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V. AVEUX ET TEMOIGNAGES

On ne s'étonnera pas que dans une affaire aussi gigantesque, on rencontre des accusés qui avouent et d'autres qui nient farouchement, des témoins à charge et d'autres à décharge. Bien entendu, se plaignent les révisionnistes, on ne nous parle pas des accusés qui nient et pas davantage des témoins à décharge : il faut pourtant savoir que, à quelques très rares exceptions près, les déportés juifs d'Auschwitz disent n'avoir jamais vu de chambre à gaz ; certains disent même n'en avoir entendu parler qu'après leur libération. Nous en reparlerons, mais il nous fallait, d'entrée, rappeler un fait aussi essentiel et qu'effectivement, on nous cache.

Rappelons ensuite que le témoignage et l'aveu sont des choses fragiles et aléatoires. Nous savons tous que n’importe qui est susceptible d’avouer avoir cassé le vase de Soissons au terme d’un interrogatoire mené de façon adéquate. Les exemples de cette fragilité sont innombrables ; donnons-en quand même quelques exemples :

Si, en l'occurrence, les aveux et témoignages furent choses particulièrement fragiles et aléatoires, c'est, disent les révisionnistes, pour les raisons que voici :

  1. Il régnait, en cette fin de guerre, une hystérie collective anti-allemande tout à fait extraordinaire, dont peuvent témoigner tous les contemporains. Pareil climat ne pouvait qu'avoir une influence suggestive sur les enquêteurs, les procureurs, les juges, les témoins et même les accusés.

  2. Les fondements du Droit furent bafoués par les concepteurs et organisateurs des procès contre les Allemands ; dès lors, ces procès, politiques et médiatiques, ne furent souvent que mascarades. Par exemple, les statuts du Tribunal Militaire International de Nuremberg stipulaient que « Le tribunal ne sera pas lié par les règles techniques relatives à l'administration des preuves. » (art. 19) ou encore, « Le tribunal n'exigera pas que soit rapportée la preuve des faits de notoriété publique, mais les tiendra pour acquis. » (art. 1). De la sorte, le TMI avalisera la version soviétique des 4.000.000 de morts d'Auschwitz. En ce qui concerne le procès-mère (Nuremberg), le président de la Cour suprême des Etats-Unis, Harlan Fiske Stone, fit remarquer : « [Le procureur général des Etats-Unis] Jackson est parti diriger des séances de lynchage de haut vol à Nuremberg. Peu m'importe ce qu'il fait aux Nazis, mais je ne supporte pas qu'on aille prétendre qu'il dirige une cour et des débats selon le droit dans son sens habituel. » [1]

  3. Certains témoins et la plupart des accusés furent soumis à la torture psychique et à la torture physique (notamment les célèbres Höss et Pohl : pour le premier, il suffit de se référer à ses tortionnaires). Par exemple, on menaçait le personnel des camps situés en Pologne (C'était le cas d'Auschwitz.) de les livrer aux communistes polonais ou soviétiques avec les risques évidents pour leur vie que cette livraison comportait. Mais c'était là une forme douce de torture ; ainsi, une commission d'enquête américaine, envoyée en Allemagne en 1948, établit que les Allemands traduits devant le tribunal américain de Dachau avaient été soumis à des tortures physiques et psychiques de toutes sortes : ainsi, sur 139 accusés dont le cas fut étudié, 137 avaient reçu des coups de pied dans les testicules et ils en avaient gardé des séquelles durables.
    Comment des démocrates ont-ils pu en arriver à appliquer des méthodes qu'ils étaient précisément chargés d'instruire et de juger ? C'est très simple : que ce soit pour la recherche, l'accusation ou le jugement des crimes de guerre, Anglais et Américains eurent tendance, bien entendu, à recruter ceux des leurs qui parlaient couramment allemand ; il s'ensuivit, sans qu'on y prenne garde, que ces nouveaux services furent composés majoritairement de juifs allemands naturalisés de fraîche date après avoir fui l'Allemagne nazie (nous en avons vu un exemple plus haut avec le célèbre substitut Kempner). Ce noyautage fut facilité par la présence du colonel juif David Marcus (qui allait devenir commandant en chef de l'armée juive en Palestine) à la tête de la section américaine des crimes de guerre. C'est lui qui, à ce titre, sélectionna la plupart des juges, procureurs et avocats des tribunaux américains satellites de Nuremberg. Écœuré, le président d'un de ces tribunaux, le juge Wenersturm, qui était également membre de la Cour Suprême de l'Iowa, démissionna en expliquant notamment au Chicago Tribune qu'il lui était apparu que 90% du personnel de son tribunal étaient prévenus contre les accusés pour des raisons politiques et raciales. Si tout cela est vrai et on a effectivement de bonnes raisons de le croire, on peut imaginer facilement de quelle manière la justice fut rendue : tous ces policiers, procureurs, juges et témoins juifs réglèrent leurs comptes d'une façon tout à fait compréhensible (sans doute aurions-nous fait la même chose) mais néanmoins parfaitement inique pour la justice et tout à fait dommageable pour l'histoire. [2]
    On ne pourrait donc guère se baser sur les décisions des tribunaux de Nuremberg et d'ailleurs pour se faire une conviction sur l'extermination des juifs.
    Dans ces conditions et en dehors des cas de torture, on peut comprendre que la tactique la plus souvent employée par les témoins et les accusés pour essayer de se concilier les bonnes grâces du tribunal, fut de ne pas nier les faits essentiels déjà admis par ledit tribunal, mais de se défendre d'y avoir pris part ou tout au moins de les présenter comme ayant été exécutés sous la contrainte d'ordres reçus. Ils en rejetaient, si possible, la responsabilité sur ceux qui étaient déjà morts ou qui étaient introuvables. Bref, disent les révisionnistes, la plupart des prévenus ou témoins cités par l'accusation (souvent accusés par ailleurs) essayaient de sauver leur peau comme ils le pouvaient, sans se soucier des conséquences historiques de leurs aveux et témoignages.
    Toutefois, certains accusés, plus courageux, niaient farouchement mais il était évident qu'ils ne faisaient qu'aggraver leur cas : de « criminels », ils devenaient « criminels endurcis ». Selon les révisionnistes, l'un d'eux, Richard Baer, qui avait été l'un des successeurs de Höss à la tête d'Auschwitz, mourut même mystérieusement en prison. Baer niait avoir gazé qui que ce soit et même avoir jamais entendu parler de chambre à gaz et son attitude retardait l'ouverture du procès médiatique et pédagogique de Francfort de 1963, dont Baer, vu ses responsabilités passées, devait être la vedette. Les dénégations publiques de pareil accusé auraient été contre-productives pour les organisateurs du procès et sa mort les arrangeait trop bien pour qu'on ne se demande pas, en effet, s'il ne fut pas aidé à mourir (le rapport d'autopsie n'exclurait d'ailleurs pas qu'il ait été empoisonné). Lors du procès, il ne fut même pas question de son interrogatoire et on comprend pourquoi. On notera aussi que le troisième et dernier commandant d'Auschwitz, Arthur Liebehenschel, qui fut pendu par les Polonais, ne reconnut pas davantage la réalité des gazages, semble-t-il. Josef Kramer, qui fut commandant à Birkenau, affirma que toutes ces accusations de gazage n'étaient que mensonges (« Tout ce que je peux répondre à ça, c'est que c'est faux du début à la fin. ») et les Britanniques le pendirent également (dans le procès de Belsen). 

