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des juifs par les Allemands, Tome 1 : Examen des preuves
B – CRITIQUE
DIFFUSION ET VENTILATION DU GAZ
Le gaz qui aurait été utilisé à Auschwitz est le gaz cyanhydrique (HCN). Ce gaz est très connu et très utilisé pour l'épouillage notamment, raison pour laquelle il était très largement utilisé dans les camps de concentration allemands. C'est tout naturellement par extension, disent les révisionnistes, qu'il a été retenu par les historiens comme agent de gazage des juifs ; ce choix est malencontreux pour ceux qui l'ont fait, que ce soient les SS ou les historiens, car :
d'une façon générale, comme le dit Faurisson, « de toutes les armes mortelles, le gaz restera sans doute longtemps, la moins maniable ; quand il tue, il tue si bien qu'il peut être fatal au tueur qui s'avise de l'employer. »
plus précisément, le gaz cyanhydrique offre des possibilités d'expertise assez incroyables que n'offrent habituellement pas les autres gaz.
Le professeur Faurisson avait depuis longtemps rappelé les inconvénients du gaz cyanhydrique :
L'acide cyanhydrique (sa formule est HCN) se congèle à
-13 °C et entre en ébullition à 25,7 °C. Entre ces deux points, les deux
phases (liquide et gazeuse) coexistent et l'HCN peut se vaporiser, la quantité
d'HCN vaporisée étant évidemment fonction de la température ambiante (il
se comporte comme l'eau). L'HCN peut être d'une toxicité foudroyante. Toutefois,
sous la forme utilisée à Auschwitz (HCN absorbé par de la farine fossile),
il se diffuse difficilement. Par exemple, selon un document diffusé par
le producteur et dont personne ne conteste la validité, le temps nécessaire
pour faire effet sur la vermine est de 32 heures pour une température inférieure
à +5 °C et 16 heures pour une température supérieure ; on peut, précise
le même document, descendre à 6 heures par temps « chaud ».
Ce sont là, bien entendu, des indications résumées à l'extrême, car il n'y
a pas de discontinuité semblable dans la fonction évaporation/temps/durée.
De son côté, Rudolf [1] précise que,
entre 20 °C et 0 °C, le temps nécessaire à l'évaporation complète du Zyklon
peut tripler. Pour tenir compte de ces deux caractéristiques (vaporisation
contrariée par les basses températures et difficulté naturelle de sa diffusion),
il est nécessaire - si on ne veut pas
respecter les délais annoncés par le producteur- de chauffer la pièce dans
laquelle le Zyklon-B est mis en oeuvre et d'utiliser un mécanisme de diffusion
adéquat de l'HCN comme le système Degesch-Kreislaufanordnung prévu
précisément pour la chambre à gaz d'épouillage standard de la Degesch, la
Degesch-Kreislauf-Begasungskammer encore appelée Normalgaskammer
(Schéma ci-contre). A lire les historiens, il suffisait d'ouvrir
une boîte de Zyklon-B et d'en jeter, vite fait bien fait, le contenu dans
une pièce baptisée « chambre à gaz » et on avait aussitôt
fait passer 3.000 personnes de vie à trépas ; certes, l'homme pourrait être
beaucoup plus sensible à l'HCN que la vermine (c'est du moins ce qu'affirment
Pressac et d'autres, mais Leuchter conteste la chose), néanmoins, la conception
des choses qu'ont les historiens est religieuse et, pour les chimistes,
la réalité est moins simpliste. Il faut encore rappeler qu'en l'occurrence,
l'affaire se déroule dans un pays au climat continental (très chaud en été,
certes, mais très froid en hiver) et dans des caves froides (c'étaient de
véritables bunkers destinés à garder des cadavres au frais) et humides (Birkenau
était bâti sur un marais), bref dans un milieu dans lequel la température
était très basse en été (même en période de canicule) et glaciale en hiver,
constamment très inférieure à 26 °C, température en dessous de laquelle
il est a priori difficile de procéder à des gazages.
Pourtant, une fois gazéifié et diffusé, le Zyklon-B est très dangereux et le reste. Il est tellement toxique qu'il rend le filtre des masques à gaz très vite inopérant, si le porteur du masque fournit des efforts. De toute façon, ce filtre doit être remplacé au bout de 10 minutes. L'acide est toxique par simple toucher.
