AAARGH
Ce texte est dédié à Paul DURAND
Les Annales de Tacite,
par exemple (xv 38), font mention d'un "bruit" selon
lequel Néron aurait brûlé Rome. Le "bruit"
fut plus tard rapporté comme un "fait" par plusieurs
historiens romains (Suétone, Néron, 38; Dion
Cassius, Lettres, LXII 16; Pline, Histoire naturelle
XVII 5).
D'autres historiens mirent plus tard ce "fait" en question,
et ramenèrent le "fait" à un simple "bruit".
En 1946, il fut considéré comme un "fait"
que les nazis avaient fabriqué du savon de graisse humaine
(Jugement, Procès de Nuremberg, TMI I 252 <<283>>;
VII 597-600 <<656-659>>; XIX 506 <<566-567>>;
XXII 496 <<564>>).
Il semble maintenant que ce "fait" soit considéré
comme un simple "bruit" (Hilberg, Destruction of the European
Jews [Destruction des juifs européens], édition
révisée, "définitive", Holmes and
Meier, NY, p. 966: "L'origine du bruit du savon en graisse
humaine reste inconnue jusqu'à aujourd'hui").
Le "bruit", d'origine soviétique (Pièce
à conviction URSS-393), ne fut jamais l'objet d'une expertise
par la médecine légale, et se trouve dans le Palais
de la Paix à La Haye aux Pays-Bas. Des fonctionnaires du
Palais montrent le "savon" à des visiteurs ébahis,
mais semblent ne pas répondre à des lettres provenant
de personnes qui prétendent le faire analyser.
En 1943, le "bruit" courait que les nazis étaient
en train de massacrer les juifs dans des chambres à vapeur
chaude, par des chocs électriques, dans des chambres à
vide, et des chambres à gaz (à voir, par exemple,
The Black Book: The Nazi Crime Against the Jewish People,
[Le livre noir: Le Crime nazi contre le peuple juif], p. 270,
274, 280, 313, produit comme "preuve" à la commission
de Nuremberg).
En 1946, les chambres à gaz devinrent un "fait",
tandis que les chambres de vapeur, les chambres électriques,
et les chambres à vide restèrent de simples "bruits"
(N.B.: les "chambres à vide" furent "prouvées"
dans le Procès de Oswald Pohl, quatrième procès
de Nuremberg, NMT IV 1119-1152).
Les "preuves" selon lesquelles les nazis auraient gazé
les juifs ne sont pas meilleures, en ce qui concerne leur qualité,
que les "preuves" selon lesquelles ils les auraient
massacrés dans des chambres à vapeur, des chambres
électriques, ou des chambres vides; il nous semble admissible
de douter de telles "preuves".
Ce livre ne constitue pas une "révision" de l'histoire,
mais un simple guide d'un matériel historique oublié.
On oublie les 312.022 déclarations certifiées présentées
par la défense au premier procès de Nuremberg, mais
on se rappelle très bien les 8 ou 9 déclarations
de l'accusation qui les auraient prétendument "réfutées"
(XXI 437 <<483>>).
Ce livre contient beaucoup de renvois à des documents de
référence. Nous ne les présentons pas pour
déconcerter, impressionner, ou intimider le lecteur, ni
pour prouver la véracité des affirmations faites,
mais simplement pour aider des lecteurs intéressés
à creuser les sujets abordés. C'est au lecteur de
décider si les déclarations de la défense
sont plus crédibles que le savon en graisse humaine (Document
URSS-397), les bas en cheveux humains (Document URSS-511), ou
les hamburgers en viande humaine (Pièce à Conviction
1873, Procès de Tokyo), toutes présentées
par l'accusation dans ces Procès.
N.B.: IMT =International Military Tribunal (premier Procès
de Nuremberg en 4 langues)
NMT =Nuremberg Military Tribunal (12 procès américains
de Nuremberg, en anglais)
La traduction présentée ici est fondée sur
le Procès-verbal publié aux Etats-Unis; les citations
ne concordent pas avec la traduction officielle française.
En l'absence d'une indication contraire, toute référence
à la pagination concerne l'édition américaine
IMT.
<< >> = pagination allemande.
MARTIN BORMANN
BORMANN fut accusé de "persécution de la religion"
et de beaucoup d'autres crimes graves. L'avocat de Bormann, le
Dr. Bergold, indiqua que beaucoup de pays modernes (c'est-à-dire,
surtout l'Union Soviétique) étaient expressément
athées; des ordres qui interdisaient aux prêtres
d'occuper de hautes fonctions dans le Parti (c'est-à-dire,
le parti nazi), ne pouvaient donc pas caractériser une
"persécution". Ainsi s'exprimait le Dr. Bergold:
"Le Parti est considéré comme quelque chose
de criminel, comme une conspiration. Est-ce que c'est un crime
de défendre à certaines personnes de devenir membres
d'une conspiration criminelle? C'est considéré un
crime, cela?" (V 312 <<353>>).
Des documents furent présentés dans lesquels Bormann
interdisait toute persécution de la religion, permettant
expressément l'éducation religieuse (XXI 462-465
<<512-515>>). Une condition de cette directive était
qu'il fallait utiliser le texte biblique tout entier; des suppressions,
des manipulations, et des distorsions du texte étaient
interdits. En raison du manque de papier pendant la guerre, des
restrictions furent introduites pour l'impression de tous les
journaux, et pas seulement des journaux religieux (XIX 111-124
<<125-139>>; XXI 262-263; 346; 534; 539; <<292-293;
383; 589; 595>>; XXII 40-41 <<52-53>>).
L'avocat de Bormann eut peu de difficulté à démontrer
que Bormann n'aurait pu être condamné pour aucun
délit selon les lois d'aucun pays, tant il est évident
que les sténographes ne sont pas tenus criminellement responsables
de tous les documents signés par eux. Il n'apparaissait
pas clairement jusqu'à quel point il n'avait agi que comme
sténographe ou secrétaire. Pour l'accusation, cependant,
les lois étaient hors de propos, et Bormann fut condamné
à être pendu. La sentence devait être exécutée
sur-le-champ, bien que des témoignages concordants aient
établi que Bormann avait été tué par
l'explosion d'un char, et n'était plus probablement en
un seul morceau, ce qui présentait certains problèmes
d'ordre pratique si l'on voulait le pendre (XVII 261-271 <<287-297>>).
ORGANISATIONS CRIMINELLES
Les preuves de la défense concernant les prétendues
"organisations criminelles" consistent en des déclarations
orales de 102 témoins et 312.022 déclarations écrites
et certifiées (XXII 176 <<200>>).
Le terme "criminel" ne fut jamais défini (XXII
310 <<354>>; voyez aussi XXII 129-135 <<148-155>>).
Il n'a jamais été défini non plus quand ces
organisations devinrent prétendument "criminelles"
(XXII 240 <<272-273>>). Le Parti nazi lui-même
serait devenu criminel à partir de l'année 1920
(XXII 251 <<285>>) ou peut-être de 1938 (XXII
113 <<130>>), ou même jamais (II 105 <<123>>).
Les 312.022 déclarations écrites et certifiées
furent présentées à une "commission".
Le procès-verbal de cette commission n'apparaît pas
dans celui du procès de Nuremberg. Les "National Archives"
à Washington ne possèdent pas de copie du procès-verbal
de la commission. Elles n'en ont jamais entendu parler, ne savent
pas ce que c'est, et ne savent pas vous dire où on peut
les trouver.
Des 312.022 déclarations écrites, seulement quelques
douzaines furent traduites en anglais, tant et si bien que le
Tribunal n'était pas en mesure de les lire (XXI 287, 397-398
<<319, 439>>).
Le Président du Tribunal, Sir Geoffrey Lawrence, ne comprenait
pas l'allemand; l'accusateur en chef Robert Jackson non plus.
En raison d'un changement dans la réglementation entrepris
à la dernière minute (XXI 437-438, 441, 586-587
<<483-485, 488, 645-646>>), beaucoup d'autres déclarations
furent rejetées au motif de leur prétendu "manque
de conformité" (XX 446-448 <<487-489>>).
La "commission" établit des "résumés"
qui furent présentés au Tribunal ("x-mille
déclarations tendant à établir le caractère
humanitaire du traitement des prisonniers", etc.). Ces résumés
ne furent pas considérés comme des preuves; le Tribunal
promit de lire les 312.022 déclarations avant d'arriver
à un jugement (XXI 175 <<198>>). 14 jours plus
tard, il fut annoncé que les 312.022 déclarations
de la défense n'étaient pas vraies (XXII 176-178
<<200-203>>)
Par la suite, une seule déclaration de l'accusation (Document
D-973) fut considérée comme une réfutation
des 136.000 déclarations de la défense (XXI 588;
437, 366 <<647, 483-484, 404>>).
Les 102 témoins furent obligés d'apparaître
et de témoigner devant la "commission" avant
d'apparaître devant le Tribunal. Puis 29 de ces témoins
(XXI 586 <<645>>), ou, selon une autre source, 22
de ces témoins (XXII 413 <<468>>) furent autorisés
à se présenter devant le Tribunal; mais leurs témoignages
ne devaient pas être "cumulatifs", c'est-à-dire,
répétitifs de leur témoignages devant la
"commission" (XXI 298, 318, 361 <<331, 352, 398-399>>).
En outre, 6 déclarations écrites et présentées
par l'accusation furent considérées comme ayant
"réfuté" les témoignages des 102
témoins (XXI 153 <<175>>, XXII 221 <<251>>).
Une de ces déclarations fut écrite en polonais,
de façon que la défense soit incapable de la lire
(XX 408 <<446>>). Une autre fut signée par
un juif s'appelant Szloma Gol, qui prétendit avoir déterré
et brûlé 80.000 cadavres, y compris celui de son
frère (XXI 157 <<179>>, XXII 220 <<250>>).