  4. La plupart des témoins à charge sont des juifs victimes de la persécution nazie : leur désir de vengeance, nous en avons déjà dit un mot, est bien compréhensible, mais il n'est pas le meilleur garant de la véracité de leurs dires. Tous ces témoins, sans aucune exception, dirent des choses tout à fait incroyables et, à y bien réfléchir, c'est bien pour cela qu'ils avaient été retenus :

En définitive, les témoignages célèbres les plus crédibles sont les plus inconsistants et, bien entendu, ils n'ont jamais été évoqués en justice.
Toutes ces invraisemblances s'expliqueraient, selon Reitlinger, par le fait que la plus grande partie de la documentation sur les « camps de la mort » a été réunie par une commission officielle polonaise et une commission juive, qui ont interrogé les « survivants physiquement valides, qui étaient rarement des hommes cultivés (...) De plus, le juif d'Europe orientale est rhétoricien de nature : il aime s'exprimer en usant de comparaisons fleuries » : ainsi, quand un témoin parle de « wagon-lit », il faut comprendre « voiture de voyageurs » (par opposition à « fourgons à bestiaux »). « Parfois, l'imagination dépasse toute crédibilité (...) Même les lecteurs qui ne souffrent pas de préjugés raciaux peuvent trouver un peu trop gros, pour arriver à les digérer, les détails sur ces assassinats monstrueux et être amenés à (...) reléguer ces récits parmi les fables (...) Au fond, les lecteurs ont le droit de penser qu'il s'agit de témoins 'orientaux' pour lesquels les nombres ne sont que des éléments de rhétorique ». On commencerait, à lire Reitlinger, à prendre plus au sérieux le dicton russe « Menteur comme un témoin oculaire ». 
L'historien juif Samuel Gringauz n'est pas moins sévère : « (...) la plupart des mémoires et rapports [des « survivants de l'Holocauste »] sont pleins de bavardages absurdes, d'outrances d'écrivassiers, d'effets de théâtre ; ils étalent un culte exagéré du moi, une philosophie d'amateur, un prétendu lyrisme d'emprunt, des rumeurs non vérifiées, des partis pris, des attaques partisanes et des apologies.
» [4] 
Tout comme Reitlinger et Gringauz, les autres historiens doivent bien admettre que tous les témoins cités en justice ou dont le témoignage a été largement diffusé, ont dit des choses extravagantes, mais ne disposant que de ces témoignages pour étayer leurs thèses et devant bien s'en contenter, ils rétorquent que ces témoignages sont valables « pour l'essentiel », ce qui est, on l'admettra, un curieux raisonnement. Ceci ne les empêche pas de dénoncer les « pseudo-méthodes » des révisionnistes qui manqueraient de la rigueur nécessaire à la recherche historique [5] ; en clair et pour parler comme tout le monde, les historiens admettent, de la part des témoins, des dérives systématiques par rapport à la version admise par consensus (c'est-à-dire qui a paru admissible) : l'hyperbole ne semble pas les déranger et pas davantage la transgression des lois physiques et chimiques.
Cette tolérance (pour ne pas parler de complaisance) va très loin : ainsi Pressac, examinant les témoignages du célèbre docteur Nyiszli, du cordonnier Tauber et de quelques autres, constate que ces témoins décrivent des choses en moyenne quatre fois plus grandes que ce qu'elles sont ou devraient être. N'importe qui de sensé en rirait et éconduirait le témoin ; la défense réclamerait un examen psychiatrique ; un juge de mauvaise humeur ce jour-là le condamnerait pour outrage à magistrat. Les historiens, eux, ne sont pas troublés par si peu : Pressac en conclut simplement que ces témoins ont utilisé un « coefficient multiplicateur » qu'il fixe, en l'occurrence, à 4. Il va jusqu'à généraliser ce raisonnement comme s'il reposait sur une loi logique : il ne s'étonne donc pas davantage de ce que le nombre de victimes d'Auschwitz (actuellement fixé à moins de 1.000.000) ait pu être fixé erronément jadis à 4.000.000 : ce n'est qu'un cas d'application de cette loi.
Théorisant cette « découverte », Pierre Vidal-Naquet n'hésite pas à écrire dans la préface du livre de Mayer en 1990 : « Que l'on puisse dire aujourd'hui que tel témoignage important doive être affecté, quant aux nombres, d'un coefficient de division par quatre est une conquête scientifique que nous aurions grand tort de bouder. »
Et comme, apparemment, les historiens avaient raison quand ils fixaient le nombre des morts d'Auschwitz à 4.000.000, ont encore raison au moment où ils le fixent à 1.000.000, et auront toujours raison quand, demain, on peut le craindre pour eux, il leur faudra le fixer à 100.000, Vidal-Naquet ajoute : « On ne diminue pas le crime des Nazis en renonçant à des chiffres faux. La question du nombre exact des victimes n'est pas essentielle. »
Serait-ce donc un détail ? Jean-Marie Le Pen fut poursuivi pour moins que cela, ce qui tend, au moins, à prouver que la Justice française est sélective.
Plus fins et même subtils, bref apparemment très embarrassés, Yannis Thanassekos et Jean-Marie Chaumont de la Fondation Auschwitz, expliquent : « On notera enfin que si les exagérations de certains témoignages surprennent ou même agacent, elles sont renvoyées soit à une pathétisation que le rescapé croit nécessaire pour compenser la banalité et l'indigence des mots, soit encore à des facteurs psychologiques de mise en valeur. L'important est ici peut-être pour commencer que, contrairement à une opinion assez répandue chez certains historiens en particulier, ils n'en sont nullement dupes mais aussi que ces exagérations ont comme un fondement objectif dans l'inconcevabilité même de l'expérience concentrationnaire : elles apparaissent ainsi comme une forme élémentaire de mise en fiction destinée à transmettre, au-delà de l'exactitude des chiffres et des faits, le sentiment de démesure radicale quotidiennement éprouvé. »
Une autre historienne très à la mode actuellement, Annette Wieviorka, chercheuse au CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), est tout aussi étonnante ; parlant du fameux rapport de Vrba et Wetzel (lequel donne 1.765.000 morts à Birkenau entre avril 1942 et avril 1944), elle écrit : « Certes, il y a des erreurs, notamment dans les chiffres dont nous savons aujourd'hui qu'ils sont surévalués, ou dans les descriptifs des chambres à gaz. Mais ces erreurs sont minimes par rapport à l'exactitude globale du rapport et du processus d'anéantissement qui s'y déroule. » Et d'excommunier les révisionnistes coupables d'« hypercritique » et de renvoyer pour « contre-hypercritique » les historiens, comme Jean-Claude Pressac, qui tentent de leur répondre : le travail de Pressac sur la technique employée dans les gazages, dit-elle encore, est certes utile pour faire taire les « négateurs » et permettre une meilleure estimation du nombre de victimes mais il n'en constitue pas moins « un produit monstrueux en ce qu'il gomme totalement l'humanité des victimes et réduit ainsi Birkenau et la destruction des victimes à un pur problème technique. »
Cette attitude peu scientifique, on le notera, est une constante chez les historiens (en dehors de Wellers et, plus récemment, de Pressac, raison pour laquelle nous nous référerons si souvent à ce chercheur). En 1979, par exemple, Le Monde publiait une déclaration de 34 historiens français, dont Poliakov et Vidal-Naquet ; le point fort en était : « Il ne faut pas se demander comment techniquement un tel meurtre de masse a été possible. Il a été possible techniquement puisqu'il a eu lieu. Tel est le point de départ obligé de toute enquête historique sur ce sujet. Cette vérité, il nous appartenait de la rappeler simplement : il n'y a pas, il ne peut y avoir de débat sur l'existence des chambres à gaz ». [6]
De suite après la guerre, le docteur Bendel, célèbre témoin au procès de Belsen et au procès Tesch, ne disait déjà rien d'autre. Comme le rappelle Carlo Mattogno, un avocat de la défense l'interrogea sur une des nombreuses absurdités de son témoignage, à savoir que les Allemands, en telle circonstance, avaient enfermé 1.000 prisonniers dans une pièce de 40 m2 et 64 m3 (ce qui donne 25 personnes par m2 et 16 personnes par m3) :

Avocat : « Comment est-il possible de faire entrer 1.000 personnes dans une pièce de 64 m3 ?  »
Témoin : « Cela, il faut se le demander. Cela ne peut se faire qu'avec la technique allemande. »
Avocat : « Soutenez-vous sérieusement que dans un espace d'un demi-mètre cube, on puisse mettre 10 personnes ? »
Témoin : « Les 4 millions de gens qui ont été gazés à Auschwitz en sont les témoins. »

Toutes ces bizarreries, venant de gens diplômés d'universités, d'historiens et d'universitaires à la mode, de chercheurs travaillant dans des institutions prestigieuses, donnent une idée du délabrement du raisonnement que peuvent provoquer la fièvre dogmatique et le conformisme ; l'argument d'autorité remplace la discussion et la pétition de principe remplace le syllogisme : on tient pour vrai ce qui fait l'objet même de la question. Cette attitude vicieuse a pourtant sa logique, pensent les révisionnistes : incapables de discuter du pourquoi et du comment, certains historiens préfèrent ne pas en discuter du tout et jeter le discrédit sur ceux qui acceptent d'en discuter ; pire, la plupart se souillent au point de réclamer l'emprisonnement de leurs adversaires !
Et pourtant, la méthode des révisionnistes semble licite et c'est une méthode policière habituelle : interrogatoire, contre-interrogatoire, confrontation, critique, réflexion, doute, expertise, reconstitution permettent de faire le tri entre les témoins honnêtes et les inévitables fabulateurs. Seuls, nous semble-t-il, les bigots peuvent contester ce point de vue. Si, jadis, dans les procès en sorcellerie, les juges s'étaient davantage préoccupés (ils le firent parfois) de la longueur de la queue du diable, ils n'auraient pas envoyé tant de malheureuses femmes au bûcher. De la sorte, peu de témoins sortent indemnes du travail de critique des révisionnistes, si ce n'est quelques rares témoins qui n'ont rien dit de concret : quand on parle du diable, il vaut mieux ne pas donner trop de détails.

