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Ce qui s'est vraiment passé au tombeau de Joseph

3 mars 2001

par Israël Chamir

 



Il est difficile de rendre visite à Joseph en ce moment. Des barrages routiers surveillés par des soldats israéliens nerveux entourent sa ville de Naplouse; des tranchées ou des tas de terre ferment les accès les plus étroits. Habituellement, le matin, les habitants des villages alentour afflurent pour y travailler ou faire les courses mais maintenant, ils ne le font qu'à leurs risques et périls car les soldats tirent sans avettissemet. On peut néanmoins se glisser dans la vieille capitale de la Samarie à pied.

La ville est là, telle un sachet de myrrhe, entre les deux mamelons du mont Ebal et du mont Gerizim. Naplouse, c'est l'andienne Neapolis, fondée par Titus à l'époque de l'apogée de l'empire romain. Les traditions romaines n'ont pas disparu de cette ville de bains célèbres pour ses bains turcs luxueux. Son savon à l'huile d'olive est réputé lui aussi, de même que sa soupe épicée, le kubbeh et l'esprit hardi de ses habitants. Ils ont mené une guérillé virulente contre Napoléon, se sont révoltés contre les envahisseurs égyptiens et ont maintenu les colons juifs à distance respectueuse. Pendnat le dernier soulèvement, Naplouse a mérité le nom de Djebel-an-Nar, le mont du Feu. Les Israéliens osent rarement pénétrer dans les rues étroites de cette antique cité. Aujourd'hui, cette vieille ville méfiante est le berceau de Marwan Barghouti, que l'on considère parfois comme le meneur du soulèvement.

Je m'y suis rendu pour visiter l'un des plus charmants tombeaux de Terre sainte, le tombeau de Joseph, le héros de la Bible et du Coran, originaire du lieu, qui a fait fortune en Egypte et a été ramené par Ben Israël qui l'a fait enterrer dans la patrie de ses ancêtres. Les habitants du pays le vénèrent comme de nombreux autres tombeaux et sanctuaires qui ornent les collines et les carrefopurs de Palestine. Les tombeaux ont une signification ancienne et profonde pour les Palestiniens; ils sont plus anciens que toutes les religions, ont survécu à toutes les réformes religieuses et sont toujours capables de convertir les hommes.

Il ne faut pas prendre leurs noms au sérieux, parce qu'ils changent avec le temps. Il y a une douzaine de tombeaux du cheikh Ali et même Josué ben Nun en a plusieurs. D'autres tombeaux ont plusieurs noms, comme la caverne du mont des Oliviers que les chrétiens appellent Pélagie, les musulmans Rabia elk-Adawiya et les juifs Hulda. Bien que certains musulmans orthodoxes, le clergé chrétien et les lettrés juifs sont hostiles à la vénération des tombeaux, les gens simples continuent à venir ici prier pour des faveurs, les hommes pour la gloire et la moisson, les femmes pour les enfants et l'amour. Le tombeau de Joseph est comme les autres. Cet édifice simple, surmonté d'un dôme qui a été redoré récemment, se trouve à côté de l'antique tertre de Sechem. On peut y voir tous les jours des paysannes palestiniennes en robes noires richement brodées qui viennent rendre hommage au tombeau de ce chaste amant dont les longs cils ont réduit la forteresse du coeur de Zuleika.

Il y a quelques mois, on ne parlait que du tombeau de Joseph aux informations. Les habitants de Naplouse se sont battus contre des soldats israéliens bien armés pour les restes de leur ancêtre Joseph, comme les Achéens avaient combattu les Troyens pour le cadavre de Patrocle. Environ quarante Palestiniens sont morts ici, les Israéliens ont perdu un mercenaire et il y a eu quelques blessés. Les images de cette bataille au fusil ont été diffusées dans le monde entier et l'on a pu voir les tirs acharnés, les ambulances bondissant vers les hôpitaux et les morgues et les longues rafales de mitraillette entailler la pierre et la chair. La réalité virtuelle des écrans de télévision accompagnés des voix des spécialistes nous présentait cette preuve ultime de la haine des Arabes pour les lieux saints juifs.

On a parlé longtemps de la destruction du Tombeau aux informations. Il y se trouva même un théologien musulman de Russie, furieux, pour adresser une lettre ouverte aux Palestiniens condamnant ce sacrilège. Les grands journaux du monde ont tous publié des éditoriaux très durs sur le sujet. Un Martien de passage sur la Terre aurait pensé que le principal désir des Palestiniens est de profaner les lieux saints juifs. Et au cas où vous auriez échappé à la centième répétition de l'affaire, le New York Times est revenu dessus la semaine dernière.

