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LA CONTROVERSE SUR L'EXTERMINATION

DES JUIFS PAR LES ALLEMANDS

Tome 1: L'examen des preuves

Jean-Marie Boisdefeu

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VI. PREUVES MATERIELLES ET EXPERTISES

A. INSTALLATIONS ET PROCEDURES DE GAZAGE (17)

C'est en février 1940 qu'est prise la décision d'aménager à Auschwitz un camp de quarantaine pour 10.000 Polonais: c'est le KL (Konzentrationslager) Auschwitz dit aussi, par la suite, Auschwitz I ou encore Stammlager (camp principal). Un four crématoire bimoufle est commandé dès mars 1940, les premiers détenus (des Kapos) arrivant fin mai 1940. (18)

En juillet 1940, pour la première fois à Auschwitz, un bâtiment est désinfecté au Zyklon-B.

Un deuxième four bimoufle complémentaire pour ce crématoire (entré dans l'histoire sous le nom de Krema I) est commandé en novembre 1940.

Le 1/3/1941, Himmler porte l'effectif d'Auschwitz I à 30.000 détenus et ordonne la création, à quelques kilomètres de là, à Birkenau d'un camp pour 100.000 prisonniers de guerre: c'est le KGL (Kriegsgefangenenlager) Birkenau dit aussi Auschwitz II.

En juillet 1941, Bischoff s'intéresse aux chambres à gaz d'épouillage.

En septembre 1941, un troisième four bimoufle complémentaire est commandé pour Auschwitz I.

Vers la même époque, Himmler porte l'objectif de Birkenau à 125.000 prisonniers de guerre; dès lors, un grand crématoire à cinq [54] fours trimoufle (qui deviendra le Krema II) est projeté (initialement à Auschwitz I puis à Birkenau).

En décembre 1941, disent les historiens (à ce stade, nous ne faisons que répéter l'histoire officielle, sans encore la critiquer), eut lieu, dans les caves du block 11 d'Auschwitz I, un premier gazage de malades et de communistes.

A la même époque est dessinée une installation de 19 autoclaves d'épouillage au Zyklon-B pour le bâtiment de réception d'Auschwitz I.

Vu les difficultés rencontrées dans les caves du block 11, la SS décide d'aménager la morgue du Krema I en chambre à gaz et jusqu'à fin novembre 1942, s'y déroulèrent quelques gazages d'incurables et de communistes, mais dans des conditions très aléatoires (il n'y avait pas de ventilation mécanique).

Entre-temps, l'épouillage des effets vestimentaires et de la literie par le Zyklon-B se développe à Auschwitz I.

En mai 1942, la SS aménagea une fermette (à façade rouge) située dans le camp de Birkenau et qu'on appellera "Bunker 1", pour en faire un site de gazage remplaçant la morgue du Krema I. Cette fermette était composée, dit Pressac, de "deux pièces d'une superficie totale supposée de 60 à 80 m 2 sur laquelle 300 à 400 hommes pouvaient être compressés" (soit 4 à 7 personnes par m2). Chaque pièce avait une porte; les fenêtres furent murées. "La ventilation se faisait naturellement par ouverture des portes et durait toute la nuit". Les corps étaient enfouis dans des fosses. Entrée en service probable: fin mai 1942. Toutefois, poursuit Pressac, le Bunker 1 était "difficilement utilisable pour gazer en série parce que sans ventilation"; aussi, la SS décida d'aménager une deuxième fermette (à façade blanche et qui fut appelée "Bunker 2") "d'une superficie de 105 m 2 ; 500 personnes pouvaient s'y tenir" (soit 5 personnes par m2).

Höss, dans le même temps, était entré en pourparlers avec la Degesch pour la livraison de chambres à gaz d'épouillage en vue d'en équiper le futur bâtiment de réception des détenus d'Auschwitz I: ces chambres à gaz étaient pourvues de "un chauffage par radiateur et une ventilation circulaire intérieure assurant d'abord le passage régulier du gaz cyanhydrique sur les effets à épouiller, puis, en fin de traitement, une désaération efficace". La Degesch proposait également des chambres à gaz de 50 m3 de volume et 25 m2 de superficie (ce qui, on [55] le notera soigneusement, correspondait très exactement au quart de la fermette blanche). La SS s'inspira, dit Pressac (sans preuve, bien entendu), de ces installations sanitaires ("cellules en parallèle") dans l'aménagement à des fins criminelles du Bunker 2, mais, curieusement, le système de chauffage et de ventilation ne fut pas retenu, parce que, affirme Pressac (toujours sans preuve, bien entendu), "soumis à un long délai de livraison". Finalement, on construisit dans le Bunker 2 "quatre petites chambres d'environ 50 m3 de volume et 25 m2 de superficie ( ... ) placées en parallèle ( ... ) sans ventilation mécanique, mais orientées au mieux dans le sens du vent".

Début juin 1942, Himmler avait fait part à Höss de ce que Birkenau serait le site de l'extermination industrielle des Juifs.

En Juillet 1942, Himmler avait décidé de porter l'effectif de Birkenau à 200.000 prisonniers.

Le même mois, une première épidémie de typhus se déclare à Auschwitz et prend une ampleur catastrophique (près de 400 morts par jour en septembre 1942). On notera que, d'après Pressac, ce ne sont pas les Juifs qui propagèrent l'épidémie (ils étaient épouillés) mais les travailleurs civils polonais.

Le 4 juillet 1942 commence le gazage industriel des Juifs jugés inaptes au travail lors de la sélection à l'arrivée.

Le 15 août 1942, "dessin d'un plan de Birkenau pour 200.000 détenus. Pour faire face à la mortalité prévisible de cette population, la capacité incinératrice est doublée et passe à trente creusets incinérateurs": au Krema II s'ajoute donc un crématoire identique, le Krema III.

Fin août, dit Pressac, il fut décidé de compléter les Kremas II et III (destinés à ceux des 200.000 prisonniers qui devaient mourir de mort naturelle) par deux crématoires plus petits (les Kremas IV et V, destinés, eux, à incinérer les millions d'inaptes gazés dans les Bunkers 1 et 2 dès leur arrivée). Mais, dans les faits, dit-il encore, les choses se déroulèrent de façon différente et c'est finalement dans les Kremas II et III que la très grande majorité des Juifs furent gazés et incinérés.

La construction de ces 4 crématoires fut plus longue que prévu. Le Krema Il a démarré le 15/3/1943, a été réceptionné officiellement le 31/3/1943 et a été démoli le 27/11/1944. Il a donc fonctionné moins de 18 mois, compte tenu d'un arrêt de 3 mois à l'été 1943 -en fait, il y en eut d'autres-, cela fait 530 jours, mais il s'agit là d'un maximum maxi-

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morum (Mattogno ne retient que 509 jours et Gauss que 410; nous retiendrons 530 jours: le lecteur a déjà compris que nous avions choisi d'être systématiquement bienveillants pour les historiens et il voudra bien en tenir compte dans l'appréciation de nos conclusions). Il a servi à tuer, selon Pressac (1989), 400.000 personnes, soit en moyenne au minimum 755 par jour (ces chiffres et ceux qui suivent devraient être réduits de 1/5ème pour tenir compte des nouvelles révisions de Pressac en 1993). Le Krema III a fonctionné du 25/6/1943 au 27/11/1944 soit 17 mois au maximum; sa production aurait été de 350.000 personnes soit en moyenne au minimum 675 par jour. Le Krema IV n'aurait servi qu'à 6.000 incinérations. Le Krema V aurait servi à gazer 65.000 personnes, mais presque toutes auraient été incinérées dans des fosses.

Comme on le voit, les grands Kremas II et III auraient servi à tuer l'essentiel des 800.000 voire 900.000 (à moins qu'il n'y en ait eu "que" 470.000) déportés gazés à Auschwitz. Il est donc licite de centrer l'analyse sur ces seuls grands Kremas, bien que les convois de déportés juifs aient commencé à affluer en mai 1942, soit un peu moins d'un an avant la mise en service du premier de ces quatre grands Kremas. ( 19 )

Nous nous intéresserons donc surtout aux Kremas II et III, puisque l'essentiel du drame s'y serait déroulé. Ces deux Kremas étaient identiques (construction en miroir). On en possède de nombreux plans et les ruines confirment ces plans. On sait donc presque tout de ces deux Kremas. Le plan du Krema II est reproduit à la page suivante. Nous allons l'examiner en décrivant -- toujours sans les critiquer à ce stade -- les procédures de gazage telles qu'elles apparaissent dans l'histoire officielle.

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PLAN SIMPLIFIE DU KREMA II D'AUSCHWITZ-BIRKENAU
[Non reproduit ici)

1. A la droite (du plan), au rez-de-chaussée, se trouvait la salle des fours; ces fours étaient au nombre de 5 et chacun possédait 3 moufles: on pouvait donc incinérer 5 x 3 = 15 corps en même temps (45 corps, disent les historiens, car on plaçait 3 corps dans chaque moufle; certains historiens ont parlé de 12 corps par moufle).

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Combien fallait-il de temps pour une incinération? Les réponses varient: 15 à 25 minutes, disent certains témoins; irréaliste, reconnaît Pressac, il fallait 45 à 60 minutes. De ce fait la capacité globale est diversement appréciée; les historiens reprennent souvent le chiffre de 1.440 corps en 24 heures pour chacun des Kremas II et III (et 768 corps pour chacun des Kremas IV et V; le petit Krema I avait été arrêté lors de la mise en route des grands Kremas II à V). Ces fours devaient être arrêtés pour entretien une fois par semaine. On dit par ailleurs qu'ils étaient souvent en panne et durent finalement être complétés par le recours à de grandes fosses de crémation en plein air, dont la capacité était illimitée grâce notamment à la récupération et à l'utilisation de la graisse humaine. (
20 )

Les historiens ont actuellement tendance, depuis qu'ils ont révisé à la baisse le nombre de victimes, à accorder aux Kremas une surcapacité globale en période normale: les fosses n'auraient surtout servi que dans les périodes d'affluence comme lors de l'arrivée des Juifs hongrois à l'été 1944: à cette époque, disent les historiens, il fut creusé 8 ou 9 fosses de 40 mètres de longueur, 2 mètres de profondeur et 8 mètres de largeur, ce qui correspond à 2.500/3.000 m2 de superficie; comprenant bien que tout cela est farfelu, Pressac, en 1994, ne voit plus que 3 fosses de 3,50 mètres par 15 mètres à proximité du Krema V.

Comme nous l'avons vu, avant l'entrée en service des crématoires, les Allemands gazaient les Juifs dans une ou deux fermettes (les "Bun[59]kers 1 et 2") et ils enterraient les corps. On pourrait donc retrouver leurs restes, direz-vous ? Non, car nous disent les historiens, les Allemands les déterrèrent et les brûlèrent sur des bûchers pour effacer toute trace de leur forfait: l'un des deux commandos affectés à cette tâche en déterra 107.000, avait dit Höss, mais, dit Pressac, ce chiffre est erroné et les Allemands en déterrèrent 50.000 du 21/9/1942 à fin novembre 1942 ( 21 ). On notera que Pressac, tout en accréditant la thèse du camouflage du crime, précise que ces corps menaçaient de polluer la nappe phréatique.

2. En sous-sol, à gauche, on trouve essentiellement 2 grandes pièces disposées en équerre. Sur les plans, elles sont baptisées "Morgue 1" et "Morgue 2" ("Leichenkeller").

La morgue 1, disent les historiens, servait de chambre à gaz. Elle avait 30 mètres de long et 7 mètres de large. Elle se terminait en cul-de-sac. Sa porte était peut-être bien à double battant et s'ouvrait vers l'extérieur, semble-t-il, mais on n'en est pas trop sûr; il y avait, affirment les historiens, 4 petites ouvertures dans la dalle en béton qui lui servait de toit. Cette pièce était équipée d'une ventilation assez sommaire de l'air vicié par extraction par le bas. Certains témoins disent que cette pièce fut divisée en deux en fin 1943 (certains disent dans la longueur, d'autres, dans la largeur) mais il n'en existe aucune preuve documentaire. Comme nous le verrons plus loin, ce cloisonnement trouverait une certaine logique dans l'installation d'une chambre à gaz d'épouillage dans la morgue 1 .

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La deuxième grande pièce était la Morgue 2; elle servait, disent les historiens, de vestiaire pour les déportés qu'on devait gazer. Elle mesurait 50 mètres sur 8 mètres. A l'origine, elle devait se terminer en cul-de-sac, mais, finalement, on y avait construit un escalier d'accès au fond à gauche.

Les plans initiaux mentionnent également une troisième morgue (la 3) qui se trouvait sous le bâtiment des fours et qui fut par la suite compartimentée en petits locaux à usage divers.

Au point de jonction des trois pièces se trouvait un plan incliné par lequel les cadavres étaient introduits dans la morgue; un petit escalier pour les porteurs était aménagé de chaque côté de cette glissière. Au même endroit, on trouve un petit monte-charge de 2,10 x 1,35 mètres, équipé provisoirement d'un moteur de 10 HP pour remonter les cadavres à incinérer, après l'exposition, la cérémonie et éventuellement l'autopsie (dans une hypothèse exterminationniste, après la récupération des effets personnels, des cheveux des femmes, des alliances et des dents en or); ce monte-charge était donc prévu pour un seul chariot à la fois, donc un seul corps, du moins dans des conditions d'utilisation normale (3 à 4 corps à la fois, puis 10 à 15 corps avec l'ascenseur définitif en phase exterminationniste, dit Pressac). Il est important de se rendre compte que, en ce point de jonction qui servait également de salle de travail, il n'y avait que très peu de dégagement.

La version officielle est donc que, plusieurs fois par jour, jusqu'à 3.000 personnes à la fois (2.000, dit Pressac en 1989, lequel, le lecteur l'aura déjà remarqué, révise l'histoire officielle systématiquement à la baisse, au point qu'en 1993, il ne parle plus que d'un seul gazage journalier de 1.000 personnes) étaient introduites dans la salle de déshabillage (en bloc ou par petits groupes, on ne sait); elles s'y déshabillaient pour, leur disait-on et nous dit-on, prendre une douche dans la pièce d'à côté, elle-même camouflée en salle de douche.

Puis on fermait la porte. Ce n'était pas toujours facile, nous assure-t-on, car les Juifs commençaient parfois à avoir des doutes et montraient des signes d'énervement.

Les SS versaient des granulés de Zyklon-B (insecticide utilisé universellement) par les 4 ouvertures du plafond de la chambre à gaz: il [61] s'en dégageait du gaz cyanhydrique qui tuait les prisonniers en moins d'une demi-heure.

Puis, on ouvrait la porte; on mettait l'appareil d'aération en marche.

On commençait immédiatement à sortir les corps. On extrayait les dents en or; on récupérait les alliances et les bijoux; on coupait les cheveux des femmes; on fouillait même les parties intimes pour rechercher d'éventuels diamants qui auraient pu y être cachés. On montait les corps par le monte-charge.

Cette installation, nous disait-on (vu la rapidité des révisions de l'histoire, on hésite parfois sur le mode de temps à employer: présent de l'indicatif, imparfait ou passé simple) a été prévue dès sa conception à cette fin d'extermination; ce n'était donc pas une installation sanitaire classique qui aurait été "bricolée" mais une installation industrielle conçue pour une production de masse rationnelle, en l'occurence le meurtre de masse. Toutefois, Pressac a admis que ce n'était pas le cas.

B. CRITIQUE

La disposition des installations, le fonctionnement de l'appareillage et le processus de mise à mort décrits ci-dessus prêtent à la critique. Dans cette édition, nous n'avons pas changé grand-chose au texte de la première édition de début 1994 sauf que nous y avons ajouté deux arguments de poids empruntés à Mattogno et Deana. Mais, auparavant, il nous faut parler d'une découverte faite à Moscou en fin 1995 par le même Mattogno et le révisionniste suisse Jürgen Graf, à savoir un document relatif à une "chambre d'épouillage pour le Krema II d'Auschwitz-Birkenau" ("Entlausungskammer, für das Krematorium Il"). Précédemment, en 1994, Mattogno avait déjà affirmé que des chambres à gaz d'épouillage provisoires avaient été installées dans les crématoires en commençant par les Kremas II et IV (de telles localisations avaient déjà été relevées à Maïdanek, Dachau et Struthof) mais il n'en apportait aucune preuve. Lüftl avait déjà émis l'hypothèse que, manquant de moyens d'épouillage, les Allemands avaient pu avoir l'idée d'installer une chambre d'épouillage dans la morgue 1 des Kremas II et III en se disant que, puisqu'elle était équipée d'un système de ventilation, elle pourrait faire l'affaire. Nous-mêmes avions émis l'hypothèse de cette chambre-ersatz mais en la rejetant aussitôt pour [62] des raisons techniques. En fait, gênée par le rationnement de toute une série de produits stratégiques (métaux ferreux, etc... ), la SS d'Auschwitz a dû faire preuve d'imagination et innover; elle a donc pu effectivement imaginer toutes sortes de bricolages qui, aujourd'hui, peuvent nous sembler incongrus mais que la nécessité et l'urgence du moment rendaient crédibles. Cette découverte capitale pourrait bien clore la discussion car, comme le dit Graf, ce document expliquerait les "traces" et autres "indices criminels" trouvés par Pressac et ses prédécesseurs: les Allemands ont bien projeté l'installation d'une chambre à gaz d'épouillage dans le Krema II sans qu'on sache à coup sûr si cette chambre à gaz a été terminée et a été mise en service. Pour ma part, je serais d'avis que cette chambre (et ses soeurs) a pu être achevée mais qu'elle n'a pas pu être mise en service car la SS d'Auschwitz s'est finalement rendu compte qu'elle était inutilisable. Autre explication: cette installation d'appoint avait été imaginée en fonction du niveau atteint par l'épidémie de typhus au cours du second semestre 1942, niveau qui, heureusement, ne fut plus atteint par la suite, ce qui n'obligea pas à recourir à cette installation de fortune. ( 2 2)

Ouverture des portes

C'est Faurisson qui publia, le premier, un plan du Krema II (le n* 932 du 23/l/1942) et ce plan, ainsi que ceux que l'expert américain Leuchter a pu consulter à Auschwitz, indiquent clairement que les portes de la chambre à gaz du Krema II s'ouvraient vers l'intérieur. Toutefois, Pressac, qui a publié toute une série de plans en 1989, en a publié un -- le n* 2003 du 19/12/1942 -- qui semble indiquer que la porte aurait bien pu s'ouvrir vers l'extérieur (Pressac y voit d'ailleurs une des preuves de la conversion de cette installation sanitaire -- car c'en était bien une, contrairement à ce qu'on nous avait dit -- en instrument criminel). Il est en effet évident que si la porte s'ouvrait vers l'intérieur, on [63] n'aurait pu l'ouvrir après une opération de gazage, car, nous disent les

historiens, quand les condamnés se voyaient piégés, ils se précipitaient vers la porte, qui était la seule issue et y mouraient en tas. Dès lors, ils 1'auraient bloquée irrémédiablement.

La porte prévue par les premiers plans était à double battant; si son ouverture vers l'intérieur pose un problème rédhibitoire, son ouverture vers l'extérieur pose aussi un problème, car le battant droit aurait pu empêcher l'ouverture complète de la porte (également à double battant) de la cage de l'ascenseur. C'est pour cette raison, dit Pressac, qu'on y plaça une porte à un seul battant qui s'ouvrait vers la gauche: on n'a malheureusement pas de preuve de tout cela; toutefois, Pressac a publié un bon de commande d'une porte (étanche au(x) gaz) pour la morgue 1 du Krema II dont les dimensions correspondent à celles de l'ouverture en question.

La version de Pressac est effectivement troublante mais elle ne constitue pas une preuve. Certains révisionnistes expliquent que cette morgue pouvait servir à l'occasion d'abri antiaérien et que, dès lors, il avait fallu adapter la porte en en modifiant le type et en l'équipant contre les attaques au gaz. ( 23 ) Cela pourra paraître étrange aux jeunes, mais tous ceux qui ont connu la dernière guerre pourront témoigner de la hantise extraordinaire et finalement injustifiée des gaz de combat, qui régnait à l'époque, tant chez les militaires que chez les civils, lesquels, à une certaine époque, ne sortaient même plus de chez eux sans emporter leur masque à gaz. Les photos d'époque montrent, par exemple, des cérémonies de mariage un peu surréalistes: tout le monde, y compris les jeunes mariés, porte le masque à gaz en bandoulière.

On remarquera d'ailleurs que la morgue 1 était coiffée d'un toit en béton armé de 20 cms d'épaisseur, lui-même recouvert d'une couche de terre de 50 cms, le tout étant supporté par une poutre longitudinale en béton armé, elle-même supportée par 7 piliers en béton armé; on est même fondé à penser que ces morgues avaient été conçues pour servir également d'abri antiaérien. En effet, à quoi bon un toit pareil dans une morgue ou une chambre à gaz? Toutefois, certains autres révisionnistes trouvent cette thèse peu convaincante.

