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LA VIEILLE TAUPE

 

B.P. 98, 75224 PARIS cedex 05

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Pierre GUILLAUME
16 rue des Fossés St Jacques

75005 PARIS

à Valérie Igounet

69, rue des Archives

75003 Paris



Mademoiselle,

Je ne vous cacherai pas que votre "Mémoire" m'a profondément déçu. Non pas parce que vous ne partagez pas les thèses révisionnistes, mais parce qu'il manque de rigueur.

Indépendamment de la difficulté générale qu'il y a à appliquer la méthode historique à un événement contemporain, ce qui me frappe c'est qu'il n'y a pas même de tentative d'appliquer les règles de la critique historique dans cette affaire. En fait il ne s'agit pas d'un mémoire d'histoire mais il s'agit de journalisme [sinon de fichage policier].

Je déplore d'ailleurs que vous ayez reproduit sous le titre "entrevue avec Pierre Guillaume" l'entretien que nous avions eu à la librairie, qui s'est déroulé à bâton rompu, et dont je ne me rappelle même plus si j'avais conscience qu'il était enregistré, et dont, en tout cas, je ne pensais pas qu'il devait faire l'objet d'une publication quelconque. Je souhaitais simplement vous inviter à réfléchir et à vous documenter, avant de prendre pour des vérités établies ce qui ne sont que des idées reçues. Cet entretien est bourré d'erreurs, d'imprécisions, et de phrases incompréhensibles dans leur forme écrite puisque seule l'intonation permettait de les interpréter correctement. Mais cela n'a finalement pas grande importance... en tout cas je tiens à vous dire que vous êtes l'une des seules personnes qui m'ont effectivement remis leur "Mémoire" conformément à la promesse qu'elles m'avaient faite, et de cela je vous en remercie. C'est la raison pour laquelle je vous réponds aujourd'hui.

Je me bornerai à commenter le dessin de couverture [qui orne votre "mémoire"] et votre introduction.

Le dessin de couverture: Il s'agit donc d'une vieille taupe... aveugle... armée de sa canne blanche et d'une serviette professorale... qui erre au seuil de Birkenau et qui donc, semble-t-il, se refuse à voir l'évidence: les chambres à gaz.

Mais c'est vous-même qui avez exclu le sujet de votre mémoire. Les révisionnistes vous invitent bien au contraire à venir visiter Birkenau, les yeux grand ouverts, et en particulier les crématoires 2 et 3, qui se trouvent de part et d'autre de la voie de chemin de fer, sans que rien ne les cache à la vue de tout le camp. Je vous invite aussi à consulter les yeux grand ouverts l'ouvrage de Klarsfeld, qui publie les photos prises à Auschwitz, et l'ouvrage de Jean-Claude Pressac, dans lequel se trouve une quantité de documents trouvés dans les archives d'Auschwitz, et en particulier les plans des crématoires 2 et 3. Je vous invite à lire tous les témoignages publiés sur Auschwitz, ou l'un ou l'autre d'entre eux. Je vous invite à lire les témoignages de déportés à Auschwitz qui ne parlent pas de chambres à gaz, et notamment celui de Élie Wiesel, et je vous invite surtout à lire les témoignages qui parlent de chambres à gaz, celui en particulier que j'ai analysé dans mon livre, de Moshé Gabarz. Je vous invite à garder les yeux bien ouverts en confrontant les plans des crématoires et les ruines des crématoires au récit de Vrba et de Wetzler. Enfin je vous invite à étudier soigneusement les 36 (je crois) traces criminelles que Pressac pense avoir trouvées dans les documents du musée d'Auschwitz ou dans les archives à Moscou. Je ne pense pas que vous puissiez trouver un seul cas où les révisionnistes aient refusé de voir quelque trace, quelque document, quelque témoignage que ce soit. Ce sont au contraire leurs adversaires qui ont toujours refusé le débat, et qui refusent de voir tous ce qui ne va pas dans le sens de leur croyance. Cela est facile à vérifier. Je vous mets au défit de trouver un seul document, un seul témoignage, quoi que ce soit qui aurait été présenté et que nous aurions refusé de considérer, d'analyser soigneusement. Il est possible que nous nous trompions ... Mais dans ce cas il faut nous présenter des documents et des arguments. Des documents, je le répète, je doute que vous soyez en mesure d'en présenter un que nous n'ayons pas déjà analysé. Des arguments... si vous en trouvez un nouveau, ou si vous nous montrez qu'un de ceux qui nous ont été présentés reste valable après la critique que nous en avons faite, eh bien, nous sommes prêts à l'admettre. Enfin, pour en finir avec cette vieille taupe aveugle qui erre devant Birkenau, je vous rappelle que... quand même... ce sont les révisionnistes qui les premiers ont attiré l'attention sur le fait que toute la question devait se résoudre dans le périmètre des crématoires de Birkenau, et qui ont publié les plans authentiques qui se trouvaient au musé d'Auschwitz, et qui n'avaient jamais été révélés au grand public auparavant!

