AAARGH

| Accueil général | Accueil Rassinier |

| T. des m.| Exorde | ch.1 | ch.2 | ch.3 | ch.4 | ch.5 | ch.6 | ch.7 | ch.8 | ch.9 | ch.10 | Péroraison |

**************

Le discours de la dernière chance

Paul Rassinier

1953

***************

CHAPITRE VII

Le petit sottisier

de l'économiste distingué

*******


La productivité.

En 1951, les charbonnages de France ont remonté au jour 55.300.OO0 tonnes de charbon.

Ce résultat bat tous les records, y compris celui de 1930, qui n' avait jamais été atteint depuis.

En 1930, on n'avait, en effet, réussi à produire que 55.100.000 tonnes. Encore avait-il fallu le concours de 209.O00 ouvriers du fond travaillant 300 jours par an. En 1951, pour 200.000 tonnes de plus, on n'a employé que 169.000 ouvriers du fond qui n'auront travaillé que 225 jours dans l'année.

Il s'agit donc là d'une amélioration de la productivité dans l'acception que les autorités gouvernementales donnent au mot: diminution de la main-d'oeuvre, augmentation de la production, diminution des prix de revient.

[152]

Que je sache, le prix du charbon n'en a pas moins augmenté dans une proportion beaucoup plus grande que le salaire des mineurs.

Alors?

Nous ne manquerons pas d'acier !

D'après la revue américaine Iron Age, la production de l'acier s'est élevée à 224,7 millions de tonnes, soit 224.700.000.000 de kilos pour l'année 1951.

Ceci fait à peu près 100 kilos d'acier pour chaque habitant du globe. En admettant qu'on procède à une répartition égalitaire, chaque famille française moyenne, c'est-à-dire de quatre personnes, a droit à ses 400 kilos d'acier sous forme d'outils, de travail ou d'ustensiles de ménage. L'année prochaine, elle aura droit à encore plus, puisque Ia production va sans cesse en augmentant et que tous les États du monde s'attachent à atteindre ou à battre le record de l'Amérique, lequel a été, en 1951, de 200 tonnes d'acier à la minute et sera de 230 en 1952, disent les spécialistes.

Mais on ne procède pas à une répartition égalitaire. Alors, notre famille française moyenne de quatre personnes n'a pas les moyens d'acheter les 400 kilos d'acier qu'on fabrique à son intention. Les familles arabes, nègres, polynésiennes ou lapones non plus, d'ailleurs, ou plutôt moins encore.

Alors, on fait des canons, des fusils, des bombes, etc., avec tout cet acier qui ne trouve pas de clients usuels particuliers.

[153]

Et ce sont les États qui l'achètent.

Bien entendu, en le faisant payer sous forme d'impôts par leurs contribuables respectifs auxquels ils le distribueront gratuitement, un jour ou l'autre, sous forme de projectiles.

Bien entendu encore, il ne peut être question de le transformer en charrues, en tracteurs, en lignes électriques, en turbines pour production de courant, etc., après en avoir financé rachat par les mêmes moyens.

Ce serait trop beau.

Le bien-être conduit à la Révolution, tandis que la guerre fait perdurer la servitude.

De grappe en cuve...

A l'automne dernier, nous avons fait la soudure avec 20 millions d'hectolitres (le vin bloques dans les caves des producteurs.

Fort heureusement, la récolte de 1951 n'a pas dépassé les prévisions. Mais on peut prévoir que nous ferons la prochaine soudure avec 25 à 30 millions d'hectolitres, qui n'auront trouvé preneur ni pour la distillation, ni pour la consommation familiale.

Bien sûr, on distillera des quantités appréciables et on bloquera tout ce qu'on pourra pour empêcher je cours du vin de baisser.

[154]

Mais, dans ce domaine, il y a des limites qu'on ne peut absolument pas dépasser sans provoquer des catastrophes budgétaires ou des embouteillages dans les chaix.

Alors, le Ministre de l'Agriculture, en désespoir de cause, vient d'envisager de limiter la culture de la vigne à certaines régions seulement.

But poursuivi: en quinze ans, réduire la surface du vignoble français de 20 à 25 % par rapport à ce qu'elle est actuellement.

Pour fabriquer des canons et des munitions, il faut à tout prix augmenter la production par une amélioration de la productivité.

Quand il s'agit de permettre à tout le monde de boire du vin à bon marché, c'est évidemment une tout autre question.

Angleterre-Allemagne-Japon.

L'Angleterre se tient à l'écart de la Fédération européenne style Schuman-Philip. Elle a ses raisons.