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A propos des ouvertures, notons encore que, selon Pressac, la glissière à cadavres fut barricadée et remplacée par l'escalier du fond de la morgue 2: il y voit une preuve de la modification criminelle du Krema II. Dejaco, explique-t-il, constatant que cette glissière n'avait plus aucune utilité dans un projet exterminationniste, décida d'en faire l'économie; il refit un plan du Krema sans glisssière mais avec l'escalier du fond de la morgue 2; malheureusement, entre-temps, le béton de la glissière avait déjà été coulé et il fallut bien terminer l'ouvrage, puis le camoufler aux yeux des condamnés qui devaient passer juste devant, au moment d'entrer dans la chambre à gaz (on ne comprend pas bien cette nécessité de la camoufler). Les révisionnistes répondent que le renoncement à la glissière peut recevoir cette autre explication: cette glissière n'avait d'utilité que dans le projet initial, lequel prévoyait que les morgues soient complètement enterrées (le crématoire devait être construit à Auschwitz I où le sol n'était pas marécageux); par contre, à Birkenau, où il fut finalement construit, le sol était marécageux et la nappe phréatique si près de la surface qu'on n'avait pu enterrer les mcrgues qu'à moitié: en conséquence, la glissière ne s'imposait plus et même compliquait la tâche des porteurs.

De son côté, Mattogno dit qu'il n'a jamais été dans les intentions de la SS de les supprimer: ce ne serait là qu'une des nombreuses affirmations gratuites de Pressac; d'ailleurs, affirmer que le plan supprimant ces glissières arriva trop tard, serait peut-être valable pour le Krema II mais pas pour le Krema III (travaux moins avancés que pour le précédent). Pour le révisionniste italien, Dejaco voulut tout simplement aménager une entrée supplémentaire du côté de la rue; son plan s'intitulait d'ailleurs "Verlegung des Kellerzuganges an die Strassenseite" ("Déplacement de l'entrée de la cave du côté de la rue") et le fait qu'il n'ait pas redessiné les glissières sur ce plan simplifié est sans signification. Peut-être bien...

Diffusion et ventilation du gaz

Le gaz qui aurait été utilisé à Auschwitz est le gaz cyanhydrique. Ce gaz est très connu et très utilisé pour l'épouillage notamment, raison pour laquelle il était très largement utilisé dans les camps de concentration allemands. C'est tout naturellement par extension, disent les révisionnistes, qu'il a été retenu par les historiens comme agent de gazage [65] des juifs; ce choix est malencontreux pour ceux qui l'ont fait, que ce soient les SS ou les historiens, car:- d'une façon générale, comme le dit Faurisson, "de toutes les armes mortelles, le gaz restera sans doute longtemps, la moins maniable; quand il tue, il tue si bien qu'il peut être fatal au tueur qui s'avise de l'employer."

-- plus précisément, le gaz cyanhydrique offre des possibilités d'expertise assez incroyables que n'offrent habituellement pas les autres gaz.

Le professeur Faurisson avait depuis longtemps rappelé les inconvénients du gaz cyanhydrique:

A. L'acide cyanhydrique (sa formule est HCN) se congèle à - 13*C et entre en ébullition à 25,7*C. Entre ces deux points, les deux phases (liquide et gazeuse) coexistent et l'HCN peut se vaporiser, la quantité d'HCN vaporisée étant évidemment fonction de la température ambiante (il se comporte comme l'eau). L'HCN peut être d'une toxicité foudroyante. Toutefois, sous la forme utilisée à Auschwitz (HCN absorbé par de la farine fossile), il se diffuse difficilement. Par exemple, selon un document diffusé par le producteur et dont personne ne conteste la validité, le temps nécessaire pour faire effet sur la vermine est de 32 heures pour une température inférieure à +5 *C et 16 heures pour une température supérieure, on peut, précise le même document, descendre à 6 heures par temps "chaud'. Ce sont là, bien entendu, des indications résumées à l'extrême, car il n'y a pas de discontinuité semblable dans la fonction évaporation/temps/durée. De son côté, Rudolf ( 24 ) précise que, entre 20 *C et 0 *C, le temps nécessaire à l'évaporation complète du Zyklon peut tripler. Pour tenir compte de ces deux caractéristiques (vaporisation contrariée par les basses températures et difficulté naturelle de sa diffusion), il est nécessaire - si on ne veut pas respecter les délais annoncés par le producteur- de chauffer la pièce dans laquelle le Zyklon-B est mis en oeuvre et d'utiliser un mécanisme de diffusion adéquat (système Degesch-Kreislauf, par exemple). A lire les histo[66]riens, il suffisait d'ouvrir une boîte de Zyklon-B et d'en jeter, vite fait bien fait, le contenu dans une pièce baptisée "chambre à gaz" et on avait aussitôt fait passer 3.000 personnes de vie à trépas; certes, l'homme pourrait être beaucoup plus sensible à l'HCN que la vermine, néanmoins, la conception des choses qu'ont les historiens est religieuse et, pour les chimistes, la réalité est moins simpliste. Il faut encore rappeler qu'en l'occurence, l'affaire se déroule dans un pays au climat continental (très chaud en été, certes, mais très froid en hiver) et dans des caves froides (c'étaient de véritables bunkers destinés à garder des cadavres au frais) et humides (Birkenau était bâti sur un marais), bref dans un milieu dans lequel la température était très basse en été (même en période de canicule) et glaciale en hiver, constamment très inférieure à 26*C, température en dessous de laquelle il est a priori difficile de procéder à des gazages.

B. Pourtant, une fois gazéifié et diffusé, le Zyklon-B est très dangereux et le reste. Il est tellement toxique qu'il rend le filtre des masques à gaz très vite inopérant, si le porteur du masque fournit des efforts. De toute façon, ce filtre doit être remplacé au bout de 10 minutes. L'acide est toxique par simple toucher.

C. Son emploi doit donc être impérativement suivi d'une ventilation soit naturelle soit forcée. Cette ventilation, précise le producteur de Zyklon-B, est "difficile et longue, vu la forte capacité d'adhérence de ce gaz aux surfaces". Une fois libéré, le gaz s'insinue partout; il pénètre notamment dans les murs en brique et s'y transforme en ferrocyanures d'une stabilité extraordinaire: ces ferrocyanures sont en quelque sorte sa signature et, comme nous allons le voir, les historiens, qui sont rarement des chimistes, l'ignoraient.

La ventilation naturelle doit être d'au moins 24 heures et la ventilation forcée de plusieurs heures (sauf utilisation du système Degesch-Kreislauf).

Quand on l'utilisait pour désinfecter un baraquement, on devait recourir à la ventilation naturelle et, se plaignent à juste titre les historiens, les détenus devaient parfois rester dehors toute la journée avant de reprendre possession de leur baraquement.

Dans les chambres à gaz d'épouillage, le gaz s'accroche tellement aux fibres des tissus des vêtements et effets de couchage qui y sont

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traités que, pour l'éliminer, il est nécessaire en fin d'opération d'y envoyer une grande quantité d'air chaud pour vaporiser ces résidus puis battre soigneusement les tissus.

En ce qui concerne les gazages humains (en général, une seule personne à la fois) pratiqués aux USA, Faurisson fait remarquer depuis longtemps que le gaz s'accroche à la peau, aux muqueuses et aux humeurs des condamnés, ce qui a obligé les ingénieurs américains à mettre en place des systèmes complexes d'élimination du gaz, dont Auschwitz était totalement dépourvu; la complexité de ces systèmes est telle qu'elle conduit les Américains à abandonner ce mode d'exécutîon. On pourrait peut-être comparer le corps d'un gazé à l'HCN à celui d'un baigneur qui se serait noyé dans un étang fangeux et qu'on en retirerait les poumons remplis d'eau et le corps enduit de vase, mais cette comparaison est sans doute un peu faible.

Bref, l'emploi de l'acide cyanhydrique est tellement problématique qu'il a, après coup, paru invraisemblable à certains historiens, qui ont même été tentés d'accréditer la thèse de l'emploi d'un gaz plus commode et, surtout, ne laissant pas de traces . ( 25 ).

Dès lors, on est en droit de se poser les questions suivantes:

A. Comment introduisait-on le Zyklon-B dans la chambre à gaz?

B. Comment le diffusait-on

C. De quels dispositifs de ventilation étaient équipées les chambres à gaz?

D. Quelle est la quantité de ferrocyanure retrouvée dans les murs desdites chambres?

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1. introduction du Zyklon-B

Les granulés de Zyklon-B, nous disent les historiens, étaient introduits dans la chambre à gaz des Kremas II et III par 4 ouvertures percées dans la dalle en béton du toit. Nous en reparlerons plus longuement en annexe 6, mais disons déjà qu'il semble bien que ces orifices relèvent de l'imagination pure et simple. Ceci porterait déjà un coup fatal à la thèse officielle.

Si l'hypothèse de l'aménagement d'une chambre à gaz sanitaire dans le Krema II se vérifiait, il faudrait admettre que les Allemands avaient prévu de disperser le contenu des boites de Zyklon-B sur des nattes posées sur le sol, comme cela se faisait pour la désinfection des blocs de détenus. On imagine facilement que ce procédé était inapplicable dans le cas d'une chambre à gaz homicide.

2. Diffusion du gaz

C'est bien simple: il n'y avait pas de mécanisme permettant de chauffer la pièce et de diffuser le Zyklon-B à évaporer, alors que certaines, sinon toutes les chambres à gaz d'épouillage en étaient équipées depuis 1942; or, nous venons de le voir, ce mécanisme était d'autant plus nécessaire que les chambres à gaz des Kremas II et III étaient enterrées: c'était des dépositoires, des chambres froides qui permettaient de conserver les cadavres le temps nécessaire; elles n'étaient pas seulement froides mais humides (Birkenau était bâti sur un marais et les travaux de drainage et d'étanchéisation en pareil milieu, sont d'une efficacité limitée); or, l'acide cyanhydrique étant très soluble dans l'eau (ce sont des ennemis, disent les chimistes), il s'ensuit, comme le rappelle le chimiste allemand Germar Rudolf, dans une expertise récente dont nous reparlerons, que, dans pareil milieu,

-- la diffusion du gaz est ralentie, voire contrariée;- l'absorption du gaz par les murs, au sein desquels il se transforme en ferrocyanures, est accrue.

De la sorte, le "timing" donné par les témoins (mort dans les 2 à 10 minutes) n'apparaît que plus difficile à admettre: aux USA, dans les chambres à gaz d'exécution capitale, on utilise le gaz cyanhydrique à [69] forte concentration dans des conditions idéales et la mort ne survient qu'en 4 à 10 minutes; or, le Zyklon-B ne libère son acide que très lentement (50% en 30 à 120 minutes). Il aurait donc fallu des heures pour que la mort soit administrée à coup sûr à tous les condamnés.

Wellers avait essayé d'apporter une réponse partielle en avançant que la gazéification de l'acide pouvait se faire aisément grâce à la chaleur humaine, celle qui était dégagée par la masse des prisonniers, qui, à la limite, pouvait atteindre 37 *C, mais c'est là un argument bien faible et, de toute façon, un peu court. On peut même penser qu'il est impossible à 1.000 voire 3.000 personnes (chiffres déjà extravagants, comme nous le verrons) de faire monter la température des véritables glacières qu'étaient les morgues à 25,7* C par la simple chaleur que leurs corps dégageaient; elles seraient mortes bien avant de pouvoir y arriver soit par asphyxie soit tout simplement de froid vu l'inertie thermique de ce milieu bétonné . ( 26 )

C'est là une chose qu'il serait facile de démontrer expérimentalement. Philippe Costa 27 fait déjà remarquer: "Tous les thermiciens du bâtiment connaissent le problème lié à la sensation de fraîcheur provoquée par des parois non préchauffées; même avec une température interne de l'air de 20*C ( ... ), il aurait fallu préchauffer l'air des morgues à au moins 40*C pour arriver à une température au sol [où se trouvaient les granulés de Zyklon-B] de 25,7*C."

Plus convaincant (encore que reprenant en 1993 la thèse de la chaleur humaine pour les gazages dans les Bunkers 1 et 2), Pressac, de son côté, fait état d'un projet de la Bauleitung -- projet qui n'eut pas de suite -- [70] Schéma d'une installation de diffusion d'HCN... [Non reproduit ici] [71] de "préchauffage" de la morgue 1 par récupération des calories dégagées dans les installations de force motrice du Krema II: il apparaîtra à tous, dit Pressac, que, si cette morgue qu'on s'était efforçé de maintenir froide jusqu'à se donner le mal de la construire en sous-sol, avait encore un caractère sanitaire, il était absurde de vouloir la chauffer. A cela, certains révisionnistes répondent, une fois de plus, que la morgue servait à l'occasion d'abri antiaérien et qu'on avait pu ressentir le besoin de la chauffer en hiver (en la chauffant d'abord - mais ensuite? -- par les calories récupérées à la sortie des fours).

Gauss, de son côté, rappelle qu'en hiver, les morgues étant de véritables glacières, il avait paru nécessaire de préserver -comme c'est de règle dans tous les crématoires- les corps du gel avant leur crémation, faute de quoi on court le risque d'endommager les fours. D'autre part, il y avait lieu également de veiller à éviter la rupture des canalisations d'eau sous l'effet de ce gel.

L'argument de Pressac se retourne d'ailleurs contre lui, car il constitue un aveu: la chambre à gaz était apparemment inutilisable sans dispositif de chauffage et ce dispositif n'existait pas. Tout ce que Pressac peut éventuellement tirer de son argument, c'est que les Allemands auraient pu avoir un projet (pas nécessairement criminel, d'ailleurs, mais éventuellement sanitaire, ce qui, on le sait maintenant grâce à Mattogno et Graf, était le cas), projet qu'ils n'auraient toutefois pas mis ou pas pu mettre à exécution.

Enfin, en 1993, Pressac donne des informations complémentaires, qui fragilisent sa thèse:- d'une part, c'est Prüfer, le spécialiste des fours de la Topf, qui eut l'idée de cette installation: il avait constaté que la température des pièces où étaient installés les tirages forcés des fours, montait dangereusement et il cherchait une solution, quelle qu'elle soit, à son problème; il lui fallait éliminer cet excès de calories et il put lui sembler qu'elles pouvaient servir à chauffer la morgue; ce chauffage n'était sans doute pas impératif mais c'était là une solution "élégante" à ce problème imprévu;- d'autre part, la soufflante de l'installation projetée (9 à 10.000 m3/h avec moteur de 10 CV) devait envoyer l'air chaud dans la morgue en lui faisant remonter la canalisation d'extraction de l'air usé de cette morgue. Pourquoi cette canalisation ? Sans doute, tout simplement, [72] parce qu'elle était la plus proche des fours. Cette canalisation ne pouvant, bien entendu, servir en même temps dans les deux sens, il avait été prévu un registre à tiroir. Cette installation, semble-t-il, était inadaptée à une chambre à gaz:

-- d'abord parce qu'elle aurait été des plus dangereuses: tout ingénieur aurait prévu qu'inmanquablement, un jour ou l'autre, on oublierait de manoeuvrer le registre et que l'air chargé d'HCN de la chambre à gaz se déverserait dans les locaux des fours, y provoquant une catastrophe majeure.

-- enfin, je suppose que cette installation ne devait pas servir qu'au préchauffage de la chambre à gaz de façon à faciliter l'évaporation et la diffusion du gaz, mais aussi à faciliter sa ventilation en fin d'opération; en effet, dans une chambre à gaz à l'HCN, ainsi que nous l'avons vu, c'est surtout lors de la ventilation finale qu'on a besoin d'air chaud et il aurait donc fallu l'envoyer par la conduite qui y envoyait l'air et non pas par celle qui l'extrayait, puisque, à ce moment, cette dernière servait effectivement à l'extraction de l'air chargé d'HCN.

Si, finalement, le projet fut abandonné, c'est que, à la suite d'incidents dans le fonctionnement des fours, il fallut supprimer les tirages forcés: le gazage éventuel d'êtres humains n'a donc rien à voir là-dedans. Il me faut toutefois signaler que mon argumentation ne sera probablement pas partagée par Mattogno et Graf, qui pourraient ne voir dans cette installation de "préchauffage" qu'un accessoire de la "chambre d'épouillage pour le Krema II dont il est question dans le document qu'ils ont découvert à Moscou.

La discussion ("bassement technique", je le confesse) sur la gazéification et la diffusion du Zyklon-B débouche donc sur de nouveaux arguments pour le moins sérieux contre la réalité des chambres à gaz homicides. On pourrait -par bienveillance pour les historiens- admettre à la rigueur que les basses températures régnant dans les morgues et l'absence de système de diffusion n'ont pas constitué finalement un obstacle à la mise à mort des condamnés tant est grande la toxicité de l'HCN (il peut encore être mortel à -5*C), mais, comme on va le voir, le problème de la température devient un obstacle insurmontable pour la suite de l'opération. Ce qu'il faut, en effet, bien comprendre en la [73] matière, c'est que gazer occasionnellement 3.000 personnes est relativement facile, mais que répéter l'opération deux heures plus tard dans le même local est problématique, car cela suppose qu'on récupère leurs cadavres, donc qu'on puisse pénétrer dans le local, donc qu'on le ventile préalablement.

3. ventilation des chambres à gaz

Notons tout d'abord que les ouvriers du Sonderkommando ne portaient pas de masque quand ils déchargeaient la chambre à gaz: c'est évidemment impossible sans une ventilation préalable . ( 28 )

En se basant sur les plans, sur les archives publiées par Pressac et sur ses affirmations (dans son ouvrage de 1993, Pressac n'a pu, pour des raisons financières probablement, ou voulu, par prudence, donner autant de photos de documents que dans son monumental ouvrage de 1989), on en arrive aux conclusions suivantes:

a/ -- Les Bunkers 1 et 2 n'avaient pas d'aération mécanique et, dès lors, Pressac est bien obligé d'admettre qu'on n'a pas pu y gazer grand monde (tout en affirmant par ailleurs, d'une part, qu'ils devaient servir à eux seuls à gazer des millions de Juifs et, d'autre part, qu'ils furent le seul outil dont les Allemands disposèrent pendant 9 mois de grande activité).

b/ -- Le Krema I avait, depuis son montage en 1940 (c'est-à-dire bien longtemps avant qu'on parle de gazage) une "désaération provisoire [pour la morgue et le four] en attendant celle définitive de la Topf [pour la morgue, la salle d'autopsie et le(s) four(s)]". Cette installation rudimentaire fonctionnait fort mal (l'air des fours, par exemple, fuyait dans la morgue). Ce n'est qu'en avril 1942 que l'installation définitive arriva (c'était le 4ème projet) , elle fut stockée et ... ne fut jamais montée; le Krema I fut d'ailleurs définitivement arrêté en juillet 1943 et même désaffecté. Pressac est donc bien obligé de reconnaître que le [74] Krema I n'a pas beaucoup servi non plus à des gazages et c'est vraiment le moins qu'on puisse dire.

c/ -- Le Krema IV, qui fut définitivement arrêté au bout de deux mois de fonctionnement et, semble-t-il, transformé en dortoir pour les détenus affectés au service des crématoires, avait été conçu sans ventilation et il n'en eut jamais. Il semble que Topf en livra une par la suite mais elle fut stockée sans être jamais montée. Son cas est plus que clair: plus personne n'oserait affirmer qu'on y ait gazé grand monde.

d/ -- Le V commença à fonctionner à la mi-avril 1943 sans ventilation mécanique non plus (il était conçu sans, lui aussi), puis il ne fonctionna plus à partir de juillet 1943 "parce que le II [réparé] et le III suffiront ensuite à 'traiter' le flux quotidien des convois de Juifs" (on a déjà noté qu'ils n'avaient pas été conçus à cette fin !). Une installation de désaération -- sur laquelle, curieusement, Pressac ne donne aucun détail technique ( 29 ) -- fut commandée le 15 mai 1943, livrée et montée en 1944 pour aider, disent les historiens, au gazage des Juifs hongrois, qui arrivaient en masse compacte. L'ennui pour cette thèse, c'est que son montage fut terminé au plus tôt fin juin 1944, alors que la grande majorité des Hongrois avaient déjà été déportés. Bref, si on a gazé dans le V, ce ne fut guère plus que dans les installations examinées ci-dessus.

e/ -- Finalement, dit Pressac, la très grande majorité des gazages ont eu lieu dans les Kremas II et III, lesquels avaient été conçus sans chambres à gaz (puisqu'ils ne devaient servir qu'à incinérer les cadavres des détenus (et gardiens) décédés de mort naturelle, bien qu'ils fussent beaucoup plus grands que les deux autres!) mais avaient été "bricolés" d'urgence en usines de mort.

Or, si ces deux grands Kremas II et III avaient bien une ventilation mécanique, c'était une ventilation de morgue, c'est-à-dire avec admission d'air par le haut de la pièce. Dans une morgue, l'air est fétide et lourd: plus on se rapproche du sol, plus il est fétide; on doit donc l'extraire par le bas et introduire l'air frais par le haut. Mais dans une chambre à gaz, c'est le contraire qu'il aurait fallu faire, car d'une part, le gaz cyanhydrique est plus léger que l'air (sa densité est 0,95 à 31 *C), [75] d'autre part, l'air de la chambre à gaz est -- nécessairement, ainsi que nous l'avons vu -- plus chaud que l'air extérieur (sauf peut-être par canicule). Ajoutons que les cadavres auraient pu obstruer les bouches d'aération, ce qui n'aurait même pas permis une aération imparfaite. Pressac reconnaît qu'il y a là une anomalie -- qu'il n'explique pas -- et dont les ingénieurs et les opérateurs de la SS se seraient accommodés. Certes, l'argument révisionniste n'est pas rhédibitoire mais il constitue au moins la preuve que, initialement, il n'était apparemment pas prévu d'utiliser la morgue 1 comme chambre à gaz homicide (ou même sanitaire: mais on va revenir sur ce point). ( 30 )

Pressac a émis l'hypothèse que les Allemands avaient donc l'intention de rendre sa destination première à cette vraie fausse morgue après l'extermination des Juifs (par ailleurs, pour les besoins d'une autre démonstration, il dit exactement l'inverse: les Kremas devaient être détruits quelle que fut l'issue de la guerre).