Si la théorie du « coefficient multiplicateur » (ou « diviseur », c'est selon) expliquerait les absurdités des témoins (sans que Pressac détaille leurs motivations), comment expliquer celles des SS en aveu ?
Pressac les explique par la même théorie et il donne même les motivations psychologiques des SS : ceux-ci ont exagéré leurs méfaits « par orgueil professionnel » et « par vantardise » (« par fierté professionnelle », disait déjà Reitlinger) : ainsi, par exemple, ont-ils utilisé dans le calcul des capacités de crémation d'Auschwitz un « coefficient multiplicateur » de 2 à 3 (et même bien plus). Pressac va jusqu'à attribuer aux SS une large responsabilité dans les invraisemblances de l'histoire officielle. Il y a peut-être parfois du vrai dans cette explication (et, à l'occasion, nous ne manquerons pas de nous y référer, par exemple, lors de l'examen du rapport Korherr et du cas des Einsatzgruppen) mais on est en droit de se demander si les exagérations et invraisemblances (on n'ose dire les mensonges) contenues dans leurs aveux, n'étaient pas le plus souvent la conséquence de coups de pieds reçus dans les testicules.

Avant d'examiner quelques cas de témoignages célèbres sur l'extermination des juifs dans des chambres à gaz, relevons à nouveau que certains témoins ont raconté qu'il y avait eu aussi des chambres à gaz homicides dans des camps non juifs comme Dachau, Buchenwald ou Bergen-Belsen : leurs prétentions sont généralement combattues par les historiens soucieux de garder aux seuls juifs le monopole de la mort génocidaire. Parmi eux, le bien connu Arthur Haulot, ancien commissaire général (belge) au tourisme, qui, en 1945, au retour d'Allemagne, écrivit un « reportage hallucinant sur sa captivité dans les camps de la mort de Dachau et Mauthausen » : Haulot y dit qu'il y eut des chambres à gaz dans ces camps. Or, l'histoire officielle est formelle : il n'y en eut qu'en Pologne dans les camps réservés aux juifs. Certes, Haulot rentrait tout juste de captivité et on peut comprendre certains excès de langage à chaud. Toutefois, il a réédité son ouvrage en 1985 sans rien y changer. Citons encore deux autres affirmations qui apparaîtront extravagantes aux plus bienveillants :

De son côté, un certain Moshe Peer, qui aurait été déporté de France à Bergen-Belsen à l'âge de 11 ans, racontait encore, pas plus tard qu'en 1993 devant 300 jeunes à la Petah Tikva Sephardic Congregation de Saint-Laurent (Canada), qu'il était passé au moins six fois dans la chambre à gaz de ce camp allemand dans lequel, selon les historiens eux-mêmes, il n'y a pourtant jamais eu de chambre à gaz. Peer disait ne pas savoir comment il avait pu en réchapper ; il émettait prudemment l'hypothèse que c'était dû à son âge : « Peut-être que les enfants sont plus résistants ? ». [7]

Si ce Peer est un illustre inconnu sur lequel il est difficile de porter un jugement, par contre, Haulot, lui, est un homme estimé. Dès lors, pourquoi donc faudrait-il croire a priori les témoins qui attestent les gazages d'Auschwitz et non ceux qui attestent les gazages de Dachau ou Bergen-Belsen ? [8]

Ceci dit, examinons -brièvement, il est vrai- quelques aveux et témoignages célèbres, souvent exploités par les historiens.

Capital a été le témoignage de Rudolf Höss (prononcez Heuss et ne confondez pas avec Rudolf Hess, qui fut le dauphin de Hitler). Höss fut le commandant d'Auschwitz pendant la plus grande partie de la guerre. C'est lui qui créa le camp et mit en place, dit-on, les installations de gazage des juifs. Il a notamment laissé une confession écrite (dans la prison polonaise où il attendait sa grâce ou son exécution), confession,

Il est pourtant à noter que plus le temps passait, plus Höss retrouvait la mémoire et plus il devenait précis jusqu'à ce qu'on fut, disent les révisionnistes, en présence d'une version qui avait une apparence de vraisemblance et sur laquelle fut moulée la version holocaustique officielle, laquelle inspira de nombreux témoignages postérieurs. Les jeunes doivent savoir que, auparavant, les témoins et les historiens étaient fort confus : ils racontaient que les Allemands utilisaient qui les flammes, qui la vapeur, qui l'électricité tantôt dans des piscines tantôt sans piscines, qui la chaux vive, qui des pompes à vide, qui des pompes de « désoxygénation », qui la fusillade, qui l'arme blanche, etc., certains -pourquoi pas après tout- parlant aussi de gaz (avec ou sans bain chaud). [9] La commission soviétique qui enquêta à Auschwitz en 1945 et interrogea 2.819 ex-détenus, déclara le 6/5/1945 que plus de 4.000.000 de détenus y avaient été exterminés « passés par les armes, morts de faim, empoisonnés et atrocement torturés ». Certes, par la suite, cette commission parlait de gaz mais ce n'était qu'un exemple qu'elle donnait des « mauvais traitements » réservés aux détenus. Eh oui, voilà la vérité : 2.819 détenus d'Auschwitz (dont 346 de France, 159 de Hollande et 41 de Belgique), interrogés à Auschwitz même (ce qui donnait une grande force à leur témoignage) et au lendemain de leur libération (c'est-à-dire sans avoir été influencés par la lecture des historiens) ont témoigné qu'en résumé, les morts d'Auschwitz avaient été « passés par les armes », étaient « morts de faim », avaient été « empoisonnés et atrocement torturés » ! Si le gazage avait été cette arme industrielle décrite par les historiens, comment croire que ces 2.819 détenus auraient pu l'ignorer ? Comment ne pas douter que le gazage de masse est, pour l'essentiel, un mythe fabriqué après la libération des camps ? Les jeunes doivent savoir encore que pour ce qui est des corps des détenus exterminés, l'historiographie naissante enseignait couramment qu'on en faisait du savon ou encore des lubrifiants, à moins qu'on ne les incinérât et qu'on se servit des cendres comme engrais ou pour nourrir des poissons.
Avec le temps, il est finalement apparu aux yeux des historiens que le témoignage de Höss les desservait. Dès lors, ils commencent à « lâcher » ce témoin et cela, bien qu'il constitue la clé de voûte de leur construction. Ainsi, R. Faurisson cite-t-il :

