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 1. Radio France-Inter - «Radio-comm. c'est vous»,  jeudi 3 juin 1999

2. Les suites judiciaires

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LA VIEILLE TAUPE

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Radio France-Inter - «Radio-comm. c'est vous»,  jeudi 3 juin 1999

 

Jean-Marie Le Pen :[…] «Je dois dire nous sommes dans une république étonnante. Il y a… C'est une république où il y a les putains, il y a les maquereaux, et puis, il y a les parias, dont je fais partie, ainsi que les millions de mes électeurs, qui n'ont pas les mêmes droits, semble-t-il, que les autres citoyens d'accéder, soit à l'Assemblée Nationale, soit dans les médiats, et je crois qu'il y a là un dysfonctionnement très grave de notre système démocratique».

 

Le journaliste Stéphane Paoli : «Henri, bonjour»

 

Henri Lewkowicz: «Bonjour,… bonjour Monsieur Jean-Marie Le Pen, vous m'entendez ?»

 

Jean-Marie Le Pen : «Oui, je vous entends».

 

Henri Lewkowicz : «Oui, voilà, Monsieur Jean-Marie Le Pen. Alors, euh, je tiens à vous dire que je n'ai absolument aucun sentiment de méchanceté à votre égard, bien au contraire, et, euh, voilà, vous avez entendu parler de la Rafle du Vel-d'Hiv ?»

 

Jean-Marie Le Pen : «Oui, tout à fait, oui».

 

Henri Lewkowicz : «Oui, alors, voilà. Le jour de la Rafle du Vel-d'Hiv, le père, la mère et la grande soeur de mon père, ont été arrêtés. Ils ont été internés à Drancy. Mon grand-père a été déporté le 24 juillet 1942. Ma grand-mère et ma tante ont été déportées le 18 septembre 1942. Alors, euh, et ces trois personnes de la famille de mon père sont mortes en déportation, et alors, vous, Monsieur Jean-Marie Le Pen, vous dites que les chambres à gaz sont un détail. Alors, je vous en supplie, Monsieur Le Pen, je vous en supplie, arrêtez, arrêtez de dire que les chambres à gaz sont un détail, parce que ce n'est pas un détail. Monsieur, Monsieur Le Pen, vous m'entendez ?»

 

Jean-Marie Le Pen : «Oui, cher Monsieur, si, si, si, ce… si cette opinion qui n'a d'ailleurs pas été…»

 

Henri Lewkowicz : «Oui, Monsieur Le Pen, excusez-moi, excusez-moi, je vous en supplie, arrêtez de dire que les chambres à gaz sont un détail, parce que ce n'est pas un détail, c'est un bobard, vous m'entendez, Monsieur Le Pen, c'est un bobard, c'est un mensonge, et en disant que les chambres à gaz sont un détail, vous soutenez ce mensonge. Il n'a existé aucune chambre à gaz homicide dans aucun camp de concentration allemand pendant la Deuxième Guerre mondiale, les chambres à gaz, c'est un mensonge, un mensonge».

 

Stéphanne Paoli : «attendez, on va arrêter là parce que !!!»

 

Henri Lewkowicz : «une contrevérité historique, c'est une contrevérité historique».

 

Stéphane Paoli : «encore une fois, là, c'est que on  ... .. ????»

 

Henri Lewkowicz : «Écoutez. Mes grands-parents, mes grands-parents sont morts, je ne sais pas de quelle façon ils sont morts dans un camp de concentration, mais je suis sûr qu'ils ne sont pas morts gazés, parce que les chambres à gaz, c'est un bobard, c'est un, c'est un mensonge. Il n'a existé aucune chambre à gaz homicide dans aucun camp de concentration allemand pendant la Deuxième Guerre mondiale, et, Monsieur Le Pen, je suis prêt à venir témoigner à votre procès si vous faites appel».

 

Stéphane Paoli : «A Jean-Marie Le Pen de répondre à une… »

 

Henri Lewkowicz : «Je suis prêt, écoutez, Monsieur Le Pen, je suis prêt à venir témoigner à un de vos procès pour ce que j'ai dit, ce que je viens de dire, je suis capable de le dire devant un tribunal… Allô ?»

 

Sonnerie du téléphone qui indique : coupé !

 

J'ignore à quel moment on a coupé ma voix à l'antenne, et je n'ai entendu que quelques bribes des paroles du journaliste. H. L.

 

Tournez la page, svp.

Vous y trouverez les suites judiciaires de cette affaire, du moins jusqu’au 15 Juin 2000.

Et pour connaître ce qu’il est advenu à l’audience du 15 Juin 2000, et ensuite, pourquoi ne poseriez-vous pas la question à votre journal d’information habituel ? Et pourquoi tout cela est-il si peu connu ?