La thèse officielle, basée sur les déclarations des témoins est: gazage durant 20 à 30 minutes (seulement 10 minutes quand il y avait de nombreuses arrivées, dit Piper du Musée d'Etat en 1986); ensuite, ouverture des portes sans ventilation préalable. Reconnaissant l'inanité de cette thèse, Pressac a émis l'hypothèse que le gazage durait moins de 5 minutes et était suivi d'une aération durant 20 à 30 minutes avant l'ouverture des portes; cette aération, pense-t-il, n'aurait pas été perçue par les témoins (dont le commandant du camp, Höss, ce qui est d'autant plus inadmissible qu'on lui a fait dire que "une demi-heure après !'introduction du gaz, on ouvrait la porte et on mettait en marche le dispositif d'aération"); la raison en serait que son bruit aurait été couvert par celui de la soufflerie des crématoires tout proches. Comme on le voit, Pressac réécrit l'histoire et il a bien raison, mais il le fait au départ d'un dogme, sans preuve et même sans témoignage, bref ex nihilo; cette habile modification des séquences ne change toutefois rien à la réfutation des révisionnistes.

[76]
Comme l'a montré Rudolf (nous en avons déjà parlé), il aurait fallu des heures au gaz cyanhydrique pour s'échapper totalement des granulés de Zyklon-B; même avec une ventilation mécanique efficace, il aurait fallu impérativement patienter un certain temps après le gazage proprement dit, même pas pour entrer dans la chambre à gaz (c'était totalement exclu à ce stade) mais simplement pour mettre la ventilation en route. On ne pouvait évidemment ventiler le gaz qu'après la gazéification complète de l'HCN contenu dans le Zyklon-B et, comme la température était très inférieure à 26 *C, tout cela aurait pris des heures. Il faut encore ajouter le fait -rappelé inlassablement par Faurisson- que même une ventilation poussée n'aurait pas pu éliminer le gaz qui s'était fixé sur les corps et que les ouvriers chargés de les évacuer seraient morts gazés à la tâche, même équipés de masques.

La seule parade qu'a trouvée Pressac en 1993 est de supposer -- sans preuve, bien entendu, et au mépris de tous les témoignages et aveux -- qu'il n'y avait qu'une seule opération de gazage par jour (1.000 personnes à la fois) dans les Kremas II et III ("un seul cycle de gazage possible par jour"): cette révision du Dogme l'a contraint à une autre révision spectaculaire, celle de la réduction du nombre de gazés à l'arrivée à 630.000, puis 470/550.000 !

On notera que, finalement, Pressac a dû admettre qu'on ne pouvait trouver dans l'analyse des systèmes de ventilation des morgues des Kremas II et III la preuve de l'existence des chambres à gaz (tout en faisant croire le contraire par ailleurs). Mattogno, lui, va plus loin et démontre de façon convaincante et fort simple qu'on peut y trouver l'indice que lesdites morgues ne purent être des chambres à gaz:

-- Il y avait, dit Pressac, ventilation de 8.000 m3 par heure pour la morgue 1 (la chambre à gaz) et 13.000 m3 pour la morgue 2 (la salle de déshabillage des condamnés) ce qui, compte tenu de leurs dimensions, signifie que l'air de ces pièces était renouvelé respectivement 16,56 et 13,45 fois par heure.

-- Or, dit Mattogno sur la base de preuves documentaires dont Pressac a fait litière,

--d'une part, les chiffres donnés par Pressac sont erronés: les volumes ventilés étaient en réalité de 4.800 et 10.000 m3 par heure, ce qui correspond à 9,48 et 11 renouvellements d'air par heure; en [77] d'autres termes, la prétendue chambre à gaz était encore moins bien ventilée que le vestiaire, ce qui est absurde.

-- d'autre part, cette fréquence du renouvellement de l'air est conforme aux normes fixées pour des morgues utilisées intensivement (10 renouvellements par heure); par contre, dans les chambres à gaz d'épouillage, bien qu'elles fussent équipées du très efficace sytème Degesch-Kreislauf (ventilation circulaire par air chaud), l'air était renouvelé 72 fois par heure! Dès lors, il devrait apparaître aux hommes de bonne foi et de bon sens que la morgue 1 ne pouvait être une chambre à gaz homicide, pas plus d'ailleurs que la morgue 2.

Mais, la morgue 1 pouvait-elle servir de chambre à gaz sanitaire ainsi que le suggère le document ramené par Graf et Mattogno? La réponse logique est négative, mais, apparemment, la SS avait fait le pari que la ventilation prévue pour les miasmes de la morgue pourrait suffire à ventiler le gaz d'une chambre à gaz sanitaire; elle a dû admettre très vite qu'elle avait perdu ce pari. De la sorte, cette chambre à gaz n'a jamais dû fonctionner (nous allons en donner la preuve) et, comme la transformation de la morgue en chambre à gaz était fort sommaire et n'avait pas dû être fort coûteuse (finalement, la SS se serait contentée de l'équiper d'une porte vaguement étanche au gaz pour se croire autorisée à la baptiser "chambre à gaz"), l'abandon de cette destination n'a pas dû être difficile. Autre explication donnée par Mattogno: la morgue 1 ne devait fonctionner comme chambre à gaz sanitaire que pour le cas où se reproduirait une situation sanitaire catastrophique (comme celle qu'avait connue le camp en 1942); comme ce ne fut pas le cas, cette chambre à gaz d'appoint ne servit pas.

Les révisionnistes soulèvent donc au sujet de la ventilation des chambres à gaz des objections que les historiens ne peuvent surmonter; ceux-ci ont donc décidé de faire taire leurs contradicteurs par voie légale !

Quel aveu!

4. Analyse quantitative des ferrocyanures

Ce sont Robert Faurisson et un révisionniste germano-canadien Ernst Zündel, qui furent à l'origine d'une expertise capitale effectuée [78] en 1988 par l'ingénieur américain Fred Leuchter, spécialiste d'installations d'exécution capitale, dont les chambres à gaz utilisées dans certains Etats américains.

Comme nous l'avons dit plus haut, le gaz cyanhydrique, une fois diffusé, ce qui, nous l'avons vu aussi, n'est pas automatique, s'insinue dans les mortiers, plâtres et briques des murs des pièces dans lesquelles il est mis en oeuvre (à raison de 12 g/m3 pour les humains et 5 g/m3 pour les poux, dit Pressac mais sans citer sa source et pour cause) et, réagissant avec le fer contenu dans ces matériaux, il y forme des ferrocyanures étonnamment stables.

Leuchter procéda donc à des prélèvements de matériaux divers dans certaines installations d'Auschwitz, à savoir:

-- une chambre à gaz de désinfection, dans laquelle, en somme, on gazait les poux.
-- les cinq chambres à gaz prétendûment homicides.

Les analyses montrèrent que les échantillons de la chambre à gaz de désinfection contenaient des quantités importantes de ferrocyanure, ce qui indique qu'on y avait abondamment utilisé du Zyklon-B. Par contre, les échantillons des 5 locaux considérés comme chambres à gaz homicides ne contenaient pas du tout ou très peu de ferrocyanure, ce qui indique tout aussi clairement qu'on n'y avait jamais introduit de Zyklon-B, sauf, peut-être à l'occasion de l'une ou l'autre opération de désinsectisation, encore que certains pensent que l'usage du Zyklon-B a été tel qu'on doit trouver des traces infimes de ferrocyanure à peu près partout dans les camps allemands, y compris dans des pièces où il n'a jamais été employé. Il se pourrait même, selon Leuchter, que la présence de cyanure en quantités minimes résulte d'un phénomème naturel et donc qu'on en trouve de semblables quantités partout.

Certes, les résultats pour les Kremas IV et V sont moins probants du fait qu'ils ont été rasés depuis la guerre, mais les résultats pour les trois autres Kremas, dont les II et III, dans lesquels auraient été gazés la très grande majorité des Juifs, sont inattaquables.

Les critiques formulées contre l'expertise de Leuchter sont inconsistantes (on trouvera en annexe 5 l'exposé et la réfutation de celles de Nolte, Pressac et Stengers). La principale -- celle qui vient directement à l'esprit et paraît de bon sens -- est que les intempéries, notamment les pluies, ont lessivé les traces de cyanure. Cet argument ne résiste pas à [79] l'analyse:

-- d'une part, au moins une installation, celle du Krema I, a constamment été à l'abri (elle aurait même encore son toit d'origine).

-- d'autre part, les composés ferrocyanurés sont d'une résistance exceptionnelle aux intempéries: RudoIf l'a démontré de façon irréfutable. On peut d'ailleurs faire remarquer qu'une chambre à gaz sanitaire (la BW5b) porte encore des traces de cyanure sur sa façade (le gaz a réussi à traverser le mur): 50 ans d'intempéries n'ont donc pas réussi à lessiver ces traces (de couleur bleue) qui sont visibles à tous les visiteurs du camp (pour autant qu'ils s'écartent de l'itinéraire organisé par le Musée).

Au terme de cette expertise, il est donc clair qu'on n'a jamais gazé personne dans les cinq Kremas d'Auschwitz. Si on l'a fait, on l'a fait ailleurs, mais c'est là une autre histoire (d'ailleurs improbable).

Une contre-expertise réalisée ultérieurement par la Section de Toxicologie de l'Institut d'Expertises Médico-légales de Cracovie à la demande du Musée d'Etat d'Auschwitz a abouti à des conclusions semblables.

Enfin, en 1992, ont été publiés les résultats de l'expertise du chimiste allemand Germar Rudolf, qui s'est notamment attaché à l'étude des résidus ferrocyanurés d'Auschwitz. Rudolf a confirmé, tout en les précisant, les résultats de Leuchter et des Polonais. (On trouvera un résumé du rapport Rudolf par Célestin Loos dans "RHR", n* 6, Mai 1992; enfin, VHO vient de publier une traduction française du rapport complet).

Mattogno, signale Rudolf, a aussi fait procéder à des analyses d'échantillons qu'il a prélevés à Birkenau et il est arrivé aux mêmes résultats. A signaler encore que, dans son rapport, Rudolf réfute -- en les écrabouillant -- les critiques de quelques autres exterminationnistes comme W. Wegner, G. Wellers et J. Bailer.

[80]
QUANTITE DE FERROCYANURE TROUVE PAR LEUCHTER
Appendice II du rapport Leuchter, non reproduite ici.

[81]

-- Autopsie des cadavres

On peut essayer de procéder à une autopsie par témoins interposés. L'HCN laisse des traces visibles sur la personne qu'il a tuée: comme le relève Rudolf, les médecins légistes nous disent que les victimes d'empoisonnement par le gaz ont "bonne mine": l'HCN donne à ses victimes un teint "rosé" sans rapport avec ce qu'ont dit les témoins. Si Piper du Musée d'Etat parle effectivement, mais sans citer sa source, de coloration "rose" ("Auschwitz", 1986), certains témoins ont relevé une coloration "rose avec des taches vertes" et la plupart ont parlé de coloration "bleutée".

Au fait, pourquoi ces témoins ont-ils évoqué une teinte "bleutée" ? Il s'agit probablement une fois de plus d'une affabulation par extension: les témoins avaient dû remarquer que le Zyklon-B laissait des traces bleutées sur les murs des chambres à gaz d'épouillage.

On notera encore que les victimes tombent très vite et sans souffrir dans l'inconscience: les scènes de suppliciés se tordant de douleur sont doublement imaginaires.

-- Capacité des fours crématoires, des fosses de crémation et des bûchers.

La discussion sur les fours crématoires ne peut s'appuyer sur des vestiges crédibles mais ce n'est pas grave du tout, car on peut étayer le raisonnement de différentes façons. Ce chapitre, je dois prévenir le lecteur, est peut-être ardu, mais il est difficile de le court-circuiter; je pense que même une lecture rapide lui sera profitable.

A. Généralités

Il nous faut d'abord rappeler (en nous référant, notamment, à Célestin Loos dans "RHR", n* 5) des choses qui ne sont pas évidentes mais que chacun admettra assez facilement. Il faut savoir que la destruction rapide d'un corps humain par le feu n'est pas une chose facile à réaliser, car il est extrêmement peu combustible. Cette destruction, qui, dans le meilleur des cas, est imparfaite, puisqu'il reste toujours des os (sans parler des dents qui sont pratiquement indestructibles et qui constituent un indice classique de médecine légale), cette destruction, di[82]sais-je, exige de très grandes quantités d'énergie, ce qui suppose l'emploi d'une source abondante d'énergie extérieure (bois, coke, fuel,... ) et d'un comburant (air) également abondant. La combustion de n'importe quel combustible (en l'occurence, le corps humain) exige toujours du comburant en excès. C'est une condition technique élémentaire. Faute de quoi, les produits de la combustion incomplète forment bientôt un écran thermique ainsi qu'une barrière chimique, et ils interrompent la réaction. Le combustible, s'il s'agit d'un solide, est enrobé dans une gangue d'imbrûlés; la flamme disparaît; on dit alors que le combustible "charbonne". C'est pourquoi tant pour les crématoires que pour tout autre type de four à combustion, l'apport de comburant (air) est assuré par une ventilation forcée (c'était le cas des Kremas d'Auschwitz).

Dans la crémation moderne, on travaille dans des conditions parfaitement gérées, de manière en quelque sorte clinique, traitant un cas à la fois, dans des fours formant des systèmes clos, alimentés par d'énormes quantités de chaleur produites par combustion gazeuse. De la sorte, on arrive à un bon résultat et il ne reste plus de gros os (il reste uniquement des os de la grandeur d'une demi-phalange qu'il faut affiner).

De leur côté, Mattogno et Deana donnent des précisions sur le fonctionnement et la conduite des fours dans un livre probablement définitif paru après la première édition de ce tome 1 et dont on ne saurait trop recommander la lecture. ( 31 ) On en retiendra notamment que le procédé habituellement utilisé pour la crémation en four est le procédé indirect: le corps n'est pas en contact direct avec la flamme. Ce procédé exige préalablement que la masse des réfractaires du four soit chauffée à 1.000 *C, après quoi le four est dit "en équilibre thermique". On comprendra donc aisément que les premières crémations soient très coûteuses et que, pour obtenir un bilan énergétique favorable, il y ait intérêt à utiliser un four au maximum dès lors qu'il a été allumé. Qu'est-ce qui pouvait bien différencier les crématoires d'Auschwitz des autres crématoires civils? Pour répondre à cette question, Mattogno et Deana commencent par rappeller certaines conclusions, apparemment inattaquables, auxquelles sont arrivés des chercheurs anglais, conclusions [83] communiquées par le Dr. E.W. Jones lors de l'assemblée annuelle de 1975 de la Cremation Society of Great Britain: la "durée minimale [de l'incinération d'un corps humain] que notre statisticien a définie comme une barrière thermique, ne peut, en raison de la composition des tissus humains, être inférieure à 63 minutes ( ... ) et la température optimale de cette barrière thermique est de 800 à 900 *C."; certes, reconnaissait le Dr Jones, on pourrait peut-être descendre à 20 ou 15 minutes mais à des températures irréalistes comme 2.000 *C. Or, les fours que les Allemands utilisaient dans les camps de concentration comme Auschwitz étaient des fours ordinaires identiques aux fours utilisés pour l'incinération des civils allemands, au point qu'ils étaient même equipés pour incinérer des corps dans des cercueils; plus important, sans doute: les températures auxquelles fonctionnaient ces fours étaient des températures de l'ordre de celles que cite Jones (dans les 800 *C). Les crématoires d'Auschwitz étaient donc soumis aux contraintes et lois physiques et chimiques comme tout autre crématoire et, par conséquent, si, en 1975, il fallait 63 minutes à un crématoire anglais pour incinérer un civil anglais, il fallait en principe également 63 minutes aux crématoires d'Auschwitz pour incinérer un détenu juif ou non juif. Bien entendu, les constructeurs allemands essayaient comme tout le monde d'améliorer les performances de leurs installations mais, en ce qui concerne la durée de crémation, a encore dit le Dr. Jones, "ils se heurtèrent à une barrière thermique. Ils ne réussirent pas à inventer un four ramenant la durée d'incinération à la limite souhaitée." Pour le reste, Prüfer, l'ingénieur-vendeur de Topf (constructeur qui équipa Auschwitz) porta ses efforts sur la réduction du prix de vente de ses fours (en en allégeant les structures et la masse des réfractaires au point de les fragiliser) ainsi que sur la réduction du coût de fonctionnement (par l'ajout d'un troisième moufle au four bimoufle tout en maintenant le nombre de foyers (doubles) à 2 unités, avec l'espoir -- en partie infondé, je le crains -- que cette astuce permettrait au trimoufle d'incinérer 3 corps avec la quantité de coke qu'utilisait le bimoufle pour incinérer 2 corps). Certes, Auschwitz disposait d'une capacité de crémation importante mais elle résultait non pas du développement de fours extraordinaires et quasi-magiques, mais tout simplement de la multiplication du nombre de fours et de moufles.

Avec cette dernière mise au point et compte tenu de ce que nous savons déjà sur le nombre de moufles dont disposait Auschwitz et sur [84] le nombre de jours qu'ils fonctionnèrent, la discussion sur la capacité des crématoires d'Auschwitz pourrrait être considérée comme close, car il est déjà évident qu'ils n'ont pu incinérer les millions ou les centaines de milliers de corps de déportés qui, selon les historiens, y avaient été préalablement gazés. Néanmoins, nous allons poursuivre la discussion pour nous en convaincre si possible d'autres manières.

B. Capacité retenue par les historiens

Tout d'abord, les chiffres de capacité dont nous avons parlé ci-dessus et sur lesquels la plupart des historiens ont basé la thèse exterminationniste, sont extraits d'un document provenant de la Bauleitung (signé par Jährling et daté du 28/6/1943, alors que les grands Kremas II à V venaient d'être mis en service), lequel document donne les capacités suivantes:

Krema I: 340 personnes par jour de 24 heures
II et III: 1.440 chacun
IV et V: 768 chacun
Total: 4.756

Ces chiffres, disent les révisionnistes, sont a priori ridiculement élevés. Pressac en convient:

-- Tout d'abord, explique-t-il, les SS auraient utilisé par "vantardise" un "coefficient multiplicateur" de 2 à 3.

-- Ensuite, le Krema I fut arrêté le mois suivant celui dont est datée la note de Jährling; on remarquera que, comme la décision de l'arrêter avait été prise, il est étrange que la SS ait pu comptabiliser sa capacité avec celles des nouvelles installations.

-- Enfin, dans la pratique, comme nous l'avons déjà dit, aucun de ces crématoires ne donna satisfaction (ce qui brouilla d'ailleurs définitivement Topf avec Auschwitz):

-- le I avait été en panne du 30/5/1942 au 8/8/1942 et s'était presque aussitôt à nouveau détérioré;

-- le II tomba en panne 3 mois de mai à juillet 1943 (ses 5 fours n'avaient pas été utilisés en même temps et cela avait entraîné des tensions dans la cheminée: c'est déjà la preuve qu'on ne l'utilisait pas à pleine capacité);

-- le III eut bien des problèmes aussi;

-- le IV fut définitivement mis hors d'usage deux mois après son entrée en service;

[85]
-- le V, enfin, fut arrêté de façon répétitive et ne fonctionna que de façon épisodique.

Ainsi, Pressac a calculé que, pour la période d'avril à octobre 1943, les crématoires ne travaillèrent que l'équivalent de 2 mois de pleine capacité.

En 1993, sans renier pour autant sa théorie du "coefficient multiplicateur", Pressac donne une explication un peu différente: "Ces chiffres officiels sont de la propagande mensongère et pourtant ils sont valables. Leur validité apparente repose sur le fait que la durée d'incinération de deux enfants de 10 kgs et d'une femme de 50 kgs est égale à celle d'un homme de 70 kgs, ce qui introduit un coefficient multiplicateur variant de 1 à 3 et rend aléatoires tous les chiffres de rendement crématoire". Pressac veut sans doute dire par là que l'unité retenue n'est pas une unité normalisée (qui serait celle d'un homme de corpulence normale de 70 kgs) mais que la SS avait considéré qu'un enfant de 10 kgs correspondait à une unité alors qu'un crémateur professionnel l'aurait compté pour 1/7 d'unité. Dès lors, Pressac corrige les capacités de cette façon:

   officiel pratique réel
crématoire I 340 250 0 (arrêt fin juil.43)
 crématoire II 1.440 1.000 1.000
crématoire III 1.440 1.000 1.000
crématoire IV 768 500 0 (hors d'usage)
crématoire V 768 500 0 (sans emploi)
[Total] [4756] [3250] [2000]

Bref, les capacités sur lesquelles se basent les historiens, doivent être considérablement réduites, et cela, bien davantage que par 2 ou 3, à défaut de quoi, elles ne peuvent qu'apparaître irréalistes aux gens réfléchis. La suite va le prouver.

C. Comparaison avec d'autres fours du même constructeur

On peut, tout d'abord, comparer les capacités avancées avec celles d'autres crématoires livrés par le même constructeur à d'autres camps.

