down the web sites of the Islamic Association for Palestine and of the Holy Land Foundation which the FBI did yesterday. Emerson and Pipes wrote in an August 13 column in the Wall Street Journal: "The time has also come for the US to support Israel ..." "The federal authorities should use the tools it already has in closing down these web sites and organizations," they wrote.
The Zionist owned media in the United States has a lot of power to influence the federal government. They want to be the only ones with the ability to disseminate information which includes opinions about important issues affecting the world such as the crisis in the Middle East. They are very concerned about the Internet because it is about the only truly free medium that they can not control (yet). The Rabbi Abraham Cooper of the Simon Weisenthal Center, for example, has a multi-million dollar budget exclusively to lobby the U.S. Congress for laws that will enable them to control the content of the Internet. Rabbi Cooper never mentions the horrible pornography on the Internet but focuses on websites like ours that have published editorials critical of the Zionists. Recently, a candidate for mayor of Los Angeles admitted that he had "put together over 18 million dollars for Rabbi Cooper" while he was Speaker of the California State Assembly.
We can not sit back and allow the Zionists to gradually erode our sacred rights guaranteed by the greatest political document men has ever written and that is the United States Constitution. Presently most of the members of the U.S. Congress are in the pockets of extremely wealthy and powerful Zionist business interests. We must turn the tide and expose these Zionist lackeys before all Americans are enslaved and then it will be too late. We are already suffering the consequences of the ever tightening noose. We must act and we must act
now!
<http://www.aztlan.net>


