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[Note de l'AAARGH: Finkelstein a un site web où l'on trouve le dossier de son livre: http://www.normanfinkelstein.com/index.html]



http://www.salon.com/books/int/2000/08/30/finkelstein/print.html


Shoah business

Un fils de rescapés d'Auschwitz accuse
l'"industrie de l'Holocaust", Elie Wiesel et les dirigeants juifs du monde entier d'un vaste chantage


Viktor Frölke, 30 août 2000



Avec son petit livre intelligent, explosif et quelquefois drôle, Norman Finkelstein, 47 ans, originaire de Brooklyn à New York, l'enfant terrible des études sur l'holocauste, touche un point sensible; un point si sensible en vérité qu'il s'est produit un véritable court-circuit dans la plupart des milieux intellectuels, au moins aux Etats-Unis.


La principale accusation de Finkelstein, la plus redoutable aussi, est que "les dirigeants juifs américains" et les associations juives américaines extorquent des milliards de dollars aux pays et aux entreprises d'Europe au nom des "rescapés nécessiteux de l'holocauste" à seule fin de financer des programmes sur l'holocauste, des mémorials de l'holocauste, des études de l'holocauste, une littérature de l'holocauste, et, pour tout dire, "la communauté juive". Tout cela réuni forme non pas une industrie familiale mais une véritable industrie de l'holocauste" soutenue par une idéologie constante de l'holocaustiquement-correct", mise au service de "certains intérêts de classe et intérêts politiques". DFinelstein affirme même qu'au lieu d'aider la cause juive, l'industrie de l'holocauste est devenue "le principal foyer d'antisémitisme en Europe" parce qu'elle répand partout l'idée que les juifs sont cupides.


Alors que le livre a allumé un violent incendie dans toute l'Europe, et particulièrement en Angleterre et en Allemagne, aux Etats-Unis, un silence assourdissant lui a répondu. Personne ne veut s'y frotter. Alors que la grande presse européenne a réservé à Finkelstein un accueil plutôt négatif dans un premier temps, et plutôt positif dans un second, tout en lui donnant diverses occasions de discuter avec ses adversaires, aux Etats-Unis, il n'y a pratiquement eu aucun compte-rendu (malgré les deux cent cinquante services de presse qu'il a lui-même aidé son éditeur à envoyer aux critiques).

Le New York Times, il est vrai, en a fait un: il lui a consacré une page entière de son supplément livres du dimanche où il a comparé le livre aux Protocoles des Sages de Sion, un livre antisémite très célèbre, et il a qualifié son auteur "d'indécent", "infantile", "donneur de leçons", "arrogant" et "stupide".

"J'ai lu ce compte rendu: il est pire que s'il s'agissait de Mein Kampf", dit Finkelstein de sa voix haut perchée, pleine d'indignation.

Pour la plupart des intellectuels américains, apparemment, la thèse de Finkelstein, qui prétend que le souvenir de l'holocauste nazi est détourné en un chantage moral, politique et financier, est le signe irréfutable qu'il est animé d'un profond anti-sionisme ou bien qu'il a des problèmes psychologiques personnels. On ne sera pas surpris d'apprendre que Finkelstein reçu des menaces de mort émanant de fanatiques juifs et qu'on a entendu le président du Congrès juif mondial, Elan Steinberg, dire que "M. Finkelstein [était] un bâton merdeux" juste avant le journal télévisé du soir en Allemagne.

Finkelstein, qui a fait ses études à Princeton et à Paris mais enseigne désormais à ses "camarades-étudiants" le marxisme et le nazisme au collège Hunter de New York où il est maître-assistant, a l'habitude des insultes. Dans son livre de 1998, Une Nation au banc des accusés, il a démonté très soigneusement le best-seller de Daniel Goldhagen, Les Bourreaux volontaires de Hitler, paru en 1996. Lorsque le directeur littéraire de la revue New Republic, Léon Wieseltier, a entendu parler de ce livre, il a informé l'éditeur de Finkelstein, Michael Naumann des éditions Henry Holt que l'auteur était "un poison, un répugnant juif plein de haine de soi, un insecte."

Je suis terès résistant, je tiens ça de mes parents", dit Finkelstein dans son petit appartement où un mur est décoré de photos de son père, rescapé d'Auschwitz, et de sa mère, rescapée de Majdanek, et un autre d'une affiche de Charlie Chaplin. "J'essaie de ne pas perdre mon sens de l'humour. Quand tout le monde répète que vous êtes moche, vous commencez par dire que c'est de la jalousie. Mais au bout d'un certain temps, vous vous mettez à croire que vous êtes vraiment moche."

[Salon] En principe, dans une controverse, il y a deux parties mais on dirait que dans votre cas, il n'y a. que vous.

[NF] On me censure. C'est l'oeuvre de l'industrie de l'holocauste. Presque tous ceux dont je parle sont des bénéficiaires de l'industrie de l'holocauste mais je suis sûr qu'ils ne se sentent pas du tout en sécurité.
Aujourd'hui pourtant, j'ai eu une réaction positive du professeur Raul Hilberg, qui est à la fois un expert de l'holocauste et un républicain, et comme je suis un homme de gauche, son soutien ne peut pas être partisan. Un journaliste brésilien l'a interrogé au sujet de mon livre et Hilberg a répondui que les associations juives étaient allées trop loin avec leurs demandes d'indemnités et qu'elles surestimaient le nombre de rescapés de l'holocauste; il qualifie cette forme d'exploitation d'obscène. Moi, je ne suis pas allé aussi loin dans mon vocabulaire !