Tout récemment, le News Chronicle laissait échapper qu'au cours de l'année 1951, tandis que les produits sidérurgiques anglais trouvaient de moins en moins preneurs sur les marchés mondiaux, 30.000 ouvriers et ouvrières du textile avaient été mis en chômage partiel, 25.000 tailleurs, et que, dans les grands magasins de confection, 8.000 employés étaient réduite pour longtemps a quatre jours de travail par semaine.

[155]

C'est que l'Allemagne vend exactement les mêmes produits que l'Angleterre. Or, jusqu'ici, l'Allemagne n'ayant pas de charges militaires à supporter pouvait les mettre sur le marche à un prix de 30 à 40 % inférieur à celui des Anglais.

L'économie anglaise et l'économie allemande étant concurrentes, c'est presque tenter de résoudre la quadrature du cercle que vouloir les fédérer.

Il ne peut pas être question d'empêcher l'Allemagne de produire les mêmes articles que les Anglais. C'est pourquoi, en France et en Amérique, histoire d'arrondir un peu les angles, on a mis sur pied l'affaire du réarmement allemand. Si on oblige les Allemands à fabriquer intensivement du matériel de guerre, ils ne pourront plus produire à si bon compte dans le textile, ni l'industrie sidérurgique usuelle, et ils concurrenceront moins les Anglais...

Il suffisait d'y penser.

Mais la concurrence japonaise n'en serait pas pour autant éliminée.

Qu'a cela ne tienne: on en fera autant pour le Japon, un peu plus, même, de telle sorte qu'il ne puisse plus rien mettre sur le marché à des prix inférieurs de 50 % parfois à ceux des Anglais.

Pour sauver la bourgeoisie anglaise et l'amener à se fédérer a l'Europe, on fera crouler le monde entier sous les armes.

Après quoi, il faudra s'en servir.

[156]

La représentation nationale.

Les informations parues dam la presse pendant la discussion du budget nous ont appris que nos 624 députés nous coûteraient 3.709.615.000 francs pour l'année 1952, soit, approximativement, le millième du budget national.

Chaque député coûte donc environ 6 millions de francs au Trésor public.

Si chaque citoyen de notre République démocratique et sociale réclamait autant pour son entretien, il faudrait que la classe ouvrière crée:

6 millions x 45 millions = 270.000 milliards de richesses.

Sans commentaires.

Payez vos impôts.

Dans les chapitres précédents, j'ai attiré l'attention sur les impôts en général et sur les impôts indirects en particulier.

A ce dernier titre, voici ce que la ménagère paie sur le marché, pour quelques denrées de première nécessité:

Sur un kilo de café 199»

Sur un litre d'huile 64, 35

Sur un litre de vin 16»

.Sur un kilo de sucre 24»

Sur un kilo de viande 70 .»

Sur un kilo de chocolat 94,25

Sur un kilo de beurre 146»

Sur un kilo de café 199»

Sur un kilo de pain 18»

[157]

Encore ne s'agit-il que de l'impôt perçu au dernier stade chez le détaillant. A ces sommes, il faut ajouter les différentes taxes de transactions, les taxes a la production et les impôts perçus à la production et chez le grossiste. En règle générale, il convient de multiplier, dans chaque cas, les prix ci-dessus indiqués par 2,5 pour avoir le montant approximatif de l'impôt total.

Ceci revient à dire que, dans notre meilleur des mondes. une somme qui varie entre les 213 et les 3/4 du prix de vente au détail de toutes les marchandises est affectée à l'impôt.

Si les services que l'État rend a l'individu ne tombent pas facilement sous les sens, il y a une chose qu'on on ne peut pas ignorer, et c'est qu'ils coûtent fort cher.

Malgré cela...

Malgré cela, le budget de la nation est toujours en déficit. A tel point qu'on ne peut plus en avoir aucune idée chiffrée.

En 1949, pour dissimuler ce déficit, le Ministre des Finances décida que les impôts directe seraient payes, non plus, comme le voulait la tradition, en fin d'exercice sur les revenus de l'exercice précédent, mais avec une année d'avance.

Cette année-là, le budget absorba les ressources de deux années.

Cela ne suffit encore pas. De nouveau, on est à court.

Alors, en 1952, il faudra payer les impôts de l'année 1953. En partie, tout au moins.

[158]

A ce rythme, on arrivera bien à récupérer, en 1953, la totalité des impôts de 1955 1

Et, progressivement, à payer ceux des générations futures!

Évolution de la formule de l'impôt.

