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Mon cher Raphaël

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LA VIEILLE TAUPE

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Grâce aux efforts héroïque d’un de nos espions, nous sommes parvenu à nous procurer ce document, où la Vieille Taupe se démasque enfin ! Nous avons pu établir que, sous le pseudonyme de Wilhelm Stein, se cache en fait le lâche Pierre Guillaume, son répugnant fondateur. Se dévoile ici toute sa turpitude puisqu’il prend, sous pseudonyme, la défense du ministre Brice Hortefeux ! Alors qu’il prétend être plus révolutionnaire que nous !

Nous donnons ensuite le texte de Raphaël Confiant auquel cette ordure fasciste prétend répondre. Nous assurons Raphaël Confiant, Houria Bouteldja, et Alain Finkielkraut de notre solidarité antiraciste face aux agressions inqualifiables dont ils sont ici victimes.

L’équipe d’Article XI.

http://www.article11.info/spip/index.php

http://www.article11.info/spip/spip.php?page=recherche&recherche=Noam+Chomsky

 

Mon cher Raphaël,

J'ai pour ma part quelques raisons de penser que Houria Bouteldja a, tout à fait consciemment et intentionnellement, qualifié de « souchiens » les indigènes de ce pays, en assumant le jeu de mots blessant qui en découlait, comme de source.

Vous-même me semblez être un nègre blanc, probablement très maltraité par les affreux blancs, colonialistes, racistes, et tout itou. Si je me réfère à la présentation qui figure en tête de votre article, vous êtes un Français de souche antillaise. Vous êtes donc un souchien antillais, tout comme Madame Houria Bouteldja est une souchienne maghrébine. Madame Bouteldja est Française. Vous aussi. Moi aussi. Ma femme aussi, qui est une négresse beaucoup plus noire que vous, souchienne de Pointe-à-Pitre. Moi, je suis un indigène de Lorraine voyez-vous, vous qui êtes né au Lorrain…

Il y a beaucoup de choses justes dans ce que vous dites, mais quelques erreurs, et une dialectique prétendument antiraciste, perverse et qui gâche tout.

Il est quand même un peu fort de café au lait de prétendre que ce sont les immigrés qui ont relevé les ruines de la France. Après l'avoir libérée, peut-être ? La France serait sans eux, probablement un pays primitif peuplé de sauvages, n'est-ce pas ? Et d’où vient l’idée que la France soit « libérée » ?

Vous vous insurgez envers le grand philosophe national français Finkielkraut, parce qu'il a dit que l'équipe de France était black-black-black. Oh mon Dieu ! Quelle horrible souffrance, quelle abominable agression raciste ! Mais j'ai souvent entendu mes amis noirs se marrez et me faire remarquer que, sans les Noirs, et les Noires, les équipes d’athlétisme françaises feraient pale figure !

Pour ma part je ne vois là pas de quoi fouetter un chat, noir ou blanc, dans un cas comme dans l’autre. Mais vous commettez une erreur d’analyse. Vous oubliez le communautarisme étroit sous les grands mots.

Un Français indigène ne peut pas se permettre grand chose sans risquer de subir les foudres « antiracistes » de la LICRA, et tomber sous l’accusation de « racisme » pour un oui ou pour un non, et par exemple pour avoir dit ce qu’a dit le grand philosophe national évoqué plus haut. Si Finkielkraut a pu se risquer à dire ce qu’il a dit, c’est parce qu’il est Juif, et qu’il jouit de ce fait d’un statut particulier. Mais c’est là une autre histoire que je traiterai ailleurs. Loin de moi l’idée d’empêcher Houria d’ironiser. Peut-on lui répondre ?

Pour résumer et pour conclure, en ce qui me concerne, « Black is beautiful », « White is beautiful », « Les métis sont pas mal non plus ». Chacun est comme il est, et je souhaite qu’il soit le mieux possible dans sa peau, pour pouvoir cesser d’emmerder le monde avec des histoires de « racisme ». Quant à ceux qui sont mal dans leur peau, les psys sont là pour ça.

Vous faites une erreur en attribuant à l’extrême droite (qui décidément est mise à toutes les sauces) la responsabilité de la création de l’expression « Français de souche ». Réfléchissez ! Dés lors que Madame Houria Bouteldja, Française, revendique hautement sa particularité, qui est d’être de souche particulière, dans son cas, comme le camarade Finkielkraut revendique lui-même sa souche, oh combien sublime celle-là, parce qu’il prétend descendre de la semence d’Abraham, sans en apporter de preuve bien convaincante. Et vous-même une autre souche ! comment dyable voudriez-vous que je puisse penser ma propre identité, moi qui suis Français, si vous le permettez, mais ne suis ni juif, ni maghrébin, ni antillais. Moi qui suis un indigène de France, qui ne suis ni de droite, ni d’extrême droite… et ne suis pas particulièrement « bien-pensant » !

