AAARGH

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Analyse de l'AAARGH

Sur le Jugement de M. Gray



 



David Irving a demandé au tribunal de dire qu'il n'était pas révisionniste (denier). Il ne s'est donc pas défendu en tant que révisionniste. Il a refusé la coopération des révisionnistes. Il a tenté de marcher debout sur la ligne de crête qui sépare les positions révisionnistes et les tranchées holocaustiques en train d'échanger des tirs à longue portée. Il est emporté par une salve tirée du camp des Zolos. Il est condamné en tant que révisionniste et comme un révisionniste. Il veut faire appel. En tant que quoi? La position qu'il a occupée pendant le procès est manifestement trop vulnérable. S'il veut survivre à l'appel, il lui faut repenser sa position. Nous n'avons pas de conseil à donner, mais quelques réflexions sont à l'ordre du jour.
En préliminaire, il faut rappeler que les difficultés intrinsèques de la position d'Irving ont des origines lointaines. Elle ont commencé il y a plus de vingts ans lorsqu'il s'est avisé que Hitler n'avait pas laissé de trace directe dans le processus qui a tourné à la tragédie pour les millions de juifs déportés. Ses tentatives de comprendre Hitler dans sa réalité de chef militaire et politique ne pouvaient que déclencher l'ire de démonisateurs. Sa position médiane lui avait amené les critiques de Robert Faurisson dès 1983, cinq ans avant le Rapport Leuchter et la prétendue "conversion " d'Irving. Les deux hommes avaient fait brièvement connaissance au cinquième congrès révisionniste en Californie. Le temps avait manqué et Faurisson avait rédigé un texte pour pousser Irving, qui tenait, et tient encore, pour le document du général Wolff, dans ses retranchements. Ce texte était paru dans le Journal of Historical Review, mais caviardé par Willis Carto, soucieux de ne pas déplaire au Britannique. La version française complète est paru en 1999 dans les Ecrits révisionnistes, I, "Un défi à D. Irving", p. 455-472. [Ce texte, daté du 31 décembre 1983, n'est pas encore sur Internet].
Ceci ayant été dit, il faut rendre hommage au courage, à l'énergie, à la détermination, à l'incroyable quantité de travail mobilisée par David Irving dans cette affaire qui dure, rappelons-le, depuis 1996. Les concessions que certains lui reprocheront ont été faites par souci tactique et non par lâcheté. Dans ces affaires, la tactique, bonne ou mauvaise, est une nécessité. C'est peut-être le cas de rappeler le mot, peut-être apocryphe, de Guillaume d'Orange: "Il n'est pas besoin d'espérer pour entreprendre ni..."

On pourrait dresser maintenant le catalogue des erreurs faites par Irving au cours du procès en lisant simplement le jugement. Il est battu sur plus de 90% des questions soulevées par sa plainte en diffamation (libel). Il est probable que l'absence d'un grand avocat s'est fait sentir. La liste des concessions hâtives qu'il a dû faire, faute de maîtriser certains dossiers très particuliers, est assez longue. Ces concessions ont été employées par la défense et le juge comme des béliers pour enfoncer les positions où il croyait pouvoir résister. Il est probable également qu'il a décidé de porter plainte dans l'idée qu'il finirait par avoir Lipstadt au bout de son fusil, qu'il pourrait la contre-interroger et lui faire avouer toutes les turpitudes auxquelles elle a participé pour ruiner sa carrière. Et très logiquement, la défense a interdit strictement à l'intéressée de prononcer ne fût-ce qu'un seul mot en public pendant les deux mois qu'a duré cette affaire. Irving s'est trouvé ainsi, très légalement il faut le dire, privé de son principal outil d'exposition de la réalité des pratiques subversives, antidémocratiques, stalinoïdes, des lobbies qui sont attachés à sa perte. Et lorsqu'il a voulu présenter au juge un mémoire où il récapitulait toutes ces manoeuvres, toutes ces basses ignominies de ceux qu'il appelle drôlement "les ennemis traditionnels de la liberté", le juge l'a renvoyé dans ses buts. Il lui a dit que tout cela ne l'intéressait pas, que ce n'était pas compris dans l'accusation de diffamation liée au livre de la Lipstadt. C'est lui qui débordait.