[Salon] Votre J'accuse (ou vos invectives, suivant le point de vue où l'on se place) ne vise pas seulement les associations juives "corrompues" comme le Congrès juif mondial et ses dirigeants, dont le milliardaire Edgar Bronfman et le magnat de l'immobilier Israël Singer. Vous vous en prenez aussi à Wiesel. Pourquoi?

[NF] Parce que c'est un personnage parfaitement ridicule. En privé, tout le monde le tourne en ridicule. On dirait vraiment que l'expression "There's no business like Shoah-business" (les profits de la shoah ne se comparent à aucun autre profit) a été inventée pour lui. Je ne suis pas du tout le premier à dire que le roi est nu, mais c'est la première fois qu'on le dit publiquement.

[Salon] Vous ne trouvez pas mesquin d'aller lui reprocher ses honoraires de "vingt-cinq mille dollars plus la limousine"?

[NF] Qu'est-ce que ça a de mesquin? Il a fait de tout cela une affaire profitable, où il pose à l'homme animé par l'angoisse, la souffrance et l'abéngation, alors qu'en réalité il en a tiré une véritable fortune. Si c'était mesquin, il ne chercherait pas à tout prix à le nier, il se serait contenté d'écarter l'accusation. En Angleterre, on lui en a parlé sans arrêt et il était vraiment dans ce que j'appellerais une posture de négationnisme [on rit]. Il raconte à tout le monde après avoir parlé de son enfance à Buchenwald, qu'il vit très modestement dans le quartier nord-est de Manhattan et qu'il a ses livres mais ce qu'il oublie de dire, c'est que cet appartement lui coûte plusieurs milliers de dollars par mois.

[Salon] Vous le traitez de menteur parce qu'il prétend avoir lu la Critique de la raison pure en yiddish et que, d'après vous, il n'existe pas de traduction yiddish du livre.

[NF] Wiesel pose au spécialiste de Kant et prétend que quand il était adolescent, les filles le fuyaient parce qu'il parlait sans cesse de Kant; d'après moi, leurs raisons étaient tout autres mais n'en parlons pas...

[Salon] Wiesel, lui, affirme avoir chez lui une traduction en yiddish, un livre qui s'appelle L'Ethique de Kant, publiée à Varsovie en 1929.

[NF] C'est absolument exact! Alors, je ne voudrais pas vous démoraliser, mais ce qui a été publié à Varsovie en 1929 est la Critique de la raison pratique, un chapitre, soixante pages... J'en suis sûr. Voici mes sources: la bibliothèque Widener à l'université de Harvard; la bibliothèque Yivo de New York, qui est la plus grande bibliothèque yiddish du monde; et la bibliothèque de l'université hébraïque. Chacun sait cela, il n'y a pas de discussion possible. l'Ethique est tirée de la Critique de la raison pratique. Confolndre les deux livres, ma foi, c'est un peu comme si un spécialiste de Tolstoï avait lu un chapitre d'Anna Karénine et croyait avoir lu Guerre et paix en entier. C'est ridicule!

[Salon] Pour revenir au sujet lui-même, les défenseurs de Wiesel disent que grâce à des gens comme lui, nous avons une meilleure perceptions des génocides à travers le monde.

[NF] Grâce à Elie Wiesel, nous avons une vision déformée, défigurée et vide de sens de l'holocauste nazi qui nous permet de ne voir que les génocides qui arrangent Israël et les Etats-Unis et d'oublier les autres.

[Salon] Vous ne croyez pas que ces attaques personnelles nuisent à votre cause?

[NF] Ecoutez, des goûts et des couleurs... Je pense que j'ai exposé ma cause très simplement, en trois parties. La première traite de la raison pour laquelle on n'a entendu parler de l'holocauste aux Etats-Unis qu'après la guetrre des six jours en 1967. Si vous admettez que l'holocauste a servi d'arme idéologique dans le conflit palestinien, alors il faut se demander comment. Parce qu'on pourrait très bien utiliser l'holocauste à d'autres fins: par exemple, mes parents s'en servaient pour défendre certains droits palestiniens. La seconde partie traite de la façon dont l'holocauste nazi est reconstruit idéologiquement pour servir certains buts politiques précis. Et cela, c'est nouveau, je suis le premier, je crois, à avoir établi ce que j'appelle "le scénario de l'holocauste", qui repose sur une distinction entre la connaissance scientifique de l'holocauste et le roman de l'holocauste. Ce cycle romanesque, dont faite partie le livre de Goldhagen, Les Bourreaux volontaires de Hitler, se fonde sur deux dogmes: l'unicité de l'holocauste et la haine irrationnelle et éternelle des non-juirfs pour les juifs.

[Salon] Il n'y a qu'un pas à franchir du "scénario de l'holocauste" à la "conspiration de l'holocauste".

[NF] Ah bon, et pourquoi? Si vous prenez connaissance d'un corpus littéraire dépourvu de valeur historique, vous vous demandez Cui bono? A qui profite le crime? Par exemple, si vous considérez les travaux du XIXe siècle sur la race, l'eugénisme et tout ce courant,une fois que vous avez prouvé qu'ils n'ontpas la moindre valeur scientifique, historique ou artistique, vous comprenez qu'ils servent des buts politiques et idéologiques déterminés. On appelle ça la sociologie des idées.

[Salon] Le succès de Goldhagen n'est-il pas dû en partie à un sentiment quasi-masoschiste de culpabilité dans certaines régions de l'Europe?