(Selon le procès-verbal britannique, il n'a déterré
et brûlé que 67.000 cadavres.)
Les autorités de l'accusation avaient déjà
terminé la présentation de leur preuves à
ce moment-là (XX 389-393, 464 <<426-430, 506>>;
XXI 586-592 <<645-651>>).
Il fut alors prétendu, lors du réquisitoire final
de l'accusation, que 300.000 déclarations avaient été
présentées et examinées pendant le procès,
donnant l'impression au lecteur inattentif qu'il s'agissait de
documents de l'accusation (XXII 239 <<272>>).
En vérité, cependant, l'accusation termina le procès
tout entier avec tout au plus quelques dizaines de déclarations
vraiment importantes (à voir, par exemple, XXI 437 <<483>>,
où 8 ou 9 déclarations furent présentées
par l'accusation contre 300.000 déclarations pour la défense;
voir aussi XXI 200 <<225>>; 477-478 <<528-529>>;
585-586 <<643-645>>; 615 <<686-687>>)
Dans les nombreux procès de crimes de guerre dans des camps
de concentration, comme celui de Martin Gottfried Weiss, un expédient
plus convenable fut arrêté. Un simple emploi dans
un camp, ne fût-ce que pour quelques semaines, fut considéré
comme la preuve d'une "connaissance constructive" du
"Projet Commun".
Le terme "Projet Commun" ne fut naturellement jamais
défini. Le mot "conspiration" fut constamment
évité afin de pouvoir procéder avec des règles
de preuves plus floues.
Il n'était pas nécessaire de faire référence
à des actes spécifiques de mauvais traitements,
ni de prouver la mort d'une seule personne en conséquence
de tels mauvais traitements.
Le procès-verbal de la commission de Nuremberg se trouve
au Palais de la Paix à La Haye, où il remplit la
moitié d'une chambre-forte à l'épreuve du
feu mesurant du sol jusqu'au plafond. Les témoignages oraux
de chaque témoin furent tapés avec une mise en page
commençant avec la page numéro 1, puis retapés
avec une mise en page consécutive qui s'étend jusqu'à
plusieurs milliers de pages. Les premières ébauches
et les copies finales sont classées ensemble et agrafées
dans des dossiers, sur du papier extrêmement fragile avec
des agrafes oxydées. Il est absolument certain que personne
n'a jamais lu ce matériel, en tout cas à La Haye.
Dans les plaidoyers de la défense, le matériel concernant
les témoignages des 102 témoins apparaît,
pour la plupart, en impression serrée dans les volumes
XXI et XXII du procès-verbal du procès de Nuremberg.
L'impression serrée indique que les passages furent rayés
des plaidoyers finaux de la défense; d'autre part, le procès
aurait été trop long (dans l'esprit de l'accusation).
Ce matériel s'étend jusqu'à plusieurs centaines
de pages. Tout ce matériel est absent, jusqu'au dernier
mot, du procès-verbal publié au Royaume-Uni. Du
protocole américain, 11 pages ont été rayées
entre les paragraphes 1 et 2 de la page 594 du volume XXI. Dans
le procès-verbal allemand, ces 11 pages apparaissent au
volume XXI, pp. 654-664. A part cela, les versions américaines
et allemandes semblent plus ou moins complètes.
Le matériel traite, par exemple:
"Guerre totale": XIX 25 <<32>>
Réparations: XIX 224-232 <<249-259>>
Syndicats allemands: XXI 462 <<512>>
Gestapo et camps de concentration: XXI 494-530 <<546-584>>
"Putsch Roehm": XXI 576-592 <<635-651>>
"La Nuit de Cristal": XXI 590-592 <<649-651>>
"Umsiedlung" (Transferts
de populations): XXI 467-469, 599-603 <<517-519, 669-674>>
SD: XXII 19-35 <<27-47>>
Armements: XXII 62-64 <<75-78>>.
Les 312.022 déclarations écrites furent probablement
classées dans une archive allemande.
Le jugement du procès de Nuremberg fut imprimé deux
fois, dans les volumes I et XXII.
Il est important d'obtenir les volumes allemands et de lire le
jugement dans le volume XXII en allemand. Du mauvais allemand
et de fausses traductions, etc., écrits par les Américains,
ont été corrigés avec des notes en bas de
page. Des erreurs de cette nature dans des documents peuvent être
considérés en l'occurrence comme des preuves de
falsifications.
En général, les volumes allemands sont préférables
aux volumes américains. De fréquentes notes en bas
de page dans les volumes allemands alertent le lecteur face à
des traductions incorrectes, des documents disparus, et des copies
falsifiées (par exemple, XX 205 du procès-verbal
allemand: "Cette phrase n'apparaît pas dans le document
original").
Les volumes allemands en livres de poche sont disponibles chez
Delphin Verlag, Munich (ISBN 3.7735.2509.5) (procès-verbal
des audiences seulement; le procès-verbal des audiences
avec les volumes documentaires peut être commandé
sur microfilm de Oceana Publications, Dobbs Ferry, NY).
DOCUMENTS
La version courante des événements prétend
que les Alliés auraient étudié 100.000 documents
et puis choisi 1.000 documents qui furent présentés
devant le Tribunal, les originaux étant ensuite archivés
au Palais de la Paix de La Haye. Mais ce n'est pas exact.
Les documents utilisés comme des preuves au procès
de Nuremberg étaient, pour la plupart, des "photocopies"
de "copies". Beaucoup de ces "documents originaux"
étaient écrits entièrement sur du papier
normal, sans en-tête de lettre et sans aucune marque faite
à la main, par des personnes inconnues. Quelquefois il
s'y trouve un paraphe ou une signature illisible d'une personne
plus ou moins inconnue ayant prétendument "certifié"
le document comme une "copie conforme". Parfois il y
a un cachet allemand, parfois non. Beaucoup furent "trouvés"
par les Russes, ou "certifiés" par des "commissions
de crimes de guerre" soviétiques.
Le volume XXXIII, un volume de documents pris au hasard, contient
20 interrogations ou déclarations écrites, 12 photocopies,
5 copies non signées, 5 documents originaux avec signature,
4 copies de matériel imprimé, 3 copies faites par
machine à ronéotyper, 3 télétypes,
1 copie sur microfilm, 1 copie signée par quelqu'un d'autre,
et 1 non spécifiée.
Le Palais de la Paix à La Haye possède peu de documents
originaux allemands établis pendant la guerre, et peut-être
même aucun. Il y a beaucoup de "déclarations"
écrites après la guerre, le procès-verbal
de la Commission du Tribunal de Nuremberg, et beaucoup de matériel
de grande valeur de la défense. Il y a le "savon humain",
qui n'a jamais été analysé scientifiquement,
et la "recette originale pour la fabrication du savon humain"
(Document URSS-196), ce qui est une falsification, mais le Palais
ne possède apparemment pas de documents allemands originaux
établis pendant ou avant la guerre. Le Palais de la Paix
possède des photostats négatifs - c'est-à-dire,
des photocopies - de ces documents, sur du papier extrêmement
fragile qui a été agrafé. Pour photocopier
les photostats, il faut enlever les agrafes. Les documents sont
ré-agrafés encore une fois après avoir été
photocopiés, ce qui fait plus de trous. On voit que la
plupart de ces documents n'ont pas été photocopiés
avec beaucoup de fréquence; selon les fonctionnaires du
Palais, il est très rare de recevoir des visiteurs qui
veulent même les voir.
Les National Archives à Washington (cf. Telford Taylor,
Use of Captured German and Related Documents, A National
Archive Conference) prétendent que les documents originaux
seraient à La Haye. La Haye prétend que les documents
originaux seraient aux National Archives.
La "Stadtarchive Nuernberg" et la "Bundesarchiv
Koblenz" n'ont pas de documents originaux du procès
de Nuremberg non plus. Elles prétendent toutes deux que
les documents originaux seraient à Washington. Puisque
les documents originaux, dans la plupart des cas, sont des "copies",
très fréquemment il n'y a aucune preuve que les
documents originaux aient jamais existé.
L'accusateur en chef du ministère public, Robert Jackson,
commença le procès d'une façon inimitable,
en citant toute une série de documents falsifiés
ou sans valeur pour une raison ou pour une autre, ainsi: 1947-PS;
1721-PS, 1014-PS, 81-PS, 212-PS; parmi beaucoup d'autres (II 120-142
<<141-168>>).
1947-PS est une "copie" d'une "traduction"
d'une "lettre" du Général Fritsch à
la Baronne von Schutzbar-Milchling. Par la suite, la Baronne signa
une déclaration affirmant n'avoir jamais reçu la
lettre en question (XXI 381 <<420-421>>).
La "lettre" falsifiée du Général
Fritsch à la Baronne von Schutzbar-Milchling fut reconnue
comme telle par le Tribunal pendant le procès, et ne fut
pas incluse dans les volumes documentaires, où elle devrait
apparaître à XXVIII 44. Jackson ne fut cependant
pas réprimandé par le Tribunal (XXI 380 <<420>>).
En toute apparence, des Américains enthousiastes falsifièrent
15 de ces "traductions", après quoi les "documents
originaux" auraient tous disparu mystérieusement (cf.
Taylor, Captured Documents).
1721-PS est un faux dans lequel un S. A. écrit une lettre
à lui-même, lettre incluant un rapport concernant
la manière dans laquelle il était en train de mettre
en oeuvre un ordre qu'il cite verbatim dans la lettre. Des marquages
écrits à la main aux pages 2 et 3 sont des falsifications
évidentes de marquages à la page 1 (XXI 137-141
<<157-161>>; 195-198 <<219-224>>; 425
<<470>>; XXII 147-150 <<169-172>>; cf.
aussi Testimony Before The Commission, Fuss, 25 avril,
et Lucke, 7 mai 1946). Les National Archives possèdent
un "photostat positif" de 1721-PS, tandis que le Palais
de la Paix possède un "photostat négatif".