Autre témoin célèbre : le SS Kurt Gerstein, surnommé l' « Espion de Dieu », dont Hochhut s'inspira dans sa célèbre pièce à scandale « Le Vicaire » et dont les divers témoignages ont été analysés de façon exhaustive par Henri Roques dans la fameuse « Thèse de Nantes ». Ce Gerstein disait s'être engagé dans la SS pour en percer les « secrets » : ceci est déjà un mensonge, car il avait d'abord voulu s'engager dans la Luftwaffe ; celle-ci l'avait réformé et lui avait conseillé de tenter sa chance dans la SS qui engageait à-tout-va. Il y devint le spécialiste de l'épouillage et de l'épuration de l'eau. Son témoignage est celui d'un déséquilibré et d'un mythomane voire d'un mystificateur : il parle, par exemple, de 25.000.000 de morts rien que pour Belzec et Treblinka ; l'ingénieur qu'il était affirme avoir mesuré les chambres à gaz de Belzec (25 m2 de superficie) et avoir compté le nombre de suppliciés qu'on y entassait sous prétexte de leur faire prendre une douche (700 à 800 à la fois), ce qui donne 28 à 32 personnes par m2. Bref, pour les historiens, qui l'ont parfois corrigé, souvent expurgé de ce qui était trop extravagant, c'est un témoignage « valable pour l'essentiel » et pour les révisionnistes, c'est un témoignage extravagant à écarter. En fait, son récit est tellement incroyable que la Justice française se mit à le soupçonner d'avoir participé aux massacres qu'il dénonçait et, victime de son propre jeu, Gerstein se pendit dans sa cellule peu après la rédaction de ses divers témoignages. Il est à noter que, durant la guerre, Gerstein avait déjà fait part de ces gazages de masse à Belzec et Treblinka et qu'après la guerre, un professeur d'hygiène du nom de Pfannenstiel, qui était inspecteur des installations sanitaires de la SS, confirma l'essentiel du témoignage de Gerstein tout en réduisant l'échelle de ces massacres (c'étaient des massacres isolés ignorés de Berlin, etc.) ; on ne peut toutefois pas tenir compte de ce témoignage pourtant capital car Pfannenstiel, pour prix de son refus initial d'avaliser les déclarations extravagantes de Gerstein, fut maintenu plus de 5 ans en prison et, bien entendu, on peut craindre qu'il ait finalement fait comme tout le monde : avouer ce qu'on voulait qu'il avoue pour retrouver la liberté, la paix, sa femme et ses cinq enfants et il fut effectivement relaxé quelques jours après avoir accepté de cautionner Gerstein avec, tout de même, des réticences, ainsi que nous l'avons dit. Toutefois, en privé, Pfannenstiel qualifia le récit de Gerstein de « fantaisiste » (cf. la lettre de Pfannenstiel à Rassinier retrouvée par R. Faurisson et publiée par H. Roques). Par contre, un autre témoin célèbre, le résistant polonais Jan Karski, qui prétendit aussi être entré dans le camp de Belzec, donna une description très différente des opérations de mise à mort (les juifs étaient rechargés dans des wagons dont le plancher était recouvert de chaux vive [11], etc.), de sorte qu'on ne sait même plus lequel de ces témoins déclarés dignes de foi mais en désaccord complet, il faudrait croire pour ne pas tomber sous le coup des lois liberticides des Gayssot, Eerdekens, Mayeur et autres Stengers. [12] L'expert canadien Ball a achevé de discréditer les thèses des massacres de masse à Belzec et Treblinka : Gerstein était, à n'en pas douter, un fabulateur de premier ordre.

Souvent cité et controversé a été le témoignage de Johann-Paul Kremer (ne confondez pas avec Josef Kramer, qui exerça divers commandements, notamment à Auschwitz). C'était un professeur d'anatomie déjà âgé, qui avait été rappelé pour 2 à 3 mois à Auschwitz dans l'été 1942 au plus fort d'une vague d'épidémies diverses : typhus, typhoïde, dysenterie, etc. Il tenait un journal, malheureusement en style télégraphique, dans lequel il a exprimé l'horreur que lui inspirait Auschwitz (face à l'extermination, disent les historiens ; face aux épidémies, disent les révisionnistes). Kremer, bien qu'ayant participé à des « actions spéciales » qu'il relate, n'avait pas cru bon de détruire son journal, ce qui constitue un bon point pour les révisionnistes. La première lecture de ce journal par celui qui croit encore intensément aux gazages, est accablante pour les Allemands. Toutefois, une seconde lecture approfondie va dans le sens des révisionnistes, surtout si on se donne la peine de lire les commentaires des uns et des autres (on lira en annexe 4 l'analyse d'un court mais célèbre extrait de ce journal) ; la conclusion qu'on en tire est que, à l'été 1942 du moins, on n'y gazait pas les déportés juifs, mais qu'ils y mouraient en masse du fait d'épidémies effrayantes. (Ainsi, près du tiers des détenus immatriculés au 1er septembre 1942 sont-ils morts au cours du mois !)
Jugé à Cracovie, Kremer avoua la réalité des gazages et sauva sa tête ; revenu en Allemagne, il dut se reconfesser (procès de Munster). Cité à charge au procès de Francfort, il ne chercha pas à revenir sur ce qu'il avait reconnu précédemment, mais, pensent les révisionnistes, on est en droit de se demander si ce n'était pas pour qu'on cesse de l'importuner. (Il avait plus de 80 ans, avait passé 10 ans en prison, avait été persécuté à son retour : il devait bien savoir que tout reniement lui vaudrait de nouveaux ennuis et à son âge...)

Le célèbre juge SS Konrad Morgen fut un témoin très utilisé pour attester l'existence des chambres à gaz : en 1946, à Nuremberg, il les localisa toutes à Monowitz, complexe industriel aussi appelé Auschwitz III, où les historiens n'en placent aucune. Or Morgen devait bien connaître Auschwitz (il y avait enquêté sur des abus commis par la section politique du camp) et aucune confusion de sa part n'est envisageable. Plus tard, dans les années 60, à Francfort, il les situa enfin « correctement » à Birkenau ! Tant qu'il y était, il attesta aussi la fabrication de savon juif.

Et Adolf Eichmann ? Ce SS était chargé de la déportation des juifs (en dehors de la Pologne et la Russie), Höss s'occupant de la mise à mort. Enlevé en Argentine par les Israéliens, il fut la vedette d'un procès célèbre mais qui fut surtout médiatique et pédagogique, car on y raconta un peu n'importe quoi, ce qui a également été le cas lors du procès Demjamjuk. Eichmann reconnut la réalité de l'extermination dans des chambres à gaz, mais en en reportant la responsabilité sur d'autres. C'est là une tactique qui a pu être efficace dans de nombreux cas, mais l'attitude coopérative de Höss ou Eichmann (qui fut pendu et il ne l'avait pas volé) ne pouvait pas modifier un verdict inévitable parce que nécessaire :

En fait, le témoignage d'Eichmann n'apporte rien sur l'extermination proprement dite : ainsi, ne savait-il pas trop bien s'il avait jamais vu une chambre à gaz ou s'il avait pris connaissance de leur existence après guerre (de fait, il a répété devant le tribunal les extravagances de Höss, ce qui donne à penser aux révisionnistes et à certains historiens qu'il avait peut-être connu les détails de l'extermination en lisant ... Poliakov et Reitlinger dans sa cellule). [13]

Du côté des témoins juifs célèbres, Filip Müller, juif tchèque, qui disait avoir fait partie d'un commando chargé d'extraire les cadavres des chambres à gaz d'Auschwitz (les Allemands étaient censés liquider systématiquement ces travailleurs au bout de 2 à 3 mois, mais lui, Müller, prétend y avoir servi 3 ans durant). Il expliquait, entre autres bêtises, qu'à Auschwitz, on brûlait les corps dans des fosses ; lesdites fosses « longues de 40 mètres, larges d'environ 6 à 8 mètres et profondes de 2,5 mètres se terminaient à chaque extrémité par des creux dans lesquels s'écoulait la graisse fondue. Les détenus devaient arroser les cadavres de cette graisse pour les faire mieux brûler ». Ce Müller, qui est un des personnages centraux du célèbre film documentaire Shoah de Claude Lanzmann, racontait aussi que de nombreux couples de Tziganes, après s'être déshabillés dans l'« antichambre de la mort » et comprenant le sort qui les attendait, se disaient adieu en faisant l'amour.

