AAARGH

| Accueil général | Accueil français |

| La parole à nos adversaires | Bavarde à côté du sujet |



 

SUR UN CAS BÉNIN DE REVISO-DÉFICIENCE

(Les études du docteur Dugenoux, professeur de tératologie à l'université de Caen)

Dans une précédente étude, nous avions décortiqué un cas rarissime d'arménisme de transfert contracté chez un sujet normand irrémédiablement atteint par cette maladie orpheline. Mais la médecine peut-elle continuer de ne s'occuper ainsi que des pathologies graves et rares, sans prendre en compte les innombrables infections bénignes et au combien répandues qui affaiblissent le corps social dans son ensemble ? La médecine n'est-elle pas ce sacerdoce qui doit traquer, jusqu'au plus profond des terroirs, l'écart à la moyenne et diffuser le simple remède qui permettra de continuer à chacun de tenir son rôle et son rang ? Le docteur n'est-il pas celui qui doit mettre knock-out le petit virus qui n'attend que le relâchement d'une honnête vigilance pour faire ressortir ce qu'il y a de bizarre - vous avez dit bizarre - dans l'être humain ?
Or, et sans même s'aventurer jusque dans les provinces reculées, il est un fait qu'il existe au sein de l'université parisienne si peu urbaine une foultitude de savants atteints, régulièrement, mais de manière passagère, de ce que nous proposons d'appeler la grippe révisodéficiente. Chaque année, cette grippe touche des milliers de plumes diplômées, affaiblissent dangereusement leur production jusqu'à les rendre caduques, sans pour autant qu'ils en soient durablement affecté dans leur santé scientifique. La raison en est simple : le sujet de prédilection des impétrants ne concerne en rien le révisionnisme ; mais il arrive que, dans le corps de leur étude, un passage, une phrase, un mot malheureux ne vienne entacher la crédibilité de l'auteur dès lors qu'il aborde un des sujets traités par les révisionnistes. Soit qu'il les ignore de bonne foi, soit qu'il soit dans l'impossibilité juridique d'exploiter leurs recherches, soit les deux mon général, il n'en reste pas moins que le résultat se fait ipso facto sentir : le lecteur averti parce que bien connecté aux sites ad hoc malgré les minables opérations de filtrage des flics de la pensée se laisse aller à pousser un soupir rauque AAARGH ! Soupir qui fonctionne ici comme un symptôme imparable autorisant le diagnostic de révisiodéficience.

Qu'on nous comprenne bien : nous ne parlons pas ici des milliers de bouquins qui évoquent de près ou de loin la seconde guerre mondiale. La cause est entendue et le révisionnisme existe à cause d'eux. Nous parlons plutôt de ces livres a priori totalement étrangers au sujets, dont les auteurs n'ont aucunement maille à partir avec la polémique féroce et ses enjeux sous-jacents : le sionisme, le génocide des Palestiniens, l'asservissement du Moyen Orient. Nous voulons parler de ces livres sur les éléphants nains ou les sauterelles géantes, le costume de plage du Tréport ou les huiles de bronzage de Saint-Tropez. La grippe révisiodéficiente, touche ainsi des auteurs complètement étrangers au problème, incidemment, au détour d'un mot malheureux infectant un paragraphe entier mais rarement plus. Nous proposons ici d'en étudier un cas complexifié que nous appelons - on expliquera pourquoi - affection léondéficiente, du prénom de l'auteur impérissable du livre intitulé Tintin mon copain.

Mais venons au fait. Michel Pastoureau est un scientifique qui possède son sujet (l'héraldique et la symbolique médiévale), sa chaire (à l'EPHE), ses livres (érudits ou de vulgarisation, sur le tissus, les couleurs, ou l'ours), ses élèves, ses colloques, etc. et ne semble être en rien l'imposteur universitaire qui pullule en ce début de XXIe siècle. En un mot il fournit le travail honorable qu'on attend de lui. Des spécialistes pourraient peut être nuancer défavorablement ce jugement, mais disons simplement que, vue de loin, 'il fait son job' pour reprendre l'expression délicate du distingué demeuré qui nous gouverne. Et puis brusquement, au détour d'une chapitre de son dernier opuscule il est vrai très grand public sur Les Animaux Célèbres (éd. Arléa, Diffusion Seuil, mai 2008, 331 p.) consacré à « MILOU », un grognement rauque surgit du fin fond des entrailles du lecteur averti : AAARGH !! Léondéficience. Voyez comment l'ours Pastoureau relate l'origine du fox-terrier d'Hergé :