SUR LA VIOLENCE

Comment saper les bases de l'édifice de la violence


par Israël Shamir


Alors que les F-16 ont repris leurs bombardements des villes de Palestine et que des jeunes gens ont recommencé à sacrifier leur vie et celle des autres, dans un article du New York Times, Martin Indyk proclame que "la violence empire" (8 août 2001). Tels un choeur de la Grèce antique, la BBC et CNN font écho à Indyk dans leurs reportages sur la "violence en Palestine". Pour sa part, la Maison blanche renouvelle son plaidoyer en faveur de "l'arrêt du cycle de violence". Cette "violence" sans visage et sans raison devrait probablement s'écrire avec une majuscule à l'instar de la "Colère" des premiers vers de l'Iliade. Épopée éternelle, l'Iliade débute par un chant appelant à célébrer la Colère d'Achille. Dans la bouche d'Homère, la Colère (ou la Fureur, la Guerre, l'Amour, ou l'Espérance) est la personnification d'un état. De nos jours, nous y verrions plutôt un Achille furieux ou un mari violent et non la Colère ou la Violence en soi. Sauf si le maltraitant est l'État d'Israël. Dans ce cas, nous en revenons à la notion homérique de Violence, en tant qu'être indépendant, et non action imputable à l'Homme. D'ailleurs, certains débattent avec sérieux des moyens de " traiter " la violence pour qu'advienne la Paix.
Dans la réalité de tous les jours, la Violence n'est pas comme le climat. Elle est provoquée par quelqu'un et nous sommes généralement en mesure de déterminer quelle est la nuée qui provoquera la pluie. A titre d'exemple, lorsque le processus " Mitchell " a été invoqué et que le contingent quotidien de morts a commencé à diminuer, les tenants de la suprématie juive ont rejoué la visite provocatrice de Sharon sur le Haram as-Sharif en posant la première pierre du troisième temple.
Juste après la provocation que constituait cette action, Israël a embrayé sur une série d'assassinats à Naplouse, Ramallah et ailleurs, en s'efforçant d'obtenir une réaction du même ordre de la part des Palestiniens. Apparemment, il s'agit d'un schéma pré-établi. En septembre dernier, après la visite de Sharon sur l'Esplanade des mosquées, la police israélienne des frontières a assassiné sept fidèles dans la mosquée de Jérusalem, ouvrant la voie à la deuxième Intifada. Les assassins à la solde de Sharon n'ont pas cessé de sévir jusqu'à ce qu'un candidat à l'attentat-suicide ait l'obligeance de réagir.
Ce n'est pas une coïncidence. Israël fait en sorte que le soulèvement palestinien dure. Il ne veut pas la paix mais un conflit larvé. L'état de guerre avec les Palestiniens permet à ses dirigeants de maintenir soudées les communautés hétérogènes qu'ils représentent et de les empêcher de se sauter mutuellement à la gorge. Plus encore, la guerre permet aux dirigeants des collectivités juives du monde entier de poursuivre leur tâche ardue qui consiste à revitaliser la "juiverie mondiale", concept plus que dépassé puisqu'il remonte au moyen âge. C'est la raison pour laquelle s'élever contre la " Violence " ou en faveur de la " Paix " n'a aucun sens. Aussi longtemps que l'État convaincu de la supériorité juive existera, il veillera à maintenir la violence et à éviter la paix.
Les récents assassinats avaient également pour objet de dissimuler la provocation que constituait la pose de la première pierre sous un amoncellement de cadavres. La signification de cette obscure cérémonie a été encore plus embrouillée par la grande presse, où toute mention de cet événement s'est mystérieusement évaporée. Ainsi, par exemple, le 3 août 2001, l'agence Reuter rapporte que "la police israélienne a pris d'assaut le Mont du Temple, révéré par les musulmans sous le nom de al Haram as-Sharif, après que des Palestiniens ont jeté des pierres contre des juifs en prière au-dessous, devant le mur occidental " (NdT : Mur des lamentations).
Pourquoi, tout d'un coup, les Palestiniens ont-ils commencé à caillasser des juifs ? L'histoire de la pose de la première pierre a été passée sous silence et, pour l'Américain ou l'Européen moyen, seule subsiste l'impression que, par pur dépit, des "sauvages" musulmans ont pris à partie des juifs pacifiques en train de prier. Sur ce plan-là, l'unanimité des médias anglophones a de quoi horrifier. La BBC qui, en d'autres temps, était plus objective que les réseaux de médias américains, a bouclé la boucle. Elle aussi a parlé des "soldats israéliens pénétrant dans les mosquées en réaction contre les lanceurs de pierres musulmans", terminant son article sans mentionner la pose de la première pierre du troisième temple. Il semble, aujourd'hui, que la diffusion du documentaire de la BBC sur Sharon fut un acte de courage singulier qui n'est pas près de se reproduire.
Quant aux réseaux de médias américains, la couverture des événements qu'ils assurent n'a pas varié d'un iota. Ils répandent le point de vue israélien sans la moindre hésitation. C'est pourquoi nous allons nous reprendre en détail des événements relatifs à l'étrange histoire, quasiment oubliée, de la pose de la première pierre. Rien à voir avec les provocations dues à l'Israélien moyen. Cette histoire nous remet en mémoire les incantations de magie noire de la Pulsa di Nura, formule cabalistique employée par le premier ministre Isaac Rabin. En 1995, la presse israélienne avaient couvert un rassemblement de cabalistes importants qui invoquaient les esprits du Mal et les imploraient de mettre un terme à la vie du premier ministre. Peu de temps après, Rabin fut assassiné par un fanatique juif religieux. L'un des organisateurs de la cérémonie de la Pulsa di Nura a été jugé par un tribunal israélien et condamné à la prison pour incitation au meurtre. Point n'est besoin de croire en la magie noire pour saisir la logique du juge.
Pour comprendre l'idée de la pose de cette première pierre, imaginez que vous vous réveilliez dans votre maison de banlieue, au matin d'un beau dimanche, que vous preniez votre café puis que vous vous rendiez à l'église de votre paroisse où la situation est confuse: devant l'église, un groupe d'hommes, bien protégés par des soldats en armes et par la police, s'affairent à installer un immense panneau affichant : "En ce lieu, une synagogue sera érigée en 2001." En arrière-plan, les moteurs d'un bulldozer rugissent et vous entendez dans un haut-parleur la voix d'un rabbin en train de bénir la nouvelle synagogue. Dans un cas pareil, il est probable que vous vous sentiriez aussi hystérique qu'Arthur Accroc, héros du Guide du routard galactique. Remplacez votre église paroissiale par Saint-Pierre ou le Saint-Sépulcre et vous comprendrez les sentiments des habitants de Jérusalem.
Si les loyalistes du Mont du Temple (c'est ainsi que s'appelle les célébrants de cette cérémonie magique) sont très peu nombreux et n'ont guère de place dans la vie publique, on ne peut pas en dire autant de l'instance qui leur a donné le feu vert. Ignorant les mises en garde de la police, la Cour suprême, organe juridique juif le plus éminent, les a autorisés à perpétrer cet acte à une date propice, le 9e jour du mois de "Ab" selon le calendrier lunaire, avec toute la mystique que cela sous-entend. L'État juif a mobilisé toute sa puissance, dont des milliers de policiers et de militaires, pour permettre que cette cérémonie ait lieu. C'est ce qui nous autorise à comparer les agités du groupuscule loyaliste à l'extrémité fine et tranchante de l'instrument du dentiste, qui l'enfonce profondément dans la dent pour vérifier si elle est bien dévitalisée.
Les résultats de ce douloureux examen ne laissent planer aucun doute. Apparemment, le nerf était toujours vivant et la mobilisation rapide des Palestiniens a contraint les juifs à modifier l'itinéraire de la procession loyaliste. La cérémonie a bien eu lieu mais en dehors de la Vieille Ville et un peu plus tôt que prévu. Elle n'a duré que quelques minutes, puis la pierre a été remise à sa place habituelle, dans l'ombre protectrice du consulat des États-Unis. Le passage en force de cet instrument a provoqué une douleur aiguë ainsi que la réaction, parfaitement prévisible, des habitants de Jérusalem, suivi de l'assaut haineux de la police contre les fidèles présents à l'intérieur de la mosquée. Quelle est la cause de tous ces troubles? Pour quelle raison les enfants palestiniens n'ont-ils pas hésité à affronter la police des frontières, célèbre pour sa brutalité ? Pourquoi cette "première pierre" était-elle aussi importante?
Nombre de juifs et de leurs alliés chrétiens pro-sionistes estiment que le joyau que constitue le Haram as-Sharif, les superbes mosquées de Jérusalem datant du VIIe siècle, devrait être détruit et que, sur ses ruines, il faudrait ériger un temple juif. Serait-ce une obligation et pourquoi? Les explications avancées diffèrent. Certaines sont d'ordre historique, d'autres eschatologique. Ce n'est pas une question de justice historique, ni dans un but de prière puisque le judaïsme traditionnel interdit toute relation avec "le temple construit au nom de Yahvé". Certains juifs mystiques estiment que cette action permettra à leurs coreligionnaires de dominer le monde de manière absolue et irréversible. Cette croyance n'est pas l'apanage de quelques farfelus ou cinglés, ni même aux seuls sionistes. C'est plutôt une conviction assez largement répandue.
