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Notes du premier chapitre de
P. Rassinier, Les responsables de la seconde guerre mondiale, 1967


1. L'Allemagne était, constitutionnellement, une république parlementaire. Le mot « République » ne figurait pourtant pas dans sa constitution votée à Weimar le 11 août 1919. C'est, sur la proposition du Dr. Preuss chargé de la rédiger, le mot « Reich » qui lui avait été préféré par l'Assemblée spécialement élue pour l'élaborer. Et le mot « Reich » qui signifie « empire » était le nom de l'ancien régime : le ler Reich. La République dite de Weimar était le second. D'essence républicaine l'Allemagne avait donc tenu à rester un « empire » et ses institutions avait donc gardé les noms qu'elles avaient dans l'Empire : Reichstag (Chambre d'empire), Reichsrat (Conseil d'empire), Reichspräsident (Président d'empire), Reichskanzler (Chancelier d'empire), etc. Ceci était lourd de signification politique en ce qu'ainsi se traduisait la nostalgie à peu près générale de l'ancien régime, - même chez les sociaux-démocrates. Quand ils fondèrent une ligue pour la défense des institutions contre le nazisme et le communisme à l'occasion des élections présidentielles, ils l'appelèrent « Reichsbanner » ou « Bannière d'Empire ». Le mot « République » n'apparut dans la Constitution allemande et dans les institutions qu'en 1945 .


2. Le 1er mai 1921, la Commission des réparations créée par le Traité de Versailles avait fixé le chiffre total de la dette allemande à 132 milliards de Marks-or .


3. Pierre Renouvin : La politique intérieure et la vie économique après la guerre, Paris, Quillet 1927.


4. W.L. Shirer, Le Ille Reich des origines à la chute, t. 1, p. 133 (Paris, Stock).

Depuis 1945, on prétend, M. W.L. Shirer notamment, qu'avec ces sommes, l'Allemagne aurait pu faire face à l'apurement de sa dette de guerre et que, si elle ne l'a pas fait, c'est qu'elle ne l'a pas voulu. Au lieu de cela, avec cet argent, elle a ... développé ses services sociaux qui étaient le modèle du monde. Les administrations départementales et municipales finançaient, non seulement les améliorations nécessaires, mais aussi la construction d'aéroports, de stades et de somptueuses piscines. L'industrie qui, grâce à l'inflation, avait épongé ses dettes, refaisait son équipement et rationalisait ses méthodes de production. Celle-ci qui, en 1923, était tombée à 55 % du chiffre de 1913, atteignait 127 % en 1927. Pour la première fois depuis la guerre, le nombre des chômeurs tombait au-dessous du million : 650.000 en 1928. Pour la même année les ventes au détail marquaient une augmentation de 20 % par rapport à 1925 et l'année suivante, les salaires réels atteignirent un chiffre supérieur de 10 % à celui de 1925 également. Les petits bourgeois, tous les millions de boutiquiers et de petits salariés auprès desquels Hitler devait chercher un soutien, profitaient de cette prospérité générale. » (W.L. Shirer, op. cit. p. 133).

Question : totalement privée de débouchés extérieurs, qu'est-ce que l'Allemagne pouvait faire d'autre que de s'en créer un à l'intérieur pour occuper sa main d'oeuvre qui, autrement, se fût trouvée en chômage ?


5. La divergence entre la Social-démocratie et le Centre catholique, jusque-là dans la majorité du Chancelier Müller, s'était produite à propos de l'augmentation de l'assurance-chômage que les premiers proposaient tandis que les seconds, persuadés que tout commandait, alors, des économies se refusaient absolument à la voter. Il eût suffil que les Communistes, au programme desquels elle figurait pourtant, la votassent pour que le Chancelier Müller restât. Mais les Communistes, dont les Sociaux-démocrates étaient l'ennemi ri, 1, pensaient, à l'époque, qu'en provoquant l'indignation de la rue par les crises gouvernementales répétées ils ne pouvaient manquer d'être, un jour, portés au pouvoir. Ils pensaient aussi, que si cette tactique arrivait à porter au pouvoir un gouvernement d'extrême-droite, il leur serait plus facile de soulever les masses contre lui que contre la Social-démocratie. Ainsi, de 1919 à 1933, repoussèrent-ils par cette méthode, la majorité parlementaire vers la droite et l'extrême-droite. Dans l'accession de Hitler au pouvoir, on devra, le jour où on en recherchera sereinement les responsabilités, faire figurer en premier lieu, celle du Parti communiste en dépit des mines, trop facilement prises au sérieux par trop de gens, qu'il se donne d'avoir été, en toutes occasions et en tous lieux, l'étalon-or des valeurs démocratiques. En l'occurrence, le 29 mars 1930, il a écarté du pouvoir le chancelier Max Müller au profit de Brüning plus à droite. Plus tard, en 1932, il écartera Brüning au profit de Papen, par le même procédé, puis Papen au profit de Schleicher et finalement Schleicher au profit de Hitler .


