"Je ne me fie qu'aux statistiques que j'ai moi-même falsifiées"
(humoris causa)
1. Introduction
Les controverses sur l'Holocauste restent souvent dans une impasse parce qu'une des parties considère comme incontestable qu'après la seconde guerre mondiale, il manquait 6 millions de juifs. Peu importerait, dès lors, comment ils auraient été tués. Mais le nombre des victimes est-il vraiment incontesté?
En général, ceux qui s'en tiennent au chiffre de 6 millions perdent de vue qu'il n'a longtemps reposé que sur des ouï-dire rapportés devant le Tribunal Militaire International (TMI) par deux bureaucrates SS: Wilhelm Hoettl (1), qui n'a déposé que par écrit, et Dieter Wisliceny (2), qui a déposé oralement, mais sans être soumis à un contre-interrogatoire. Ces témoins affirmaient tenir le chiffre de 6 millions d'Eichmann (3), ce que celui-ci a plus tard nié (4). En raison de leurs dépositions, Hoettl et Wisliceny passèrent à Nuremberg du statut d'accusé à celui, souvent salvateur, de témoin. Cela n'épargna pas à Wisliceny d'être condamné et pendu comme Eichmann, mais W. Hoettl ne fut jamais poursuivi en justice, bien qu'il fût tout autant impliqué dans la déportation des juifs. Il est à croire qu'on lui avait promis l'impunité en échange de ses services et que, le traitant mieux que Wisliceny, on lui a tenu promesse. Pour plus de détails sur la façon dont les dépositions de tels témoins forcés ont été obtenus au procès de Nuremberg, on peut se reporter à l'étude de M. Köhler (4bis). Le chiffre de six millions, que depuis les historiens officiels ont eux-mêmes relativisé en le déclarant "nombre symbolique" (5), a donc une origine plus que suspecte. Dès lors, il n'est pas étonnant que même des statisticiens mondialement connus aient déclaré très tôt que la question du nombre des victimes n'est pas du tout éclaircie (6).
Dans le débat sur le nombre des victimes, les chercheurs s'appuient en général sur un article des Baseler Nachrichten du 12.6.1946, d'après lequel le national-socialisme avait fait au plus 1,5 million de victimes juives, et sur le fait que la CRI (Croix-Rouge Internationale), dans ses rapports d'activités publiés après la guerre, n'a jamais rien dit d'une élimination systématique des juifs au moyen de chambres à gaz dans des camps d'extermination (7). Benz observe à juste titre qu'il est très hasardeux de se fonder sur des revues sans autorité particulière et sur la CRI, qui, par manque de données d'ensemble, n'a jamais fait elle-même de recherches statistiques sur le nombre des victimes (8). Il est vrai qu'il y a eu depuis la fin de la guerre quelques tentatives pour éclaircir cette question controversée du nombre des victimes (9), mais, jusqu'au début des années quatre-vingt on ne disposa pas d'une monographie faite avec la compétence que réclamait l'importance du sujet. C'est seulement en 1983 que parut aux USA le livre de W.N.Sanning The Dissolution of the Eastern European Jewry (10). A l'aide d'un matériel statistique provenant essentiellement de sources juives, Sanning a cherché à déterminer le nombre des victimes juives de l'Holocauste dans les régions contrôlées par le Troisième Reich. Comme sa conclusion est que le nombre des juifs qui périrent de façon non élucidée dans ces régions est tout au plus de quelques centaines de milliers (11), il fallait s'attendre à ce que, du côté officiel, il parût un exposé de tendance contraire, confirmant à l'aide d'une masse de données statistiques le "chiffre symbolique" de 6 millions de victimes juives. Et en effet, en 1991, l'officiel Institut für Zeitgeschichte (Institut d'Histoire contemporaine) publia un fort volume de 585 pages intitulé Dimension des Völkermordes (Dimension du génocide). Quand, dans ce qui suit, nous examinerons les contributions dues aux différents co-auteurs de ce livre, nous ne mentionnerons que le directeur de l'ouvrage, W. Benz, pour ne pas dérouter le lecteur par une pléthore de nouveaux noms.
"Le bilan final est un minimum de 5,29 et un maximum d'un peu plus de 6 millions (de victimes juives de l'Holocauste)." (12)
C'est ainsi que W. Benz résume les analyses statistiques des 17 coauteurs de son ouvrage, qui ont chacun étudié le cas d'un pays occupé par le Troisième Reich ou allié à lui. Mais il fait une mise au point dès le départ: "Il va de soi, également, que le projet n'avait pas pour but de confirmer tel ou tel nombre donné d'avance ("six millions") (13), même si le résultat se trouve correspondre au chiffre officieux.
W.N. Sanning, lui, écrit dans le résumé de son ouvrage de 320 pages:
"- -- Au début de la seconde guerre mondiale, il y avait moins de 16 millions de juifs dans le monde [...]
- -- Dans les rangs de l'Armée rouge et dans les camps de travail sibériens, il mourut environ un million de juifs; [...]
- -- Environ 14 millions de juifs ont survécu à la guerre [...]" (11)
Du million de juifs manquants, il faudrait encore soustraire les pertes civiles et militaires, de sorte que, finalement, Sanning conclut que le nombre des juifs morts de façon non élucidée dans les régions contrôlées par les Allemands pendant la seconde guerre n'est que d'environ 300.000.
Vu les affirmations fondamentalement contradictoires de ces deux auteurs, le lecteur critique se demande naturellement lequel a raison. Comme la réponse à cette question est d'une grande importance et que, depuis de récentes recherches scientifiques et techniques, certains aspects de l'Holocauste sont devenus très problématiques, nous allons confronter les méthodes et les conclusions des deux ouvrages (14).
2. Méthode
Nous examinerons d'abord l'évolution numérique de la population juive dans les pays qui, durant la seconde guerre mondiale, furent entièrement ou partiellement sous la domination allemande. L'ordre dans lequel nous examinerons ces pays correspond essentiellement à celui qui est suivi dans l'ouvrage de Benz, où, d'ailleurs, ce sont les seuls pays traités. Sanning au contraire, fait constamment intervenir des considérations statistiques sur des pays non européens, ce qui l'empêche de respecter un ordre strict pour les pays sous domination allemande.
Entre 1933 et 1945, les frontières politiques de ces pays subirent des modifications parfois importantes. Dans l'ouvrage de Benz, chaque pays a été traité par un auteur différent et il est clair que les collaborateurs n'ont pas convenu d'une définition commune des frontières; les chevauchements qui en résultent sans cesse ont souvent pour effet que les mêmes groupes sont comptés deux fois (15). Nous relèverons cette erreur dans chaque cas particulier et calculerons à la fin le montant total des comptes doubles. Ces discordances n'existent pas dans le livre de Sanning, dont l'auteur est unique; c'est pourquoi nous adopterons les frontières qu'il a choisies. Comme le livre de Benz donne des statistiques très détaillées sur les populations des territoires qui changèrent d'autorités, les corrections sont presque toujours très faciles à faire.
Pour chaque pays ou groupe de pays, nous commencerons par comparer brièvement les chiffres de population juive donnés par les deux ouvrages. C'est seulement quand ces chiffres se contrediront notablement que nous examinerons les données et les calculs pour décider qui a les meilleurs arguments. De même, nous ne nous interrogerons sur la valeur des sources citées par les auteurs que dans les cas litigieux.
Viendront ensuite la comparaison des pertes juives totales dans l'Europe sous domination allemande telles qu'elles sont calculées dans les deux ouvrages et une critique générale sur le fond. Nous nous demanderons par quelles méthodes et en quels lieux les supposées victimes dénombrées par Benz auraient été tuées; ce faisant, nous découvrirons certaines contradictions.
Puis, nous chercherons combien de juifs, après la guerre, émigrèrent des pays européens qui avaient été sous domination allemande et nous examinerons l'évolution mondiale de la population juive avant et après la seconde guerre mondiale. Ces questions ne sont traitées que par Sanning, de sorte qu'il n'y a pas ici matière à comparaison avec Benz. Puisque le livre de Benz a paru huit ans après celui de Sanning, on a l'impression que, tout au moins en ce qui concerne l'émigration, aucune réfutation n'était possible.
Enfin, nous soumettrons le travail de Sanning à un contrôle statistique, à l'aide, notamment, d'une étude réalisée il y a déjà quelque temps par un statisticien suédois.
Pour éviter un excès de
notes en bas de page, les références aux ouvrages
de Sanning et de Benz ne seront signalées que par le numéro
de la page. Dans le texte, ce numéro sera précédé
de l'initiale de l'auteur ou directeur (S. ou B.) ; dans les tableaux,
il figurera dans la colonne "Réf." ou entre parenthèses.
Dans de rares cas, on renverra à la source citée
dans ces ouvrages.
3. Les pays sous influence allemande
3.1. L'Allemagne et l'Autriche
| BENZ | juifs oct41 | Réf. | juifs 45 | Réf. | Morts | Réf. | Victimes | Réf. |
| Allemagne | 164-235 | 34 | 20 | 52/64 | 139-174 | 52/53 | ||
| Autriche | 60 | 68 | 5 | 71 | 48,767 | 74 | ||
| TOTAL | 224-295 | 25 | 188-223 |
| SANNING | juifs oct41 | Réf. | juifs45 | Réf. | Morts | Réf. | Victimes | Réf. |
| Allemagne | 164 | 175 | 27 | 176 | 14 | 176 | 123 | 176 |
| Autriche | 50 | 176 | 9 | 176 | 5 | 176 | 36 | 176 |
| TOTAL | 214 | 34 | 159 |
Jusqu'en octobre 1941, l'émigration hors du domaine d'influence allemande avait été facilitée aux juifs 16 mais, à partir de cette date, elle leur fut rendue difficile (17). Alors commencèrent les déportations dans les camps de travail, dans les camps de concentration et dans les camps dits d'extermination. C'est pourquoi, dans ce qui suit, nous choisirons cette date approximative pour évaluer à combien s'élevait la population juive avant le début de ce que les tenants de l'Holocauste décrivent comme l'extermination des juifs.
Benz donne un chiffre minimal et un chiffre maximal pour les effectifs juifs en Allemagne à cette époque. Le chiffre minimal est égal au chiffre unique donné par Sanning. Cela tient à ce que ces deux chiffres reposent l'un et l'autre sur un rapport mensuel de la Reichsvereinigung der Juden in Deutschland (Association, dans le cadre du Reich, des juifs d'Allemagne) au Reichssicherheitshauptamt (RSHA ; Office principal de Sécurité du Reich). Comme cette Association était un instrument de l'État national-socialiste, ce chiffre est très sûr. Benz suppose toutefois qu'il ne comprend que les "Volljuden" (juifs à part entière) et lui ajoute environ 43% de "Halbjuden" (juifs pour moitié) et "Vierteljuden" (juifs pour un quart).
Benz ne donne pas de chiffres pour l'Autriche, mais il dit que, jusqu'au début de la guerre, deux tiers des juifs (au sens des lois raciales de Nuremberg) qui se trouvaient en Autriche lors de l'Anschluss auraient pris la fuite (B68). Sur 206.000 (B70), il en serait donc resté environ 70.000 au début de la guerre. Nous en ôtons encore 10.000, compte tenu que l'émigration qui eut lieu jusqu'en octobre 1941 représentait environ 15% des juifs dans l'ancien Reich (B35).
Sanning, lui, ne prend en considération pour l'Allemagne que les données de la Reichsvereinigung. Concernant l'Autriche il se réfère à des sources d'époque, autrichiennes et américaines.
Pour les juifs retrouvés en Allemagne après la guerre, Benz ne donne que des estimations et, pour l'Autriche, un seul chiffre, avec pour désignation de l'époque à laquelle il se rapporte: "après la libération". En raison du chaos qui règnait alors, ces chiffres sont très douteux. Sanning, lui, utilise les chiffres donnés par le spécialiste connu de l'Holocauste, G. Reitlinger. Le chiffre donné par celui-ci pour l'Autriche concerne octobre 1947, époque où les grands déplacements de population avaient diminué en Europe.
