AAARGH
[qui devait paraître en annexe du livre de Valérie
IGOUNET, Histoire du nébationniams en France, aux
éditions du Seuil, en 2000, et censuré par la LICRA.
Nous présentons ici le texte dont la LICRA veut priver
les lecteurs français -- qu'elle prend, manifestement,
pour des imbéciles. Même Vidal-Naquet a trouvé
ça stupide (Le Monde, 24 mars 2000
Le texte présenté ici est la transcription de la
bande magnétique, et non le texte que V. Igounet pensait
inclure dans son livre et que nous ne connaissons pas].
Valérie Igounet: Ce que je vous propose est assez
simple. Je fais une thèse sur «Le négationnisme
et le révisionnisme en France de l'après-guerre
à nos jours». Vous êtes au centre de mon
travail. Si vous êtes d'accord, j'aimerais que vous évoquiez
comment vous vous êtes intéressé à
la question.
Robert Faurisson: Je vais être bref dans mes réponses
et puis, vous pourrez me reposer des questions. Je veux bien faire
de longs développements après coup, mais non au
début.
Pour commencer par le commencement, j'aimerais qu'on dise que
nous sommes aujourd'hui le 9 avril 1996 et que nous sommes à
Vichy, à mon domicile. Il faut toujours donner des dates.
J'aimerais savoir ce que vous avez fait entre la fin de
la seconde guerre mondiale et le début des années
soixante. Nous allons donc parler de vos travaux littéraires
essentiellement. Comment vous êtes-vous intéressé
à la «question» des chambres à gaz?
R.F.: En 1945, j'avais seize ans. Je peux dire que, jusqu'au 8
mai 1945, j'étais extrêmement hostile à l'Allemagne.
Mais le jour du 8 mai, quand j'ai entendu soit les cloches, soit
les sirènes -- je ne me souviens pas exactement -- qui
annonçaient à Paris la fin de la guerre, pour la
première fois de ma vie j'ai pensé au malheur du
peuple allemand vaincu. Je me suis dit: ce qui est une joie pour
moi doit être terrible pour eux. Par la suite, étant
en khagne (*) à Paris au Lycée Henri IV, j'ai appris
ce qu'était le procès de Nuremberg. J'ai été
révulsé. Les vainqueurs n'ont pas le droit de juger
les vaincus. «Juste» ou «injuste», toute
guerre est une boucherie. Les vainqueurs ne sont que les meilleurs
des bouchers. A ce titre, ils peuvent infliger aux vaincus des
leçons de boucherie mais non de morale, de vertu ou de
justice. Par la suite, j'ai assisté assez souvent, au palais
de justice de Paris, à des procès dits d'épuration
et j'ai été révolté, là encore,
par la façon dont on traitait les vaincus. Ensuite, j'ai
lu le livre de Maurice Bardèche sur le procès de
Nuremberg. Je l'ai trouvé convaincant. J'ai lu la Lettre
à François Mauriac du même Maurice Bardèche.
C'était à propos de l'épuration. J'ai trouvé
que c'était bouleversant. Et puis -- j'essaie de suivre
l'ordre chronologique --, j'ai dû me désintéresser
de tout cela pendant assez longtemps. J'ai su ce que Paul Rassinier
avait écrit, notamment dans Le Mensonge d'Ulysse.
C'était donc l'histoire d'un ancien déporté
qui estimait qu'on avait le droit de raconter sa déportation,
de raconter ses malheurs mais qu'on avait le devoir d'être
exact et de ne pas charger la barque. J'ai trouvé que c'était
bien, que cela avait belle allure. J'ai trouvé que c'était
juste. Et cela nous amène au début des années
soixante.
Vous avez commencé par Passage
de la ligne, de Paul Rassinier, et après vous avez
continué par Le Mensonge d'Ulysse?
R.F.: Non, j'ai pris le livre qui s'intitulait Le
Mensonge d'Ulysse et qui contient Passage
de la ligne.
Après, vous avez donc lu l'article de Martin Broszat
dans Die Zeit?
R.F.: Oui, j'en ai entendu parler. J'ai entendu dire qu'une personnalité
de l'Institut de Munich, dans une lettre à laquelle on
avait donné pour titre "Pas
de gazage à Dachau", disait en fin de compte qu'il
n'y avait pas eu de gazage ni à Dachau, ni dans un certain
nombre de camps, ni dans tous les camps de l'Ancien Reich, c'est-à-dire
le Reich allemand dans ses frontières de 1937. On a joué
ensuite sur les mots en disant: "Non, non, il n'a pas dit
cela. Il a dit <pas de gazage de masse>". Mais enfin,
laissons! Ce qui était clair, c'est qu'il disait qu'il
n'y avait pas eu de gazage à Dachau. Or, la seule chambre
à gaz qu'on avait vaguement montrée et la seule
dont on avait parlé avec un peu de détails, notamment
au procès de Nuremberg, était précisément
celle de Dachau.