Son emploi doit donc être impérativement suivi d'une ventilation soit
naturelle soit forcée. Cette ventilation, précise le producteur de Zyklon-B,
est « difficile et longue, vu la forte capacité d'adhérence de ce gaz
aux surfaces ». Une fois libéré, le gaz s'insinue partout ; il
pénètre notamment dans les murs en brique et s'y transforme en ferrocyanures
d'une stabilité extraordinaire : ces ferrocyanures sont en quelque sorte sa
signature et, comme nous allons le voir, les historiens, qui sont plutôt des
conteurs que des scientifiques, l'ignoraient.
La ventilation naturelle doit être d'au moins 24 heures et la ventilation
forcée de plusieurs heures (sauf utilisation du système Degesch-Kreislauf).
Quand on l'utilisait pour désinfecter un baraquement, on devait recourir à
la ventilation naturelle et, se plaignent à juste titre les historiens, les
détenus devaient parfois rester dehors toute la journée avant de reprendre
possession de leur baraquement.
Dans les chambres à gaz d'épouillage, le gaz s'accroche tellement aux fibres
des tissus des vêtements et effets de couchage qui y sont traités que, pour
l'éliminer, il est nécessaire en fin d'opération d'y envoyer une grande
quantité d'air chaud pour vaporiser ces résidus puis battre soigneusement
les tissus.
En ce qui concerne les gazages humains (en général, une seule personne à la
fois) pratiqués aux USA, Faurisson fait remarquer depuis longtemps que le gaz
s'accroche à la peau, aux muqueuses et aux humeurs des condamnés, ce qui a
obligé les ingénieurs américains à mettre en place des systèmes complexes
d'élimination du gaz, dont Auschwitz était totalement dépourvu ; la
complexité de ces systèmes est telle qu'elle conduit les Américains à
abandonner ce mode d'exécution. On pourrait peut-être comparer le corps d'un
gazé à l'HCN à celui d'un baigneur qui se serait noyé dans un étang
fangeux et qu'on en retirerait les poumons remplis d'eau et le corps enduit de
vase, mais cette comparaison est sans doute un peu faible.
Bref, l'emploi de l'acide cyanhydrique est tellement problématique qu'il a, après coup, paru invraisemblable à certains historiens, qui ont même été tentés d'accréditer la thèse de l'emploi d'un gaz plus commode et, surtout, ne laissant pas de traces. [2] Dès lors, on est en droit de se poser les questions suivantes :
Comment introduisait-on le Zyklon-B dans la chambre à gaz ?
Comment le diffusait-on ?
De quels dispositifs de ventilation étaient équipées les chambres à gaz ?
Quelle est la quantité de ferrocyanure retrouvée dans les murs desdites chambres ?
1. INTRODUCTION DU ZYKLON-B
Les granulés de Zyklon-B, nous disent les historiens, étaient introduits
dans la chambre à gaz des Kremas II et III par 4 ouvertures
percées dans la dalle en béton du toit. Nous en reparlerons plus longuement
en annexe 7, mais disons déjà qu'il semble bien que ces orifices relèvent
de l'imagination pure et simple. Ceci porterait déjà un coup fatal à la
thèse officielle.
Si l'hypothèse de l'aménagement d'une chambre à gaz sanitaire dans le Krema
II se vérifiait (mais, comme nous l'avons vu, le seul projet avéré est
une chambre à air chaud), il faudrait admettre que les Allemands avaient prévu de
disperser le contenu des boites de Zyklon-B sur des nattes posées sur le sol,
comme cela se faisait pour la désinfection des blocs de détenus. On imagine
facilement que ce procédé était inapplicable dans le cas d'une chambre à
gaz homicide.
2. DIFFUSION DU GAZ
C'est bien simple : il n'y avait pas de mécanisme permettant de chauffer la
pièce et de diffuser le Zyklon-B à évaporer, alors que certaines, sinon
toutes les chambres à gaz d'épouillage en étaient équipées depuis 1942 ;
or, nous venons de le voir, ce mécanisme était d'autant plus nécessaire que
les chambres à gaz des Kremas II et III étaient enterrées :
c'était des dépositoires, des chambres froides qui permettaient de conserver
les cadavres le temps nécessaire ; elles n'étaient pas seulement froides
mais humides (Birkenau était bâti sur un marais et les travaux de drainage
et d'étanchéité en pareil milieu, sont d'une efficacité limitée) ; or,
l'acide cyanhydrique étant très soluble dans l'eau (ce sont des ennemis,
disent les chimistes), il s'ensuit, comme le rappelle Rudolf que, dans
pareil milieu,
la diffusion du gaz est ralentie, voire contrariée ;
l'absorption du gaz par les murs, au sein desquels il se
transforme en ferrocyanures, est accrue.