Benz ne prend pas en considération que, l'émigration ayant été surtout le fait de gens jeunes, les juifs qui se trouvaient dans le Reich entre 1941 et 1945 formaient une population à moyenne d'âge élevée où le taux de mortalité devait donc être important. Sanning, lui, en tient compte et, en conséquence, abaisse encore le nombre des manquants. Ceci met en lumière les optiques diamétralement divergentes de ces deux auteurs: Benz part du principe que la différence entre les effectifs juifs d'avant et d'après la guerre est imputable à l'extermination et qu'un calcul de la mortalité peut donc sembler superflu; pour Sanning au contraire la différence ne provient pas forcément de décès et ne doit, a priori, être portée qu'au nombre des manquants. Nous remarquerons encore d'autres différences dans le traitement des statistiques et nous les résumerons à la fin de cette étude.
Je diminue le nombre de victimes donné par Benz de 21.000 unités pour l'Allemagne et de 16.692 pour l'Autriche. Les juifs que je déduis ainsi sont ceux qui se réfugièrent d'Allemagne-Autriche dans un autre pays européen mais y tombèrent ensuite sous la domination allemande et, dit-on, furent tout de même été exterminés (B64 (D) et 74 (A)). Je les décompte de l'Allemagne et de l'Autriche parce qu'ils ont été de nouveau comptabilisés comme victimes en provenance des pays où ils s'étaient réfugiés (surtout la France et la Tchécoslovaquie). Cela fait donc 37.692 victimes juives comptées deux fois qu'il faut retirer du total de Benz.
3.2. France, Bénélux, Danemark, Norvège et Italie
| BENZ | Juifs oct41 | Réf. | Juifs 45 | Réf. | Victimes | Réf. |
| Luxemb. | 3,5-3,7 | 104 | 2,45 | 106 | 1,2 | 104 |
| Belgique | 52 | 109sq | ?23,5 | ? | 28,5 | 130 |
| France | 300 | 109 | ?223,9 | 76,1 | 127 | |
| Pays Bas | 161 | 144 | ? 59 | 102 | 165 | |
| Danemark | 6 | 175 | ? 5,9 | 0,116 | 185 | |
| Norvège | 1,8 | 187 | ? 1,04 | 0,758 | 196 | |
| Italie | 34 | 201 | ? 28 | 5,9 | 216 | |
| TOTAL | 558,5 | ? 343,86 | 214,64 |
| SANNING | Juifs oct41 | Réf. | Juifs 45 | Réf. | Manquants | Réf. |
| Luxemb. | Total L+B+F+PB:460 | 168 | 0,5 | 169 | Total L+B+F+PB 124,5 | 176 |
| Belgique | " | 61 | 169 | " | ||
| France | " | 138 | 169 | " | ||
| Pays Bas | " | 36,5 | 169 | " | ||
| Danemark | D+N: 8 | 175 | D=N: *7 | 169 | D=N: 1 | 176 |
| Norvège | 169 | |||||
| Italie | 48 | 169 | 39 | 169 | 9 | 176 |
| TOTAL | 516 | 182 | 134 |
Les grandes différences entre Benz et Sanning concernant les chiffres de départ (octobre 1941) pour la France et les pays du Benelux tiennent à ce qu'on ne connaît que par des estimations le nombre des juifs qui résidaient dans ces pays, où ils ne firent l'objet d'aucune statistique et où l'immigration en provenance d'Allemagne et de Pologne fut en partie incontrôlée. Alors que Sanning prend ses chiffres dans l'American Jewish Yearbook 1940 (New York) et chez Reitlinger (18), qui parlent d'un demi-million. Benz, en ce qui regarde la Belgique et la France, part principalement d'estimations. Pour cela, il utilise notamment des rapports d'organismes allemands, qui en réalité gonflaient souvent le nombre des juifs de façon énorme, sans doute pour des motifs de propagande (19).
Chez Benz le nombre des victimes est calculé non pas comme la différence entre le nombre des juifs d'avant et d'après la guerre, mais à partir du nombre des juifs dont il est prouvé qu'ils ont survécu à la déportation (2.566 sur 75.720). Pour ce dernier chiffre Benz s'appuie sur Klarsfeld (20), qui considère comme preuve de survivance la déclaration officielle de retour faite en France après la guerre par le déporté ou la connaissance fortuite qu'on a de la survivance de ceux qui ne sont pas déclarés officiellement. Comme le statisticien démographe suédois C.O. Nordling le fait justement remarquer, il ne faut guère s'attendre à ce que les survivants des 52.000 juifs étrangers qui s'étaient réfugiés en France avant la guerre et furent ensuite déportés à Auschwitz se soient fait connaître en France (21). Quant aux juifs français qui furent déportés au nombre d'environ 23.000 une partie d'entre eux n'avait reçu la nationalité française que peu de temps avant la guerre ; il est donc vraisemblable qu'ils émigrèrent en quantité non négligeable après la guerre et changèrent de nom dans leur nouveau pays (22), de sorte qu'on pourrait difficilement les retrouver aujourd'hui.
La méthode employée par Klarsfeld et reprise par Benz pour déterminer le nombre des victimes ne peut donc guère fournir de résultats corrects. Même quand un ancien déporté déclare que les membres de sa famille ont disparu, ce n'est pas absolument convaincant. Il y a eu de nombreux cas où des personnes apparentées se sont retrouvées par hasard après des dizaines d'années, alors que chacune croyait de son côté que les autres avaient été tuées (23). Comme les familles déportées furent séparées et dispersées à travers toute l'Europe et que dans le chaos de l'après-guerre les juifs déracinés étaient spécialement dans l'impossibilité de rechercher leurs proches, le fait que des survivants soient sans nouvelles des membres de leur famille n'est pas une preuve de l'extermination. C.O. Nordling l'a bien montré récemment en étudiant à titre d'exemple le destin de la population juive de la ville polonaise de Kaszony (24).
Une autre source possible d'erreur chez Klarsfeld et chez Benz c'est que selon eux tous les déportés qui, à leur arrivée à Auschwitz ne furent pas admis officiellement dans le camp et n'eurent donc pas un numéro d'immatriculation tatoué sur le bras, sont à compter comme gazés en tant qu'inaptes au travail. Nordling (21) a fait observer que les déportés des premiers convois, de mars à juillet 1942, furent presque tous admis à Auschwitz, mais qu'une assez grande partie des convois ultérieurs ne fut pas immatriculée. Si on suppose que la non-immatriculation signifiait le gazage et que le troisième Reich voulait mener une politique d'extermination, on devrait s'attendre à un comportement contraire, car en 1943 l'Allemagne manquait plus gravement de main-d'oeuvre qu'en 1942, de sorte qu'il aurait été judicieux d'épargner la force de travail juive. Dès lors les différences dans le taux d'immatriculation montrent plutôt qu'on plaça d'abord le plus de main-d'oeuvre possible à Auschwitz et qu'on répartit le reste dans les camps de travail (plus de 30) subordonnés à Auschwitz et dans d'autres camps. Cette thèse concorde avec le fait que les hommes d'un convoi de 1942 ne furent immatriculés à Auschwitz et ne reçurent donc leur numéro tatoué qu'en avril 1944 (25). Il est donc clair que malgré leur non-immatriculation en 1942 ils ne furent pas tués mais qu'on les employa un an ailleurs qu'à Auschwitz. Nous ne savons pas où Klarsfeld et ses collaborateurs prennent la certitude que les autres déportés non immatriculés à Auschwitz ont été gazés et non placés ailleurs (26).
Ceci montre que les données statistiques sur lesquelles repose l'ouvrage de Benz proviennent au moins en partie de spéculations non fondées.
Quant à l'autre méthode, à savoir la comparaison entre les chiffres de population juive d'avant et d'après guerre, Benz ne l'essaie même pas. C'est pourquoi dans le tableau ci-dessus nous faisons suivre d'un point d'interrogation les chiffres qui ont pour seul fondement le calcul de la différence entre les effectifs d'avant-guerre et le nombre des victimes supposées.
Sanning, lui, en ce qui concerne les effectifs d'après-guerre, s'appuie de nouveau sur Reitlinger.
En comparant les chiffres de Benz et de Reitlinger, tous deux historiens officiels de l'Holocauste, on voit que l'insuffisance du matériel statistique rend très difficile l'évaluation du nombre des manquants pour ces pays. Benz suppose simplement que la plupart des déportés de France et du Benelux (213.813; B103, 127, 130, 165) furent tués. C'est une conclusion que les chiffres de Reitlinger ne permettent pas, puisqu'il ne compte qu'environ 134.000 juifs manquants. Quant à savoir combien de ces manquants émigrèrent après la guerre sans le signaler aux autorités, c'est une question que Benz n'aborde pas et que nous traiterons dans un chapitre suivant.
Ici aussi, nous corrigeons le chiffre de victimes donné par Benz. En effet, il compte le Dodécanèse (groupe d'îles situées au large de la Turquie: Rhodes, Cos, etc.) aussi bien dans l'Italie que dans la Grèce. Nous avons donc retiré les 1.641 victimes correspondantes des 7.555 victimes d'Italie (B213, 216). Avec l'Allemagne et l'Autriche, cela fait 39.333 comptes doubles.
3.3. Albanie
Selon Benz les pertes subies par les juifs d'Albanie, qui étaient sans doute moins de mille au début de la guerre, furent d'un petit nombre de centaines d'individus ; Benz ne peut toutefois fonder cette opinion que sur des estimations (B236, 238). Comme il n'y a ni statistiques ni travaux sur ce pays, Sanning le laisse de côté.
3.4. Grèce et Yougoslavie
| BENZ | Juifs oct41 | Réf. | Juifs 45 | Réf. | Victimes | Réf. |
| Grèce | 70-71,5 | 272 | 12,7 | 272 | 58,9 | 272 |
| Yougoslavie | 80-82 | 312-3 | 16 | 329 | 60-65 | 330 |
| TOTAL | 150-153 | 28,7 | 119-124 |
| SANNING | Juifs oct41 | Réf. | Juifs 45 | Réf. | Victimes | Réf. |
| Grèce | 65 | 172 | 12 | 173 | 53 | 174 |
| Yougoslavie | 68 | 174 | 12 | 174 | 56 | 174 |
| TOTAL | 133 | 24 | 109 |
Concernant la Grèce Benz dispose d'un meilleur matériel que Sanning, car il a pu exploiter un recensement grec achevé peu avant la guerre (B247), alors que Sanning a dû remonter à un recensement de 1931 (S172). En raison de l'émigration, Sanning a supposé une légère diminution de population et en a conclu erronément à un effectif de 65.000. Benz, lui, en comptant les habitants juifs du Dodécanèse (surtout Rhodes et Cos), qui étaient environ 2.000, trouve au moins 70.000 juifs en Grèce en avril 1941.
Concernant la Yougoslavie, les deux auteurs partent du dernier recensement qui date de 1931 et fait état d'environ 68.000 juifs. Benz y ajoute un accroissement d'environ 4.000 personnes dû à la natalité, environ 5.000 réfugiés de l'étranger et de 3 à 5.000 "juifs raciaux", des personnes qui bien qu'ayant abandonné la religion juive étaient classifiées comme juifs par les lois raciales de Nuremberg. Sanning au contraire, suppose comme Reitlinger qu'en Yougoslavie, pays qui depuis 1939 était devenu de plus en plus hostile aux juifs (B312), l'immigration et l'émigration se contrebalancèrent. Sanning n'aborde pas le problème des juifs raciaux.
Dans le cas de la Grèce, la différence entre les deux auteurs provient du chiffre trop bas donné par Sanning pour l'avant-guerre, peut-être parce qu'il n'a pas tenu compte des 2.000 juifs du Dodécanèse (27). Pour la Yougoslavie au contraire, c'est Benz qui semble avoir surévalué le chiffre d'avant-guerre. Le nombre réel des manquants doit donc se situer entre les chiffres donnés par les deux auteurs. L'écart entre ces chiffres n'est d'ailleurs pas très grand.