[NF] Oui, c'est possible mais peu probable. D'ailleurs, le livre a eu un gros succès aussi aux Etats-Unis et l'Amérique n'a rien à voir avec l'holocauste.
Posons la question ainsi: beaucoup de gens disent que le succès du livre de Golfhagen est dû à sa thèse simpliste: tous les Allemands étaient des monstres antisémites qui n'attendaient que Hitler pour se mettre à assassiner les juifs. Maintenant, posons comme hypothèse que Goldhagen ait dit exactement le contraire, à savoir que l'holocauste était le fait de Hitler et de ses bourreaux et que toute la nation ait été obligée d'y participer.
Alors le titre du livre aurait été Les bourreaux involontaires de Hitler. Le livre aurait-il eu le même succès? Certainement pas, parce que c'est la nature simpliste de sa thèse qui la rend si convaincante. Bien qu'on l'imppression, à lire le livre, de mâcher de la ferraille, sa thèse s'est avérée idéologiquement très pratique. C'est exactemlent ce que Cynthia Ozick a dit après la guerre de 1973 [où l'Egypte et la Syrie ont attaqué Israël.] : si tout le monde déteste Israël, cest parce que tout le monde veut effacer les juifs.


[Salon] Si vous voyez des mobiles occultes partout, la théorie de la conspiration n'est pas loin.
[NF] Les mécanismes du contrôle idéologique sont très complexes. Un de mes très bons amis, le professeur Noam Chomsky, appelle cela la fabrication du consentement. Je ne m'occupe pas de ça, je me demande simplement, s'il s'agit d'une idéologie, quels intérêts elle sert.
The problem with a conspiracy theory is that it can't be falsified. Everything, or nothing, supports it.
[Salon] Le problème avec une théorie de la conspiration est qu'on ne peut pas la falsifier: soit tout la confirme, soit tout l'infirme.

[NF] je ne comprends pas très bien pourquoi vous évoquez la théorie de la conspiration: à chaque fois qu'on discerne un programme, qu'on ne se contente pas d'expliquer les choses par les actions spontanées des gens, on est accusé de voir des conspirations! Je pense que l'histoire ne se réduit pas aux actions spontanées des gens.
You're a historian, right?
[Salon] Vous êtes historien, alors?
I'm many things.
[NF] Je suis beaucoup de choses.

[Salon] Si vous êtes historien, pourquoi n'avez-vous pas fait une étude sérieuse de la question, avec des recherches personnes, des entretiens avec les gens, etc?

[NF] Pourquoi devrais-je interroger des gens?

[Salon] Pour découvrir la vérité.

[NF] Elan Steinberg, était furieux que je ne l'aie pas interrogé mais je ne vois pas pourquoi je l'aurais fait alors que je le considère comme un modèle de désinformation et qu'il n'a rien d'intéressant à me dire. Je me passe très bien de lui.


[Salon] Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre?

[NF] Ce livre est le résultat de quinze ans de réflexion. Pendant toute la période où j'essayais d'obtenir que ma mère soit indemnisée, j'ai fait une liste de soixante choses qui m'ennuyait beaucoup dans l'entreprise de l'Holocauste. L'une d'entre elles était la notion même de "rescapé". Au début, je savais que beaucoup de juifs tiraient un peu sur la ficelle pour être considérés comme des "rescapés" par la loi allemande sur les réparations. Ceux qui avaient passé la guerre en Union soviétique étaient écartés, alors je connais des gens qui ont falsifié leurs papiers, ce qui était l'enfance de l'art puisqu'il n'y avait aucun moyen de contrôle. Les seuls chiffres qu'on avait étaient ceux d'Auschwitz.

J'ai consulté les anciens accords de Luxembourg de 1952 pour faire un article sur la question des réparations. Le gouvernement allemand a payé, en tout, à peu près cinquante milliards de dollars et en plus, il a donné dix millions de dollars par an de 1953 à 1965 à la Conférence sur les réclamations juive contre l'Allemagne, ce qui fait, au cours actuel, un milliard de dollars. Les Allemands disent que quinze pour cent seulement de la somme a été distribuée aux victimes et le reste, pour l'essentiel, si l'on en croit un spécialiste de la question, Ronald Zweig, est allé aux communautés juives du monde arabe, celle d'irak par exemple, et à des institutions comme Yad Vashem en Israël.

Et vous savez pourquoi ils n'ont pas tout donné aux rescapés? C'est cela qui est amusant: ils prétendent qu'ils n'étaient plus victimes et qu'ils avaient tout ce dont ils avaient besoin. C'est là qu'est l'ironie de la chose: alors que dans les années cinquante, ils n'étaient plus des victimes, voilà qu'on prétend maintenant que pendant toutes ces années, les victimes nécessiteuses de l'holocauste végètent dans la pauvreté parce que les Allemands ne leur ont rien donné. Je trouve ça très drôle.

[Salon]Le gouvernement allemand a donné trois mille cinq cents dollar à votre mère juste après la guerre. Comment ça s'est passé?

[NF] Dans les années cinquante, un médecin (je crois qu'il était juif) a déclaré que ma mère, qui travaillait comme comptable à la Chase Manhattan Bank, souffréait d'hystérie grave et que la cause n'en était pas ce qu'elle avait vécu à Majdanek mais sa difficulté à s'adapter aux Etats-Unis -- ce qui était, évidemment, un diagnostic bidon. La Conférence sur les réclamations avait été créée justement pour donner de l'argent à des gens comme ma mère, qui n'avaient pas été suffisamment ou justement indemnisés au moment des premières réparations. Les cas comme le sien devaient être corrigés par l'attribution d'une somme globale. Mais elle n'a rien reçu: seuls les dirigeants juifs et les rabbins bien placés ont obtenu quelque chose.

Mon père a été blessé à Auschwitz et il a obtenu des Allemands une pension viagère. Ils l'ont payé régulièrement et sans retard. Je me souviens encore des enveloppes bleues de Trier. Mon père a eu la maladie d'Alzheimer à la fin de sa vie et j'étais son tuteur; tous les trois mois, j'allais au consulat allemand chercher ses chèques et prouver qu'il était toujours vivant. A la fin de sa vie, sa pension se montait à six cents dollars par mois; en tout, il a reçu deux cent cinquante mille dollars.