Dans le même registre, citons Raymond Rivière, non-juif déporté à Auschwitz au titre de résistant, premier président de l'Amicale (belge) des ex-prisonniers politiques Auschwitz-Birkenau, Camps et Prisons de Silésie, qui, plus tard, donnera naissance à la Fondation Auschwitz. Rivière présidait la délégation belge de 10 anciens détenus au procès Höss. Si on en croit la Volksgazet du 19/4/1947, Rivière réussissait à concilier trois thèses en partie concurrentes mais toutes extravagantes, celle du savon juif, celle de l'engrais juif et celle de la graisse combustible :

« Rivière se souvient des 4 crématoires maintenant disparus, des fosses qu'on remplissait de branchages qu'on arrosait de pétrole. / Après la mise à feu des bûchers, on y jetait les victimes, parfois vivantes. On commençait par les plus gros pour économiser du combustible et la graisse humaine était récupérée pour la fabrication de savon, tandis que les cendres servaient d'engrais. »  

Toutefois, le témoin le plus célèbre est Elie Wiesel. Juif hongrois, Wiesel a été déporté à Auschwitz ; il ne fut pas gazé bien qu'il fût encore un enfant (15 ans). Comme nous allons le voir, Wiesel doit être considéré comme un fabulateur, mais ceci ne l'a pas empêché de tromper les grands de ce monde (Carter, Mitterrand, etc.) et d'obtenir le Prix Nobel. Que des gens pour la plupart remarquables, à n'en pas douter, comme les parlementaires norvégiens aient distingué de la sorte cet égaré, est la preuve qu'ils ne l'avaient jamais lu. Nous, nous allons en lire quelques pages extraites de La Nuit, qui est le récit de son incarcération à Auschwitz ; la version française de ce livre a encore été rééditée en 1987.
On notera tout d'abord que le mot « gaz »  et ses dérivés n'apparaissent qu'une seule fois dans tout son récit, et encore, tout à fait incidemment : s'adressant à Dieu (selon son habitude), Wiesel dit en page 109 : « Mais ces hommes-ci que Tu as trompés, que Tu as laissé torturer, égorger, gazer, calciner, que font-ils ? ». Par contre, il raconte dans le détail (encore que sans excès et pour cause) que les Allemands exterminaient les juifs en les brûlant vifs dans des fosses, les adultes dans de grandes fosses et les enfants ... dans de petites fosses. On lira cette relation d'halluciné en annexe 5.

Un autre grand fabulateur est Pinchas Epstein. Cité au procès de Ivan Demjamjuk à Jérusalem en 1987, il raconta notamment qu'un jour, Ivan força un détenu à violer une fillette de 12 ans, qui avait survécu à la chambre à gaz et appelait sa mère en pleurant au milieu des cadavres. On notera que c'est là une affabulation classique, qui vient encore de nous être reservie en Bosnie. Il est incroyable, disent les révisionnistes, que pareils témoignages puissent être pris en considération ; or, ils le sont : « Dans la salle, rapportait la presse, l'émotion gagne le public. Journalistes, soldats et policiers essuient des larmes. »

Voilà pour les grands témoins (on ne peut évidemment les citer tous, mais tous ont témoigné de façon aussi peu crédible), ceux qui sont à la base de la Vulgate exterminationniste, mais il y a les autres, les sans-grade, dont les témoignages n'étaient apparemment pas assez extravagants pour être pris en considération par les juges, les historiens, les médias, les éditeurs et les préfaciers. La Fondation Auschwitz de Bruxelles en a recueilli et publié quelques-uns ces dernières années et on peut d'ailleurs se demander pourquoi, puisque, en général, ils ne confirment pas les témoignages des grands témoins et apportent de l'eau au moulin des révisionnistes. Cinquante ans après les faits, leur témoignage, toujours émouvant, tardif, certes, mais néanmoins crédible est souvent le même [14] :

  1. Auschwitz, c'était très dur, mais ce n'était tout de même pas l'enfer ; certains n'ont entendu parler des chambres à gaz qu'après leur libération.

  2. L'évacuation des camps de Silésie devant l'avance des Soviétiques se fit dans des conditions épouvantables, du moins dans sa phase ultime (les « marches de la mort »).

  3. L'écroulement final des armées allemandes et de leur logistique amena la catastrophe dans les camps de l'Ouest où les détenus d'Auschwitz avaient été évacués : faim, épidémie, mort au point qu'en comparaison Auschwitz apparut à certains presque comme une « sorte de palais » ou encore un « camp modèle plus ou moins humain ». [15]

Que dit, par exemple, Bela S., militante et ancien administrateur de la Fondation Auschwitz, déportée à 16 ans en Juillet 1944 (26ème convoi belge) avec sa famille à Auschwitz ?
- Son père est mort dans les bras des Soviétiques après s'être enfui de Theresienstadt, où il avait été évacué.
- Sa mère est morte du typhus à Bergen-Belsen, où elle avait été évacuée. Cette double perte fut pour la jeune Bela un choc dont elle ne s'est pas remise et on le comprend.
- Son frère cadet (moins de 14 ans) ? On l'a vu à Auschwitz I, mais personne ne sait ce qu'il est devenu. Sans doute est-il mort, mais où et comment ? Peut-être comme son jeune cousin, qu'elle a rencontré deux ou trois fois à Birkenau et qui n'est pas revenu non plus. Tout ce qu'elle sait avec certitude du sort de ce jeune frère, c'est qu'il était à Auschwitz I. On notera que cela signifie donc qu'il n'avait pas été gazé à l'arrivée (pas plus que son jeune cousin, d'ailleurs) : or, comme nous aurons l'occasion de le voir, ce jeune frère faisait partie des 47 enfants du 26ème convoi qui, d'après la statistique belge et le Kalendarium [16], furent tous gazés à l'arrivée à Birkenau. On aurait d'ailleurs pu commencer par faire remarquer que notre témoin elle-même fait partie de ces 47 enfants considérés officiellement comme gazés à l'arrivée (tout en figurant à la fois et tout aussi officiellement parmi les rescapés !). Nous allons en reparler dans un instant.
- Son frère aîné (18 ans), par contre, est revenu de son côté, tout comme elle (libérée à Theresienstadt), son amie M. et sa mère (libérées à Dachau), de même que leur copine Suzy.
- La catastrophe s'est effectivement abattue sur sa famille, mais les chambres à gaz là-dedans ? Bela S. dit qu'elle savait qu'elles existaient, mais sans plus. Toutefois, plus loin, elle précise qu'elle n'a découvert « tout cela [les « atrocités »] comme beaucoup d'autres que par après ».

Quant à Marie P. (la M. du témoignage précédent), elle a été déportée à Auschwitz avec ses parents en Juillet 1944 (également 26ème convoi) ; elle n'avait pas 14 ans :
- Son père est mort à Mauthausen, où il avait été évacué.
- Sa mère et elle-même sont restées ensemble et ont été libérées près de Dachau, où elles avaient été évacuées.
- Et les chambres à gaz ? Oui, elle a vu des sélections à l'arrivée, en quarantaine et après : les plus faibles étaient envoyées à la chambre à gaz, chambre à gaz qu'elle aussi, n'a jamais vue. Un jour, elle a, elle aussi, été sélectionnée : elle a cru qu'elle allait être gazée et ... elle s'est retrouvée dans un autre camp.
Sa narration de la sélection à l'arrivée est instructive : les femmes, dit-elle, ont été mises sur deux files :
- L'une comprenait les impotentes, les enfants et leurs mères ; elles sont montées dans des camions et personne ne les a revues : c'est donc qu'elles ont été gazées.
- L'autre file comprenait les femmes retenues pour le travail et qui furent immatriculées (plus deux enfants : elle, Marie P. qui n'avait que 13 ans et demi et une autre fille de 14 ans).
Or, comme nous venons de le dire, il y avait dans ce convoi (le 26ème) 47 enfants dont 23 filles, qui, ont toutes été gazées à l'arrivée : relayant le Dogme, la statistique belge et le Kalendarium nous l'affirment. Mais la même statistique témoigne de ce que 8 filles sont revenues en Belgique ! Parmi elles, notre témoin elle-même, qui doit probablement ignorer ce fait : tout comme Bela S. et d'autres, elle est à la fois officiellement « rescapée » et « présumée gazée à l'arrivée » à Birkenau !
De plus, cela signifie que, sur ces 8 filles qui sont revenues en Belgique, certaine faisaient peut-être bien partie de cette file de femmes impotentes, âgées, inaptes, etc. qui sont censées avoir été gazées. 

Un autre de ces témoins, Yevgenyv H., arrêté comme résistant, déporté fin 1943 à Auschwitz, fut libéré à Ebensee, où il avait été évacué.
- Il était d'abord passé par Breendonck (Anvers), lequel camp l'a le plus marqué : c'est là qu'il a vécu « la véritable bestialisation ». A Auschwitz, au moins, entre le travail et le coucher, les détenus, dit-il, étaient libres d'aller et venir, voir les amis, discuter le coup, jouer au football (le dimanche). Ce témoin a même vécu, à l'usine, une histoire d'amour, une belle histoire d'amour, avec la jeune femme qui lui servait de manœuvre (il était tourneur) et qu'il retrouvait lors ... des bombardements. Tout n'était donc pas aussi déshumanisé qu'on nous le dit.
- Et les chambres à gaz ? Et les fours crématoires ? Tous les jours, il voyait beaucoup de morts et il croyait « naïvement » que les crématoires ne servaient qu'à les incinérer. Il ne se rendait pas bien compte et, dit-il encore, « ce n'est qu'après mon retour, quand on m'a cité les chiffres, que j'ai réalisé ».