Intervenant sur le chapitre des dépenses militaires, M. Mendès-France a révélé en fin de 1951 que, dans l'ensemble des ressources fiscales, l'impôt sur le revenu figurait pour 25 %, l'impôt sur la fortune pour 6 % et les impôts de consommation pour 69 .%, alors qu'en 1938, ces différentes têtes de chapitres figuraient respectivement pour 28 %, 17 % et 55 %.

M. Mendès-France n'a pas été démenti.

Les pourcentages d'allègement au profit de la fortune acquise ont donc été reportés sur la consommation.

Les riches paient moins et les pauvres un peu plus.

Encore une guerre et la consommation supportera, toute., seule, tout le poids des impôts.

Évolution des dépenses budgétaires.

Sur le chapitre des dépenses militaires, M. Mendès-France a encore révélé qu'en 1952, Indochine comprise, on ne pourrait pas s'en tirer à moins de 1.600 milliards, si on suivait le Gouvernement.

[159]

Et il a précisé:

En 19,50, nos dépenses d'investissements étaient doubles de nos dépenses militaires. En 1951, elles leur ont été inférieures. En 1952, elles ne seront guère supérieures à leur moitié.

A ce rythme, il est évidemment à craindre que les dépenses militaires arrivent très rapidement à absorber a elles seules toutes les ressources du budget!

La guerre d'Indochine.

Toujours d'après M. Mendës-France, elle en est arrivée à nous coûter 500 milliards par an, soit 1 milliard 1/2 par jour.

...500 milliards d'inflation et de misère qui sont, sous tous les rapports, un aliment de choix pour la propagande communiste... Lorsque M. Vychinski vient à Paris, lorsqu'il constate notre faiblesse, l'inflation et les injustices sociales qui en découlent, il peut se dire que son pays est en train de gagner la guerre froide.

Et M. Mendès-France conclut qu'il faut de toute urgence rechercher des possibilités de traiter avec le Viet-Minh pour arrêter enfin cette guerre criminelle.

Certes, les raisons de l'interpellateur ne sont pas les nôtres, avec lesquelles elles sont en contradiction formelle sur beaucoup de points souvent essentiels. Mais nous sommes entièrement d'accord avec lui, lorsqu'il s'écrie:

On me répond qu'on ne peut pas traiter avec le Viet-Minh parce que traiter avec le Viet-Minh c'est traiter avec les agents de Moscou. En Corée, cependant, c'est bien avec les agents de Moscou qu'on traite !

[160]

Pour avoir la paix, pour la sauver ou pour la ramener, on peut traiter avec n'importe qui, jusques et y compris avec le diable.

Le cercle vicieux.

 

 

Mais, pendant que le gouvernement fait des pistes d'envol ou des abris pour le matériel de guerre, ceux que cette politique oblige à coucher sous les ponts ou à s'entasser dans des taudis deviennent communistes.

Ainsi, le régime fabrique-t-il lui-même les communistes contre lesquels il a besoin de lutter pour se survivre.

La politique financière.

Par rapport à ces menues choses, au Parlement, on a encore innové en matière de politique budgétaire, en fin d'année 1952, et reculé les limites de l'absurde au-delà de l'imaginable...

Le 7 juillet 1952, les députés sont partis en vacances pour [161] rentrer le 22 octobre. Par ce moyen, ils se sont dispensés de discuter le budget complémentaire de l'année en cours: on ne saura donc jamais le montant du déficit de l'expérience Pinay pour l'année 1952, si ce n'est dans quelques années, sous la forme d'une avalisation par décret, de quelques dépas- sements de crédits, ou par dés reports adroitement dissimulés dans l'exercice 1953, actuellement en discussion. Au début du mois de novembre 1952 un personnage de la Commission des Finances a lancé le chiffre de 656 milliards. A quoi M. Paul Reynaud a rétorqué que le déficit atteignait 800 milliards. En mars dernier, -quand l'expérience, Pinay prenait le départ, bien que nous ne soyions pas dans le secret des Dieux, nous avions, nous, parle de 700 à 900 milliards probables. Mais, comme on le sait et comme il se doit, nos supputations et notre opinion comptent peu: nous n'avons pas qualité pour discuter de ces choses!