De la sorte, le « timing » donné par les témoins (mort dans
les 2 à 10 minutes) n'apparaît que plus difficile à admettre : aux USA,
dans les chambres à gaz d'exécution capitale, on utilise le gaz cyanhydrique
à forte concentration dans des conditions idéales et la mort ne survient
qu'en 4 à 10 minutes ; or, le Zyklon-B ne libère son acide que très
lentement (50% en 30 à 120 minutes). Il aurait donc fallu des heures pour que
la mort soit administrée à coup sûr à tous les condamnés.
Wellers avait essayé d'apporter une réponse partielle en
avançant que la gazéification de l'acide pouvait se faire aisément grâce
à la chaleur humaine, celle qui était dégagée par la masse des
prisonniers, qui, à la limite, pouvait atteindre 37 °C, mais c'est là un
argument bien faible et, de toute façon, un peu court. On peut même penser
qu'il est impossible à 1.000 voire 3.000 personnes (chiffres déjà
extravagants, comme nous le verrons) de faire monter la température des
véritables glacières qu'étaient les morgues à 25,7 °C par la simple
chaleur que leurs corps dégageaient ; elles seraient mortes bien avant de
pouvoir y arriver soit par asphyxie soit tout simplement de froid vu l'inertie
thermique de ce milieu bétonné. [3]
C'est là une chose qu'il serait facile de démontrer expérimentalement.
Philippe Costa [4] fait déjà remarquer : « Tous les thermiciens du
bâtiment connaissent le problème lié à la sensation de fraîcheur
provoquée par des parois non préchauffées ; même avec une température
interne de l'air de 20°C (...), il aurait fallu préchauffer l'air des
morgues à au moins 40°C pour arriver à une température au sol [où se
trouvaient les granulés de Zyklon-B] de 25,7°C. »
Plus convaincant (encore que reprenant en 1993 la thèse de la chaleur humaine
pour les gazages dans les Bunkers 1 et 2), Pressac, de son
côté, fait état d'un projet de la Bauleitung -projet qui n'eut pas
de suite- de « préchauffage » de la morgue 1 par
récupération des calories dégagées dans les installations de force motrice
du Krema II : il apparaîtra à tous, dit Pressac, que, si cette morgue
qu'on s'était efforcé de maintenir froide jusqu'à se donner le mal de la
construire en sous-sol, avait encore un caractère sanitaire (conserver les
corps au frais), il était
absurde de vouloir la chauffer. On peut faire deux réponses :
Ou bien la morgue 1 devait effectivement fonctionner comme morgue. D'une part, Gauss rappelle qu'en hiver, les morgues étant de véritables glacières, il avait paru nécessaire de préserver -comme c'est de règle dans tous les crématoires- les corps du gel avant leur crémation, faute de quoi on court le risque d'endommager les fours. D'autre part, il y avait lieu également de veiller à éviter la rupture des canalisations d'eau sous l'effet de ce gel. L'argument de Pressac se retourne d'ailleurs contre lui, car il constitue un aveu : la chambre à gaz était apparemment inutilisable sans dispositif de chauffage et ce dispositif n'existait pas.
Ou bien la morgue 1 devait fonctionner comme chambre d'épouillage par air chaud. Dans ce cas, le projet dont parle Pressac s'insère très bien dans cette transformation. Ce projet aurait pu être un complément au projet d'installation de fourneaux d'épouillage Topf. [5]
La discussion (« bassement technique », nous le confessons) sur la gazéification et la diffusion du Zyklon-B débouche donc sur de nouveaux arguments pour le moins sérieux contre la réalité des chambres à gaz à Auschwitz. On pourrait -par bienveillance pour les historiens- admettre à la rigueur que les basses températures régnant dans les morgues et l'absence de système de diffusion n'ont pas constitué finalement un obstacle à la mise à mort des condamnés tant est grande la toxicité de l'HCN (il peut encore être mortel à -5°C), mais, comme on va le voir, le problème de la température devient un obstacle insurmontable pour la suite de l'opération. Ce qu'il faut, en effet, bien comprendre en la matière, c'est que gazer occasionnellement 3.000 personnes est relativement facile, mais que répéter l'opération deux heures plus tard dans le même local est problématique, car cela suppose qu'on récupère leurs cadavres, donc qu'on puisse pénétrer dans le local, donc qu'on le ventile préalablement.