Tous les rescapés avec lesquels j'ai parlé -- et ma maison a vite été surnommée le CCBC, Centre pour la stimulation de la Conférence sur les réclamations disent la même chose: nous voulons l'argent qu'a donné le gouvernement allemand, nous ne voulons pas que cet argent aille aux associations juives.


[NF] Certains se trompent sur mon livre et croient que je suis contre l'indemnisation mais c'est totalement faux, je suis farouchement pour mais je pense qu'elle doit aller aux victimes réelles et non aux pseudo-victimes ou aux associations et aux communautés juives.

[Salon] Vos parents sont des rescapés de l'holocauste. êtres-vous alors un rescapé de la deuxième génération?

[NF] Je trouve cette notion répugnante; elle ne fait qu'incarner le désir de traire l'holocauste pour une génération supplémentaire. Si j'avais prétendu être " un rescapé de la deuxième génération", ma mère m'aurait giflé, et à bon droit !

[Salon] Vous suggérez toujours, sans jamais le dire carrémet, que seuls les rescapés des camps sont des rescapés de l'holocauste. Pourquoi ne peut-on qualifier aussi de rescapés les juifs qui ont fui en Union soviétique puis sont revenus et n'ont eu aucune indemnisation ?

[NF] Bonne idée, à ce moment-là, il faut qualifier aussi les Palestiniens de "rescapés de l'holocauste". Si on adopte une définition si élastique qu'elle englobe les réfugiés, alors il faut qu'elle les englobe tous.

[Salon] Ce ne serait pas juste pour les vrais rescapés. Ce n'est pas une question de justice: on ne peut pas prétendre que l'holocauste a une valeur morale et, ensuite, banaliser le terme de "rescapé de l'holocauste" en l'appliquant à n'importe qui. Il y a une différence entre passer la guerre tranquillement à New York, comme M. Kissinger, et la passer à Auschwitz.


[Salon] M. Kissinger ne se qualifie pas de rescapé, que je sache.

[NF] Comme la cible de Hitler était l'ensemble des juifs du monde, si l'on en croit Israël Singer, tous ceux qui y ont échappé sont des rescapés de l'holocauste. Mais la question qui se pose pour moi, c'est celle des Vietnamiens qui ont souffert de la politique de M. Kissinger; sont-ils des rescapés de l'holocauste? Non bien sûr, on ne peut pas les qualifier ainsi. Les Vçietnamiens ont-ils reçu ne serait-ce que cinq francs d'indemnités? Rien du tout, oui, les Etats-Unis refusent même de s'excuser officiellement.

[Salon] Vous allez plus loin encore en affirmant que l'industrie de l'holocauste nie l'holocauste plus que les négateurs traditionnels. Que voulez-vous dire?


[NF] Le nombre officiel de rescapés donné par le gouvernement israélien, est actuellement d'un million ou, pour être précis, neuf cent soixante mille. Au même moment, les associations juives prétendent qu'il en meurt dix mille ar mois depuis une dizaine d'années. Ce qui signifie qu'en 1990, il restait deux millions de rescapés; or, en 1990, il ne pouvait pas y avoir plus d'un quart des rescapés de la Seconde guerre mondiale encore en vie, ce qui nous donne huit millions en mai 1945. Comme il y avait moins de huit millions de juifs dans toute l'Europe occupée par les nazis, si ces chiffres sont exacts, l'holocauste n'a pas eu lieu. Comme disait ma mère, si tous ceux qui se prétendent rescapés le font à bon droit, qui Hitler a-t-il tué?


[Salon] En 1998, les banques suisses ont restitué un milliard et quart de dollars, provenant des comptes dormants, aux associations juives. Faut-il leur rendre leur argent?

[NF] L'affaire aurait dû être jugée par le tribunal international des réclamations et non pas par l'Association juive mondiale pour la restitution. Le tribunal aurait examiné les réclamations et donné l'argent à ceux qui le méritaient.


Et au fait, personne n'a relevé une des révélations les plus intéressantes du livre, à savoir la présence de comptes juifs dormants depuis la guerre dans les banques américaines. Ce n'est d'ailleurs pas moi qui l'ai découvert, c'est à la page deux du Rapport Volcker [le rapport sur l'examen des comptes fait en Suisse pour un coût de cinq cent millions de dollars, publié en 1999]. Cela représente six millions de dollars, et cinq cent mille dollars seulement vont être restitués. Autrement dit, le dossier américain est pire que le dossier suisse. C'est ce que le délégué américain aux négociations, Seymour Rubin, a affirmé devant la commission sur la banque de la chambre des représentants. Il n'y a pas eu le moindre commentaire, nulle part.


[Salon] Quelles sont les banques américaines concernées?


[NF] Personne n'en sait rien. Il faudrait faire un rapport d'un coût de cinq cent millions de dollars, comme l'ont fait les Suisses, pour le découvrir. Ça ne se fera probablement jamais; on se dirige lentement vers un Munick.

[Salon] Vous êtes viollement opposé aux réclamations concernant les biens des trois millions cinq cent mille juifs qui vivaient en Pologne; votre famille est originaire de Pologne, de sorte que vous pourriez en tirer profit, après tout.

[NF] Ça ne nous est vraiment jamais venu à l'idée. Nous ne voulons pas de cet argent. Mon grand-père maternel avait un bureau de tabac, mon grand-père paternel une petite scierie. Les associations juives réclament les biens de mes grands-parents sans même nous demander la permission; nous ne les y avons jamais autorisées. C'est un vol caractérisé!