Venons en maintenant à votre introduction. Il faudrait la prendre phrase par phrase sinon mot par mot et en faire une critique juxtalinéaire. Mais parlons justement de cette «Vieille Taupe, bastion du négationnisme, où vous vous trouviez en avril 1992». D'abord..., elle est en train de mourir, sinon déjà morte, parce que les pressions, les menaces, les agressions continuelles rendent impossible de maintenir cette librairie, alors qu'en même temps la persécution judiciaire et les amendes extrêmement lourdes s'abattent de tous cotés. De ce point de vue, c'est bien un bastion, car cette librairie n'a été créée que pour faire face à l'impossibilité de diffuser les livres publiés par la Vieille Taupe dans le réseau normal des librairies. Pourtant cette diffusion s'était d'abord déroulée normalement. En gros de 1978 à 1983, mais des commandos se sont rendus chez les principaux libraires ou diffuseurs qui avaient nos livres, pour déchirer les livres, agresser les vendeurs. Et le résultat c'est que peu à peu, le nombre des librairies acceptant de diffuser les livres suspects de "révisionnisme" s'est considérablement restreint, jusqu'à devenir le monopole de quelques librairies d'extrême-droite, ce qui n'était absolument pas le cas au début, puisque nos livres ont été diffusés aux Presses Universitaires, à la FNAC, et dans plusieurs dizaines de grandes librairies en France. Si vous souhaitez connaître les méthodes par lesquelles les réseaux normaux de diffusion des livres ont été contraints d'abandonner la diffusion de nos livres, je peux vous donner tous les exemples que vous souhaiterez.

Car si on prétend étudier "la diffusion du révisionnisme", il faut aussi étudier les moyens par lesquels cette diffusion a été d'abord empêchée.

Vous me présenter ensuite comme «l'homme qui a sauvé le négationnisme de son naufrage». La formule est curieuse. Vous auriez pu dire «sauvé du naufrage», mais sauvé de son naufrage, cela signifie que le naufrage est quasiment consubstantiel avec le négationnisme, ce qui n'a pas beaucoup de sens. Ensuite je n'ai jamais sauvé le négationnisme du naufrage, et je ne vois pas de quel naufrage il est question. On peut assez facilement repérer une progression difficile mais constante du «négationnisme»...comme vous dite... depuis qu'il a éclaté au grand jour en 1978, jusqu'à maintenant. On peut constater aussi une répression extrêmement forte qui prend des formes diverses, mais qui signale tout le contraire d'un naufrage sur le plan intellectuel. Ce qui par contre est probablement vrai, c'est que j'ai sauvé Faurisson du lynchage, et peut-être de la mort, au début de cette affaire.

Vous qualifiez ensuite les thèses révisionnistes de «pari»! Mais qu'est-ce que cela veut dire? C'est le pari de Pascal? C'est quoi?... et vous le qualifiez en plus de «pari fou»!?

Que vous souhaitiez faire l'histoire du développement du révisionnisme, et de la diffusion des idées révisionnistes, sans vous poser la question de la pertinence de son propos... Soit! C'est votre convention de départ. Mais en le qualifiant de «pari» et de «pari fou» vous franchissez un autre pas, et je me demande si vous ne perdez pas la possibilité de comprendre précisément le développement même du révisionnisme. Vous dites ensuite: «le négationnisme français nie les chambres à gaz homicides pendant la seconde guerre mondiale». Soit! Je vous signale d'ailleurs qu'il les nie aussi pendant la première guerre mondiale! Car le mythe des chambres à gaz est né le 22 mars 1916 dans le Daily Telegraph qui annonce que 700 000 Serbes ont été gazés par les Bulgares, notamment dans des chambres à gaz «camouflées en centre d'épouillage». Vous dites ensuite:«Il minimise le nombre des victimes juives entre 1940 et 1945»... Mais pour dire que les révisionnistes minimisent, encore faudrait-il que le nombre des victimes juives soit établi. Vous le connaissez, vous? Le chiffre de six millions a été établi dans des conditions à peu près totalement loufoques, au point que nos adversaires ont été obligés de reconnaître qu'il s'agissait d'un chiffre symbolique, et aucun chiffre sérieux n'a jamais été avancé. Les révisionnistes affirment maintenant que le nombre des victimes juives pendant le deuxième conflit mondial est, au maximum, de UN million. Mais je dois dire que les récentes découvertes et la revendication de populations juives beaucoup plus importantes qu'on ne le croyait, en Ukraine et en Biélorussie par exemple, conduiront très probablement à réduire encore ce chiffre. Mais ce chiffre de UN million ne résulte pas d'une quelconque passion des révisionnistes, il résulte d'un travail extrêmement précis, vérifiable, et scrupuleux, l'un effectué par Paul Rassinier dans Le Drame des Juifs européens, confirmé très largement dans le livre de Saning The Destruction of european Jewry, travail d'un démographe professionnel, qui n'a jamais été réfuté, bien au contraire.