Toujours est-il qu'étant partis en vacances pour trois mois et demi, les députés se trouvent aujourd'hui dans l'obligation de faire trois séances par jour pour examiner le budget de 1953 dans les délais impartis. Le règlement de la profession ne comportant que deux séances par jour - et encore, sans obligation aucune d'y assister! - cela fait une séance supplémentaire. Or, chaque séance supplémentaire coûte la bagatelle de deux à trois millions; nous ne sommes donc pas très loin de la vérité si nous nous mettons à penser que nos députés partent en vacances pour pouvoir faire des heures supplémentaires, c'esta-dire améliorer encore leur budget particulier au détriment de celui de la Nation. Si on tient compte, par ailleurs, qu'ils ils ne sont pas plus.o1bligés d'assister aux séances supplémentaires qu'aux séances ordinaires, on est bien obligé de convenir qu'il s'agit, là, d'un argent facilement gagné. En général, la séance supplémentaire est l'alibi du député qui va rejoindre sa maî[[162]tresse - la séance ordinaire aussi, notez bien - ce pourquoi il est payé au tarif double. Et vive la République!

Un jour viendra sûrement où il faudra déchanter, mais quand?

Et dans quel marasme?

Pour l'instant, il n'est encore possible de trouver aucun crédit dans l'opinion, si on met en cause l'expérience Pinay. Il faut bien en convenir: l'homme trouve des échos favorables jusque dans les sphères de la population où il en devrait trouver le moins. J'ai, pour ma part, entendu des syndicalistes, des socialistes, et non des moindres, non pas vanter l'expérience Pinay, mais dire qu'il n'y avait pas autre chose a faire et qu'il en sortirait sûrement quelque chose.

Pourtant, comment ne pas se rendre à l'évidence?

Au risque de me répéter, l'expérience Pinay postulait l'équilibre du budget, le coup d'arrêt a l'inflation, la baisse des prix, le remplacement de d'impôt l'emprunt.

L'équilibre du budget? M. Paul Reynaud, président de la Commission des finances, nous dit qu'il y a 800 milliards de déficit.

L'arrêt de l'inflation? Quand M. Pinay a pris le pouvoir, 1.864 milliards de billets étaient en circulation: nous approchons de 2.100. Le rythme de I'augmentation est, par conséquent, le même que sous les gouvernements précédents.

La baisse des prix? Les locomotives baissent, les avions baissent, les tanks baissent, le papier baisse, les services n' augmentent pas, male le pain ne baisse pas, la viande ne baisse pas, le vin ne baisse pas', le beurre monte, le lait monte, l'huile monte, etc.. L'indice général est calculé sur 213 arti[163]cles, dont au moins n'entrent pas dans la composition du budget familial de l'ouvrier. Dans ce domaine, ce qui est sûr, c'est qu'il y a une baisse à peu près générale des prix de gros sur le marché mondial, mais cette baisse n'arrive pas à descendre dans les prix de détail, sur le marché national, et la ménagère revient toujours du marché, en récriminant à juste titre. Encore faut-il préciser que cette baisse des Prix de gros sur le marché mondial n'est pas le fait de M Pinay, mais de la conjoncture.

Le remplacement de l'impôt par l'emprunt? On a vu ce qu'il en a été:: péniblement, le gouvernement a trouvé 195 mil- liards quand il en escomptait 560. Il reste, en outre, qu'il est impossible , maintenant, de renouveler l'opération.

Par contre, l'indice de la production industrielle, qui atteignit 153 par rapport à 1928 est, aujourd'hui, au-dessous de 140 et nous abordons une crise de chômage. Le maintien du pouvoir d'achat à un niveau excessivement bas en est la cause: la masse des consommateurs n'a cessé de réduire encore son maigre train de vie.

C'est clair:

Quand quelqu'un cesse de travailler,

Quel-qu'un cesse d'acheter.

Quand quelqu'un cesse d'acheter,

Quelqu'un cesse de vendre.

Quand quelqu'un cesse de vendre,

Quelqu'un cesse de produire.

Quand quelqu'un cesse de produire,

Quelqu'un cesse de travailler,

[164]

Quand quelqu'un cesse de travailler,

Quelqu'un cesse de gagner,

Quand quelqu'un cesse de gagner,

Quelqu'un cesse d'acheter.

Ainsi se ferme le cercle.

A continuer dans cette voie, on ne saurait manquer d'obtenir des résultats catastrophiques.

Si on tient compte que toutes les entreprises se mettant d'un seul coup a produire moins avec le même outillage et les mêmes frais, ont produit, par conséquent, à un prix plus élevé, on conviendra que ceci 1 n' arrange pas les choses. C'est ainsi qu'en un temps où tout (baissait sur le marché mondial, les entreprises françaises n'ont pu suivre le mouvement: il en est résulté un ralentissement dans le rythme de nos exporta- tions et un accroissement de notre déficit à la Ban-que des règlements internationaux.