3.5. Hongrie
| BENZ | Juifs 1941 | Péris+déportés URSS | Déficit de naissance | Enfuis | Juifs 1945 | Victimes |
| Hongrie | 484 | 27 | 2,9 | 9 | 166 | 277* |
| SANNING | Juifs 41 | Transferts | Péris | Déportés URSS | Déficit | Enfuis | Juifs 1945 | Manquants |
| Hongrie | 400 | 10 | 25,5 | 65,5 | 20 | 6 | 200 | 71 |
Il faut tout d'abord préciser de quelle Hongrie il est question. La Hongrie avait les mêmes frontières avant et après la seconde guerre mondiale, mais pendant cette guerre, elle acquit temporairement des territoires immenses. Nous adopterons ici les frontières de la Hongrie actuelle (dite Hongrie de Trianon).
Comme les deux auteurs comptent séparément les juifs de la Hongrie de Trianon et ceux des territoires temporairement annexés, le nombre des juifs de Hongrie devrait pouvoir être établi sans problème.
Il y a toutefois une difficulté sérieuse. La répartition des juifs telle que Benz l'établit entre la Hongrie de Trianon (environ 401.000) et les territoires annexés (environ 324.000) repose sur un nombre total de 725.000 juifs pour la grande Hongrie (B338), nombre total que Sanning admet lui aussi (S179). Cependant, Benz ajoute à ce nombre total environ 100.000 juifs raciaux (qui, sans être de confession juive, étaient juifs au sens des lois de Nuremberg) et environ 50.000 immigrants de Pologne (B340). Cette augmentation d'environ 20% doit être appliquée au nombre des juifs de la Hongrie de Trianon, ce qui l'amène à 484.000. Les autres chiffres (juifs tombés au front dans le service hongrois du travail, déportations soviétiques, survivants et victimes) s'obtiennent à partir des chiffres donnés par Benz pour la grande Hongrie, si on considère que 55% des juifs de la grande Hongrie vivaient dans la Hongrie de Trianon et si on suppose que les changements touchaient les juifs des différents territoires dans les mêmes proportions. Mais en réalité, on ne peut pas faire cette supposition, car il est incontesté que les juifs de Budapest, au nombre de 150-200.000, furent tous exceptés des déportations dans les supposés camps de concentration (B484s ; S186).
Pour éviter ces problèmes, on pourrait raisonner sur la grande Hongrie. Nous ne le ferons pas, principalement pour la raison que tous les territoires annexés sont déjà traités dans d'autres chapitres du livre de Benz. Ces territoires sont la Bachka (partie occidentale de la Voivodine), gagné sur la Yougoslavie, le nord de la Transylvanie, gagné sur la Roumanie, la Slovaquie du Sud et l'Ukraine subcarpatique, gagnées sur la Tchécoslovaquie. L'ensemble de ces territoires comprenait environ 324.000 juifs confessionnels; en ajoutant 20% comme indiqué plus haut, on obtient 391.000 juifs au sens des lois de Nuremberg. Dans la statistique globale, les seuls juifs de ces territoires que Benz ne compte pas deux fois sont ceux des régions gagnées sur la Tchécoslovaquie 28. Comme les 214.000 juifs (au sens des lois de Nuremberg) ainsi comptés deux fois représentaient environ 24,5% des juifs de la grande Hongrie et que le nombre total des victimes juives en provenance de la grande Hongrie serait de 500.000 (B351), le nombre correspondant de victimes comptées deux fois est 122.500. Si on considère que la proportion des victimes était plus grande dans les territoires annexés que dans la Hongrie de Trianon, parce que, par exemple, tout Budapest avait été excepté des déportations, il est même possible que les doubles comptes s'élèvent à 150.000. En tout cas, le total de ceux qui nous avons relevés jusqu'ici est au moins de 161.833.
Nous venons de voir que pour le dénombrement des juifs de Hongrie la méthode suivie dans l'ouvrage de Benz consiste à ajouter, par des estimations simples, 20% au nombre de départ. Malheureusement, les coauteurs du livre de Benz ne procèdent pas tous comme dans le cas de Hongrie, ce qui rend les chevauchements de territoires et les doubles comptes tout à fait incontrôlables. Aussi nous occuperons-nous moins de chiffres que de la méthode adoptée par chaque auteur. Un examen approfondi de la méthode est justement indiqué dans le cas de la Hongrie, car il s'agit d'un chapitre crucial de l'historiographie (ou des historiographies) de l'Holocauste. Les tenants de l'Holocauste supposent naturellement que 400.000 ou 500.000 juifs hongrois furent déportés par les Allemands à Auschwitz et y furent en grande partie tués. Cette version peut s'appuyer sur les documents de TMI, qui selon Benz "prouvent de façon certaine" qu'au printemps et au début de l'été 1944, "444.152 juifs furent déportés de Hongrie" (B344).
Sanning, lui, cite A.R. Butz qui a noté que la Croix-Rouge internationale dans son rapport publié en 1948 ne mentionne pas de déportations de juifs vers Auschwitz et date le début des épreuves juives d'octobre 1944 (29). A cette époque les juifs, outre diverses exactions, furent déportés, mais vers le Reich pour le travail obligatoire, et non vers Auschwitz (B348 ; S181). Butz et Sanning supposent donc que la déportation des juifs hongrois à Auschwitz n'eut pas lieu du tout.
Il faut pourtant bien admettre qu'il y a des juifs hongrois encore vivants qui furent effectivement déportés à Auschwitz au printemps 1944 et qui ont assez souvent témoigné devant les tribunaux (30). De plus, Pressac estime qu'entre 1/3 et 2/3 des juifs hongrois déportés à Auschwitz, dont la SS photographia l'arrivée et la sélection (31) furent retenus comme aptes au travail et ne furent donc pas tués. En outre, il serait prouvé que 50.000 des ces juifs hongrois auraient été transférés d'Auschwitz au camp de Stutthof au printemps (32). La théorie de Sanning a donc ici des bases chancelantes 33, mais il en est de même de la thèse de Benz, selon laquelle les juifs hongrois auraient été quasi tous tués dès leur arrivée.
Il existe encore d'autres indices contre la thèse de l'extermination massive des juifs hongrois. En effet, les témoins unanimes affirment avec force que, lors de ces supposées exterminations massives, on para à l'insuffisance des crématoires en creusant à Birkenau des fosses géantes pour y brûler les cadavres. Cela aurait produit d'épais nuages de fumée qui auraient obscurci le ciel dans la région de Birkenau. Malheureusement (ou grâce à Dieu), les photos aériennes prises à cette époque par les alliés prouvent que dans le camp de Birkenau, qui n'était jamais couvert de nuages de fumée, il n'y avait ni feux en plein air, ni fosses géantes, ni dégagements de fumées, grands ou petits, ni montagnes de cadavres, ni grandes réserves de bois à brûler ni rien de semblable (34). La Polish Historical Society déduit de cette preuve par les photos aériennes que le nombre des victimes d'Auschwitz doit encore être réduit de 400.000 (juifs hongrois) et de 74.000 (juifs polonais déportés après la dissolution du ghetto de Varsovie et présumés eux aussi gazés à leur arrivée dans le camp), ce qui amènerait le nombre des victimes d'Auschwitz à environ 500.000 (35).
Vu ces preuves des documents prétendument probants du Tribunal de Nuremberg ont peu d'utilité, car ils ne sont pas forcément authentiques ou véridiques et ne font d'ailleurs état que des déportations, que nous ne nions pas, et non d'une extermination. Rappelons seulement le cas du camp de concentration de Dachau, où le TMI établit que des centaines de milliers d'êtres humains avaient été gazés, ce qui n'était que de la propagande de fausses atrocités (36). Au chapitre de l'Union soviétique nous rencontrerons d'autres documents suspects du TMI.
Dans le traitement des autres éléments aussi la méthode de Benz se révèle très défectueuse. Pour les juifs morts à cause des déportations soviétiques et pour ceux qui tombèrent au front dans le service hongrois de travail, il pense devoir se contenter de vagues estimations (B339), alors que Sanning utilisant des sources juives ou du moins projuives peut fournir des chiffres autorisés (S181, 185). Pour évaluer le déficit des naissances, Benz extrapole la tendance démographique d'avant-guerre ; Sanning, lui, suppose qu'en raison du "service de travail" auquel étaient obligés les juifs Hongrois et de la condition généralement mauvaise des juifs pendant la guerre, la natalité diminua de façon plus importante. Benz néglige tout à fait les conversions au christianisme. Les juifs convertis au christianisme n'apparaissent dans aucune statistique sur les juifs après la guerre, de sorte que Benz et ses coauteurs les considèrent comme "gazés".
Intéressons-nous maintenant aux juifs présents en Hongrie après la guerre. Alors que Benz les chiffre à 300.000 pour la grande Hongrie, Sanning en compte environ autant pour la Hongrie de Trianon à elle seule. Pour cela il s'appuie tout d'abord sur le US War Refugee Board, qui signale dans son Final Summary Report qu'après des transactions avec la SS plus de 200.000 juifs de Budapest furent exceptés de la déportation (S186). Sanning note ensuite que d'après le rapport de la CRI mentionné plus haut, environ 100.000 juifs de la province affluèrent à Budapest en novembre 1944 (37). En outre on aurait dénombré en avril 1946 200.000 juifs dans la Hongrie de Trianon, ce à quoi il faut ajouter que, d'après Reitlinger, il y avait eu avant cette date une émigration massives des juifs vers l'ouest (S186). Il faut encore considérer que dans cette émigration il se trouvait certainement un quart de juifs étrangers, notamment polonais. Sanning en conclut qu'il y avait au moins 200.000 juifs dans la Hongrie de Trianon après la guerre. Chez Benz le nombre des survivants est obtenu presque exclusivement à partir du nombre des juifs présents avant la guerre, auquel on apporte les réductions chiffrées par estimation comme indiqué plus haut et dont on retire encore les déportations réelles ou supposées dans les camps et au travail obligatoire d'après les documents de Nuremberg. Les autres sources sont délibérément écartées. Qui se contente de cela n'est guère exigeant.
3.6. Tchécoslovaquie
| BENZ | Juifs | émigration | Juifs | Victimes |
| 252 | 33 | 40 | 164-168* |
| SANNING | Juifs 1939 | émigration | péris | déficit de naissance | Juifs 1945 | Manquants |
| CSR191 | 254 | 52 | 3 | 5 | 82 | 112 |
Nous considérons ici la Tchécoslovaquie dans ses frontières d'après-guerre (jusqu'en 1992), donc sans l'Ukraine subcarpatique. Benz lui adopte les frontières que la Tchécoslovaquie avait avant 1938/1939, époque de sa désintégration, mais il détaille la part des diverses régions (38).
Benz évalue le bilan migratoire jusqu'au milieu de 1943 à 33.000 émigrants. Aucune émigration ne serait à constater en Slovaquie (B369). Concernant l'émigration hors du protectorat, Benz s'appuie sur les chiffres officiels d'organismes juifs de l'époque ; ces chiffres toutefois ne rendent pas compte de l'émigration illégale (B358). Sanning compte en tout plus de 52.000 émigrants en s'appuyant sur l'Anglo-American Committee (on European Jewry and Palestine), selon lequel la population juive avait diminué de 40.000 entre le recensement de 1930 et la fin de 1939 (S188). Sanning seul prend en compte le déficit des naissances et les juifs tombés au service hongrois du travail.