3. VENTILATION DES CHAMBRES A GAZ.
Notons tout d'abord que les ouvriers du Sonderkommando ne portaient pas
de masque quand ils déchargeaient la chambre à gaz : c'est évidemment
impossible sans une ventilation préalable. [6]
En se basant sur les plans, sur les archives publiées par
Pressac et sur ses affirmations (dans son ouvrage de 1993, Pressac n'a pu,
pour des raisons financières probablement, ou voulu, par prudence, donner
autant de photos de documents que dans son monumental ouvrage de 1989), on en
arrive aux conclusions suivantes :
Les Bunkers 1 et 2 n'avaient pas d'aération mécanique et, dès lors, Pressac est bien obligé d'admettre qu'on n'a pas pu y gazer grand monde (tout en affirmant par ailleurs, d'une part, qu'ils devaient servir à eux seuls à gazer des millions de juifs et, d'autre part, qu'ils furent le seul outil dont les Allemands disposèrent pendant 9 mois de grande activité).
Le Krema I avait, depuis son montage en 1940 (c'est-à-dire bien longtemps avant qu'on parle de gazage) une « désaération provisoire [pour la morgue et le four] en attendant celle définitive de la Topf [pour la morgue, la salle d'autopsie et le(s) four(s)] ». Cette installation rudimentaire fonctionnait fort mal (l'air des fours, par exemple, fuyait dans la morgue.). Ce n'est qu'en avril 1942 que l'installation définitive arriva (c'était le 4ème projet) ; elle fut stockée et ... ne fut jamais montée ; le Krema I fut d'ailleurs définitivement arrêté en juillet 1943 et même désaffecté. Pressac est donc bien obligé de reconnaître que le Krema I n'a pas beaucoup servi non plus à des gazages et c'est vraiment le moins qu'on puisse dire.
Le Krema IV, qui fut définitivement arrêté au bout de deux mois de fonctionnement et, semble-t-il, transformé en dortoir pour les détenus affectés au service des crématoires, avait été conçu sans ventilation et il n'en eut jamais. Il semble que Topf en livra une par la suite mais elle fut stockée sans être jamais montée. Son cas est plus que clair : plus personne n'oserait affirmer qu'on y ait gazé grand monde.
Le V commença à fonctionner à la mi-avril 1943 sans ventilation mécanique non plus (il était conçu sans, lui aussi), puis il ne fonctionna plus à partir de juillet 1943 « parce que le II (réparé) et le III suffiront ensuite à 'traiter' le flux quotidien des convois de juifs » (on a déjà noté qu'ils n'avaient pas été conçus à cette fin !). Une installation de désaération -sur laquelle, curieusement, Pressac ne donne aucun détail technique [7]- fut commandée le 15 mai 1943, livrée et montée en 1944 pour aider, disent les historiens, au gazage des juifs hongrois, qui arrivaient en masse compacte. L'ennui pour cette thèse, c'est que son montage fut terminé au plus tôt fin juin 1944, alors que la grande majorité des Hongrois avaient déjà été déportés. Bref, si on a gazé dans le V, ce ne fut guère plus que dans les installations examinées ci-dessus.
Finalement, dit Pressac, la très grande majorité des gazages ont eu lieu
dans les Kremas II et III, lesquels avaient été conçus sans
chambres à gaz (puisqu'ils ne devaient servir qu'à incinérer les cadavres
des détenus (et gardiens) décédés de mort naturelle, bien qu'ils fussent
beaucoup plus grands que les deux autres !) mais avaient été « bricolés »
d'urgence en usines de mort.
Or, disaient les révisionnistes, si ces deux grands Kremas II et III avaient bien une
ventilation mécanique, c'était une ventilation de morgue, c'est-à-dire avec
admission d'air par le haut de la pièce. Dans une morgue, l'air est fétide
et lourd : plus on se rapproche du sol, plus il est fétide ; on doit donc
l'extraire par le bas et introduire l'air frais par le haut. Mais dans une
chambre à gaz, c'est le contraire qu'il aurait fallu faire, car d'une part,
le gaz cyanhydrique est plus léger que l'air (sa densité est 0,95 à 31°C),
d'autre part, l'air de la chambre à gaz est -nécessairement, ainsi que nous
l'avons vu- plus chaud que l'air extérieur (sauf peut-être par canicule).