Le "document original" est une "photocopie"
(XXVII 485).
1014-PS est prétendument un "discours de Hitler"
écrit sur du papier sans en-tête de lettre, signature,
cachet, etc., par un inconnu. Le document porte le titre "Deuxième
Discours", bien qu'il soit connu que Hitler n'a prononcé
qu'un discours à cette date. Il y a 4 versions de ce discours,
3 desquelles sont des faux: 1014-PS, 798-PS, L-3, et une, une
version authentique, Ra-27 (XVII 406-408 <<445-447>>;
XVIII 390-402 <<426-439>>.
Le troisième faux, Document L-3, porte le cachet d'un laboratoire
du FBI, et ne fut même pas accepté par le Tribunal
comme preuve (II 286 <<320-321>>), mais 250 copies
du même document furent distribuées à la presse
comme authentiques (II 286-293 <<320-328>>).
Ce document fut cité par A. J. P. Taylor à la page
254 de son livre The Origins of the Second World War (Fawcett
Paperbacks, 2nd édition, with Answer to his Critics), dont
la source prétend être German Foreign Policy, Series
D vii, no. 192 et 193.
L-3 est la source de nombreuses déclarations attribuées
à Hitler, particulièrement: "Qui se rappelle
aujourd'hui du sort des Arméniens?", et: "Nos
ennemis sont de petits vers. Je les ai vus à Munich."
Selon ce document, "Hitler" se compare avec Gengis Khan,
déclarant son intention d'exterminer les Polonais, et de
donner un coup de pied aux testicules de Chamberlain devant les
photographes. Le document semble avoir été rédigé
sur la même machine à écrire que beaucoup
d'autres documents à Nuremberg, y compris les 2 autres
versions du même discours. Cette machine à écrire
était probablement une Martin, fabriquée par Triumph-Adler-Werke,
à Nuremberg.
81-PS est une "copie conforme" d'une lettre non signée,
établie sur du papier normal par un inconnu. Si elle est
authentique, il s'agit du projet d'une lettre qui ne fut jamais
postée. Le document est toujours appelé une "lettre"
de Rosenberg, ce que Rosenberg nia (XI 510-511 <<560-561>>).
Le document ne comporte ni signature, ni paraphe, ni numéro
de fiche (une notation bureaucratique), et ne fut pas trouvé
parmi les effets personnels du destinataire (XVII 612 <<664>>).
81-PS est une "photocopie" avec un numéro de
pièce à conviction soviétique (URSS-353,
XXV 156-161).
212-PS fut aussi écrit par un inconnu, entièrement
sur du papier normal, sans aucune notation faite à la main,
sans date, signature, ni cachet (III 540 <<602>>,
XXV 302-306; voir aussi des photocopies de photostats négatifs
du Palais de la Paix à La Haye).
Tout cela est, pour Nuremberg, tout à fait normal. Le Document
386-PS, le "protocole de Hossbach", un prétendu
discours de Hitler du 5 novembre 1938, est une "photocopie
conforme" d'une "copie certifiée sur microfilm"
d'une "copie conforme" re-dactylographiée par
un Américain, d'une "copie conforme" re-dactylographiée
par un Allemand, des notes prise par Hossbach et jamais approuvées
par Hitler lui-même, d'un discours de Hitler, écrit
de mémoire par Hossbach 5 jours plus tard. Il ne s'agit
pas ici d'un des pires documents, mais un des meilleurs, parce
que nous savons qui a préparé une des "copies".
Le texte du Document 386-PS a été manipulé
(XLII 228-230).
Donc, un "jugement par document" fonctionne de la manière
suivante: A, un inconnu, écoute des "propos oraux"
prétendument faits par B, et prend des notes ou établit
un document sur la base de ces prétendus propos. Le document
est alors présenté comme preuve, pas contre A, qui
a établi le document, mais contre B, C, D, E, et toute
une série d'autres personnes, bien qu'il n'y ait rien qui
prouve un lien quelconque avec le document ou avec les prétendus
propos. Il est tout simplement prétendu, avec une négligence
sublime, que "B aurait dit", "C aurait fait",
ou bien "D et E auraient su". Une telle procédure
était établie en violation des règles de
preuve de n'importe quel pays civilisé. De plus, les documents
ne sont pas identifiés par des témoins.
La falsification de documents originaux ne fut que rarement pratiquée
à Nuremberg, parce que les documents n'étaient pas
portés physiquement aux audiences. Le "document original",
c'est-à-dire, l'original de la "copie" non-signée,
était gardé dans un coffre-fort du "Document
Centre" (II 195 <<224>>, 256-258 <<289-292>>).
Puis 2 "photocopies" de la "copie" (V 21 <<29>>),
ou peut-être 6 photocopies (II 251-253 <<284-286>>),
étaient préparées, et ce sont celles-ci qui
étaient présentées au Tribunal. Toutes autres
copies étaient re-dactylographiées sur un stencil
pour machine à ronéotyper (IX 504 <<558-559>>).
Dans le procès-verbal des audiences, le mot "original"
est employé dans le sens de "photocopie" (II
249-250 <<283-284>>; XIII 200 <<223>>,
508 <<560>>, 519 <<573>>, XV 43 <<53>>,
169 <<189>> 171 <<191>> 327 <<359>>)
pour distinguer les "photocopies" des "copies re-dactylographiées
sur ronéo" (IV 245-246 <<273-274>>).
Des "traductions" de tous les documents étaient
disponibles dès le début même du procès,
(II 159-160 <<187-189>>, 191 <<219-220>>,
195 <<224>>, 215 <<245>>, 249-250 <<282-283>>,
277 <<312>>, 415 <<458>>, 437 <<482-483>>),
mais les "textes originaux allemands" ne furent pas
disponibles pendant au moins 2 mois. C'est le cas non seulement
avec des mémoires, accusations, informations, etc. du Tribunal,
mais avec TOUS LES DOCUMENTS. La défense ne reçut
pas de documents en langue allemande avant le 9 janvier 1946 sinon
plus tard (V 22-26 <<31-35>>).
Parmi les documents qui semblent avoir été établis
sur la même machine à écrire il y a, entre
autres, le Document 3803-PS, une lettre de l'accusé Kaltenbrunner
au Maire de Vienne, et la lettre du Maire, qui envoya la lettre
de Kaltenbrunner au Tribunal sous même pli (XI 345-348 <<381-385>>).
La lettre de Kaltenbrunner contient une fausse expression géographique
(XIV 416 <<458>>).
KARL DÖNITZ
Doenitz fut condamné pour avoir mené une "guerre
illégale de sous-marins" contre les Britanniques.
En droit international, tout est une question de réciprocité
et de conventions internationales, qui ne peuvent être renforcées
que par la réciprocité. En période de guerre,
la meilleure défense contre une arme est une contre-offensive
vigoureuse avec la même arme. Les Britanniques, grâce
à leur maîtrise des mers, firent les deux guerres
au moyen de blocus et du système "Navicert".
Des navires neutres furent arrêtés par la force dans
les zones maritimes internationales et forcés d'entrer
dans des ports britanniques pour être examinés selon
des formules complexes: si un pays neutre importait plus de nourriture,
d'engrais, de laine, de cuir, de caoutchouc, de coton, etc. que
les quantités considérées comme nécessaires
pour leur propre consommation (selon l'avis des Britanniques),
on supposait que la différence était destinée
à être réexpédiée aux Allemands.
Résultat: le navire (y compris la cargaison toute entière)
était confisqué et vendu aux enchères (ce
qui était aussi une violation des clauses de tous les contrats
d'assurances maritimes britanniques).
En 1918-19, le blocus fut maintenu pendant huit mois après
l'Armistice pour forcer les Allemands à ratifier le Traité
de Versailles. Des centaines de milliers d'Allemands moururent
de faim après la guerre tandis que les diplomates hésitaient,
ce qui était une évidente violation des conditions
de l'armistice et de tout droit international: et selon Hitler,
"la plus grande violation de foi de tous les temps".
Le point de vue britannique semble être que le blocus lui-même
était légal, mais mis en oeuvre d'une manière
totalement illégale; cf. Encyclopædia Britannica
(1911), "Neutrality"; Encyclopædia Britannica
(1922), "Blockade", "Peace Conference".
Dans la guerre contre le Japon, les Américains coulaient
"tout ce qui bougeait dès le premier jour de la guerre".
Les neutres, y compris les Etats-Unis, se plaignirent de cette
violation de leur neutralité, mais obéirent, ce
qui fut encore une fois une violation de leur propre neutralité.
Une nation qui permet une violation de sa neutralité peut-être
considérée comme belligérante.
La Cinquième Convention de La Haye du 18 octobre 1907 concernant
les droits des neutres ne fut jamais ratifiée par les Britanniques,
mais ses dispositions furent considérées comme obligatoires
pour les Japonais et les Allemands, malgré une clause de
non-participation. Cette dernière signifie que la convention
ne s'applique pas dès lors qu'un non-signataire participe
au conflit.
En 1939, les Allemands ne possédaient que 26 sous-marins
pour le service atlantique, la cinquième partie de la flotte
submersible de la France seule. De plus, les sous-marins allemands
étaient beaucoup plus petits que ceux d'autres nations.
Un contre-blocus contre les îles britanniques ne pouvait
être réalisé qu'en avertissant les neutres
de ne pas naviguer dans les eaux territoriales britanniques. Pour
les Britanniques, c'était un "crime".