Pour le protectorat Benz additionne les juifs qui se signalèrent officiellement comme rescapés des déportations et ceux qui furent retrouvés d'une façon quelconque en Tchécoslovaquie après la guerre; il pense obtenir ainsi le nombre approximatif des survivants. Malheureusement ces recensements de survivants ne furent faits qu'isolément dans certains camps ou certaines villes et jamais simultanément dans tout le pays, de sorte que les chiffres ainsi obtenus sont forcément lacunaires. Pour la Slovaquie, Benz obtient le nombre des survivants en soustrayant le nombre des juifs non revenus du chiffre de la population d'avant les déportations. Ici non plus il n'envisage pas un mouvement migratoire vers l'ouest. Quant aux juifs des territoires cédés entre-temps à la Hongrie, il suppose qu'ils eurent le même sort que les autres juifs de Hongrie. Abstraction faite de l'Ukraine subcarpatique, il s'agissait d'environ 45.000 juifs. Ce problème des juifs de la grande Hongrie a déjà été examiné plus haut.
Sanning, lui, observe que selon Reitlinger on trouva en 1946, donc après le début du mouvement migratoire vers l'ouest, 32.000 juifs survivants dans l'ex-protectorat à lui seul (S189). De même, le nombre des juifs en Slovaquie après la guerre aurait été de 45.000 selon Reitlinger et même de 60.000 selon d'autres sources projuives (S190), ce qui contredit évidemment les estimations de Benz, qui compte 20.000 juifs en Slovaquie, en se fondant principalement sur des publications tchèques (B374).
3.7. Roumanie
| Benz | Juifs 1941 | Juifs 1945 (407) | victimes |
| Roumanie (409) | 466.418 | 356-430.000 | 107.295 |
| SANNING | Juifs 1941 | émigration | péri | Juifs 1945 | manquants |
| Roumanie (202) | 465.242 | 20.000 | 11.500 | 430.000 | 3742 |
Nous considérons la Roumanie dans ses frontières
d'après-guerre, donc avec la Transylvanie du Nord mais
sans la Bessarabie ni la Bucovine du Nord. Les deux auteurs ne
diffèrent en ce qui concerne le traitement des juifs vivant
en Transylvanie du Nord, lesquels pendant la seconde guerre mondiale
passèrent sous le pouvoir hongrois (voir plus haut). Selon
Benz, ils furent en grande partie "gazés" à
Auschwitz ; selon Sanning c'est surtout leur envoi au front dans
le cadre du service hongrois du travail qui leur causa des pertes.
En se fondant sur plusieurs sources concordantes, Benz et Sanning
trouvent tous deux un nombre de survivants pouvant aller jusqu'à
430.000 ; ceci exclut qu'il y ait eu beaucoup de victimes parmi
les juifs nord-transylvaniens. Comme, de plus, ce résultat
concorde avec ceux de recherches récentes mentionnées
plus haut, on peut supposer que les juifs du territoire de la
Roumanie d'après-guerre ont subi peu de pertes. Pour déterminer
le nombre des victimes Benz n'utilise que le plus petit des chiffres
possibles de survivants et néglige le chiffre de 430.000,
qu'il a pourtant donné lui-même comme également
possible.
3.8. Bulgarie
| BENZ | Juifs 1941 | Juin 1945 | vicimes |
| Bulgarie (308) | 50.000 | 50.000 | 0 |
Tout le mon,de admet que les juifs de Bulgarie ne furent ni menacés ni massacrés. Selon Sanning, leur nombre avait même augmenté à la fin de la guerre. Sanning l'explique par le fait que la Bulgarie servit de porte vers le Proche-Orient à une foule d'émigrants légaux et illégaux. D'après Sanning il faut encore tenir compte qu'immédiatement après la guerre un nombre considérable de juifs étrangers se trouvaient dans le pays.
3.9. Pologne
| BENZ | Juifs9.39 | réf. | Juifs 1945 | Réf | victimes | réf. |
| Pologne | 2.000.000 | 443 | 200.000 | 492e.v. | 1.800.000 | 495 |
| SANNING | Juifs 1941 | réf. | Juifs 1945 | réf. | disparu | réf. |
| Pologne (203) | 757.000 | 39 | 240.489 | 40e.v. | 516.511 | 41 |
On considérera ici la Pologne dans ses frontières d'après-guerre sans les territoires orientaux d'Allemagne. Benz dit n'ajouter à ce domaine que les circonscriptions administratives de Bialystok et de Galicie, mais à la fin il calcule quand même le nombre des victimes pour toute la Pologne d'entre les deux guerres, y compris donc certaines parties des territoires désignés pendant la guerre comme les "Reichskommissariat" d'Ukraine et d'Ostland. Comme dans l'étude sur l'Union soviétique il ne soustrait que les victimes de Galicie et de Bialystok, il y a donc ici des comptes doubles, que nous examinerons de plus près dans le chapitre sur l'Union soviétique.
3.9.1. La population de Pologne jusqu'au début de
la guerre
Le dernier recensement de la population polonaise fait avant la guerre dénombra environ 3,1 millions de juifs (B416 ; S5).
Sanning, en s'appuyant sur des recherches détaillées, montre que déjà entre les deux guerres, les juifs de Pologne avaient un taux de croissance démographique extrêmement faible (S16). L'Institut für Zeitgeschichte (Institut d'Histoire contemporaine) ajoute qu'à partir de 1933 il y eut chaque année environ 100.000 juifs polonais qui tournèrent le dos à l'Etat polonais, alors radicalement antisémite, et émigrèrent vers l'Europe de l'Ouest ou au-delà des mers (S21) (39). Comme ce furent principalement des gens jeunes qui quittèrent le pays, le nombre des juifs doit avoir diminué fortement en raison non seulement de l'émigration mais aussi du vieillissement croissant de la population. Sanning ne prend pour bilan des migrations de 1931 à 1939 que 500.000 émigrants et suppose même un accroissement démographique de 0,2%. Il trouve ainsi une population de 2.664.000 juifs avant le début de la guerre (S22).
Ce problème, auquel Sanning consacre 20 pages de recherches approfondies et richement documentées, Benz le règle en deux phrases (B417) :
"[...] si nous admettons, en partant des chiffres du recensement (de 1931) et en tenant compte de l'accroissement naturel et de l'émigration, que l'Etat polonais avait en 1939 une population totale de 35.100.000 personnes, parmi lesquelles le nombre des juifs peut être estimé à 3.446.000. Encore un fois : ces chiffres ne sont pas garantis [...]".
Ainsi Benz suppose premièrement que les juifs polonais avaient le même taux de naissances que les autres Polonais. Comme ceci a été réfuté par Sanning 8 ans avant la publication de l'ouvrage de Benz et que Benz n'examine même pas les arguments de Sanning, on ne voit qu'une explication à cette propagation de contre-vérités : le nombre des juifs présents en Pologne avant la guerre doit être maximalisé.
Deuxièmement, Benz suppose que l'émigration était négligeable. Comme son livre est une publication de l'Institut für Zeitgeschichte (Institut d'Histoire contemporaine) et que c'est précisément cet institut qui a signalé qu'à partir de 1933 il y eut chaque année environ 100.000 juifs polonais qui quittèrent le pays, on a l'impression que la main gauche ignore (ou veut ignorer?) ce que fait la droite.
Benz évalue alors à 3.350.000 le nombre des juifs présents en Pologne au début de la guerre (B417), dont 2,3 millions dans la partie ouest occupée par les Allemands en 1939 (B418), ce qui, vraisemblablement, introduit dans la statistique un excès d'au moins 700.000 juifs. Devons-nous croire que Benz ne connaît pas les arguments de Sanning sur l'évolution de la population dans la Pologne d'avant-guerre? Cela semble exclu, car l'ouvrage de Benz est en réalité une réaction à celui de Sanning. Le fait que Benz ne consacre à ce problème qu'une seule phrase, dont il se dédouane d'ailleurs par la remarque qui la suit ("Encore une fois : ces chiffres ne sont pas garantis") me semble tout expliquer : ici, les statistiques ont été manipulées!
3.9.2. Fuites pendant la campagne de Pologne
Pendant la campagne de Pologne il y eut, selon Benz, environ 300.000 des 2,3 millions de juifs initialement présents en Pologne occidentale qui, pour fuir l'armée allemande, gagnèrent la partie orientale, occupée par les soviétiques ; sur ces 300.000, environ 250.000 furent déportés en Sibérie par les Soviétiques. Ces chiffres sont donnés comme des estimations en l'absence de données sûres (B425 ; 443). Donc d'après Benz il y eut en Pologne occidentale environ 2 millions de juifs polonais qui tombèrent sous le pouvoir du Troisième Reich (B443). Les sources données pour ces chiffres sont principalement des organismes allemands, ce qui comme on l' déjà vu, peut faire penser qu'ils sont grossis (19). Sanning montre en outre que les organismes allemands ont obtenu ces chiffres en partant du recensement de 1931 et en supposant un accroissement démographique de 10% (S391). Déjà à l'époque, il n'y avait pas de chiffres fiables et on commit la même erreur que Benz répète dans son livre.
Sanning allègue de nombreuses sources sionistes, juives ou projuives qui indiquent toutes que pendant la guerre entre l'Allemagne et la Pologne, il y eut entre 500.000 et 1 million de juifs qui s'enfuirent dans la partie de la Pologne occupée par les soviétiques (S33-38). Un grand nombre d'entre eux auraient alors été déportés en Sibérie. Ces chiffres sont fondés notamment sur les indications fournies par des organisations de secours juives, qui s'occupèrent de 600.000 juifs polonais dans des camps de travail de Sibérie. Comme une partie considérable de ces juifs déportés mourut déjà dans les conditions inhumaines du transport, Sanning suppose qu'il y eut en tout 750.000 juifs polonais qui se réfugièrent dans la partie soviétique et 100.000 autres en Roumanie (S38) (40). Dès lors, le nombre des juifs présents dans l'ouest de la Pologne, qui était initialement de 1.607.000 (S32), serait tombé à 757.000 (S39) ; dans la partie est, en revanche, la déportation de la grande majorité des réfugiés de l'ouest aurait eu pour effet de laisser le nombre des juifs inchangé (environ 1 million, ce qui concorde avec Benz, B443).
Que de telles fuites massives ne fussent pas sans exemple, cela paraît par le cas de la Belgique, où au début de la guerre un à deux millions de personnes prirent la fuite devant l'armée allemande et empêchèrent ainsi tout mouvement des armées alliées (S38).
Les chiffres de Benz et de Sanning pour les juifs restants en Pologne après la guerre ne diffèrent pas beaucoup. Il faut ajouter toutefois que d'après United Press le Comité anglo-américain de recherches sur le problème juif en Europe déclara en février 1946, dans une conférence de presse, qu'il y avait dans la Pologne d'après-guerre des juifs qu'on pouvait chiffrer à 800.000 et qui voulaient tous émigrer (41).
3.9.3. L'extermination des juifs polonais
Alors que Sanning ne s'occupe pas des supposés méthodes d'extermination, Benz donne là-dessus des détails dont certains méritent d'être cités et, le cas échéant, commentés. Tout d'abord, il consacre quelques développements aux exécutions par gaz qui auraient été commises dans des camions (Kalisz, B431 ; Chelmno, B447, 462 ; voir Yougoslavie, B320). A propos de ces camions à gaz, dont Benz ne met pas l'existence en doute, voir l'étude de I. Weckert (41bis).
Concernant les méthodes d'exécution dans d'autres camps, Benz mentionne l'usage de gaz Zyklon B en bombonnes à Belzec (B462). Or, le gaz Zyklon B, c'est-à-dire l'acide cyanhydrique, n'existait pas et n'existe pas en bonbonnes. L'acide cyanhydrique est transporté en citernes pour les besoins de l'industrie, mais n'est pas mis en bombonnes. Ailleurs, Benz dit qu'on utilisa des moteurs diesel pour les gazages massifs (Belzec, B462 ; Treblinka, B463 ; voir URSS, B540). Les gazages par moteur diesel ont été étudiés par F.P. Berg et le cas de Treblinka par A. Neumaier (41ter). Ces travaux nous dispensent de tout commentaire.