«Les camps d'extermination, dites-vous, tel Auschwitz ou Birkenau, ne sont plus!»

Il a fallu longtemps pour que le concept de «camp d'extermination» opposé à «camp de concentration» se différencie et se précise. Mais actuellement, je vous signale que la doctrine officielle est que Auschwitz n'était pas un camp d'extermination, alors que Birkenau l'aurait été. Mais je vous signale que dans la totalité des archives des camps de concentration allemands, le mot «camp d'extermination» (Vernichtunglager) ne figure nulle part, et il a été inventé après la guerre par les ennemis de l'Allemagne, que d'autre part, rien dans ces archives ne permet de différencier les uns par rapport aux autres tous ces camps. Ce n'est que peu à peu qu'une doctrine s'est établie chez les accusateurs de l'Allemagne à ce sujet, et j'ajoute au surplus que si maintenant on désigne comme camp d'extermination spécifiquement destiné à cet usage les camps de Sobibor, Treblinka, Belzec, Chelmnö et Birkenau, rien dans les témoignages disponibles immédiatement après la guerre ne permettait d'établir une différence entre ces camps et tous les autres, qu'il s'agisse de Buchenwald, Sachsenhausen, Orianenburg, Dachau, Mauthausen etc. Ce qui est vrai c'est qu'on a utilisé après la guerre le mot «camp d'extermination» pour stigmatiser la totalité des camps de concentration, ce qui était d'ailleurs dans une certaine mesure justifié, pour signifier dans un langage affectif (et facultatif) qu'un grand nombre de personne était morte dans ces camps. Mais tous les camps, y compris Dachau, Buchenwald, Orianenbourg étaient désignés comme cela, et ni les archives ni les témoignages ne permettent de les différencier, puisque les récits de chambres à gaz existent de façon équivalente, tant pour les camps de l'Est que ceux de l'Ouest, y compris dans les camps dans lesquels les historiens les plus officiels reconnaissent maintenant qu'il n'y en eu jamais. De même qu'il existe dans un cas comme dans l'autre des récits qui ne parlent pas de chambres à gaz. Ce n'est donc qu'avec le temps qu'une doctrine s'est établie. D'ailleurs au début, il n'était pas fait de différence entre le sort des Juifs et le sort des autres déportés, de même qu'il n'était pas fait de différence entre les camps de l'est et les camps de l'ouest.

«Les Juifs auraient inventé leur mort» écrivez-vous. Donc vous imputez aux révisionnistes cette idée selon laquelle les Juifs auraient inventé leur mort. Mais jamais les révisionnistes n'ont dit ni écrit cela. Un certain nombre de Juifs sont morts. Un certain nombre de Juifs ont survécu. On pourrait dire tout au plus que les Juifs survivants on inventé leur extermination, car «exterminer» veut dire tuer jusqu'au dernier. Mais pourquoi utiliser ces mots: «les Juifs auraient inventé leur mort», chose que jamais les révisionnistes n'ont dites.

«Le révisionnisme éradique leur mémoire, pour s'approprier une partie de l'histoire»

Cette formule n'a rigoureusement aucun sens. Par exemple, après la guerre, le Parti Communiste Français était le parti des 75000 fusillés. La plupart de militants communistes y croyaient dur comme fer. C'était extrêmement difficile et dangereux de prétendre soutenir le contraire et de dire que c'était faux. Or c'était totalement et absolument faux dans des proportions colossales. On aurait pu dire: «ceux qui nie les 75000 fusillés du parti communiste français éradiquent la mémoire des communistes pour s'approprier une partie de l'histoire» (La répression sur l'ensemble du territoire national a fait environ 25000 morts, toutes circonstances confondues, dont beaucoup n'étaient pas communistes).

