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Effectivement, je ne suis pas crédible, parce que depuis quelque temps déjà j’avais constaté que la « lutte contre le terrorisme » en avait pris un sérieux coup dans l’aile. Ne faisaient plus semblant d’y croire que ceux qui, pour une raison ou pour une autre, avaient intérêt à défendre l’ordre établi, ou avaient peur de sa chute. Ils sont certes très nombreux, mais quand même… Je me demandais donc comment les « antiterroristes » allaient bien pouvoir relancer un bateau qui faisait eau de toute part.
Attention ! Entendez-moi bien. La lutte contre le terrorisme, depuis le gigantesque attentat du 9/11 sur les tours jumelles de New York se porte parfaitement bien et ne cesse de se développer. Ce sont les nécessités de cette lutte qui ont successivement provoqué l’envahissement de l’Irak puis de l’Afghanistan par les troupes de la démocratie « antiterroriste » mondiale. Mais parallèlement à ces développements spectaculaires, plus discrètement, on a assisté partout dans le monde à un gigantesque développement des mesures de contrôle social de toutes sortes, qui nécessitent un investissement humain et technologique, donc aussi financier, considérable. Au point que, sans la croissance exponentielle de ce secteur de l’activité capitaliste depuis une dizaine d’années, on peut craindre que la crise économique et la récession auraient été encore pires. La timide reprise que les économistes croient entrevoir serait encore plus évanescente. Ce n’est donc pas la lutte contre le terrorisme qui a pris un coup dans l’aile, c’est sa couverture idéologique.
Pourquoi ? Parce que la ficelle est un peu grosse.
Même le public le plus borné (et Dieu sait s’il l’est, borné !) commence à entrevoir que la lutte contre le terrorisme provoque tant d’injustices et de monstruosités qu’elle est susceptible d’amener de nouvelles recrues à des groupes qui prônent le terrorisme. Elle pourrait même susciter un « terrorisme » du désespoir, individuel, spontané, particulièrement difficile à contrôler, qui, en retour, viendrait justifier les mesures de contrôle et de répression les plus draconiennes, et leur acceptation par le public. Et la boucle serait bouclée… L’homme aura matérialisé l’enfer sur terre !
Vous observerez que dans cet enchaînement dialectique, c’est la riposte « terroriste » au terrorisme le plus puissant qui provoque le cycle infernal. Et c’est le terrorisme le plus puissant qui se pare de l’idéologie antiterroriste. Selon votre culture historique vous ferrez les analogies qui s’imposent. Et vous vous souviendrez en passant que l’analogie implicite est l’une des technique favorites du ketmân. Puis vous aurez une pensée pour Léo Strauss, qui a théorisé l’art d’écrire sous la menace de la répression en ambiance totalitaire. Si vous ne connaissez pas Léo Strauss, rassurez-vous, l’essence utile de son œuvre se trouve condensée page 25 du n° 23 du Bulletin confidentiel La Vieille Taupe.
Tout cela n’explique pas pourquoi je ne suis pas crédible.
Eh bien, parce que devant l’effondrement qui commence a être perceptible de la croyance en la version officielle concernant l’attentat du 9/11[1], et devant l’incrédulité dangereusement croissante envers toute l’idéologie de la lutte « antiterroriste », je m’attendais depuis quelque temps déjà à ce qu’un attentat spectaculaire vienne relancer pour le bon peuple les raisons de craindre et de croire la menace terroriste. En vérité j’attendais cette relance, moins de la dialectique que je viens d’exposer ci-dessus que d’une pure et simple provocation. Autrement dit, pour ceux qui n’auraient pas compris, d’un attentat concocté par les services secrets US ou USraéliens eux-mêmes. Ou peut-être de l’exploitation habile d’un accident faussement attribué à l’action de l’ennemi contre lequel on veut mobiliser l’opinion, comme l’explosion dans le port de La Havane, le 15 février 1898, du navire de l’US Navy, L’USS Maine. On discute encore pour savoir si l’explosion a été sciemment provoquée (262 morts) ou a été réellement accidentelle[2], mais l’attribution qui en fut faite aux Espagnols pour justifier l’entrée en guerre contre l’Espagne relevait de la plus pure fantaisie. Cette affaire est bien connue dans l’histoire américaine, mais depuis, la liste des provocations, même en se limitant à celles qui sont historiquement attestées s’est allongée. D’ailleurs la déclassification des documents concernant l’opération « Northwood[3] » permet de vérifier sans contestation possible que des provocations et des attentats mettant en jeu la vie de citoyens américains sont régulièrement élaborés par les services secrets ou le Pentagone et proposés au Pouvoir politique, qui, dans le cas de l’opération Northwood, avait refusé.
Et voilà pourquoi je ne suis pas crédible : j’ai des préjugés et j’ai tendance à interpréter le présent à la lumière du passé. Au surplus ma seule source d’information est France-Inter, que j’écoute d’une oreille distraite tout en lisant ou en écrivant des textes peu recommandables. C’est d’ailleurs un truc qui avait toujours étonné ma mère : je peux lire ou écrire en écoutant la radio, ou une conversation. Du moins jusqu’à un certain point. Et dans le cas précis je n’ai que des impressions extrêmement vagues. mais l’ensemble des « informations » recueillies dans ces conditions douteuses ont quand même fini par s’organiser dans mon cerveau.