La déclaration que voici est intéressante:
"Vu qu'il n'y a guère de sources utilisables sur les camps d'extermination, le nombre des juifs qui y furent tués est particulièrement difficile à évaluer. Il repose principalement sur les estimations des témoins, sur l'analyse des effectifs des convois et sur le nombre d'habitants des territoires qui alimentaient ces lieux de massacre [...]" (B463s.)
Le peu de confiance que méritent les témoignages est mis plus d'une fois en évidence dans le volume dont le présent texte est extrait. De plus, se contenter du simple calcul de la différence entre les populations d'avant et d'après la guerre n'a de sens que si aucune émigration incontrôlée n'est intervenue et si les chiffres de départ sont certains. On peut s'étonner de la méthode désinvolte de Benz.
Enfin, Benz reconnaît que la documentation est très pauvre non seulement sur les supposés camps d'extermination, mais sur toute l'organisation du supposé système d'extermination (B463, note) et qu'il n'y a pas d'ordre écrit, autrement dit ayant valeur de preuve documentaire, pour l'extermination des juifs (B3, 458 s., 512).
3.10. Union soviétique
| BENZ | Juifs 6.41 | Juifs 1945 | victimes |
| S.U. (560) | 5;200.000 | 2.300.000 | 2;890.000 |
| SANNING | Juifs 6.41 | Péri | Déficits de déportation | Sous la Wehrmacht | Juifs 1945 | Manquants |
| SU (136) | 5.439.000 | 200.000 | 700.000 | 130.000 | 3,3-4,5 mill. | 0-1 mill. |
L'Union soviétique est considérée ici dans ses frontières d'après-guerre. Pour déterminer le nombre des victimes, Benz se contente de calculer la différence entre le nombre des citoyens juifs avant et après la guerre. Il décompte d'une part les victimes de Bessarabie et de Bucovine du Nord, soit 100.000 victimes qu'il compte dans la Roumanie (B409), et d'autre part celle des districts de Bialystok et de Galicie (600.000, qu'il compte dans la Pologne, B451). Nous ne devons pas faire ces corrections nous-mêmes, car nous avons considéré la Roumanie et la Pologne dans leurs frontières d'après-guerre. Benz commet toutefois deux erreurs. Tout d'abord il oublie que l'Union soviétique après la guerre annexa l'Ukraine subcarpatique, qui avant la guerre comptait environ 100.000 juifs. Il est vrai que cet oubli ne tire pas à conséquence, car les victimes de ce territoire ont été comptées dans la Hongrie (B338, environ 90.000 victimes). Dans la présente étude toutefois, nous avons considéré la Hongrie et la Tchécoslovaquie dans leurs frontières d'après-guerre. Nous devons donc ajouter les juifs d'Ukraine subcarpatique à l'Union soviétique. Ceci augmente le nombre des juifs d'avant la guerre et le nombre des victimes. Selon Sanning les juifs d'Ukraine subcarpatique étaient environ 101.000 ; il en compte 15.000 comme manquants et 86.000 comme absorbés par l'URSS (S206).
En second lieu, Benz perd de vue que son chapitre sur la Pologne englobe, malgré une déclaration contraire, les régions antérieurement polonaises que les Allemands appelaient "Reichskommissariat" d'Ostland et d'Ukraine. Comme Benz évalue environ les juifs de la partie occupée par les Soviétiques à 1 million (B443), dont 600.000 dans les districts de Bialystok et de Galicie (B457), il a compté deux fois environ 360.000 victimes juives (90% des 400.000 juifs qui vivaient dans l'Ostland et l'Ukraine).
Ceci amène le nombre des victimes juives comptées deux fois par Benz à 533.193.
3.10.1. Les déportations soviétiques
Dans le tableau des chiffres de Sanning, donné ci-dessus, la rubrique "théâtre de la guerre" comprend les pertes que les juifs subirent dans les régions où se trouvaient les armées allemandes, à cause soit de pogromes qui ne furent ni commis ni encouragés par les troupes allemandes, soit de la faim et des épidémies, soit des exécutions de partisans qui étaient permises par le droit international et devaient faire beaucoup de victimes juives, puisque, comme on sait, les juifs étaient très nombreux parmi les partisans. Pour traiter cette rubrique, ainsi que celles des déportations soviétiques et des morts au combat dans les rangs de l'Armée Rouge, Benz ne s'embarrasse pas de nuances:
"On y inclut aussi (dans le nombre des victimes) les pertes subies dans les combats par les juifs soldats ou civils (partisans) et ceux qui succombèrent aux affres de la fuite et de la faim. C'est justice. Eux aussi furent victimes de la politique de force du national-socialisme." (B560)
Benz ne chiffre pas ces différentes catégories de victimes et n'explique pas pourquoi il les confond toutes ensemble, car les mots cités sont les derniers de son livre. Il y a cependant des indices très clairs de l'état d'esprit des auteurs. Ainsi, par exemple, Benz parle de "l'agression contre l'Union soviétique" (B499) ; selon lui, Staline aurait "évité de donner à Hitler le moindre prétexte à des mesures antisoviétiques, voire à une guerre" (B507) ; il dit ailleurs que l'Union soviétique suivit une "politique d'apaisement" (B508). Aujourd'hui on ne conteste plus, même en Russie, que la fable de l'agression allemande contre une URSS éprise de paix est à remiser dans le débarras de la propagande de guerre communiste (42). Dans cette mesure, les pertes causées par la guerre ne doivent pas être imputées exclusivement à l'Allemagne et ne doivent pas grossir le compte de l'Holocauste.
Benz dit qu'il n'y a pas d'exposés systématiques sur l'ampleur des opérations soviétiques de déportation et d'évacuation d'hommes et de matériel. Il traite cette question en deux alinéas, en disant que Staline n'aurait pas voulu provoquer Hitler par des plans d'évacuation (non, vous ne rêvez pas!) et qu'il n'y eut donc guère de déportations notables (B507).
Sanning au contraire consacre ses pages 53 - -- -- 136 à ce seul problème et, à l'aide d'une riche documentation statistique en provenance de sources alliées, juives et soviétiques, il peut donner des chiffres solides sur l'ampleur des mesures d'évacuation et de déportation prises par les soviétiques au début de la guerre. Ceci suffit déjà à réfuter la déclaration de Benz selon laquelle il n'y a pas de travaux systématiques sur ce sujet. Benz et ses collaborateurs n'auraient-ils pas lu le livre de Sanning? Il faut croire que si mais que de façon générale Benz ne tient pas les développements de Sanning pour un exposé systématique:
"[...] L'auteur (Sanning) brille par un usage méthodiquement illicite du matériel statistique et par des combinaisons et des conclusions dont la hardiesse n'a d'égale que la démontrable fausseté." (B558, note 396)
Benz laisse toutefois le lecteur se demander ce que la version de Sanning peut bien avoir de faux. Alors que Benz chiffre à environ 3 ou 3,2 millions les juifs soviétiques qui tombèrent sous le contrôle des troupes allemandes (B509), Sanning montre à l'aide de sources non suspectes qu'ils durent être moins d'un million (S126). Il prouve qu'une grande partie de la population apte au travail et en particulier les intellectuels de la plupart des villes russes étaient déjà évacués à l'arrivée des troupes allemandes. Il serait impossible de citer ici tous les document et toutes les preuves qu'apporte Sanning, mais un argument mérite qu'on s'y arrête. L'opinion générale est qu'environ 600.000 juifs portèrent l'uniforme de l'Armée Rouge. Puisqu'il est prouvé que de nombreux juifs furent déportés dans des camps de travail au-delà de l'Oural et puisque, dans aucun des pays qui participèrent à la seconde guerre mondiale, le recrutement ne dépassa 30% de la population masculine, Sanning conclut qu'il devait y avoir au moins 4 millions de juifs dans la partie non occupée de l'Union soviétique.
Il est toutefois possible que ces 600.000 juifs aient été mobilisés dès avant la guerre, car, comme on le sait, l'URSS projetait elle-même une attaque de grande envergure contre l'Europe (42). Il se peut aussi que pendant la progression des troupes allemandes, les Soviétiques aient déporté en majorité la population masculine en état de porter les armes. Cela signifierait qu'il ne serait tombé aux mains des Allemands qu'un petit nombre d'hommes en âge de porter les armes, de sorte que dans les territoires occupés les femmes auraient représenté plus de 90% des juifs exterminés et que les hommes recrutés et déportés auraient eu dans l'arrière-pays et dans l'armée des chances nettement plus grandes de survie. La mortalité aurait donc été plus grande ou du moins aussi grande chez les femmes que chez les hommes et l'Union soviétique devrait compter aujourd'hui parmi les habitants juifs qui étaient alors en âge de porter les armes autant ou plus d'hommes que de femmes. Or, comme on peut le prouver, ce n'est pas le cas : la proportion des sexes est la même que dans les autres peuples de l'Union soviétique, c'est-à-dire qu'il existe un grand déficit de population masculine. Cela signifie que les sexes furent déportés dans des proportions à peu près égales et que les juifs soviétiques qui tombèrent aux mains des Allemands furent donc relativement peu nombreux.
Concernant le nombre des juifs qui se trouvent aujourd'hui en Union soviétique, Benz se fonde uniquement sur des recensements soviétiques. Il ajoute que "suspecter les recensements soviétiques [...] est peu justifié" parce que ces données servirent de base à l'économie nationale (B558). Or chaque enfant sait que, précisément dans le domaine de l'économie nationale l'URSS falsifiait toutes les statistiques possibles pour se donner l'avantage sur l'Occident impérialiste. A l'intérieur de l'URSS ces falsifications servaient à fermer les yeux, les oreilles et les bouches devant l'approche inévitable de l'effondrement. Mais en ce qui concerne le nombre des juifs fourni par les recensements, il n'était même pas nécessaire de recourir à la falsification. En effet, l'URSS avec son athéisme radical était un des Etats qui rendaient difficile à leurs citoyens l'aveu d'une religion, en particulier de la religion juive. La profession volontaire de judéité en 1959 et en 1970 (respectivement 2,2 et 2,1 millions ; B559 ; S147) nous renseigne donc mal sur le nombre des survivants en Union soviétique. C'est pourquoi dans les années `70, des estimations juives évaluaient les juifs d'Union soviétique à 3 ou 4 millions (S148s.). Plus récemment des articles de presse ont même fait état de 5 millions de juifs ou plus, ce qui à vrai dire ne semble guère possible, vu l'état stationnaire de cette population (43). Comme les milieux sionistes voudraient provoquer une émigration des juifs russes vers Israël, il est possible qu'ils aient aujourd'hui tendance à exagérer le nombre des juifs de Russie pour dramatiser le sort qu'ils ont connu pendant 70 ans d'oppression stalinienne. On voit qu'il y a plus d'une domaine où le nombre des juifs présents ou disparus constitue une masse de manoeuvre pour la politique.
3.10.2. L'extermination massive en Union soviétique
C'est également sur des témoignages que Benz se fonde quand il parle de meurtres massifs commis sur les juifs du territoire d'Union soviétique.
A l'arrière des troupes allemandes qui se battaient en Russie opéraient les unités dites Sonderkommandos qui, comme Benz le dit lui-même, servaient surtout à combattre les partisans (B514s., 518, 520, 528s., 540). Ces unités seraient en outre les principales responsables d'exécutions massives de civils juifs, exécutions dont les victimes seraient difficiles à dénombrer (B577). Selon Benz, le Comité Antifasciste juif propageait à ce sujet pendant la guerre des chiffres beaucoup trop bas, pour "montrer aux USA sous un jour favorable (et inexact) les efforts soviétiques en faveur de la population juive" (B557, note). Comme les USA ne se sont jamais souciés des victimes juives et qu'on peut même prouver que, dès 1933, ils ont sciemment exagéré les chiffres de victimes dans leur propagande, on ne voit pas comment et sur qui les anti-fascistes auraient pu faire impression aux USA à l'aide de chiffres diminués. Benz innove quand il affirme que la propagande antifasciste minimise les atrocités fascistes. C'est plutôt le contraire qui est vrai. On doit donc conclure que les chiffres de victimes donnés par les antifascistes, loin d'être trop bas comme Benz le pense, sont en réalité exagérés.