De ces 26 sous-marins, beaucoup, à n'importe quel moment,
avaient besoin de réparations, c'est ainsi que certains
mois il n'y en avait que 2 ou 3 en état de naviguer. Il
est évident que les sous-marins ne peuvent pas exécuter
des opérations d'arraisonnement et de perquisition de la
même façon qu'un navire de surface. Un sous-marin,
une fois qu'il a fait surface, est presque tout à fait
sans défense contre les armes les plus légères
montées sur un navire marchand, pour ne pas parler de radio,
radar, et avions.
Il fut réclamé par les Britanniques à Nuremberg
que les Allemands auraient dû faire surface; notifier au
navire de surface leur intention de perquisitionner; et attendre
jusqu'à ce que le navire commence les hostilités.
A ce point-là, ils auraient dû couler le navire,
apparemment avec leurs armes de pont, puis prendre les dizaines
ou centaines de survivants sur le sous-marin (où ils auraient
été beaucoup plus exposés au danger que dans
n'importe quel canot de sauvetage), et finalement les transporter
à la terre la plus proche.
Quand les avions britanniques apparaissaient et coulaient le sous-marin,
tuant les survivants, ceux-ci naturellement étaient réputés
avoir été "assassinés par les Allemands".
Aucune convention internationale n'exige une telle procédure,
et aucune nation n'a jamais combattu de cette façon. Puisque
le sauvetage des survivants représentait un danger pour
le sous-marin et très fréquemment avait comme résultat
la perte du sous-marin avec son équipage, Doenitz prohiba
tout acte de sauvetage. Par les Britanniques, cet ordre fut interprété
comme "un ordre de tuer tous les survivants". Cette
accusation ne fut cependant pas soutenue dans le jugement.
Doenitz fut aussi accusé d'avoir encouragé le peuple
allemand à une résistance désespérée,
un "crime" commis aussi par Winston Churchill.
Doenitz répliqua: "Il était très douloureux
de voir nos villes bombardées jusqu'à la ruine,
et, à cause de ces attaques de bombes et aux combats continuels,
plus de vies humaines ont été perdues. Le chiffre
de ces pertes est à peu près de 300.000 à
400.000 personnes, la plupart desquelles sont mortes dans l'attaque
sur la ville de Dresde, sans justification d'un point de vue militaire,
et imprévisible. Néanmoins, ce chiffre est faible
en comparaison avec les millions que nous aurions perdus à
l'est, soldats et civils, si nous avions capitulé en hiver."
(XIII 247-406 <<276-449>>; XVIII 312-372 <<342-406>>).
HANS FRANK
Frank fut accusé d'avoir tenu des centaines de propos antisémitiques
dans un document de 12.000 pages, appelé son "journal".
Le "journal" ne contient qu'une seule page signée
par Frank, avec des centaines de propos humanitaires, ce qui fut
ignoré (XII 115-156 <<129-173>>). Les remarques
antisémitiques furent sélectionnées par les
Russes et typographiées dans un document très court,
le Document 2233-PS, présenté aux Tribunal et appelé
le "Journal de Frank".
Le vrai "Journal" de 12.000 pages consistait en des
résumés (pas de procès-verbaux exacts ou
de notes sténographiques) de conférences auxquelles
5 ou 6 personnes parlaient très souvent toutes en même
temps dans la plus grande confusion; il n'était pas clair
de savoir à qui certaines remarques devaient être
attribuées (XII 86 <<97-98>>).
Frank avait donné son "journal" aux Américains,
croyant qu'il l'exonérerait: il avait protesté contre
les illégalités de Hitler dans des discours publics
à grand risque personnel, et il avait essayé de
démissionner 14 fois (XII 2-114 <<8-128>>;
XVIII 129-163 <<144-181>>).
Frank fut convaincu de la réalité des atrocités
allemandes après avoir lu des articles concernant le procès
soviétique de Majdanek "dans la presse étrangère"
(XII 35 <<43>>). Auschwitz n'était pas localisé
en territoire sous le contrôle de Frank.
Frank voyait sa mission comme la création d'une organisation
judiciaire indépendante dans un Etat national-socialiste,
une mission qui s'avéra être impossible. Dans un
discours du 19 novembre 1941, il dit: "La Loi ne peut pas
être dégradée jusqu'à devenir un objet
de commerce. La Loi ne peut pas être vendue. Elle est là,
ou elle n'est pas là. La Loi ne peut être commercialisée
à la Bourse. Si la Loi ne trouve aucun support, l'Etat
perd son équilibre moral et se coule dans les profondeurs
de la nuit et de la terreur".
Les illégalités de Hitler n'avaient jamais inclus
la promulgation d'une loi ex-post facto; en 3 cas, des peines
furent augmentées rétroactivement (XVII 504 <<547>>).
Le pillage de trésors d'art prétendument commis
par Frank sera discuté avec celui de Rosenberg.
WILHELM FRICK
Frick fut pendu pour la prétendue "germanisation"
des résidents de Posen, Dantzig, la Prusse occidentale,
Eupen, Malmédy, les Sudètes, le territoire de Memel,
et l'Autriche. A l'exception de l'Autriche, toute ces régions
étaient précédemment des parties de l'Empire
prussien, séparées de l'Allemagne par le Traité
de Versailles. Malmédy est une région francophone;
toutes les autres sont déjà des régions germanophones.
L'Autriche ne fut pas capable de survivre comme une unité
économique indépendante après 1919, et avait
demandé à être réunie avec l'Allemagne
par plébiscite. Les vainqueurs démocratiques répondirent
par la menace de bloquer toute importation de nourriture (XVIII
55 <<66>>, XIX 360 <<397>>).
Un autre crime prétendument commis par Frick fut le meurtre
de 275.000 faibles d'esprit, selon le "rapport" d'une
"commission de crimes de guerre" tchécoslovaque.
Frick, comme Goering, fut accusé de responsabilité
pour l'existence des camps de concentration. Dans sa défense,
on a indiqué que l'"arrestation préventive"
pré-existait à l'accession au pouvoir des nationaux-socialistes
en Allemagne ainsi qu'en Autriche, où elle était
appelée Anhaltehaft, et utilisée pour emprisonner
des milliers de nationaux-socialistes (XXI 518-521 <<572-576>>).
L'"arrestation préventive" existe en Allemagne
aujourd'hui, où elle s'appelle U-haft.
Dans le jugement final d'un des plus importants procès
de crimes de guerre tenus par les Américains à Dachau
(Trial of Martin Gottfried Weiss and Thirty Nine Others, Law
Reports of Trials of War Criminals, volume XI, p. 15), publié
par les Nations Unies), apparaît la phrase suivante:
"Dans le cas du camp de concentration de Mauthausen_ les
circonstances fondamentales étaient identiques - bien que
le nombre de victimes soit beaucoup plus élevé,
en raison de la pratique des exterminations en masse dans une
chambre à gaz -_"
Est-ce que cela revient à admettre qu'il n'y avait aucune
chambre à gaz à Dachau? Selon Law Reports of
Trials of War Criminals, aucun procès à Dachau
n'a jamais "prouvé" l'existence d'une chambre
à gaz à Dachau.
Dans le procès à Nuremberg, une "copie conforme"
du Jugement dans le Trial of Martin Gottfried Weiss and Thirty
Nine Others, avec cette phrase supprimée, fut présentée
au Tribunal comme le Document 3590-PS (V 199), avec 3 autres documents
prétendant la mise en oeuvre d'exterminations dans une
chambre à gaz à Dachau (Document 3249-PS, V 172-173
<<198>, XXXII 60; Document 2430-PS, XXX 470; et 159-L,
XXXVII 621).
Frick fut accusé par le signataire de la déclaration
alléguant des "exterminations en masse dans une chambre
à gaz à Dachau", Document 3249-PS (écrit
par le Lt. Daniel L. Margolies, impliqué dans la falsification
de 3 discours de Hitler, XIV 65 <<77>>, et signé
par Dr. Franz Blaha) d'avoir visité Dachau. Frick nia cette
accusation, et demanda de pouvoir rejoindre le banc des témoins
afin de se défendre lui-même et d'être confronté
à Blaha.
Ce qui lui fut refusé. Apparemment Frick abandonna: il
ne témoigna jamais. Le plaidoyer de son avocat en défense
apparaît à XVIII 164-189 <<182-211>>.
Le signataire, le Dr. Franz Blaha, un communiste, fut président
de l'Association Internationale de Dachau en 1961, prétendant
toujours avoir vu des exterminations en masse dans une chambre
à gaz et avoir fabriqué des pantalons et d'autres
articles en peau humaine.
Le procès de Martin Gottfried Weiss est disponible sur
6 bobines de microfilm (M1174, National Archives). Les premières
pièces à conviction concernant une "chambre
à gaz à Dachau" (rapport, plan, jet de douche,
bobine 1), ne furent jamais présentées au Tribunal
à Dachau, et elles ont disparu des pièces à
conviction finales (bobine 4). Le procès-verbal des audiences
(bobine 2 et 3) ne contient aucune mention d'une chambre à
gaz à Dachau, à l'exception de quelques phrases
dans les témoignages du Dr. Blaha (volume 1, p. 166, 169).
La prétendue peau humaine provenait de taupes (volume 4,
p. 450, 462, 464).
HANS FRITZSCHE
Fritzsche fut convaincu de la réalité des atrocités
allemandes en Russie par une lettre qu'il reçut. Il essaya
de les vérifier, mais n'en trouva aucune preuve (XVII 172-175
<<191-195>>).
Fritzsche est un témoin important parce qu'il fut admis
par le Tribunal dans son cas que les journaux étrangers
faisaient circuler beaucoup de fausses informations concernant
l'Allemagne (XVII 175-176 <<194-196>>; voir aussi
XVII 22-24 <<30-33>>). Néanmoins, ces mêmes
articles de journaux et reportages de radio constitueraient prétendument
les "faits de notoriété générale"
qui n'avaient aucun besoin d'être prouvés (Article
21 des règles de preuve, I 15 <<16>>, II 246
<<279>>).
