Le révisionnisme historique est la grande aventure intellectuelle
de la fin de ce siècle.
Malgré ses dimensions, le présent ouvrage n'offre
qu'un aperçu de cette aventure; aussi me paraît-il
nécessaire de rappeler ici d'abord sur quel problème
historique précis les révisionnistes ont concentré
leurs recherches, puis comment le révisionnisme a pris
naissance dans les années 40 et comment il s'est développé
dans les années 50 à 78; enfin, comment il a vraiment
pris son essor dans les années 78-79 pour connaître
aujourd'hui une telle extension que, malgré les pires mesures
répressives, plus rien ne semble devoir arrêter sa
marche en avant.
Au procès de Nuremberg (1945-1946), l'Allemagne avait été
jugée et condamnée pour des "crimes contre
la paix", pour des "crimes de guerre et pour des "crimes
contre l'humanité . Or, par leurs découvertes successives
sur ces trois points, les révisionnistes ont été
en quelque sorte conduits à demander la révision
du procès de Nuremberg. Sur les deux premiers points, les
révisionnistes ont pu présenter leurs arguments
sans trop de difficultés et il est probable qu'aujourd'hui
aucun historien sérieux ne contestera qu'en matière
de "crimes contre la paix et de "crimes de guerre ,
l'Allemagne n'avait de leçon à recevoir de personne:
il est, en effet, devenu évident que les Alliés
ont, de leur côté, leur part de responsabilité
dans le déclenchement de la guerre et qu'ils ont, de leur
côté, commis d'innombrables "crimes de guerre
(si cette expression a un sens car la guerre elle-même peut
être tenue pour un crime). En revanche, sur le troisième
point, c'est-à-dire sur les "crimes contre l'humanité
, l'Allemagne, nous répète-t-on encore à
satiété, aurait eu l'exclusivité de l'horreur
avec le "génocide des juifs. C'est sur l'étude
de ce point précis que les révisionnistes ont concentré
leurs efforts. Aussi, peu à peu, le révisionnisme
historique est-il devenu ce que les Américains appellent
maintenant Holocaust revisionism.
Selon ses accusateurs, l'Allemagne ne se serait pas contentée
de persécuter les juifs, de les déporter et de les
mettre dans des camps de concentration ou dans des camps de travail
forcé; ces "crimes -là tout historien le sait
sont malheureusement fréquents dans l'histoire des hommes
et il suffit aujourd'hui d'ouvrir son poste de télévision
pour constater que toutes sortes de communautés humaines
continuent à souffrir de tels "crimes . L'Allemagne,
affirment encore ses accusateurs, serait allée beaucoup
plus loin. Opérant un saut de géant dans l'horreur,
elle aurait décidé vers 1941-1942 l'extermination
totale des juifs européens et, afin de perpétrer
ce crime spécifique, elle aurait mis au point et
utilisé une arme spécifique: la chambre à
gaz (ou le camion à gaz) homicide. S'aidant d'abominables
abattoirs chimiques, elle aurait entrepris un assassinat collectif
aux proportions industrielles. Ce crime (le génocide) et
cette arme du crime (la chambre à gaz homicide) sont, en
ce sens, indissociables et il est par conséquent impossible
de prétendre, comme le font certains, que "chambre
à gaz ou pas, il n'y a pas de différence fondamentale
. L'Allemagne aurait, de cette manière, commis contre les
juifs un crime intrinsèquement pervers. Les juifs ajoutent
que le monde entier aurait, en connaissance de cause, laissé
les Allemands perpétrer ce crime. Le résultat paradoxal
d'une si vaste accusation est qu'aujourd'hui, dans le box des
accusés, les "criminels Hitler, Himmler et Goering
sont rejoints par leurs "complices: Roosevelt, Churchill,
Staline, le pape Pie XII, le Comité international de la
Croix-Rouge ainsi que les représentants de bien d'autres
pays et instances. C'est ce qu'aux Etats-Unis, par exemple, de
Los Angeles à Washington, on s'acharne à répéter
dans les "musées de l'Holocauste où les juifs
d'aujourd'hui s'érigent en accusateurs du monde entier;
ils vont jusqu'à incriminer les responsables juifs qui
vivaient durant la guerre en Europe, en Amérique ou en
Palestine; ils osent leur reprocher soit leur collaboration, soit
leur indifférence, soit la mollesse de leurs réactions
devant "l'extermination systématique de leurs coreligionnaires.