Après cela (c'était le moment où Irving se disposait à donner le résumé de ses imputations), il ne pouvait plus se défendre sur le terrain qui était essentiel pour lui: la machinerie de la destruction complotée par un gang international de fabricants d'opinion dont il avait réussi à coincer un élément mineur, une plumitive sans envergure nommée Lipstadt. Le jugement ne dira donc pas un mot de ce qui est, de façon parfaitement démontrable, une conspiration internationale visant à détruire un écrivain. Ce serait pourtant une affaire de choix pour tous les petits moralistes qui hantent les rédactions à la recherche d'une injustice à corriger ou d'un scandale à dénoncer. C'est donc l'étouffement général. Le propos que nous tenons ici est, bien sûr, totalement indépendant des idées ou des théories que professe David Irving en général et dans ses livres. Mais sa liberté de parler est aussi la nôtre, comme elle est celle du lecteur qui a la bonté de nous lire, et aussi de ceux qui n'auront pas la chance de nous lire.

Mais Irving n'est pas le seul responsable de cette débâcle. Il aurait dû savoir, comme nous le savons tous, que la justice se doit d'être l'expression du point de vue moyen qui prévaut dans la société. On n'a jamais vu un juge assez audacieux pour juger contre le sentiment général. Il serait vite démis. Cf, pour ceux qui s'en souviennent, l'affaire du juge Bidalou. On opposera à cette constatation désabusée que, sur ces questions, il n'existe pas vraiment d'opinion publique, que le public n'est pas en mesure de se faire une opinion par lui-même, ce qui est non seulement vrai en général mais a été reconnu par Irving, par ses adversaires et par le juge lui-même puisqu'il ont opté, tous d'accord, ce qui était leur droit, pour ne pas utiliser le système du jury populaire, qui est en général la règle dans ces affaires. Puisqu'il n'y avait pas de jury, donc pas de vox populi, il n'y avait plus que la vox dei, celle des "intéressés", c'est-à-dire des lobbies, du conformisme, de la presse en tant que pseudo puissance morale qui distribue libéralement les bons et les mauvais points, en s'épargnant elle-même avec le plus grand soin. Il est à noter qu'à part un article du Los Angeles Times, paru avant l'ouverture du procès et en grande partie rétracté ensuite, tous les articles de tous les journaux ont été uniformément hostiles à Irving, et sur tous les plans. On ne devrait plus dire "journaliste" mais "moutonniste". La presse mondiale est totalement soviétique. Un Anglais non-conformiste a dû aller chercher un journal de Corée pour publier son analyse!
Attaquant sur le terrain de la matérialité de la diffamation, D. Irving s'est retrouvé obligé de se défendre sur le terrain de l'histoire, et non pas tant de l'histoire qu'il connaît le mieux, Hitler et la guerre, mais sur celui d'une histoire dont il a dit qu'il n'était pas du tout un expert, celui du prétendu Holocauste. Irving avait dit qu'il ne voulait pas d'un procès sur l'Holocauste, Zündel avait prédit que le procès porterait sur l'Holocauste et c'est lui qui avait raison. D. Irving a eu beau brûler quelques vaisseaux, il ne s'est pas sorti de la nasse parce qu'il existe, autour des questions centrales de ce domaine, toute une foule de questions périphériques, assez obscures, sur lesquelles, les révisionnistes ont peu travaillé, parce qu'elles ne sont pas historiquement déterminantes, mais qui ont permis d'ouvrir des chausse-trapes dans lesquelles Irving est assez facilement tombé, comme ces rapports des Einsatzgruppen, ces histoires de camions à gaz, qui apparurent subitement -- où? en Serbie!!!, différents documents, Wolff, par exemple, dont le statut, la signification et l'utilité même sont l'objet de controverses, de discussions vagues, d'incertitudes réelles. Tout le monde n'a pas l'estomac de fer de M. Browning qui reconnaît qu'un document comme le rapport Gerstein contient certes beaucoup d'invraisemblances criantes mais que pour le reste..., ma foi..., et bien..., bof..., oui..., il est acceptable. Ces franges hyperboréennes de la tragédie qui a frappé les populations juives de l'Europe centrale et celles qui y ont été déportées, méritent surtout encore beaucoup de recherches. Il est bien possible que les révisionnistes aient eu tort de ne pas s'y être intéressés, croyant que la forteresse Auschwitz étant tombée, le reste s'abîmerait dans l'oubli. Malgré lui, Irving, a dû emprunter ce chemin tout tracé où l'attendaient quelques embuscades. Le juge allait compter les coups et il n'est pas étonnant qu'il ait arbitré contre Irving. Il eût fallu qu'Irving soit totalement cuirassé de certitudes même dans les régions hyperboréennes pour obtenir une décision allant contre la vox dei. Il ne s'en est pas donné les moyens. Et qui pourrait, sans prétention excessive, dire qu'il pouvait forger à lui seul cette cuirasse? Même Achille a un talon.