Alors je dis qu'il est temps d'arrêter. La communauté juive américaine est assez riche comme ça, elle n'a pas besoin d'évincer les paysans polonais de leurs terres, les locataires polonais de oleurs maisons et les malades polonais des hôpitaux pour récupérer encore de l'argent; ils en ont en abondance. M. Bronfman vient de vendre sa société Seagram pour vingt-sept milliards de dollars. C'est énorme. On n'a pas besoin d'appauvrir encore les Polonais.

[Salon] Et si la scierie de vos grands-parents appartenait aujourd'hui non pas à une famille pauvre mais à un riche apparatchik communiste, vous ne changeriez pas d'avis?
[NF] Non, cela ne changerait absolument rien.

[Salon] êtres-vous allé à Auschwitz?


[NF] Non, j'ai vécu avec l'holocauste pendant quarante ans, ça suffit. je ne fais pas partie de ces victimes de l'holocauste de la seconde génération qui vont s'allonger dans des fours à gaz.


[Salon] Avez-vous vu La Liste de Schindler?

[NF] Non, je n'ai jamais eu le courage. J'ai essayé de voir certains films de ce genre, d'abord Le Choix de Sophie: je suis sorti au bout de quanrate minutes. J'ai trouvé ça vulgaire. Je n'ai pas vu Shoah de Claude Lanzmann mais mes parents l'ont vu et l'ont beaucoup aimé tous les deux.

[Salon] Votre livre est dédié à la conservation du legs de vos parents, morts tous deux en 1995. Pensez-vous qu'il leur aurait fait plaisir?

[NF] Ma mère est l'une des personnes les plus intelligentes que j'ai connues et j'ai mis beaucoup de sa sagesse dans le livre, alors je pense qu'elle l'aurait apprécié. Pour mon père, je ne sais pas; il ne parlait pas beaucoup; peut-être mes parents, comme beaucoup de rescapés de l'holocauste, n'auraient pas aimé ma position vis-à-vis d'Israël, ce qui est parfaitement compréhensible.


[Salon] Vous n'avez pas peur que votre livre tombe entre de mauvaises et soit utilisé contre les causes mêmes que vous défendez.

[NF] J'y ai pensé et je reconnais que le livre peut créer des difficultés. J'ai dû ptrouver un équilibre moral après m'être demandé quel était le plus grand danger actuellement, l'industrie de l'holocauste ou les négateurs de l'holocauste. En réalité, ce que je voulais, c'était désarmer à la fois l'industrie de l'holocauste et les négateurs de l'holocauste.

[Salon] Je ne vois pas en quoi vous désarmez les négateurs de l'holocauste? Maintenant, ils proclament partout qu'ils l'avaient bien dit.

[NF] Si David Irving [le négateur anglais de l'holocauste] dit qu'il naît un rescapé d'Auschwitz tous les jours, il a raison, parce que lorsque vous examinez les chiffres de l'industrie de l'holocauste, c'est vrai. Le seul moyen de contrer les négateurs est de s'en tenir strictement aux faits historiques.
Le seul moyen de tirer un enseignement de l'holocauste est d'en faire un objet d'enquête historique rationnelle et le seul moyen de le faire est de ruiner l'industrie de l'holocauste.


Viktor Frölke est le correspondant à New York du quotidien d'Amsterdam Het Parool et du plus grand hebdomadaire hollandais, Elsevier. Il vit à New York.




http://www.salon.com/books/int/2000/08/30/finkelstein/print.html

Shoah business

The son of an Auschwitz survivor accuses
the "Holocaust industry," Elie Wiesel and Jewish leaders worldwide of a vast shakedown.


Viktor Frölke, Aug. 30, 2000



With his clever, explosive and sometimes even wryly funny little book, "The Holocaust Industry," Norman G. Finkelstein, the 47-year-old enfant terrible of Holocaust studies from Brooklyn, N.Y., hit a nerve. Such a big nerve, in fact, that it caused a blackout of virtually all intellectual circuits -- at least in this country.
Avec son petit livre intelligent, explosif et quelquefois drôle, Norman Finkelstein, 47 ans, originaire de Brooklyn à New York, l'enfant terrible des études sur l'holocauste, touche un point sensible; un point si sensible en vérité qu'il s'est produit un véritable court-circuit dans la plupart des milieux intellectuels, au moins aux Etats-Unis.

Finkelstein's main and most devastating charge is that "American Jewish elites" and organizations are extorting billions of dollars from European countries and corporations in the name of "needy Holocaust survivors" in order to fund Holocaust programs, Holocaust memorials, Holocaust studies, Holocaust literature and, in general, "the Jewish community." Together they form not just a cottage industry but a full-fledged "Holocaust industry" sustained by a persistent ideology of "Holocaust correctness" that serves "certain class and political interests." Instead of helping the Jewish cause, Finkelstein goes on to argue, the Holocaust industry has become "the main fomenter of anti-Semitism in Europe" by spreading an image of greedy Jews.

While the book created a firestorm all over Europe, notably in England and Germany, in the U.S. a deafening silence has descended on it. Nobody wants to touch it. Whereas Finkelstein first got mostly negative and later mostly positive reviews in major European newspapers and magazines, and was given various opportunities to debate his adversaries, here he hardly got any reviews (in spite of the 250 review copies he helped his small publisher mail out to critics).

Well, the New York Times did one. It reserved a full page in its Sunday Book Review to compare the book to "The Protocol of the Elders of Zion," a notorious anti-Semitic work, and called its author "indecent," "juvenile," "self-righteous," "arrogant" and "stupid."

"I've looked it up; this review is worse than the one of 'Mein Kampf,'" says Finkelstein, in his high-pitched voice, full of moral indignation.