Concernant les gazages massifs commis en URSS à l'aide de camions, Benz ne nous offre qu'une source, particulièrement "sérieuse" : les procès-spectacles staliniens de Charkov et de Krasnodar (B526s., 540) (44). Cette citation faite sans la moindre réserve critique amène à se demander si les auteurs ne sont pas eux-mêmes staliniens. Car des scientifiques titrés ne peuvent tout de même pas être soupçonnés d'ignorance.
Comme preuve des exécutions massives à l'Est on indique en général les "rapports d'opération en URSS" qui auraient été régulièrement envoyés à Berlin par les Sonderkommandos et qui mentionnent entre autres le nombre des exécutions. Les opérations ne seraient cependant pas toutes signalées dans ces rapports, qui ne suffiraient donc pas, d'après Benz, à la détermination du nombre des victimes (B542s.). Une des exceptions à l'insuffisance de documentation serait le cas exemplaire de Babi-Yar (B530, 534, 542). Comme, depuis, il a été prouvé irréfutablement que le prétendu massacre de Babi-Yar est de la propagande d'atrocités sans fondement réel (45), l'authenticité de toute la série des documents du TMI connus sous le nom de "rapports d'opérations en URSS" est évidemment mise en question, ainsi dès lors que tous les meurtres massifs des Einsatzgruppen, car il n'y en a pas d'autre preuve documentaire. Benz n'y change rien en assenant des contre-vérités telles que "L'authenticité des rapports ne fait aucun doute" (B541). H.H. Wilhelm, dont Benz allègue ici l'autorité, est un historien de la même tendance que lui. En reprenant des termes dans lesquels Benz parle des révisionnistes, nous dirons qu'on se cite mutuellement dans la "littérature standard" de type holocaustico-apologétique" et qu'on ne cesse de s'y prendre l'un l'autre pour référence, de façon à donner l'impression d'une argumentation fondée [...]" (B8, note 24).
Enfin, il faut noter que Benz répète avec insistance que les Allemands firent disparaître toute trace de leurs massacres, surtout par exhumation et incinération, de sorte qu'il ne resterait ni cadavres ni charniers (B320, 469, 479, 489, 537s.). Des millions de victimes disparurent sans laisser de traces, et même, dans le cas de Babi-Yar, d'une façon qui échappait aux photos aériennes.
En fait, on ne peut dissimuler des charniers en exhumant et en brûlant les corps. Des remuements de terrain aussi importants, le dérangement qui en aurait résulté dans les couches du sol, la dépression du matériau de comblement etc., non seulement tout cela devrait être apparent sur les photos aériennes d'époque, celles des alliés aussi bien que celles des Allemands, mais on devrait pouvoir le déceler encore aujourd'hui, si on le voulait. Comme, d'après Benz, la tâche de dissimuler les massacres fut, au moins par endroits, exécutée "de façon insuffisante", il devrait y avoir encore bien plus de traces: corps au parties de corps non brûlés, millions d'os et de dents, masse de cendres (46). Si on avait découvert de telles choses, les communistes staliniens, qui étaient connus pour leur appareil efficace de propagande, leur auraient fait une large publicité en présence de commissions d'enquête internationales. Ils auraient ainsi rattrapé leur impair de Katyn et rendu la pareille aux Allemands, qui, précisément à cette époque, révélaient avec l'aide de commissions d'enquête internationales le massacre commis par les Soviétiques sur des officiers polonais (47). Mais non, la pacifique Union soviétique n'a pour sa part jamais pensé à quelque chose d'aussi vulgaire. Même aujourd'hui, alors qu'après 50 ou 60 ans on découvre souvent par hasard des charniers contenant des centaines de milliers de victimes de Staline, il n'y a toujours aucune trace des charniers ou des bûchers allemands et on évite soigneusement de se demander en public les méthodes les plus modernes ne permettraient pas de les retrouver : en somme les miracles de la technique allemande les ont volatilisés.
Il en surnagerait tout de même x milliers de femmes, vieillards et enfants. Le général R.A. Rudenko a déclaré dans son réquisitoire devant le TMI, que les Allemands pendant leur retraite avaient abandonné dans des camps de concentration des centaines de milliers d'enfants, femmes et vieillards inaptes au travail (48). Le colonel Smirnov, conseiller général à la Justice, a produit un document qui apportait des précisions sur ces camps, situés en Biélorussie (49). Il serait intéressant de savoir si ces inaptes au travail ne seraient pas de ceux qui avaient été refusés par les camps situés plus à l'ouest et qui, selon la thèse de S. Werner, furent principalement déportés en Biélorussie (50).
4. Victimes, manquants et retrouvés
4.1. Le nombre des victimes ou manquants
| PAYS | Victimes selon BENZ | Victimes selon Benz moins doubles-comptes | Manquants selon SANNING |
| Allemagne | 160.000 | 139.000 | 123.000 |
| Autriche | 65.459 | 48.767 | 36.000 |
| Luxembourg | 1200 | 1200 (Total 207.852 | |
| Belgique | 28.518 | 28.518 | Total:124.500 |
| France | 76.134 | 73.134 | |
| Pays-Bas | 102.000 | 102.000 |
| Danemark | 116 | 116 | Total:1000 |
| Norvège | 758 | 758 |
| Italie | 8564 | 5914 | 9000 |
| Albanie | ? 200 | ? 200 | 0 |
| Grèce | 58.885 | 58.885 | 53.000 |
| Yougoslavie | 60.000 | 60.000 | 56.000 |
| Hongrie | 550.000 | 277.000 | 71.000 |
| Tchécoslovaquie | 143.000 | 164.000 | 112.000 |
| Roumanoe | 211..214 | 107.295 | 3742 |
| Bulgarie | 11.393 | 0 | -7600 |
| Pologne | 2.700.000 | 1.800.000 | 516.511** |
| Union Soviétique | 2.100.000 | 2.890.000 | 15.000* |
| TOTAL | 6.277.441 | 5.759.745 | 1.113.153 |
Aux pages 15 et s. de son livre Benz présente pour chaque pays le nombre de victimes sur lequel les coauteurs de son livre sont tombés d'accord. Ce sont ces chiffres que nous reproduisons dans le tableau ci-dessus, à ceci près que pour l'Italie et la Grèce nous avons repris les chiffres donnés dans les études particulières sur ces deux pays, car les chiffres, un peu différents, qui figurent dans la synthèse de Benz (6.513 pour l'Italie et 59.185 pour la Grèce) ne se retrouvent pas dans les monographies.
La différence entre le nombre total de victimes indiqué par Benz et celui que nous obtenons en évitant les comptes doubles est de 517.656. En raison des arrondissements statistiques, l'écart entre ce chiffre et celui de 533.193 comptes doubles que nous avons établi plus haut est négligeable. Il est donc prouvé que Benz dans son ouvrage tenu pour classique, a compté deux fois un demi-million de victimes, ce qui entache son total d'une erreur de près de 10% en excès. Cela n'aurait pas dû se produire si Benz s'était donné la peine de coordonner les différentes contributions qu'il éditait. Notons toutefois que dans son introduction il dit que le nombre de victimes de l'Holocauste serait compris entre 5,3 et un peu plus de 6 millions (12).
Les différences importantes entre Benz et Sanning concernent trois pays : la (grande) Hongrie, la Pologne et l'URSS. A propos de ces trois exemples nous avons montré en détail la fausseté, peut-être intentionnelle, des méthodes par lesquelles Benz et ses coauteurs ont traité les statistiques pour arriver aux résultats qu'ils souhaitaient.
4.2. La répartition officielle des victimes
| CAMP | Nombre de morts selon l'Inst. de Munich | Méthode | Nombre de morts selon BENZ |
| Chlmno | 150.000 | Camions (CO) | 152.000 |
| Belzec | 600.000 | gaz d'échappement (CO) | 600.000 |
| Sobibor | 200.000 | idem | 250.000 |
| Treblinka | 700.000 | idem | 900.000 |
| Ausch-Birkenau | + de 1.00.000 | Zyklon B | 1.000.000 |
| Mauthausen | 4000 | Zyklon B | |
| Neuengamme | 450 | Camions (CO) | |
| Natzweiler | plusieurs milliers | Zyklon B | |
| Stuthof | 200 | idem |
| Ravensbrück | plus de 1000 | Zyklon B | |
| Dachau | 2300 gaz.ages expérimentaux | Zyklon B | |
| Total ca. | 2.710.000 | 3.000.000 | |
| Total victimes ca. | 6.000.000 | 6.000.000 | |
| Reste ca. | 3.290.000 | 3.000.000 |
Que l'on diminue constamment le nombre des victimes du camp d'Auschwitz, censé avoir été le plus grand camp d'extermination, mais que le nombre total des victimes de l'Holocauste reste inchangé, certains - -- -- par exemple le prof. E. Nolte (53)- -- -- pensent que cela légitime un certain scepticisme. Les choses deviennent grotesques quand, dans le moment même où l'on abaisse le nombre des victimes d'Auschwitz, le Mémorial israélien Yad Vashem trouve urgent d'annoncer que des recherches récentes dans les archives soviétiques auraient prouvé que les fusillades massives à l'arrière du front auraient tué 250.000 juifs de plus qu'on ne le pensait jusqu'alors, de sorte qu'il faudrait chiffrer les victimes à 6,25 plutôt qu'à 6 millions (54).
Pourtant, si le chiffre des victimes d'Auschwitz diminue constamment mais que le nombre total des victimes reste identique ou même augmente, on doit se demander où les victimes sont mortes, se ce n'est pas dans les chambres à gaz. Pour résoudre cette difficulté on peut par exemple essayer d'augmenter les chiffres des victimes des autres camps. Le nombre des victimes du camp de Treblinka avait été jusqu'ici évalué entre 700.000 et 900.000 (55). Benz les chiffre maintenant à 1 ou 1,2 million (B468), en y comptant 974.000 juifs polonais (B495). Ainsi Treblinka avec plus d'un million de victimes devient chez Benz plus important qu'Auschwitz : voilà une tendance toute nouvelle dans la recherche historique.
Une fois le nombre des victimes d'Auschwitz abaissé largement en dessous d'un million, les 5 à 6 millions restants doivent être répartis en d'autres lieux d'exécution. Le tableau ci-dessus indique la répartition telle que l'officiel Institut für Zeitgeschichte (Institut d'histoire contemporaine) la donnait jusqu'à une date récente (56).
Il est intéressant que cet Institut soit revenu sur la déclaration de son ancien directeur, M. Broszat, selon laquelle il n'y avait pas eu de gazages dans les camps de concentration de l'ancien Reich (36). Si les installations de Dachau, Sachsenhausen, Ravensbrück etc. (57) entrent de nouveau en ligne de compte, c'est peut-être parce que l'Institut a compris qu'il ne faut jamais avouer partiellement un mensonge, de peur d'être complètement démasqué.
Les chiffres donnés dans la dernière colonne, qui sont ceux que l'on trouve chez Benz, proviennent d'une publication nettement plus ancienne de l'Institut für Zeitgeschichte (58). On peut se demander pourquoi il ne s'est pas référé à des chiffres plus récents du même institut.