Le juge Gray a certes pris soin au début de dire, et il insiste là-dessus ensuite, qu'il ne va pas se prononcer sur la réalité de tel ou tel événement historique, qu'il va seulement estimer la valeur des arguments échangés entre les parties, mais il fait pourtant exactement ce qu'il a dit qu'il ne ferait pas: il se comporte en historien et évalue les propos échangés en fonction de la probabilité qu'ils décrivent adéquatement la réalité du passé. C'est exactement le travail de l'historien quand il est confronté à plusieurs points de vue concernant un événement donné, points de vue exprimés par les contemporains ou, plus tard, par les autres historiens. Il cherche le mérite des uns et des autres et choisit en fonction de sa propre analyse des événements. Master Gray fait cela, très exactement, les exemples abondent. Et comme par hasard, c'est toujours l'interprétation de M. Evans qu'il choisit au détriment de celle d'Irving. Pourtant, M. Gray n'est pas historien et nous, qui le sommes beaucoup plus que lui, nous trouvons en général que l'argumentation de M. Evans est particulièrement faible, qu'il démontre à maintes reprises qu'il ne maîtrise pas la documentation et la problématique, qu'il est tout à fait en dehors de son champ de compétence et que, même si cela ne prouve aucunement que David Irving a raison, il serait prudent et sage de rejeter les interprétations réductionnistes, simplistes et parfois même stupides d'Evans. (Voir 123.30) La prétention du juge va même beaucoup plus loin puisqu'il se permet de dire qu'Irving s'est rendu coupable de mistranslations, d'erreurs de traduction, alors qu'au cours du procès et au début même du jugement, il a rendu hommage à la maîtrise d'Irving de la langue allemande de cette époque, maîtrise que ne partage nullement M. Evans, ni l'étudiant Longerich, et que le juge a fait état à plusieurs reprises de la mauvaise qualité de son allemand, à lui, Master Gray. Soudainement, en 13.31, il donne des leçons d'allemand! Et au paragraphe suivant, il confirme l'entreprise dans laquelle il se trouve lancé: il va falloir juger de la qualité de l'historiographie de David Irving (13.32). Il démontre immédiatement que,pour lui, écrire l'histoire c'est répéter ce que la grande presse raconte: "It is noteworthy that the evidence suggests that at the Wannsee conference in January 1942 [...] a programme for the extermination, of the Jews had been discussed and in broad terms agreed upon." (13.35) (Il est remarquable que la documentation suggère l'idée qu'à la conférence de Wannsee en janvier 1942 on a discuté d'un programme d'extermination des juifs et qu'on est tombé d'accord en termes généraux.) La documentation ne suggère rien de tel, il suffit de la lire. Quand à l"idée que derrière ce que l'on peut savoir de cette conférence, il y aurait une décision d'exterminer les juifs, il faut dire que les historiens sont divisés, et que même Y. Bauer, le mentor de la Lipstadt n'y croit en aucune façon. Master Gray s'avance imprudemment en terrain découvert: il fait oeuvre d'historien de bazar, de revues de gare spécialisées dans le battage historique. Il se disqualifie complètement et ses affirmations sont scandaleuses.
Veut-on un autre exemple? Il critique l'interprétation que fait Irving d'une note de Himmler du 22 septembre 1942. "In my judgement, the claim ignores the circumstancial evidence as to the state of Hitler's knowledge by September 1942 of the use of gas chambers to kill Jews." (13.40) (A mon avis, cette interprétation ignore les preuves circonstancielles qui portent surce que Hitler savait en septembre 1942 de l'utilisation des chambres à gaz pour tuer les juifs). Mais de quoi parle-t-il ? Il sait pourtant, parce van Pelt en a parlé, que les aménagements des crématoires de Birkenau, qui seuls rendaient possible, au moins aux yeux de Pressac, l'utilisation des lieux pour gazer des être humains, ont été faits à l'automne 1942... What about that, master Gray? Alors que savait Hitler à ce moment-là? Est-ce qu'un juge anglais peut savoir ce que c' était, de manière indirecte?
A propos du témoignage de Mme Marie-Claude Vaillant-Couturier à Nuremberg et de la note du juge Biddle, qui, pour lui-même, écrit dans ses papiers "This I doubt", le juge Gray écrit (13.49): "There is no reason to suppose that the Judge had any reservation about Vaillant-Couturier' vivid, detailed and credible evidence about the womens's camp at Auschwitz." (Il n'y a pas de raison...)
Pourtant chacun sait que Mme Vaillant-Couturier était une militante communiste, stalinienne de la plus belle eau, et que son témoignage est un tissu d'âneries et de mensonges gros comme elle. Personne dans l'assistance n'a dû s'y tromper mais on n'avait pas l'habitude, à Nuremberg, de critiquer les "témoins" du côté soviétique dont les contorsions devaient être religieusement prises au sérieux, faute de quoi tout l'édifice pseudo-judiciaire se serait effondré. Le juge Gray témoigne ou de son inconscience, ou de sa profonde méconnaissance des événements.