En règle générale, la presse occidentale présente le conflit comme s'il s'agissait d'un affrontement entre musulmans et juifs. Mais, pour les juifs dont nous avons parlé, c'est un conflit opposant les juifs aux gentils [non-juifs]. Dans leur esprit, le Mont du Temple est un anneau magique, qu'ils devraient passer à leur doigt le moment venu. Comme dans Le Seigneur des anneaux de Tolkien, l'anneau devrait faire advenir le Messie. Pour les mystiques juifs, le Messie n'est pas celui des chrétiens. Dans leur Livre, il n'est pas le doux Jésus porteur d'un message à l'intention de l'humanité tout entière. Leur Messie à eux réduira les nations de la Terre en esclavage pour toujours, et fera du Peuple élu le maître de l'univers. Leur Messie, le Seigneur qui asservira les peuples de la Terre, est l'Antéchrist des prophéties.
Tandis que, sur notre compteur cosmique, les chiffres des millénaires passent de 2 à 3, des visions apocalyptiques hantent des gens par ailleurs sains d'esprit. Ce n'est pas la première fois qu'une poignée de juifs rêve de dominer le monde dans le royaume éternel de l'Antéchrist. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, ils disposent d'armes nucléaires, d'avions et de navires de combat à la pointe du progrès, d'une richesse immense, du soutien inconditionnel des États-Unis, de dizaines de millions d'esclaves chrétiens pro-sionistes qui leur sont tout dévoués, et d'un large réseau dans la presse internationale, bien dressée et docile.
Ceci dépasse la simple mystique. Il y a dix ans, Nahum Barnea, journaliste israélien bien connu, écrivait dans Yediot Aharonot : "Pendant des décennies, les juifs ont fait tout leur possible pour réfuter le mythe (de la domination du monde par les juifs et de l'asservissement des gentils), en le qualifiant de manifestation morbide de l'antisémitisme. Mais, de nos jours, on trouve même certains juifs pour y croire". Feu Israel Shahak, intellectuel israélien, a formulé la remarque suivante : "Le Likoud, parti au pouvoir (pour ne rien dire de l'extrême droite) croit véritablement à ce mythe".
Haaretz, principal quotidien israélien, écrit que Sharon, comme Baraque avant lui, va consulter en secret les sorciers de la Cabbale pour leur demander conseil. Tout ceci est dans l'air du temps : les écoles, les programmes et les magasins ont tissé leur toile sur l'ensemble de l'État juif. Aux termes du discours qu'ils tiennent, la Terre sainte s'est transformée en poubelle. Ce n'est pas une question de hasard. On attribue la Cabbale à Simeon B. Yohai, mystique du premier siècle, dont la maxime la plus connue dit ceci : "Écrasez la tête du maximum de serpents tout comme vous écraserez la tête d'un maximum de gentils."
Face à ce modèle archaïque de domination, de génocide et d'asservissement, il nous faut rappeler en quoi consistait la religion archaïque. Nombre d'Israéliens ont le sentiment de voir resurgir l'antique esprit de haine et de domination. Dans son supplément du week-end, le quotidien Haaretz publie une nouvelle qui raconte brièvement l'histoire d'un président des États-Unis qui, pour avoir essayé de désobéir aux ordres des Kabbalistes, aurait été déposé par ses subordonnés. "Les juifs ont vocation à régir le monde" prêchait le rabbin Leichtman, kabbaliste notoire, dans un long article publié dans Vesti, journal russe israélien. En Israël, dans les forums de discussion sur l'Internet, on peut trouver des propos plus "durs", notamment la citation d'un vieux poème de feu Uri Zvi Greenberg, poète hébreu appelant à l'extermination des gentils. D'ailleurs, Greenberg ne s'est pas limité aux Palestiniens, à l'instar de Menahem Begin, ni même aux Arabes, à l'instar du rabbin Ovadia Joseph, autorité spirituelle suprême d'Israël. L'extermination d'Edom, nom de code traditionnel des gentils, européens comme américains, semble une option envisageable dans l'esprit fiévreux des adeptes de la Kabbale.
Ce sentiment se répand au sein de la diaspora juive. A Atlanta, en plein coeur des Etats-Unis, un débat a récemment été organisé par le Centre de la communauté juive, en présence du consul d'Israël, d'un homme d'affaires juif, d'un grand rabbin d'Atlanta ainsi que d'un chroniqueur du New York Times. A ce sujet, un observateur a écrit : "J'ai été particulièrement frappé par les remarques du rabbin. Tout en se proclamant anti-sioniste, il a déclaré (en témoigne la cassette d'enregistrement) que, selon son interprétation, le motif ultime de la création d'Israël est de maîtriser le pouvoir et la richesse du monde. A terme, les juifs renverseront les gouvernements des autres pays et se verront affecter à des postes de dirigeants du monde." Pour ce rabbin, "ceci devrait se vérifier dans les années à venir".
A l'autre bout du monde, en Russie, un disciple juif du mouvement ultra nationaliste de Jabotinski auquel appartient Sharon, (Eliezer Dacevich-Voronel qui se décrit lui-même comme professeur d'université juive), a composé un poème qui dit à peu près ceci : "Nous, les Élus, sommes unis par la haine que nous éprouvons à l'égard des tribus d'esclaves qui se sont soulevées, ont reversé nos ancêtres et rejeté notre Dieu. Une fois qu'elles ont su où était leur place dans le monde, elles ont compris que le goret doit demeurer dans sa porcherie". "Vous vous êtes révoltés et nous avez contraints à vous servir mais, désormais, votre fin est proche. Nous sommes vos maîtres et vous êtes nos esclaves. C'est là le dessein de Dieu. Bientôt, notre soleil se lèvera de nouveau et les esclaves n'oseront pas lever les yeux vers lui. C'est alors que le Seigneur de mon Peuple apparaîtra dans les cieux tandis que nous, les milliers de milliers (qui ne sont d'ailleurs que 144.000) d'Élus siégerons dans le grand amphithéâtre et observerons les misérables cohortes d'âmes ramper vers leur paradis. Par la volonté de Dieu, nous appellerons cela "Auschwitz".
Ces gens-là n'hésitent même pas à parler de la reconstitution génétique du Roi de l'Antéchrist. ll semble que l'instigateur de ce projet soit Avi ben Abraham, dissident renommé, . Après quelques années passées en Californie, cet homme hors du commun vient de quitter le lieu où il travaillait à un projet de surgélation des morts, digne du feuilleton Star Trek, pour le compte de juifs extrêmement fortunés, afin de retourner en Israël. Plein aux as, il s'est fait construire un palace à Césarée, sur les rives de la Méditerranée, à quelque 50 km au nord de Tel-Aviv, et a pris contact avec le Dr Severino Antinori, spécialiste italien de la génétique. Dans un entretien accordé à Haaretz, Ben Abraham, qui a acquis son titre de docteur en médecine à l'âge de 18 ans, ce qui ne s'était jamais vu, a fait allusion à son projet. Ces jours derniers, ledit projet a fait l'objet d'une brève dans le quotidien New York Daily News, journal appartenant à Mortimer Zuckerman, milliardaire partisan de la suprématie juive qui dirige la Conférence des organisations judéo-américaines.
Animés par un esprit de vengeance et de haine, certains sont prêts à s'emparer de l'anneau magique qui confère le pouvoir, le Mont du Temple, afin d'imposer et de perpétuer le règne de l'Antéchrist. Mais cela ne saurait se faire en exerçant la force et la brutalité ainsi que le dit le texte Issur Homah, datant du moyen âge. Prématuré, le coup pourrait faire long feu. Un rabbin Loubavitch, à la tête d'une communauté juive de Brooklyn avait été considéré par ses disciples comme un Messie en puissance. C'est pourquoi il ne s'est jamais rendu en Terre sainte. Il ne se sentait pas prêt pour l'épreuve de force. Pendant ce temps, les enfants de Palestine, frères de Faris Ode et neveux du Christ, tiennent ces religieux fanatiques à distance. Actuellement, Sharon et sa cohorte de croyants fous se font la main en s'emparant de la Maison d'Orient, propriété de la famille Husseini à Jérusalem. Si on laisse passer cet événement sans intervenir, il constituera un pas de plus vers l'Anneau de puissance.
Eugène Zamiatin, écrivain russe porté sur l'introspection, a composé une nouvelle qui trouverait parfaitement sa place dans les Évangiles. C'est l'histoire d'un homme qui, ayant décidé de construire un temple, n'avait pas un sou vaillant. Il attaqua un commerçant sur la grand route, le tortura à mort, lui extorqua beaucoup d'argent et érigea le temple. Il invita l'évêque, de nombreux prêtres ainsi que des gens du commun mais, peu de temps après, tous ceux-ci quittèrent le temple car l'endroit puait l'assassinat. Nul ne saurait ériger un temple à l'endroit où le sang des innocents a coulé. Quoique plus âgé, un contemporain de Zamiatin, le " sioniste spirituel " Ahad Ha-Am, philosophe juif d'Odessa, a exprimé tout cela en termes simples mais de toute beauté : " Si c'est cela le Messie, je ne souhaite pas qu'il advienne ".