Ajoutons que les cadavres auraient pu obstruer les bouches d'aération, ce qui
n'aurait même pas permis une aération imparfaite. Pressac reconnaît qu'il y
a là une anomalie -qu'il n'explique pas- et dont les ingénieurs et les
opérateurs de la SS se seraient accommodés.
En fait, depuis peu, les révisionnistes ont abandonné cette argumentation,
ce qui nous donne d'ailleurs au passage l'occasion d'ouvrir une
parenthèse : on a ici une illustration de l'inégalité de la lutte entre
les exterminationnistes, attachés à la défense d'un dogme par
définition immuable, et les révisionnistes, attachés par définition à
pourfendre les dogmes ; professant que nos connaissances sont relatives et
que, comme l'a dit Taine, « Seul l'homme absurde ne change jamais. »,
les révisionnistes peuvent donc se permettre de changer d'avis sans problème et, même,
en prétendant que changer d'avis les honore. Mais revenons à la
ventilation des Krema II et III :
D'une part, affirme Rudolf, l'écart de densité entre l'air et le gaz cyanhydrique est négligeable, ce qui ne permet pas d'affirmer que le gaz cyanhydrique pouvait s'élever dans la morgue ou, alors, il faudrait admettre que l'azote de l'air puisse se dissocier de l'oxygène du fait qu'il est plus léger.
D'autre part, dit Mattogno, dans les cellules d'épouillage à l'HCN mises au point par Degesch (les « Degesch-Kreislaufanordnung »), l'évacuation du gaz se faisait indifféremment par le bas ou par le haut car la qualité de la ventilation dépend essentiellement de la puissance du ventilateur. D'ailleurs, la ventilation des morgues des Kremas II et III n'était pas prévue comme tout le monde le croit car, en mai 42, Topf avait informé Auschwitz de ce qu'elle avait décidé de renverser le sens de la ventilation et d'admettre l'air par le bas et de l'extraire par le haut. [8] Et cela sans qu'on puisse affirmer que c'était dans le cadre de la transformation des morgues en chambres à gaz homicides puisqu'à cette époque la désignation d'Auschwitz comme centre de la supposée extermination n'avait pas encore été prise. [9]
Avant cette révision révisionniste, Pressac avait émis l'hypothèse que les Allemands avaient donc l'intention de rendre sa destination première à cette vraie fausse morgue après l'extermination des juifs (par ailleurs, pour les besoins d'une autre démonstration, il dit exactement l'inverse : les Kremas devaient être détruits quelle que fut l'issue de la guerre).
Reprenons
donc l'examen de la ventilation des Kremas II et III au
début : la thèse officielle, basée sur les déclarations des témoins est : gazage
durant 20 à 30 minutes (seulement 10 minutes quand il y avait de nombreuses
arrivées, dit Piper du Musée d'Etat en 1986) ; ensuite, ouverture des portes
sans ventilation préalable. Reconnaissant l'inanité de cette thèse, Pressac
a émis l'hypothèse que le gazage durait moins de 5 minutes et était suivi
d'une aération durant 20 à 30 minutes avant l'ouverture des portes ; cette
aération, pense-t-il, n'aurait pas été perçue par les témoins (dont le
commandant du camp, Höss, ce qui est d'autant plus inadmissible qu'on lui a
fait dire que « une demi heure après l'introduction du gaz, on ouvrait
la porte et on mettait en marche le dispositif d'aération ») ; la
raison en serait que son bruit aurait été couvert par celui de la soufflerie
des crématoires tout proches. Comme on le voit, Pressac réécrit l'histoire
et il a bien raison, mais il le fait au départ d'un dogme, sans preuve et
même sans témoignage, bref ex nihilo ; cette habile modification des
séquences ne change toutefois rien à la réfutation des révisionnistes.
Comme l'a montré Rudolf (nous en avons déjà parlé), il aurait fallu des
heures au gaz cyanhydrique pour s'échapper totalement des granulés de
Zyklon-B ; même avec une ventilation mécanique efficace, il aurait fallu
impérativement patienter un certain temps après le gazage proprement dit,
même pas pour entrer dans la chambre à gaz (c'était totalement exclu à ce
stade) mais simplement pour mettre la ventilation en route. On ne pouvait
évidemment ventiler le gaz qu'après la gazéification complète de l'HCN
contenu dans le Zyklon-B et, comme la température était très inférieure à
26 °C, tout cela aurait pris des heures. Il faut encore ajouter le fait
-rappelé inlassablement par Faurisson- que même une ventilation poussée
n'aurait pas pu éliminer le gaz qui s'était fixé sur les corps et que les
ouvriers chargés de les évacuer seraient morts gazés à la tâche, même
équipés de masques.