Pour moi, c'était une fois de trop. Ce journal juif américain à large public éveille toujours le soupçon en moi. Je me rappelle qu'ils racontaient, en 1990, qu'on allait massacrés les juifs à Moscou, ce qui n'arriva mais provoqua le départ d'un million de juifs russes en Israël. Je me souviens qu'ils ont raconté le "massacre" de Timisoara, en Roumanie, qui était une invention pure. Mais la nouvelle provoqua l'exécution sommaire du président Ceaucescu et de sa femme. Je me rappelle que ce journal s'élevait contre la noble assistance militaire de Cuba à la Namibie, qui brisa les reins à l'apartheid en Afrique du Sud. Connaissant les Palestiniens, j'avais du mal à croire qu'alors qu'ils vénéraient ce tombeau depuis des générations et des générations, ils l'avaient tout à coup détruit.

Ce que je trouvai à la place de la dernière demeure de Joseph n'était qu'une nouvelle version de la vieille plaisanterie juive: "C'est vrai que Cohen a gagné un million à la loterie? Oui, c'est vrai, mais c'était seulement dix francs, au poker et il a perdu, pas gagné." Au lieu des ruines annoncées, le tombeau brillait dans toute sa splendeur d'origine. Aucune trace de la guerre n'était visible. La municipalité de Naplouse a engagé les meilleurs maçons, fait venir des experts italiens et restauré le tombeau à l'identique. Ils ont enlevé les barbelés, les mitraillettes, les véhicules blindés, la minable cantine des soldats et les point de garde. La base militaire qu'avait construire les Israéliens a laissé place au saint tombeau ressuscité. Ce me fut une joie de retrouver Joseph alors que lors de ma visite précédente, un mois avant le soulèvement, j'avais été déconcerté.

Je me trouvais à Naplouse avec deux touristes, un chrétien et un juif. Nous avions visité la synagogue samaritaine, bu au puits de Jacob dans l'église, jeté un coup d'_il à la Mosquée verte avant de nous rendre au superbe tombeau de Joseph. Un vieux policier palestinien, qui avait fait ses classes dans l'armée anglaise, nous permit de nous approcher du tombeau mais en nous prévenant qu'on ne nous laisserait pas entrer. Il avait raison: de jeunes Russes casqués, portant treillis et fusils, en jaillirent et nous dirent que pour entrer au tombeau, il fallait aller au quartier général, hors de la ville, subir la fouille de sécurité et un interragotoire avant de revenir dans le bus blindé. Nous avons abandonné le tombeau pour des lieux plus accueillants.

Depuis des générations, les Naplousiens chérissent le tombeau de Joseph et s'y rendent mais les Israéliens s'en sont emparés en 1975. Les infâmes accords d'Oslo lui ont conservé le statut d'enclave israélienne au coeur d'une ville palestinienne. C'est devenu une école religieuse juive de la secte cabalistique, dirigée par le rabbin Isaac Guinzburg, dont le nom doit vous dire quelque chose: dans un entretien avec la Semaine juive, il a déclaré qu'un juif avait le droit d'arracher le foie de n'importe quel non-juif si cela devait lui sauver la vie, puisque la vie d'un juif est infiniment plus précieuse que celle d'un non-juif; le journaliste lui a demandé d'atténuer ses propos mais il a catégoriquement refusé. Beaucoup de journaux israéliens ont republié cet entretien car Guinzburg est très connu.

Un an plus tôt,; les disciples de Guinzburg avaient attaqué un village palestinien proche de Naplouse et un membre de la secte avait assassiné une fillette de treize ans. Il a été arrêté et jugé; Ginzburg a été cité comme témoin de la défense et il a proclamé, sous serment, qu'un juif ne pouvait pas être poursuivi pour le meurtre d'un non-jui car le commandement "Tu ne tueras point" ne s'applique qu'aux juifs. Tuer un non-juif est, au pire, un délit, dit-il, car "il est impossible de comparer le sang des juifs et le sang des non-juifs".

