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Réponse d'Israël Chamir au rédacteur en chef du Toronto Globe and Mail

Israël Chamir

 



Cette lettre est une réponse d'Israël Chamir au rédacteur en chef du Toronto Globe and Mail qui avait réclamé la fin de l'intifada dans un éditorial ("It is time to end intifada," Toronto Globe and Mail, March 9, 2001).


L'intifada est comme le hurlement d'un enfant maltraité qui cogne dans la porte de la cave où ses bourreaux l'ont enfermé. S'il ne hurle pas, il restera définitivement dans cette cave humide avec les rats. La riposte des Palestiniens à nos persécutions est très modérée et elle nous gêne à peine, nous les juifs israéliens. Ils se contentent de jter des pierres à la sortie de leurs villages. Mes ancêtres, qui étaient des juifs russes, ont riposté aux restrictions imposées aux juifs par l'empire russe en tuant deux empereurs, beaucoup de ministres et de hauts fonctionnaires et, pour finir, en tuant et en envoyant en exil la plus grande partie de la classe dirigeante russe. Si l'on se penche sur l'histoire, on reçoit un choc: les restrictions et les massacres des empereurs de Russie étaient modérés comparés à ce que nous, Israéliens, imposons aux Palestiniens.

Il y a un moyen très simple de mettre un terme à la violence en Terre sainte. Les Palestiniens, chrétiens et musulmans, doivent avoir les mêmes droits que les juifs. Si la propriété des juifs est sacrée, la propriété des autres doit l'être aussi. Si la vie d'un juif est sacrée, la vie d'un autre doit l'être aussi. Si les juifs ont le droit de se déplacer, les autres doivent l'avoir aussi.

Si on ne fait pas ça, la rage des vaincus pourrait se répercuter dans le monde entier. Elle pourrait même atteindre Toronto. Les Palestiniens pourraient se souvenir des passeports canadiens délivrés à des assassins du Mossad. Ils pourraient se souvenir du Parc du Canada construit par les juifs canadiens sur le site d'Emmaüs, un village palestinien où Jésus partagea le pain avec Cléopas. L'armée israélienne l'a détruit en 1967 et ses habitants, descendants de Cléopas, lancent aujourd'hui des pierres des portes des camps de réfugiés. Le soutien presque unanime de la communauté internationale aux droits des Palestiniens ne comporte, aujourd'hui, aucune host!ilité aux juifs canadiens ou aux juifs en général. Mais si le soutien à l'occupation et l'apartheid continue, la vague de représailles que le Canada et nous, les juifs, pourrions subir un jour sera terrible.

Israel Shamir, Jaffa

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The following is the letter to editor of the Toronto Globe and Mail, who in an editorial called for an end to the intifada. The writer is Israel Shamir.



To the Editor of the Globe and Mail.


Re: "It is time to end intifada," Toronto Globe and Mail, March 9, 2001.


The intifada is like a scream of an abused child who kicks the door of the dark room where his tormentors have locked him up. If he does not scream, he will remain there, in the wet cellar with rats, forever. The Palestinian response to our persecutions is a minimal one, and it hardly inconveniences us, the Israeli Jews. They just throw stones on the outskirts of their villages. My ancestors, Russian Jews, responded to the limitations imposed on the Jews by the Russian Empire by killing a couple of Tsars, a lot of ministers and officials, and eventually by killing and sending into exile the majority of the Russian ruling class. A little reading of history will reveal a shocking fact: the limitations and the pograms of the Tsars were modest in comparison with those that we, the Israelis, impose on the Palestinians.

There is a way to stop violence in the Holy Land. Palestinian Christians and Moslems must have the same rights as Jews. If Jewish property is sacred, then Gentile property must be sacred as well. If a Jewish life is sacred, so must be a life of a Gentile. If a Jew is free to move, so must be a Gentile.

If this does not come to pass, the rage of the vanquished could reverberate around the world. It could even reach Toronto. The Palestinians could remember the Canadian passports issued to Mossad assassins. They could remember the Park of Canada built by the Canadian Jews on the site of Emmaus, a Palestinian village where Jesus shared bread with Cleopas. The Israeli Army destroyed it in 1967; and its inhabitants, descendants of Cleopas, now throw rocks on the doorsteps of their refugee camps. The nearly unanimous international consensus in support of Palestinian rights is at present hostile to neither Canada nor to Jews generally. But if support for the occupation and for apartheid continue, the wave of retribution that Canada and we Jews may have to face one day is dreadful to contemplate.


Israel Shamir, Jaffa

 

 


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