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l'extermination des juifs par les Allemands, Tome 1 : Examen des preuves
B - CRITIQUE
GENERALITES
La disposition des installations, le
fonctionnement de l'appareillage et le processus de mise à mort décrits
ci-dessus prêtent à la critique. Toutefois, nous n'examinerons pas tous les
points de cette description : le lecteur a compris déjà que le point central
de la version officielle est la morgue 1 des Kremas II et III ;
c'est cette pièce de 210 m2 qui, après sa transformation en fin 1942/début
1943, a servi au gazage de la plupart des juifs ; toute la question est donc
là : quel a été l'objet des transformations qui y ont été prévues et
faites à cette époque ?
Avant d'examiner tout cela point par point, il
nous faut, ne fût-ce que brièvement, exposer la thèse révisionniste.
Jadis, les révisionnistes (les Bardèche, les Rassinier, les Butz, les
Faurisson) exposaient que la thèse officielle était insoutenable ; et de
démontrer de façon imparable qu'il était ridicule d'affirmer que cette
morgue 1 ait jamais pu servir au gazage d'êtres humains ; ce fut d'ailleurs
la force de persuasion de cette démonstration qui incita les juifs et les
enjuivés à réclamer des lois antirévisionnistes ; toutefois, si les
révisionnistes pouvaient dire ce qui ne s'était pas passé dans les morgues
des crématoires de Birkenau, ils éprouvaient des difficultés à expliquer
ce qui s'y était réellement passé, ne fût-ce que parce qu'on leur
interdisait l'accès aux archives et qu'on les persécutait cruellement. Les
historiens brandissaient l'un ou l'autre document où apparaissaient des mots
suspects et affirmaient qu'ils détenaient là les preuves des gazages
criminels dans les morgues des grands crématoires ; il ne restait aux
révisionnistes que le courage, le bon sens, le raisonnement et l'imagination
pour leur répondre mais leurs explications n'étaient pas toujours crédibles
et, d'ailleurs, depuis, nombre d'entre elles ont été abandonnées. Une
explication vraisemblable fut toutefois avancée en 1994 par Mattogno qui
affirma que des chambres à gaz d'épouillage provisoires avaient été
installées dans les crématoires en commençant par les Kremas II et IV
(de telles localisations avaient déjà été relevées à Maïdanek, Dachau
et Struthof) mais il n'apportait aucune preuve de cette confusion faite par
les historiens entre l'épouillage des juifs et leur gazage. Lüftl avait
déjà émis l'hypothèse que, manquant de moyens d'épouillage, les Allemands
avaient pu avoir l'idée d'installer une chambre d'épouillage dans la morgue
1 des Kremas II et III en se disant que, puisqu'elle était
équipée d'un système de ventilation, elle pourrait faire l'affaire.
Nous-mêmes avions émis l'hypothèse de cette chambre-ersatz mais en la
rejetant aussitôt pour des raisons techniques.
Mais, depuis, les choses ont radicalement
changé : libérés du communisme, les Russes, les Tchèques et d'autres ont
ouvert leurs archives et particulièrement les archives allemandes qu'ils
avaient confisquées en 1945 et dont les historiens disaient que les Allemands
les avaient détruites pour masquer leurs crimes ; dès lors, les
révisionnistes purent se rendre qui à Moscou, qui à Prague et en ramener
-au prix de 1 $ la page- des documents qui leur permettent, enfin, de raconter
de façon crédible ce qui s'est réellement passé dans la morgue 1 des Kremas
II et III. Par exemple, Mattogno et Graf ont découvert à
Moscou divers documents qui n'expliquent sans doute pas tout mais qui
constituent un progrès spectaculaire de nos connaissances. Dès fin 1995, ils
annonçaient la découverte d'un document relatif à une « chambre
d'épouillage pour le Krema II d'Auschwitz-Birkenau » (« Entlausungskammer
für das Krematorium II »). [1]
Depuis, Mattogno a produit divers autres documents (qui datent tous de la
période de la mise en route des grands Kremas de Birkenau) et nous en
avons sélectionné huit que voici :
Une « Aufstellung » [« Réquisitoire »]
établie par Topf le 13/4/43 donnant la liste des métaux rationnés (Cu, Al,
etc.) nécessaires à l’exécution de 4 contrats conclus avec Auschwitz et
portant sur les fournitures et travaux suivants :
« Installation d’aération et de désaération du Krema II du KGL d’Auschwitz » [2]
« Installation des tirages forcés dans le Krema II du KGL d’Auschwitz » [3] (En l'occurrence, ce point est sans intérêt, car il ne concerne que les fours.)