Un autre militant actif et également administrateur de la Fondation Auschwitz, Charles VW., a été déporté à Auschwitz en juillet 1944, c'est-à-dire au moment où s'achevait le gazage de 400.000 juifs hongrois à raison de pointes de 24.000 par jour (c'est du moins ce que les historiens nous ont raconté) et à la veille d'une période plus courte, certes, mais encore plus sombre, paraît-il (celle du gazage des juifs de Lodz). Charles VW. reconnaît qu'il n'a lui aussi, entendu parler de chambres à gaz que quand la guerre fut finie. A la question de savoir quand il a réalisé qu'on exterminait les juifs, Charles VW. répond : « Je crois que je l'ai surtout réalisé quand tout était fini. Quand on est venu nous raconter qu'il y avait des chambres à gaz (...) ». [17] Comment cela est-il possible ? Charles VW. est un de ces témoins dont le bon sens (il est athée, apparemment comme beaucoup de rescapés) et l'honnêteté semblent certains et on peut s'étonner de cette ignorance à l'époque et sur le site même de ce crime gigantesque. Ce fait n'intrigue pas Thanassekos et Chaumont, qui ont recueilli tous ces témoignages ; par ailleurs, ils se contentent de parler de « connaissance a posteriori » : ne serait-ce pas là un euphémisme pour « connaissance suggérée » ?

Au fond, il apparaît -mais nous ne l'avons pas vérifié auprès des intéressés- que la disparition du mythe des chambres à gaz ne troublerait guère tous ces sans-grade ; cela ne changerait rien à ce qui semble constituer l'essentiel de leur discours, à savoir l'incompréhensibilité de l'épreuve absurde et injuste qu'ils ont dû subir (d'autant plus grande chez certains qu'ils ne se sont jamais sentis juifs) et leur besoin de voir leurs souffrances reconnues. [18] Leur témoignage, finalement, désarmerait les révisionnistes. Après tout, ils ne disent rien d'autre que Rassinier, le « pape » du révisionnisme de la seconde guerre mondiale, qui fut interné 18 mois à Buchenwald et Dora, en revint avec 95% d'invalidité et donna de son expérience concentrationnaire une relation toute aussi émouvante.

Pour ce qui est de la SS et également en dehors des témoins célèbres, il faut citer Thies Christophersen, un sous-lieutenant agronome qui travailla l'année 1944 au camp-annexe de Rajsko, où étaient effectués des essais de culture de kok sagis (variété de pissenlit dont le latex était étudié comme substitut au caoutchouc). Choqué de voir son pays accusé d'un crime dont il disait avoir pu vérifier sur place qu'il était imaginaire, il publia son témoignage spontanément (ce qui, bien entendu, lui valut bien des ennuis) ; comme il n'avait pas été poursuivi pour son activité dans la SS, son témoignage est assez crédible. Joint à ceux des sans-grade belges, son témoignage devrait permettre à de jeunes historiens, plus sérieux (ou plus courageux ?) que leurs aînés, d'écrire une histoire d'Auschwitz proche de la vérité.

Il faut aussi parler de ceux qui n'ont pas témoigné, soit qu'ils n'aient pas osé, pu ou voulu (« pour ne plus revivre leurs souffrances passées », pense la Fondation Auschwitz), soit tout simplement qu'on ne leur ait rien demandé :

  1. Il y a d'abord, disions-nous plus haut, la masse des rescapés, dont ont été extraits les témoins belges de ci-dessus ; peut-être y en a-t-il tout de même parmi eux qui croient à ces chambres à gaz qu'ils n'en ont jamais vues et dont, très souvent, ils n'ont entendu parler qu'après leur libération. Ceci pourrait s'expliquer, dit un révisionniste français, par « une extrapolation abusive de ce qu'ils ont pu voir ou ressentir durant leur déportation (cheminées fumantes, (...)) ou par une propagande d'après guerre qui les a convaincus d'accréditer toutes les légendes concernant ces gigantesques abattoirs humains ». D'une façon générale, comme le reconnaît Pressac, « le témoignage humain [peut] être déformé par (...) l'acquis de connaissances ultérieures. »

  2. En ce qui concerne les accusés, on s'étonnera de ce que le chef de l'Office Central de la Construction d'Auschwitz (la Zentralbauleitung), le célèbre major SS Karl Bischoff, n'ait pas été inquiété après la guerre : il n'a même jamais été interrogé comme témoin, ce qui est curieux, car c'était lui qui avait présidé à toutes les phases de la conception, de la construction et de la mise en route des crématoires (y compris les chambres à gaz). Ses explications auraient, bien entendu, été capitales et définitives. « Aurait-on craint, se demande Stäglich, qu'il ne puisse prouver, à l'aide de documents qui se trouvaient en sa possession, l'absence de fondement de toutes les affirmations ayant trait aux 'usines de mort' ? ».
    Certes, par la suite, deux de ses adjoints, Dejaco, ingénieur-architecte, chef du bureau des plans, et Ertl, également ingénieur-architecte, furent jugés à Vienne en 1972, à une époque où l'on avait enfin cessé d'interroger les suspects à coups de pied dans les testicules. L'expert désigné par l'accusation ne put mettre les accusés en difficulté, malgré le fait qu'il bénéficia de l'aide documentaire du Musée d'Etat d'Auschwitz, de l'URSS et de toutes les forces juives (Simon Wiesenthal, notamment) et ils furent acquittés. Leur procès a été le véritable « procès d'Auschwitz », dit Faurisson, à qui -chose bien regrettable pour l'histoire- a été refusé l'accès aux minutes. Nous en reparlerons d'ailleurs dans le chapitre consacré aux expertises.

  3. Certes, les responsables de la Degesch et de Testa (producteur et distributeur du Zyklon-B) furent inquiétés et deux d'entre eux exécutés à l'issue d'un procès dont Pressac dit qu'il fut inique et même une mascarade (on les condamna plus précisément pour avoir livré du gaz à Ravensbruck, camp dans lequel, disent maintenant les historiens, il n'y eut jamais de chambre à gaz homicide). De toute façon, ce procès ne pouvait apporter aucune lumière, car ces industriels et commerçants ne pouvaient évidemment pas prouver que leur insecticide n'avait servi qu'à gazer des poux, mais ce n'aurait pas été le cas, par contre, pour celui du constructeur des fours crématoires (également fournisseur et monteur de la ventilation des morgues-chambres à gaz), la célèbre Topf und Söhne. Seul, Kurt Prüfer, responsable de la conception et de la construction des fours de Topf, fut arrêté et interrogé, ses papiers saisis (il les avait préalablement expurgés, dit Pressac qui n'était pas là pour le voir mais qui l'affirme quand même) ; on ne découvrit rien d'anormal et Prüfer fut relâché. Plus tard, Topf fut mise sous séquestre par les Soviétiques en attendant que soient éclaircies ses relations avec la direction d'Auschwitz, puis nationalisée par la RDA. Prüfer, qui n'avait pas cru bon de se mettre à l'abri (ce qui donne à penser qu'il n'avait rien à se reprocher), fut à nouveau emprisonné, cette fois par les communistes, avec trois de ses collègues (Sander, qui mourut presque aussitôt pendant les interrogatoires, Schultze, qui s'était occupé de la ventilation des crématoires et Braun) : transférés en URSS et interrogés par le Smersch, ils n'eurent d'autre solution que de reconnaître la réalité des chambres à gaz mais sans donner le moindre détail convaincant ! (L'Evénement du Jeudi, citant Fleming en octobre 93, a donné un aperçu saisissant de la vacuité de leurs aveux.) Les 3 survivants furent condamnés à 25 ans de détention, ce qui était ridicule, compte tenu de ce dont ils étaient accusés : Prüfer mourut en 1952 et les 2 survivants furent même libérés en 1955. [19]