Dans son Histoire de la culture juive, Zvi Howard Adelman de Jérusalem (disponible sur le site du département pour l'éducation sioniste des juifs) cite Ginzburg et certains de ses collègues. Un autre cabaliste, le rabbin Israël Ariel, a écrit en 1982, au moment du massacre de Sabra et Chatila, que "Beyrouth faisait partie de la Terre d'Israël nos chefs auraient dû envahir le Liban et Beyrouth sans hésitation et les tuer tous jusqu'au dernier, pour que le souvenir même en disparaisse."

Bien sûr, dans toutes les religions il y a des extrémistes et des fanatiques. Il est certain que la majorité des juifs, y compris les juifs pratiquants, ne sont pas d'accord et trouvent même répugnants ces sentiments de cannibales. Mais aucune répulsion n'a empêché l'armée israélienne de monter la garde devant l'école de Ginzburg, le gouvernement israélien de la subventionner ou encore de forcer les Palestiniens à accepter cette enclave de haine au milieu de Naplouse ou de lancer une mini-guerre pour promouvoir le zèle de Guinzburg. La répugnance n'a pas empêché les juifs américains de soutenir inconditionnellement la politique israélienne. La répugnance ne m'a pas empêché de payer mes impôts au régime israélien, en sachant parfaitement qu'une partie servirait à financer la sect'e de Guinzburg. La répugnace n'a pas empêché le New York Times et ses filiales de la presse américaine de propager le mensonge criminel "les Arabes ont mis à sac un lieu saint juif."

Ginzburg a bien sûr le droit de croire ce qu'il veut, même si c'est odieux. Nous vivons une époque où la tolérance s'applique à tous sauf à la prédication chrétienne dans les écoles. On a le droit d'entrer dans une secte sataniste ou cabalistique. Mais est-il normal que ces sectateurs soient armés d'hélicoptères de combat Apacha payés par le contribuable américain. Ginzbug et sa secte exercent une influence qui dépasse lagement le cadre de leurs quelques affiliés. Ils sont dangereux pour tous les non-juifs, et aussi pour les juifs "rebelles" comme le défunt premier ministre Rabin. Au cours de ce qui s'avèrera peut-être une répétition générale d'un affrontement à venir pour les lieux saints de Jérusalem, vingt jeunes Palestiniens sont morts pour que soit restauré le droit de vénérer le tombeau de Joseph.

Désormais, comme avant 1975, les habitants et les touristes, musulmans, Samaritains, juifs, chrétiens et libres-penseurs peuvent se rendre librement au tombeau, s'ils peuvent échapper aux habiles tireurs israéliens. Ils peuvent déposer des fleurs sur la pierre tombale d'un des grands héros bibliques,. Joseph a été rendu à ceux qui l'ont toujours vénéré et vous pouvez désormais lui rendre visite mais, je vous en prie, ne venez pas en char d'assaut.

C'est la base militaire que combattaient les Palestiniens et non le lieu saint. Les lieux saints de Jérusalem, de Bethléem et d'Hébron seraient en sûreté dans les mains des Palestiniens, ouu ils l'ont été depuis des temps immémoriaux. S'il n'y avait pas eu la vénération locale, aucun de ces lieux saints n'auraient survécu. Ne l'àoublions lorsque la question de Jérusalem sera à l'ordre du jour, c'est-à-dire bientôt, très bientôt.

Cette histoire récente des événements qui se sont déroulés auprès du tombeau de Joseph apporte une preuve supplémentaire que la grande presse américaine est totalement dépourvue de véracité. La grande nation, la formidable superpuissance s'instruit et navigue sur l'océan de la politique mondiale avec le téléscope de Mickey Mouse en fait de jumelles électroniques. Si les magnats juifs de la presse vous mentent sur la Palestine, il n'y a aucune raison qu'ils soient véridiques dans d'autres domaines. On aimerait que la souffrance des Palestiniens permette aux Européens et aux Américains de voir les écueils qui environnent leur navire.

Israel Shamir est un écrivain et journaliste israélien juif d'origine russe.

***

 

Joseph Revisited

By Israel Shamir


It is not easy to visit Joseph these days. Roadblocks manned by nervous Israeli soldiers have surrounded his city of Nablus; trenches or heaps of earth block the smallest entrances and exits. On a normal morning, commuters pour in from nearby villages for work or shopping; now they do so at their own peril, and the local citizens venture out of their homes at the risk of their lives, as the soldiers shoot without warning. Still, one can sneak into the old capital of Samaria by foot.

