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des juifs par les Allemands, Tome 2 : Réalités
de la "Solution finale"
Annexe 9 - Où sont passés les registres mortuaires d'Auschwitz de l'année 1944 et pourquoi ont-ils disparu ?
Qu’est-ce qu’un Sterbebuch ?
Jusqu’il y a peu, on voulait nous faire croire que, quand un déporté mis
au travail à Auschwitz mourait, il était incinéré anonymement, un peu comme
une bête ; ce déporté n’avait-il d’ailleurs pas été dépersonnalisé et
son nom remplacé par un numéro matricule ? On sait depuis quelques années que
cela n’est pas vrai. En réalité, son arrivée au camp faisait l’objet d’une
inscription à l’état civil du camp ; il y était domicilié Kasernenstrasse
(Rue des Casernes, où se trouvait l’état civil du camp) ; s’il mourait, il
était établi un acte de décès en bonne et due forme, acte dans lequel
figuraient les renseignements habituels comme le nom de ses parents, la date de
sa naissance, la date de son décès, sa cause (souvent fantaisiste,
semble-t-il), etc. mais pas le numéro d’immatriculation ; d'ailleurs, on y
trouve les noms de détenus qui n'avaient manifestement pas été immatriculés
: par exemple, le décès des déportés morts dans le train les amenant à
Auschwitz y était acté tout comme celui des résistants polonais condamnés à
mort par un tribunal allemand et envoyés à Auschwitz pour y subir leur peine.
Les actes de décès étaient établis en 3 exemplaires reliés dans des
registres appelés Sterbebuch (littéralement « Livre
mortuaire »), lequel contenait habituellement quelque 1.500 actes :
les originaux (reliés dans un registre appelé Erstbuch) étaient archivés à Bielitz (Bielsko), juridiction dont dépendait Auschwitz et qui délivrait à la demande des extraits d’actes de décès [1] ;
il était effectué au papier carbone deux copies certifiées conformes et reliées chacune dans un registre appelé Zweitbuch ; l’une était destinée à la centrale de la SS à Berlin, l’autre à l’état civil du camp d’Auschwitz même. [2]
Que sont devenus les Sterbebücher d’Auschwitz ?
Le sort de ces registres a été le suivant pour ce qu’on en sait :
Les archives de Bielitz auraient été presque entièrement détruites ; néanmoins, un registre original (Erstbuch) datant de 1942 a été retrouvé en 1945 à Buchenwald et ramené à Amsterdam au RIOD. [3] Des copies certifiées d’actes délivrées par Bielitz ont été récupérées çà et là mais ces actes seraient tous antérieurs au 1er janvier 1944.
En ce qui concerne les Zweitbücher, il est difficile de faire la distinction entre ceux de Berlin et ceux d’Auschwitz et il n'est d'ailleurs pas à exclure que tous les Zweitbücher retrouvés aient la même origine (Berlin ou Auschwitz) ; on peut juste dire que :
En 1950, on trouva enfouis dans le sol du camp de Gross Rosen (à 80 kms à l'ouest d'Auschwitz) des fragments de deux registres datant de 1942 [4]. D’où venaient-ils : de Berlin ou d’Auschwitz ? On n’en sait rien.
De son côté, le SIR (Service International de Recherche d’Arolsen géré par la Croix-Rouge Internationale) possède un Zweitbuch datant de 1943. [5] Nous n’avons pu savoir où et quand il avait été récupéré.
