AAARGH
5 octobre 1992
Le Choc du mois de septembre 1990 (directeur responsable: Patrice
Boizeau) avait publié deux textes:
-- Premier texte (p. 5-7): "Contre l'inquisition cosmopolite,
contre l'oppression, contre l'imposture, refusons le bâillon",
de François Brigneau;
-- Second texte (p. 9): "Entretien avec le professeur Faurisson:
les historiens révisionnistes hors-la-loi"; propos
recueillis par Catherine Barnay.
Trois plaintes s'ensuivaient:
Première plainte (citation contre R. Faurisson du
29 octobre 1990). L'Amicale des déportés du camp
de Buna-Monowitz (responsable: Georges Wellers) portait plainte contre P. Boizeau,
R. Faurisson et les Editions Choc (mais non contre C. Barnay)
pour "contestation de crimes contre l'humanité"
dans le second texte;
Deuxième plainte (citation contre R. Faurisson ce
même 29 octobre 1990). La LICRA (responsable: Jean Pierre-Bloch) et, à titre personnel,
Jean Pierre-Bloch lui-même portaient plainte
contre P. Boizeau, F. Brigneau et les Editions Choc (mais non
contre C. Barnay) pour "diffamation raciale", pour "provocation
raciale" et pour "diffamation contre un particulier"
dans le premier texte; la LICRA portait également plainte
contre P.Boizeau, R.Faurisson et les Editions Choc (mais non contre
C. Barnay) pour "diffamation raciale" dans le second
texte;
Troisième plainte (citation contre R. Faurisson
le 7 décembre 1990). Le ministère public (Marc Domingo)
portait plainte contre P. Boizeau, F. Brigneau et les Editions
Choc pour "diffamation raciale" et "provocation
raciale" dans le premier texte; il portait également
plainte contre P.Boizeau, R.Faurisson, C.Barnay et les Editions
Choc pour "diffamation raciale" et pour "contestation
de crimes contre l'humanité" dans le second texte.
Ces trois plaintes allaient entraîner trois procès
devant la même xviie chambre du tribunal correctionnel de
Paris. Le premier procès allait être présidé
par Claude Grellier et les deux autres procès par Jean-Yves
Monfort.
Premier procès: Il a été plaidé
les 21 et 22 mars 1991. Référence: P. 90 302 03
25/0. A l'Association des déportés du camp de Buna-Monowitz
se sont jointes dix autres associations.
Le 18 avril 1991, les magistrats Claude Grellier, Alain Laporte
et Mme Claude Marlier ont condamné P. Boizeau, R.Faurisson
et les Editions Choc à diverses peines financières
s'élevant à un total d'environ 427.00 F dont 100.00
F avec sursis.
Deuxième procès: Il a été plaidé
le 9 avril 1992. Référence: P. 90 302 03 24/1. A
la LICRA et à J. Pierre-Bloch s'est jointe la Ligue française
pour les droits de l'homme et du citoyen.
Pour le jugement, voyez
le troisième procès.
Troisième procès:
Il a été
plaidé le 10 avril 1992. Référence: P. 90
271 07 80/1. Au ministère public (Gilbert Cervoni) se sont
jointes huit associations. Le 15 mai 1992, les magistrats Jean-Yves
Monfort, Mme Martine Ract-Madoux et Mme Sylvie Menotti, épouse
Hubert, ont décidé de joindre les procédures
des deux affaires plaidées le 9 et le 10 avril 1992. Ils
ont condamné, à cause du premier texte, P.
Boizeau, F. Brigneau et les Editions Choc à diverses peines
financières s'élevant à un total d'environ
120.000 F. Ils ont débouté J. Pierre-Bloch de sa
plainte. Ils ont ordonné la suppression par bâtonnement
d'une expression employée par Me Eric Delcroix dans les
conclusions qu'il avait déposées en faveur des prévenus.
Pour le second texte, ils ont décidé le sursis à
statuer dans les cas de P.Boizeau, R.Faurisson et C.Barnay en
attendant la conclusion de l'appel interjeté contre le
jugement de condamnation dans l'affaire de la première
plainte (condamnation par C.Grellier du 18 avril 1991).
Le premier procès en appel: Ce procès sera
plaidé le 21 et le 28 octobre 1992 à 13h 30 devant
la xie chambre de la cour d'appel de Paris; L'arrêt sera
probablement rendu vers la fin novembre. Jean-Yves Monfort attend
cet arrêt pour reprendre la procédure du deuxième
et du troisième procès.
Pour s'en tenir au cas du professeur Faurisson, ce dernier supporte
le poids de trois procès là où il ne devrait
y avoir qu'un seul procès pour une seule interview. Un
adage bien connu du monde judiciaire (Non bis in idem)
prononce qu'une personne ne peut être poursuivie
deux fois pour le même délit. Or, le professeur
est poursuivi trois fois pour le même délit.
C'est comme si une personne accusée du vol d'une bicyclette
était successivement poursuivie, en trois procès
différents, pour le vol du guidon, pour le vol de la roue
avant et pour le vol de la roue arrière. Lors du deuxième
procès, l'artifice est devenu évident lorsqu'on
a vu le président Jean-Yves Monfort essayer de choisir
devant tout le monde les passages de l'interview à examiner
ce jour-là (pour "diffamation raciale") et les
passages à examiner le lendemain, lors du troisième
procès (pour "diffamation raciale" et pour "contestation
de crimes contre l'humanité"). Le président
opérait ses choix au petit bonheur et sans la moindre conviction
comme dans une comédie de Molière ou de Courteline
où on chercherait à fabriquer deux procès
là où il n'y a de matière que pour un procès.
L'impression d'artifice a été renforcée par
le jeu de masques et de rôles auquel se sont livrées
les associations, les ligues et le ministère public. On
changeait de masques, on échangeait les rôles mais
les acteurs restaient les mêmes. Si une association prenait
l'initiative d'un procès, aussitôt les autres ligues
et associations se portaient en foule au secours de cette association
et se joignaient à cette dernière pour réclamer
encore plus de condamnations et encore plus d'argent. Puis survenait
le ministère public qui exigeait sa livre de chair (cas
de la procureuse Edith Dubreuil, enfiévrée de haine).
Si, dans tel autre procès, le ministère public (cas
du procureur Gilbert Cervoni, surpris en flagrant délit
de manipulation de textes) prenait l'initiative, ligues et associations
se précipitaient à la curée. Dans ce tohu-bohu
où s'entendaient les arguments les plus contradictoires,
les juges ont navigué à l'estime.
Au lieu de payer un avocat, le professeur Faurisson est obligé
de payer trois avocats ou trois fois le même avocat. Et
cela en première instance et, éventuellement, en
appel et en cassation. Qui plus est, avec le sursis à statuer,
un même procès peut se rejouer à plus d'une
reprise. Les frais encourus jusqu'ici sont déjà
considérables et les frais à venir-- sans compter
les condamnations-- le seront encore plus.