Les premières rumeurs d'un gazage des juifs par les Allemands
auraient circulé en décembre 1941 dans le ghetto
de Varsovie 1. Mais,
pendant toute la guerre, de telles rumeurs n'ont trouvé
qu'un faible écho dans les milieux hostiles à l'Allemagne.
Il suffit de lire un ouvrage comme celui de Walter Laqueur, The
Terrible Secret 2
pour se rendre compte que le scepticisme
était général. Pendant la seconde guerre
mondiale, on gardait encore un souvenir vivace des inventions
de la propagande d'atrocités durant la première
guerre mondiale où déjà se colportaient des
histoires de gazages de populations civiles (dans des églises
ou ailleurs) ainsi que des histoires d'usines à cadavres.
Le Foreign Office ne voyait dans les nouvelles rumeurs de la seconde
guerre mondiale que des inventions juives et beaucoup de milieux
américains partageaient cette conviction 3. Edward
Benes, président (en exil à Londres) de la Tchécoslovaquie,
déclarait en novembre 1942, après enquête
de ses services, que les Allemands, contrairement à
ce qu'on lui avait rapporté, n'exterminaient pas les juifs
4. L'Américain
d'origine juive, Felix Frankfurter, juge à la Cour suprême,
déclarait sur le sujet à Jan Karski: "I can't
believe you 5. En août
1943, Cordell Hull, Secretary of State, prévenait par un
télégramme l'ambassadeur US à Moscou qu'il
convenait de supprimer dans le projet de déclaration commune
des Alliés sur "les crimes allemands en Pologne toute
mention des chambres à gaz parce que, comme le faisaient
remarquer les Britanniques, les preuves en la matière étaient
insuffisantes ("insufficient evidence ) 6.
Même après la guerre, de hauts responsables alliés,
comme Eisenhower, Churchill et de Gaulle, allaient s'abstenir,
dans leurs mémoires respectifs, de mentionner l'existence
et le fonctionnement de chambres à gaz nazies. D'une certaine
manière, tous ces sceptiques étaient, à leur
façon, des révisionnistes. Ni le Vatican, ni le
Comité international de la Croix-Rouge, ni la Résistance
allemande n'agirent comme s'ils ajoutaient foi à des rumeurs
qui, d'ailleurs, prenaient les formes les plus fantastiques: invariablement
les Allemands passaient pour exterminer les juifs mais les modes
d'extermination étaient, eux, des plus variables: la vapeur
d'eau, le gaz, l'électricité, le feu, l'acide, la
piqûre d'air, la noyade, la pompe à faire le vide,
etc. On ne sait trop exactement pourquoi, le gaz a fini par l'emporter
sur le marché de cette Greuelpropaganda.
Le Français Paul Rassinier fut le premier véritable
révisionniste d'après-guerre. En 1950, cet ancien
déporté commença à dénoncer
dans Le Mensonge d'Ulysse 7 et dans toute une série d'ouvrages le
mythe des chambres à gaz . En 1976, l'Américain
Arthur Robert Butz publia The Hoax of the Twentieth Century
8 qui constitue
à ce jour l'ouvrage révisionniste le plus profond
sur le sujet du génocide et des chambres à gaz.
En 1979, un magistrat allemand, le Dr. Wilhelm Stäglich,
publia à son tour Der Auschwitz Mythos 9, étude
consacrée principalement à la manière dont
les tribunaux allemands ont pu collaborer à la fabrication
d'un mythe, un peu de la même manière que, dans le
passé, les juges des procès de sorcellerie, surtout
de 1450 à 1650, ont cautionné les récits
les plus extravagants sur les pals, les grils et les fours de
Satan.
Sans vouloir réduire l'importance majeure de P. Rassinier,
d'A. R. Butz et de W. Stäglich, j'espère qu'on me
permettra de dire qu'à la fin des années 70 le révisionnisme
allait cette fois devenir matérialiste et scientifique
avec les recherches menées sur le terrain par le Suédois
Ditlieb Felderer ainsi qu'avec mes propres découvertes
à Auschwitz même, avec mes considérations
sur l'emploi du Zyklon B pour la désinsectisation (Entlausung)
et avec mes réflexions sur l'utilisation, dans les chambres
à gaz des pénitenciers américains, du gaz
cyanhydrique pour exécuter des condamnés à
mort. Ni P. Rassinier, ni A. Butz, ni W. Stäglich ne s'étaient
rendus en Pologne sur les lieux supposés du crime et aucun
d'entre eux n'avait pu encore vraiment utiliser dans toute leur
étendue les arguments d'ordre physique, chimique, topographique
et architectural qui aujourd'hui, à la suite des enquêtes
de D. Felderer et de mes propres enquêtes, sont couramment
employés par la plus jeune génération des
chercheurs révisionnistes. Les chercheurs juifs, défenseurs
de la théorie de l'extermination des juifs, étaient,
eux, résolument demeurés ce que j'appelle des "historiens
de papier: Léon Poliakov et Raul Hilberg étaient
restés dans le papier, dans les mots et dans le domaine
des spéculations.