Il serait également intéressant de voir comment les historiens expliquent la différence d'au moins trois millions entre le nombre de victimes des chambres à gaz que fournit ce tableau (2.700.000 ou 3.000.000) et le nombre total d'environ six millions de victimes. Si conformément aux nouvelles tendances on diminue le nombre de victimes d'Auschwitz et augmente en même temps le nombre total des victimes, il y a même quatre millions de morts à répartir ailleurs que dans les lieux d'exécution figurant dans le tableau. La légère augmentation que Benz apporte au nombre des victimes du camp de Treblinka en le faisant passer de 700.000 à 1,2 million (B468) ne résout pas le problème et est en contradiction avec les chiffres de l'Institut für Zeitgeschichte donnés plus haut. Pour tuer les 3 ou 4 millions de victimes juives manquantes, la faim, les épidémies, les fusillades par les Einsatzkommandos etc. n'auraient pas suffi. De telles masses humaines, de l'ordre de grandeur de la population d'une capitale comme Berlin, ne disparaissent pas sans traces. Il n'est donc pas étonnant que l'ouvrage de Benz n'indique pas où les victimes absentes du tableau seraient mortes.
4.3. L'exode -- le retour des manquants
| PAYS | après-guerre | avant-guerre |
| Palestine | 73.000 (45-48) | 293. (32-44) |
| Israël | 585.000 (48-70) | |
| Etats-Unis (59) | 490.000 | 406. (33-43) |
| Amérique latine, Canada | 15.000 | 180.000 (années 30) |
| Australie, Angleterre, Afrique du Sud | 250.000 | 90.000 (années 30) |
| TOTAL | 1.548.000 | 969.000 |
Benz ne consacre pas un seul alinéa au problème de l'émigration juive hors d'Europe après la seconde guerre mondiale. Mieux encore: il ne signale même pas les déplacements des populations juives d'Europe qui eurent lieu après cette guerre et qui sont restés connus sous le nom d'exode. Les auteurs des dix premières contributions évitent toute allusion à l'émigration d'après-guerre ; d'autres (Grèce et Yougoslavie) se mettent une feuille de vigne en avouant quelques centaines ou milliers d'émigrants pour cette période.
Comme Benz prend essentiellement pour nombre de victimes la différence entre les chiffres d'avant et d'après la guerre, cela doit provoquer de graves erreurs. Sanning, au contraire, donne les chiffres de l'immigration juive dans les pays non européens. Ces chiffres, reproduits dans le tableau ci-dessus (S231), n'ont jamais été contredits, de sorte qu'on peut les tenir pour corrects.
Sanning prouve qu'en 1970 dans l'Europe qui avait été sous domination allemande, à l'exception de l'URSS, il y avait encore environ 860.000 juifs (S232). Comme la population juive d'Europe de l'Ouest avait après la guerre un taux d'accroissement à peu près nul et que l'émigration d'après-guerre représente environ 1,548 million de juifs (voir tableau ci-dessus), il devait y avoir juste après la guerre au moins 2.408.000 juifs vivants dans la partie de l'Europe qui avait été sous domination allemande, à l'exception de l'URSS.
D'après les recherches de Sanning les statistiques faites immédiatement après la guerre n'ont retrouvé dans cette partie de l'Europe que 1.443.000 juifs (S207) ; si l'on ne tient pas compte de l'émigration hors d'Europe ce chiffre fait conclure à 1,1 million de manquants (voir tableau p. 158). Benz, lui, chiffre les juifs recensés immédiatement après la guerre dans la partie considérée de l'Europe à 1,2 ou 1,3 millions. La différence entre le nombre des juifs signalés par les statistiques de l'immédiat après-guerre et le nombre d'environ 2,4 millions de survivants (que l'on déduit des chiffres de 1970 donnés par Sanning) est de 1 ou 1,2 million ; cette différence doit avoir émigré sans être enregistrée. Si l'on met ces émigrations non déclarées en relation avec les 1,1 million de juifs que Sanning désigne comme manquants pour la partie considérée de l'Europe, il devient impossible, vu les grandes marges d'incertitude des chiffres, de fonder sur les résultats de Sanning une réponse sûre aux questions : y eut-il des juifs qui moururent de façon non élucidée sous le Troisième Reich et, dans l'affirmative, combien? En termes statistiques : comme les marges d'incertitude des chiffres disponibles dépassent de milliers, des pertes du même ordre de grandeur ne peuvent être mises en évidence. Quoiqu'il en soit, ce qui précède montre que pendant la guerre la population juive de la partie de l'Europe dominée par les Allemands, à l'exception de l'URSS, n'a très vraisemblablement pas subi des pertes chiffrables en millions.
| Point de base BENZ | A déduire | Raison |
| 5,3 à 6 millions | min. 1 mill. | émigration non-enregistrée après la guerre |
| min. 1,5 mill. | statistiqyement non-calculés en URSS | |
| min 0,5 mill. | victimes de la gurre, lutte contre les partisans et déportation soviétique | |
| 0,7 mill. | excès statistique dans la Pologne d'après-guerre | |
| min. 0,3 mill. | concerne les juifs hongrois |
En retirant les émigrations non enregistrées --
environ 1.000.000 -- des 5,3 à 6 millions de victimes trouvées
par Benz, on obtient 4,3 à 5 millions de victimes. Il faut
encore retirer de ce chiffre la différence entre le nombre
de juifs soviétiques indiqué par les statistiques
soviétiques d'après-guerre et le nombre réel
(différence d'environ 1,5 million), le nombre des juifs
morts en d'autres circonstances en URSS (déportations,
guerre, lutte contre les partisans, au moins 500.000), le nombre
de juifs polonais d'avant-guerre (700.000) qu'on a ajouté
au nombre réel, ainsi que le nombre des juifs hongrois
indûment comptés comme morts (300.000), ce qui fait
en tout 3 autres millions. Ainsi, il ne resterait du chiffre de
Benz qu'au plus 1,3 à 2 millions de cas non élucidés.
5. La population juive mondiale
Voilà encore un sujet que Benz, conséquent avec lui-même, évite soigneusement. Sanning, au contraire, se donne la peine d'étudier le développement mondial de la population juive depuis l'avant-guerre jusqu'à nos jours. Il fait remarquer entre autres que les statistiques officielles d'après-guerre semblent confirmer l'Holocauste (S255). Toutefois, elles impliquent que la population mondiale juive hors de l'URSS eut dans les premières décades suivant la guerre un taux d'accroissement qui, normalement, na caractérise que les pays en voie de développement ou les populations campagnardes (S260). Comme presque partout dans le monde, la quasi-totalité des juifs habite en villes et qu'ils appartiennent pour la plupart aux classes moyennes ou même à la haute société, ce qui ferait attendre une natalité faible, les chiffres semblent douteux. Après un examen minutieux des statistiques de population, Sanning arrive aux conclusions que nous avons citées au début de cette étude et sur lesquelles nous ne reviendrons pas, puisque personne, apparemment, n'a d'arguments à leur opposer.
6. Contrôles statistiques
6.1. Le sort de 722 personnalités juives
A la fin des années 80 le démographe suédois Carl O. Nordling (60) a fait une étude statistique sur le sort des juifs pendant la seconde guerre mondiale en examinant le cas des personnalités juives figurant dans l'Encyclopaedia Judaica (61). Pour cela il a sélectionné 722 juifs, nommément désignés, dans 12 pays européens (62) qui furent sous pouvoir ou sous influence allemande pendant la seconde guerre . Les critères du choix ont été les suivants :
Sur ces 722 juifs, 317 (44%) ont émigré, surtout jusqu'à la fin de 1941 et 256 (35%) n'ont subi aucune mesure d'internement. En tout, 95 (13%) de ces personnalités juives sont mortes à cette époque, dont 57 (8%) dans les camps de l'Est, ou en des lieux et des circonstances inconnus. C'est dans ces 8% qu'outre les décès causés par les épidémies, les transports et la faim, il faudrait chercher les exterminations massives.
Pour les juifs polonais on obtient les chiffres suivants (63). Sur les 65 personnalités juives signalées l'Encyclopoadia Judaica comme se trouvant en Pologne le 1.1.1940, 13 (20%) émigrèrent, 14 (22%) survécurent, 38 (58%) moururent. Toutefois, sur ces 38 décédés il y e eut 23 (60% des décédés) qui moururent non pas dans les camps de l'Est, mais en liberté, dans de ghettos, dans les convois, les combats ou les opérations de représailles ou qui succombèrent à la faim et aux épidémies dans les camps de l'Ouest (Dachau, Nordhausen). C'est seulement dans 15 cas, donc pour 23% des personnalités polonais que le décès est survenu en un lieu ignoré ou dans un camp de l'Est ; il faut noter que dans ce dernier cas aussi, une partie des décès est due à la faim, aux épidémies et aux conditions inhumaines des transports à la fin de la guerre. Donc, même parmi les personnalités polonaises, les victimes d'une hypothétique extermination massive représentent vraisemblablement moins de 15%. Benz, au contraire, suppose que sur les juifs polonais présents en Pologne en 1940, qui, d'après lui se chiffraient à 2 millions, 80 ou 90% furent tués dans les chambres à gaz des camps d'extermination (B495).
Dans une autre étude Nordling confronte ses résultats statistiques à ceux de Sanning (64) ; nous reproduisons dans le tableau ci-dessous le détail de cette confrontation.
On constate dans de larges domaines une nette similitude entre les pourcentages, ce qui montre que les résultats de Sanning concordent avec les renseignements qu'on peut tirer de l'Encyclopaedia Judaica sur le sort des personnalités juives. Il est frappant de plus qu'entre 1939 et 1941 la possibilité ou le désir d'émigrer ait été moindre, apparemment, chez les personnalités juives que dans la population juive moyenne.
Avant de considérer les résultats statistiques de Sanning comme confirmés, il semble toutefois nécessaire d'étudier de la même façon d'autres groupes de population juive que celui des personnalités signalées par l'Encyclopaedia Judaica, pour éviter les possibilités d'erreur suivantes :
1. L'admission de personnalités juives dans l'Encyclopaedia Judaica de 1972 peut dépendre du sort qu'elles ont connu pendant et après la guerre :
a) Ainsi, certains juifs peuvent être mentionnés pour le seul motif qu'ils sont morts du fait des persécutions allemandes. Exemples : J. Korczak (1879-1942) a fait l'objet d'un article parce qu'il a accompagné volontairement un groupe d'enfants à Treblinka : la religieuse E. Stein (1891-1942) a été citée à cause de sa mort. S'ils avaient survécu, ils n'auraient sans doute pas figuré dans l'encyclopédie.
b) Certains juifs, au contraire, n'ont été signalés que parce qu'ils ont survécu à la guerre et sont devenus ensuite des personnalités connues. Par exemple, P. Mendès-France (* 1907) n'était avant la guerre qu'un obscur sous-secrétaire d'Etat.
2. Les relations que les personnalités juives avaient à l'étranger ou leurs avantages financiers pouvaient leur rendre l'émigration plus facile qu'aux citoyens ordinaires. Il est vrai toutefois que de nombreux juifs de cette catégorie avaient déjà émigré avant le début de la guerre.
3. Il était moins facile aux juifs connus qu'aux autres de changer d'identité, de se cacher, de fuir ou d'émigrer illégalement. Le calvaire des personnalités est donc plus facile à reconstituer que le sort des juifs moyens.
4. Il est possible que les personnalités juives en raison de leurs plus grands engagements sociaux et politiques aient subi pendant la guerre des mesures plus restrictives de la part des occupants allemands.
6.2. Les rapports Korherr
Richard Korherr était le principal statisticien du Troisième
Reich. Au début de 1943 il fit, à la demande de
Himmler, un rapport qui devrait être présenté
à Hitler sur l'évolution des chiffres de population
juive en Europe depuis la prise de pouvoir par les nazis. Après
plusieurs entretiens et une correspondance avec Himmler, Korherr
fit un second rapport, différent du premier et, notamment,
plus bref (67). Ces
deux rapports et les lettres qui les concernent sont considérés
comme des preuves capitales de l'Holocauste, sur base des quelles
par exemple G. Wellers croyait pouvoir établir qu'à
la fin de mars 1943 l'Holocauste avait déjà fait
2 millions de victimes (68).