Traduit de l'anglais par Annie Coussemant. Point d'information Palestine > No 165 du 28/08/2001, AMFP - BP 33 - 13191 Marseille FRANCE,<amfpmarseille@wanadoo.fr> L'original anglais se trouve ci-dessous

Cornerstone of Violence


By Israel Shamir


As F-16's again bomb cities of Palestine, and young men again sacrifice their lives and the lives of others, Martin Indyk, writing in the New York Times, proclaims that the `Violence is worsening' (8 Aug. 2001). The BBC and CNN reports, like a Greek chorus, echo Indyk with their reports of `Violence in Palestine'. The White House issues another plea to `break the cycle of Violence'. This faceless and causeless `Violence' should probably be capitalized, as the `Wrath' in the first line of Iliad. This eternal poem begins with a call to `sing the Wrath of Achilles'. In Homer's world the Wrath (or Fury, War, Love, Hope) was a condition personified. Nowadays, we tend to see an angry Achilles or a violent husband, rather than Wrath or Violence per se. Unless, the abuser is the Jewish state. In which case, we revert to the Homeric concept of Violence as an independent being, rather then a man-made action. People seriously discuss, how to `deal with' Violence in order to bring Peace.
In the real world, Violence is not like the weather. Somebody does it, and we can usually identify the patch of clouds responsible for the rain. So it was, that when the `Mitchell' process was invoked and the daily quota of killed slowly crawled down, the Jewish supremacists replayed the provocative visit of Sharon to the Haram a-Sharif by laying the cornerstone of the Third Temple.
Immediately after the cornerstone provocation, Israel followed up with a wave of assassinations in Nablus, Ramallah and elsewhere, trying to get Palestinians to respond in kind. It seems to be a pattern. Last September, after Sharon's visit to Haram a-Sharif, Israeli Border Police murdered seven worshippers in the Jerusalem mosque and ushered in the second Intifada. Sharon's assassins did not stop murders until a suicide bomber obliged by responding.
It is no coincidence. Israel wants the Palestinian uprising to go on. Israel wants not peace, but low intensity conflict. A war with Palestinians allows the Israeli leaders to keep their heterogeneous communities together, away from each other's throat. What is more important, the war allows the Jewish leaders over the world to continue their arduous task of reviving World Jewry, a medieval run-down construct. That is why it makes no sense to speak against `Violence' and for `Peace'. As long as the supremacist Jewish state exists, it will ensure violence and avoid peace.
The recent assassinations also had the intent of covering up the cornerstone provocation under a heap of corpses. The meaning of this obscure ceremony was further obscured by the mainstream media, and all references to it mysteriously vaporised. For instance, Reuters reported on August 3, 2001: `Israeli police stormed the Temple Mount, revered by Muslims as al-Haram al-Sharif, after Palestinians threw stones at Jews worshipping at the Western Wall below'.
Why, all of a sudden, did Palestinians begin to stone Jews? The cornerstone story was omitted, and the average American or European was left with the impression that the `wild` Muslims attacked peaceful worshipping Jews just out of spite. On this count, the unanimity of the English-language media was horrifying. The BBC, once more objective than American networks, closed the gap. They also reported of `Israeli soldiers who entered the mosques responding to the Muslim stone throwers', moving a reference to the cornerstone to the end of the item. It now appears that the airing of the BBC documentary on Sharon was a singular act of courage that will not soon be repeated.
As for the American networks, their coverage continues to be consistent. They market the Israeli line without hesitation. That is why we shall revisit the details of the strange, already forgotten story of the cornerstone. This was not your average Israeli provocation. It brought to mind the black magic incantations of Pulsa diNura, the cabbalistic formula used on the Prime Minister, Yitzhak Rabin. In 1995, the Israeli media covered a gathering of the important Cabbalists who invoked evil spirits and beseeched them to extinguish the Prime Minister's life. Soon afterwards, Rabin was assassinated by a Jewish religious fanatic. An organizer of the Pulsa diNura ceremony was tried by Israeli court of law and sent to jail, for incitement to murder. You do not have to believe in black magic in order to understand the logic of the judge.
In order to comprehend the idea of the cornerstone laying, imagine: you wake up one beautiful Sunday morning in your suburban home, have your coffee and proceed to your church. There you encounter a commotion. In front of the church, a band of men, well protected by armed soldiers and police, are busy installing a huge billboard saying `On this place, a synagogue will be erected in 2001'. On the background, there is the roar of bulldozer engines and the amplified voice of a Rabbi blessing the new synagogue. You would probably feel as hysterical as the hero of the Hitchhiker's Guide to The Galaxy. Supplant your parish church by St Peter or the Holy Sepulchre, and you will understand the feelings of Jerusalemites.
Though the Temple Mount Loyalists, the group that performed this magic ceremony, is tiny and hardly mainstream, one can't say that about the body that gave them the green light. Overruling the police' objection, the Supreme Court, the highest Jewish legal authority, permitted them to do their act on an auspicious date, the 9th day of the Moon month of Ab, with all its mystic meaning. All the might of the Jewish state, including thousands of policemen and army, was mobilized to allow the ceremony to take place. That is why one can compare the pithy Loyalist band with the sharp thin end of the dental pick in the hands of a dentist, pushing it far inside the tooth, in order to check whether the nerve is dead.
The results of this painful examination were unambiguous. The nerve was apparently alive, and the quick mobilization of the Palestinians forced the Jews to re-route the Loyalists' procession. The ceremony took place outside the Old City, a little earlier than planned. It lasted for a few minutes, and the stone was returned to its usual place, in the deep protective shadow of the US Consulate. This push of the pick caused sharp pain and the predictable response of the Jerusalemites, and afterwards, the vicious attack of the police on the believers in the mosque. What was the reason of all the trouble? Why did the Palestinian kids dare to confront the Border Police, famous for their brutality? Why was the cornerstone so important?
Many Jews and their Christian-Zionist allies believe the precious beauty of Haram a-Sharif, the 7th century mosques of Jerusalem should be destroyed and on their ruins, a Jewish temple should be erected. Why should this be done? people provide different explanations, historical and eschatological. It is not for some historical justice, or for the purpose of prayer, as traditional Judaism forbade all interaction with the Mountain of the Lord. Some mystically inclined Jews believe this act will make Jewish domination of the world total and irreversible. This belief is not an exclusive domain of kooks and freaks, nor even of Zionists only, but rather a widespread conviction.