[86]
Le Krema I fut équipé comme suit:

-- en juillet 1940 et en 1941, le Krema I reçut deux fours bimoufle dont le rendement, dit Pressac, fut estimé par Topf à "30 à 36 corps en dix heures, soit environ 70 corps par jour pour une vingtaine d'heures d'activité, l'entretien du four nécessitant trois heures", ce qui fait 1,5 à 1,8 corps/moufle/heure. (apparemment, sans le dire, Pressac se base sur la lettre du 14/7/1941 de Topf à Mauthausen: "30 à 36 corps en 10 heures environ mais sans surcharge et sans panne".) ( 32 )

Or, des fours apparemment identiques furent livrés par Topf à:

-- Dachau (fin 1939). "Son rendement incinérateur était estimé à deux corps/heure", ce qui fait 1 corps/moufle/heure (selon lettre du 1/ 10/ 1940 de Topf à Mauthausen).

-- Buchenwald (janvier 1940), mais on n'en connaît pas le rendement.

--Gusen (février 1941). Rendement estimé par Topf, dit Pressac en 1993, à "deux corps par heure" (ce qui fait aussi 1 corps/ moufle/ heure).

La différence (presque du simple au double) entre ces fours serait due, selon Mattogno et Deana, au fait que les plus performants étaient équipés d'une installation d'aspiration d'air (laquelle, par contre, avait le désavantage d'augmenter la consommation énergétique de 50 %); toutefois, cette production de 1,5 à 1,8 corps/moufle/heure requérait des conditions optimales et ne pouvait excéder un certain laps de temps assez court. Le Krema I d'Auschwitz était équipé de ce système mais il était beaucoup moins efficace qu'à Mauthausen, car il desservait un nombre plus important de moufles; de la sorte, il paraît difficile de tabler sur une production supérieure à 1 corps/moufle/heure pour ce Krema (soit le chiffre retenu par les crémateurs anglais en 1975).

-- en juin 1942, le Krema I reçut un 3ème four bimoufle identique aux 2 précédents à ceci près que le foyer était plus grand. Dans la 1 ère édition, j'avais, par pure bienveillance, admis que, de ce fait, sa capacité aurait pu être double de celle de ses 2 prédécesseurs, mais, à la lumière des essais des Anglais, on doit admettre que sa capacité ne pouvait qu'être identique, soit égale à 1 corps/moufle/heure.

[87]
En résumé, on doit admettre que le Krema I avait une capacité qui ne pouvait excéder 6 corps/heure soit 60 corps/jour de 10 heures. Ce chiffre est à comparer avec celui de 340 qui figure dans le document susdit:le "coefficient multiplicateur" est au minimum de 5,67.

Bien entendu, si on admet que, comme par miracle, les fours pouvaient fonctionner 24 heures par jour, on arriverait à 144 corps/jour pour le Krema I (ce qui serait encore très inférieur à 340 corps), mais on ne peut extrapoler impunément à 20 ou 24 heures des capacités données par le fabricant pour des jours de 10 ou 12 heures: en effet, les crématoires ne pouvaient absolument pas fonctionner 24 heures sur 24 et cela pour deux raisons:

-- D'une part, les nécessités de l'entretien: les scories de coke finissent par obstruer la grille et empêcher l'arrivée d'air; on ne peut les enlever qu'en arrêtant le four et cela prend du temps (au moins 5 heures). Le redémarrage prend aussi du temps (l heure). A priori, on ne peut dépasser 18 heures/jour de fonctionnement effectif.

-- D'autre part, la qualité médiocre des matériaux utilisés à l'époque interdisait une utilisation intensive des fours sous peine de destruction rapide. Ce n'est évidemment pas sans raison que Topf donnait des rendements par jour de 10 ou 12 heures.

On m'opposera que les témoins et les historiens affirment avec force que des flammes gigantesques sortaient jour et nuit des cheminées des crématoires. Mais, d'une part, cette affirmation est ridicule car, comme le fait remarquer Pierre Marais, des flammes ne sortent d'une cheminée que quand il y a le feu à cette cheminée. Ou bien les témoins ont menti (ce que nous ne croyons pas) ou ils ont probablement confondu avec les torchères du complexe carbochimique tout proche d'Auschwitz III. D'autre part, si, par absurde, les crématoires avaient pu fonctionner 24 heures sur 24 heures, leur usage aurait de toute façon été limité en raison des consignes d'occultation données par la direction du camp pour contrer les raids de l'aviation alliée sur Auschwitz III (du moins en 1944). Ces consignes devaient nécessairement valoir également, on le notera dès à présent, pour la crémation à l'air libre.

Les Kremas II et III, eux, étaient équipés de 5 fours trimoufle. Deux comparaisons avec d'autres fours Topf sont à faire:

[88]
le troisième four bimoufle du Krema I fut, d'une certaine façon, le prototype des fours trimoufles des Kremas II et III (encore que les fours trimoufles et octomoufles d'Auschwitz n'étaient pas équipés de l'installation d'aspiration d'air). Dès lors, la capacité de ces deux Kremas ne pouvait pas excéder 1 corps/moufle/heure x 5 fours x 3 moufles =15 corps/heure ou 150 corps/jour de 10 heures.

Le "coefficient multiplicateur" est de 10,4. Sur cette base, le Krema II aurait donc pu incinérer sur 18 mois un total très théorique de 82.350 corps maximum. On est loin des 400.000 qu'il aurait finalement produits (version 1989 de Pressac) et encore plus loin des 1.053.000 corps qu'il aurait été capable d'incinérer d'après le document Jährling. On est encore très loin du chiffre qu'on pourrait déduire du chiffre total des morts d'Auschwitz que donne Pressac en 1994 (40% de 630.000/ 710.000 soit 252.000/284.000 ?).

Enfin, 2 fours trimoufle tout à fait identiques à ceux des Kremas Il et III furent livrés par Topf à Buchenwald, où il y eut 21.000 morts, ce qui est beaucoup, hélas, mais reste infime par rapport aux chiffres avancés pour Auschwitz (il est passé beaucoup moins de déportés par Buchenwald, camp de travail, que par Auschwitz, camp de travail mais surtout de transit).

= Pressac dit en 1989 que ces deux fours, entrés respectivement en service les 23/8/1942 et 3/10/1942, "furent utilisés beaucoup moins intensivement que ceux de Birkenau, [et] incinérèrent seulement 6 ou 7 corps par moufle par jour en moyenne". D'un autre côté, il affirme que la production effective des 5 fours à 3 moufles du Krema II d'Auschwitz aurait été de 400.000 corps en 18 mois au plus (ses estimations, rappelons-le, sont les plus basses qui soient, hormis celles des révisionnistes): cela fait 50,3 corps/moufle/jour soit 7 à 8 fois plus qu'à Buchenwald. Il est difficile de croire que les responsables berlinois de la SS, qui, en définitive, décidaient de tout, aient pu admettre pour Buchenwald un outil ayant une telle surcapacité, car, comme le démontre Pressac, ils étaient près de leurs sous. Il se confirmerait donc que le Krema II n'aurait pas pu incinérer autant de morts et que la capacité indiquée dans le document Jährling et qui correspond à 96 corps/ moufle/jour est étonnante.

= En 1993, Pressac dit que la Topf constata que ces fours de Buchenwald avaient "un rendemeni incinérateur supérieur de un tiers à celui calculé à partir de l'expérience acquise sur les fours bimoufle", ce qui [89] constituait une déception pour elle. "Dès lors pour les 5 fours du crématoire [II] de Birkenau, Prüfer put tabler sur l'incinération assurée de 800 corps en 24 heures, ce qui était nettement moins que les 1.440 annoncés à Bischoff fin octobre 41". Pour nous et en faisant fi de l'expérience communiquée par le Dr Jones, cela ferait donc une capacité de 1,33 corps/moufle/heure, ce qui ferait 200 corps/Krema/jour de 10 heures ("coefficient multiplicateur" de 13,9).

Mais, selon Mattogno, le document sur lequel se base Pressac (lettre du 15/11/1942 de Prüfer à ses patrons) a été mal compris par Pressac qui a confondu rendement énergétique et production! En fait, la lettre dit que la consommation d'énergie du nouveau trimoufle était de 1/3 inférieure à celle de l'ancien four bimoufle, ce qui rend caduc tout le raisonnement de Pressac. On notera d'ailleurs que les deux tiers de 1.440 font 960, chiffre qu'il est bien difficile d'arrondir aux 800 retenus par Pressac.

En fait, ce que n'a pas compris Pressac (ni moi-même avant de lire Mattogno et Deana), c'est que la différence entre le four bimoufle et le four trimoufle ou tout autre four n'est pas au niveau de la capacité de production par moufle mais au niveau de la consommation d'énergie: comme nous l'a appris le Dr Jones, dans des conditions normales, il faut une heure pour incinérer un corps; point final! Dès lors, le four trimoufle pouvait bien consommer moins de coke par corps incinéré, il ne pouvait pas pour autant incinérer davantage de corps que le bimoufle, soit au maximum 1 corps/moufle/heure, ce qui fait 15 corps/Krema/heure ou encore 150 corps/Krema/jour de 10 heures. Le "coefficient multiplicateur" est donc de 10,4.

On commence d'ailleurs à comprendre comment auraient pu être calculées les capacités du document Jährling:

Pour Pressac, le chiffre du Krema I (340 corps/jour) résulte de l'expérience acquise par la SS, mais, cette expérience (du moins à Auschwitz) étant des plus malheureuses, ce ne peut être qu'un chiffre théorique. Jährling (ou un faussaire, si le document n'est pas authentique ?) a dû prendre le chiffre donné par Topf pour Gusen (mais comment en avait-il eu connaissance ?) soit 30 à 36 corps/2 moufles/jour de 10 heures et l'a extrapolé sur 24 heures.

Pour le Il et le III, dit Pressac, Jährling est parti d'un chiffre qui était l'objectif que Bischoff et Topf s'étaient fixé au début de leurs négo[90]ciations, soit 2 corps/moufle/demi-heure soit 60 corps/Krema/heure ou encore 1.440 corps/Krema/jour de 24 heures; malheureusement, Pressac ne publie pas le pense-bête sur lequel Bischoff aurait noté ces chiffres le 30/10/1941 (soit très longtemps avant la décision de déporter les Juifs à Auschwitz) et on ne peut se satisfaire de ses affirmations. En effet, il est étrange que la capacité ait été donnée en demi-heures, ce qui indiquerait que la SS pensait incinérer 2 corps et à la fois et en une demi-heure: cela fait beaucoup. D'autre part, il y avait longtemps (en juin 1943) que, sur la base de son expérience de Buchenwald, Prüfer avait dû faire part de la baisse de ses prétentions. Mais, on doit bien admettre que 1.440 est le résultat de la multiplication de 60 par 24 heures (il n'était donc même pas prévu d'entretien journalier !) et retenir l'explication de Pressac.

Enfin, pour les Krema IV et V (équipés chacun de doubles fours à quatre moufles et pour lesquels on n'a pas d'éléments de comparaison), Jährling a recouru à une règle de trois, dit Pressac, soit 1.440 x 8/15 moufles = 768 corps/Krema/jour de 24 heures. ("De la propagande", dit Pressac).

D. Comparaison avec des fours d'autres constructeurs contemporains et modernes

On peut aussi comparer ces fours d'Auschwitz avec des fours d'autres constructeurs soit contemporains de Topf soit d'aujourd'hui: - Un exemple donné par Pressac: en 1937, un constructeur proposa à Dachau un four unimoufle au coke; le four froid, prétendait le constructeur, demandait 175 kgs de coke pour une première crémation (100 kgs s'il avait fonctionné la veille), les deux suivantes ne nécessitant plus de combustible et les suivantes presque plus de combustible, le four étant en "équilibre thermique". Le constructeur estimait qu'il fallait une heure et demie pour un corps de 70 kgs dans un cercueil de 35 kgs de bois. Selon Pressac, les SS en tirèrent la conclusion (ne serait-ce pas plutôt celle de Pressac ?) que 100 kgs de coke leur suffisaient pour réduire en cendres une vingtaine de corps par jour, car le fait de les incinérer sans cercueil permettait de gagner une demi- heure/corps.

Cette démonstration n'est pas sérieuse mais elle est typique de l'exterminationnisme. D'une part, à l'heure actuelle encore, le cercueil constitue un apport important dans le bilan énergétique: il fallait, en [91] fait, pour une vingtaine de corps, 100 kgs de coke et les 700 kgs de bois des cercueils, soit en tout l'équivalent de 650 kgs de coke, soit 32 kgs/corps et non 5 kgs, comme l'a calculé Pressac. D'autre part, on ne put vérifier les prétentions du constructeur, car l'offre ne fut pas retenue.

Néanmoins, on en resterait à 1 corps maximum/heure/moufle.

-- Selon Mattogno, l'Enciclopedia Italiana de l'époque (1949) précisait que la crémation d'un corps dans un four à gazogène durait 60 à 75 minutes et nécessitait quelque 300 kgs de bois; dans un four à combustion directe, 90 à 120 minutes pour 100 à 150 kgs de bois. L'équivalent en coke est respectivement de 200 kgs et 66 à 100 kgs. Le rendement baisse encore et passe à de 0,8 à 1 corps/moufle/ heure.

-- Exemple d'un crématoire "moderne": en 1987, le responsable de celui de Hambourg précisait à Mattogno: durée de la crémation de 50 à 70 minutes au cours d'un cycle continu; chambres de combustion préchauffées par 8 m3 de gaz à 700-750 *C portés à 800-900 *C par crémation de la bière: ceci fait 0,9 à 1,2 corps/moufle/heure, c'est-à-dire à peu près le rendement de l'exemple précédent.

-- Exemple d'un crématoire "ultramoderne" selon Leuchter: température de 2.000 *F (1.100 *C); 2.500 cb.ft d'air/minute (70 m 3 /min). Durée de crémation de 75 minutes mais les fabricants conseillent de se limiter à 3 crémations/jour. Les crémateurs belges m'ont donné des renseignements identiques. Le rendement ne cesse de baisser (0,8 corps/moufle/heure avec limitation à 3 corps/moufle/jour de 24 heures).

-- Enfin, est-il vraiment besoin d'en dire plus: l'idéal crématiste ne cessant de progresser ("Laisser la Terre aux vivants"), on incinère de plus en plus souvent dans notre société et dès lors, nous savons tous qu'il faut une bonne heure pour incinérer un corps dans les crématoires ultramodernes belges ou français. Citons quand même (pour ceux qui n'ont pas encore eu à mettre les pieds dans un crématoire ou qui ne lisent pas les rapports de la très sérieuse Cremation Society of Great Britain) le quotidien "Le Figaro" du 2/11/1993: "Le cercueil et le corps qu'il renferme, portés à une température de 700 à 800* (au-dessus du foyer) sont réduits en cendres en une grosse heure".

[92]
Si le cercueil constitue un apport important sur le plan énergétique (un cercueil en bois de 35 kgs correspond à 27 kgs de coke), n'augmenterait-il pas la durée de la crémation? Effectivement, disent Mattogno et Deana, le cercueil ralentit initialement la crémation (en contrariant l'évaporation de l'eau du corps) mais, ultérieurement, il accélère cette crémation par un apport calorifique important: finalement, il y aurait compensation entre ces deux effets contraires.

En résumé, il est difficile d'admettre que les fours allemands d'il y a 50 ans pouvaient incinérer plus de 1 corps nu/moufle/heure ou encore 10 corps/moufle/jour de 10 heures. Dès lors, la capacité du Krema II aurait pu être au maximum de 10 corps/moufle/jour x 3 moufles x 5 fours = 150 corps/ jour de 10 heures.

Oui mais, disent les historiens, on mettait plusieurs corps par moufle. De l'examen des plans (les bouches des fours mesuraient 60 x 60 cm) et des instructions du constructeur (mode d'emploi, calcul de capacité), on peut conclure que c'était exclu, non pas pour des raisons éthiques, bien entendu, mais matérielles. Comme l'expliquent Mattogno et Deana, l'introduction de plus d'un corps (du moins de poids normal) dans le moufle entraîne une baisse de la température en dessous de 600 *C, température à laquelle les corps "charbonnent" (voir plus haut ce qu'en dit C. Loos); dès lors, la crémation demande plus d'énergie et plus de temps, ce qui est contraire au résultat recherché (par les historiens). Alors, quelle pourrait être l'origine de l'affirmation qu'on incinérait plusieurs corps à la fois? D'une part, on pouvait, bien entendu, incinérer à la fois deux corps décharnés (ce devait être souvent le cas sous l'effet de la malnutrition -qui n'épargnait d'ailleurs pas non plus certains des nôtres qui étaient en liberté- et du typhus); d'autre part, expliquent Mattogno et Deana, la combustion proprement dite d'un corps dans un four similaire à ceux des grands Kremas de Birkenau pouvait durer 60 minutes (dans le "moufle") et était suivie d'une postcombustion de 20 minutes (dans le "cinéraire") mais les servants, plus soucieux de rendement que d'autre chose, n'attendaient pas 80 minutes pour introduire un nouveau corps dans le moufle: ceci a pu accréditer l'idée qu'on incinérait plusieurs corps à la fois.

De son côté, Pressac dit qu'exceptionnellement on pouvait arriver à 3 corps. Nous retiendrons donc la moyenne, soit 2 corps/moufle, pour qu'on ne puisse nous accuser de faire preuve de malveillance vis-à-vis [93] des historiens; de la sorte, la capacité du Krema II doublerait à 300 corps/jour, ce qui donnerait, sur 18 mois maxi, un total très théorique de 165.000 corps. Malgré toute notre bienveillance, on est toujours loin des chiffres cités par les historiens.

E. Renouvellement de la maçonnerie réfractaire

Mattogno et Deana apportent ici des éléments tellement déterminants qu'on pourrait même s'en contenter et s'éviter toute autre discussion. Dans les années 30, remarquent-ils, la longévité moyenne de la maçonnerie en réfractaire d'un four était de 2.000 crémations/moufle, après quoi, le four étant hors d'usage, il fallait remplacer sa maçonnerie. En 1941, Topf fêta avec éclat un record, celui de la 3.000ème crémation de son 2ème four électrique monomoufle d'Erfurt; par contre, à Gusen, son four bimoufle, lui, servit seulement à 3.179 crémations de février à octobre 1941 (soit moins de 1.600 crémations/moufle), après quoi il fallut remplacer sa maçonnerie. Mais, pendant la guerre, la qualité des matériaux baissa (la qualité des installations aussi, notamment à cause des économies réalisées sur la quantité de réfractaires) et la compétence du personnel opérateur également (c'étaient des détenus qui -on les comprend- montraient parfois de la mauvaise volonté, voire, sabotaient leur travail) et on doit considérer que le record d'Erfurt fut loin d'être battu par Auschwitz. Or, si la maçonnerie réfractaire de 2 moufles du Krema I d'Auschwitz I fut réparée (lettre du 9/12/1941 de Topf à la Bauleitung), par contre celle des 46 fours des Kremas II à V de Birkenau, elle, ne fut jamais remplacée: les 6 moufles du Krema I auraient donc pu incinérer 8 x 1.600 à 3.000 corps = 12.800 à 24.000 corps et les 46 moufles des Kremas II à V, 46 x 1.600 à 3.000 corps = 73.600 à 138.000 corps, ce qui fait un total de 86.400 à 162.000 corps au maximum, c'est-à-dire "dans la pratique, seulement ceux des détenus enregistrés décédés de mort naturelle.

E Estimations d'experts

Leuchter a estimé la capacité théorique du Krema II à 102 corps et la capacité en temps réel à 45 corps/jour (soit 6,8 et 3 corps/moufle/jour). Pour l'ensemble des Kremas, Leuchter arrive à 353,6 corps théoriquement et 156 corps/jour en temps réel. En admettant que ces 4 Kremas aient fonctionné 20 mois (d'avril 1943 à janvier 1945, ce qui a été très loin d'être le cas, répétons-le), on arrive à un total de morts incinérés

[94]
dans les crématoires d'Auschwitz-Birkenau au cours de cette sombre période de:

-- théorique: 353,6 x 365jrs x 20/24 mois = 107.550

-- en temps réel: 156 ...................................= 47.450

Cette estimation est confirmée par un autre expert, Ivan Lagacé du crematorium de Calgary, pour qui les crématoires de Birkenau auraient pu avoir une capacité de 184 corps par jour (procès Zündel, 1988).

Mattogno et Deana (lesquels, par la qualité de leur travail, peuvent être cités dans cette rubrique) arrivent à:

Krema 1: 120 corps/jour
Kremas II et III : 300 corps/jour chacun
Kremas IV et V : 160 corps/jour chacun
Total : 1.040 corps/jour portés à 1.248 (avec 20% d'enfants dans une hypothèse exterminationniste), mais il s'agit là d'un maximum maximorum, Mattogno et Deana ayant considéré pour les besoins de leur démonstration que les fours travaillaient 20 heures/jour, ce qui est très théorique. Sur cette base théorique et compte tenu du nombre de jours de fonctionnement des fours (KII: 509 jours, KIII: 462, KIV: 50, KV: 309), ils arrivent à une production totale de 368.000 corps maximum pour l'ensemble des 5 Kremas.