Finkelstein's theory that the memory of the Nazi Holocaust is being abused for political, moral and financial blackmail could only spring from a deep-rooted anti-Zionism and/or his own personal psychological problems, most American intellectuals silently seem to agree. Not surprisingly, Finkelstein has received death threats from fanatics within the Jewish community and heard Elan Steinberg, executive director of the World Jewish Congress, say, "Mr. Finkelstein is full of shit" before the nightly television news in Germany.


Finkelstein, educated at Princeton and in Paris but now teaching his "comrades-students" about Marxism and Nazism as an adjunct political science professor at Hunter College in New York, is used to being trashed. In his 1998 essay, "A Nation on Trial," he carefully took apart Daniel Goldhagen's 1996 bestseller, "Hitler's Willing Executioners." When New Republic literary editor Leon Wieseltier heard about it, he advised Finkelstein's publisher, Michael Naumann of Henry Holt, that the author was "poison, a disgusting self-hating Jew, something you find under a rock."

"I'm thick-skinned; I got that from my parents," Finkelstein says, in his tiny apartment decorated with pictures of his father, who survived Auschwitz, and his mother, who survived Majdanek, on one wall and a poster of Charlie Chaplin on the other. "I try not to lose my sense of humor. When everyone keeps saying you're ugly, first you think they're jealous. But after a while you start thinking that you're really ugly."


[Salon] Usually there are two sides in a controversy. But it seems you are the only one on yours.

[NF] I'm being censured. This is the Holocaust industry at work. Almost everyone I name is a beneficiary of the Holocaust industry. But I bet they feel like the ground beneath them is trembling.

Today I did get some positive feedback, though, from professor Raul Hilberg, an expert on the Holocaust and a conservative Republican at that, so since I am a person of the left, his support cannot be partisan. A Brazilian journalist asked him about my book. Hilberg said Jewish organizations have gone too far with their compensation claims and that they overestimate the number of Holocaust survivors. He calls this form of exploitation obscene. Now, I didn't even use that word.

[Salon] Your "J'Accuse" -- or rant, depending on your viewpoint -- doesn't only target "corrupt" Jewish organizations like the World Jewish Congress and its leaders, such as billionaire Edgar Bronfman and real estate tycoon Israel Singer. You also attack Elie Wiesel. Why?

[NF] Elie Wiesel is such a ridiculous character. In private Elie Wiesel is the subject of much ridicule. The expression "There's no business like Shoah-business" is literally coined for him. So it's not as if I'm the first one to call the emperor naked, but in public -- yes.

[Salon] Isn't it a cheap shot to attack him on his lecture fee of "$25,000, plus limousine"?

[NF] Why is that a cheap shot? He's turned it into a business, where he casts himself as a person who's doing all this from anguish and pain and personal sacrifice, while he has made a fortune out of it. If it were a cheap shot, he wouldn't invest so much in denying it. With a cheap shot he would just have dismissed it. In the U.K. he was asked about it all the time and he was really -- what I would call -- in denial. [Laughs] He always tells people, after referring to his childhood in Buchenwald, that he is living very modestly in the Upper East Side of Manhattan. He has his books. But of course he forgets to say that such an apartment is costing him thousands of dollars a month.

[Salon] You're calling him a liar because he says he read Immanuel Kant's "Kritik der Reinen Vernunft" ("A Critique of Pure Reason") in Yiddish, while you say there is no Yiddish translation of that book.

[NF] Wiesel claims to be a Kant scholar. He says that when he was a teenager, girls were running away from him because all he could do was talk about Kant. I suspect they had other motives, but leaving that aside for a moment ...

[Salon] But Wiesel claims that there is a Yiddish translation -- a book called "Kant's Etik," published in 1929 in Warsaw. It's on his bookshelf.

[NF] Absolutely correct! Now, I don't want to pour cold water on your parade, but what was published in Warsaw in 1929 was Kant's "Critique of Practical Reason." One chapter, 60 pages ... I know that! My sources are: 1) the Widener Library at Harvard, 2) the Yivo Library in New York -- the largest Yiddish library in the world -- and 3) the Hebrew University Library. Everybody agrees on that. There is no dispute. The "Etik" comes from Kant's "Critique of
Practical Reason." Confusing the two Kant books is like a Tolstoy scholar having read one chapter of "Anna Karenina" and confusing it with the whole of "War and Peace." That's ridiculous!

[Salon] On a more relevant note, Wiesel defenders argue that thanks to people like him, we understand more about genocides around the world.

[NF] Thanks to Elie Wiesel we have a distorted and disfigured and frankly meaningless version of the Nazi Holocaust and we only know about those genocides that serve the interest of the U.S. and Israel, and we forget the ones that don't.

[Salon] Don't you think these personal attacks spoil your main argument?

[NF] Obviously, there is no accounting for taste. I think I lay out my argument really simply, in three parts. The first concerns the question of why the Holocaust came to the U.S. only after the Six Day War in 1967. If you agree that the Holocaust served as an ideological weapon in the Palestinian conflict, the next question is how. I mean, the Holocaust could also be used for other reasons. For instance, my parents used it to defend certain Palestinian rights. The second part deals with how the Nazi Holocaust is ideologically recast to serve certain political ends. Which is new, because I'm the first one, I think, to have established what I call a "Holocaust framework" -- a distinction between Holocaust scholarship and Holocaust literature. This latter literature, to which Daniel Goldhagen's "Hitler's Willing Executioners" also belongs, has two dogmas at its core: the uniqueness of the Holocaust and the gentiles' eternal irrational hatred of the Jews.

[Salon] It's a very small step from "Holocaust framework" to "Holocaust conspiracy."