The mainstream media of the West usually presents the conflict in terms of Muslims vs. Jews. But the conflict as seen by these Jews, is Jews vs. Gentiles. In their minds, the Temple Mount is a magic Ring of Power, one they should assume when the time is right. As the Ring in Tolkien's Lord of the Rings (the British professor was a very learned man), it should bring forth the Messiah. For the Jewish mystics, this Messiah is not the Christian Messiah. In their book, the Messiah is not a gentle Jesus with a message for all mankind. Their Messiah would forever enslave the nations of the earth and make the Chosen people the masters of the universe. Their Messiah, Lord Enslaver of the Peoples of Earth, is the Antichrist of prophecies.
As the digits of millennia jump from 1 to 2 on the meter of our Cosmic Cabby, apocalyptic thoughts come into otherwise sane heads. This is not the first time some Jews dream of world domination and of the eternal kingdom of Antichrist. Only now, they have in their possession nuclear weapons, the latest jets and battleships, huge wealth, the blind support of the US, tens of millions of willing `Christian Zionist' slaves, and a broad web of tame and docile international media.
It is not mystics only. Ten years ago, a leading Israeli journalist, Nahum Barnea, wrote in Yediot Aharonot: `For decades the Jews tried hard to refute the myth (of Jewish domination of the world and of enslavement of Gentiles) treating it as a morbid manifestation of anti-Semitism. Now some Jews even believe it'. The late Jewish thinker, Israel Shahak commented: `The ruling Likud party (let alone the extreme right-wing) genuinely believes in the myth'.
The leading Israeli daily, Haaretz reported that Sharon, like Barak before him, sneaks out to visit the wizards of Cabbala for advice. It is all quite fashionable; Cabbala schools, courses and shops drew their net over the Jewish state. The Holy Land turns into a Waste Land according to their guidelines. This is not a matter of chance. Cabbala is ascribed to the first century mystic Simeon b. Yohai, whose best known maxim reads, `Smash the head of the best of snakes, kill the best of Gentiles'.
This archaic model of domination, genocide and enslavement calls for archaic religious content. Many Israelis sense the re-emergence of the ancient spirit of hate and dominance. The weekend supplement of Haaretz published a short story of an American president who tried to disobey the orders of the Cabbalists and was removed by his subordinates. The Jews are destined to rule the world, preached Rabbi Leichtman, a leading Cabbalist, in a long article printed in Vesti, a Russian-Israeli paper. In the chat rooms of the Israeli Internet, one can find more heady stuff. They quote an old poem by Uri Zvi Greenberg, a late Hebrew poet, who called for extermination of the Gentiles. Greenberg did not limit himself to Palestinians, like the late Menachem Begin, nor only to Arabs, like the highest spiritual authority in Israel, Rabbi Obadiah Joseph. The extermination of Edom, a traditional code word for European and American Gentiles, appears as a plausible option in the feverish minds of Cabbala followers.
This feeling spills into the Jewish diaspora. In the heart of the US, in Atlanta, there was a recent debate in the Jewish Community Centre in presence of the Israeli Consul, a Jewish businessman, a prominent Atlanta rabbi and a NY Times reporter. An observer wrote to me, `I was struck mostly by the comments of the rabbi. While claiming to be a non-Zionist, he declared (we have him on tape) that the ultimate reason for creating Israel, as he interprets it, is to become the world's controller of power and wealth. Jews will eventually overthrow world governments and be assigned positions to lead the world. This, he felt, will occur in a short number of years'.
At the other end of the world, in Russia, a Jewish follower of Sharon's own ultra-Nationalist Jabotinsky movement, `Eliezer Dacevich-Voronel', who described himself as a Jewish University Professor, composed a poem: `We, the Chosen Ones, are united by hatred to the slave tribes that rose, dethroned our ancestors and rejected our God. Once you knew of your place in the world, a swine must stay in its sty. You revolted, and forced us to serve you, but now your end is nigh. We are your masters. You are our slaves. This is God's design. Soon our sun will rise again, and the slaves would not dare to look at it. And then, the Lord of My People will appear in Heaven, while we, the dozen of dozen thousands (i.e. 144,000) of Chosen Ones will sit it the great amphitheatre and watch the miserable columns of souls crawling into their paradise. By God's will, we shall name it Auschwitz'.
They even speak of genetically re-constructing the King of the Antichrist. The brilliant maverick, Dr Avi Ben Abraham, seems to be the man behind the project. This unusual man recently returned to Israel after some years in California, where he worked on a Star Trek-like Deep Freeze project for very wealthy Jews. Loaded with money, Ben Abraham built a palace in Caesarea on the seashore of Mediterranean, some 50 km north of Tel Aviv, and contacted the Italian genetic expert, Dr Severino Antinori. Ben Abraham, who received his doctor of medicine degree at the unheard of age of 18, hinted at his plans in an interview with Haaretz. A few days ago, his project received some benign attention from The New York Daily News, the newspaper of Mortimer Zuckerman, a Jewish supremacist billionaire and the head of Conference of Jewish American Organisations.
The men of hate and vengeance are ready to seize the magic ring of power, the Temple Mount, to enforce and perpetuate the rule of the Antichrist. But it can not be done by brute force, due to a medieval prohibition, Issur Homah. A premature action could backfire. A Jewish religious leader from Brooklyn, Lubavitcher Rebbe, was considered by his disciples a potential Messiah, and that is why he never ever came to the Holy Land. He did not feel himself ready for the trial of forces. Meanwhile, the children of Palestine, brothers of Faris Ode, nephews of Christ keep these religious fanatics at bay. Now, Sharon and his band of mad believers try their hand by snatching the Orient House, a Husseini mansion in Jerusalem. If this is allowed to quietly pass, it will make for one more step to the Ring of Power.
The soul-searching Russian writer, Eugene Zamyatin, composed a short fable of Gospel quality. It is a story of a man who decided to build a temple, but had no money. He waylaid a merchant on the highway, tortured him to death, extracted a lot of cash and built the temple. He invited a Bishop and many priests and ordinary folks, but in a short time they left the church: the place stank of murder. One can not build the temple on the blood of innocents. An elder contemporary of Zamyatin, a Jewish thinker from Odessa, the `spiritual Zionist' Ahad HaAm, put it in simple and beautiful words:
-- If this be the Messiah, I do not wish to see his coming.