G. Consommation de coke

Par ailleurs, Pressac a publié un document de la SS donnant la consommation prévisionnelle de coke pour l'ensemble des Kremas II à IV, soit 7.840 kgs/jour de 12 heures ("in 12 Stunden (Tagesbet.)"), soit 5.600 kgs pour les KII et KIII et 2.240 kgs pour les KIV et KV; cette fois, Jährling, qui est également le rédacteur de cette note, n'extrapole pas sur 24 heures et ne reprend pas le Krema I, ce qui est curieux, car cette note (datée du 17/3/1943) est antérieure à la note sur le calcul des capacités des Kremas. C'est le constructeur qui lui a indiqué la base du calcul, soit 35 kgs/foyer/heure (dans le cas des Kremas II et III, il y avait 2 foyers par four). Dès lors, si on admet:

-- qu'on mettait 2 corps /moufle, ce qui est très théorique, comme nous l'avons vu,
-- qu'il fallait 60 minutes pour une incinération, on obtient une consommation par corps de 7,10 kgs de coke/corps, ce qui est vraiment [95] peu et apparemment même impossible: en fait, d'une part le chiffre donné par Topf devait être un idéal inaccessible comme toutes les consommations données par tous les constructeurs de tous temps et de partout, ( 33 ) et d'autre part, on doit admettre qu'il n'avait pas prévu plus d'un corps par moufle, de sorte qu'il faudrait déjà multiplier par 2 le chiffre unitaire obtenu. On notera aussi que, s'il faut pour incinérer un corps, x Kcal dont une partie est à considérer comme perdue (déperdition par la cheminée, notamment), il est illusoire de croire qu'avec ces x Kcal, on puisse incinérer 2 corps: si on peut admettre qu'il n'en faille pas le double, on doit tout de même admettre qu'il en faille davantage. En prenant 1 corps/moufle, on serait arrivé à un chiffre de 14,2 kg/corps, chiffre déjà plus raisonnable.

On notera aussi la remarque fort intéressante que fait Jährling au terme de son calcul: "Ce sont des consommations de pointe ! On ne peut calculer la consommation annuelle, car on ne peut prévoir pendant combien d'heures ou de jours les fours seront allumés". Il est évident que, dans une hypothèse exterminationniste, Jährling n'aurait pas fait cette remarque, les fours devant fonctionner en continu pour incinérer ces millions de Juifs à gazer. En réalité, ces crématoires ne devaient servir qu'à incinérer des morts de mort naturelle, dont on ne connaissait pas le nombre a priori, la mortalité des détenus dépendant beaucoup des épidémies: on a donc ici un indice de plus de l'inanité des thèses exterminationnistes.

Bien que ce chiffre de 7,10 kgs/corps soit irréaliste, retenons-le pour apprécier le nombre d'incinérations qui auraient pu être faites compte tenu de la consommation de coke pas l'ensemble des Kremas, consommation que Pressac a également publiée pour la majeure partie de 1942 et 1943; à l'été 1943, cette consommation a été de 70 tonnes/mois pour autant que l'extrapolation soit légitime dans le temps, on obtient 70.000 kgs: 7,1 kgs/corps grand mini x 20 mois grand maxi = 197.000 corps maxi maximorum, et cela sur toute la durée de vie des grands Kremas II à V, ce qui ne correspond toujours pas aux prétentions des historiens.

[96]

Consommation mensuelle de coke des crématoires de mars 1942 à octobre 1943 (en tonnes)
 mars 42 (1) 39 oct. 15 mai 95
avril 39 nov 17 juin (6) 61
mai 32 déc 39 juil (7) 67
juin (2) 29,5 jan 43  23 août 71
juil (2)(3) 16,5 fév 40 sept 61
août 31,5 mars (4) 144,5 oct 82
sept 52 avril (5) 60    

(1) un seul Krema en activité (le Krema I, dont la capacité ne représente alors que 3,5% de l'ensemble des 5 Kremas) et qui ne fonctionne pas très bien.
(2) mise en route, fin mai, du 3ème four du K I (capacité doublée), lequel tombe aussitôt en panne du 30/5 au 8/8
(3) début des grandes épidémies avec septembre 1942 pour ler sommet; il y aura encore une poussée en fév/mars 1943 et en mai/juin 1943 (épidémie circonscrite au camp des Tziganes).
(4) mise en service du Krema Il (arrêté 2 à 3 mois presqu'aussitôt). Pressac dit que les consommations de toute cette période sont un peu plus élevées qu'elles ne devraient l'être à cause des opérations de séchage (à vide) des fours; Mattogno conteste la chose et affirme que le séchage se faisait obligatoirement au bois.
(5) mise en route des Kremas IV (qui, 2 mois plus tard, tombe définitivement en panne) et V
(6) mise en route du Krema III
(7) arrêt définitif du Krema I

Ces chiffres de consommation de coke sont à rapporter aux chiffres des décès qu'on peut reconstituer à partir des Sterbebücher ( 34 ): ces décès ont officiellement été les suivants:

Nombre de décès de détenus à Auschwitz

 mars 42 2007 oct 4855 mai 2229
avril 2120 nov 4215 juin 2694
mai 3085 déc 3276 juillet 1760
juin 3517 jan 43 3422 août 1534
juillet 4331 fév 5012 sep 2046
août 6353 mars 7599 oct 1732
sept 9698 avril 2517    

Des régularisations auraient été faites en décembre 1943 (enregistrement de décès intervenus dans des camps extérieurs au cours des mois précédents) mais, d'après ce que dit Pressac, on peut estimer que cela ne modifie pas l'ordre de grandeur de ces chiffres.

[97]
Que peut-on conclure de cette cemparaison?

a) Une discontinuité dans la consommation de coke apparaît début mars 1943: avant cette date, la consommation de coke est de 373,5 tonnes pour 50.891 corps officiels soit 7,34 kgs/corps, mais, durant toute cette période, il n'y avait qu'un seul crématoire (le I), qui fonctionnait très mal et était souvent à l'arrêt; de la sorte, on a enterré de nombreux corps (et cela probablement pendant une plus longue période que les historiens ne le pensent. Cette moyenne de 7,34 kgs (très proche de 7,10 kgs) est donc artificiellement basse et ne peut être retenue.

b) Après février 1943, la consommation de coke est de 641,5 tonnes pour 22.111 corps, soit 29,01 Kgs/corps: avec la mise en route des Kremas II à V, les Allemands ont, enfin, pu incinérer tous les corps; cette moyenne de 29,01 kgs est réaliste et correspond aux normes. Revenant au point a) ci-dessus, on pourrait donc en déduire que les 373,5 tonnes utilisées de mars 1942 à janvier 1943 n'ont pu servir qu'à incinérer 12.900 corps et qu'il a donc fallu enterrer 38.000 corps.

De son côté, Irving dit avoir retrouvé à Moscou d'autres chiffres de consommation de coke, notamment:

-- du 15/3/1943 au 31/10/1943: 568,- T (contre 569,- T pour Pressac en prenant la moitié des 144,5 T de mars),
-- du 1/l/1944 au 27/11/1944: 923,- T, ce qui correspond, à raison de 29 kg par corps, à 31.800 crémations pour 11 mois 1944.

c) Les Kremas d'Auschwitz n'ont donc servi qu'à incinérer les morts de mort naturelle. De l'examen de ces chiffres, on peut déjà se convaincre qu'il y en eut une centaine de mille, chiffre déjà effrayant mais sans rapport avec les millions des historiens. Ceux qui continuent à croire qu'il y a eu extermination de masse, devraient pour le moins concéder que l'élimination des corps n'a pu se faire par les crématoires; en effet, même sur la base - ridiculement basse- de 7,10 kgs, on ne peut arriver, ainsi que nous l'avons vu, à ces millions (ou centaines de mille) des historiens.

Bien entendu, une autre vérification élémentaire à faire consiste à confronter les notes prévisionnelles de Jährling, celle-ci, qui donne une consommation de 7.840 Kgs de coke par jour de 12 heures et celle-là qui indique que la capacité des Kreinas II à V est de 4.416 corps par [98] jour de 24 heures: la division donne 3,55 kgs de coke par corps, soit la moitié de la consommation calculée plus haut et que nous avions provisoirement retenue avec beaucoup de bienveillance (7,10 kgs), ce qui n'est pas admissible (cela équivaut à une bûche de bois de 10 cm de diamètre et de 50 cm de longueur.).

De leur côté, Mattogno et Deana sont entrés dans le détail et ont calculé la consommation de coke par type de Krema:

Pour les fours bimoufles du KI, après avoir examiné les études faites avant-guerre par Hepke et Kessler et étudié le fonctionnement du four de Gusen, ils arrivent à 25 kgs de coke pour un corps normal (30,5 pour un corps décharné) dans un four fonctionnant effectivement 18 heures/ jour.

Pour les fours trimoufles du KII et du KIII, sur la base de la lettre du 15/11/1942 de Prüfer, ils retiennent les 2/3 de la consommation des bimoufles, soit 16,7 à 20,3 kgs.

Pour les fours octomoufles du KIV et du KV, ils retiennent logiquement la moitié de la consommation des bimoufles, soit 12,5 et 15,25.

Appliquant ces consommations à la note de Jährling (après une légère correction pour tenir compte de ce que Jährling se base sur 12 heures), Mattogno et Deana obtiennent:

KII et KIII: 5.600 Kgs: 23,3 Kgs/corps décharné = 240 corps/jour de 12h.
KIV et KV : 2.240 : 15,5............................................= 130
Total : 7.840.............................................................. = 370

Ce chiffre prévisionnel de 370 corps/jour correspond assez bien à celui des décès journaliers du mois de mars 1943, mois au cours duquel Jährling a fait son calcul. Pour Mattogno et Deana, cette note correspond à une réalité; elle est donc un document authentique et, par conséquent, l'autre note de Jährling (celle qui donne une capacité de crémation de 4.756 corps/jour) ne peut qu'être un faux.

Il faudrait aussi dire un mot sur un point qui m'avait échappé dans la première édition et qui est pourtant élémentaire: la capacité de stockage de coke des crématoires. Dans le cas des Kremas II et III, le coke était stocké dans une pièce située à droite des fours (la "Brennstoffraum" appelée aussi "Brennstofflager"). Cette pièce faisait environ 8 mètres par 4 mètres mais le coke n'en occupait qu'une moitié ce qui [99] représentait, selon les plans, une "capacité d'environ 1 1/2 wagon" ("ca. 1 1/2 Eisenbahnwagons Fastgehalt") sans qu'on sache ce que cela représentait effectivement. En admettant qu'on ait pu en stocker 15 m3 (ce qui constitue un nouveau geste de bienveillance de ma part), les opérateurs auraient eu à leur disposition quelque 7 tonnes soit, à raison de 29 Kg par corps, de quoi incinérer quelque 250 corps. On peut chicaner sur tel ou tel autre chiffre, la conclusion à en tirer ne changera pas: c'est là une capacité de stockage dérisoire pour une installation d'extermination industrielle. C'est un peu comme si on équipait un gros ensemble routier d'un réservoir de gazole de la taille d'une bouteille d'eau minérale. Il y a là une énorme invraisemblance de plus dans l'histoire d'Auschwitz. ( 35 )

On notera que le rapport de la consommation de coke au nombre de crémations n'est pas accepté par tous; un chimiste (appelons-le Ernest) le trouve même "aberrant", car, dit-il, il consiste à transposer dans l'analyse d'un processus de masse des considérations qui ne sont valables que dans l'analyse de crémations individuelles, c'est-à-dire avec interruption de la chaîne après chaque crémation (par exemple, pour des raisons éthiques absentes à Auschwitz: individualisation des cendres de chaque mort). Dans un processus de crémation de masse ininterrompu, dit Ernest, le bilan thermique est positif: si la première phase de la crémation (élimination de l'eau) est endothermique, par contre, la combustion du résidu sec est fortement exothermique; par exemple, pour un corps d'adulte amaigri de 54,5 kgs (composé de 19,5 kgs de lipides et protéines, 31 kgs d'eau et 4 kgs de cendres), la réduction de l'eau consomme 28.500 Kcal mais la combustion des matières organiques dégage 123.000 Kcal; certes, à défaut de récupérateur, une partie importante du gain (91.500 Kcal, soit l'équivalent de 11,5 kgs de coke) est perdue mais il en reste une partie qui est utilisée dans la crémation suivante et ainsi de suite. On voit donc bien, conclut Ernest, qu'il est vain de chercher à établir une relation entre la. consommation de coke et le nombre de corps incinérés. On peut répondre que:

[100]
1. Les morts incinérés à Auschwitz étaient très amaigris du fait de la maladie (c'est une caractéristique du typhus) et pour un corps de 39 kgs, le gain calorifique était 4 fois moindre (4,5 kgs de coke).

2. Les éléments de ce calcul sont optimistes et dès lors, compte tenu des déperditions, le bilan était négatif dans tous les cas. C'est d'ailleurs ce que démontre l'examen des résultats incontestables des incinérations de masse dans le four Topf de Gusen.

3. En fait, dit Mattogno, pour un thermicien, le raisonnement de ce chimiste est "assez simpliste", "puéril" et "aberrant".

H. Autres arguments

a) Pressac cite par ailleurs en 1989 un document qui apporte des éclaircissements sur la capacité et la destination des grands Kremas d'Auschwitz-Birkenau: il s'agit d'une note largement diffusée (qu'il datait erronément de mars/avril 1942: en fait, elle doit dater de l'automne 1942) répartissant les tâches entre les employés de la Bauleitung. Sous la rubrique "II. Construction du camp de prisonniers de guerre (Mise en oeuvre du traitement spécial) Auschwitz" ("II. Bauleitung des Kriegsgefangenenlagers (Durchführung der Sonderbehandlung) Auschwitz "), il y est question de la construction du camp de Birkenau (où se serait déroulé l'essentiel de l'extermination des Juifs à Auschwitz) et notamment de la construction de 4 Kremas. La conclusion qu'en tire Pressac est que les employés de la Bauleitung étaient tous au courant du caractère "anormal" de ces Kremas qu'on leur demandait de construire. En 1993, Pressac fait état d'un document à l'intitulé à peu près semblable ("Kriegsgefangenenlager Auschwitz (Durchführung der Sonderbehandlung)") qu'il date de décembre 1942. Selon Pressac, cette formulation "représente une énorme 'bavure administrative' répétée cent vingt fois, qui confirme formellement que depuis fin novembre - début décembre 42, le KGL de Birkenau n'était plus un camp de prisonniers de guerre, mais était devenu, dans son ensemble, l'endroit où était conduit 'le traitement spécial' ". Invraisemblance, dogmatisme et pétition de principe! Il faut plutôt en conclure, disent les révisionnistes, que:

[101]

Dès lors, il faut bien admettre que, n'ayant qu'un objectif sanitaire, les Kremas ne pouvaient avoir la capacité véritablement génocidaire que leur prêtait la fameuse lettre de Jährling. (36)

b) Pressac ferait bien aussi de réfléchir au "contrat Moguilev": en décembre 1941, Berlin commanda à Topf 4 fours à 8 moufles pour le camp de prisonniers de guerre de Moguilev (Biélorussie). Deux de ces quatre fours furent finalement détournés et installés à Auschwitz pour équiper les Kremas IV et V. Sur la base de la lettre de Jährling, la capa[102]cité projetée à Moguilev était donc de 3.072 corps par jour ou encore près de 2.000.000 corps/20 mois, c'est-à-dire 70% de la capacité prétendument génocidaire d'Auschwitz. Personne n'ayant jamais prétendu que les Allemands avaient formé le projet d'exterminer les prisonniers de guerre, on pourrait en conclure que:

-- ces capacités de crémation sont grandement exagérées;
-- les crématoires d'Auschwitz n'avaient pas été conçus pour répondre aux besoins d'une opération d'extermination et étaient effectivement incapables d'y répondre.

c) Enfin, dans son livre édité en 1993 par une filiale du CNRS (CNRS-Editions, Collection Histoire -- 20ème siècle, dans le comité scientifique de laquelle on trouve Bedarida et Stengers, qui, on peut le supposer, ont dû relire l'ouvrage), Pressac se livre en public (son monumental ouvrage de 1989 n'avait été tiré qu'en 1.000 exemplaires et en anglais) à une révision du dogme, qui, apparemment, n'a pas été comprise par les médias. A l'issue d'un travail de recherche documentaire que les historiens avaient négligé de faire, il donne une version -- tout à fait révolutionnaire et, parfois, assez invraisemblable, d'ailleurs -- de l'histoire de la transformation des crématoires en outil criminel:

-- Les crématoires, admet-il, avaient été prévus et construits effectivement dans un but sanitaire. Il précise notamment que Bischoff, "à partir de l'été 42, sous la pression de l'épidémie de typhus et en prévision de l'internement de 200.000 prisonniers [de guerre] au KGL [Camp de prisonniers de guerre], quadruple le programme crématoire d'Auschwitz". Pour Pressac, la chose est donc claire: les crématoires d'Auschwitz n'ont pas été construits pour gazer et incinérer des millions de Juifs mais incinérer des dizaines de milliers de prisonniers de guerre russes.

-- Il reste, dit-il, que les crématoires avaient une capacité excédentaire, ce qui, on en conviendra, est pour le moins curieux et mérite une explication: "Envisagé comme instrument sanitaire normal pour un camp de prisonniers de guerre, ce crématoire [Pressac parle du Krema II] devint sous les effets conjugués de la persuasion commerciale de Prüfer, de sa passion professionnelle, de son génie créateur et de la cordialité de ses relations avec Bischoff un Moloch en puissance".

-- Dès lors, quand la décision d'exterminer les Juifs fut prise en mai-juin 1942, les Allemands n'eurent pas à chercher le moyen de faire disparaître leurs corps: l'outil sanitaire convenait à cette opération de masse! Le plus extraordinaire, c'est que cette prédestination était même très ancienne: "Les 21 et 22 octobre 41 [c'est-à-dire 9 mois avant qu'on affecte Birkenau à la "solution finale" et un an et demi avant sa mise en service] sont deux journées décisives dans l'histoire d'Auschwitz-Birkenau. Prüfer et Bischoff venaient certes de projeter un crématoire d'une puissance incinératrice peu commune, imposée par l'édification prochaine du KGL, mais ni le civil ni le SS n'ont réalisé qu'ils avaient conçu un ensemble monstrueux qui exigeait pour sa marche quotidienne un millier de cadavres. En fonctionnant jours et nuits, le nouveau crématoire pouvait théoriquement réduire en cendres l'effectif du KGL en trois ou quatre mois, information qui, connue du SS-HHB, privilégiera Auschwitz dans le choix d'un site propre à la 'Solution finale' du problème juif." Ce serait donc par inadvertance que la SS avait conçu puis construit l'instrument d'un crime de masse qui n'avait pas encore été projeté! Dans l'industrie, pareille inadvertance serait assimilée à une faute professionnelle grave méritant la mise à pied sans préavis; dans toute armée en campagne, la faute serait qualifiée d'acte de trahison ou de sabotage et vaudrait, je suppose, le peloton d'exécution à son auteur. Sauf à Auschwitz: la SS de ce camp, qui se plaignait de manquer de tout et qui était près de ses sous, y avait construit un "ensemble monstrueux" d'une taille ridiculement élevée mais cela n'avait pas eu de conséquences car, après coup, Berlin avait réalisé le parti qu'on pouvait en tirer. Ridicule !

-- Mais, les crématoires n'étant, en réalité, destinés qu'à éliminer des cadavres, quel était l'outil du meurtre de masse? Comme les Allemands avaient commencé à exterminer les Juifs dans des conditions précaires (les Bunkers 1 puis 2, dont la capacité de gazage et d'incinération -- dans des fosses -- était, dit par ailleurs Pressac, de 300 personnes par jour pour le Bunker 2), on est fondé à penser que ces Bunkers étaient l'instrument du meurtre, instrument qui lui était d'une capacité très inférieure à ce qui était nécessaire. En fait, dit Pressac par ailleurs, les Bunkers devaient servir de chambres à gaz aux Kremas IV et V, de sorte qu'il faut admettre que les Allemands n'avaient pas encore réfléchi au moyen de mettre à mort les Juifs à incinérer dans les deux plus grands Kremas d'Auschwitz (les II et [104] III). Mais c'est là de notre part une interprétation logique -- du moins, nous le pensons -- mais tout à fait erronée: en effet, commentant les pourparlers avec Topf des 19 et 20/8/1942, Pressac nous éclaire définitivement: "Les démarches et entretiens ayant conduit à ces deux journées durant lesquelles fut fixée définitivement la construction des quatre crématoires de Birkenau, prévus alors sans chambres à gaz homicides, se résument ainsi: bien que le crématoire II ait servi de catalyseur pour le choix dAuschwitz dans la liquidation des Juifs, il ne se rattache pas directement à cette extermination, mais est considéré comme un moyen supplétif occasionnel; le crématoire III n'est projeté qu'en complément du II, pour faire face à un effectif de 200. 000 détenus, et n'est 'criminalisé' que pour les besoins de la bureaucratie SS; les crématoires IV et V, de conception sommaire, sont reliés directement aux Bunker 1 et 2 et même si leur agencement initial n'est pas criminel (sans chambre à gaz), leur finalité l'est puisqu'ils se placent à la fin d'un processus de mort, auquel ils participent". Bref, on avait décidé de gazer des millions de Juifs dans une ou deux minables baraques (les Bunkers 1 et 2) et d'incinérer leurs corps dans les deux plus petits des quatre Kremas (les IV et V), les deux plus grands, dont l'un (le II) avait pourtant été le "catalyseur" dans le choix d'Auschwitz pour l'extermination des Juifs, ne devant servir qu'à incinérer les morts de mort naturelle du camp: tout cela continue à être tout à fait invraisemblable et incohérent; c'est à se demander si ceux qui ont célébré avec tant de bruit la sortie du dernier ouvrage de Pressac, l'avaient lu; probablement pas.