La faiblesse du jugement n'apparaît nulle part ailleurs plus nette que sur Auschwitz. Voici ce qu'il dit dans ses conclusions:

13.71 I have to confess that, in common I suspect with most other people, I had supposed that the evidence of mass extermination of Jews in the gas chambers at Auschwitz was compelling. I have, however, set aside this preconception when assessing the evidence adduced by the parties in these proceedings.

Il est d'abord tombé de son haut. Comme tous les idiots cultivés, il croyait savoir ou avait, du moins, l'assurance que ce savoir existait quelque part et qu'il était fortement étayé. Confessons que tous les révsionnistes, avant de le devenir, ont partagé, à différents degrés, cette naïveté. Elle nous est en quelque sorte imposée par l'air du temps, ce fameux Zeitgeist qui marque les limites au-delà desquelles nous n'avons pas le droit de penser.
Mais après être tombé de son haut, il a regrimpé sur son estrade. Il parle alors de l'ersatz de preuve: la "convergence", non pas des preuves, mais des non-preuves.

The "convergence" of evidence
13.72 The case for the Defendants, summarised above, is that there exists what van Pelt described as a "convergence" of evidence which is to the ordinary, dispassionate mind overwhelming that hundreds of thousands of Jews were systematically gassed to death at Auschwitz, mainly by the use of hydrogen cyanide pellets called Zyklon-B. (Voir 7.15 à to 7.74) [...]
13.73 I recognise the force of many of Irving's comments upon some of those categories. He is right to point out that the contemporaneous documents, such as drawings, plans, correspondence with contractors and the like, yield little clear evidence of the existence of gas chambers designed to kill humans. Such isolated references to the use of gas as are to be found amongst these documents can be explained by the need to fumigate clothes so as to reduce the incidence of diseases such as typhus. The quantities of Zyklon-B delivered to the camp may arguably be explained by the need to fumigate clothes and other objects. It is also correct that one of the most compromising documents, namely Muller's letter of 28 June 1943 setting out the number of cadavers capable of being burnt in the incinerators, has a number of curious features which raise the possibility that it is not authentic. In addition, the photographic evidence for the existence of chimneys protruding through the roof of morgue 1 at crematorium 2 is, I accept, hard to interpret.
13.74 Similarly Irving had some valid comments to make about the various accounts given by survivors of the camp and by camp officials. Some of those accounts were given in evidence at the post-war trials. The possibility exists that some of these witnesses invented some or even all of the experiences which they describe. Irving suggested the possibility of cross-pollination, by which he meant the possibility that witnesses may have repeated and even embellished the (invented) accounts of other witnesses with the consequence that a corpus of false testimony is built up. Irving pointed out that parts of some of the accounts of some of the witnesses are obviously wrong or (like some of Olere's drawings) clearly exaggerated. He suggested various motives why witnesses might have given false accounts, such as greed and resentment (in the case of survivors) and fear and the wish to ingratiate themselves with their captors (in the case of camp officials). Van Pelt accepted that these possibilities exist. I agree.