Il est surprenant que l'Allemagne, si riche en chimistes et en
ingénieurs, et que les USA, eux-mêmes non dépourvus
d'esprits scientifiques qui disposaient sur place de l'exemple
de leurs chambres à gaz fonctionnant à l'acide cyanhydrique,
n'aient pas aperçu le champ immense de l'argumentation
proprement scientifique. En 1976, je découvrais à
Auschwitz à la fois la configuration exacte des crématoires
censés avoir contenu des chambres à gaz homicides,
les chambres à gaz de désinsectisation (Entlausungsgaskammern)
et les plans (jusque-là cachés) de certains crématoires.
En 1978-1979, je publiais dans Le Monde 10 deux
textes où je résumais certaines de mes découvertes.
En 1979, à la première conférence de l'Institute
for Historical Review, à Los Angeles, je présentais
le détail de ces découvertes. Parmi mes auditeurs
se trouvait Ernst Zündel, un Allemand établi à
Toronto. A partir de 1985, ce dernier allait se révéler
le plus ardent, le plus efficace et aussi beaucoup semblent l'ignorer
l'un des esprits les plus novateurs parmi tous les révisionnistes.
Il a été le premier à comprendre pourquoi
j'insistais tellement sur l'argument chimique et, en particulier,
sur l'importance, pour nous, de la technologie des chambres à
gaz américaines dans les années 30 et 40. Il a compris
pourquoi je souhaitais qu'un spécialiste de ces chambres
à gaz américaines aille examiner sur place, en Pologne,
les prétendues chambres à gaz d'exécution.
Ayant, grâce à ma correspondance des années
70 avec les pénitenciers américains, découvert
un tel spécialiste en la personne de Fred Leuchter, c'est
E. Zündel, et lui seul, qui eut l'idée géniale
de demander à ce dernier non seulement un examen des lieux
mais un prélèvement d'échantillons de matériaux
constituant, d'une part, les chambres à gaz de désinsectisation
et, d'autre part, les prétendues chambres à gaz
d'exécution. En février 1988, il prit le risque
d'envoyer à ses frais en Pologne F. Leuchter et toute une
équipe pour y étudier les prétendues chambres
à gaz d'exécution d'Auschwitz, de Birkenau et de
Majdanek. Le résultat de l'étude des lieux et de
l'analyse des échantillons prélevés se révéla
spectaculaire et totalement en faveur de la thèse révisionniste.
Dans les années suivantes, d'autres rapports allaient confirmer
la justesse du "rapport Leuchter 11: d'abord l'expertise, très savante,
de Germar Rudolf 12, puis
la contre-expertise, embarrassée et secrète, des
Polonais 13 et enfin
l'étude de l'Autrichien Walter Lüftl 14.
Il reste à dire que, si les accusateurs de l'Allemagne
ne sont pas satisfaits de ces études, il leur est loisible
de procéder eux-mêmes à leur propre expertise.
Qu'attendent-ils, depuis cinquante ans, pour le faire au grand
jour ?