« 2 fourneaux d’épouillage Topf pour le Krema II du camp de prisonniers de guerre d'Auschwitz » [4]
« Extension de l’installation d’aération et de désaération (alimentation en air chaud) du Krema II du KGL d’Auschwitz » [5]
Dans un rapport du 13/5/43, Bischoff écrit : « Le Z.A. [travailleur civil] Järhling doit installer une chaudière et un boiler dans la baraque-buanderie de même que les douches dans la pièce de déshabillage du crématoire III. » [6]
Le 15/5/43, Bischoff envoit un « télégramme urgent » à Topf (télégramme dont Pressac avait déjà parlé) : « Prendre lundi le projet chiffré pour la production d’eau chaude pour environ 100 douches. Installation d’un serpentin ou d’un boiler dans l’incinérateur d’ordures en construction dans le Krema III ou d'un Fuchs [7] dans le but d’utiliser les hautes températures à la sortie. On peut éventuellement construire au-dessus du four un grand réservoir. Monsieur Prüfer est prié d’apporter lundi 17/5 un plan correspondant. » [8]
Le lendemain, le 16/5/43, nouveau rapport de Bischoff précisant : « 6. Epouillage. Pour l’épouillage des vêtements des détenus, il est prévu une installation d’épouillage OT dans la partie séparée du camp BAII. Pour assurer un épouillage corporel irréprochable des détenus, il sera construit dans les deux installations de bain pour détenus existantes dans le BIA une chaudière et un boiler de sorte que les douches existantes disposeront d’eau chaude. De plus, il est prévu d’équiper l’incinérateur des ordures du Krema III d’un serpentin de façon à fournir de l’eau chaude à une installation de douche à construire dans les caves du Krema III. La construction de ces installations est négociée avec la société Topf & Söhne d’Erfurt. » [9]
Le 5/6/42 [pour 43], Topf envoit à Bischoff le plan D60446 « concernant l’installation du boiler pour l’incinérateur d’ordures ». [10]
Dans un questionnaire (« Fragebogen ») non daté (mais que Mattogno estime être de juin 43) et concernant les crématoires de Birkenau, Bischoff répond à la question « Les gaz d’échappement seront-ils utilisés ? » par « projeté mais pas réalisé » et à la question « Si oui, dans quel but ? », Bischoff répond par « pour les installations de bain des Krema II et III » [11]
Une « Rechnung » (« facture ») de Vedag (une entreprise de travaux publics) du 28/7/43 a pour objet : « Crématoires d'Auschwitz : travaux d’étanchéisation réalisés pour l’installation d’épouillage du 21 mai au 16 juillet 1943 » [12]
On trouve aussi une autre facture de Vedag (« Einzel-Rechnung ») à la même date et pour les mêmes travaux dans laquelle il est toutefois précisé « Chantier 32 = Installation d’épouillage » (« BW : 32 = Entwesungsanlage »). Or, ce « BW. 32 » était le chantier du Zentralsauna ; on pourrait donc en conclure (en accord avec Pressac) que le comptable de Topf a commis une erreur dans la première « Rechnung » (celle du point 7 ci-dessus) en situant le chantier dans les crématoires. Cette distraction peut s'expliquer facilement ainsi qu'on va le voir et elle est instructive. [13]
Tous ces documents forment un tout cohérent
qui démontrent qu'à cette époque, la Zentralbauleitung d'Auschwitz
[que nous désignerons dorénavant par ZBL] essayait de résoudre les
problèmes sanitaires graves que connaissait le camp à la suite des
épidémies de toutes sortes, surtout de typhus, lequel est véhiculé par les
poux. Ainsi qu'il est expliqué dans d'autres documents de cette époque,
documents qu'a détaillés Mattogno et dont nous ferons grâce au lecteur,
elle prit des « mesures spéciales en vue de l'amélioration de la
situation de l'hygiène » [14]
qui consistaient dans la construction d’installations d’épouillage dans
toutes les parties du camp. Certaines de ces mesures concernaient
précisément les Krema II et Krema III ; les documents cités
ci-dessus nous expliquent clairement le projet de la BZL :
Le Krema II était mis en route le 15/3/43 ; cette mise en route se faisait dans l'urgence et sans même que tous les travaux soient terminés ; certains travaux ne furent même jamais effectués ainsi que nous le verrons par la suite.
La ZBL faisait monter l'installation d’aération et de désaération dans la morgue 1 du Krema II (la chambre à gaz homicide des historiens). Cette installation était initialement prévue pour éliminer les odeurs dégagés par les cadavres.