6. Malgré cet article du Traité de St-Germain, l'article 61 de la constitution allemande de Weimar prévoyait « l'admission de représentants de l'Autriche au Reichstag et au Bundesrat, quand ce pays serait rattaché à l'Allemagne ». Les représentants de l'Allemagne à Versailles avaient refusé de l'en éliminer, ceux de l'Autriche, faisant contre mauvaise fortune bon cour, s'étaient inclinés .


7. La cour de la Haye se prononça pour la thèse de la France mais - tant le projet lui paraissait raisonnable ! - à une voix de majorité seulement .


8. Contre 1061670 le 1er juillet 1930. (Cf. supra, p. 22) .


9. Tirant les conséquences de son échec du 9 novembre 1923 (Putsch de Munich) Hitler s'était rabattu sur la conquête du pouvoir par les moyens légaux .


10. Voir note 1, p. 17 .


11. Duersterberg était le candidat du Parti national de Hugenberg qui disputait les suffrages de l'extrême-droite à Hitler et n'avait pas voulu se rallier à sa candidature .


12. Le nombre des députés au Reichstag n'était pas fixe : on votait à la proportionnelle et il dépendait du nombre des électeurs. Le 31 juillet 1932, il y avait quatre millions d'électeurs de plus que le 14 septembre 1930 : moins d'abstentionnistes, ceux qui avaient, entretemps, atteint l'âge, plus le flot ininterrompu de nouveaux électeurs qui venaient des 104.000 km2 que le Traité de Versailles avait distraits de l'Allemagne (de Pologne notamment) et qui recouvraient automatiquement la nationalité allemande, s'ils la réclamaient, dès qu'ils arrivaient dans le pays. De 491 le 14 septembre 1930, le nombre des députés était passé à 608 le 31 juillet 1932. Il passa à 640 le 5 mars 1933.


13. Déclaration de Otto von Meissner, chef de la chancellerie présidentielle à Nüremberg. (Mémoires. )


14. Sûrs que les Nationaux-socialistes s'associeraient aux Communistes pour renverser le Gouvernement, le Président du Reich et le Chancelier s'étaient mis d'accord pour dissoudre le Reichstag avant le vote, de telle sorte que le Centre catholique ne se présentât pas devant le corps électoral sur un échec devant cette assemblée. Le décret de dissolution avait donc été signé et remis à Papen avant l'ouverture de la séance, mais celui-ci l'avait oublié à la chancellerie. Il l'envoya quérir pendant la suspension de séance qui précéda le vote. Et, à la reprise, quand il voulut le lire, Goering, président du Reichstag, faisant semblant de ne pas le voir, ne lui donna pas la parole. On s'est beaucoup gaussé de cet incident excipant de la légèreté de von Papen et de l'abus de pouvoir de Goering. A tort en ce qui concerne l'abus de pouvoir de Goering - le vote ayant été annoncé avant la suspension de la séance, le règlement du Reichstag s'opposait à ce qu'on n'y procédât point et c'était parfaitement le droit de Goering de refuser la parole à von Papen, même en le voyant. Ce n'était pas très fair play, c'est tout. Mais, généralement, quand on fait une révolution, on ne s'inquiète pas trop des bons usages.