Enfin, la chute du communisme fit réapparaître à Moscou 46 registres complets plus deux petits fragments de registres (Fonds 504-2/2-47). Cet ensemble ne comprend pas les fragments retrouvés à Gross Rosen ni le Zweitbuch d’Arolsen ; par contre, un Zweitbuch correspondant à l’Erstbuch d’Amsterdam en fait partie. Ces registres portent sur une partie de 1941, sur 1942 et sur 1943 (le dernier acte est daté du 31 décembre 1943). Ces documents font partie de ce que les archivistes et les historiens allemands d’aujourd'hui appellent les « Sonderarchiv », c’est-à-dire les archives confisquées par l’Armée Rouge en 1945 et tenues secrètes jusqu’à la chute du communisme [6]. Où les Russes les avaient-ils trouvées ? On ne le sait pas toujours avec certitude ; on sait qu’ils en trouvèrent une grande partie dans un château de Basse-Silésie [7], également dans un train, mais aussi dans des camps (Auschwitz, Gross Rosen, etc.). Ainsi, pense-t-on habituellement qu’ils trouvèrent à Auschwitz même les fameuses archives de la Zentralbauleitung qui ont été étudiées ces dernières années par divers chercheurs. Certains supposent aussi que les Russes ont également récupéré à Auschwitz même les registres mortuaires de Moscou mais on n’en est pas sûr de tout. [8]
| Année, numéro, type et origine des Sterbebücher | Moscou | Gross Rosen | Buchenwald (Amsterdam) |
? (Arolsen) |
|
| 1941 | 1 2 3 4 |
Zweitb. - Zweitb. - |
- - - - |
- - - - |
- - - - |
| 1942 | 1 à 4 5 6 et 7 8 9 à 21 22 23 à 26 27 et 28 29 30 31 |
Zweitb. - Zweitb. Zweitb. fragments Zweitb. Zweitb. Zweitb. - Zweitb. - - |
- Zweitb. fragments - - - - - - - - Zweitb. fragments |
- - - - - Erstbuch - - - - - |
- - - - - - - - - - - |
| 1943 | 1 à 3 4 5 à 11 12 13 14 15 16 à 18 19 et 20 21 à 25 |
Zweitb. Zweitb. fragments Zweitb. - Zweitb. - - Zweitb. - Zweitb. |
- - - - - - - - - - |
- - - - - - - - - - |
- - - - - Zweitb. - - - - |
| 1944 | - | - | - | - | |
Il est à noter que F. Piper, directeur du Musée d'Etat d'Auschwitz, affirmait en 1991 que le Musée possédait 8.803 « death certificates ». D'après le Musée, ces « death certificates » ne sont pas des extraits d'actes délivrés par Bielitz (Sterbeurkunde) mais des actes de décès, ce qui signifie que le Musée possédait, avant la redécouverte des Zweitbücher de Moscou, des fragments de Ertsbuch ou de Zweitbuch non repris dans le tableau ci-dessus. En effet, on ne peut pas opposer à ce raisonnement que le Musée possédait des photocopies prises après la guerre des actes retrouvés ailleurs qu'à Moscou car le compte n'y est pas. Une autre hypothèse est évidemment que le Musée possédait -sans le dire- des photocopies de centaines, voire de milliers d'actes conservés à Moscou. En attendant d'éclaircir ce point, on se bornera à relever qu'aucun de ces 8.803 actes ne serait postérieur au 31 décembre 1943.
Y a-t-il eu des Sterbebücher en 1944 ?
En résumé, tous les actes (Erstbuch, Zweitbücher) et
extraits d'actes
récupérés sont
antérieurs au 31 décembre 1943. Or, il est impensable que les Allemands aient
brusquement cessé le 31 décembre 1943 de rédiger des actes de décès [9] ;
alors, où sont les actes de 1944 ? On peut comprendre -encore que difficilement
car il en existait 3 exemplaires ainsi que nous l’avons vu- qu’on ait perdu
tous les registres de 1944 mais comment expliquer que, sur les centaines d'extraits
délivrés par Bielitz et récupérés par le Musée d’Auschwitz, il
n’y en ait pas un seul qui date de 1944 ?
Selon nous, les chercheurs Jürgen Graf et Carlo Mattogno ont levé le doute qui
pourrait subsister : des actes ont bien été établis pour 1944 et les Russes
ont même emporté un certain nombre de registres concernant cette année 1944.
En effet, ces deux chercheurs viennent de mettre la main sur 3 notes archivées
au GARF à Moscou [10] : leur lecture révèle que l’Armée Rouge a trouvé en
1945 à Gross Rosen « 80 livres avec des listes de personnes
assassinées dans le camp d’Auschwitz » et qu’elle les a ramenés
à Moscou. Et que peuvent donc être lesdits 80 livres sinon les Sterbebücher
d’Auschwitz ?