Ce déficit, il faudra bien, un jour, le prendre en compte, c'est-à-dire le faire entrer dans le budget de la nation. En même temps, il faudra aussi prendre en compte le chômage et les moins-values qui sont la conséquence de la mévente. Par il emprunt, il n'en peut être question. Alors, par l'impôt, et nous nous retrouvons au point de départ de l'expérience Pinay.

Pour le jour où nos députés prendront conscience de cela, on peut prédire une baisse des prix qui dépassera tout ce qu'on on peut imaginer. Nous paierons d'un seul coup l'addition que les autres gouvernements avaient pris l'habitude de nous présenter a doses moindres, mais répétées.

Ce qu'il y a de changé?

C'est précisément ce que je vous demande...

[165]

En attendant...

En attendant,, les journalistes de talent, dont, chaque matin, la radio vante les mérites, en sont réduits aux ressources de leur imagination, qui est ce qu'elle est. Le type du genre est M. Émile Servan-Schreiber1

, des «Échos», qui a ses grandes et ses petites entrées dans les Conseils du gouvernement.

Voici donc ce qu'écrivait cet homme dont l'opinion compte,:

La crise dont, souffre l'industrie du vêtement masculin West pas une crise aiguë provenant de l'accumulation des stocks ou d'un déséquilibre entre la production et la consommation, mais d'une dépression permanente dont la persistance est autrement dangereuse: le Français consacre une part trop restreinte de ses ressources à son habillement. C'est moins là, en vérité, une question de pouvoir d'achat global qu'un problème de réparation des postes à l'intérieur du budget familial.

Dans le même temps que M. Servan-Schreiber écrivait ces choses, il y en avait un autre, qui est Ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme, et qui en disait autant du logement: «Le Français ne consacre pas assez a son logement et toutes les raisons de la crise sont là.»

Mon marchand de primeurs prétend que le Français consacre une trop petite part de son budget à l'achat de fruits et que c'est pour cette raison qu'il faut faire un alcool coûteux.

Bientôt, le vigneron du Midi protestera parce que Ie Fran[166]çais consacre une trop petite part de son budget à l'achat du vin!

Pauvre budget familial! En somme, l'ouvrier français y consacre une trop petite part à l'achat de tout. Mais M. Baumgartner, gouverneur de la Banque de France, prétend, lui, que les Français dépensent trop.

Allez vous y reconnaître!

Surtout si vous voulez bien considérer que le budget familial de l'ouvrier français tourne autour d'une moyenne de 20.000 francs par mois, quand il n'y a pas de chômage.

Admirez donc avec moi les talents de cet ouvrier français qui réussit à la fois à y faire entrer trop de choses selon les uns et pas assez selon les autres.

 


| T. des m.| Exorde | ch.1 | ch.2 | ch.3 | ch.4 | ch.5 | ch.6 | ch.7 | ch.8 | ch.9 | ch.10 | Péroraison |


Ce texte a été affiché sur Internet à des fins purement éducatives, pour encourager la recherche, sur une base non-commerciale et pour une utilisation mesurée par le Secrétariat international de l'Association des Anciens Amateurs de Récits de Guerre et d'Holocauste (AAARGH). L'adresse électronique du Secrétariat est <aaarghinternational@hotmail.com>. L'adresse postale est: PO Box 81475, Chicago, IL 60681-0475, USA.

Afficher un texte sur le Web équivaut à mettre un document sur le rayonnage d'une bibliothèque publique. Cela nous coûte un peu d'argent et de travail. Nous pensons que c'est le lecteur volontaire qui en profite et nous le supposons capable de penser par lui-même. Un lecteur qui va chercher un document sur le Web le fait toujours à ses risques et périls. Quant à l'auteur, il n'y a pas lieu de supposer qu'il partage la responsabilité des autres textes consultables sur ce site. En raison des lois qui instituent une censure spécifique dans certains pays (Allemagne, France, Israël, Suisse, Canada, et d'autres), nous ne demandons pas l'agrément des auteurs qui y vivent car ils ne sont pas libres de consentir.

Nous nous plaçons sous la protection de l'article 19 de la Déclaration des Droits de l'homme, qui stipule:
ARTICLE 19 <Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontière, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit>
Déclaration internationale des droits de l'homme, adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU à Paris, le 10 décembre 1948.


aaarghinternational@hotmail.com

| Accueil général | Accueil Rassinier |

L'adresse électronique de ce document est:

http://aaargh-international.org/fran/archRassi/ddc/ddc8.html