-- Ce n'est qu'en octobre 1942 que les Allemands, devant la difficulté de ventiler les Bunkers par grand froid (ce qui est un aveu qu'il faudrait étendre aux Kremas), pensèrent à transformer les morgues des Kremas (c'est-à-dire des chambres froides dans le cas des K II et IIl) en chambres à gaz: Bischoff "sur ordre de Kammler (donc de Pohl et de Himmler), entreprend durant le dernier trimestre 1942 l'aménagement homicide des bâtisses [des crématoires]". Une question vient immédiatement à l'esprit: où et comment gazait-on les Juifs au cours de l'hiver 1942/1943? Pressac nous dit:

1. D'une part, du fait que ces Bunkers n'avaient pas de ventilation mécanique, il fallait [c'est là, on le notera déjà, une déduction d'un Pressac essayant de faire admettre l'inadmissible à son lecteur]

[105]
gazer le soir et ventiler naturellement toute la nuit: dès lors, le Bunker 1 était "difficilement utilisable pour gazer en série" et le Bunker 2 n'avait, à l'été 1944, qu'une capacité de 300 personnes par jour. On peut donc en déduire que la capacité des deux Bunkers ne pouvait excéder 500 personnes par jour. Et nous sommes bienveillants.

2. D'autre part, en octobre 1942, "L'approche de l'hiver silésien rendait de plus en plus difficile l'exploitation des Bunker 1 et 2. La température extérieure baissant régulièrement, l'acide cyanhydrique, qui s'évaporait normalement dans les chambres à gaz grâce à la chaleur des victimes, se ventilait ensuite fort mal, à l'ouverture des portes, pour peu que le temps soit froid et sans vent".

La SS eut donc l'idée de transférer ses opérations dans les Kremas II à V, étant entendu qu'elle se refusa à utiliser le Krema I, alors en état de marche, car les opérations de gazage s'y seraient déroulées au vu et au su de tous.

Mais le premier de ces Kremas n'entra en activité qu'au printemps 1943 et dès lors, les Allemands auraient donc bien dû continuer à utiliser les Bunkers 1 et 2 durant tout l'hiver 1942/1943. Cet hiver fut particulièrement précoce et rigoureux et il n'y a aucune raison de penser que, par exemple, la 2ème quinzaine de janvier 1943 fut clémente (d'ailleurs, dans une lettre célèbre datée du 29/l/1943 et dont nous reparlerons, Bischoff précise que le gel a entraîné d'importants retards dans les travaux de construction des crématoires).

De son côté, le Kalendarium affirme qu'au cours de cette 2ème quinzaine de janvier 1943, on a gazé 41.028 personnes soit 2.413 par jour. Corrigé selon les indications de Pressac, qui estime qu'on a gonflé le nombre de Polonais gazés à Auschwitz (nous en reparlerons dans le tome 2), ce chiffre tombe à 21.820 personnes soit 1.284 par jour, ce qui excède encore de beaucoup la capacité supposée desdits Bunkers.

Résumons-nous: où et comment gazait-on les Juifs au cours de l'hiver 1942/1943, et plus particulièrement au cours de cette 2ème quinzaine de janvier 1943 ?

Dans les Bunkers, dit Pressac. Impossible, car leur capacité était très insuffisante !

Comment, par ailleurs, l'HCN pouvait-il bien se vaporiser à des températures aussi basses ? Par la chaleur humaine, dit Pressac ! Comme nous l'avons déjà dit, cette thèse est invraisemblable. Et nous ne parlerons pas des problèmes de la ventilation évoqués par Pressac lui-[106]même et qui ne devaient pas être moins ardus à résoudre les nuits d'été avec ou sans vent! Costa fait d'ailleurs remarquer: "En l'absence de ventilation mécanique, on ne peut compter que sur le vent ou sur la convection naturelle. Celle-ci est directement fonction de l'écart de température entre les deux zones. Plus il fait froid à l'extérieur et plus l'air chaud du local aura tendance à s'évacuer naturellement. C'est le contraire de l'assertion formulée par Pressac."

Tout cela a la vraisemblance de la Genèse! Et nous sommes bienveillants!

I. Conclusions

Bref, au terme de ce chapitre consacré aux fours crématoires, on a beau examiner l'affaire de différentes façons et toujours avec bienveillance pour les historiens comme on l'a vu, on en arrive inmanquablement à la conclusion qu'il y avait un goulot d'étranglement dans la chaîne, goulot résultant d'une capacité des crématoires très inférieure à la capacité affirmée pour les chambres à gaz et ce n'est pas l'explication invraisemblable de Pressac qui peut convaincre du contraire. Les crématoires d'Auschwitz auraient pu incinérer les morts de mort naturelle (nous verrons qu'il y en eut un peu plus de 100.000) mais pas davantage et certainement pas les 4.000.000 de gazés de naguère, pas davantage les 8 à 900.000 gazés à l'arrivée dont Pressac parlait en 1989, même pas les 470.000/550.000 gazés à l'arrivée qu'il dénombre en 1994. Dès lors, les SS auraient dû compléter les fours par autre chose: "De gigantesques fosses ! ", disent en choeur témoins et historiens.

Toutefois, avant d'en parler, il nous faut encore dire un mot de la fameuse lettre de Jährling (en supposant qu'elle ne soit pas un faux), car ce n'est pas tout de démontrer l'extravagance des chiffres qu'elle contient, encore faut-il expliquer cette extravagance. En fait, on peut penser que cette extravagance n'est qu'apparente: les chiffres de Jährling sont certes optimistes, voire très exagérés, mais ce qui serait le plus extravagant, ce serait l'extrapolation qui est faite par les historiens d'une capacité journalière qui ne devait être utilisée que de façon occasionnelle. En effet, l'énergie était rare (c'était le talon d'Achille de l'Allemagne) et les fours crématoires étaient destinés à n'être allumés que le plus rarement possible: la façon la plus économique de s'en servir était de stocker les cadavres et quand les morgues en étaient plei-

nes, d'allumer les fours et de vider ces morgues en une seule fois . ( 37 ) Ceci justifiait, d'une part, la construction de crématoires de grande capacité, d'autre part, l'extrapolation à 24 heures (voire 48 heures, peut-être, mais pas au-delà car, alors, les fours se seraient immédiatement détériorés) de capacités calculées par le fabricant sur 10 heures par jour (pendant des mois voire des années) et cela, sans même intégrer l'entretien dans le calcul (celui-ci pouvant s'effectuer après chacune des fournées). L'erreur des historiens est d'extrapoler une capacité journalière exceptionnelle; on commettrait la même erreur en extrapolant sur la distance Paris-Bruxelles le temps mis par Carl Lewis à courir le 100 mètres: on arriverait à la conclusion que le sprinter américain peut relier les deux villes à pied en moins de 9 heures. Et cela, tout en traitant ses adversaires de "pseudo-scientifiques" ou de "savants fous" et même en réclamant leur emprisonnement! Bref, la médiatisation organisée des thèses exterminationnistes nous obscurcissait l'esprit au point de nous empêcher de comprendre l'économie toute simple du programme d'incinération d'Auschwitz: incinérer au rnoindre coût énergétique des morts de mort naturelle.

Cette explication (bienveillante, dans la mesure où elle suppose que la note de Jährling est authentique) paraît tout à fait vraisemblable, en tous cas plus vraisemblable que l'explication emberlificotée de Pressac . (38 )

[108]
Cette mise au point ayant été faite, parlons des fosses. Bien entendu, les conditions idéales offertes par les fours crématoires n'existent pas dans le cas des fosses et des bûchers en plein air (c'est-à-dire bénéficiant de la seule pression atmosphérique). Il ne suffit donc pas, comme le croient naïvement les historiens, d'entasser par terre quelques branchages et d'y mettre le feu pour réussir à incinérer un corps humain . ( 39 ). Dans le cas des fosses, c'est encore plus simple: on ne peut, faute d'air, y entretenir une flamme!

On objectera peut-être l'exemple de la crémation hindoue en bûcher, mais d'une part, la quantité de bois utilisée est très importante (au moins un stère par corps) et d'autre part, la crémation est toujours imparfaite: ce sont des débris humains importants qui sont jetés dans le Gange.

Dans le cas de bombardements incendiaires aériens, il est arrivé très rarement (à Hamboug et à Dresde, notamment) que, dans un certain périmètre, tout soit totalement détruit à la suite d'un phénomène incontrôlé, que les Anglais ne sont pas arrivés à reproduire à volonté (ce n'est pas faute d'avoir essayé) et qu'on appelle "tempête de feu". Mais dans la grande majorité des cas, les corps n'étaient pas réduits en cendre, malgré l'intensité de la chaleur dégagée. Il en est de même dans les incendies domestiques accidentels et dans les incendies de voitures automobiles: les corps charbonnent, mais restent entiers et ne sont pas réduits en cendres.

Citons quelques exemples:

1. On a découvert en 1993 les restes du tsar Nicolas Il et de sa famille, restes formellement identifiés trois quarts de siècle après leur mort; le crâne du tsar, comme le montre une photo publiée par "Le Vif-L'Express", est intact; or, leurs exécuteurs sont censés avoir brûlé leurs corps et même avoir tenté de dissoudre leurs restes dans l'acide (autre idée reçue et fausse que la possibilité de dissoudre un corps humain dans l'acide).

[109]
2. Le cas de Hitler lui-même peut être cité: il avait demandé par testament que son corps et celui d'Eva Braun soient "incinérés immédiatement". On eut beau utiliser 2 bidons d'essence, voire davantage, son corps fut si peu détruit qu'il fut encore reconnu par un de ses proches près d'un mois plus tard. (voir "Le Monde" du 17/3/1993, "Le cadavre-sosie d'Adolf Hitler")

3. A Waco aux USA, début 1993, après l'incendie du "Ranch de l'Apocalypse", les corps des membres de la secte des Davidiens ne purent certes pas être identifiés mais ils n'étaient pas du tout réduits en cendres malgré l'intensité du foyer et on put les autopsier.

4. En novembre 1993 se produisit sur l'A10 près de Mirambeau (Charente Maritime) un effroyable carambolage qui fit une quinzaine de morts: d'un tas de ferrailles carbonisées furent retirés des corps, certes difficilement identifiables, mais nullement réduits en cendres malgré l'intensité infernale de l'incendie.

Dès lors, l'incinération de centaines de milliers de corps dans des fosses ou sur des bûchers n'a pu que laisser des restes considérables de corps incinérés très imparfaitement voire pas du tout, et Auschwitz devrait encore être, cinquante ans après les faits, un immense ossuaire se prêtant bien à l'investigation judiciaire.

Au risque d'être accusé de faire des calculs "bassement techniques" et "macabres" (c'est le lot des médecins légistes, des policiers et des juges, qui, tous, exercent une profession honorable), on peut en conclure que, si on a incinéré à Birkenau disons 800.000 corps dans des fosses et sur des bûchers (en sus des disons 100.000 corps réduits en cendres dans les fours), il doit encore y avoir à l'heure actuelle 800.000 crânes et autres ossements enterrés pour l'essentiel à proximité immédiate des Kremas II et III: un tel ossuaire, sur 2 m de largeur et 2 m de profondeur pourrait avoir 2 kms de longueur! Or, il y avait très peu de place libre autour des Kremas. Comment pourrait-on ne pas les retrouver si on se mettait à les rechercher? Pressac a bien procédé à des fouilles mais il n'a rien retrouvé, si ce n'est quelques petites fosses sans signification historique. Ces "gigantesques fosses" relèvent donc bien du fantasme et si on a exterminé les Juifs, ce ne peut être à Auschwitz.

Tout ce qu'on pourrait ajouter est superfétatoire; néanmoins, poursuivons l'examen de cette thèse de l'incinération des corps des gazés d'Auschwitz dans des fosses. Comme nous venons de le voir et comme [110] chacun peut le vérifier dans son jardin, il est impossible d'entretenir une combustion dans une fosse profonde à moins d'y apporter de l'oxygène d'une façon ou d'une autre, mais les témoins et les historiens ne parlent pas de semblable dispositif (seul détail, au demeurant invraisemblable et, de plus, semble-t-il, concernant des bûchers, donné par Höss: "[les prisonniers] fouillaient dans les montagnes de cadavres en feu pour faciliter l'arrivée de l'air"). Quant à la récupération de la graisse humaine et à son réemploi pour activer la combustion dans ces fosses, on se demande comment pareil élément peut être donné avec tant d'entêtement par les plus grands historiens:

D'une part, s'il est possible de récupérer la graisse d'un animal mis à cuire ou à rôtir à la broche, il est évident qu'il n'y a rien à récupérer dans le cas d'une incinération, sinon de la fumée, des cendres et des imbrûlés, car les températures et les modes opératoires sont tout à fait différents.

D'autre part, s'il y avait -hypothèse absurde- de la graisse à récupérer, on ne voit pas comment on aurait pu la récolter. "Avec des seaux", rapporte Hilberg! Et c'est professeur d'université!

Les photos aériennes prises par l'US Air Force et la Luftwaffe en 1944 et 1945 -- nous l'avons déjà dit -- avaient démontré tout cela.

Enfin, rappelons que Birkenau était bâti sur un marais et à l'endroit où sont censées s'être trouvées ces grandes fosses de 6 mètres de profondeur, la nappe phréatique, d'après Leuchter, est à 50 centimètres. Certes, elle aurait pu être un peu plus basse en 1940/1945 du fait des travaux de drainage effectués par les Allemands (encore qu'un document allemand du 10/3/1944 la fixe à un niveau compris entre 0,30 et 1,20 m dans la zone du Krema II), mais elle ne devait pas l'être au point de permettre d'opérer au sec à des profondeurs pareilles. Ce n'est pas sans raison que les Allemands n'avaient pu enterrer les morgues qu'à moitié.

Généralement, à la base de toute légende, il y a une réalité qui a été déformée et extrapolée par des esprits religieux; ce n'est pas tout de dénoncer cette déformation: encore faut-il retrouver l'élément matériel à partir duquel a été forgée la légende. D'une part, il est certain qu'il y a eu en fin 1942 une opération d'incinération de plusieurs dizaines de milliers de corps que les Allemands avaient dû enterrer (non seulement [111] en 1942 au plus fort de l'épidémie de typhus mais déjà en 1941, disent Mattogno et Deana) et cela, faute de disposer de fours crématoires (ils ne disposaient alors que du petit Krema I); ces corps en décomposition polluaient la nappe phréatique. Curieusement, témoins et historiens ne s'étendent pas voire ignorent purement et simplement cette opération d'envergure encore que limitée dans le temps, opération qui a incontes-tablement eu lieu et qui aurait normalement dû constituer un chapitre important de l'histoire d'Auschwitz. La raison pourrait tout simplement en être que c'est précisément cette opération qui, extrapolée par leurs soins, a donné naissance à cette légende de l'incinération de centaines, voire de millions de corps sur la durée de vie du camp. En la racontant en long et en large, les historiens couraient le risque de vendre la mèche, d'où leur silence. ( 40 )

D'autre part, on peut aussi trouver un complément d'explication dans la lecture de Filip Müller lui-même, lequel précise que les Allemands avaient creusé à proximité du Krema IV et du Bunker V (ancien [112] Bunker 2) des "bassins de réserve d'eau contre l'incendie". Les travaux de terrassement (constatés par l'US Air Force) de pose de drains (pour récupérer l'eau de la nappe phréatique) et de creusement de réservoirs (fosses) auraient pu avoir été assimilés par Müller lui-même et les historiens aux travaux de creusement des mythiques "gigantesques fosses" avec récupérateurs, non moins mythiques, de graisse humaine. On notera aussi que le rapport de la fameuse Commission soviétique d'enquête du 6/5/1945 (publié par Guionnet dans "Revision", n* 57-58/1994) ne parle pas de récupérateur de graisse humaine mais précise que les fosses étaient "alimentées en air par des galeries" (ou encore, comme il est dit dans le "Livre Noir", "Des rigoles creusées au fonds des fosses assuraient le tirage"): ce ne serait qu'une autre interprétation, tout aussi fantaisiste, du système formé par les citernes d'eau et les drains qui l'alimentaient.

On aurait peut-être pu recourir à des bûchers en plein air et peut-être est-ce le procédé auquel les Allemands ont recouru à l'automne 1942 quand il a fallu déterrer les cadavres qui menaçaient de polluer la nappe phréatique (les fosses que montreraient les photos de l'aviation américaine ayant servi à l'ensevelissement des corps en 1941 et 1942 ?), mais les historiens ne nous en parlent pas trop, encore qu'on soit en droit de se demander s'ils ne confondent pas fosses et bûchers. Alors, examinons cette alternative.

Puisque les fours n'ont pu incinérer qu'une faible partie de toute cette masse de morts, il aurait fallu, à raison de 300 kgs (un demi-stère) de bois de chauffage par corps: 800.000 corps x 300/600 = 400.000 stères. ( 41 )

Cette consommation globale correspond (sur 20 mois de 25 jours) à environ 800 stères par jour ou encore à 18 grandes semi-remorques [113] routières par jour (chacun connaît bien, pour les croiser régulièrement sur les routes, ces ensembles routiers composés d'un tracteur et d'une grande semi-remorque chargée de quelque 45 stères de bois en 1 ou 2 mètres). Mais ce sont là des moyennes: à l'été 1944, quand il fallait incinérer jusqu'à 24.000 corps par jour, ( 42 ) il aurait fallu, puisqu'il n'y avait pas de stock de bois de chauffage (les photos aériennes confirment qu'il n'y avait de stock ni de coke ni de bois) multiplier ce chiffre par 15, ce qui aurait fait 22 grandes semi-remorques par heure (pour une journée de 12 heures) ou encore une semi-remorque toutes les 3 minutes. Cela représente plusieurs fois la consommation de grandes papeteries comme Harnoncourt, Gentbrugge, Tarascon, Alizay, Strasbourg ou Saint-Gaudens. Et comme ces grandes semi-remorques de 45 stères n'existaient pas à l'époque et que le transport du bois de chauffage s'effectuait à l'aide de petits chariots hippomobiles, on a une idée de l'intensité insensée du trafic qu'il aurait dû y avoir dans le camp d'Auschwitz-Birkenau et à proximité.

Bien entendu, cette comptabilité, qu'on peut contester et retravailler tant qu'on voudra en modulant les termes du calcul (c'est sans effet sur les conclusions), n'est pas immédiatement transposable à un autre combustible que le bois, en raison des différences de pouvoir calorifique (le bois est le combustible le plus volumineux de ceux qu'on aurait pu utiliser). Toutefois, on pourrait faire des calculs identiques, mais encore faudrait-il nous dire sur quel combustible, car on devait bien utiliser quelque chose, en dehors de l'hypothétique graisse humaine ramassée avec les seaux de Hilberg. ( 43 )

[114]
En attendant on doit constater (et au-delà des chiffres, c'est la conclusion à tirer de ce calcul) qu'aucun témoin n'a parlé d'un trafic aussi gigantesque ou même réduit de combustible. Or, il est impossible que les témoins n'aient pas été intrigués et frappés par pareil trafic et il est impensable qu'ils n'en aient pas fait état. S'ils n'en ont pas parlé, ne serait-ce pas tout simplement parce que ce trafic n'a pas existé?

Une dernière remarque à faire au sujet de ces "gigantesques fosses" et de ces bûchers: on aurait dû pour des raisons de sécurité évidentes (les flammes se voyaient, disent les témoins, à 30 kms à la ronde) les aménager assez loin des Kremas (ce qui aurait été d'autant plus nécessaire qu'il n'y avait pas de place pour incinérer tant de cadavres à proximité des Kremas). Dès lors, une question toute simple se pose: comment y portait-on les corps ? Pour les fours, il "suffisait" de sortir les corps un à un de la chambre à gaz en les traînant, puis, après les avoir dépouillés, tondus, etc... (on ne sait pas trop où, d'ailleurs), les entasser dans le monte-charge, d'où on les déchargeait sur des wagonnets, qui étaient poussés jusqu'aux fours (du moins, on le croyait, mais Pressac dit que les rails furent enlevés dès le début): on peut discuter et disputer sur tout cela, car, au moins, on nous donne quelques détails, mais pour les fosses et les bûchers, par contre, on ne nous donne aucun élément permettant de répondre à des questions élémentaires. Alors, comment sortait-on les corps du Krema ? En tous cas, pas par la glissière à cadavres (selon Pressac, on l'avait bloquée par une palissade en bois pour que les prisonniers ne la voient pas en entrant dans la chambre à gaz). Il fallait donc passer par l'escalier situé à l'extrémité de la salle de déshabillage: cela ne devait pas être facile, car l'escalier était [115] raide et comportait 10 marches. Et après? Portait-on les corps à bras d'homme (le seul détail est de Höss qui dit qu'on les "traînait") ou en camion? On n'en sait rien. Ce qui est sûr, c'est que toutes ces manipulations se seraient faites à découvert, de jour, du mois en 1944 (il y avait occultation la nuit), sur des routes empruntées par d'autres détenus, des ouvriers libres d'entreprises extérieures travaillant dans le camp et des paysans polonais qui travaillaient leurs champs jusqu'aux barbelés à 100 mètres des grands Kremas II et III, bref au vu et au su de tout le monde. Les chambres à gaz... secret d'Etat? Si personne ne nous a donné de détails, ne serait-ce pas comme pour le combustible, parce que ces gigantesques fosses ne sont qu'un mythe né dans l'esprit délirant de quelques témoins, mythe accueilli sans discernement et même avec complaisance par des historiens qui avaient à expliquer de façon crédible le dogme des 4.000.000 de morts ? En effet, pour incinérer ces 4.000.000 de morts, les crématoires ne pouvaient évidemment pas suffire; même en extrapolant indûment le chiffre de 4.756 corps par jour de Jährling, on n'arrivait qu'à 4.756 x 30 à 31 jours par mois x 20 mois maximum = 2.900.000 corps maximum incinérés dans les fours. Il restait encore 1.100.000 corps minimum à incinérer: d'où les fosses! Mais maintenant que le chiffre des morts a été ramené à 630.000/710.000, Pressac peut affirmer -- erronément d'ailleurs -- que les fours avaient une capacité excédentaire et qu'on pouvait en période normale y brûler toute la production des chambres à gaz (ce qui ne l'empêche toutefois pas d'affirmer par ailleurs qu'on utilisait de grandes fosses!). Encore quelques révisions comme celle-là et bientôt, les historiens pourront reboucher définitivement leurs "gigantesques fosses".