Mais la charmante Houria me conteste même le droit d’être indigène ! Il y a un problème. Si vous voulez je développerai ultérieurement cette question, et ce que je crois en être le paradigme.

L’appellation « Français de souche » est née de la nature des choses et de la situation. Elle est spontanée et naturelle. Elle ne devrait choquer personne. Elle n’exprime qu’une réalité. En l’attribuant à une « extrême droite » mythique et chargée de tous les péchés, vous opprimez l’expression des « souchiens » qui se voient interdire jusqu’au droit de penser leur « différence » par des gens qui revendiquent leur propre « différence » !

Mais puisque vous avez su, en universitaire français, parfaitement analyser la sémantique du tiret, peut-être pourriez-vous expliquer à Houria la signification du mot indigène.

Bien à vous. Wilhelm Stein.

« SOUCHIENS » OU « SOUS-CHIENS » :
UNE (SOMBRE) HISTOIRE DE TIRET

 

jeudi 12 juin 2008 , mis en ligne par Raphaël CONFIANT

 

Il y a quelques jours, Brice Hortefeux, le ministre de l’immigration et de l’identité nationale, s’en est pris avec une rare violence, dans le magazine L’EXPRESS, à la porte-parole du Mouvement des Indigènes de la République, Houria Bouteldja au motif que cette dernière aurait traité les Français de « sous-chiens ». Le ministre déclara alors qu’il ne permettrait pas qu’on insulte les Français, menaçant ainsi l’incriminée laquelle, soit dit en passant, est…française. Oh, pas de souche ! Mais de parents algériens immigrés. Tout comme ces centaines de milliers de Maghrébins, d’Antillais et d’Africains qui, quarante ans durant, ont permis à la France de se relever des ruines provoquées par la deuxième guerre mondiale et de devenir la cinquième puissance mondiale. Faut-il rappeler que ce sont les différents gouvernements français et le patronat qui ont délibérément fait appel à l’immigration, des charters entiers transportant, par exemple, des Marocains pour qu’ils travaillent dans les mines de charbon du Nord de la France ? Ou encore un organisme d’état appelé le BUMIDOM (Bureau des Migrations d’Outre-Mer) se chargeant, durant des décennies, de transborder depuis les Antilles pas moins de 800.000 Martiniquais et de Guadeloupéens qui deviendront facteurs, agents de police, infirmières, ouvriers d’usine, douaniers ou simples employés dans la métropole coloniale. A tel point qu’aujourd’hui, la population immigrée antillaise est égale en nombre à celle qui est restée au pays !

 

Houria Bouteldja n’est donc pas une Française de souche, mais elle est française de naissance, de nationalité et de vie quotidienne, si l’on peut dire. Face à la montée de l’extrême-droite et de son discours déclarant qu’il fallait désormais privilégier les Français de souche (l’expression vient de cette extrême-droite), de nombreuses voix se sont élevées, notamment chez les immigrés d’origine maghrébine et c’est à cette occasion qu’il y a un an, la porte-parole du Mouvement des Indigènes de la République s’est permise d’ironiser sur ce nouveau concept en distinguant « les souchiens », Français « de souche » donc, des autres Français (arabes, antillais ou africains). Aussitôt un véritable tollé s’est élevé parmi les biens-pensants de tous bords qui accusèrent Houria Bouteldja de racisme anti-français ou de racisme anti-blanc.

 

Cette réaction pose une question : ou bien les descendants de bougnoules et de négros n’ont pas le droit d’ironiser, ce droit relevant des seuls Français (de souche) tels que l’abominable Alain Finkielkraut, le philosophe radiophonique, qui parlait, il n’y a pas longtemps d’équipe de France « non pas black-blanc-beur », mais « black-black-black » ; ou bien ces gens ne connaissent même pas leur langue et ne savent pas qu’entre « souchiens » et « sous-chiens », il y a un monde. Un monde marqué certes par un tout petit tiret, mais un monde tout de même. A cette deuxième catégorie, expliquons donc que « souchiens » est un raccourci pour « Français de souche » tandis que « sous-chiens » est une insulte, pas très fréquente en français d’ailleurs. Qu’il y ait une sorte de collision phonique et sémantique entre les deux termes, c’est la faute à personne, comme on dire vulgairement. C’est la faute à pas de chance ! Car si au lieu de l’expression « Français de souche », l’extrême-droite et la Droite dure avaient lancé un autre slogan, par exemple, « Français pur camembert », eh bien Houria Bouteldja aurait sans doute qualifiés ces fanatiques de l’identité franchouillarde de « camembériens ». Et là, qui aurait trouvé que ça résonnait comme une insulte ? Personne !