Notons tout de suite que ni dans les
rapports de Korherr ni dans la correspondance dont ils font l'objet
(et qui n'était destinée qu'à Himmler et
à Hitler), rien n'indique qu'une extermination des juifs
européens soit projetée ou ait eu lieu, ce qui est
assez étonnant, car ce n'est pas à Himmler ou à
Hitler qu'on aurait eu besoin de cacher ces choses. Ce que dit
le rapport c'est qu'environ 2 millions de juifs furent évacués
à l'Est. Korherr déclare:
"On peut estimer que depuis 1937 jusqu'au début de 1943 le nombre des juifs en Europe a diminué de 4 millions sous l'effet de l'émigration, de la mortalité juive en Europe centrale et occidentale et des évacuations, surtout vers les territoires de l'Est ??? évacuations que nous comptons ici comme une diminution (69)."
Pourquoi Korherr signale-t-il qu'il compte que les évacuations
comme une diminution? Cela ne peut avoir un sens que si les juifs
évacués n'ont pas vraiment quitté l'Europe
mais sont pourtant considérés comme éloignés.
N'étaient-ils donc pas morts? S. Challen a été
intrigué non seulement par ce membre de phrase et par l'absence
de tout indice d'un meurtre massif dans ces documents strictement
réservés à Himmler et à Hitler, mais
aussi par le fait que le statisticien considéré
comme le meilleur d'Allemagne ait camouflé d'évidentes
erreurs de son rapport (70).
Ainsi Korherr écrit dans sa conclusion que la diminution de 5 millions subie par la population juive entre 1933 et 1943 est due pour moitié à l'émigration vers d'autres continents, mais on ne trouve dans le détail de ses chiffres qu'environ 1,5 million de juifs émigrés. Il en manque donc 1 million. Dès lors se pose la question: pourquoi le meilleur statisticien d'Allemagne a-t-il, dans un rapport secret destiné à Hitler, tiré une conclusion qui contredit ses données? D'ailleurs, si on ajoute le total des catégories recensées par Korherr aux juifs dispersés dans le monde en 1943, on obtient un chiffre à peine inférieur aux effectifs d'avant-guerre ; cela seul exclut déjà un meurtre massif. Ces motifs ont incité S. Challen à examiner le rapport de près et il s'est persuadé que, sur ordre de Himmler, Korherr a dans le corps de son travail diminué d'un million le chiffre de l'émigration et grossi d'un million le nombre des juifs évacués vers l'Est. Himmler a d'ailleurs écrit dans une lettre que ce rapport serait utile pour le camouflage (71). Challen arrive à la conclusion, bien fondée, que Himmler voulait cacher à Hitler qu'à l'Est une grande partie des juifs polonais et russes avait échappé aux Allemands par la fuite et grâce aux mesures soviétiques d'évacuation. Selon les calculs que Challen fait sur base des chiffres de Korherr, les juifs subirent pendant la seconde guerre mondiale des pertes s'élevant environ à 1,2 million de personnes, dont environ 750.000 dans les territoires sous pouvoir allemand.
Ainsi, les rapports Korherr sont finalement une confirmation des chiffres obtenus par Sanning quant au sort des juifs d'Europe de l'Est. En tout cas ils n'apportent pas la moindre preuve à l'appui de l'hypothèse du meurtre de masse.
6.3. Les réparations
On entend souvent demander si le nombre des demandes juives de réparations ne permettrait pas de savoir combien de juifs ont survécu à la domination du Troisième Reich. En réalité, on rencontre dans cette recherche des difficultés insurmontables. Certes, le Ministère fédéral des Finances délivre à qui le demande des renseignements détaillés sur les réparations versées aux victimes du Troisième Reich. Ainsi, à la date du 1er juillet 1979, environ 4,3 millions de personnes avaient demandé des réparations ; aujourd'hui le Ministère Fédéral des Finances parle d'environ 4,4 millions de demandes (72). Toutefois, plusieurs raisons empêchent de tirer des conclusions de ce chiffre. Tout d'abord, le Ministère n'enregistre pas la religion des demandeurs, de sorte qu'on ne peut savoir quelle est la proportion des juifs parmi eux. Deuxièmement, la moitié environ des demandes ont été rejetées, sans qu'on sache clairement si c'est parce que le demandeur n'a pas été sous la domination du Troisième Reich ou parce que, bien qu'étant par exemple de confession juive, il n'a pas subi de dommages. Les cas de refus rendent donc la statistique impossible. Troisièmement, le Ministère des Finances ne dénombre pas les demandeurs, mais les demandes. Comme chaque type de réparation (pour atteintes à la vie, à la santé, aux biens, aux aptitudes, à l'avancement professionnel etc.) est demandé séparément, un même demandeur peut très bien avoir fait plusieurs demandes. Inversement, il est courant qu'une seule demande soit faite par toute une famille ou par une collectivité humaine encore plus importante. Il faut considérer de plus que jusqu'à une date récente les juifs d'Union soviétique ne pouvaient pas bénéficier d'indemnités et n'étaient donc pas inclus dans les statistiques. Enfin, une revue américaine a signalé qu'environ une moitié seulement des survivants de l'Holocauste reçoit des indemnités de l'Allemagne (73). Pour toutes ces raisons les données statistiques disponibles jusqu'ici sur les demandes de réparations n'apportent pas de réponse aux questions démographiques.
7. Conclusions
Les recherches de Sanning sur les états d'Europe centrale et occidentale ne reposent pas sur les bases statistiques les plus sûres possible. A ce point de vue le matériel de Benz est meilleur.. De plus, Sanning et Benz traitent tous deux de façon inadéquate le problème des "Geltungsjuden" (juifs au sens des lois raciales de Nuremberg). Alors que chez Benz chaque coauteur procède à sa guise, Sanning ne s'occupe de ce problème qu'en passant.
D'autre part, les conclusions sur le nombre des victimes de l'Holocauste dépendent dans une mesure décisive des recherches sur les populations de Pologne, d'URSS et de Hongrie, ainsi que sur l'émigration d'après-guerre. Ici, le travail de Benz est en dessous de tout. Pour nous faire une opinion sur les deux ouvrages, considérons le graphique 1. La hauteur du graphique représente le nombre des juifs qui se trouvaient avant la seconde guerre mondiale dans ce qui allait être la zone de pouvoir du Troisième Reich. En gros, Benz soustrait de ce nombre de départ le nombre des juifs qui ont émigré officiellement pendant et après la guerre et pense obtenir ainsi le nombre des victimes de l'Holocauste.
Il met sur le compte des Allemands les victimes juives des mesures soviétiques de déportation et de détention, celles de pogromes, qui étaient commis sans l'aide ni même la tolérance des troupes allemandes, celles des bombardements alliés et du service de travail, celles qui tombèrent dans les rangs des partisans ou des armées soviétiques.
Graphique 1 : représentation schématique des méthodes suivies par W. Benz et par W.N. Sanning pour déterminer le nombre des victimes de l'Holocauste. La hauteur de la partie de colonne occupée par une catégorie n'est pas proportionnelle au nombre de cas correspondants.
Comme il ne s'agit pas dans tout cela de faits punissables d'homicide volontaire ou involontaire commis par des Allemands, cette méthode de maximalisation des victimes est malhonnête. Sanning exclut ces victimes de son analyse ; c'est à juste titre, sauf pour les exécutions régulières de partisans, difficiles à chiffrer et à distinguer d'éventuelles exécutions irrégulières.
De même Benz néglige presque complètement de déterminer les pertes de population, réelles ou apparentes, résultant de causes civiles telles que la mortalité naturelle, les conversions religieuses, l'émigration clandestine pendant et surtout après la guerre et les lacunes des statistiques actuelles. En particulier, il passe sous silence la migration massive et en partie incontrôlée d'après-guerre, comme sous le nom d'exode, le fait aujourd'hui généralement admis que les statistiques soviétiques ne recensent qu'une partie des juifs vivant en Union soviétique, et le fait que les juifs polonais, en raison de l'émigration d'entre les deux guerres et du vieillissement de population qui en résulta, devaient avoir un taux de mortalité élevé pendant la guerre.
En ce qui concerne les évacuations soviétiques, l'évolution de la population juive en Pologne et le nombre des juifs polonais qui prirent la fuite, il souligne qu'il n'y a pas de chiffres sûrs et qu'on doit se contenter d'estimations. Puis, en quelques phrases et sans la moindre justification il présente ses estimations à lui, qui sont tout à fait fausses. Bien qu'il reconnaisse que précisément dans ce domaine des recherches soient nécessaires, il les esquive. A la place il nous donne avec une violence verbale quasi irrépressible un tableau de l'histoire ancienne des juifs et des mesures antijuives de tous les pays, ce que d'autres auteurs ont déjà fait abondamment et parfois nettement mieux, et qui ne concerne en rien l'objectif que Benz s'est fixé.
Les résultats de recherches récentes sont eux aussi complètement négligés, comme par exemple les conclusions que l'examen de photos aériennes a permis de tirer sur la supposée extermination des juifs hongrois. Pire : sur les supposées méthodes d'extermination, Benz répète les vieilles affirmations réfutées depuis longtemps, sans tenir compte que dans ce domaine seuls les techniciens et les scientifiques sont compétents.
Enfin Benz et ses collaborateurs citent sans le moindre réserve critique des sources staliniennes et communistes, même quand elles proviennent notoirement de procès-spectacles, et ils emploient sans scrupules la terminologie stalinienne, ce qui les met dans un jour douteux et peu scientifique.
De plus, quatorze des historiens considérés comme les meilleurs spécialistes au monde quant à la question traitée (74) n'ont apparemment pas été capables de s'entendre sur la délimitation des territoires étudiés dans les divers chapitres, pour éviter qu'un demi-million de victimes ne soient comptées deux fois.
Ainsi, le jugement qu'ils ont porté sur d'autres retombe sur eux-mêmes :
"[...] presque tous les autres travaux sur l'Holocauste laissent croire que le nombre des victimes pourrait se déduire immédiatement [...] de la diminution du nombre des juifs (recensés)" (B408)
"[...] L'auteur (appliquons ceci à Benz et à ses collaborateurs) brille par un usage méthodiquement illicite du matériel statistique et par des combinaisons et des conclusions dont la hardiesse n'a d'égale que la démontrable fausseté." (B558, note 396)
Sanning commet comme Benz l'erreur de mettre les chiffres statistiques sur le trébuchet. En raison de l'incertitude de ces chiffres, il est impossible de dire de façon assurée combien de centaines de milliers de juifs ont perdu la vie dans les régions contrôlées par les Allemands. Le nombre de ces victimes est inférieur aux marges d'erreur des données statistiques. Jusqu'ici, les seuls chiffres qu'on peut considérer comme sûrs sont ceux que donne le Comité International de la Croix-Rouge. Comme on le sait, son service spécial d'Arolsen enregistre tous les décès dûment attestés survenus dans les camps de concentration du Troisième Reich. A la date du 31.12.1988, ce service avait connaissance de 289.597 décès, dont la répartition est indiquée dans le tableau qui suit.
Il est vraisemblable que les juifs constituent environ la moitié du total. Toutefois il faut noter que ce total ne représente pas tous les cas. Les camps de Chelmno, Belzec, Sobibor et Treblinka sont laissés hors de compte, de même que les victimes mortes dans les ghettos. Enfin, on observera que d'après les Sterbebücher (registres mortuaires), les décès survenus à Auschwitz jusqu'à la fin de 1943 atteignent à eux seuls le nombre de 66.000 (75) et que les Américains chiffrèrent à 25.000 le nombre des détenus morts dans le camp de concentration de Dachau rien que pendant la guerre (76). Estimé de façon réaliste le nombre des victimes doit donc avoir été au moins deux fois plus élevé que celui des décès enregistrés à Arolsen. D'ailleurs, d'après des indications récentes, le nombre des victimes enregistrées nominalement s'élèverait à 450.000 (77). La part des juifs dans ce nombre est indubitablement la plus importante mais reste pour l'instant impossible à préciser.
Quoiqu'il en soit, la moisson de la mort a été grande.
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1948.
Le Onze tiret un
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