Dernier point en cette matière: les cendres; il aurait dû y en avoir des milliers de tonnes. Elles ont été, disent les historiens, dispersées dans une rivière, dans des étangs (pour nourrir des poissons !) ou dans la campagne (comme engrais !). Ceci entraîne deux remarques:

-- D'une part, on finit par avoir le sentiment que les historiens ont évacué un peu trop vite tous les problèmes matériels un peu précis. C'est que l'évacuation d'une quantité aussi énorme de cendres sur une période aussi courte aurait dû poser bien des problèmes, notamment pour le charroi. Il est curieux que les témoins n'en parlent pour ainsi dire pas du tout.

-- D'autre part, ce qu'oublient les historiens, c'est que les os brûlent [116] difficilement et qu'ils doivent être pulvérisés, même aujourd'hui (dans les meilleures conditions, il reste des os de la taille d'une demi-phalange): les historiens prétendent qu'on les aurait écrasés à la main par pilonnage sur une tôle d'acier, ce qui constitue un procédé artisanal s'intégrant mal dans des opérations de masse. Dans l'Auschwitz des révisionnistes, où il n'y eut pas d'extermination de masse, cette solution est satisfaisante, mais pas dans l'Auschwitz des historiens.

Certes, on peut admettre que, l'éthique étant absente d'Auschwitz, cela n'aurait pas dû déranger la SS d'avoir à évacuer des restes humains imparfaitement traités; toutefois, s'ils les faisaient pilonner, nous disent les historiens, c'était pour dissimuler leur crime. Il s'ensuit que la défense de la thèse officielle réclame l'existence d'une telle installation de broyage.

-- Conception de la chaîne

Nous en avons déjà dit un mot: la conception des installations de mise à mort est irrationnelle et la séquence des opérations absurde.

Si les Allemands avaient dû (mais l'auraient-ils pu, se demandent les révisionnistes) construire semblable chaîne, même au départ d'une vraie installation sanitaire (ce qui était le cas, selon la théorie actuelle des historiens), ils auraient tout d'abord tout installé sur un même niveau, d'autant plus que, Birkenau étant un marécage, la construction de la chambre à gaz en sous-sol posait de grands problèmes d'étanchéisation: puisqu'au moment où ils ont commencé les travaux à l'été 1942, leur dessein était déjà criminel, rien ne les empêchait de modifier les plans sans risquer de dévoiler leurs intentions: personne n'aurait trouvé anormal que les morgues soient construites en rez-de-chaussée. D'ailleurs, les Kremas IV et V étaient d'un seul niveau. C'est donc bien qu'ils voulaient construire dans les deux plus grands Kremas (les II et III) de vraies chambres froides, a priori impropres à des gazages à l'HCN, ne fût-ce que parce qu'elles étaient froides. Et ils ne pouvaient pas ne pas le savoir, vu leur grande expérience en matière de désinfection par ce même gaz. La seule réponse intelligente est qu'ils n'auraient eu de dessein criminel qu'une fois la construction des Kremas bien avancée, trop avancée pour modifier le choix des niveaux, mais [117] ceci constituerait une révision de taille, qui équivaudrait, en fait, à l'abandon définitif des thèses exterminationnistes: si les Allemands ont eu l'idée d'exterminer les Juifs dans les Kremas de Birkenau, ils n'ont pu l'avoir après l'été 1942. Mais enfin, supposons qu'ils aient été stupides au point d'avoir oublié ces notions élémentaires de chimie. Ils auraient néanmoins dû penser à tout construire sur un seul niveau pour éviter le goulot du monte-charge, goulot monstrueux sur le plan organisationnel et dont nous allons reparler. Ils auraient ensuite prévu un accès plus facile à la salle de déshabillage, une extraction des corps de la chambre à gaz un peu plus commode, une ventilation adéquate de cette chambre à gaz, un espace de récupération des bijoux, des dents en or, des diamants et des cheveux un peu moins étriqué (comment aurait-on pu faire tout ce travail dans l'espace que lui accordent les historiens? Il y a là un autre goulot.), et, enfin, un circuit d'évacuation vers les fours moins invraisemblable. Il aurait fallu stocker les cadavres pour compenser ces deux goulots, notamment celui du monte-charge: le seul endroit possible est la chambre à gaz supposée, ce qui, du coup, en aurait interdit l'usage.

Ils auraient pourtant, direz-vous en vous référant au document trouvé par Mattogno et Graf, pensé installer une chambre à gaz sanitaire (d'appoint éventuel) dans ces caves froides! Ils auraient effectivement fait ce pari mais sans miser grand-chose (une porte vaguement étanche aux gaz et c'est à peu près tout). Ce projet tout à fait accessoire est sans rapport avec le projet essentiel des chambres à gaz homicides décrites par les historiens.

Voyons d'un peu plus près le goulot des monte-charge. D'une part, les monte-charge étaient équipés de moteurs de 10 HP pour le Krema II et 11,2 HP pour le Krema III. La capacité du monte-charge du Krema III, dit Pressac, était de 750 kg, mais, d'après les spécialistes, un monte-charge moderne équipé d'un moteur de 10 HP ne pourrait dépasser 450 kgs de charge utile, ce qui correspond à 6 ou 7 corps. Les monte-charge d'il y a 50 ans devaient être beaucoup plus lourds et donc moins performants. Mais, Pressac fournissant une preuve documentaire de cette capacité, on doit l'admettre; toutefois, la conception de ce monte-charge (qui faisait 2,10 m à l'ouverture des portes et 1,35 m de profondeur et n'avait pas de ridelles) se prêtait fort mal à l'évacuation de cadavres et on ne peut imaginer qu'on ait pu y charger 750 kgs de oorps [118] soit 10 à 11 corps. D'autre part, l'histoire de ces monte-charge que narre Pressac est instructive: au moment de sa mise en service, le Krema II était donc muni d'un monte-charge usagé et provisoire Demag équipé d'un moteur de 10 HP ( 44 ); ce moteur fut "prêté" par Topf (les historiens nous confirment, en effet, qu'il fallut que Topf prête un moteur de 10 HP pour que l'extermination industrielle des Juifs puisse commencer dans l'un des deux plus grands Kremas d'Auschwitz !); et le Krema III, lui, était équipé d'un monte-charge également usagé et provisoire (de marque Linse, semble-t-il) muni d'un moteur de 11,2 HP. La commande de monte-charge définitifs livrables en septembre 1943 (soit 7 mois plus tard!) avait été passée le 29/l/1943 à Topf, qui l'avait sous-traitée.

Le 4/8/1943, Topf, qui n'avait pas l'air de se presser (c'est donc que la SS ne la relançait vraisemblablement pas) demandait à la Bauleitung d'intervenir auprès de Berlin pour que les autorisations nécessaires à la poursuite de leur construction soient accordées, faute de quoi Topf menaçait d'y renoncer. On peut supposer que ces autorisations concernaient l'attribution de produits métalliques (câbles, etc ... ) qui étaient rationnés.

Ce n'est toutefois que le 9/9/1943 que Bischoff fit envoyer la lettre de Topf à Berlin. On en tirera la conclusion que ces ascenseurs, pourtant indispensables dans une hypothèse exterminationniste, ne faisaient manifestement pas partie des préoccupations de la SS, qui, 6 mois après la mise en route du grand Krema II, s'accommodait manifestement assez bien des monte- charge provisoires. Mais ce n'est pas tout: ces deux ascenseurs définitifs ne furent livrés qu'en mai 1944 et ... ils ne furent jamais montés, faute de temps: le goulot du monte-charge n'a donc pas existé, et s'il n'a pas existé, c'est qu'il n'y a pas eu d'extermination de masse dans les Kremas Il et III.

C'est d'ailleurs l'ensemble du Krema III qui aurait pu ne pas être construit, comme Bischoff l'indique dans une lettre du 21/8/1942, alors que la décision d'exterminer les Juifs est censée avoir été prise:

[119]
la construction de ce grand Krema, disait Ertl, un des adjoints de Bischoff, dépend du "résultat des négociations déjà en cours avec la RSHA [=Berlin] au sujet des matériaux rationnés". Le moins qu'on puisse dire est que l'extermination des Juifs ne semblait pas constituer un objectif essentiel et prioritaire, mais il est vrai -j'allais l'oublier- que le Krema III n'était qu'un "complément" au Krema II, qui n'était lui-même qu'un "catalyseur" dans une extermination à mener dans les Bunkers 1 et 2 et les Kremas IV et V. ( 45 )

On remarquera aussi que, dans certaines conditions assez théoriques, il est vrai, le Zyklon-B est explosif et tout ingénieur-concepteur aurait pris ce risque -tout théorique qu'il soit- en compte dans l'agencement de la chambre à gaz par rapport aux fours.

Cet ingénieur aurait aussi prévu non seulement une extraction correcte du gaz après l'opération de gazage (ainsi que nous l'avons vu plus haut) mais également sa dissémination par de hautes cheminées à distance des autres cheminées de façon à éviter le risque de siphonnage: tous les architectes savent cela et des ingénieurs-architectes comme Dejaco et Ertl devaient le savoir; les bricoleurs le savent aussi mais apparemment pas les historiens. De même, cet ingénieur aurait prévu l'isolation des installations électriques (éclairage notamment).

[120]
Les chambres à gaz étaient équipées d'un égout. Ceci présentait un danger mortel de dispersion du gaz dans tout le bâtiment (et peut-être même dans une partie du camp): il y avait été porté remède, dit Pressac, et l'égout de la chambre à gaz avait été déconnecté de celui du reste du bâtiment et relié directement à l'extérieur. Mais d'une part, il subsistait un danger de contamination à la sortie et d'autre part, on a beau chercher: on ne constate pas cette déconnexion sur les plans cités par Pressac. Même si c'était vrai, cela ne voudrait encore rien dire, car, habituellement, les morgues de ce type ont un égouttage indépendant. La découverte faite par Mattogno et Graf apporte une autre explication pour ceux qui ne se satisferaient pas de cette réponse.

Autre absurdité relevée par les révisionnistes: 3.000 personnes dans 210 m 2 donnent une densité de 14 personnes au m2 ! Pour prendre une douche ! Sans compter qu'on n'a retrouvé aucune trace de tuyau, d'attache de tuyau ou de pomme de douche. Si, dit Pressac, on peut encore voir au plafond de la morgue 1 du Krema II des "bouts de bois" sur lesquels étaient fixées 24 pommes en bois peint, mais il n'est pas très probant. (Nous en reparlerons en annexe 6.) Ces "bouts" de bois placés dans la dalle de béton lors de sa fabrication pouvaient permettre de fixer des lampes ou tout ce qu'on voulait: c'était là une technique couramment utilisée du temps où les foreuses électriques n'existaient guère.

La description des procédures de gazage et des installations des autres Kremas est encore plus absurde. Un seul exemple: pour introduire le Zyklon-B dans les chambres à gaz des Kremas IV et V, il fallait, dit Pressac, qu'un SS monte sur une échelle, s'y maintienne sans s'aider des mains puisqu'il devait ouvrir une fenêtre d'une main tout en tenant la boîte de Zyklon-B de l'autre main ! Comment l'ouvrait-il d'ailleurs? Avec les dents? La "prestation tenait du numéro de cirque.", reconnaît Pressac. Les historiens nous prennent vraiment pour des demeurés.

C. FOUILLES, EXPERTISES ET RECONSTITUTION

Durant les années 1960, des fouilles ont été effectuées dans les morgues 1 des Kremas II et III. Elles furent interrompues, apparemment sans raison, et les tranchées qui avaient été creusées le long des murs des Kremas furent rebouchées. On en a bien quelques photos mais on [121] ne peut rien en tirer. Pourquoi les avoir interrompues, se demande Faurisson, qui répond aussitôt que l'un des responsables du Musée d'Etat, T. Iwaszko, avait déclaré en 1987 au journaliste français Michel Folco que, si ces fouilles ne permettaient pas de trouver des preuves du génocide, les Juifs accuseraient les Polonais d'avoir supprimé ces preuves. Pressac lui-même dit qu'en 1980, lwaszko lui avait déjà dit que des fouilles seraient sans valeur, parce que, de toute façon, quels qu'en fussent les résultats, on accuserait les Polonais d'avoir "arrangé" les lieux.

"Voilà bien où le bât blesse les accusateurs, conclut Faurisson: ils redoutent le résultat de fouilles et d'analyses."

Par ailleurs, pourquoi n'a-t-on pas réalisé une expertise complète de l'instrument du crime? C'était pourtant élémentaire. S'il y eut des visites du site par des officiels et même, à deux reprises, par un tribunal allemand, il n'y a jamais eu d'expertise proprement dite avant celle de Leuchter en 1988. Nous en avons parlé plus haut, ainsi que des contre-expertises des Polonais et de Rudolf.

Deux autres études -- on ne peut parler d'expertises -- sont venues. confirmer le point de vue des révisionnistes:

--Tout d'abord, un avis par un historien autrichien; en 1987, un tribunal de Vienne, chargé de juger un révisionniste autrichien, G. Honsik, a fait appel à Gehrardt Jagschitz, professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Vienne et l'a chargé de rédiger un rapport sur "la question de l'extermination d'êtres humains ainsi que sur l'existence de chambres à gaz à Auschwitz". Quatre ans plus tard, en 1991, Jagschitz faisait savoir au tribunal que (je résume):

Jagschitz conseillait une expertise complète avant de se prononcer.

Il devait la remettre en 1992, mais, entre-temps, le Parlement au[122]trichien a voté une loi antirévisionniste. Du coup et sans plus parler d'expertise, notre universitaire a fait machine arrière et il a affirmé que l'existence des chambres à gaz était incontestable. On ne retiendra que son premier rapport qui, lui, n'a pas été rédigé sous la contrainte et la menace de perdre sa chaire et son gagne-pain. On ne tiendra même pas rigueur à Jagschitz d'une veulerie qui est devenue traditionnelle dans l'université européenne: le libre examen n'y a plus qu'une place de façade.

-- Début 1992, on a eu connaissance d'une étude technique, celle de Lüftl, un ingénieur autrichien, pour qui une extermination massive avec le Zyklon-B était impossible, car "les lois de la physique et l'absence de conditions ad hoc sur le plan technique et de l'organisation l'interdisaient (...) Les fours crématoires n'ont pas eu la capacité technique d'absorber la masse des cadavres. Le corps humain n'est guère combustible: son incinération demande beaucoup de temps et d'énergie".

Tous ces experts, en dehors des Polonais (qui venaient de se libérer du communisme) et de Jagschitz (qui fit amende honorable) ont été traités comme les accusés et les témoins à décharge, c'est-à-dire maltraités:

--Leuchter, grand spécialiste des installations d'exécution capitale, fut sali au-delà de toute expression et attaqué en justice; on contesta ses diplômes; on le coupa de ses clients et son entreprise fut ruinée. Il a même été interdit de séjour en Grande-Bretagne. Enfin, en novembre 1993, il fut mis un temps en détention préventive à la prison de Mannheim (RFA) au moment où il allait participer à une émission de télévision!

-- Lüftl était président de la Chambre des Ingénieurs autrichiens: il a dû démissionner.

-- Quant à Rudolf, les tribunaux allemands ont même parfois refusé de l'entendre! Enfin, à la demande du président du Conseil Central des Juifs en Allemagne, Ignatz Bubis, la Max-Planck-Gesellschaft a résilié sans préavis le contrat qui la liait à Rudolf! Depuis, Rudolf a été condamné à 2 ans de prison ferme!

Il est bien vrai qu"'il est encore fécond le ventre d'où est sortie la [123] Bête immonde" (laquelle bête, dans l'esprit de Brecht, n'était d'ailleurs pas le nazisme).

A quoi bon des expertises dorénavant? A bout d'arguments, battus sur le terrain de la libre discussion, les historiens -telle l'Eglise catholique au XIXème siècle décrétant l'infaillibilité pontificale face au Rationalisme triomphant- ont obtenu des Parlements français (200 ans après la Déclaration -- française -- des Droits de l'Homme!) et autrichien que la vérité historique soit imposée par la Loi: on ne peut plus dans ces deux pays nier l'existence des chambres à gaz. C'est incroyable mais pourtant vrai. C'est comme si on avait décrété jadis que la Terre était plate; dès lors, aucun expert, fût-il aussi génial que Kepler, n'aurait eu le droit de tenter de nous convaincre de ce qu'elle est ronde.

Depuis, sous la pression -- autant dire sur instruction -- du Congrès Juif Européen, une loi antirévisionniste a été votée en Allemagne ainsi qu'en Suisse: dans ce dernier pays, les défenseurs des Droits de l'Homme avaient pu obtenir in extremis que le projet de loi liberticide, projet que ses promoteurs essayaient de faire passer en catimini, soit soumis à un référendum populaire; au terme d'une campagne déloyale des sionistes (l'accès des médias a été le plus souvent refusé aux défenseurs de la liberté d'expression), le projet a été adopté mais de justesse (45% des votants s'y sont opposés) et c'est là un résultat décevant pour les promoteurs de la loi, qui ont maintenant tout loisir de mesurer avec une grande précision les conséquences de leurs manigances: leur loi liberticide a probablement fait basculer un quart des Suisses (45% des votants) dans l'antisémitisme. ( 46 ) En Belgique, une proposition de loi copiant la loi française (référence au jugement de Nuremberg) avait été [124] repoussée en 1994 et les défenseurs des Droits de l'Homme (dont J'auteur de ces lignes) croyaient naïvement qu'on en resterait là; malheureusement, début 1995, au terme d'une campagne à l'échelle européenne du Congrès Juif Européen, une loi copiant la loi suisse a été adoptée avec la bénédiction et même l'appui de gens qui se réclamaient naguère du libre examen comme l'historien Stengers .47 La loi belge est, en fait, une reconnaissance des progrès réalisés par l'histoire grâce au révisionnisme en même temps qu'elle constitue l'aveu que la version officielle ne peut plus s'imposer d'elle-même: ainsi, si elle prévoit bien la poursuite de ceux qui nient le génocide ou le justifient (mais y en a-t-il ?), ne prévoit-elle en outre la poursuite que de ceux qui minimisent "grossièrement" ce génocide: ceci devrait permettre d'arriver quand même à la vérité mais à petits pas. Par contre, aux Pays-Bas, la Cour d'appel de La Haye a jugé en juin 1994 à l'issue d'un procès intenté à Siegfried Verbeke, que "l'Holocauste est matière à controverse et ne saurait être le prétexte à une limitation de la liberté d'opinion et d'expression. (...) Le juge n'a pas à intervenir dans des questions historiques ou scientifiques (...) Il n'est pas question de déci[125]der une interdiction d'exposer les opinions révisionnistes". En Grande-Bretagne, le gouvernement, bien que soumis à une forte pression, vient tout juste de repousser la proposition de loi antirévisionniste dictée par le Congrès Juif Européen.

On notera que, lors de leur campagne en faveur de leur projet de loi liberticide, les sionistes belges ont dit et répété qu'à l'exception du Danemark, la Belgique était le seul Etat européen à ne pas disposer de semblable législation et que cet isolement prouvait qu'elle aurait tort de ne pas en adopter une. Cette affirmation a dû peser lourd dans l'esprit des parlementaires belges. Or, comme on le voit, c'est là un mensonge éhonté de plus: outre le Danemark, la Hollande et la Grande-Bretagne, la plupart des Etats européens (comme, par exemple, l'Espagne) ont jusqu'à présent résisté aux censeurs sionistes.

Signalons encore, sans épuiser le sujet, le cas de quelques autres pays:

-- Au Canada, en vertu des particularités du droit anglais (judicial notice), c'est un tribunal qui a décrété la réalité de l'Holocauste, ce qui lui a aussitôt permis de condamner pour "propagation de fausse nouvelle" le révisionniste germano-canadien E. Zündel. Toutefois, cette condamnation a été annulée, la Cour Suprême du Canada ayant jugé anticonstitutionnel cet article du code pénal réprimant la 'propagation de fausses nouvelles" ("comme la Légende du Père Noël", aurait ironisé l'avocat de Zündel), considérant qu'il portait atteinte à la liberté d'expression. Selon le "Kanada Kurier" du 10/9/1992, M. Sopinka, juge à cette Cour Suprême, a déclaré à cette occasion et en visant manifestement le milieu sioniste que "certains milieux de notre société ont accru leurs exigences au point de mettre en danger la liberté des autres. Non seulement ils critiquent l'expression d'opinions contraires aux leurs, mais ils veulent que ces opinions contraires soient réprimées."