Je vous signale en outre que d'après même l'histoire officielle, le nombre des témoins oculaires, donc le nombre des personnes qui auraient dans leur mémoire propre le souvenir de chambres à gaz qu'ils auraient vues ou aperçues est extrêmement faible, d'après nos adversaires eux-mêmes. Il s'agirait de ces membres des fameux Sonderkomando . Je vous demande donc de réfléchir à cette simple question: les chambres à gaz sont-elles inscrites dans la mémoire des Juifs, ou sont-elles inscrite dans leur culture. Mais la deuxième partie de votre phrase est intéressante. «Pour s'approprier une partie de l'histoire». Jusqu'ici il semblait que l'histoire appartenait à tous et à toutes. Et effectivement on peut constater qu'elle n'appartient pas aux révisionnistes ni à ceux dont la mémoire non conforme n'a pas droit de cité. Et c'est pourquoi dans la phrase suivante il faudra de «l'audace» pour... avancer des arguments...!

Vous prétendez ensuite présenter ces arguments que les révisionnistes ont «l'audace d'avancer». Puis dans un style indirect bizarre, on ne sait plus qui parle. Sont-ce les révisionnistes? Est-ce vous qui reconnaissez qu'il s'agit là de vérités maintenant reconnues par tous? Et dans le même style vous concluez «grâce à l'utilisation du langage codé, la politique hitlérienne a pu conserver son effroyable secret». Si il y a langage codé, qu'on nous le montre et qu'on nous montre le code, et la cause sera entendue. Mais je vous signale que Jean-Claude Pressac a fait justice de cette prétendue théorie du langage codé. D'ailleurs l'article du magazine L'Histoire de juin 1992, intitulé «Pour en finir avec les négateurs» et dont vous dites par ailleurs qu'il est captivant, anéantit en quelques phrases toute l'historiographie jusque là fondée sur la prétendue exploitation d'un prétendu langage codé. Mais le plus curieux c'est que vous écrivez «La politique hitlérienne a pu conserver son effroyable secret». Question: La politique hitlérienne a-t-elle conservé son effroyable secret? ou n'a-t-elle n'a pas conservé son effroyable secret? Parce qu'enfin, les crématoires d'Auschwitz se sont construits en avril-juin 1943, mais l'accusation d'exterminer les Juifs et de les exterminer dans des chambres à gaz a été lancée dés 1942 et répercutée massivement par la propagande de guerre alliée. L'accusation d'exterminer les Juifs par le gaz a même été lancée avant la guerre, et vous la trouverez dans un livre intitulé Les vêpres hitlériennes publié par les éditions Sorlot en 1938. Toujours en style indirect vous dites:«La conclusion est impitoyable. Les antichambres de la mort relèvent de l'invérifiable.» S'agit-il de votre conclusion? Ou plus vraisemblablement de la conclusion que vous attribuez aux révisionnistes. Mais dans ce cas vous ne rapportez pas correctement leurs propos, puisqu'au contraire les révisionnistes soutiennent que l'inexistence des chambres à gaz relève du vérifiable.

C'est la même imprécision visqueuse dans les phrases qui suivent: «L'unique preuve réside alors dans la parole des derniers survivants». Si c'est votre opinion que vous exprimez, vous reconnaissez par là qu'il n'existe aucune trace matérielle, aucune preuve, autre que des récits de survivants. Vous poursuivez: «Ils ont vu, ils ont entendus, ils ont échappé à la mort. Eh bien! si des témoins ont échappé à la mort écoutons leur témoignage, et entendons le pour ce qu'il est. Vous concluez: «Qu'importe, rien n'arrête les négateurs! Les témoignages ne sont que délires, que des leurres». Là, vous prenez parti, et vous falsifiez. Jamais aucun révisionniste n'a prétendu que les témoignages n'étaient que délires, ou des leurres. Les témoignages nous les avons très soigneusement et très sérieusement étudiés. Certains sont des délires et des leurres. D'ailleurs, la plupart du temps ces témoignages complètement délirants contiennent des éléments de vérité. Parmi les témoignages qui sont des délires et des leurres, celui d'Élie Wiesel, La Nuit, celui de Martin Gray, Au nom de tous les miens, celui de Philippe Muller, Trois ans dans une chambre à gaz d'Auschwitz. Parmi les témoignages contaminés par le mythe et qui comportent des éléments délirants, mais qui n'en restent pas moins véridiques pour l'essentiel, celui de Élie et Moshé Gabarz, que j'étudie dans mon livre, celui, remarquable de Anna Novak, J'avais quatorze ans à Auschwitz, republié récemment sous le titre Les beaux jours de ma jeunesse, celui de Paul Chitelmann, et un très grand nombre d'autres que les révisionnistes ont étudié très soigneusement.