Elle prévoyait de faire monter dans cette morgue 1 (qui était la seule pièce où pareille installation pouvait se faire : Pressac, lequel est le seul chercheur exterminationniste valable, est bien d'accord sur ce point.) une installation d’épouillage non pas par utilisation de gaz mais par air chaud, les « Öfen » dont il est question dans l' « Aufstellung » étant des fourneaux au coke pour chauffer l’air.
Elle prévoyait une modification de l’installation d’aération et de désaération de la morgue 1 de façon à l'insérer dans l'installation d'épouillage (alimentation en air chaud), la fonction d'élimination des mauvaises odeurs étant remplacée par la fonction d'alimentation en air chaud.
Elle prévoyait le montage d'une installation de chauffage d'eau par
récupération des calories dégagées par l'incinérateur à ordures du Krema
III. Cette eau chaude devait alimenter 100 douches qui devaient être
installées dans la « cave » du Krema III, plus
précisément dans la morgue 2, le « vestiaire » initialement prévu
pour le déshabillage des morts. [15] Une installation semblable était prévue pour le Krema II.
Pressac a parlé de lapsus calami et objecté que l'installation d'épouillage était en réalité destinée au Zentralsauna et non au Krema II car il n’y avait pas de place pour pareille installation dans le crématoire du fait que la morgue 1 (seul endroit disponible) était destinée au gazage des juifs mais c’est là une position dogmatique. Certes, finalement, cette installation d'épouillage a été construite dans le Zentralsauna (ainsi que l'indique la deuxième facture de la Vedag, celle du point 8 ci-dessus) mais, à l'époque, il était bien prévu de la construire dans les crématoires. Le fait qu’une extension de l’installation d’aération et de désaération était également prévue indique clairement que cette installation d’épouillage devait être montée dans la morgue 1 et, donc, que celle-ci ne pouvait servir à la fois à gazer des juifs et à échauder des poux. Les 100 douches projetées ne pouvaient être destinées aux travailleurs du Sonderkommando des crématoires ; d’ailleurs, la salle des douches (« Brauseraum ») qui fut finalement construite dans le Zentralsauna et qui était destinée à servir au camp entier, n’était équipée que de 50 douches. Pressac ne peut d'ailleurs expliquer ces 100 douches qui étaient destinées en fait à doucher (et non gazer) les masses de déportés juifs en transit.
Le fait que le projet prévoyait de produire de l'eau chaude à partir de l’incinérateur d’ordures et non des fours incinérateurs de cadavres comme ce fut fait avec le four à 5 moufles du KL Lublin est également très instructif. En effet, explique Mattogno, les fours incinérateurs de cadavres n’étaient pas destinés à fonctionner en continu (Ce qui aurait été le cas s’il y avait eu extermination de masse et si ce genre de fours existait.) mais épisodiquement, quand les morgues étaient pleines de cadavres (c'est ce que nous avions déjà expliqué dans une première édition de notre livre). Les fours incinérateurs de cadavres n’étaient donc pas indiqués pour produire de l’eau chaude de façon continue comme l’exigeait la fonction attribuée à Auschwitz, camp surtout de transit, de tri et de fourniture de main-d’oeuvre (ce qui n’était pas le cas de Lublin, qui n'était qu'un camp de travail dont la population était constante.). Pour notre part, nous sommes même d'avis que, le projet de transformation ne permettant plus d'incinérer dans les Kremas II et III (sauf, il est vrai, en court-circuitant les morgues), les Allemands ne pouvaient produire de l'eau chaude que dans l'incinérateur à ordures.
En conclusion, la SS d’Auschwitz a eu, au
moment de mettre les crématoires en fonction et même après, le projet de
faire desdits crématoires un complexe destiné non pas à exterminer les
juifs mais à assurer à la place de la crémation des cadavres des détenus
(ainsi que des travailleurs civils et des SS) d'autres fonctions d’hygiène
comme épouiller les juifs en transit, leur faire prendre une douche, laver et
désinfecter leurs vêtements avant de les faire reprendre la route. C'est
cela qu'était le « Sonderbehandlung » et le gazage des juifs à
Auschwitz est tout simplement un mythe : si les juifs ont été gazés, ce
n'est assurément pas à Auschwitz. A ce point de notre exposé, seuls
les imbéciles pourraient encore affirmer le contraire. On pourrait donc en
rester là ; nous allons néanmoins poursuivre l'examen de l'argumentation
exterminationniste point par point :
d'une part, en faisant abstraction de ce que nous venons d'apprendre, à savoir que le projet de transformation des morgues des Kremas II et III ne prévoyait pas l'emploi de gaz mais celui d'air chaud ;
d'autre part, en supposant -de façon absurde, il est vrai- que les Allemands
auraient pu concevoir parallèlement un projet criminel sur le même site et
dans les mêmes locaux.