Dans la défense de Fritzsche, mention fut faite qu'il n'y
a aucune convention internationale réglementant la propagande
ou des reportages d'atrocités, vraies ou fausses; une seule
loi d'un seul pays (la Suisse) interdirait les insultes à
un chef d'Etat étranger. Le fait que Fritzsche ne pouvait
être coupable d'aucun délit fut, à Nuremberg,
tout simplement hors de propos. On trouvait peu souhaitable de
mener un "procès" dans lequel tous les accusés
auraient été trouvés coupables. Dans les
marchandages précédant le verdict final, il fut
décidé que Fritzsche pouvait être acquitté
(XVII 135-261 <<152-286>>; XIX 312-352 <<345-388>>).
WALTER FUNK
Funk était un pianiste classique d'une famille extrêmement
respectée, marié depuis 25 ans à l'époque
du procès, et ancien éditeur financier. Comme la
majorité des accusés, Funk fut accusé d'avoir
commis des "actes immoraux", preuves de sa "participation
volontaire au Projet Commun", comme avoir accepté
des cadeaux d'Hitler le jour de son anniversaire (il est évident
que de tels actes ne sont pas illégaux.)
Funk déclara que les Britanniques et les Polonais avaient
conspiré pour provoquer la guerre contre l'Allemagne en
croyant que les généraux renverseraient Hitler (XIII
111-112 <<125-126>>).
Funk fut accusé d'avoir conspiré avec la SS pour
financer la production pour la guerre en tuant les prisonniers
dans des camps de concentration et en leur retirant des dents
en or. Les dents auraient été prétendument
gardées dans un coffre-fort à la Reichsbank avec
de vieux rasoirs, stylos, gros réveille-matin et d'autres
objets de rebut plus ou moins sans valeur. Le témoignage
de Rudolf Hoess selon lequel les dents avaient été
fondues à Auschwitz, fut oublié (XI 417 <<460>>).
Funk certifia que les quantités et types de butin étaient
"absurdes", ajoutant que la SS agissait comme police
de douane, renforçant des réglementations de change,
y compris une prohibition de toute propriété en
or et en argent, aussi bien qu'en monnaie ou billets de banque
étrangers. Il était tout à fait normal que
la SS, une agence du gouvernement, possède des comptes
financiers, et que ces comptes contiennent des objets de valeur.
Les Allemands gardaient des objets de valeur dans les mêmes
chambres-fortes que la SS, et la Reichsbank n'y avait pas accès,
parce qu'il s'agissait de dépôts de sécurité
en coffres-forts privés.
Avec les bombardements, des quantités croissantes d'objets
de valeur vinrent à être déposés dans
les chambres-fortes par des citoyens allemands ordinaires. Finalement,
après une attaque particulièrement destructrice
sur la banque, les objets de valeur furent retirés et déposés
dans une mine de potassium en Thuringe. Ces objets furent trouvés
dans la mine par les Américains, qui en falsifièrent
un film.
Funk et son avocat démontrèrent les truquages du
film en utilisant un témoin de l'accusation dans ce qui
fut sans doute parmi les contre-interrogatoires et témoignages
les plus astucieux de tout le procès (XIII 169 <<189-190>>,
203-204 <<227-228>>, 562-576 <<619-636>>;
XXI 233-245 <<262-275>>).
Vite démolie également fut la déclaration
ridicule de Oswald Pohl, Document 4045 PS, dans laquelle Funk
était accusé d'avoir parlé de l'utilisation
des dents en or de juifs massacrés pour financer la production
pour la guerre, lors d'un dîner en présence de dizaines
d'invités, et aussi de serveurs (XVIII 220-263 <<245-291>>).
Cette déclaration était écrite en allemand
et signée par Robert Kempner comme témoin. Plus
tard, Pohl fut déclaré coupable d'avoir massacré
des victimes en 10 "chambres à vapeur" à
Treblinka, pour fabriquer des "paillassons" avec leurs
cheveux (NMT IV 1119-1152) (Fourth Military Tribunal, Nuremberg).
Funk croyait, comme les autres accusés, que des crimes
avaient été commis, mais maintenait qu'il n'en avait
rien su personnellement. Sa croyance dans la réalité
des crimes ne constitue pas, en soi, une preuve de la véracité
de cette croyance.
KURT GERSTEIN
Kurt Gerstein est cité fréquemment comme "témoin"
de l'Holocauste; néanmoins, ce n'est pas exact. Par "témoin"
on comprend normalement quelqu'un qui a vu quelque chose, et qui
apparaît pour témoigner de ses connaissances personnelles.
Ce que Gerstein ne fit pas. Gerstein était un déposant
qui n'a pas prêté serment, ce qui veut dire qu'il
s'agit d'un nom qui apparaît à la fin d'une "déclaration",
écrite à la machine en français, probablement
non écrite par lui (Document 1553-PS, rejeté comme
preuve au premier procès de Nuremberg) (VI 333-334 <<371-372>>,
362-363 <<398-399>>).
Une des histoires qui courent concernant Gerstein prétend
qu'il aurait écrit sa déclaration dans la prison
du Cherche-Midi en France, à Paris, après quoi il
se serait immédiatement suicidé, et le cadavre aurait
mystérieusement disparu.
Il est beaucoup plus probable que la déclaration ait été
écrite en français par un interrogateur-"interprète"
juif-allemand, et que quelques-unes des fameuses contradictions
(par exemple, l'hiver au mois d'août, ou celle d'être
en voiture dans une phrase et en train dans la phrase suivante)
soient dues à une transcription imparfaite des notes d'interrogation
sous la forme d'une déclaration. Dans les procès
de crimes de guerre d'importance secondaire ou japonais, de telles
déclarations sans serment sont assez courantes, selon la
théorie qu'elles possèdent une "valeur probante",
mais de moins de "poids" que des déclarations
sous serment. Il est aussi possible que Gerstein soit mort suite
aux blessures infligées pendant l'"interrogatoire";
ou peut-être se pendit-il d'une façon insolite avec
une bande de machine à écrire.
Plus tard, ce document fut largement cité dans le procès
de Oswald Pohl, où il fut "prouvé" que
Treblinka avait possédé 10 "chambres à
gaz" (1553-PS) et 10 "chambres à vapeur"
(3311-PS) dans le même camp, en même temps.
G. M. GILBERT
Une des histoires les plus connues concernant le comportement
et la psychologie des accusés au procès de Nuremberg
est celle du psychologue G. M. Gilbert, né en Allemagne,
dans son livre Nuremberg Diary. Beaucoup de son matériel
consiste en des conversations que les accusés ou d'autres
personnes auraient prétendument tenu avec Gilbert ou entre
eux (!); on prétend que Gilbert aurait transcrit les conversations
de mémoire, après coup.
Une comparaison des "conversations" avec le procès-verbal
des audiences montrera que les accusés ne parlaient pas
dans le style attribué à eux par Gilbert. Gilbert
ne prit pas de notes; personne d'autre n'était pas présent
pendant les "conversations".
Ceux qui veulent croire que les Documents 1014-PS, 798-PS, et
L-3 sont des "discours de Hitler", au moins en comparaison
avec le Document Ra-27, peuvent continuer à croire que
le livre de Gilbert constitue des "propos des accusés
au procès de Nuremberg". Il n'est pas exclu néanmoins
que les accusés aient pu faire des propos similaires à
ceux prétendument "inscrits dans la mémoire"
de Gilbert.
Gilbert croyait que les accusés avaient gazé des
millions de juifs. S'ils ne ressentaient cependant aucun sentiment
de culpabilité, c'était la preuve de leur "schizophrénie".
Il est évident qu'une telle croyance de la part de Gilbert
ne pouvait qu'exercer une influence sur sa perception et sa mémoire
jusqu'à un certain point, même s'il relate la vérité
autant qu'il en est capable. S'il mentait, il n'était pas
le seul "Américain" à Nuremberg à
le faire. Telford Taylor, par exemple, était tout simplement
incapable de répéter les propos le plus simples
dans un esprit de respect pour la vérité (cf. XX
626 <<681-682>>), les propos du Général
Manstein, comparés avec XXII 276 <<315>>),
la "citation" de Manstein par Taylor).
La meilleure preuve de la malhonnêteté de Gilbert
est ce qu'il écrit à la date du 14 décembre
1945: "Le Major Walsh continua à lire la preuve documentaire
de l'extermination des juifs à Treblinka et à Auschwitz.
Un document polonais déclarait: 'Toutes les victimes devaient
enlever leurs vêtements et souliers, qui furent ramassés;
après quoi toutes les victimes, les femmes et enfants d'abord,
furent poussés dans les chambres de la mort et les petits
enfants tout simplement jetés dedans'" (p. 69, première
édition).
La "preuve documentaire" est, bien sûr, un "rapport
de crimes de guerre" communiste, et les "chambres de
la mort" se révèlent être, naturellement,
des "chambres à vapeur" (III 567-568 <<632-633>>).
HERMANN GÖRING
Goering fut accusé d'avoir créé le système
des camps de concentration et d'avoir comploté une "guerre
d'agression" contre la Pologne. Sa défense fut que
l'Allemagne était un état souverain, reconnu par
tous les gouvernements du monde (XXI 580-581 <<638-639>>);
que Hitler était légalement élu; que chaque
nation a le droit de légiférer et d'organiser ses
affaires comme elle le croit bon; que le Général
von Schleicher avait tenté de gouverner illégalement
et en violation de la constitution sans le soutien des nationaux-socialistes;
que l'Allemagne avait été au bord de la guerre civile
en 1933; que des camps de concentration avaient été
inventés par les Britanniques pendant la Guerre des Boers*,
et que l'internement des ressortissants. de pays hostiles et des
adversaires politiques avait été pratiqué
par la Grande-Bretagne et les Etats-Unis pendant la Seconde Guerre
Mondiale.