  4. On n'interrogea pas par contre les responsables des sociétés de génie civil qui participèrent aux travaux de construction et d'aménagement des crématoires ; c'était pourtant élémentaire. Fort heureusement, le témoignage de l'un d'eux, Walter Schreiber, a été recueilli en 1988 par Werner Rademacher. Schreiber était un ingénieur ayant notamment travaillé en 1936 chez Tesch puis de 1937 à 1945 chez Huta, importante entreprise de construction. Il en était le responsable (Oberingenieur) pour le secteur de Kattowitz dont dépendait Auschwitz. Huta a notamment construit les grands Kremas II et III et leurs morgues (les prétendues chambres à gaz). Schreiber était donc bien placé pour juger de ce qui s'y était fait et, pour lui, il était tout à fait invraisemblable que les crématoires aient jamais pu servir à des gazages de masse. [20]
    On peut comprendre qu'on n'ait soigneusement évité d'interroger tous ces ingénieurs ! Ils étaient tous dans la même position que Bischoff : c'étaient des techniciens très qualifiés et, sauf recours à la torture et au lavage de cerveau (recours problématique en dehors de la période de l'immédiate après-guerre, encore que chez les communistes ...), il n'était pas envisageable de les faire coopérer à la fabrication d'une légende. Il était après tout plus simple de s'appuyer sur les élucubrations de gamelles comme Höss (après les avoir bien travaillées), de déséquilibrés comme Gerstein ou encore de fabulateurs comme Wiesel.

Non, vraiment, il n'y a rien de convaincant dans les témoignages quant à la réalité des chambres à gaz. Au contraire. [21]


NOTES

[1]

En fait, c'est Lawrence qui présidait le tribunal ; Jackson était procureur général des Etats-Unis.

[2]

Relatant la mort de Kempner en 1993, le Monde précise qu'il « avait entamé dès avant la guerre sa lutte contre le nazisme comme juriste au ministère prussien de l'intérieur » et qu'il avait été « plusieurs fois emprisonné » par les Allemands. Il serait irréaliste de prétendre qu'il n'ait pas été prévenu contre les accusés de Nuremberg.

[3]

Voyez notre article « En 1942, déjà, on savait ... », Akribeia, n° 5, oct. 1999.

[4]

John Cobden, Dilemme au procès Demjanjuk », RHR, n° 6, mai 1992.

[5]

Nous édulcorons le jugement porté par les exterminationnistes sur leurs opposants : Jean Stengers (+ 2002) était un des rares à garder une attitude digne : certes, il traitait R. Faurisson de « savant fou », ce qui était bien son droit car ce n'est pas une insulte, mais il protestait avec indignation contre le traitement infligé aux révisionnistes ; malheureusement, par la suite, il a tout fait pour les envoyer en prison. Pour les autres, les révisionnistes sont des « négateurs », des « provocateurs », des « faussaires », des « clowns » (Simone Veil, qui a dit ne pas approuver pour autant les lois anti-révisionnistes comme l'Amendement Gayssot), des « gangsters de l'histoire » (Bruno Frappat, du temps où il travaillait au Monde, journal éminemment respectable, autrefois), des « minables crapules et ignobles charlatans » (Marie-Laure Stengers au Parlement belge. Où a-t-elle donc appris ce langage de charretier ? A la maison paternelle ou à l'Université de Bruxelles ?) ; quant à Pierre Vidal-Naquet, il a qualifié les idées révisionnistes d'« excréments intellectuels », mais on est vraiment dans le bas de gamme.

[6]

Vidal-Naquet devait préciser en 1992 : « Nous avions assurément tort, au moins dans la forme, même si le fond de notre argumentation était juste ». Bref, persiste et signe.

[7]

The Journal of Historical Review, nov/dec 1993.

[8]

Il est à relever que ce Peer ne figure pas dans le Mémorial de la déportation des juifs de France de S. Klarsfeld ; dès lors, il est bien possible qu’il n’ait même pas été déporté de France. « Plus c’est gros, plus ça passe.

[9]

Le très estimé mais peu estimable New York Times du 30/8/1944 précisait en première page qu'à Maïdanek, « les victimes prenaient toujours un bain avant l'exécution parce que l'eau chaude dilatait les pores de la peau et accélérait l'action du gaz ». Le journal précisait qu'il y avait eu 1.500.000 morts dans ce camp et, bien entendu, les responsables du camp avaient reconnu les faits tout en se défendant d'y avoir personnellement participé. Aujourd'hui, Maïdanek est passé au second plan au profit d'Auschwitz : les historiens n'insistent plus beaucoup sur ses chambres à gaz homicides (on n'en a pas retrouvé, d'ailleurs, bien que le camp soit tombé intact aux mains des Soviétiques) et ils ont considérablement réduit le nombre de victimes.

[10]

Nouvelle Vision, n° 33/1994.

[11]

Ce badigeon à la chaux éteinte (et non vive) était évidemment d'ordre prophylactique et non génocidaire comme le pensait ce bigot de Karski.

[12]

Les historiens commencent à reconnaître que Karski n'était pas fiable ; ainsi A. Wieviorka vient-elle d'écrire : « Si sa description de Belzec pose problème (ce qu'il décrit ne correspond pas à ce que savent les historiens, et il est probable d'ailleurs qu'il rend compte non de Belzec, mais d'un autre camp), il n'en reste pas moins qu'il donna à Roosevelt, mais aussi au gouvernement polonais en exil et aux dirigeants des communautés juives un témoignage décisif sur la destruction des juifs de Pologne. » (Annette Wieviorka, « La gloire des Justes » dans Les Collections de l'Histoire, n° 3, octobre 98, p 70). Curieux raisonnement qui nous montre le peu dont doivent se satisfaire les historiens.

[13]

Eichmann n'a pas volé, disions-nous, la peine que lui infligea le Tribunal de Jérusalem, ne fût-ce que par l'inhumanité qu'il montra dans l'exécution d'une mesure (la déportation), qui était déjà une mesure odieuse : si certains juifs furent déportés dans des conditions matérielles acceptables pour l'époque (par exemple, la majorité des juifs de Belgique, de Luxembourg, d'Allemagne et d'Autriche furent déportés dans des voitures de voyageurs de 3ème classe, chacun ayant une place assise et, en ce qui concerne la Belgique, ce ne serait qu'à partir du 20ème convoi -sur 26- que les Allemands auraient systématiquement utilisé des wagons à marchandises pour éviter les évasions), par contre la majorité des juifs des autres pays furent déportés, semble-t-il, dans des fourgons à bestiaux, voire des wagons de marchandises et dans des conditions épouvantables. Certes, c'était la guerre et l'inconfort était le lot de tout le monde (certains prisonniers de guerre belges furent même emmenés en captivité en péniches à charbon) mais ceci n'excuse pas cela.
On notera, par ailleurs, qu'Eichmann avait une personnalité complexe : ce chasseur de juifs était apparenté à des juifs et eut, semble-t-il, une maîtresse juive ; esprit confus, il n'aurait jamais adhéré aux thèses nazies, pense H. Arendt, et il affirmait, d'ailleurs, ne pas haïr les juifs.

[14]

Pourquoi ces témoins seraient-ils a priori plus crédibles que les grands témoins ? Parce qu'ils apportent de l'eau au moulin révisionniste ? Bien sûr que non, mais tout simplement parce qu'ils ne disent rien qui soit a priori contraire aux lois physiques. Parallèlement à ces témoignages, la Fondation publiait d'autres témoignages, comme celui de Bery Nahmias, présidente de l'Association des déportés grecs ; ce témoin dit, entre autres choses, que « (...) les fours crématoires ne pouvaient pas contenir plus de 5.000 à 10.000 personnes (...) » (ce qui fait 24 à 48 personnes par m2). Eh bien, pour les révisionnistes, sans doute pour vous aussi, nous le supposons, c'est entendu et ils ne risquent pas de classer ce témoin avec les sans-grade dont nous allons parler.
Ajoutons encore qu'un certain nombre de ces témoins belges donnent l'impression d'avoir eu connaissance à l'époque de leur incarcération de l'existence des chambres à gaz (Renée VH. et René R. par exemple, tous deux anciens administrateurs de la Fondation Auschwitz) mais leur relation n'est pas factuelle mais politique et philosophique et, dès lors, on ne peut rien en retirer pour cette enquête.