This article, as all writings of Israel Shamir, may be freely distributed in the Internet, but hard copy publications must ask permission. Responses and requests: shamiri_@netvision.net.il


ON DEMANDE DES RUSSES

West Bank Settlers Recruit Russians


By Jason Keyser, Associated Press Writer


ARIEL, West Bank (AP) - Olga Pelis was puzzled last summer when friends complained that their cars were being stoned as they drove back from evening concerts in Tel Aviv to this Jewish settlement in the West Bank. The 49-year-old immigrant from Latvia says she had no idea that for year and a half she had been living on territory Palestinians consider their own. She had come with her family at the invitation of settler recruiters, who had flown to Latvia and promised her a teaching job. At the time, peace efforts were moving ahead and the region was relatively calm. But now it is engulfed in fighting, and fewer Israelis are willing to risk their lives settling in the West Bank. So Ariel and at least two other settlements are stepping up their drive to fill the gap with immigrants. The last such effort was two months ago when recruiters from Ariel went to Moscow.
But do the newcomers know what they're getting into, especially now? Settlement officials deny holding back the facts, while some immigrants say they were caught unaware. Pelis said she began to figure out the story last summer when she read a newspaper article about Palestinian summer camps where children were given military training, including drills on assembling assault rifles and kidnapping enemies. "I was surprised and I was wondering why are they doing so -- what are their plans,'' said Pelis, who is originally from the Latvian town of Dauvavpils. "Then, in September, everything started.'' Ariel began sending recruiters to the former Soviet republics two years ago, and has attracted 3,000 immigrants. Over the past decade its population has nearly doubled to 17,000.
There are so many newcomers that Ariel's three clinics have Russian-speaking doctors. The city plans a secular burial plot for immigrants who are not Jewish by strict Orthodox law and whose families have trouble burying them in Jewish cemeteries. [N'est-ce pas un aveu de plus qu'on fait venir en Israël des gens qui ne sont pas juifs, en toute connaissance de cause ? ]
Of Israel's roughly 1 million immigrants from the former Soviet Union, about 13,500 live in the West Bank, making up about 7 percent of the total settler population of 200,000 living among some two million Palestinians. It's a highly contentious issue. Palestinians are outraged at the settling of land they want for a future state, and the United States, as well as Israeli moderates such as the Peace Now movement, consider the settlements a serious obstacle to peace.
Amiram Goldblum, who monitors settlements for Peace Now, said recruiting immigrants reveals a desperation to fill empty houses because of shrinking demand, and undercuts official arguments that settlements must expand for natural population growth. "Most of the growth of the city is by immigrants, because fewer Israelis are coming,'' agreed Ariel Mayor Ron Nachman, who serves on the board of governors of the Jewish Agency. The semi-governmental organization brings Jews to Israel but not, it says, to the disputed areas. The debate about funneling immigrants to settlements began in 1990, when then-Prime Minister Yitzhak Shamir said Israel must control the West Bank "for future generations and for the mass immigration'' of Soviet Jews. The comments angered Palestinians, and Washington refused to back $10 billion in loans to resettle immigrants until after Shamir was voted out of office and Israel guaranteed the money would not be used in the disputed territories. It was then that Nachman quietly went ahead with a campaign to attract immigrants. Ariel's representatives met immigrants at Israel's airport to bring them to the West Bank, and the emissary effort began two years ago. Nachman says the financing comes from U.S. Jewish and Christian groups. Some immigrants interviewed in Ariel said the recruiters never told them that they might become targets of the Palestinians.
"We didn't know that they would throw stones at our cars or shoot,'' said Anatoli Kundratiev, 50, who moved here with his family in 1993 from Rostov-on-Don in southern Russia. Some said they didn't even realize Ariel was beyond the so-called "Green Line'' between Israel proper and the West Bank, captured from Jordan in the 1967 war. Shosh Levavi, an emissary and director of Ariel's immigrant absorption office, insists she is truthful about Ariel's situation: "I try to explain (that) Ariel is beyond the Green Line. But in Russia, before they are doing the very difficult act of emigrating, they can't understand this.'' Since fighting began, 35 Jewish settlers have been killed in drive-by shootings and roadside ambushes, including at least two immigrants.
Still, Svetlana Weisbrot, Ariel's deputy mayor and an immigrant from Simferopol, Ukraine, said the demand by immigrants continues and 2,000 new apartments are needed.
Israel's government this year is paying about $93,000 for social, cultural and employment services for immigrants in Ariel, Kiryat Arba and Maale Adumim, among the West Bank's largest settlements, said Yuli Edelstein, the deputy immigration minister. The ministry is also considering bulletproofing some immigrants' cars. Edelstein, who himself lives in a West Bank settlement, praises Ariel's emissary program.
The three trips a year are paid for by the World Zionist Organization. Critics say it is fronting for Jewish Agency operations in the disputed territories. The two organizations are legally separate but share one chairman, Sallai Meridor. The emissaries travel to Russia, Ukraine, Belarus, Moldova, Kazakstan and other central Asian countries. They speak to groups of dozens or hundreds. Representatives from metal factories near Ariel travel with the emissaries, bringing job offers. The immigrants get free computer training and Hebrew and English classes, free rent for one month and after-school programs. Levavi said five percent of the newcomers have left Ariel, some because of the dangers. One moved his family from Ariel to the coastal city of Netanya, and died there on May 18 in a Palestinian suicide bombing at a mall. Pelis remembers standing on the edge of this hilltop and marveling at the vista of dusty hills, olive groves and Palestinian villages with minarets.
"I didn't realize this at all,'' she said. "When I was looking down at those Arab villages it seemed very nice. There was no sign of any danger.'' Pelis said she, her husband Simon and their 24-year-old son Dennis, a computer science student at Ariel's college, don't plan to leave because they think life in Israel proper is just as dangerous. Also, coming from Latvia where her husband's parents had to hide their religion, she feels a sense of mission -- that she's doing what she's "supposed to do.'' "I understand that this is a new life and I chose it myself,'' she said.