C'est le paragraphe où le juge Charles Gray est bien forcé, malgré la puissance écrasante des idées reçues et les forces telluriques qui s'exercent sur lui, de donner raison aux arguments révisionnistes qui ont été, sur ce point précis, défendus avec constance par Irving, qui ne les a pas inventés. Van Pelt, comme Alice au pays des merveilles, s'est vu soudainement réduit à une taille microscopique.
Les conséquences de cette admission, si elles avaient été tirées logiquement, auraient été incalculables. Elle auraient fait exploser en vol les missiles de la défense lispadtienne. Placé au bord de cette béance, le juge Gray, a dû fournir tous ses efforts, qui lui vaudront sûrement la Jarretière, pour la colmater.
Il fallait commencer par remonter la pente: "Few and far between though they may be, documents do exist for which it is difficult to find an innocent explanation.". Remarquons que cette "difficulté à trouver une explication innocente" est très exactement le fonds de commerce de Pressac. Dans deux registres différents, qui ont en commun une tentative de destruction du révisionnisme et de sauvetage de la thèse zolo, le procès de Londres et le livre de Valérie Igounet, c'est le même recours à Pressac: il y a eu des travaux effectués dans les crématoires de Birkenau et on ne peut, paraît-il, les comprendre que dans la perspective du meurtre de masse. Il est remarquable que Pressac et ses séides n'ont jamais même tenté de trouver d'autres explications qui seraient "innocentes". Ce n'est pas à nous de le faire ici, mais il est bon de souligner qu'au fondement de la thérie de l'holocauste et du meurtre supposé d'un million de personnes se trouve l'argument suivant: On n'a pas cherché et donc on n'a pas trouvé d'explication évidente et convaincante à quelques menus travaux de maçonnerie, exécutés en 1943 sur ordre des services de construction d'Auschwitz -- dont nous avons, par ailleurs, toutes les archives. Ce sont des "spécialistes" bidon de l'architecture, Pressac, cyrard potard, et van Pelt, licencié d'une assez vague culture générale, qui nous le disent. Ils prétendent d'ailleurs tous les deux, curieusement, avoir le "coup d'oeil" de l'architecte, affirmations dont ils sont respectivement les seuls auteurs. Quelle théorie scientifique survivrait une heure devant l'Académie des sciences si elle était aussi bizarrement foutue? N'est-on pas dans la fumisterie pure et simple?
Mais le Strand n'est pas le Quai Conti. Le juge Gray n'a de compte à rendre qu'à lui-même. II est même allé jusqu'à dénier à Irving le droit de faire appel (droit qui existe en dehors de la décision de Master Gray).
Il continue donc vaillamment de remonter la pente avant de boucher le cratère béant. ("La raison tonne en son cratère"dit justement l'Internationale).
Deuxième temps: les témoins. Le juge choisit d'en sauver certains, comme Tauber. Il abandonne donc les autres, mais on ne sait pas bien sur quels critères.
Troisième temps: il reste plusieurs questions à résoudre:

"My overall assessment of the totality of the evidence that Jews were killed in large numbers in the gas chambers at Auschwitz is that it would require exceedingly powerful reasons to reject it. Irving has argued that such reasons do exist."

Il examine donc successivement les raisons d'Irving: le Rapport Leuchter, qu'il rejette selon la vulgate néo-klarsfeldienne et qu'Irving ne défend guère. Pour ne pas avoir l'air de s'engager du côté révisionniste, Irving s'est privé de l'expertise de G. Rudolf, qui le lui reproche maintenant un peu trop rudement. Etant donné l'usage que le juge fait du reste, il est probable que le raopport Rudolf n'aurait rien changé.
Puis il va aborder la fameuse question des trous dans le toit plat des morgues de Birkenau, attestés par presque tous les "témoins", par lesquels les SS étaient supposés jeter le Zyklon B. Remarquez le lent mouvement de reptation du juge pour se sortir de ces trous:

"As I have explained in paragraphs 7.91 to 7.93 above, Irving argues that there is no evidence of the presence of the chimneys or ducts by means of which, on the Defendants' case, Zyklon-B pellets were poured down from the roof of morgue 1 into the gas chamber below (where the Defendants claim most of the deaths occurred). In particular Irving relied on a photograph of part of the collapsed roof which displayed no evidence of the apertures through which the chimneys would have protruded.
13.82 As the Defendants point out, this argument has some curious features.
Firstly, Irving embraced it relatively recently in late 1998 (so that it cannot have been the basis for his denials before that date of the existence of gas chambers at Auschwitz). Secondly, Irving appeared at one stage to accept that there was a gas chamber in morgue 1 at crematorium 2, albeit one that was used for fumigation and not for killing. In that case it would seem that ducts or some other form of aperture would have been required to introduce the pellets into the chamber, since the morgue had no windows and a single gas-tight door. Thirdly, the argument is confined to morgue 1 at crematorium 2. Although Irving spent hardly any time in his cross-examination of van Pelt on the evidence that gassing took place elsewhere at Auschwitz, it is the Defendants' case that gassing took place in other gas chambers, notably at crematorium 3.
13.83 Despite those curious features, Irving's argument deserves to be taken seriously. I have summarised the Defendants' response to it at paragraphs 7.109 to 7.111 above. In the end, the task for an historian is to weigh the evidence of the absence of signs of holes in the roof of the morgue against the opposing evidence that there were chimneys running through the roof. In my view van Pelt is right in his opinion that it is after so many years difficult to verify whether or not holes at one time existed in a roof which collapsed as long ago as 1944. It is unclear how much of the roof can be seen in the photograph on which Irving relies. The roof is in a bad state, so that it is hard to tell if there were holes in it. There is a possibility that the holes were backfilled. There is the evidence of eye-witnesses who observed or at least described pellets being poured down through the roof of the morgue. Olere's drawing depicts clearly the chimneys running up towards the roof the gas chamber. Their appearance in his drawing corresponds with the description of them by Tauber and others. Photographs taken in 1942 (or 1943) and 1944, whilst difficult to interpret, are consistent with the presence of protruding chimneys. In these circumstances, I consider that an objective historian, taking account of all the evidence, would conclude that the apparent absence of evidence of holes in the roof of morgue at crematorium 2 falls far short of being a good reason for rejecting the cumulative effect of the evidence on which the Defendants rely."