* <En réalité, les camps de concentration furent
inventés pendant la Révolution française
pour interner les paysans royalistes lors de la rébellion
de la Vendée; c'est donc une institution "démocratique".>
L'ordre de créer les camps avait été sans
aucun doute légal, en conformité avec une clause
d'urgence de la Constitution de Weimar; l'ordre fut signé
par Hindenburg (Décret du Président du Reich du
28 février 1933) en vertu de l'article 48, paragraphe 2,
de la Constitution de Weimar (XVII 535 <<581>>, XIX
357 <<394>>).
Selon un document présenté par l'accusation, Document
R-129 (III 506 <<565-566>>)), il y aurait eu 21.400
prisonniers dans tous les camps de concentration allemands confondus
en 1939; en même temps, 300.000 personnes auraient été
enfermées dans des prisons ordinaires (XVII 535-536 <<581-582>>,
XX 159 <<178>>).
Un an après la guerre, 300.000 Allemands étaient
toujours enfermés dans des camps d'internement alliés
selon des clauses de "détention automatique"
des conventions alliées (par exemple, le Point B-5 de la
Déclaration Commune de Potsdam) (XVIII 52 <<62>>).
La plupart des prisonniers dans les camps de concentration allemands
étaient des communistes ou des criminels de droit commun
(XVII 535-536 <<581-582>>, XXI 516-521 <<570-576>>,
607-614 <<677-685>>).
Pendant la guerre, suite au blocus, le système des camps
avait été étendu pour utiliser la main d'oeuvre
des ressortissants des pays ennemis, les criminels, Témoins
de Jéhovah, et communistes. Il fut indiqué que l'Amérique
emprisonna 11.000 Témoins de Jéhovah (XI 513 <<563>>).
La Grande-Bretagne a combattu pendant les deux guerres mondiales
au mépris du droit international, en réduisant l'Allemagne
et tous les territoires occupés à la famine par
le blocus (XIII 445-450 <<492-497>>; XVIII 334-335
<<365-367>>). Ce fut cela qui nécessita l'introduction
des réquisitions et du travail obligatoire dans les territoires
occupés, légal selon l'article 52 de la quatrième
convention de la Haye sur la guerre terrestre du 18 octobre 1907.
Ce fut cela qui rendait les populations heureuses de pouvoir travailler
en Allemagne, et de remettre des salaires à leur familles
(entre 2 et 3 milliards de marks pendant la guerre).
Les "esclaves" payaient des impôts allemands sur
leurs salaires, et étaient disciplinés par des amendes,
qui ne pouvaient pas excéder le salaire d'une semaine (V
509 <<571>>). En cas de transgression grave de discipline,
ils pouvaient être envoyés en camp de travail (mais
non en camp de concentration) pour une période qui ne pouvait
pas excéder 56 jours (XXI 521 <<575-576>>).
Il était strictement interdit de les battre ou de les maltraiter.
Des prisonniers de guerre pouvaient être relâchés
des camps de prisonniers de guerre pour travailler dans l'industrie;
dans ce cas, ils étaient traités comme n'importe
quel autre travailleur industriel (XVIII 496-498 <<542-544>>),
mais ils perdaient la protection de la Convention de Genève
sur les prisonniers de guerre. Ils ne pouvaient pas être
forcés à le faire.
Le Régime de Vichy en France obtint la libération
et le retour immédiat chez lui d'un prisonnier de guerre
pour trois travailleurs envoyés en Allemagne sous contrat
pour une période de 6 mois au minimum (XVIII 497 <<543>>).
Il n'était pas possible de violer la Convention de Genève
sur les prisonniers de guerre en forçant des prisonniers
de nationalité française, belge, ou hollandaise
à participer à des hostilités contre leur
propre pays, parce que leur propre pays ne combattait plus (XVIII
472-473 <<516>>.
Concernant l'attaque contre la Pologne, la crise polonaise exista
pendant plus d'un an avant le Pacte Molotov-Ribbentrop et les
attaques allemandes et soviétiques. Pendant tout ce temps,
les Polonais n'avaient jamais appelé à une procédure
d'arbitrage internationale et impartiale; jamais appelé
la Société des Nations; parce qu'ils ne voulaient
pas d'une solution équitable. Les Polonais se contentaient
de violer leurs conventions internationales par l'expulsion des
citoyens polonais d'origine allemande, ainsi que de centaines
de milliers de juifs (XVI 275 <<304>>).
L'afflux de juifs polonais fut la cause immédiate principale
de l'antisémitisme allemand, selon beaucoup d'accusés
et de témoins de la défense (XXI 134-135 <<155>>;
XXII 148 <<169>>). Des juifs polonais avaient été
impliqués dans de nombreux scandales financiers et escroqueries,
comme l'affaire Barnat-Kutitsky (XXI 569 <<627>>).
Concernant la "conspiration pour faire la guerre en violation
du droit international", c'était naturellement les
Britanniques qui en étaient coupables, par leurs bombardements
en masse des villes. Les soldats allemands allaient à la
bataille avec des instructions détaillées, selon
lesquelles la propriété privée devait être
respectée, des prisonniers devaient être traités
avec humanité, les femmes devaient être respectées,
etc. (IX 57-58 <<68-69>>, 86 <<100-101>>,
XVII 516 <<560>>).
Des procès fréquents avec de fréquentes condamnations
à mort furent tenus par les forces armées allemandes
contre des membres de leurs propres unités accusés
de viol ou de pillage, même si la valeur des objets était
insignifiante (XVIII 368 <<401-402>>, XXI 390 <<431>>,
XXII 78 <<92>>).
La réquisition de propriétés gouvernementales
était légale selon la Convention de la Haye. L'Union
Soviétique n'était pas signataire de cette convention.
En tout cas, dans les pays communistes, la propriété
privée n'existait pas. Goering dit qu'il était allé
en Russie, et que les gens là-bas n'avaient rien à
voler (IX 349-351 <<390-393>>).
En outre, les Alliés étaient en train de faire eux-mêmes
à l'époque tout ce qu'ils avaient reproché
aux Allemands (XXI 526 <<581>>; XXII 366-367 <<418-420>>).
Goring détruisit l'accusation concernant des "expérimentations
médicales dans une chambre à pression", disant
que tout aviateur devait tester ses réactions en haute
altitude; il n'y avait rien d'anormal dans une prétendue
"chambre à pression" (XXI 304-310 <<337-344>>).
Les Américains continuaient de réaliser des expérimentations
médicales provoquant la mort pendant le procès de
Nuremberg même (XIX 90-92 <<102-104>>; voyez
aussi XXI 356, 370 <<393, 409>>).
Il fut prétendu, non sans ironie, que la "guerre défensive"
pouvait s'étendre jusqu'à l'attaque préventive
(XXII 448 <<508>>) ou bien aux attaques pour protéger
des citoyens d'un pays étranger contre leur propre gouvernement
(XIX 472 <<527>>; XXII 37 <<49>>), sauf
quand c'était des Allemands qui le faisaient (X 456 <<513>>).
Des objections selon lesquelles les Allemands n'avaient fait que
cela, furent ignorées.
Les Soviétiques avaient concentré 10.000 chars et
150 divisions le long de la frontière orientale de la Pologne,
et avaient augmenté le nombre des aéroports dans
la section russe de la Pologne de 20 à 100. Des plans détaillés
furent trouvés plus tard qui n'auraient pas été
nécessaires pour des objectifs purement défensifs.
Du côté allemand, on croyait qu'attendre une attaque
sur les champs de pétrole de la Roumanie ou les champs
de charbon de la Silésie aurait été suicidaire
(XIX 13-16 <<20-23>>, XX 578 <<630-631>>;
XXII 71 <<85>>).
Il semble improbable que des nations avec de gigantesques empires
coloniaux (Grande-Bretagne, France), ou des prétentions
sur des hémisphères entiers (Etats-Unis) aient pu
s'accorder sur une définition crédible de la "guerre
agressive". Il fut même admis au jugement du procès
de Nuremberg que les termes "défense", "agression",
et "conspiration" ne reçoivent pas de définition
(XXII 464, 467 <<527, 531>>). La "guerre défensive"
est sans doute le "bellum justum" médiéval
rhabillé d'un jargon libéral (IX 236-691 <<268-782>>;
XVII 516-550 <<560-597>>; XXI 302-317 <<335-351>>).
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RUDOLF HESS
Selon le Rapport de Robert H. Jackson (cité par le Juge
Bert. A. Roeling du Tribunal de Tokyo, cf. A Treatise on International
Criminal Law, vol. 1, p. 590-608, édité by M.
Cherif Bassiouni et Ved F. Nanda, Chas Thomas Publisher), les
Britanniques, les Français, et les Soviétiques n'avaient
aucun désir d'accuser les Allemands de "guerre agressive"
au procès de Nuremberg, pour des raisons bien évidentes.
Cette accusation fut inventée par les Américains
avec l'objectif unique, exprès et admis, de justifier de
nombreuses violations du droit international par les Américains.
De telles violations du droit international se seraient étendues
au Lend Lease Program; au service de convoi et de réparation
pour les navires de guerre britanniques pendant deux ans avant
Pearl Harbor; à la permission donnée à des
navires de guerre britanniques de se déguiser en Américains
tandis que l'Amérique était toujours officiellement
neutre; à la déclaration illégale d'une limite
des eaux territoriales à 300 miles; à l'occupation
de l'Islande; au compte-rendu des mouvements des sous-marins allemands
et italiens; aux attaques à la bombe et par collision avec
des sous-marins allemands et italiens commençant dès
le mois de juillet 1941; et d'autres actes évidemment constitutifs
de "guerre agressive".