The city rests as the sachet of myrrh between the twin breasts of Mt Ebal and Mt Gerizim. Nablus is Neapolis of old, founded by Titus Flavius in the heyday of the Roman Empire. The Roman traditions did not die in this Palestinian San Francisco with its lavish Turkish baths. It is also famous for the fragrant olive soap, spicy kubbeh soup, and hardy spirit of its inhabitants. They fielded a strong guerilla force against Napoleon, rebelled against Egyptian invaders, and kept the Jewish settlers at bay. During the last uprising, Nablus gained renown as Jabal an-Nar, the Mount of Fire. Israelis rarely dared to enter the narrow streets of its old city. Today, this defiant ancient city is the home of Marwan Barghouti, sometimes credited with the leadership of the uprising.

I came here to visit one of the most charming shrines of the Holy Land, the Tomb of Joseph, the hero of Bible and Koran stories, a local lad who `made it' in Egypt and was brought back by Banu Israel to be buried in his ancestral home. The locals have venerated it, as numerous other shrines and tombs that adorn the hilltops and crossroads of Palestine. The shrines have deep roots in the Palestinian soul; they predate all modern faiths, survived all religious reforms, and still are able to turn a man to God.

One needs to take their names with a grain of salt, as they change with the passage of time. There are a dozen tombs for Sheikh Ali, and even Joshua bin Nun has quite a few. Other tombs have multiple names, like the cave on the Mt Olives, called Pelagia by Christians, Rabia al-Adawiya by Moslems and Hulda by Jews. While some orthodox Moslem, Christian and Jewish clerics object to venerating shrines, the common people still come to beseech for favors, men for glory and harvest, women for children and love. The tomb of Joseph is no exception. It is a simple domed building, recently refurbished, standing next to the ancient mound of Shechem. On any given day, Palestinian peasant women in black dresses with rich embroidery can be seen paying their respects at the tomb of the chaste lover, whose long eyelashes reduced the fortress of Zuleika's heart.

A few months ago, Joseph's tomb was all over the news. The people of Nablus fought well-armed Israeli soldiers over the remains of their ancestor Joseph, as Achaeans fought Trojans for the body of Patrocles. Some two score Palestinians died there, Israelis lost one mercenary and a few were wounded. The pictures of the gun battle were transmitted around the globe, as firefights raged, ambulances raced to hospitals and morgues, heavy machinegun bursts tore at stones and flesh. The virtual reality of TV screens accompanied by the voices of the experts presented the ultimate proof of Arab hate for Jewish holy places.

The tale of the Tomb's destruction remained in the news for long time. An important Muslim divine from Russia was angry enough to write an open letter to the Palestinians, condemning the sacrilege. Main international newspapers unleashed harsh editorials on the subject. A visiting Martian would have presumed that the main desire of Palestinians is to go about desecrating holy Jewish monuments. For those who did not get it first 108 times, the NYT repeated the story last week.

That was just one too many times for me. This well circulated Jewish American newspaper always stirs the suspicious side of my brain. I recall their reports on the impending Jewish pogroms in Moscow in 1990, that somehow never materialized, but the reports sent one million Russian Jews to Israel. I remember their reports on the Timishowara `massacre' in Romania, that turned out to be a fake. But the report led to the summary execution of the president Ceausescu and his wife. I remember how the Times agitated against the noble Cuban military assistance to Namibia that broke the spine of South African apartheid. Knowing the Palestinians, I had difficulty believing that those who had worshipped at the shrine for uncounted generations, would destroy it.

What I found at the site of Joseph's resting place was like a replay of the old Jewish joke: "Is it true that Cohen won a million in the state lottery? Yes, it is true, but it was only ten dollars, in a poker game, and he actually lost it". Instead of expected ruins, the tomb shone in its pristine beauty. No traces of war could be seen. The Nablus municipality hired the best masons, brought in Italian experts and restored the tomb to its original state. They removed the barbed wire, the machinegun positions, the armored vehicles, the soldiers' scrubby mess hall, guard slots. An Israeli-built military base vanished to be replaced by the resurrected holy tomb. It was a joy to revisit Joseph, as my previous visit, a month before the uprising, was quite disconcerting.