1°/ L’attentat heureusement avorté à l’atterrissage de l’avion Amsterdam-Détroit a reconstitué la crainte généralisée dans le public. Il authentifie réalité d’une menace terroriste. Mais réussi, il aurait certes eu ce même résultat, mais aurait comporté dans le contexte actuel des risques politiques pour le Pouvoir, que l’exploitation par les Républicains de l’attentat raté permet d’imaginer.
Raté, il apporte donc les mêmes avantages, sans les inconvénients.
2°/ L’auteur, fils d’un banquier nigérian, avait été signalé par son père aux services américains.
3°/Dans un premier temps on nous explique qu’il a franchi les contrôles administratifs, puis les contrôles physiques de sécurité, en particulier les portiques, parce que « l’explosif » était une poudre étalée sur une partie de sa jambe. Effectivement on conçoit très bien qu’ainsi dissimulé « l’explosif » passe les contrôles physiques. Mais on ne nous explique pas comment cet explosif, ainsi réparti, était censé détoner. On nous parle d’un liquide et d’une seringue. Pourquoi pas…Mais on aimerait bien savoir quel liquide il y avait dans la seringue, et quelle était la composition de la poudre.
4°/Finalement la détonation fit long feu. L’apprenti terroriste est très gravement brûlé. Début d’incendie éteint par les passagers voisins qui, avec sang-froid, neutralisent le terroriste qui est promptement déshabillé et menotté.
Bravo les passagers ! Je conçois que le hasard ait placé quelques voisins assez réactifs et efficaces pour neutraliser et immobiliser le terroriste déjà affaibli par ses très graves brûlures et qu’ils aient appelé l’équipage à la rescousse, et je pense qu’il est au moins probable que l’équipage dispose de menottes dans l’avion pour faire face à diverses éventualités, pas nécessairement terroristes.
Mais cela ne correspond nullement au témoignage du premier passager que j’ai entendu sur France Inter. Il y eut une très vive agitation à l’endroit où s’était déclenché le feu et la situation a été promptement réglée par les voisins immédiats du terroriste, dont l’un au moins disposait donc d’une paire de menotte sur lui. C’est du moins ce que j’ai compris et retenu.
Autre curiosité : Je conçois que des voisins de hasard réagissent au mieux, si le hasard a bien fait les choses, et donc qu’ils éteignent, immobilisent et neutralisent. Et même, si le hasard a très bien fait les choses, qu’ils procèdent à une palpation sévère de précaution sur le blessé en piteux état. Soit. Mais procéder instantanément à un déshabillage complet !?! Cela me semble plutôt relever du comportement d’un professionnel entraîné à la lutte antiterroriste, et conforme aux procédures que l’on enseigne dans des écoles spécialisées.
Conclusion : Il se pourrait bien que le hasard ait fait que tous les voisins du jeune Nigérian ait été des membres de services « antiterroristes », comme il se pourrait que ce ne soit pas l’effet du hasard et que Umar Farouk Abdulmutallab ait été logé et suivi depuis longtemps et instrumenté dans une opération compliquée, qui présentait pour certains l’avantage de restaurer à peu de frais la crédibilité de l’idéologie « antiterroriste » d’une part, et de permettre de justifier [sic] l’installation d’une cellule « antiterroriste » américaine, sur le sol du Yemen, qui perd ainsi sa souveraineté ! Tout cela à un moment où un attentat réussi eût été politiquement ingérable. Ce ne serait pas mal joué !
Mais encore une fois, une infinité de variantes sont possibles. Je n’ai rien vérifié.
RIEN N’EST ÉTABLI. (Sauf les chambres à gaz).
Pierre Guillaume. Le 4 janvier 2010[1] C’est-à-dire du 11/9/2001 en français, puisque contrairement aux Américains nous mettons le jour en premier et le mois en second mais la VT respecte l’usage et le droit des victimes de nommer comme elles l’entendent ce dont elles ont été victimes. Elle continuera donc à dire le 9/11 pour évoquer cet attentat, comme elle continuera à nommer « Shoah » ce qui est arrivé aux Juifs pendant la guerre, conformément à la décision du Conseil de nos sages, rappelée par le bon Pape Benoît XVI le 11 mai 2009 lors de son voyage en Israël : « Ne jamais nier la Shoah ».
[2] En vérité, j’avais appris en cours d’histoire au Prytanée militaire de la Flèche, en Cyr 7, cours du professeur agrégé Jacques Fauvel, qu’il s’agissait d’une provocation. Mais je découvre aujourd’hui dans Wikipédia que certains maintiennent encore que l’explosion aurait bien pu être accidentelle. Je n’hésite donc pas à nuancer mes certitudes et à réviser l’enseignement de mon Maître.
[3] Dans le cas de cette opération, il s’agissait de détourner et provoquer le crash d’un avion de ligne et d’en attribuer la responsabilité à Cuba pour justifier une invasion militaire. Tous les détails sont disponibles si on les cherche. (Ce qu’il y a de terrible quand on cherche la vérité, c’est qu’on la trouve).