Milou
(depuis 1929)

Milou est-il le chien le plus célèbre de la bande dessinée ? La réponse à cette question n'est pas facile, d'autant que, contrairement à d'autres chiens, Milou n'est pas le héros principal des histoires qui le mettent en scène. Il n'est que le fidèle compagnon de Tintin, son comparse, son confident, parfois son double. Mais il vit toujours dans l'ombre du jeune reporter et n'est que très rarement la vedette de l'action pendant plusieurs épisodes successifs. Pourtant, dès janvier 1929, lorsque Tintin fait pour la première fois son apparition dans Le Petit Vingtième, il est déjà accompagné de Milou. Tous deux partent Au pays des Soviets et, lorsque leurs aventures hebdomadaires sont réunies en un album, celui-ci s'intitule très naturellement Les Aventures de Tintin et Milou. De même, l'année suivante, lorsqu'ils prennent la direction du Congo, Milou joue un rôle important tout au long de l'histoire ; il est même couronné roi. Toutefois, [p. 283] lorsque le nouvel album est publié, le nom de Milou a disparu du titre (Tintin au Congo). Il en sera de même du suivant (Tintin à Chicago, devenu plus tard Tintin en Amérique), puis de tous les autres. Ce sont dorénavant les aventures de Tintin, pas celles de Milou, ou alors très accessoirement. Au reste, chaque fois que commence une nouvelle aventure, Milou n'est guère enthousiaste. Il invite Tintin à la prudence, lui conseille de rester sagement à la maison, joue les Cassandre, devine et redoute les incidents et les péripéties qui vont survenir.
Plus tard, lorsque le capitaine Haddock entre en scène, dans Le Crabe aux pinces d'or, Milou recule d'un cran dans la hiérarchie des personnages ; puis d'un cran encore lorsque apparaît pour la première fois le professeur Tryphon Tournesol, dans Le Trésor de Rackham le Rouge. Par rapport à ces nouveaux venus, dont la personnalité est de plus en plus affirmée et dont la place se fait envahissante au fil des albums, Tintin lui-même semble cesser d'être la figure de premier plan pour jouer simplement le rôle d'un fil conducteur. Ce sont désormais Haddock et Tournesol les vedettes, et les deux Dupondt les guest stars. Quant à Milou, il perd dans les dernières histoires le caractère fortement « humanisé » qu'il possédait dans les premières aventures et redevient presque - par une sorte d'inversion dont la bande dessinée est peu coutumière - un simple chien. [p. 284]
Mais un chien qui continue de parler. Dès les premiers albums, en effet, Milou est doté de la parole. Il s'adresse à son maître, donne son avis, juge des événements et des personnages. Il n'est malheureusement pas doué pour se faire entendre. On lui parle, il répond, mais aucun des protagonistes ne paraît l'entendre, ni même l'écouter. En fait, c'est surtout au lecteur que s'adressent les paroles prononcées par Milou. De même que sont destinées au lecteur les paroles que Tintin adresse à son chien. Celui-ci fonctionne dans l'image comme une sorte de « canal » entre le héros et son public : récepteur quand Tintin, au lieu de monologuer, lui parle ; émetteur quand lui-même fait par de ses réflexions. Hergé utilise toujours avec beaucoup de finesse le jeu des « ballons » qui enferment les paroles de ses personnages : ballons à appendice continu pour un personnage qui parle, ballons à appendice en chapelet de bulles pour un personnage qui pense ; mais si l'on en croit le périmètre des ballons, il le fait avec beaucoup plus de subtilité que n'importe quel autre protagoniste, Tintin compris. Avec Milou, le lecteur est souvent projeté dans une situation de deuxième ou troisième degré par rapport aux dialogues. En ce sens, il se rapprocherait de Snoopy, vedette canine des comics trips de Charlie Brown. Mais au fil des années, Snoopy a fini par prendre le pas sur son maître au lieu de rester dans son ombre. Ce que Milou n'a jamais réussi à faire par rapport à Tintin.