Il faut comprendre le désarroi des accusateurs de l'Allemagne
devant les succès du révisionnisme. Pendant un demi-siècle,
ils ont sincèrement cru que la tragédie vécue
par les juifs durant la seconde guerre mondiale avait été
d'une gravité et d'une ampleur exceptionnelles alors que
cette tragédie-là, ramenée à ses proportions
réelles, c'est-à-dire sans génocide et sans
chambres à gaz, s'inscrit parmi bien d'autres tragédies
de cet atroce conflit. Leurs historiens ont dû progressivement
admettre, sous la poussée des enquêtes révisionnistes,
que, pour le prétendu génocide des juifs, on ne
trouvait ni un ordre, ni un plan, ni un budget 15; que
Wannsee n'était tout au plus qu'une "silly story 16; qu'il
n'existait aucune expertise de l'arme du crime concluant: "Ce
local (soit intact, soit "reconstruit", soit en ruines)
a servi de chambre à gaz homicide ; que pas une autopsie
ne permettait de conclure: "Ce cadavre est celui d'un déporté
tué par gaz-poison ; que l'aveu de Rudolf Höss n'avait
plus aucune valeur ("Höss was always a very weak and
confused witness 17); que
leurs prétendus témoins n'avaient probablement jamais
vu de chambres à gaz ou de gazages puisque, en 1988, le
meilleur d'entre eux, le fameux Rudolf Vrba, avait dû admettre
devant un juge et un jury canadiens que, dans son fameux livre
sur le sujet, il avait usé de la "poetic licence ou
"licentia poetarum 18; que le savon juif n'avait jamais existé
19; que
le chiffre de 4 millions de victimes à Auschwitz n'était
qu'une fiction 20; et que
les "sources for the study of the gas chambers are at once
rare and unreliable []. Besides, from 1942 to 1945, certainly
at Auschwitz, but probably overall, more Jews were killed by so-called
"natural" causes [starvation, disease, sickness and
overwork] than by "unnatural" ones 21. Dès
le 2 juillet 1982, à la fin d'un colloque international
qu'ils avaient organisé à la Sorbonne (Paris) pour
tenter de me donner la réplique, les exterminationnistes
s'étaient révélés incapables de produire
la moindre preuve de l'existence et du fonctionnement d'une seule
chambre à gaz. En mai 1992, je lançais mon défi:
"Show me or draw me a Nazi gas chamber ! Jean-Claude Pressac,
sur qui les exterminationnistes comptaient tant, s'était
révélé incapable d'apporter autre chose que
ce qu'il appelait des "indices du crime et il s'était
bien gardé de nous fournir une représentation physique
totale de l'arme du crime 22.
Le 30 août 1994, je rencontrai dans son bureau, en présence
de quatre témoins (deux de son côté et deux
du mien), Michael Berenbaum, responsable scientifique de l'Holocaust
Memorial Museum de Washington. Je le contraignais à admettre
que son musée ne contenait, paradoxalement, aucune représentation
concrète d'une chambre à gaz nazie (la maquette
du Krema II n'étant qu'une création artistique sans
rapport avec la réalité). Je lui demandais pourquoi.
Il finit par me répondre: "The decision had been made
[by us] not to give any physical representation of the Nazi gas
chambers . Sa réponse équivalait à celle
d'un prêtre catholique M. Berenbaum est un théologien
juif qui aurait décidé de supprimer dans son église
toute représentation de la Croix. Pour en arriver à
de telles extrémités, il faut se sentir aux abois.
Je pense que les coreligionnaires de M. Berenbaum finiront par
abandonner la chambre à gaz comme ils ont abandonné
le savon juif et les 4 millions d'Auschwitz. Ils iront plus loin.
Comme dans ces deux derniers cas, ils se présenteront en
découvreurs du mythe et accuseront les Allemands, les Polonais
ou les communistes d'avoir fabriqué le "mythe des
chambres à gaz . Ils invoqueront alors à l'appui
de leur impudente thèse les noms de juifs totalement ou
partiellement révisionnistes (J.G. Burg, Jean-Gabriel Cohn-Bendit,
Roger-Guy Dommergue, Arno Mayer, David Cole, Christopher Hitchens,
Stephen Hayward). Ils se donneront le beau rôle.
Mais, en même temps, transformant l'"Holocauste des
juifs en une croyance religieuse, cette fois-ci débarrassée
de tout contenu matériel, ils n'en seront que plus inflexibles
pour dénoncer chez les authentiques révisionnistes
des "négateurs ou des "négationnistes
, intolérants, sans coeur, bassement matérialistes
et hostiles à la libre expression des sentiments religieux.
Pour ces juifs, les vrais révisionnistes resteront donc
diaboliques en esprit, même s'il faudra leur donner raison
sur le plan des faits.
Les révisionnistes ne sont ni diaboliques ni négatifs. Ils n'ont rien de "l'esprit qui nie . Ils sont positifs. Ils affirment, au terme de leurs recherches qui sont de caractère positiviste que certaines croyances ne sont que des mythes. Ces mythes sont nocifs en ce qu'ils entretiennent la haine. Les révisionnistes s'efforcent de décrire ce qui s'est passé et non pas ce qui ne s'est pas passé. A la pauvre humanité, ils annoncent, somme toute, une bonne nouvelle. Recherchant la simple exactitude historique, ils se trouvent lutter contre la calomnie et pour la justice. Ils ont souffert et ils continueront de souffrir mais je crois qu'en fin de compte l'histoire leur donnera raison et leur rendra justice. 23
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