Il est totalement faux que les révisionnistes aient éliminé d'un revers de main les témoignages de qui que ce soit, ou plus particulièrement les témoignages qui les dérangeraient, c'est à dire les témoignages qui prétendraient constituer une preuve de l'existence des chambres à gaz. Ils les ont au contraire très soigneusement étudiés. A cet égard je vous citerai l'arrêt de la Première chambre de la cour d'appel de Paris daté du 26 avril 1983. Je cite: «Que s'il n'appartient pas à la cour de se prononcer sur la légitimité d'une telle méthode ni sur la portée des arguments exposés par Monsieur Faurisson, il n'est pas davantage permis d'affirmer, eu égard à la nature des études auxquelles il s'est livré, qu'il a écarté les témoignages par légèreté ou négligence, ou délibérément choisi de les ignorer». Mais «qu'importe, rien n'arrête les [ennemis des] négateurs». On prétendra avec impudence et en toute impunité que «pour eux, les témoignages ne sont que délires, et que des leurres».

Dans le paragraphe suivant, vous continuez sur le même ton persifleur, en prétendant rapporter en style indirect ce que diraient les révisionnistes. Il s'agit en fait de graves déformations, mais je me bornerai à analyser la première et la dernière phrase de ce paragraphe.

La première phrase: «Le génocide juif n'est qu'une grosse farce». Jamais aucun révisionniste n'a certainement dit cela. Ce que nous disons, c'est que le génocide au sens strict est un mythe. Par contre le mot«génocide» a à la fois un sens strict et précis, et un sens générique, qui veut dire en gros: tout ce qui est arrivé au Juifs de terrible pendant la guerre. Lorsque vous attribuer aux révisionniste l'idée : «Le génocide juif n'est qu'une grosse farce», non seulement vous déformez à la fois leur pensée et leurs écrits puisqu'ils n'ont jamais dit rien de tel, mais vous faite dire aux révisionnistes: «Ce qui est arrivé aux juifs pendant la guerre est une grosse farce». Autrement dit toutes les souffrances bien réelles des persécutions, de la déportation, de la décimation en camp de concentration, seraient au minimum pris à la légère par les révisionnistes. Vous les présentez donc comme des monstres, qui partagent des idées parfaitement odieuses et qui n'auraient pas de considération pour les souffrances réelles qui ont pu être infligées au Juifs, et d'ailleurs à beaucoup d'autre, pendant la guerre. Vous les désignez à la vindicte du public bien pensant, pour des idées que vous avez vous-même inventées!

Je passe à la dernière phrase du paragraphe. «Il ne s'agit plus de faire disparaître les Juifs de la terre, le négationnisme veut faire disparaître le fait qu'on les a fait disparaître». Cette phrase est proprement extraordinaire. Je lis bien. D'après vous on a fait disparaître les Juifs pendant la dernière guerre! La preuve c'est certainement qu'ils ont disparu, et qu'il n'y a plus de Juifs. C'est précisément le fait que vous puissiez écrire cette phrase montre que le génocide des Juifs est un mythe, fonctionne comme un mythe. Car il est tout à fait vrai qu'un certain nombre de Juifs ont disparu pendant la guerre. Certains ont été exécutés. D'autres ont été déportés; beaucoup sont morts en déportation, mais précisément, contrairement à ce qui a été mille fois répété, les Juifs n'ont pas disparus. Ils n'ont disparu ni de France, ni de Hongrie, ni de Pologne, ni de Roumanie, et leur nombre a très considérablement augmenté en Afrique du Sud, en Israël, au Mexique, Aux États-Unis, au Canada... Les Juifs ont certainement subi une terrible catastrophe, il n'ont pas été victime d'un génocide, il n'ont pas disparu. C'est à partir de cette constatation élémentaire que le travail de l'historien devrait commencer pour établir précisément ce qui s'est passé pendant la dernière guerre, quel a été le sort des Juifs dans les différents pays d'Europe occupée par l'Allemagne, combien sont morts, et dans quelles conditions, combien ont survécu, et dans quelles conditions. Les révisionnistes prétendent qu'il est maintenant possible d'effectuer ce travail selon les méthodes éprouvées de la recherche et de la critique historique, et que seul l'anathème de nature religieuse lancé par une poignée de zélotes et maintenant conforté par la répression et la censure étatique empêche que ce travail se fasse normalement.