-- Aux USA, en raison d'un arrêt du 2/6/1992 de la Cour Suprême, la liberté d'expression est à nouveau garantie après avoir été gravement menacée par le lobby exterminationniste. D'après un récent sondage publié par le "Los Angeles Times" du 20/4/1993, un tiers des Américains a des doutes quant à la réalité de l'extermination des Juifs. Selon un sondage encore plus récent (oct 1993) réalisé par Louis Harris à la demande de l'American Jewish Committee, 22% [126] des Américains estiment "possible que l'extermination des juifs par les nazis n'ait jamais eu lieu" contre 7% des Anglais et 5% des Français (naguère, seulement 1% des Français ne croyaient pas aux chambres à gaz). Les responsables juifs semblent atterrés par cette progression du révisionnisme.

Toujours aux USA, un débat très animé sur la liberté d'expression sur Internet (avec l'Holocauste en toile de fond) met aux prises sionistes et libéraux: quel qu'en soit le vainqueur, l'antisémitisme sera à ses côtés, car, les sionistes ont beau faire monter des hommes de paille au créneau, personne n'est dupe: les associations représentatives des Juifs du monde entier sont à l'origine de ce renouveau de l'odieuse censure et leurs manigances risquent de donner de la respectabilité voire une certaine justification à un antisémitisme que la persécution hitlérienne avait rendu tout à fait odieux. Quel gâchis!

En Australie, les adversaires de la liberté d'expression viennent de mordre la poussière, probablement de façon définitive.

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NOTES

17/ Les citations de ce chapitre sont de Pressac.
18/ Le "crématoire" (Krema) est un bâtiment dans lequel ont été installés des "fours [crématoires]", lesquels sont constitués, en gros, d'un "foyer" fonctionnant au coke ou au gaz et d'une chambre appelée "moufle" (ou "creuset" ou encore "bouche"), dans lequel moufle est introduit 1e corps (nu ou en cercueil) à incinérer. Les fours d'Auschwitz avaient 2, 3 ou 8 moufles.
19/ Vu ce calendrier, le quasi-monopole attribué aux Kremas II et III dans ce meurtre de masse est étonnant. Il y a là une anomalie sur laquelle il nous faut dire un mot. En fait, l'histoire d'Auschwitz était, naguère, cohérente et dans ses grandes lignes et dans ses détails (tout en étant invraisemblable); depuis, les grandes lignes ont été révisées (on est passé de 4 millions à 1 million de morts sans compter qu'en 1994, Pressac a réduit le nombre de morts à 630/710.000 dont 470/550.000 exterminés à leur arrivée) mais, par contre, les détails ne l'ont pas toujours été; de la sorte, l'histoire d'aujourd'hui est bancale: les historiens nous disent qu'il y eut 1.000.000 morts voire moins, mais ils nous donnent des détails qui se rapportent à l'extermination de 4.000.000 de morts (sauf Pressac, qui essaye d'adapter le Dogme). Face à ce désordre, la critique est parfois malaisée et nous demandons au lecteur de le comprendre.
20/ Ceux qui m'accuseraient de mettre en évidence un témoignage marginal et manifestement fantaisiste dans le but de ridiculiser l'histoire officielle, se tromperaient lourdement: ces informations sur la récupération de la graisse des corps incinérés, données par Höss tout de suite après la guerre, ont été constamment reprises par la suite. On peut citer:
-- le célèbre Filip Müller, ainsi que nous l'avons dit plus haut (son livre date de 1980),
-- le Dr Bendel (témoignage datant de1945, certes, mais encore repris par Kogon, Langbein et Rückerl en 1987 ("La puissance de ces fosses fut formidable: mille personnes en une heure. Elle fut encore augmentée par le percement d'un conduit amenant la graisse humaine dans un réservoir de récupération"),
--
le cordonnier Henryk Tauber am procès de Höss; Pressac n'hésite pas en 1989 à reproduire son témoignage in extenso (tout en le commentant, mais il ne commente pas ce passage): "A cette époque [été 1944], les corps étaient incinérés dans des fosses en plein air, d'où la graisse coulait dans un réservoir creusé dans le sol. Cette graisse était versée sur les corps pour accélérer la combustion.".
-- dans l'"Album d'Auschwitz" publié en 1983 en français par Klarsfeld, il est précisé (par Pressac) que "Moll conçut une série de canaux au fond des tranchées, pour recueillir la graisse qui tombait. Ces canaux s'écoulaient ensuite vers chaque extrémité de la fosse, où la graisse recueillie était versée par-dessus les cadavres comme Carburant additionnel.".
-- le Musée d'Etat d'Auschwitz lui-même (notamment dans "Auschwitz", 1986): "On entretenait le feu en versant sur les corps (...) de la graisse fondue des corps humains",
-- enfin le plus illustre historien de la Shoah, Hilberg, indique en 1988: "Au fond de ces fosses, on recueillait avec des seaux la graisse humaine pour la reverser sur le feu afin de hâter l'incinération."
21/ A raison de 5 couches de corps, cela fait une pile de 4,5 kms.
22/ Mattogno et Graf n'ont pas trouvé d'autres documents sur cette chambre, ce qui, dit Graf, suggère que les archives moscovites ont été expurgées de documents aussi dérangeants. L'unique document du dossier qu'ils ont ramené (et que n'ont vu ni Fleming ni Pressac, lesquels étaient passés avant eux) serait une "bavure" commise par ceux qui ont été chargés ou se sont chargés de ce nettoyage. On ne peut effectivement l'exclure.
23/ Le Krema I d'Auschwitz servit, un temps, d'abri antiaérien permanent.
24/ Germar Rudolf, jeune chimiste allemand travaillant, à l'époque, au prestigieux Max-Planck-Institut de Stuttgart. On notera que son travail a été effectué sous le contrôle de l'Institut et publié avec son accord.
25/ Les historiens affirment par ailleurs sans être contredits que des malades mentaux furent euthanasiés au gaz en Allemagne en 1939/1941; le gaz employé était le monoxyde de carbone et le nombre de victimes fut de quelques dizaines de mille: tout cela est sans commune mesure avec l'extermination des Juifs.
On notera encore que Pressac signale qu'en mai 1944, les Allemands décidèrent d'utiliser un autre gaz (I'Arginal) dans les nouvelles chambres à gaz d'épouillage, Mais, apparemment, on n'en construisit plus à Auschwitz (comme nous le verrons plus loin, les Allemands recoururent à des techniques plus modernes).
26/Températures moyennes dans la région d'Auschwitz et à Bruxelles

..........................oct ..nov ...déc.. jan.... fév ...mars
Cracovie .........8,2 ...3,2 ....0,6... -2,6.... -2,8 ....1,3
Bruxelles ........10,5 ..6,1 ....3,3 .....2,6 .....3,5 ....5,5
Ces moyennes ne rendent pas compte du climat extrême à 1'époque de la guerre (les hivers y furent plus rigoureux et les étés plus torrides que d'habitude). Il reste qu'en janvier/février, il fait encore 5 à 6 *C de moins à Auschwitz qu'à Bruxelles.
27/ Ingénieur physicien et président de l'ANIV (Association Nationale pour les Internés et Victimes de la Loi Gayssot).
28/ Ainsi qu'en témoigne une circulaire de Höss du 12/8/1942, publiée par Pressac, les participarts aux gazages ("Vergasungen") de désinfection avaient reçu instruction de se tenir, au moins pendant 5 heures, à 15 mètres du local où le gaz avait été employé; il leur était:rnême demandé de faire attention à la direction du vent. Comment aurait-on pu, dès 1ors, s'introduire dans les chambres à gaz homicides immédiatement après l'ouverture des portes ou même plusieurs heures après?
29/ On ne peut même pas prétendre qu'elle était destinée aux morgues/chambres à gaz: il est possible qu'elle était destinée à la salle des fours. Elle était, certes, prévue dans le devis, mais il semblerait à l'examen des rares documents produits par Pressac, que les SS en avaient fait l'économie.
30/ Si les Allemands avaient équipé la morgue du système Degesch-Kreislauf à ventilation circulaire (laquelle devait aller à contre-courant de la route ascendante du gaz au cours de la phase de la vaporisation), le maintien de la ventilation par admission basse aurait pu se comprendre, mais ce n'était pas le cas.
On notera que Rudolf affirme que l'écart de densité entre l'air et le gaz cyanhydrique est négligeable et ne permet pas d'affirmer que le gaz cyanhydrique pouvait s'élever dans la morgue: il faudrait alors admettre, dit-il, que l'azote de l'air puisse se dissocier de l'oxygène du fait qu'il est plus léger!
31/ VHO publiera prochainement la traduction française d'un abrégé du livre de Mattogno et Deana.
32/ On nous dit habituellement 10 à 35 corps, mais, dit Pressac, c'est une double erreur de copie.
33/ Prüfer, l'ingénieur de Topf, était payé à la commission sur vente : comme le démontre Pressac, il en rajoutait et il roula la SS d'Auschwitz dans la farine.
34/ Nous en reparlerons plus longuement dans le tome 2, mais il nous faut déjà en dire un mot: en 1991, les Russes ont restitué un certain nombre de registres mortuaires (les "Sterbebücher") reprenant l'identité des détenus morts à Auschwitz, étant entendu, disent les exterminationnistes (déjà bien ennuyés par l'exhumation d'archives aussi dérangeantes), que les gazages à l'arrivée n'ont pas été enregistrés par l'Etat Civil du camp.
35/ A quel rythme le stock de coke des 5 Kremas était-il réapprovisionné? Du 16/2/1942 au 31/10/1943, dit Pressac, il a été établi quelque 240 bordereaux de livraison pour un total de 1.037 T, ce qui fait 4,3 T/bordereau ou encore une livraison tous les 2,6 jours. Comme ce sont des moyennes, on ne peut pas en tirer beaucoup d'enseignements.
36/ Mattogno cite un document du même genre que ceux que nous citons, daté du 28/10/1942 et intitulé "Zusammenstellung des Bauvorhaben Kriegsgefangenenlager Auschwitz (Durchführung der Sonderbehandlung)" ("Etablissement du projet de construction du camp de prisonniers de guerre d'Auschwitz (Mise en oeuvre du traitement spécial"). Il y est question:
-- d'une "Entwesungsanlage für Sonderbehandlung" ("Installation d'épouillage pour le traitement spécial") d'une surface de 1.000 m2 pour le traitement sanitaire des détenus (« Installation de chauffage, bains et épouillage ») ("Heiz-, Brause- und Desinfektionsanlage") pour un coût de 73.680 RM.
-- d'une autre "Entwesungsanlage " plus petite (263 m2) pour les gardes SS ("für die Wachtruppe ").
Il est vraiment difficile d'affirmer que ce "Sonderbehandlung" mixte puisse avoir un contenu génocidaire.
37/ On peut imaginer combien était pénible la tâche des membres des "Sonderkommandos" chargés de la crémation: réceptionner tous ces cadavres, récupérer leurs effets, les entasser dans la morgue, les reprendre plusieurs jours plus tard, récupérer les dents en or, les entasser dans le monte-charge, etc... Quel spectacle dantesque que ces cadavres empilés sur plusieurs couches (à raison de peut-être bien 150 cadavres par couche ?), quelle puanteur épouvantable (on mettait bien la ventilation en marche quelques temps avant d'entrer dans la morgue, mais ce devait être très insuffisant), quel travail abominable! Tout cela, l'alcool et la religion en sus, était bien de nature à engendrer des exagérations et des légendes.
38/ Cette thèse expliquerait un certain nombre de choses, par exemple celle-ci: Topf avait renforcé les tirages forcés des Kremas II et III (tirages qu'il fallut enlever par la suite pour des raisons techniques mais c'est là une autre histoire) afin, dit Pressac, d'économiser l'énergie "lors de l'incinération des cadavres 'glacés'". Si les cadavres pouvaient être "glacés", c'est qu'ils étaient susceptibles d'être stockés pendant un laps de temps assez long dans des endroits "glacés" (au moins en hiver), en l'occurrence les morgues des Kremas II et III. Elle expliquerait encore -- et nous le rappellerons en annexe 1 -- le fait qu'on ne possède aucune photo (au sol ou aérienne et d'origine américaine ou allemande) montrant la moindre fumée sortant des Kremas.
39/ Même réalisée dans un four, la crémation ne peut qu'être imparfaite, si certaines conditions ne sont pas réunies, notamment en matière énergétique; par exemple, un témoin français, Loustaunau-Lacau, rapporte que lors de l'écroulement du Reich, probablement à Mauthausen, "entre le four crématoire et le mur d'enceinte s'élève une pyramide faite de centaines de crânes et de tibias roussis".
40/Mattogno et Deana donnent à ce sujet des éléments fort intéressants. Selon eux, la méthode utilisée pour incinérer ces dizaines de milliers de cadavres aurait été copiée sur celle qui a été utilisée par le fameux SS Paul Blobel dans une installation qu'il avait construite à Lodz. En témoigne le "rapport de déplacement" qu'établit Dejaco à la suite d'une visite faite le 17/9/1942 avec Höss et Hössler; Dejaco signalait que le but de leur déplacement avait été "une visite de l'installation spéciale ["Sonderanlage"] et une conversation avec le SS-Standartenführer Blobel sur la construction d'une installation semblable". Ce devait être, pensent Mattogno et Deana, une installation assez sophistiquée puisque Dejaco signale encore que des matériaux de construction commandés "sur ordre spécial du Staf Blobel" aux Ostdeutschen Baustoffwerken de Posen devaient être livrés immédiatement à Auschwitz. En outre, un "broyeur à boulets pour matières solides" (probablement pour broyer les os imparfaitement incinérés) avait été commandée à Schriever & Co à Hannovre. D'après Czech, l'opération commença le 21/9/1942 et se termina en novembre 1942. Mattogno et Deana pensent que le site de l' opération se trouvait à proximité de futur "Mexico" (BIII), là où les photos aériennes du 31/5/1944 laissent voir comme des traces de 4 grandes fosses parallèles. Ces fosses devaient probablement être les fosses dans lesquelles avaient été ensevelis tous ces détenus que les Allemands n'avaient pu incinérer directement après leur décès. Mais que le lecteur ne s'y trompe pas: cette opération limitée dans le temps et en volume est sans rapport avec l'opération gigantesque et permanente d'extermination décrite par les historiens; de plus, elle se serait même déroulée en un endroit non retenu par les historiens comme site de l'extermination (probablement parce qu'il ne se trouvait pas "à 1'écart").
41/ L'équivalent énergétique des 29 kgs de coke/corps (consommation que nous avons calculée plus haut et retenue) est de 32,1 à 43,4 kgs de bois, consommation qui ne peut plus être retenue pour une incinération en plein air, vu les importantes déperditions calorifiques inhérentes à ce mode. Retenons donc 1/2 stère par corps, ce qui ne paraît pas du tout exagéré.
Rappelons au passage quelques équivalences. Pouvoir calorifique de la houille de qualité moyenne: 6.110 Kcal/kg; du coke: 6.110 à 6.660; du bois: 4.440 à 5.550; du fuel léger: 8.850 à 9.860/litre ou 9.300 à 10.380/kg; du gaz de ville: 8.700 à 11.000.
42 / 10.000 par jour pour les Juifs hongrois avec des pointes de 20.000 par jour, dit Hilberg, qui précise que ces records furent probablement battus lors de la liquidation du ghetto de Lodz; chiffres extravagants pour Pressac, qui parle de 4 à 5.000 maximum, ce qui reste extravagant et ne modifie de toute façon pas les conclusions à tirer de notre raisonnement.
43/ Dans le Kalendarium, Danuta Czech précise tout de même qu'au début, les corps étaient incinérés sur des bûchers (2.000 corps à la fois) et que plus tard on les incinéra directement dans 1es fosses. "Pour accélérer la combustion", dit-elle encore, avec naïveté puisque cette précision laisse entendre que les corps brûlaient tous seuls, on a utilisé dans un premier temps des déchets pétroliers, plus tard du méthanol (ces détails avaient été donnés par Höss). On notera en outre que le méthanol, par ses propriétés spécifiques, est assez impropre à enflammer quelque objet que ce soit, surtout un corps humain, lequel, on le sait, est surtout composé d'eau.
On citera encore le célèbre juge SS Morgen, qui, devant le Tribunal de Nuremberg, a attesté que Wirth avait mis au point à Belzec un procédé révolutionnaire permettant d'incinérer les corps de ses victimes "en plein air, sams emploi de combustible"! En d'autres temps, Morgen aurait été condamné pour outrage à magistrat.
A citer aussi (puis on refermera ce bêtisier) un faux particulièrement grossier -- le rapport Franke-Gricksch de mai 1943 -- qui donne une consommation de 6 à 17 grammes de coke par corps, soit une bûche de bois de 50 cm de longueur et de 3 à 5 cm de diamètre! Ce faux est encore repris en 1993 dans une "plaquette pédagogique" (sic) du Ministère de l'Education, de la Recherche et de la Formation (avec, en plus, une confusion entre quintal et demi-quintal: non seulement le document est un faux, mais il est mal traduit!).
44/ Pressac cite par ailleurs la commande le 26/l/1943 d'un monte-charge de 300 kg mini pour le Krema II; ce monte-charge fut prêt pour le 13/3/1943. On ne voit pas à quoi il correspond.
45/ En 1993, tentant de concilier le dogme avec la technique budgétaire, Pressac fait à ce sujet des remarques étonnantes: "Pour obtenir de Berlin l'autorisation de consiruire le crématoire III, à vocation sanitaire, il fallut le 'criminaliser' administrativement en le rattachant fictivement aux 'actions spéciales', ce qu'il fut réellement par la suite, et s'adresser au RSHA (Office central de sécurité du Reich), s'occupant de la déportation des Juifs, afin de faire débloquer les matériaux contingentés nécessaires, et non au SS-WVHA, selon la procédure normale. Cette démarche doublement inhabituelle, puisque même les matériaux contingentés des crématoires IV et V, dépendant des Bunkers 1 et 2, furent accordés par le SS-WVHA et non le SS-RSHA, semble avoir été une manipulation administrative menée avec l'accord tacite des deux offices pour se procurer plus rapidement du fer. Néanmoins, le crématoire III fut financé par le SS-WVHA dans le cadre du projet VIII Upa 2, dont le budget couvrait toutes les dépenses relatives à l'aménagement du KGL [Camp de Prisonniers de Guerre] de Birkenau.". Tout cela me paraît extravagant.
46/ Il nous faut à nouveau épingler "Le Monde", ce journal de référence de la presse française, qui titrait le 27/9/1994: "Les électeurs [suisses] approuvent une nouvelle loi antiraciste". L'auteur de l'article, Jean-Claude Bührer, dénonçait les adversaires de la loi: "(...) Ils prétendaient que les sanctions prévues par la loi contre les manifestations de racisme portaient atteinte à la liberté d'expression (...)" mais il terminait son article par: "( ... ) Désormais, la Suisse ne pourra plus servir d'abri à la littérature révisionniste; la loi réprime aussi la négation de l'Holocauste ou de tout crime contre l'Humanité." Dans le corps de son article, Buhrer rapportait, en donnant l'impression qu'il les approuvait, les propos d'un député genevois: "C'est le plus beau cadeau que l'on pouvait faire à Voltaire à l'occasion du trois centième anniversaire de sa naissance."
Voilà, voilà !
1. Apprécions d'abord l'intellect de ce journaliste quand il expose que: a) la loi est une loi antiraciste; b) il est faux de prétendre qu'elle puisse porter atteinte à la liberté d'expression; c) la loi limite la liberté d'expression.
2. Apprécions ensuite sa culture quand il laisse passer cette référence à Voltaire, qui, d'une part, fut un antisémite enragé, et d'autre part, fut un libertaire tout aussi enragé (de mémoire: "Monsieur, je ne suis pas de votre avis mais je me battrai pour que vous puissiez exprimer votre point de vue. ".
47/ "( ... ) Jean Stengers ( ... ) et aussi Maxime Steinberg qui ont, je crois, par des efforts constants, par des dialogues avec les différents députés et sénateurs, ont bien fait comprendre justement que ce ne soit plus un problème d'opinion, un problème de blasphème. (...) C'est grâce à des gens comme Jean Stengers, qui est ici dans cette salle, à Maxime Steinberg, à Marie-Laure Stengers [fille de l'historien et parlementaire] qu'il a pu y avoir ce genre de loi." (Joël Kotek, assistant à l'Université Libre de Bruxelles, lors du colloque "Les frontières de la liberté d'expression" organisé par la LABEL à Bruxelles le 3/2/1996). Les choses sont donc claires: selon Joël Kotek (qui doit savoir de quoi il parle), deux historiens, tous deux proches d'une université dite "libre" et censée défendre le libre examen, ont donc démarché les parlementaires belges pour faire adopter une loi réglementant l'écriture de l'histoire, loi que lesdits parlementaires avaient repoussée (du moins, dans une première mouture) et qu'ils ne semblaient pas décidés à adopter dans une deuxième mouture; apparemment, leur intervention a même été déterminante! C'est assez renversant Ne serait-il pas licite d'appeler cette loi liberticide "Loi Stengers- Steinberg"?

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SUITE ---------------------------------> [ 1 ] [ 2 ] [ 3 ] [ 4 ]
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LA CONTROVERSE SUR L'EXTERMINATION DES JUIFS PAR LES ALLEMANDS, Notes de lecture de Jean-Marie Boisdefeu, 2ème édition, 1996, Vrij Historisch Onderzoek , Tome 1: L'examen des preuves, ISBN: 90 73111 19 6, Wettelijk Depot: D/5727/1996/2, NUGI 648, V.H.0., Postbus 60, B-2600 Berchem. 2, België (VIaanderen). Verantwoordelijk voor uitgave en verspreiding: Herbert Verbeke


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