*

Cela dit, Milou, n'est pas n'importe quel chien, ni un corniaud. C'est un fox-terrier. Lorsqu'il fut créé, à la fin des années 1920, ce choix n'était pas un hasard [et non]. Dans la bonne société belge et française (mais aussi anglaise et écossaise), les fox terriers étaient à la mode. On aimait leur forte personnalité, leur caractère têtu et tenace, leur regard pétillant, leur intelligence supérieure à celle de la plupart des autres chiens. Qu'ils soient téméraires, parfois imprudents, souvent rebelles ne semble pas avoir nui alors à leur excellente réputation. Pour Hergé, doter en 1929 son petit reporter et boy-scout belge d'un tel compagnon, c'était à la fois un moyen de le rattacher à une certaine classe sociale - Tintin n'est en rien un prolétaire, ni même un petit bourgeois [ben non puisque c'est Léon] - et une façon d'annoncer les aventures à venir, le fox-terrier n'étant un chien ni casanier ni résigné.
Comme son nom l'indique, le fox-terrier est à l'origine un chien spécialement destiné à chasser le renard, activité très en vogue en Angleterre et en Ecosse, depuis la fin du Moyen Âge jusqu'au milieu du XXe siècle. Sa petite taille, une quarantaine de centimètres, lui permet de pénétrer dans les terriers ; son courage et sa forte [p. 285] mâchoire, de résister aux attaques du goupil. Devenu animal de compagnie, le fox-terrier a toujours gardé un instinct de chasseur et une détermination farouche pour s'attaquer aux rats, aux chats ou a ses congénères. Les chiens trois fois gros comme lui ne lui font pas peur : c'est un bagarreur. Mais c'est aussi un infatigable joueur, aimant patauger dans la boue, se donner en spectacle (Milou ne manque jamais une occasion de le faire), amuser les enfants et partager les récréations de ses maîtres.
Il est possible que le modèle dont se soit inspiré le jeune Hergé pour créer Milou ait été le célèbre Caesar, fox-terrier blanc à poils durs appartenant au roi d'Angleterre Edouard VII (1901-1910). Véritable vedette internationale, Caesar parcourut l'Europe avec son maître et fut présenté à de nombreux souverains et chefs d'Etat. Vif et malicieux (mais assez laid), il jouait des tours à la domesticité spécialement chargée de son entretien (il avait droit à un bain trois fois par semaine) et faisait le bonheur du public et de la presse dans les cérémonies officielles, le protocole lui étant étranger. Lorsque le roi mourut, en 1910, Caesar eut le droit d'être le premier à suivre le cercueil dans le cortège des funérailles. La reine veuve Alexandra s'occupa désormais de lui, mais le chien sembla inconsolable de la mort de son maître. Il mourut lui-même quatre ans plus tard. Après la guerre, en [p. 287] 1918, une statue à son image fut réalisée par un fameux sculpteur gallois et placée dans la chapelle Saint-Georges du château de Windsor, à côté de la tombe d'Edouard VII, non loin des plaques funéraires des chevaliers de la Jarretière. Les héros de bandes dessinées ne meurent jamais [salut Léon]. Mais si exceptionnellement cela devait arriver un jour, nul doute que Milou reposerait pareillement aux côté de Tintin, dans la chapelle du château de Moulinsart.

Bibl. : Apostolidès (Jean-Marie), Les Métamorphoses de Tintin, Paris, 1984. - Bernheim (Pierre-Antoine), La Vie des chiens célèbres, Paris, 1997. - Groensteen (Thierry), Animaux en cases. Une histoire critique de la bande dessinée animalière, Paris, 1987, pp. 184-187 - Valadié (Ariane), Ma vie de chien. Entretiens avec Milou, Paris, 1993.

Pastoureau semble ignorer l'existence de l'excellent livre de Léon Degrelle, qui révèle non seulement l'identité de Tintin (auquel il a servi de modèle) mais encore celle de Milou, en réalité le chien d'Hitler.