[15]

A Auschwitz même (qui était un complexe de camps et non un camp unique), les conditions de vie variaient déjà beaucoup d'un camp à l'autre : selon certains témoins du procès de l'IG-Farben, les détenus d'Auschwitz III (camp de travail de Monowitz) avaient des logements tout à fait décents, voire confortables (bâtiments à fenêtres, ce qui est évidemment la moindre des choses, lits individuels, chauffage central et eau chaude à volonté) ; par contre, à Auschwitz II c'est-à-dire Birkenau (surtout camp de transit), les conditions étaient souvent très pénibles (bâtiments éclairés par lanterneaux, châlits collectifs, chauffage insuffisant). Tout le reste semble avoir été à l'avenant (nourriture, hygiène, comportement des kapos, etc.). Les conditions dans les sous-camps (comme Rajsko) étaient également meilleures qu'à Birkenau.
En général et en dehors de la période au cours de laquelle le Reich s'effondra et au cours de laquelle, de ce fait, l'horreur s'installa dans de nombreux camps de l'Ouest, les détenus semblent classer Birkenau et les camps de l'Ouest (comme Dachau) à peu près au même niveau, très en dessous de Monowitz, camp sur lequel les détenus sont -relativement- très élogieux. (Lors du dernier appel du 17/1/1945, Monowitz et ses sous-camps comptaient 35.000 détenus.)

[16]

Le Kalendarium est une relation journalière par Danuta Czech, historienne du Musée d'Etat d'Auschwitz des principaux évènements qui se sont déroulés à Auschwitz-Birkenau et dont elle a pu avoir connaissance à diverses sources, certaines documentaires et d'autres testimoniales. Bien qu'il comporte des lacunes, puisque Czech n'avait pas pu exploiter le gros des archives qui se trouve à Moscou, le Kalendarium est un document de référence pour tous les intervenants. Le travail de Czech n'est toutefois pas exemplaire et Pressac n'est pas tendre pour elle (ni d'une façon générale pour l'ensemble des historiens) : il lui reproche, avec raison, d'avoir privilégié les témoignages par rapport aux documents. Il faut dire que, quoi qu'il en dise, Pressac n'est pas davantage exempt de ce reproche. On ajoutera qu'il a l'habitude douteuse de mélanger des informations à caractère anodin provenant de sources documentaires dûment référencées à des assertions de son crû : il donne ainsi à son lecteur l'impression trompeuse que ses assertions ont une source documentaire.

[17]

Témoignage de 1992 ; précédemment (en 1985, par exemple), Charles VW. avait indiqué qu'il avait eu durant sa détention une connaissance claire de l'existence des chambres à gaz. Nous laissons à ses interviewers le soin d'analyser ces discordances dans le temps. Pour notre part, nous nous en tiendrons à ses dernières déclarations. Depuis, Charles VW. a publié un livre de souvenirs dont nous avons rendu compte dans notre article « Alors, Charles, tu savais ou tu ne savais pas ? »

[18]

Renée VH. : « Je suis absolument athée et si ma petite fille me demandait ce qu'est un juif, je serais bien en peine de lui répondre. Pour vous dire : mon frère a mon âge : eh bien, il y a septante ans de cela, il est rentré un jour de l'école et il a dit à mes parents : 'Il paraît qu'il y a un élève juif dans ma classe' et c'était justement lui. Cela ne signifiait rien pour nous. »

[19]

On peut s'étonner de ce que Prüfer et ses compagnons n'aient pas été exécutés. Et surtout, pourquoi avoir libéré Schultze, lequel était accusé de la mise au point de la pièce maîtresse de la machinerie du meurtre (la ventilation de la chambre à gaz) ? Sans doute bénéficia-t-il tout comme Braun d'une mesure de clémence générale accordée à tous les prisonniers de guerre allemands. A leur retour, Schultze et Braun s'installèrent en RDA et on ne sait pas ce qu'il leur est advenu par la suite. C'est vraiment dommage. 
Jürgen Graf a analysé la centaine de pages qui constituent le compte rendu de leur interrogatoire par les Soviétiques dans
« Anatomie der sowjetischen Befragung der Topf-Ingenieure », VffG, Heft 4, Dezember 2002, p. 398 sqq.

[20]

Résumé de l'interview donnée à Werner Rademacher par Walter Schreiber de la société Huta et publiée dans VffG, Heft 1, Juni 2000, p. 104 sqq sous le titre « Im memoriam Dipl.-Ing. Dr. techn. Walter Schreiber » :

Q :  « On dit que les grandes morgues devaient être utilisées comme chambres à gaz pour le meurtre de masse ? »
R :  « On ne pouvait rien déduire de tel de l’examen des plans dont nous disposions. Des plans de masse et de détail dont nous disposions, ces pièces étaient des morgues ordinaires. »
Q :  « Savez-vous s’il y avait des orifices [pour l’introduction du Zyklon-B] dans le toit en béton des morgues ? »
R :  « Non, pour autant que je m’en souvienne. Comme ces morgues devaient servir accessoirement d’abris antiaériens, ces orifices auraient été contre-indiqués. Je n’aurais pas manqué de le faire remarquer. »
Q :  « Est-il pensable que vous ayez été trompés et que la SS vous ait quand même fait construire à votre insu des chambres à gaz ? »
R :  « Celui qui connaît le développement d’un chantier sait bien que cela n’est pas possible. »
Q :  « Connaissez-vous les chambres à gaz ? »
R :  « Naturellement. Tout le monde dans l’Est européen connaissait les chambres de désinfection. Notre société a construit des chambres à gaz de désinfection qui ressemblaient à toute autre chose. (...) »
Q :  « Quand avez-vous appris que votre société avait construit des chambres à gaz destinées au meurtre de masse ? »
R :  « Après la guerre. »
Q :  « Est-ce que cela vous a surpris ? »
R :  « Oui ! J’ai pris contact avec mon ancien supérieur et je l’ai interrogé. »
Q :  « Qu’est-ce que vous avez appris ? »
R :  « Il en avait également entendu parler après la guerre mais il m’assuré que notre société Huta n’avait sûrement pas construit des morgues - chambres à gaz. »
Q :  « Est-ce qu’une transformation des morgues après votre départ est pensable ? »
R :  « Oui mais je l’exclus plutôt pour des raisons de temps. La SS ne pouvait entreprendre ce travail elle-même avec les seuls détenus et elle aurait donc dû à nouveau faire appel à des entreprises extérieures. Sur la base des connaissances techniques sur les chambres à gaz que j’ai acquises par la suite, je peux dire que la chambre que nous aurions construite à cette époque aurait été complètement ratée, et ceci pour des raisons techniques et humaines. »

W. Rademacher lui a encore demandé pourquoi il n’avait pas témoigné. Et W. Schreiber de répondre que, d’une part, au lendemain de la guerre, il avait d’autres préoccupations et, d’autre part, personne ne l’avait jamais interrogé sur ses activités à Auschwitz ou ailleurs. W. Schreiber a autorisé W. Rademacher à publier son témoignage après sa mort. Né en 1908, W. Schreiber est mort en 1999.

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Dans l'annexe 1, nous aurons l'occasion de reparler de la valeur discutable du témoignage à propos des tourbillons de fumée censés sortir des crématoires selon les témoins mais que ne montre aucune photo. Devant la force des réfutations des révisionnistes, les historiens commencent à « évacuer » les témoins.  Finkelstein : « Et en effet, beaucoup de spécialistes ont mis en doute la véracité des témoignages des survivants. ‘Une bonne partie des erreurs que j’ai découvertes dans mon propre travail peut être attribuée aux témoignages’, rapporte Hilberg. » (Norman G. Finkelstein, « L’industrie de l’Holocauste », La Vieille Taupe, n° 12, automne 2000, p. 83) Dès lors et comme nous le verrons par la suite, tandis que certains historiens ont entrepris dans la hâte de recueillir les témoignages des derniers survivants, d'autres historiens construisent une « histoire sans témoin » et même, selon nous, une « histoire contre les témoins ». Comme Serge Klarsfeld l'aurait récemment proclamé à plusieurs reprises, « A présent, les déportés ne comptent plus ! ». (Selon Henry Bulawko dans un éditorial intitulé fort à propos « De quoi surprendre » in Après Auschwitz, bulletin de l'Amicale des Déportés d'Auschwitz, n° 269, déc. 98, p 1.)


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