<
http://dailynews.yahoo.com/h/ap/20010825/wl/immigrant_settlers_1.html>
Saturday August 25, 2001

TERRE PROMISE

Diffusé par la liste <Al-Awda@yahoogroups.com>, le 27 août 2001:

Chers amis américains, on a lu dans toute la presse américaine des récits hystériques rapportant les dangers que courent les juifs qui vivent en Palestine. Et si on lançait une campagne simultanée sur le thème "Conduisez les juirfs d'Israël) jusqu'à la véritable Terre promise que sont les Etats-Unis"? On imagine de magnifiques formules comme "Let my people come to the US" ("Conduisez mon peuple aux Etats-Unis", calqué sur un négro spiritual bien connu) ou bien "Une carte de résident pour tous les juifs". Ce serait vraiment une bonne idée, les Russes se précipiteraient aux Etats-Unis et les juifs qui resteraient en Orient se transformeraient en Arabes du Proche-Orient. De toute façon, les riches ashkénazes israéliens ont éjà la nationalité américaine et habitent presque tous à Los Angeles. En prime, tout opposant à ce projet serait qualifié "d'antisémite.
 
Dear American Friends, in the American press there were hysterical reports of the dangerous life of Jews in Palestine. What do you think of a sideline campaign 'Bring the Jews (from Israel) to the real Promised Land of the US'? So many good slogans: 'Let My People Come to the US', 'Green Card to Every Jew'. Actually, not bad an idea, the Russians would move to the US before you would say Jack Robinson, and the remaining Oriental Jews would blend into Arab Middle East. The rich Ashkenazi Israelis anyway have American passports and live mainly in LA.
As a bonus, we can call every objector to this scheme, 'an anti-Semite'.

Date: Mon, 27 Aug 2001 08:47:27 +0200
<
Al-Awda@yahoogroups.com>, 27 Aug 2001.
 
 

L'OUTIL DU BOUCHER

U.S. Warns Israel on Use of American-Made Arms



By ABCNEWS.com
Un membre du gouvernement américain déclare que le ministère des affaires étrangères pourrait bientôt décider si Israël viole le droit américain. Un haut fontionnaire de ce ministère a déclaré aujourd'hui à ABC News que les Etats-Unis avaient averti Israël que le Congrès pourrait demander un rapport établissant si le gouvernement israélien utilise illégalement des armes de fabrication américaine pour tuer des dirigeants palestiniens. La loi sur l'exportation des armées interdit que les armes vendues par les Etats-Unis servent à autre chose qu'à la "légitime défense". Si des violations de la loi étaient relevées, le pouvoir exécutif doit saisir le Congrès qui déciderait alors d'une éventuelle punition.
Les Palestiniens affirment que les attaques récentes par des hélicoptères et des avions de combat étaient des offensives. Le gouvernement israélien prétend de son coté que c'était des opérations défensives, dont les cibles étaient les organisateurs d'attaques terroristes répétées contre les citoyens israéliens [...]. "Nous n'avons encore pas établi ni décidé si la loi avait été violée", a dit le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Richard Boucher.