La seule parade qu'a trouvée Pressac en 1993 est de supposer -sans preuve,
bien entendu, et au mépris de tous les témoignages et aveux- qu'il n'y avait
qu'une seule opération de gazage par jour (1.000 personnes à la fois) dans
les Kremas II et III (« un seul cycle de gazage possible
par jour ») : cette révision du Dogme l'a contraint à une autre
révision spectaculaire, celle de la réduction du nombre de gazés à
l'arrivée à 630.000, puis 470/550.000 !
On notera que, finalement, Pressac a dû admettre qu'on ne pouvait trouver
dans l'analyse des systèmes de ventilation des morgues des Kremas II
et III la preuve de l'existence des chambres à gaz (tout en faisant
croire le contraire par ailleurs). Mattogno, lui, va plus loin et démontre de
façon convaincante et fort simple qu'on peut y trouver l'indice que lesdites
morgues ne purent être des chambres à gaz :
Il y avait, dit Pressac, ventilation de 8.000 m3 par heure pour la morgue 1 (la chambre à gaz) et 13.000 m3 pour la morgue 2 (la salle de déshabillage des condamnés) ce qui, compte tenu de leurs dimensions, signifie que l'air de ces pièces était renouvelé respectivement 16,56 et 13,45 fois par heure.
Or, dit Mattogno sur la base de preuves documentaires dont Pressac a fait litière,
d'une part, les chiffres donnés par Pressac sont erronés : les volumes ventilés étaient en réalité de 4.800 et 10.000 m3 par heure, ce qui correspond à 9,48 et 11 renouvellements d'air par heure ; en d'autres termes, la prétendue chambre à gaz était encore moins bien ventilée que le vestiaire, ce qui est absurde ;
d'autre part, cette fréquence du renouvellement de l'air est conforme aux normes fixées pour des morgues utilisées intensivement (10 renouvellements par heure) ; par contre, dans les chambres à gaz d'épouillage, bien qu'elles fussent équipées du très efficace système Degesch-Kreislauf (ventilation circulaire par air chaud), l'air était renouvelé 72 fois par heure ! Dès lors, il devrait apparaître aux hommes de bonne foi et de bon sens que la morgue 1 ne pouvait être une chambre à gaz homicide, pas plus d'ailleurs que la morgue 2. [10]
Les révisionnistes soulèvent donc au sujet de la ventilation des chambres à gaz des objections que les historiens ne peuvent surmonter ; ceux-ci ont donc décidé de faire taire leurs contradicteurs par voie légale ! Quel aveu !
4. ANALYSE QUANTITATIVE DES FERROCYANURES
Ce sont Robert Faurisson et un révisionniste germano-canadien Ernst Zündel,
qui furent à l'origine d'une expertise capitale effectuée en 1988 par
l'ingénieur américain Fred Leuchter, spécialiste d'installations d'exécution
capitale, dont les chambres à gaz utilisées dans certains états américains.
Comme nous l'avons dit plus haut, le gaz cyanhydrique, une fois diffusé, ce
qui, nous l'avons vu aussi, n'est pas automatique, s'insinue dans les
mortiers, plâtres et briques des murs des pièces dans lesquelles il est mis
en oeuvre (à raison de 12 g/m3 pour les humains et 5 g/m3 pour les poux, dit
Pressac mais sans citer sa source et pour cause) et, réagissant avec le fer
contenu dans ces matériaux, il y forme des ferrocyanures étonnamment
stables.
Leuchter procéda donc à des prélèvements de matériaux divers dans
certaines installations d'Auschwitz, à savoir :
une chambre à gaz de désinfection (« Control sample ») située en dehors des crématoires et dans laquelle on gazait les poux ;
les cinq chambres à gaz homicides situées dans les crématoires et dans lesquelles on aurait gazé des juifs.
Les analyses montrèrent que les échantillons de la
chambre à gaz de désinfection contenaient des quantités importantes de
ferrocyanure, ce qui indique qu'on y avait abondamment utilisé du Zyklon-B.