Donc, Hess fut emprisonné pendant 47 ans non seulement
pour des actions qui n'étaient pas illégales (sa
tentative héroique d'arrêter la guerre, sauver des
millions de vies humaines, et éviter la destruction de
l'Europe et de l'Empire britannique), mais pour des "crimes"
inventés pour cacher les crimes de ses accusateurs.
On n'a pas prétendu à Nuremberg que l'Allemagne
avait commis une "agression" contre la Grande-Bretagne
et la France; si la Grande-Bretagne et la France avaient par conséquent
commis une "agression" contre l'Allemagne est une question
restée sans réponse (IX 473 <<525>>;
XVII 580 <<629>>).
Hess fut accusé d'avoir comploté pour leurrer la
Grande-Bretagne afin qu'elle sorte de la guerre, de façon
que Hitler puisse attaquer l'Union Soviétique. La défense
de Hess fut que son action était motivée par de
la sincérité pure; il ne savait rien sur aucune
attaque contre la Russie.
Le plaidoyer de la défense pour Rudolf Hess apparaît
à XIX 353-396 <<390-437>>. La dernière
déclaration (et presque unique) faite par Hess oralement
(XXII 368-373 <<420-425>>) donne l'impression d'un
homme capable d'être totalement dérangé à
un moment donné, puis brillamment lucide, sain, et logique
un moment plus tard. Il est possible que cette condition ait été
acquise en Grande-Bretagne.
RUDOLF HÖSS
Rudolf Hoess fut le commandant du camp d'Auschwitz dont les prétendues
"confessions" ont "prouvé" que Hitler
avait gazé six millions de juifs (ou cinq millions, le
chiffre normalement cité au procès de Nuremberg).
Sa "confession" la plus connue est celle citée
par William L. Shirer aux pages 968-969 de The Rise and Fall of
the Third Reich.
Ce document, 3868-PS, doit être replacé dans son
contexte. La "déclaration" écrite ex-parte
(c'est-à-dire que seulement une des parties intéressées
est présente) était un des outils principaux de
l'accusation dans les procès de sorcellerie médiévaux;
cet outil disparut ensuite pendant plusieurs siècles pour
réapparaître dans des procès-spectacles communistes
et des procès de crimes de guerre.
Ces documents constituaient une infraction de plusieurs règles
de procédure pénale normale, par exemple, la règle
contre les questions tendancieuses; la règle contre la
présentation de déclarations antérieures
concordantes (c'est-à-dire, la multiplication de preuves
par répétition, en disant la même chose dix
fois; normalement de telles déclarations ne sont présentées
que quand elles contredisent des déclarations faites plus
tard); le droit de l'accusé d'être confronté
avec son accusateur et de le contre-interroger; et le privilège
contre l'auto-accusation. Les "preuves" introduites
dans des procès de crimes de guerre ne seraient même
pas admissibles devant un tribunal militaire normal. Même
en 1946, la présentation de déclarations écrites
par les autorités de l'accusation devant un tribunal militaire
dans un cas capital était interdit par l'article 25 des
US Articles of War [articles de guerre]. L'Article 38 demandait
l'utilisation des règles d'administration normales en matière
de preuve [Federal Rules of Evidence].
Au procès de Nuremberg, il n'a jamais été
prétendu que Hoess avait écrit ce document personnellement.
Si cela avait été le cas, le document aurait dit,
non "Je comprends l'anglais comme il a été
écrit ci-dessus", mais plutôt, "J'ai écrit
ce document moi-même". Dans des procès de crimes
de guerre de moindre importance (Hadamar, Natzweiler, etc.), il
est tout à fait courant de trouver des "confessions"
écrites totalement de la main de l'interrogateur, en anglais,
avec une déclaration finale de la main du prisonnier, en
allemand, disant que ce sont des déclarations du prisonnier,
lequel se déclare satisfait de la traduction en anglais!
Une autre formule se trouve à la page 57 du volume Hadamar
de War Crimes Trials, écrit par l'accusateur Sir
David Maxwell-Fyfe: "I certify that the above has been read
to me in German, my native tongue" [Je certifie que la déclaration
ci-dessus m'a été lue en allemand, ma langue maternelle]
(en anglais).
On prétendait que le prisonnier avait été
interrogé par un interrogateur sous la forme de questions
et de réponses; les questions avaient été
ensuite supprimées, et les réponses regroupées
sous forme de déclaration, le plus souvent par une autre
personne que celle qui a posé les questions.
Dans le procès Belsen, par exemple, toutes les déclarations
furent écrites par un seul officier, le Major Smallwood.
Dans ce procès, une espèce de procès combiné
Auschwitz-Belsen, les avocats britanniques et polonais non-communistes,
désignés par le tribunal, démolirent l'accusation
toute entière - y compris les "sélections pour
des gazages en masse" - mais leur argumentation fut rejetée
au prétexte que des déclarations faites involontairement
et par oui-dire étaient admissibles "non pas pour
condamner des innocents, mais pour condamner des coupables"
(Law Reports of Trials of War Criminals, Vol. II (ce maigre volume
doit être lu dans son intégralité).
Après l'établissement de la déclaration par
l'officier qui ne faisait rien d'autre que de préparer
des "déclarations", elle était présentée
au prisonnier pour signature. S'il refusait de la signer, la déclaration
était présentée au tribunal comme preuve
tout de même: dans le jargon des procès de crimes
de guerre, des objections s'appliquaient contre le "poids"
du document, mais non contre son "admissibilité".
Un exemple d'une déclaration non signée par Hoess
est le Document NO-4498-B. La lettre B veut dire que le document
est une "copie" avec signature écrite à
la machine, d'un document "original", le document NO-4498-A,
écrit en polonais, prétendument signé par
Hoess. Il y a aussi un Document NO-4498-C, en anglais. Les déclarations
A et C ne sont pas annexées à la déclaration
B, la prétendue "copie conforme".
Le Document 3868-PS, cité par Shirer, fut signé
en anglais, 3 fois, mais jamais dans la "traduction"
en allemand datée 3 jours plus tard. Le document contient
une modification insignifiante paraphée par Hoess, avec
un "h" minuscule, et toute une phrase de la main de
l'interrogateur (comparez les "W" majuscules), jamais
paraphée par Hoess. Le but du paraphe est évident,
c'est de "prouver" que Hoess avait "lu et corrigé"
le document. Le contenu de la phrase est réfuté
autre part (XXI 529 <<584>>).
Quand la déclaration était présentée
au prisonnier, elle était quelquefois excessivement corrigée,
avec le résultat de deux versions ou plus du même
document. Dans ces cas, les versions les plus longues sont "citées",
tandis que les versions les plus courtes sont "perdues".
Un exemple de cette pratique est le Document D-288, cité
par William L. Shirer aux pages 948-949, la déclaration
de Wilhelm Jaeger (voyez Albert Speer).
Jaeger témoigna qu'il avait signé 3 ou 4 copies
de ce document, qui était d'ailleurs beaucoup plus court.
La déclaration plus courte fut à l'origine présentée
contre Krupp aîné avant l'abandon de l'accusation
contre lui. Dans cette déclaration, la plus longue, la
traduction en anglais porte une date antérieure à
la date de signature de "l'original". La comparution
de Jaeger devant le tribunal fut un désastre total, mais
cela a été oublié (XV 264-283 <<291-312>>).
Si le signataire apparaissait pour témoigner, il contredisait
invariablement sa déclaration, mais les contradictions
sont ignorées. Parmi d'autres signataires de déclarations
dont les comparutions devant le Tribunal furent catastrophiques,
il y a, entre autres, le General Westhoff, qui contredit sa "déclaration"
sans serment 27 fois (XI 155-189 <<176-212>>); et
un "expert en guerre bactériologique", Schreiber,
(XXI 547-562 <<603-620>>). La déclaration de
Paul Schmidt (Schmidt fut l'interprète de Hitler), le Document
3308-PS, lui fut présentée pour sa signature quand
il était trop malade pour la lire soigneusement, et fut
partiellement rejetée par lui plus tard (X 222 <<252>>);
la déclaration fut utilisée tout de même contre
Von Neurath, malgré son rejet par Schmidt (XVI 381 <<420-421>>
XVII 40-41 <<49-50>>). Ernst Sauckel signa une déclaration
écrite avant son arrivée à Nuremberg (XV
64-68 <<76-80>>), et il signa sous contrainte (sous
la menace de voir sa femme et ses 10 enfants livrés aux
Polonais ou aux Russes).
Parce que les signataires n'écrivaient que très
rarement (sinon jamais) leur propres "déclarations",
il est tout à fait courant de trouver des phrases ou des
paragraphes tout entiers dans différents documents, même
quand ces documents prétendent avoir été
préparés à des dates différentes par
des personnes différentes, par exemple, les Déclarations
3 et 5 de Blaskovitz et Halder (Pièces à conviction
536-US et 537-US; Documents URSS-471 et URSS 472 et 473; et Documents
URSS-264 et 272 (déclarations concernant le savon en graisse
humaine).
Parmi d'autres déclarations signées par Hoess on
trouve, entre autres, le Document NO-1210, dans lequel l'anglais
fut écrit d'abord, avec des interpolations, ajouts, et
corrections en grand nombre, y compris 2 projets différents
pour les pages 4 et 5, puis traduit en allemand et signé
par Hoess. C'est-à-dire, que le "document original",
c'est la traduction, et la "traduction" c'est le document
original.