Comme on sait avec certitude qu’il avait été constitué 60 registres au 31
décembre 1943 dont 46 ont été remis par les Russes (sans parler des deux
fragments), on peut conclure qu’il a donc été établi entre 20 et 34
registres pour l’année 1944, ce qui correspond à 30.000 à 51.000 actes de
décès, fourchette à l’intérieur de laquelle on retrouve les estimations
des uns et des autres.
Pourquoi ne retrouve-t-on pas les Sterbebücher de
1944 ?
Cette disparition, avons-nous dit, est étonnante. Il conviendrait donc de l’expliquer.
Qu’en disent donc les historiens officiels ? C’est simple : ils ne s’étonnent
pas de cette lacune ; on sait qu’ils ont pourtant l’imagination fertile et
on ne doit pas douter qu’ils pourraient nous donner une explication qui, pour
être invraisemblable, ne nous en serait d’ailleurs pas moins imposée par la
loi et enseignée dans les écoles. Et bien, ils n’en disent rien ; ils ne
relèvent même pas le fait comme s’il allait de soi. Ce n’est donc pas
seulement étonnant mais suspect.
Quelle explication peut-on alors avancer ? La plus vraisemblable est que
les inaptes étaient non pas gazés comme le prétendent les historiens mais
réimplantés en Ukraine du moins jusqu’au début de 1944 quand les Russes
reprirent l’Ukraine ; ceci expliquerait pourquoi on ne trouve aucun acte
établi au nom d’enfants juifs dans les registres de 1942 et 1943 mais on
devrait en trouver dans les registres de 1944, ce qui constituerait la preuve
(une de plus) de ce que :
les gazages anonymes des inaptes est une fable ;
les inaptes déportés en 1942 et 1943 ont disparu en URSS.
On aurait pu chercher à nous le cacher en nettoyant les archives à la fois à Moscou (élimination des Zweitbücher de 1944) et à Auschwitz même (extraits d'actes et peut-être même, actes de décès de 1944).
NOTES
| [1] |
Pour plus de détails, voyez Thomas Grotum et Jan Parcer,
« Computer-aided Analysis of the Death Book Entries » dans
« Death Books from Auschwitz », Vol 1. « Reports »,
K.G. Saur, 1995, p. 203 à 231. | |||
| [2] |
Liens vers la photo des documents suivants :
| |||
| [3] |
Il s’agit du Volume 22 de septembre/octobre 1942 (dont il manquerait une cinquantaine de pages). Selon les Hollandais, il a été amené à Buchenwald par un détenu qui l’avait récupéré à Auschwitz, ce qui est curieux puisque Auschwitz ne possédait que des Zweitbücher. | |||
| [4] |
En tout, 276 actes datant de mai 42 [Volume 5] et décembre 42 [Volume 31]. | |||
| [5] |
Volume 14 de mai/juin 1943. | |||
| [6] |
On notera toutefois qu’un certain nombre de ces registres (de même que l'Erstbuch d’Amsterdam) avaient été produits à l’Auschwitz-Prozess de Francfort/Main en 1964 mais, apparemment, cela n’avait pas retenu l’attention des rares chercheurs révisionnistes de l’époque. | |||
| [7] |
Schloss Althorn au sud de Glatz. Voyez Der Archivar, 1992, H. 3, p. 457 et VfZ, 40 (1992), p. 311. | |||
| [8] |
Par exemple, un responsable du Musée indiquait en 2001 que les Sterbebücher de Moscou avaient été « probablement » récupérés par les Russes à Auschwitz même mais Grotum et Parcer affirment de leur côté [p. 203] qu’une partie des archives du camp (dont des archives de la Section Politique, gardienne des Sterbebücher) a été envoyée le 17 janvier 1945 en direction de Gross-Rosen. | |||
| [9] |
Ils continuaient, par exemple, de rédiger des actes de naissance, le dernier ayant été établi le 15 janvier 45 c’est-à-dire quelques jours seulement avant l’arrivée des Russes (Grotum et Parcer, p. 204). De même, Bielitz délivrait encore en janvier 1945 des copies des actes de décès des Erstbücher (Id., p. 214). | |||
| [10] |
Archives Gosudarstvenni Archiv Rossiiskoi Federatsii
(GARF) :
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