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des juifs par les Allemands, Tome 1 : Examen des preuves
B – CRITIQUE
OUVERTURE DES PORTES
C'est R. Faurisson qui publia, le premier, un plan du Krema
II (le n° 932 du 23/1/1942) et ce plan, ainsi que ceux que l'expert
américain Leuchter a pu consulter à Auschwitz, indiquent clairement que les
portes de la chambre à gaz du Krema II s'ouvraient vers l'intérieur.
Toutefois, Pressac, qui a publié toute une série de plans en 1989, en a
publié un -le n° 2003 du 19/12/1942- qui semble indiquer que la porte aurait
bien pu s'ouvrir vers l'extérieur (Pressac y voit d'ailleurs une des preuves
de la conversion de cette installation sanitaire -car c'en était bien une,
contrairement à ce qu'on nous avait dit- en instrument criminel). Il est en
effet évident que si la porte s'ouvrait vers l'intérieur, on n'aurait pu
l'ouvrir après une opération de gazage, car, nous disent les historiens,
quand les condamnés se voyaient piégés, ils se précipitaient vers la
porte, qui était la seule issue et y mouraient en tas. Dès lors, ils
l'auraient bloquée irrémédiablement.
La porte prévue par les premiers plans était à double battant ; si son
ouverture vers l'intérieur pose un problème rédhibitoire, son ouverture
vers l'extérieur pose aussi un problème, car le battant droit aurait pu
empêcher l'ouverture complète de la porte (également à double battant) de
la cage de l'ascenseur. C'est pour cette raison, dit Pressac, qu'on y plaça
une porte à un seul battant qui s'ouvrait vers la gauche : on n'a
malheureusement pas de preuve de tout cela ; toutefois, Pressac a publié un
bon de commande d'une porte (étanche au gaz) pour la morgue 1 du Krema
II dont les dimensions correspondent à celles de l'ouverture en question.
Pour ce qui est du problème de l'étanchéité au gaz des portes placées
dans les crématoires, nous avons vu plus haut que ce n'était plus un
argument en faveur de la thèse exterminationniste ; nous en reparlerons
d'ailleurs en long et en large dans l'annexe 9. Pour le reste, la thèse de
Pressac est plutôt inconsistante.
A propos des ouvertures, notons encore que, selon Pressac,
la glissière à cadavres fut barricadée et remplacée par l'escalier du fond
de la morgue 2 : il y voit une preuve de la modification criminelle du Krema
II. Dejaco, explique-t-il, constatant que cette glissière n'avait plus
aucune utilité dans un projet exterminationniste, décida d'en faire
l'économie ; il refit un plan du Krema sans glissière mais avec
l'escalier du fond de la morgue 2 ; malheureusement, entre-temps, le béton de
la glissière avait déjà été coulé et il fallut bien terminer l'ouvrage,
puis le camoufler aux yeux des condamnés qui devaient passer juste devant, au
moment d'entrer dans la chambre à gaz (on ne comprend pas bien cette
nécessité de la camoufler). Jadis, les révisionnistes répondaient que le
renoncement à la glissière peut s'expliquer différemment : cette
glissière n'avait d'utilité que dans le projet initial, lequel prévoyait
que les morgues soient complètement enterrées (le crématoire devait être
construit à Auschwitz I où le sol n'était pas marécageux) ; par contre, à
Birkenau, où il fut finalement construit, le sol était marécageux et la
nappe phréatique si près de la surface qu'on n'avait pu enterrer les morgues
qu'à moitié : en conséquence, la glissière ne s'imposait plus et même
compliquait la tâche des porteurs.
Depuis, Mattogno dit qu'il n'a jamais été dans les intentions de la SS
de les supprimer : ce ne serait là qu'une des nombreuses affirmations
gratuites de Pressac ; d'ailleurs, affirmer que le plan supprimant ces
glissières arriva trop tard, serait peut-être valable pour le Krema II
mais pas pour le Krema III (travaux moins avancés que pour le
précédent). Pour le révisionniste italien, Dejaco voulut tout simplement
aménager une entrée supplémentaire donnant sur la rue ; son plan
s'intitulait d'ailleurs « Déplacement de l'entrée de la cave du
côté de la rue » (« Verlegung des Kellerzuganges an die
Strassenseite ») et le fait qu'il n'ait pas redessiné les
glissières sur ce plan simplifié est sans signification. Il est d'ailleurs
possible que la glissière fut utilisée puisqu'on en retrouve la trace dans les
commandes n° 200 et n° 204 que la Zentralbauleitung a passées à la Häftlingsschlosserei
le 18/3/43 pour le Krema II. (VffG,
Heft 1, Juni 2000). Dans le même numéro de VffG,
G. Rudolf publie 2 croquis montrant bien l'intérêt qu'il y avait à doubler
la glissière (qui ne servait pas qu'aux cadavres vu qu'elle constituait le
seul accès au sous-sol !) ; d'ailleurs, il fut en même temps aménagé un
troisième escalier pour accéder à la morgue 3. En résumé, il n'y a rien
de génocidaire dans cette histoire de glissière.
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