Etrange Milou ! Hergé, plus tard, avouerait ne plus savoir où et comment Tintin avait découvert son alerte petit compagnon de fredaines.
En fait, j'ai presque peur de le révéler. Georges et moi avions déniché, absolument par hasard, sur une vieille photo datant des tranchées de la Première Guerre Mondiale, un gentil quadrupède à l'allure pré-milounesque. Hergé, qui cherchait pour ses B.D. un petit chien ou l'autre parmi des millions d'autres chiens blancs et futés, fut frappé par cette image imprévue. Le petit chien blanc de la photo dressait son nez fureteur aux pieds de soldats allemands, plutôt dépenaillés. C'est à cause d'un de ces soldats que ladite photo avait été publiée, dix ans après, par l'hebdomadaire que nous feuilletions.
Quel soldat, me direz-vous ?
J'ose à peine vous répondre car vous allez faire explosion ! Je me contenterai de vous dire que le nom du soldat commençait par un H Adolf H., si vous insistez trop ! Regardez la vieille photo, vous comprendrez vite.
Le brave Hergé, questionné à ce sujet après 1945 se contentait de répondre évasivement : « Milou ? Je ne me souviens vraiment plus d'où il est sorti ». C'était plus sage ! »
(Léon Degrelle, Tintin mon copain, aaargh reprint 2005, p. 16).

Du coup, la notice de Pastoureau tombe à plat et l'ours, pataud, doit rejoindre sa caverne qu'il devra bien finir par éclairer.
La fois prochaine, nous traiterons d'un cas à la fois grave et répandu dans l'alma mater : la sinusioniste. Elle touche des universitaires sérieux et compétents qui, cette fois en pleine connaissance de cause, se mettent brusquement à s'aplatir plus bas que carpette devant des représentants du sionisme, parce qu'ils pensent que cela va booster leur carrière. Et de partir en lutte contre le fascisme et l'anti-sémitisme pour prendre du carbure. Nous envisagerons ainsi l'exemple d'un élève de Dumézil, Daniel Dubuisson, brillant exégète de la tri-fonctionnalité, fin lecteur du Ramayana, puis qui se pique bizarrement d'éternuer contre Mircea Eliade et tous les fascismes de la création en prétextant de son passé, su et connu de tous (Impostures et pseudo-science : L'uvre de Mircea Eliade).

Les lecteurs ne s'y sont pas trompés :
On a parfois besoin d'ennemis et d'une cause juste pour avoir l'impression d'exister. C'est bien la croisade de M. Dubuisson pour ramener les lecteurs d'Eliade au sens des convenances. Réduire Eliade - par une attitude scientifiquement correcte - au péché fasciste (le même tort que l'on fait à Heidegger lorsqu'on s'énerve tout seul en croyant avoir tout compris à partir d'une page de biographie, tout en ignorant l'impact incomparable de sa pensée sur l'histoire de la métaphysique) ou reprocher à un savant qui écrit sur le sacré un certain penchant mystique, comme si toute trace d'expérience devait être soigneusement bannie de l'uvre scientifique (voir aussi les "Mythologies du XXe siècle" du même Maître Dubuisson), c'est pratiquer parfaitement une culture de l'humeur acariâtre. Au nom de qui, de quoi? Une seule question aux auteurs qui croient avoir trouvé quelque chose, batailler au nom de la justice: êtes-vous heureux, Messieurs ? (commentaire d'un lecteur posté sur Amazon : « Croisade scientifique revêche », 22 novembre 2005)

Mais auront-ils bien perçu que l'humeur en cause est selon toute vraisemblance sionisuidale, i.e. motivée par l'intention tordue de donner des gages aux sionistes ?

 


Ce texte a été affiché sur Internet à des fins purement éducatives, pour encourager la recherche, sur une base non-commerciale et pour une utilisation mesurée par le Secrétariat international de l'Association des Anciens Amateurs de Récits de Guerre et d'Holocauste (AAARGH). L'adresse électronique du Secrétariat est <aaarghinternational@hotmail.com>.

Afficher un texte sur le Web équivaut à mettre un document sur le rayonnage d'une bibliothèque publique. Cela nous coûte un peu d'argent et de travail. Nous pensons que c'est le lecteur volontaire qui en profite et nous le supposons capable de penser par lui-même. Un lecteur qui va chercher un document sur le Web le fait toujours à ses risques et périls. Quant à l'auteur, il n'y a pas lieu de supposer qu'il partage la responsabilité des autres textes consultables sur ce site. En raison des lois qui instituent une censure spécifique dans certains pays (Allemagne, France, Israël, Suisse, Canada, et d'autres), nous ne demandons pas l'agrément des auteurs qui y vivent car ils ne sont pas libres de consentir.

Nous nous plaçons sous la protection de l'article 19 de la Déclaration des Droits de l'homme, qui stipule:
ARTICLE 19 <Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontière, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit>
Déclaration internationale des droits de l'homme, adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU à Paris, le 10 décembre 1948.


aaarghinternational@hotmail.com