AAARGH
7 octobre 1998
Alain Finkielkraut est professeur
de philosophie à l'Ecole polytechnique. Il est la coqueluche
d'une certaine intelligentsia parisienne. Je me souviens de l'avoir
personnellement rencontré en 1987 au Quartier latin. Un
colloque antirévisionniste se tenait à la Sorbonne.
Des groupes de jeunes juifs sillonnaient les alentours à
la recherche d'éventuels révisionnistes. A. Finkielkraut
était accompagné de l'un de ces groupes. Avec trois
ou quatre jeunes juifs, il entra dans un café où
je me trouvais. Je lui lançai: "Elles sont foutues,
vos chambres à gaz!" Je prenais ainsi des risques
que j'allais payer une heure plus tard. Mais, sur le moment, interloqué,
il bredouilla une réponse et, avec ses amis, quitta précipitamment
le café.
Depuis cette date, j'ai observé le personnage. Il s'est
progressivement fait une spécialité de dénoncer
le maximalisme juif à la Lanzmann. Aujourd'hui, à
l'occasion des attaques portées contre la personne de Mgr
Stepinac (1896-1960) accusé de collaboration avec les Oustachis
d'Ante Pavelic et soupçonné d'antisémitisme,
il défend la mémoire de l'ancien cardinal et de
l'Eglise de Croatie. Il rappelle que, dès 1941, cette Eglise
a pris la défense des juifs contre le régime oustachi.
Il estime que Mgr Stepinac a eu dans sa vie à souffrir
personnellement des "deux douleurs de l'Europe", lesquelles
ont été, pour A. Finkielkraut, infligées
d'abord par le fascisme, puis par le communisme. L'article qu'il
publie dans Le Monde s'intitule: "Mgr Stepinac et
les deux douleurs de l'Europe". Le contenu ne manque pas
d'intérêt mais c'est le début, surtout, de
cet article qui retient l'attention. Le voici :
"Ah, qu'il est doux d'être juif en cette fin de XXe siècle! Nous ne sommes plus les accusés de l'Histoire, nous en sommes les chouchous. L'esprit du monde nous aime, nous honore, nous défend, prend en charge nos intérêts; il a même besoin de notre imprimatur. Les journalistes dressent des réquisitoires sans merci contre tout ce que l'Europe compte encore de collaborateurs ou de nostalgiques de la période nazie. Les Eglises se repentent, les Etats font pénitence, la Suisse ne sait plus où se mettre". (1)
Effectivement, il est doux d'être
juif en cette fin de siècle mais seul un juif a le droit
de le dire. Effectivement, il n'est plus possible de publier quoi
que ce soit sans l'imprimatur de la Synagogue. Effectivement,
ajouterai-je, le juif règne sans partage.
En France, année après année, le ministère
de l'Intérieur et certains organismes spécialisés
font la recension des actes qu'on pourrait, dans notre pays, qualifier
d'antisémites. Ils se battent les flancs pour grossir leurs
statistiques mais le résultat est là: on ne trouve
dans notre pays quasiment pas d'actes antisémites.
S'il est vrai qu'il est doux d'être juif, de quel droit
les juifs se plaignent-ils d'un antisémitisme quasi inexistant
et de quel droit réclament-ils et obtiennent-ils une répression
de plus en plus sévère du révisionnisme assimilé
à l'antisémitisme?
Dans la livraison même du Monde où est paru
cet article d'A. Finkielkraut on annonce que Jean-Marie Le Pen
paie à nouveau chèrement l'audace d'avoir déclaré
que les chambres à gaz sont un détail de l'histoire
de la seconde guerre mondiale. Le Parlement européen vient
de lever, à une très large majorité, son
immunité parlementaire. Un tribunal allemand pourra le
condamner éventuellement à une peine de cinq ans
de prison. Au Parlement européen, l'Allemand Willy Rothley
, qui s'exprimait au nom des socialistes européens, a expliqué
que le code pénal allemand a pour but de "protéger
les jeunes gens contre les falsifications de l'histoire".
" Si M. Le Pen, a-t-il averti, ne répond pas à
la convocation de la justice de mon pays, il sera emprisonné
dès qu'il foulera le sol allemand."
En Allemagne, des milliers de personnes sont inquiétées
pour délit d'opinion. Même des Américains
de passage en Allemagne ou de passage dans un pays limitrophe
de l'Allemagne peuvent être jetés dans des prisons
allemandes pour révisionnisme. Ajoutons que, pour la même
déclaration, J.-M. Le Pen est également poursuivi
en France. En 1991, il lui avait fallu verser 1,2 million de francs.
Condamné en référé le 26 décembre
1997, il est actuellement mis en examen à Paris et, pour
la même déclaration, se trouve donc poursuivi en
même temps et à Munich et à Paris.
Jour après jour, j'observe avec intérêt cette
montée en puissance du pouvoir juif. Aujourd'hui, pour
mon humble part, j'ai, comme chaque mois, envoyé mon tribut
de cinq mille francs à "Trésor Paris Amendes"
chargé de collecter le montant des amendes qui me sont
régulièrement infligées pour révisionnisme,
c'est-à-dire pour avoir contrarié la Synagogue.
(2) Après-demain, un nouveau procès m'attend à
Paris.
Le 14 octobre, j'aurai le résultat d'un procès qui
m'a été intenté à Amsterdam pour ce
que j'ai écrit, il y a plus de vingt ans, sur l'imposture
du Journal d'Anne Frank ; deux richissimes associations
juives se sont plaintes de ce que mon étude sur le sujet
leur cause un préjudice moral et financier ! Toujours
à Paris, un autre procès m'attend pour révisionnisme.
En France, en Allemagne, en Palestine et, au fond, à y
regarder de près, partout ailleurs dans le monde, y compris
au Japon, mieux vaut ne pas froisser, même indirectement
ou involontairement, ceux qui, comme A. Finkielkraut, peuvent
soupirer: "Ah, qu'il est doux d'être juif en cette
fin de XXe siècle!"
Pour notre part, ligotés, bâillonnés, il ne
nous reste aucun droit, pas même celui de soupirer: "Ah,
qu'il est douloureux de n'être pas juif en cette fin de
XXe siècle!"
Notes
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(1) A. Finkielkraut, " Mgr Stepinac et les deux douleurs
de l'Europe", Le Monde, 7 octobre 1998, p. 14.
(2) Les premiers à préconiser l'instauration en
France d'une loi antirévisionniste sur le modèle
de la loi israélienne de juillet 1981 ont été
un groupe d'historiens juifs dont Pierre Vidal-Naquet et Georges
Wellers réunis autour de René-Samuel Sirat, grand
rabbin de France (Bulletin quotidien d'informations de l'Agence
télégraphique juive, 2 juin 1986, p. 1, 3).
Cette loi, dite "Fabius-Gayssot", a été
adoptée le 13 juillet 1990.
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Publié dans Ecrits révisionnistes, 1974-1998,
IV, p. 1877-79.
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