[NF] Why? If you come across a body of literature with no historical merit, the question arises, Qui [sic] bono? Who benefits from it? For example, if you look at 19th century literature on race, eugenics and so forth, once you've demonstrated that it has no scientific, historical or artistic value, you realize that it only exists to serve certain political and ideological goals. These are such obvious questions in any other context. It's called the sociology of ideas.

[Salon] Could the success of Goldhagen's book also be at least partly due to an almost masochistic feeling of guilt in certain parts of Europe?

[NF] It could, but it's not probable. And besides, the book was a bestseller in the U.S. too, and America had nothing to do with the Holocaust.

Let me give you a mental game. A large number of individuals claim that the success of Goldhagen's book was due to the simplicity of its thesis: All Germans were anti-Semitic monsters waiting for Hitler to give them the green light to start killing Jews. Now let's argue for the sake of argument that Goldhagen had said exactly the opposite: that the Holocaust was the work of Hitler and his henchmen, and that the whole nation was coerced into going along.

Now the title of his book would have then been "Hitler's Unwilling Executioners." Would the book have achieved the same success? No. Why? Because it was something about the way in which he carved out a simple thesis that made it so compelling. Even though reading the book feels like chewing on tinfoil, its thesis turned out to be ideologically very convenient. It is the same thing Cynthia Ozick said after the 1973 war [when Syria and Egypt attacked Israel]: Why does everybody hate Israel? Simple answer: All the world wants to wipe out the Jews.

[Salon] If you see hidden motives everywhere, a conspiracy theory is around the corner.

[NF] The mechanisms of ideological control are very complex. This is what a close friend of mine, professor Noam Chomsky, calls the manufacture of consent. I'm not dealing with that. I ask myself: If this is an ideology, whose interest does it serve?

[Salon] The problem with a conspiracy theory is that it can't be falsified. Everything, or nothing, supports it.

[NF] I'm not sure why you're invoking the conspiracy theory. Look, whenever you show patterns, whenever you go beyond the spontaneous actions of people, you hear conspiracy theory! I think that there's more to history than just the spontaneous actions of people.

[Salon] You're a historian, right?

[NF] I'm many things.

[Salon] If you're a historian, why didn't you write a serious study about the subject? Why didn't you do research yourself? Interview people, etc.?

[NF] Why should I interview people?

[Salon] To find the truth.

[NF] Elan Steinberg was enraged that I didn't interview him. Why would I? I call him a master of disinformation. He has nothing interesting to tell me. I can easily do without him.

[Salon] So what made you write this book?

[NF] This book is a result of 15 years of reflection. While I was working to get financial compensation for my mother, I listed on a piece of paper around 60 things that really bothered me about the Holocaust business. One of these was the whole notion of "survivors." In the early days, I knew that a lot of Jews were stretching it a bit in order to be considered as "survivors" under the German reparation laws. If you were in the Soviet Union during the war, you weren't eligible. So I knew people had falsified their papers -- which was fairly easy because there was no way to prove it. The only numbers there were were from Auschwitz.

[Salon] So for a piece I did about the reparations issue, I looked in the old agreements, from the '50s, the Luxembourg Agreements. The German government paid in all about $50 billion. And in addition it gave $10 million a year between 1953 and 1965 to the Conference on Jewish Material Claims Against Germany -- a billion dollars in current values. The Germans said that only 15 percent of this money went to the victims. The large chunk of the rest of it, according to Ronald Zweig, an expert on the subject, went to Jewish communities in the Arab world, such as Iraq, and institutions such as Yad Vashem in Israel.

You know why they didn't give everything to the survivors? That's what is so amusing. They said there weren't any victims anymore. All their needs had been met. So the irony is, after misappropriating the money in the '50s because there weren't any more victims, now they claim all these needy Holocaust victims have languished in poverty all these years, because the Germans gave them no money. I find that funny.

[Salon] Your mother received $3,500 from the German government right after the war. What happened?

[NF] In the '50s my mother, a mathematician who worked for Chase Manhattan Bank, was diagnosed by a doctor -- I believe it was a Jewish doctor -- as having extreme hysteria, but this was not from her experiences in Majdanek, she was told, but from her difficulty with adjusting in the U.S. -- which is, of course, a filthy diagnosis. The Claims Conference was exactly designed to pay out money to people like my mother, who were either unfairly or inadequately compensated by the initial reparations. Cases like hers were being corrected by giving a lump sum. But she didn't get a penny. Only so-called outstanding Jewish leaders and rabbis got anything.

My father got injured in Auschwitz and was given a lifetime pension by the Germans. They delivered the money promptly and efficiently. I still remember the blue envelopes from Trier. My father had Alzheimer's near the end of his life and I was his guardian. Every three months I had to go to the German consulate to pick up his checks and to prove that he was still alive. At the end of his life it came down to $600 a month. All in all, $250,000 during his lifetime.

All the survivors I talk to -- the Finkelstein residence quickly became known as CCBC, Claims Conference Buster Central -- say the same thing: We want the money that was distributed by the German government; we don't want the money given to the Jewish organizations. I think that is one of the most devastating insights on the Holocaust industry -- that the victims of Nazi persecution trust the German government more than they do the Jewish organizations.

[Salon] On the one hand you complain about Jewish organizations claiming too much money; on the other you complain that people like your mother didn't get enough.

[NF] Some people misinterpret my book as saying I'm against compensation. Oh no, I'm not! I'm all for compensation. But it should only go to the real victims, and not to pseudo victims or to Jewish communities and organizations.

[Salon] Your parents are Holocaust survivors. Doesn't that make you a second-generation survivor?