On peut donc dire que cet article est à l'origine
d'un déclic ?
R.F.: Oui.
Il y a donc eu les livres de Paul Rassinier qui vous ont plu par leur
sobriété. Puis, il y a surtout cet article de Martin
Broszat.
Vous vous êtes certainement dit que, s'il n'y avait pas
eu de gazage à Dachau, on pouvait se poser la même
question pour les autres camps ?
R.F.: Oui.
Donc, vous commencez vos recherches.
R.F.: Je trouve que, lorsqu'on a affaire à un vaste sujet,
comme on n'est pas capable de l'embrasser, il faut en chercher
le coeur, puis le coeur du coeur. Or, le coeur du coeur de ce
vaste sujet (on l'appelle si vous voulez l'Holocauste, la Shoah,
le génocide ou l'extermination physique des juifs), c'est
Auschwitz. Donc, je me suis intéressé à Auschwitz.
Et le coeur d'Auschwitz, ce sont les prétendues chambres
à gaz.
Vous avez donc commencé vos recherches au début
des années soixante...
R.F.: Je les ai commencées dans les années soixante
mais je combinais cela avec bien d'autres activités et
même d'autres recherches. Il y avait mon doctorat, la vie
courante, les plaisirs de la vie courante.
Tout d'abord, je crois que vous êtes allé au
CDJC ?
R.F.: Voici ce que j'ai fait. J'ai pris au CDJC
(Centre de documentation juive contemporaine, 17, rue Geoffroy-l'Asnier,
à Paris), le fichier "Extermination, gazage".
C'est-à-dire que j'ai décidé d'écouter
la voix de l'accusation et de consulter les documents de l'accusation.
Les accusateurs, après tout, étaient censés
avoir débrouillé le sujet et m'apporter, en quelque
sorte sur un plateau, le meilleur de leur accusation. J'ai donc
pris cela, fiche par fiche, au lieu d'aller lire des livres et
au lieu, à l'époque, de me déplacer. J'ai
voulu d'abord savoir de quoi on accusait l'Allemagne.
Nous étions donc à peu près au seuil
des années quatre-vingt.
R.F.: Je suis chassé du CDJC
en janvier 1977.
Vous aviez donc fait quelques années de recherches
?
R.F.: Oui, j'ai fait plusieurs années de recherches assidues
qui exaspéraient les gens du CDJC.
J'étais leur meilleur lecteur.
Lorsque vous avez commencé vos recherches, mis à
part Le Mensonge
d'Ulysse de Paul Rassinier et les
ouvrages de Maurice Bardèche, vous aviez lu d'autres
livres ?
R.F.: Oui, bien sûr, j'avais lu Poliakov,
Billig,
etc. Mais cela m'intéressait moins que le fichier "Extermination,
gazage". C'était le coeur, encore une fois.
Vous êtes donc au CDJC. Vous faites d'autres recherches
en parallèle, par exemple au Musée d'Auschwitz?
R.F.: Et puis, je suis allé à Auschwitz, en 1975
d'abord, pour une journée seulement, et en 1976 pour dix
jours. Je suis aussi allé à Majdanek.
Excusez-moi! chronologie encore: la première prétendue
chambre à gaz que j'ai visitée est celle du Struthof
qu'on a honte de montrer. Je vous le fais remarquer. Je peux vous
poser la question: avez-vous noté qu'on a honte de montrer
la chambre à gaz du Struthof ?
Non.
R.F.: Vous ne l'aviez pas noté. Notez que vous ne l'aviez
pas remarqué! Parce que, tout à l'heure, je vais
me permettre de vous faire quelques suggestions, puisque vous
êtes une étudiante, et notamment quant à votre
méthode de recherche. On y reviendra.
En fait, nous allons établir un cadre chronologique,
puis nous reviendrons plus tard sur d'autres points.
Nous sommes donc en 1977. Vous êtes chassé du CDJC.
Vos ennuis vont réellement commencer l'année suivante.
R.F.: Non. Mes ennuis ont commencé dès 1974.
Par la publication de la lettre dans Le Canard enchaîné
?