J'arrête ici mon commentaire de votre introduction.

Je vous ai répondu avec retard parce que j'ai du interrompre cette réponse. Je suis sous le coup d'une saisie immobilière à la suite d'une condamnation à 50 000,00 F d'amende pour un article de Mark Weber, dans le n·3 des Annales d'histoire révisionniste. J'ai aussi reçu signification d'une amende de 30000,00 à Amiens, pour l'article paru dans Nationalisme et République que je vous avais remis. En fait, toutes sortes de choses survenues à moi-même ou à mes amis font que j'ai eu d'autres chats à fouetter. Je vous ai donc fait une critique sévère mais rigoureuse. Je pense que vous comprendrez qu'elle est sans animosité. Je vous ai répondu précisément parce que, en dépit des critiques que je suis amené à vous faire, je pense que vous-même et l'ami qui vous accompagnait êtes dénué de véritable méchanceté, mais que vous êtes victime du conditionnement idéologique de votre génération. C'est pourquoi je suis disposé à vous rencontrer pour approfondir les problèmes évoqués.

Maintenant il faut bien vous rendre compte que cette réponse que je vous fais tomberait sous le coup de la loi si elle était publiée. Je risquerais, compte tenu de la récidive, plusieurs millions d'amende, et même la prison, bien que probablement avec sursis pour le moment. Je vous demande donc de ne pas la publier. Je vous serais reconnaissant d'accuser réception de la présente cassette que je vous envoie telle, car dans les circonstances actuelles il m'est difficile de la faire taper à la machine.

Avec mes sincères salutations.



Note de décembre 1999: Ce texte était enregistré sur cassette audio et envoyé à Valérie Igounet le 15 janvier 1993.

La charmante demoiselle n'a pas accusé réception. Mais elle a sollicité et obtenu sans difficulté une nouvelle entrevue à mon domicile le 29 février 1996, en invoquant le fait que je lui avais proposé dans cette cassette «de la rencontrer pour approfondir les problèmes évoqués». L'affaire Garaudy venait d'éclater et, comme je devais m'en apercevoir par la suite, la redoutable nunuche avait besoin de compléter ses fiches sur le "développement du révisionnisme".

Au début de ce mois un ami zététicien me téléphonait: «Tu devrais acheter le dernier numéro de L'Histoire. Il y a un article sur le révisionnisme. Ce sont les cucuteries habituelles mais c'est intéressant parce que l'auteur répète à trois ou quatre reprises que les thèses révisionnistes ou les thèses de Faurisson sont réfutées, mais il ne donne aucun argument, et lui-même ne semble pas vraiment y croire. Les thèses révisionnistes sont réfutées, bien que par personne...».

Effectivement, le n·238 de décembre 1999 contient un article polémique intitulé «Le cas Faurisson. Itinéraire d'un négationiste» qui constitue un bon exemple de l'ultravide documenté. Surprise. Il est écrit par Valérie Igounet, Docteur en histoire. Ainsi la petite nunuche confite en dévotion antifasciste qui m'avait remis son mémoire parfaitement nul, est devenue Docteur en histoire. Sa spécialité, c'est l'histoire révisionniste, dont elle étudie le développement sans se préoccuper de savoir quels éléments de vérité contiendraient les thèses révisionnistes !

Donc dans l'université française, en 1999, on peut devenir Docteur en histoire, en prenant pour objet d'étude d'autres historiens, avec lesquels on polémique, mais qui ne peuvent répondre qu'au risque de l'amende et de la prison!

Il n'est pas d'abjection, selon la morale commune, que la dévotion antifasciste ne sanctifie et ne récompense d'honoraires divers. Je ne croyais pas que cette aimable jeune fille fusse de cette trempe là. Hélas!

En tout cas il est clair que le lobby qui n'existe pas, avec les diligences particulières de François Bédarida, d'André Kaspi, Vidal-Naquet, ne pouvant obtenir que suffisamment de Docteurs en histoire fassent barrage à la marée montante du révisionnisme, se sont employés à pourvoir de doctorat en histoire de jeunes recrues ad hoc. Miséres de l'université!

 


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