Par contre, les échantillons des 5 locaux considérés comme chambres à gaz
homicides ne contenaient pas du tout ou très peu de ferrocyanure, ce qui
indique tout aussi clairement qu'on n'y avait jamais introduit de Zyklon-B,
sauf, peut-être à l'occasion de l'une ou l'autre opération de
désinsectisation, encore que certains pensent que l'usage du Zyklon-B a été
tel qu'on doit trouver des traces infimes de ferrocyanure à peu près partout
dans les camps allemands, y compris dans des pièces où il n'a jamais été
employé. Il se pourrait même, selon Rudolf, que la présence de cyanure en
quantités minimes résulte d'un phénomène naturel et donc qu'on en trouve
de semblables quantités partout.
Certes, les résultats pour les Kremas IV et V sont moins
probants du fait qu'ils ont été rasés depuis la guerre, mais les résultats
pour les trois autres Kremas, dont les II et III, dans lesquels
auraient été gazés la très grande majorité des juifs, sont inattaquables.
Les critiques formulées contre l'expertise de Leuchter sont inconsistantes
(on trouvera en annexe 6 l'exposé et la réfutation de celles de Nolte,
Pressac et Stengers).
La principale -celle qui vient directement à l'esprit
et paraît de bon sens- est que les intempéries, notamment les pluies, ont
lessivé les traces de cyanure. Cet argument ne résiste pas à l'analyse :
d'une part, au moins une installation, celle du Krema I, a constamment été à l'abri (elle aurait même encore son toit d'origine).
d'autre part, les composés ferrocyanurés sont d'une résistance exceptionnelle aux intempéries : Rudolf l'a démontré expérimentalement de façon irréfutable. On peut d'ailleurs faire remarquer qu'une chambre à gaz sanitaire (la BW5b) porte encore des traces de cyanure sur sa façade (le gaz a réussi à traverser le mur) : 50 ans d'intempéries n'ont donc pas réussi à lessiver ces traces (de couleur bleue) qui sont visibles à tous les visiteurs du camp (pour autant qu'ils s'écartent de l'itinéraire organisé par le Musée).
Au terme de cette expertise, il est donc clair qu'on n'a
jamais gazé personne dans les cinq Kremas d'Auschwitz. Si on l'a fait,
on l'a fait ailleurs, mais c'est là une autre histoire (d'ailleurs
improbable).
Une contre-expertise réalisée ultérieurement par la Section de Toxicologie
de l'Institut d'Expertises Médico-légales de Cracovie à la demande du
Musée d'Etat d'Auschwitz a abouti à des conclusions semblables.
Enfin, en 1992, ont été publiés les résultats de l'expertise de Germar Rudolf,
lequel s'est notamment attaché à l'étude des résidus
ferrocyanurés d'Auschwitz. Rudolf a confirmé, tout en les précisant et,
parfois, en les rectifiant sur des points de détail, les
résultats de Leuchter et des Polonais. A ce jour, cette expertise n'a pu
être valablement mise en doute par qui que ce soit. [11]
NOTES
| [1] |
Germar Rudolf, chimiste allemand travaillant, à l'époque, au prestigieux Max-Planck-Institut de Stuttgart. On notera que son travail a été effectué sous le contrôle de l'Institut et publié avec son accord. | ||||||||||||||
| [2] |
Les historiens affirment par ailleurs que des
malades mentaux furent euthanasiés au gaz en Allemagne en 1939/1941 au cours
d'une opération baptisée T4 ; le gaz
employé était le monoxyde de carbone et le nombre de victimes fut de
quelques dizaines de mille : tout cela est sans commune mesure avec
l'extermination des juifs. Toutefois, R. Faurisson dit qu’il n’existe
aucune preuve que les médecins qui ont euthanasié les débiles allemands ont
utilisé du gaz ; ils ont utilisé, pense-t-il, des produits comme la
scopolamine et le luminal. (Etudes révisionnistes,
Volume 1, 2001, p. 195) Si cela est vrai, l’argument –déjà faible, à
la vérité- développé par les historiens, à savoir que des participants à
cette opération T4 (comme le commissaire Christian Wirth : à ne pas confondre
avec le Dr Wirths) auraient été envoyés dans l’est pour gazer les juifs
en raisons de leur expérience, est sans valeur aucune. | ||||||||||||||
| [3] |
Températures moyennes dans la région d'Auschwitz et à
Bruxelles :