Les suites judiciaires au pays de la liberté de penser

 

Le MRAP, représenté par son président Mouloud Aounit, ayant porté plainte contre Henri Lewkowicz, pour "contestation de crime contre l'humanité", en raison des propos tenu par celui-ci sur les ondes de la radio France-Inter, au cour de l'émission animée par M. Stéphane Paoli du 3 juin 1999, intitulée "Radio Com c'est vous", à laquelle, ce jour là, était invité M. Jean-Marie Le Pen. L'affaire a été instruite pendant près d'un an !

Henri Lewkowicz s'est présenté devant 17° chambre du tribunal de Paris le 2 mars 2000.

La LICRA, représentée par Maître Korman, s'est portée partie civile à l'audience.

Henri Lewkowicz a confirmé et réitéré ses propos. Il a demandé la relaxe pure et simple en soutenant qu'il était totalement innocent au regard de la loi (article 24bis, dite loi-Gayssot). Il demandait donc l'application de la loi.

Il a en effet soutenu que dans ses propos il n'avait été question, ni de "crime contre l'humanité", ni "d'holocauste", ni de "génocide", ni de Shoah, mais qu'il s'était borné à nier (et pas seulement contester) un instrument du crime : les chambres à gaz.

Au surplus, il a constaté que la loi Gayssot (qu'il juge excellente pour les révisionnistes, dans son texte littéral, indépendamment des intentions des auteurs de la loi, et de la jurisprudence qu'il juge aberrante) interdit de contester «l'existence d'un ou plusieurs crimes […] qui ont été commis…» La loi n'interdit donc pas de contester l'existence de crimes qui n'auraient pas été commis…

Henri Lewkowicz a constaté qu'au cours de tous les procès de "révisionnistes" auxquels il avait assisté, aucune preuve, ni aucun témoignage de l'existence d'une seule chambre à gaz n'avait été apporté par le procureur ou les parties civiles. Et il a constaté qu'une fois encore, à cette audience, le procureur et les parties civiles avaient les mains vides : ni preuves, ni témoins.

La présidente du tribunal a répondu, sur le ton de l'évidence : «Mais le tribunal n'a besoin ni de preuves ni de témoins, il y a le jugement de Nuremberg».

L'avocat du MRAP ne connaissait manifestement rien du dossier. Quant à Maître Korman, avocat de la LICRA, il était manifestement d'autant plus embarrassé que la lecture que faisait Henri Lewkowicz de la loi étaient justement celle qu'il avait faite lui-même lorsque cette loi avait été discutée. Dans un article  d'Information Juive , (mai 1990) intitulé «Une mauvaise loi» il avait qualifié cette loi de «mauvaise loi, car d'application malaisée» qui allait obliger les associations plaignantes à apporter la preuve, d'une part, que le crime contesté correspondait bien à la définition légale de crime contre l'humanité, et d'autre part, que le crime contesté avait fait l'objet d'un jugement.

C'est pourquoi, plutôt que d'apporter ces preuves il préféra faire grand cas d'un rapport d'une enquête de personnalité, qui soutiendrait que les thèses historiques défendues par le prévenu résulteraient d'une réaction de rejet à l'égard de son père juif qui les avait abandonnés, lui et sa mère…

Manifestement le principal souci de Maître Korman était d'éviter que l'affaire ne s'ébruite, et il a réclamé une peine symbolique.

La procureuse (?) a blablaté sur le même thème pour ne rien dire.

Henri Lewkowicz protestait vivement contre le fait que ce rapport d'enquête ne lui ait pas été communiqué par le greffe alors qu'il avait demandé communication, à ses frais, de photocopies de tout le dossier.

La présidente lui répondit que tout avait été normal et que le tribunal répondrait à ses objections.

Jugement en délibéré au 30 mars.

 

CE 30 MARS 2000, COUP DE THÉATRE.

Le tribunal ordonne la réouverture des débats, afin que les pièces, et notamment ce rapport d'enquête de personnalité, soit communiqué à la défense, donc à Henri Lewkowicz.

Le tribunal avait du s'apercevoir entre temps qu'il risquait fort de tomber sous la censure de l'article 6 de la convention européenne des droits de l'homme s'il condamnait (ce qui ne fait guère de doute pour le moment) sans que la défense ait eu connaissance de pièces utilisées par l'accusation…

Mais précisons, contrairement à une information inexacte qui circule, la pièce qui doit être communiquée est un simple rapport d'enquête de personnalité et non pas une expertise psychiatrique, dont il n'a pas été question.

 

 LA NOUVELLE AUDIENCE EST FIXÉE AU 15 JUIN 2000 A 13 HEURES 3

 


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