NOTES
De son côté, Pressac dit
dans L'Autre Histoire, n° 6, 16/10/96, avoir retrouvé dans les
caves de l'ancienne société Topf une note de l'ingénieur Sander du
17/2/43 résumant un entretien téléphonique qu'il avait eu avec Schultze,
ingénieur de la Division B de Topf (ventilation des crématoires) qui
revenait d'Auschwitz : Schultze se plaignait de ce que la soufflerie
d'aération de la « Gaskeller » (« cave à gazage »)
n'était toujours pas en place. Il parlait, dit Pressac, de la morgue 1 du Krema
II. Malheureusement, Pressac n'a pas encore publié ce document et, dès
lors, on ne peut en tenir compte.
« Betr. : 24678/43/Ro-Pru/Pa. / Be- und Entlüftungsanlage des Krema II
im K.G.L. Auschwitz »
« Betr. : Nr. 24676/43/Ro-Pru/Pa. / Saugzuanlage des Krematoriums
II im K.G.L., Auschwitz »
« Betr. : Nr 24674/43/Ro-Pru/Pa. / 2 Topf Entwesugsöfen für das
Krema II in Kriegsgefangenenlager, Auschwitz »
« Betr. : 24679/43/Ro-Pru/Pa./ Erweiterung der Be- und
Entlüftungsanlage (Warmluftzufuhrung) des Krema II im K.G.L. Auschwitz
»
« Z.A. Jährling hat den Einbau von Kesseln und Boilern in den
Waschbaracken durchzuführen, desgleichen die Brausen im Auskleideraum des
Krematoriums III. »
Fuchs est le nom d'une
société allemande -encore en activité à ce jour- qui construit des
serpentins, des condenseurs et autres dispositifs de cette sorte.
« Mitbringt Montag überschlägiges Projekt für Warmwasserbereitung
für ca. 100 Brausen. Einbau von Heizschlangen oder Boiler in den im Bau
begriffenen Müllverbrennungsofen Krem. III oder Fuchs zwecks Ausnutzung
hohen Abgangstemperaturen. Evtl. Höhermauerung des Ofens zwecks
Unterbringung eines grossen Reservebehälters ist möglich. Es wird gebeten
entsprechende Zeichnung Hernn Prüfer am Montag den 17.5. mitzugeben. »
« 6. Entwesung. Zur Entwesung der Häftlingskleider ist jeweils in
den einzelnen Teillagern des BAII eine OT-Entwesungsanlage vorgesehen. Um
eine einwandfreie Körperentlausung für die Häftlinge durchführen zu
können, werden in den beide bestehenden Häftlingsbädern um BAI Heizkessel
und Boiler eingebaut, damit für die bestehende Brauseanlage warmes Wasser
zur Verfügung steht. Weiters ist geplant, im Krematorium III in dem
Müllverbrennungsofen Heizschlangen einzubauen, um durch diese das Wasser
für eine im Keller des Krematoriums III zu errichtende Brauseanlage zu
gewinnen. Bezüglich Durchführung der Konstruktion für diese Anlage wurde
mit der Firma Topf & Söhne, Erfurt, verhandelt. »
« den Einbau der Boiler in den Müllverbrennungs-Ofen betreffend »
« Werden die Abgase verwertet ? » / « geplant aber nicht
ausgeführt » / « Wenn ja zu welchem Zweck ? » / « für
Badeanlagen im Krema II und III »
« (...) Betr. Auschwitz-Krematorium / (...) 1943 21. Mai - 16. Juli
über : ausgeführte Abdichtungsarbeiten für die Entwesungsanlage »
L'essentiel de l'argumentation de Carlo Mattogno se trouve dans « Leichenkeller
von Birkenau : Luftschutzräume oder Entwesungskammern ? », VffG,
Heft 2, August 2000, p. 152 sqq. Mattogno doit prochainement produire
tous ces documents dans un livre sur Auschwitz.
« Sonderbaumassnahmen zur Verbesserung des hygienischen
Verhältnisse »
Une question se pose
d'ailleurs : si les morgues 1 et 2 des deux grands crématoires devaient
servir à l'épouillage et à des douches, où prévoyait-on de placer les
cadavres à incinérer ? D'une part, il restait la possibilité d'incinérer
les cadavres en court-circuitant les morgues ; d'autre part, la BZL a
pu penser que les deux autres Kremas IV et V suffiraient à
éliminer tous ces corps, dont elle espérait que le nombre irait en
diminuant grâce aux mesures sanitaires prises ? Allez
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