15. W.L. Shirer, Le Ille Reich des origines à la chute, Paris (Stock )

16. On en conclut un peu hâtivement que Mgr Kaas exprimait l'opinion de la hiérarchie catholique allemande et du Vatican. En fait, il parlait en homme affronté à un problème de gouvernement et, dans la hiérarchie catholique, il était alors, à peu près seul de son avis : le 28 février suivant, à la veille des élections du 5 mars 1933, l'épiscopat catholique réuni à Fulda, excommuniait encore à l'unanimité les candidats nationaux-socialistes et recommandait au corps électoral de ne pas voter pour eux. Il n'est pas indifférent de souligner - surtout après Le Vicaire de M. Rolf Hochhuth - qu'on fit porter la responsabilité de la décision de Mgr Kaas, non sur Pie XI, alors pape, mais sur son secrétaire d'État, le cardinal Pacelli (futur Pie XII). En réalité, la décision de Mgr Kaas lui était dictée par l'attitude du parti communiste. La hiérarchie catholique ne vira de bord, à Fulda toujours, qu'après un discours prononcé par Hitler le 21 mars, dans des circonstances sur lesquelles nous reviendrons, et Pas pour longtemps . le 28 octobre 1933, elle était, de nouveau, dans l'Opposition.


17. Dans la foule on remarquait, au premier rang, le Pasteur aujourd'hui crypto-communiste et Éminence Grise des épurateurs de l'Allemagne fédérale, Martin Niemöller, accompagné de sa femme et d'un de ses fils. Il n'était pas le moins enthousiaste .


18. Les anarchistes sont seuls à ne pas l'admettre mais, ne connaissant ni Proudhon, ni Bakounine, ni Kropotkine, ni Élisée Reclus etc. leurs représentants actuels comptent pour si peu qu'on peut dire qu'il s'agit là d'un principe à peu près universellement admis .


19. On peut même dire que Hitler fut désigné pour le poste de chancelier du Reich par beaucoup plus que 52 % du corps électoral. Le 2 mars, deux jours avant le scrutin, Mgr Kaas, président du Centre catholique et de son groupe parlementaire, tint à Cologne, SOUS la présidence de celui qui fut plus tard le chancelier Adenauer, qui en était alors le bourgmestre et qui l'approuvait chaleureusement, une grande réunion publique au cours de laquelle il exposa le programme de son parti, et qu'étant donné l'attitude des communistes, il n'y avait pas d'autre chancelier possible que Hitler. Seulement, il ne lui accordait pas inconditionnellement les pleins pouvoirs : il disait avoir voir obtenu de lui des assurances sur 14 points qui équivalaient, dans leur ensemble au respect des règles parlementaires. Dans toute l'Allemagne, les candidats du Centre catholique tinrent le même langage au corps électoral. te jour venu du vote des pleins pouvoirs au Reichstag, les députés du Centre catholique les lui accordèrent au bénéfice de sa déclaration qui ne les réclamait que limitativement .


20. C'est à partir de ce désir publiquement formulé par Hitler que, par l'intermédiaire de Mgr Kaas et de Papen, la diplomatie allemande entreprit, au Vatican, les démarches qui devaient aboutir à la signature du Concordat. Cette précision est donnée à l'intention de ceux qui croient comme le prétend M. Rolf Hochhuth dans son Vicaire que l'initiative du Concordat a été prise par le Vatican et plus spécialement par le cardinal Pacelli (futur Pie XII) en son nom .


21. La statistique officielle du 1er janvier 1933 disait 5.598.855 .


22. Les Communistes ne revinrent au Reichstag qu'à 81 contre 100.

Il est vrai que le 3 février, d'ordre gouvernemental, toutes les réunions publiques leur avaient été interdites et que, le 28 février, leudemain de l'incendie du Reichstag, Hitler avait obtenu, du Président Hindenburg, un Décret présidentiel qui interdisait le Parti communiste et lui permettait de faire arrêter tous les membres de l'opposition qu'il jugerait dangereux pour la sécurité de l'État .


23. Chiffres données par W.L Shirer, Le IIIe Reich des origines à la chute, Ed. française p. 211 (chez Stock à Paris) .


24. C.R. des Débats de Nüremberg, Doc. P.S. 3726, t. V, p. 123 (Ed. française) .


25. « ... l'affreuse hécatombe dont le peuple allemand tout entier, unanimement groupé autour du Chef qu'il a plébiscité avec enthousiasme, porte la seule responsabilité » (Wladimir Jankelevitch, Combat, 9 juin 1965). Il ne se passe pas de jour que, sous cette forme ou sous une autre et sous diverses signatures, cette opinion ne se retrouve dans toutes les publications de la grande presse.


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