Que le porte-parole du ministère américain des affaires étrangères s'appelle Boucher nous permet de deviner quelle fut la réponse amériaine: c'est tout à fait légal et nos chers amis israéliens ont tout à fait le droit de massacrer qui ils veulent avec des armes fournies par le contribuable américain. (28 août 2001)
<http://dailynews.yahoo.com/htx/abc/20010828/wl/israelweapons_010828_1.html>


[A Bush administration says the State Department could soon determine Israel is violating American law. The United States has warned Israel that a report may have to be sent to Congress indicating it is improperly using American-made weapons for killing Palestinian leaders, a senior State Department official told ABCNEWS today.
The Arms Export Control Act requires that U.S.-supplied weapons obtained by foreign countries be used only for "legitimate self-defense." In the event of substantial violations, the executive branch is required to notify Congress. Congress would have to decide if it wanted to impose some sort of punishment.
Palestinians argue recent attacks by helicopters and fighter aircraft were offensive operations. The Israeli government contends they were defensive, targeting the planners of recurring terror attacks against Israel citizens. [...] "We have not made any determination or decisions that the provisions of the law might have been violated," said State Department spokesman Richard Boucher.]


LE TALON DE FER

The army's Achilles' heel



Analysis By Arieh O'Sullivan August, 26 2001
Jerusalem (August 26) -- The image of a Palestinian firing on soldiers as they slept in their barracks and killing their commander in a face-to-face battle in the Gaza Strip are hardly material for heroic folklore.
Friday night's audacious attack by two Palestinian gunmen revealed a number of the IDF's major weaknesses. The spotters failed to detect them. The fence didn't stop them. The gate guard was easily overcome. But worse than all was the failure to quickly locate and kill the infiltrators.
Some say that it is nearly impossible to fight against suicide attackers. However, while the risks were almost impossible, yesterday's attack was clearly not a suicide mission in the Palestinians' eyes. They had planned an escape route, and the fact that one of them managed to flee in the midst of the gun battle showed that he wanted to come out of the attack alive.
The attack was a classic commando raid by two obviously trained gunmen. While the IDF Spokesman continued to refer to the two as "terrorists," OC Southern Command Maj.-Gen. Doron Almog apparently realized the danger in this and midway in his briefing to reporters yesterday started calling them "infiltrators." Because if they were terrorists, then it proved that the IDF could be terrorized.
"The results of the battle are certainly not what we expected from [the soldiers] in face-to-face combat," Almog said. "It is important to stress that both of the infiltrators were killed in the face-to-face battle, but the result is difficult."
But what does the army expect when it doesn't train for this sort of close-quarters combat? The IDF doesn't issue knives and doesn't train most infantry soldiers, including those in the Givati Brigade, in hand-to-hand combat.
The IDF has made the personal protection of its forces top priority. It has razed former forested hilltop bases in the West Bank and erected ramparts similar to the outposts in the Lebanese security zone. The Marganit position in Gush Katif also rises like a volcano on the Gaza dunes.
"The IDF sees protection of its troops as a strategic goal, because the Palestinians want Israeli society to endure continued and prolonged suffering," said one senior officer.
The IDF prefers to wage battles elegantly and at a distance. Its ambush squads, we witnessed last week on Mount Ebal, stealthily locate Palestinian gunmen and bomb-planters with night vision and shoot them.
The problem is that the IDF is somewhat like a cumbersome knight in armor.

Jerusalem Post -- Internet Edition
<
http://www.jpost.com/Editions/2001/08/26/News/News.33379.html>


LE DÉBUT DE LA FIN

Libération du 27 août, donne la parole à un soi-disant "expert de l'armée israélienne", un certain Martin Van Creveld, donné comme "chercheur à l'université hébraïque de Jerusalem", et auteur de Tsahal: une histoire de l'armée israélienne. Ce personnage est un illustre inconnu mais il ne doit pas être un ennemi de ladite armée. La pauvre journaliste lui parle de l'attaque dans la garnison de Gaza. Il répond: Ceci "nous montre jour après jour que les Palestiniens sont lentement, mais sûrement en train de gagner la guerre, tandis que les Israéliens sont lentement, mais sûrement, en train de la perdre."


LA CRIME

Si vous voulez vous renseigner sur les crimes qui sont journellement perpétrés contre les Palestiniens, consultez le site <http://www.ramallahonline.com> et en particulier la recension du 27 août: <http://www.ramallahonline.com/article.php?sid=463>
Vous pouvez aussi consulter les dossiers de B'Tselem, l'organisation israélienne des droits de l'homme. Ces gens font un travail extraordinairement difficile d'intervention et de documentation sur les horreurs perpétrées par l'armée et les multiples polices de l'Etat sioniste. Fondée en 1989, B'Tselem publie des rapports.
8 HaTa'asiya St. (4th Floor), Talpiot, Jerusalem 93420, Israel
Telephone: 02-6735599, Fax: 02-6749111, <mail@btselem.org>
<http://www.btselem.org>


CULOTTES DE PEAU

D'abord les milices juives, qui se plaignent de l'impéritie d'Ariel Sharon, qui"a promis de chasser ces fils de pute arabe de la terre d'Israël" et ne l'a fait. Alors, les colons prennent les choses en main et tant pis pour les fils de pute (arabe) qui viennent à passer.

Vigilantes take up arms, vow to expel "Muslim filth"


By Jack Kelley


HEBRON, West Bank -- After a quick prayer, Avi Shapiro and 12 other Jewish settlers put on their religious skullcaps, grabbed their semiautomatic rifles and headed toward Highway 60.
There, they pushed boulders, stretched barbed wire and set tires afire to form a barricade that, they said, would stop even the biggest of Palestinian taxis. Then they waited for a vehicle to arrive. As they crouched in a ditch beside the road, Shapiro, the leader of the group, gave the settlers orders: Surround any taxi, ''open fire'' and kill as many of the ''blood-sucking Arab'' passengers as possible.
''We are doing what (Israeli Prime Minister Ariel) Sharon promised but has failed to do: drive these sons of Arab whores from the Land of Israel,'' said Shapiro, 42, who moved here with his wife and four children 3 years ago from Brooklyn. ''If he won't get rid of the Muslim filth, then we will.'' Claiming they have been abandoned by Israel's gove