 

Mais, laissons tomber l’hypothèse de l’ignorance linguistique ! Les accusateurs de la porte-parole des Indigènes, à commencer par Brice Hortefeux, connaissent très bien leur langue et savent parfaitement que Houria Bouteldja n’a voulu qu’ironiser. Qu’elle n’a jamais traité les Français de sous-chiens. En réalité, ce qui est en jeu ici, c’est le droit des Français d’origine non européenne de pouvoir ouvrir leur gueule ou non, le droit de pouvoir lancer des petites phrases ou de faire des jeux de mots, comme n’importe quel Français. Et là, la réponse nous est livrée par le même Hortefeux dans un autre journal. Ce dernier déclare, en effet, que les étrangers que la France « accueille, héberge et nourrit n’ont pas le droit d’insulter les Français ». On croit rêver ! A en croire l’Hortefeux, la France généreuse, mère des arts et des lettres, patrie des Droits de l’Homme (blanc) aurait, dans un geste de compassion extraordinaire, accueilli des centaines de milliers d’étrangers pour leur permettre d’échapper à la misère dans leurs pays d’origine. N’importe quoi ! D’abord, s’il y a des Nègres et des Arabes en France (et pas en Ukraine ou en Hongrie), c’est parce que la France, tout comme nombre de pays d’Europe de l’Ouest, s’en est allée coloniser l’Afrique, l’Indochine et les Antilles. Qu’elle a réduit des populations entières à l’esclavage, qu’elle a détruit des langues et des cultures et surtout qu’elle a pillé des richesses agricoles et minières. Au 18è siècle, par exemple, la France faisait 40% de son commerce extérieur avec sa seule colonie de Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti) et les ports de Nantes, Bordeaux, La Rochelle et autres se sont enrichis grâce au commerce du bois d’ébène, c’est-à-dire la Traite négrière.

 

Si les Français et les Européens de l’Ouest ne voulaient pas avoir des Nègres et des Arabes chez eux, ils n’avaient qu’à ne pas coloniser les pays de ces derniers ! Point barre. Ils n’avaient pas à importer des centaines de milliers d’entre eux entre 1950 et 1990. Car que s’imaginaient-ils ? Que ces immigrés ne feraient pas d’enfants ? Qu’on les aurait pressurés comme des citrons durant les Trente Glorieuses et qu’on les aurait réexpédiés au bled une fois l’âge de la retraite venue comme de vieilles chaussettes ? Non, M. Hortefeux, madame Houria Bouteldja n’a pas été accueillie, nourrie et blanchie grâce à la générosité des « Français de souche ». Elle est la descendante, au contraire, de ces centaines de milliers de bras, taillables et corvéables à merci, qui ont permis, grâce à leur travail acharné, à vous et aux vôtres de bénéficier du niveau de vie qui est le vôtre aujourd’hui. Mme Bouteldja ne vous doit donc strictement rien et c’est la traiter comme vous le faites en étrangère, en réfugiée, qui est une insulte.

 

J’ai été personnellement payé pour savoir que les fils d’esclaves (tels que moi) et les bougnoules n’ont pas le droit d’exprimer des opinions qui s’écartent de la vulgate droit-de-l’hommiste. On se souvient, en effet, que suite à une énième exaction israélienne contre le peuple palestinien, j’avais écrit un mail, un simple, mail, dans lequel je qualifiais cet acte d’innommable, prenant bien soin de préciser que je prenais ce terme au sens premier du terme, dans son vrai sens donc, à savoir « ce qui ne peut être nommé ». Or, quelle ne fut pas ma surprise de voir ce mail (sic), c’est-à-dire même pas un article de journal ou un texte posté sur un site-web, reproduit dans « Le Monde » et mon propos détourné par ce journal qui affecta de prendre « innommable » au deuxième sens du terme, au sens métaphorique donc, d’ignoble !!! Aussitôt la Gauche bienpensante germanopratine se déchaîna contre ma personne, « Libération », « Le Nouvel Observateur » et « Le Canard enchaîné » me clouant au pilori dans la semaine qui suivit, aidée en cela, soi dit en passant, par quelques larbins négros ou négro-larbins, comme on voudra. J’étais devenu du jour au lendemain le grand antisémite antillais !

 

Ce qui arrive aujourd’hui à Houria Bouteldja relève du même phénomène de manipulation politico-médiatique. Il s’agit, comme dans mon cas, de diaboliser une personne, et à travers elle, un courant de pensée, qui dérangent le système colonial en place car oui, tout comme les DOM-TOM, les banlieues ne sont que des colonies intérieures de la France et leurs habitants y sont traités comme des indigènes.

 

Il est important que nous apportions notre plus ferme soutien à la porte-parole du Mouvement des Indigènes de la République face à cette offensive du pouvoir en place qui ne vise rien moins qu’à éradiquer les idées qu’elle incarne.

 


                                                                          Raphaël CONFIANT

aaarghinternational@hotmail.com  

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