Lui, juge emperruqué, prétend savoir ce que ferait un historien objectif: il se ficherait éperdument des preuves matérielles: l'historien objectif à la Gray ne trouverait aucune bonne raison de rejeter des récits qui s'appuient sur un élément physique dont l'absence, mieux l'inexistence, est patente, visible, vérifiable aujourd'hui même et qu'il ne va pas s'embarrasser à vérifier par lui-même. C'est la pierre de touche. Le juge Gray donne ici une preuve irréfutable et incontournable de sa partialité et du caractère idéologique de son jugement. Cet homme n'est pas honnête: l'historien "objectif" dans la peau duquel il se met n'est qu'un pleutre qui a peur de déplaire aux grands de ce monde. Il a le même courage que celui que nous reconnaissons chez presque tous les juges sous presque tous les climats, celui de s'incliner devant les pouvoirs en place et de faire carrière dans la traduction judiciaire des voeux des autorités politiques, culturelles et autres.

Nous en revenons à la Dialektik der Aufklärung, à la façon dont les problèmes ont été posés par l'époque des Lumières: existe-t-il des limites au droit de penser rationnellement? Rabâcher que toute mise en cause des vérités officielles participe du nazisme relève de l'incantation. Si une partie qui peut se payer des experts à 100.000 livres gagne contre une partie qui ne le peut pas, cela signifie-t-il que nous sommes dans un système pervers ou David Irving, s'il avait pu se payer deux ou trois experts à 150.000 livres aurait gagné?

Les procès sont des mises en scène où la société réelle s'exprime de manière symbolique, pour réaffirmer les règles en tant que règles. Nous avons toujours pensé que les révisionnistes n'avaient rien à y faire et que, de toutes façons, ils étaient et seraient systématiquement condamnés pour la seule, unique et très juste raison qu'ils n'ont pas le pouvoir -- pour le moment. Mais la manière atroce dont l'establishment britannique traite un des siens qui a mis, depuis vingt-cinq ans quelques gouttes d'acide sur le nerf idéologique en mettant en cause la justification des politiques gouvernementales britanniques à l'égard de l'Allemagne, montre que la dissidence politique n'est pas tolérée en Europe. L'intolérance américaine existe aussi, mais elle est différente. En Angleterre, il n'y a pas de loi Gayssot et les organisations juives elles-mêmes ont repoussé les propositions de Blair d'en fabriquer une. Il n'est donc pas évident qu'Irving soit "condamné", en tout cas vilipendé en réponse à ce qui serait une demande des organisations juives, demande avérée par les commentaires de la presse. Il est plus vraisemblable que les pouvoirs en place instrumentalisent la "réclamation" et la "colère" juives pour mettre au pas les dissidents, ceux qui portent des coups au coeur même du système politique, toujours en équilibre instable. Gray et Irving sont des hommes du même milieu, qui sortent du même moule. Celui qui éventre l'autre n'est pas aux ordres des juifs. Il exécute mimétiquement une sentence prononcée en des cénacles fermés, totalement inaccessibles à l'inquisition des moutonnistes, impavide et certainement antisémite, là ou se concocte le consensus qui sert à gouverner, quels que soient les gouvernants.

C'est exactement la cible que nous visons. Il est donc naturel de toujours s'attendre au pire.

14 avril 2000


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