Then I visited Nablus in the company of two tourists, a Christian and a Jew. We visited the Samaritan synagogue, drank water from Jacob's Well in the church, looked into the Green Mosque and decided to pay our respects to Joseph the Beautiful. An old Palestinian policeman, who cut his teeth in the British army, allowed us to approach the tomb but warned us that we won't be let in. He was right. Young Russian boys in the Israeli army fatigues, helmets and rifles, popped out and told us, that in order to enter the tomb one has to go to the army HQ out of town, submit to security check and interrogation, and come back by the armored bus. We moved on to more accessible sites.

For generations, the Tomb of Joseph was cherished and attended by the people of Nablus, but it was seized by the Israelis in 1975. The infamous Oslo accords left it as an armed Israeli enclave in the heart of the Palestinian city. It became a Yeshiva of a Cabbalist sect led by Rabbi Isaac Ginzburg. His name should ring a bell. He stated in the interview with Jewish Week, that a Jew is entitled to cut off the liver of any Gentile in order to save his own life, as the life of a Jew is incomparably more precious than the life of a Gentile. He was asked by the interviewer to soften his message, but he remained adamant. Many Israeli papers republished this interview, as name of Ginzburg was well known.

A year earlier, Ginzburg's disciples made a sortie to a neighboring Palestinian village, and a sect member murdered a 13-year old girl. He was arrested and brought to trial. Ginzburg was called as a witness of defense, and under oath, he proclaimed that a Jew could not be tried for murdering a Gentile, as the commandment `Thou shall not murder' refers only to Jews. Killing a Gentile is, at worst, a misdemeanor, said he, as `one can not compare the blood of Jews and the blood of Gentiles'.

In his Cultural History of the Jews, Zvi Howard Adelman of Jerusalem (available on the website of The Department for Jewish Zionist Education), quotes Ginzburg and some of his colleagues. One of his fellow-Cabbalists, Rabbi Israel Ariel, wrote in 1982 in the time of Sabra and Shatila massacre, that "Beirut is part of the Land of Israel. . . our leaders should have entered Lebanon and Beirut without hesitation, and killed every single one of them. Not a memory should have remained".

Now, every faith has its fringe extremists and fanatics. Certainly, the vast majority of Jews, including religious Jews does not subscribe to, indeed are repulsed by such cannibalistic sentiments. But such revulsion did not stop the Israeli army from guarding Ginzburg's Yeshiva. The revulsion did not stop the Israeli government from subsidizing it, or from forcing the Palestinians to accept this enclave of hatred in the heart of Nablus, or from waging a mini-war to promote Ginzburg's zeal. The revulsion did not stop the American Jews from their blind support of Israeli policies. The revulsion did not stop me from paying my taxes to the government of Israel, knowing full well that part of it went to support of Ginzburg's sect. The revulsion did not stop the New York Times and its American media affiliates from propagating the blood libel of "Arabs despoiling a Jewish holy place".

Ginzburg is entitled to his obnoxious beliefs. We live in an age when our tolerance extends to all save a Christian prayer in schools. One is free to join a Satanist or a Cabbalist sect. But should such people be armed with Apache gunships at the expense of American taxpayers? Ginzburg and his sect have influence far beyond their tiny numbers. They are dangerous for all Gentiles, and for the `rebellious Jews' like the late Prime Minister Rabin. In what might have been a small rehearsal for the coming confrontation over Jerusalem's shrines, twenty young Palestinians were made to pay with their lives to restore their right to worship at the tomb.

Now, as before 1975, local folk and tourists, Moslems, Samaritans, Jews, Christians and freethinkers can visit the place freely, if they can escape Israeli sharpshooters. They can put a flower on the gravestone of a favorite hero of the Bible, the Koran prophet, the lover of Ferdowsi's poem and Saadi verses, the truth-seeker of the Sufi revelation of Jami. Joseph came back to the people who always venerated him. You are free to visit him, but please leave your tanks behind.

Palestinians fought the army base, not the holy place. The holy places of Jerusalem, Bethlehem, Hebron would be safe in Palestinian hands, as they have been for uncounted generations. Without the local veneration, none would have survived. Please remember it when (very soon) the problem of Jerusalem will come forth.

This latest saga on the events surrounding the Joseph's tomb is just one more proof that the American mass media machine is an unreliable source. The great nation, the formidable superpower gets its knowledge and navigates its course in the sea of world politics by using a Mickey Mouse telescope instead of electronic magnifying glasses. If the Jewish media lords cheat you about Palestine, why do you think they are honest in any other way? Perhaps the suffering of the Palestinians should help the Europeans and Americans to notice the reefs ahoy their own ship.

 

 


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