[NF] I think such a concept is repulsive. That's simply an effort to milk the Holocaust for another generation. If I had ever said that to my mother, she would have given me a good smack in the face! And rightfully so!

[Salon] You suggest but never state explicitly that only camp survivors are real Holocaust survivors. What about Jews who fled to the Soviet Union, came back and had nothing -- why not call them "Holocaust survivors" as well?

[NF] Fine, then we should call Palestinians "Holocaust survivors." If you make the definition so elastic, so flexible that it includes refugees, then you should count them all.

[Salon] That wouldn't be fair to the real survivors.

[NF] It's not a question of fair. You can't argue on the one hand that the Holocaust is fraught with moral meaning, and then trivialize the term "Holocaust survivor" by including everyone. There is a difference whether you spent the war on the Upper West Side of Manhattan, like Mr. Kissinger, or you spent it in Auschwitz.

[Salon] Mr. Kissinger is not calling himself a survivor, is he?

[NF] Since Hitler targeted all of world Jewry, Israel Singer says, anybody who has survived is a Holocaust survivor. But I would say, what about all the Vietnamese people who suffered from the politics of Mr. Kissinger? Are they Holocaust survivors? No, no, we can't call them that. Do you think the Vietnamese received one nickel of compensation? Forget it. The U.S. won't even officially apologize.

[Salon] You go a step further and argue that the "Holocaust industry" has become an even bigger Holocaust denier than the usual Holocaust deniers. How so?

The official number of Holocaust survivors the Israeli government now gives is a million. Or 960,000, to be exact. At the same time Jewish organizations have been claiming, since the early '90s, that 10,000 die each month. So that would mean that in 1990 there were 2 million survivors left. In 1990, not more that a quarter could be alive from World War II. That means 8 million in May 1945. Well, there were fewer than 8 million Jews in all of Nazi-occupied
Europe. In other words, if these numbers are correct, the Holocaust didn't happen. As my mother used to say, if everyone who claims to be a Holocaust survivor actually is one, who did Hitler kill?

[Salon] In 1998, Swiss banks restituted $1.25 billion to Jewish organizations for dormant Jewish accounts. Should they get their money back?

[NF] The case should have been handled by the international Claims Resolution Tribunal, instead of by the World Jewish Restitution Organization. They could have processed the claims and given out the money to those who deserve it.

By the way, nobody noticed one of the most interesting revelations in the book: that banks in the U.S. also sit on dormant Jewish accounts from the war. It's not even my own finding. It's on Page 2 of the Volcker Report [the $500 million audit report on Switzerland that came out in 1999]. It amounts to $6 million, of which only $500,000 is going to be paid. In other words, the American record is worse than the Swiss! That's what Seymour Rubin, American delegate
during the negotiations, testified to the House Banking Committee. Not a word reported anywhere. Not a word.

[Salon] What American banks are involved?

[NF] Nobody knows. We have to do a $500 million research report just like the Swiss to find out. We might never. We would be on a slow boat to Munich.

[Salon] You are totally opposed to the claims that are now being laid on property owned by the 3.5 million Jews who lived in Poland. Your family is from Poland. You could get some money back after all.

[NF] No! It never occurred to us. We don't want the money. My mother's father owned a little tobacco store, my father's father owned a little lumber mill. Jewish organizations are claiming back my grandparents' property without asking our permission. We never gave our sanction! It's grave robbery!

I say: Enough. The American Jewish community is rich enough. It doesn't need to evict Polish peasants from their land, Polish tenants from their homes and Polish sick from the hospitals for more money. They have plenty of money. Mr. Bronfman just sold Seagram for $27 billion. That's plenty. You don't have to impoverish Polish people even more.

[Salon] What if your grandparents' lumber mill is owned not by a poor Polish family but by a wealthy former Communist apparatchik? Still not interested?

[NF] That wouldn't make any difference.

[Salon] Have you ever been to Auschwitz?

[NF] No. I've lived with the Holocaust for 40 years. That's enough. I don't need to have more of it. I'm not like one of those second-generation Holocaust victims that go lie in a gas oven.

[Salon] Have you seen "Schindler's List"?

[NF] I never had the nerves. I tried to see some of those films. I started with "Sophie's Choice." I left after 40 minutes. I thought it was vulgar. I didn't see Claude Lanzmann's "Shoah," but my parents saw it and they both liked it very much.

[Salon] Your book is meant to preserve the legacy of your parents, who both died in 1995. Would they have been pleased by the book?

[NF] My mother was one of the smartest people I've known. I put a lot of her wisdom in the book, so I think she would have liked it. I don't know about my father. He didn't say much. Perhaps both of my parents, like most Holocaust survivors, would have had a little difficulty with my views on Israel, which is perfectly understandable.

[Salon] Weren't you afraid that your book would fall into the wrong hands and be used against exactly the causes you stand for?

[NF] I thought about that. I recognize that problems can arise from the book. I had to do a kind of moral balancing act. I asked myself: Which poses the greater danger now, the Holocaust industry or the Holocaust deniers? Actually, what I wanted to do is disarm the Holocaust industry and the Holocaust deniers at the same time.

[Salon] How are you disarming the Holocaust deniers? Now they say: "Told you so."

[NF] If David Irving [the British Holocaust denier] is saying, "Well, an Auschwitz survivor is born every day," he can say that, because if you look at the numbers of the Holocaust industry, it's true. The way you defang the deniers is by scrupulously preserving the historical record.

The only way we can learn from the Holocaust is by restoring it as a rational object of historical inquiry, and the only way we can do that is by putting the
Holocaust industry out of business.

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About the writer
Viktor Frölke is a New York correspondent for Het Parool, a daily published in Amsterdam, and Elsevier, Holland's biggest weekly. He lives in Brooklyn, N.Y.


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