Ces moyennes ne rendent pas compte du climat extrême à l'époque de la guerre (les hivers y furent plus rigoureux et les étés plus torrides que d'habitude). Il reste qu'en janvier/février, il fait encore 5 à 6 °C de moins à Auschwitz qu'à Bruxelles. | ||||||||||||||
| [4] |
Ingénieur physicien et président de l'ANIV (Association Nationale pour les Internés et Victimes de la Loi Gayssot). | ||||||||||||||
| [5] |
En 1993, Pressac donne des informations complémentaires, qui fragilisent sa thèse criminelle :
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| [6] |
Ainsi qu'en témoigne une circulaire de Höss du 12/8/1942, publiée par Pressac, les participants aux gazages (« Vergasungen ») de désinfection avaient reçu instruction de se tenir, au moins pendant 5 heures, à 15 mètres du local où le gaz avait été employé ; il leur était même demandé de faire attention à la direction du vent. Comment aurait-on pu, dès lors, s'introduire dans les chambres à gaz homicides immédiatement après l'ouverture des portes ou même plusieurs heures après ? C'est évidemment impossible ainsi qu'en témoigne plus précisément l'incident relaté dans une note de décembre 43 (Archives Osobyi 502-1-8) :
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| [7] |
On ne peut même pas prétendre qu'elle était destinée aux morgues/chambres à gaz : il est possible qu'elle était destinée à la salle des fours. Elle était, certes, prévue dans le devis, mais il semblerait à l'examen des rares documents produits par Pressac, que les SS en avaient fait l'économie. | ||||||||||||||
| [8] |
C. Mattogno, « Die 'Gasprüfer' von Auschwitz », VffG, 2. Jahrgang, Heft 1, März 1998, pp 13 à 22. | ||||||||||||||
| [9] |
S'ils avaient voulu gazer les juifs, les Allemands
auraient pu également utiliser un autre système aussi efficace que les
cellules Degesch-Kreislauf ainsi que le prouve Pressac dans un article
paru dans le n° 3 d'octobre 98 des Collections
de l'Histoire [pp 34 à 41] et intitulé « Enquête sur les chambres à gaz [d'Auschwitz] ». Pressac y
fait part du résultat de ses dernières recherches dans les archives de Topf,
société qui fut, comme on le verra par la suite, le constructeur des fours
crématoires d'Auschwitz et qui, dans le même temps, fut chargée de
transformer les morgues desdits crématoires en chambres à gaz homicides.
Topf, dit Pressac, avait une « Division
A » qui s'occupait de « gazage » de silos de céréales (les sacs de céréales infestées pouvaient être
gazés dans des chambres séparées). Topf utilisait l'insecticide de marque
Areginal (formiate de méthyl, liquide qui se gazéifie à 31°C) mais, comme
ce produit était hygroscopique, elle a développé le Cartox (gaz en bouteille
plus coûteux) à partir de 1938. Toutefois, en 1940, la Wehrmacht lui a
demandé pour des raisons budgétaires de reprendre l'Areginal et Topf a mis
au point un vaporisateur mixte valable pour les deux produits. Bien que Topf
ne puisse passer pour un spécialiste de l'acide cyanhydrique (HCN), on peut
toutefois faire remarquer que son vaporisateur pouvait convenir également
pour la vaporisation de cet acide sous sa forme liquide. A ce point de notre résumé,
on notera que, parallèlement, Alain Guionnet rapporte dans Revision,
n° 88, novembre 98, que, de l'avis des chimistes Bertrand Clair -un
exterminationniste- et Germar Rudolf -un révisionniste-, l'HCN liquide aurait
été une solution tout à fait indiquée pour une opération industrielle de
gazage des juifs, beaucoup mieux indiquée en tout cas que la solution de l'HCN
solide (sous forme de granulés de marque Zyklon-B), ne fût-ce déjà que
parce que l'usine d'IG Farben à Auschwitz III pouvait produire de l'HCN
liquide. | ||||||||||||||
| [10] |
Bien que cela n'affecte pas le raisonnement, il est à
noter que, si la morgue 2 des Kremas II et III fut bien équipée
de l'installation de désaération prévue, celle-ci ne fut jamais mise en
service car on ne monta pas le moteur électrique prévu et même livré de
cette installation.
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des juifs par les Allemands, Tome 1 : Examen des preuves