Le Document 749(b)D fut "traduit oralement" de l'anglais
vers l'allemand pour Hoess, avant d'être signé. La
signature est faible jusqu'à être illisible, ce qui
pourrait être un signe de maladie, fatigue, ou mauvais traitements.
Les mauvais traitements ont été décrits par
Rupert Butler dans Legions of Death (Hamlyn Paperbacks).
La "confession" citée par Sir David Maxwell-Fyfe
le 1er avril 1946 (s'il ne s'agit pas d'un poisson d'avril), dans
laquelle Hoess aurait "confessé" le meurtre de
4 millions de juifs (X 389 <<439-440>>) au lieu des
2,5 millions de juifs mentionnés dans sa "confession"
du 5 avril 1946, ou n'a jamais existé, ou fut vite "perdue".
Il n'est pas vrai que le témoignage de Hoess au procès
de Nuremberg ait consisté, pour l'essentiel, en une confirmation
des affirmations faites dans sa "déclaration";
cela est vrai seulement de son contre-interrogatoire par le Col.
John Amen de l'U. S. Army.
Au contraire, Hoess apparut pour témoigner, et, comme d'habitude,
se contredit lui-même ainsi que sa déclaration (XI
396-422 <<438-466>>).
Par exemple, là où la déclaration affirme
(XI 416 <<460>>) que "nous savions quand les
victimes étaient mortes, parce qu'elles cessaient de crier"
(une impossibilité toxicologique évidente), son
témoignage oral (XI 401 <<443>>, en réponse
à des interrogations grossièrement tendancieuses
de "l'avocat pour la défense" de Kaltenbrunner),
affirma que les gens devenaient inconscients, ce qui n'explique
pas comment il pouvait "savoir" à quel moment
précis ils étaient morts.
Il semble que Hoess ait oublié de mentionner qu'il fallait
2 jours pour tuer des insectes avec du Zyklon, un fait qu'il mentionna
autre part (Document NO-036, p. 3, texte allemand, réponse
à la question 25; voyez aussi Kommandant in Auschwitz,
p. 155). Avec un poison efficace si lentement, les gens auraient
d'abord étouffé.
Hoess prétendit que l'ordre de tuer les juifs d'Europe
avait été donné oralement (XI 398 <<440>>),
tandis que des ordres de garder le secret concernant les tueries
avaient été donnés plusieurs fois par écrit
(XI 400 <<442>>. Il prétendit que des victimes
avaient été brûlées dans des fosses
à Auschwitz (dans des terres notoirement marécageuses)
(XI 420 <<464>>); que les dents en or avaient été
fondues sur place (XI 417 <<460>>); qu'une évacuation
des prisonniers pour éviter leur capture par les Russes
avait conduit à des décès évitables
(XI 407 <<449-450>>), et, à peu de choses près,
qu'il n'y avait pas eu de programme d'extermination du tout! Cela
vaut la peine d'être cité:
"Avant l'éclatement de la guerre en 1939, la situation
dans les camps en ce qui concerne la nourriture, le logement,
et le traitement des prisonniers était la même qu'en
toute autre prison ou institution pénitentiaire du Reich.
Les prisonniers étaient traités strictement, oui,
mais des coups ou des mauvais traitements systématiques
étaient hors de question. Le Reichsfuehrer avertit à
plusieurs reprises que tout SS qui brutaliserait un prisonnier
serait puni, et très fréquemment des SS qui maltraitaient
des prisonniers étaient effectivement punis. La nourriture
et le logement en ce temps-là étaient au même
niveau que pour les autres prisonniers sous administration légale.
Le logement dans les camps dans ces années-là était
toujours normal parce que les afflux en masse pendant la guerre
n'avaient pas encore eu lieu. Avec le début de la guerre
et le commencement des livraisons en masse de détenus politiques,
et, plus tard, avec l'arrivée des détenus membres
des mouvements de résistance des territoires occupés,
la construction des bOtiments et l'extension des camps ne pouvait
plus aller de pair avec le nombre de détenus qui arrivait.
Pendant les premières années de la guerre, ce problème
pouvait toujours être surmonté avec des mesures d'improvisation;
mais plus tard, en raison des exigences de la guerre, ce ne fut
plus possible, étant donné qu'il n'y avait plus
de matériaux de construction disponibles" [N.B.
On prétend que les cadavres avaient été brûlés
en utilisant du bois comme combustible](_).
Ceci mena à une situation où des détenus
dans les camps n'avaient plus de pouvoirs suffisants de résistance
contre les fléaux sanitaires de toute sorte qui se multipliaient(_).
Le but n'était pas d'avoir autant de morts que possible,
ou de détruire autant de détenus que possible. Le
Reichsfuehrer était constamment soucieux d'engager toutes
les forces possibles dans les industries de l'armement (_).
Ces prétendus mauvais traitements et tortures dans les
camps de concentration, histoires qui étaient répandues
partout dans les populations, et particulièrement parmi
les détenus qui étaient libérés par
les armées d'occupation, n'étaient pas, comme on
le suppose, infligés méthodiquement, mais individuellement
par des chefs, des sous-chefs, et des hommes qui commettaient
des brutalités (_).
Si de toute façon une telle affaire était portée
à mon attention, le coupable était, bien sûr,
relevé de son poste ou transféré autre part.
De façon que, même s'il n'était pas puni pour
cause d'insuffisance de preuves démontrant sa culpabilité,
il était relevé de son poste et affecté ailleurs
(_).
La situation catastrophique à la fin de la guerre était
due au fait que, comme résultat de la destruction des chemins
de fer et des bombardements constants des usines industrielles,
il n'était plus possible de soigner ces masses comme il
le fallait, par exemple à Auschwitz avec ses 140.000 prisonniers.
Des mesures improvisées, des colonnes de camions, et tout
ce qui était tenté par les commandants pour améliorer
la situation, tout cela ne servit à rien, ou presque. Le
nombre des malades augmentait jusqu'à l'infini. Il n'y
avait presque pas de médicaments, des épidémies
faisaient rage partout. Des détenus qui étaient
capables de travailler étaient utilisés continuellement
par ordre du Reichsfuehrer; même des demi-malades devaient
être utilisés partout dans l'industrie. Comme résultat,
toute place, même petite, dans les camps de concentration
capable d'être utilisée éventuellement comme
logement, était occupée par des détenus malades
et mourants (_).
A la fin de la guerre, il y avait toujours 13 camps de concentration.
Tous les autres points qui sont marqués ici sur la carte
représentent ce que l'on a appelé des camps de travail
attachés aux fabriques d'armements situées au même
endroit (_).
S'il y a eu des mauvais traitements de détenus par des
gardiens, personnellement je n'en ai jamais vu, alors ce n'était
possible que dans une très petite mesure, puisque tous
les officiers responsables des camps prenaient des mesures pour
s'assurer que les SS aient le moins de contacts immédiats
possible avec les prisonniers, parce que, avec les années,
le personnel de gardiennage se dégrada jusqu'à un
point tel que les anciennes normes ne pouvaient plus être
maintenues (_).
Nous avions des milliers de gardiens qui ne parlaient presque
pas l'allemand, qui venaient de tous les pays du monde comme des
volontaires et qui se sont fondus dans ces unités; où
nous avions des hommes plus vieux, entre 50 et 60 ans, qui manquaient
de tout intérêt pour leur travail, de manière
qu'un commandant devait vérifier continuellement s'ils
remplissaient même les normes les moins exigeantes de leurs
devoirs. De plus, il était évident qu'il y avait
des éléments parmi eux qui maltraitaient des détenus,
mais on n'a jamais toléré de tels mauvais traitements.
D'ailleurs, ce n'était pas possible d'avoir ces masses
de gens dirigées par des SS au travail ou dans le camp,
c'est pourquoi il fallait déléguer des détenus
pour donner des instructions à d'autres détenus
et les mettre au travail, et ces cadres détenus avaient
presque exclusivement l'administration du camp dans leurs mains.
Bien sûr, il y eut beaucoup de mauvais traitements qu'on
ne pouvait pas éviter, parce qu'il n'y avait presque pas
de membres de la SS dans les camps la nuit. Les SS n'avaient l'autorisation
d'entrer dans les camps que dans des cas spécifiques, ce
qui fait que les détenus étaient plus ou moins exposés
aux détenus surveillants".
Question (posée par l'avocat de la défense de S.
S., le Dr. Babel):
"Vous avez déjà mentionné des réglementations
qui existaient pour les gardiens, mais il y avait aussi un ordre
établi pour tous les camps. Dans cet ordre des camps, on
a établi les punitions pour les détenus qui commettaient
des infractions contre les règles du camp. De quelles punitions
s'agissait-il?"
Réponse:
"D'abord, un transfert vers une "compagnie disciplinaire"
(Strafkompanie), c'est-à-dire, du travail plus dur, et
des restrictions sur le logement; puis, détention dans
le bloc de cellules, détention dans une cellule obscure;
et, dans des cas très sérieux, enchaînement
ou maintien par des entraves. La punition avec des entraves (Anbinden)
fut interdite en 1942 ou 1943, je ne sais plus quand exactement,
par le Reichsfuehrer. Puis il y a eu la punition consistant à
se tenir au garde-à-vous pendant une longue période
à l'entrée du camp (Strafstehen), et puis punition
par des coups. Cependant, cette punition par des coups ne pouvait
pas être ordonnée par n'importe quel commandant de
façon indépendante. Il pouvait la demander."
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de l'homme, qui stipule:
ARTICLE 19
<Tout individu a droit à la liberté d'opinion
et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être
inquiété pour ses opinions et celui de chercher,
de recevoir et de répandre, sans considération de
frontière, les informations et les idées par quelque
moyen d'expression que ce soit>
Déclaration internationale des droits de l'homme,
adoptée par l'Assemblée générale de
l'ONU à Paris, le 10 décembre 1948.