R.F.: Non. C'est à cause d'une lettre publiée dans
Historia. Mes ennuis commencent là. Ensuite, il
y a cette lettre circulaire que j'adresse à un grand nombre
de personnes, jusqu'en Nouvelle-Zélande, à des spécialistes
de l'histoire de la seconde guerre mondiale. Cette lettre, je
l'envoie notamment au responsable de ce qu'on peut appeler Yad
Vashem. Il se trouvait que cet homme était mort. Je ne
sais pas qui a ouvert cette lettre. Elle a été remise
au journal israélien Yedioth Aharonoth qui l'a publiée
en partie. Il n'a pas voulu montrer la partie la plus dérangeante
de ma lettre. Il a traité cela un peu par l'ironie. Cela
a été relayé immédiatement en France
par Tribune juive et, bien sûr, par Le Canard
enchaîné. Là, mes ennuis ont commencé.
Dès la médiatisation de vos thèses
?
R.F.: Il n'y avait pas vraiment médiatisation puisque seulement
quelques journaux en avaient parlé. Cela m'avait valu des
ennuis à la Sorbonne où j'enseignais à cette
époque. Puis, le feu a couvé pendant longtemps.
Pendant longtemps, le journal Le Monde a hésité
à publier ce que je lui envoyais. Et à mon avis,
une opération a été montée. On n'a
pas voulu présenter le texte de Faurisson comme cela. On
a voulu préparer les esprits. On s'en est remis à
M. Ganier-Raymond, faussaire d'ailleurs connu sur la place de
Paris, qui a monté le bidonnage de l'interview de Darquier
de Pellepoix dans L'Express. Ce qui a permis ensuite de
dire: "Vous voyez, Darquier de Pellepoix a un disciple: c'est
Faurisson". L'affaire a donc éclaté en novembre
1978 à l'Université Lyon II.
Il me semble que c'était par un article paru dans
Le Matin ?
R.F.: C'est exact.
Vous rencontrez donc certains problèmes.
R.F.: Non, ce ne sont pas des problèmes. J'ai des ennuis.
Vous avez donc une partie de vos thèses qui sont
publiées dans le journal Le Monde ?
R.F.: C'est exagéré de dire cela. C'est un article.
Ensuite, vos droits de réponse étoffent votre
thèse.
R.F.: Il y a, en tout, un article et un droit de réponse.
Vous savez comment les choses se sont passées. Ce que nous
appelons pudiquement des ennuis, ce sont en fait des événements
scandaleux dont les responsables sont les étudiants juifs
et leur organisation: l'Union des étudiants juifs de France.
Ce sont eux qui montent cette opération et c'est là
que je suis physiquement agressé. Alors, je trouve qu'ennuis
ou problèmes sont des mots peu appropriés. Et toute
la presse aboie. Du jour au lendemain, je ne peux plus assurer
mes cours. Je suis pris en chasse. Il faut savoir ce que cela
signifie d'être pris en chasse par une petite foule. Je
préviens que pas un seul de mes étudiants ne s'est
associé à cette chasse à l'homme. L'Union
des étudiants juifs faisait venir des gens de Paris
qui voyageaient en première classe et qui venaient se livrer
à la chasse à l'homme. Alors, je n'ai pas été
médiatisé, parce que ce mot est mal choisi; il signifierait
que j'ai eu la chance d'avoir en quelque sorte les médias
pour me servir. C'est exactement le contraire. Je ne suis pas
médiatisé. Eux, sont médiatisés. Il
ne faut pas inverser les rôles.
Nous sommes donc à la veille des années quatre-vingt.
Vous allez rencontrer Pierre Guillaume.
R.F.: Oui, je rencontre Pierre Guillaume assez rapidement.
De cette rencontre naît une "association"
Pierre Guillaume/Robert Faurisson. Quelque temps après,
Serge Thion sort
un ouvrage aux éditions de La Vieille Taupe et vous
publiez un ouvrage au sein de la même maison d'édition.
R.F.: Oui. Ce n'est pas entre guillemets. Nous nous sommes associés.
Des personnes comme Serge Thion ou Jean-Gabriel Cohn-Bendit
vous soutiennent. La Vieille Taupe vous édite. Le soutien
de l'ultragauche apparaît dès lors comme une spécificité
française.
[Passage manquant]
R.F.: Alors, Mademoiselle, moi, je vous laisse employer le mot
"négationnisme". Vous savez que je ne suis pas
d'accord. Mais je ne sais pas si vous savez pourquoi je ne suis
pas d'accord. Je l'ai souvent expliqué. On va prendre un
exemple célèbre. Galilée était-il
négationniste ? Non. Il affirmait que, contrairement à
ce que prétendaient des gens qui s'appuyaient notamment
sur l'Ancien Testament, c'était la Terre qui tournait autour
du Soleil! pour simplifier les choses. Donc, Galilée était
positif. Il n'était ni négatif, ni négationniste.
Est-ce qu'aujourd'hui vous diriez de Galilée: "Il
niait que..." ? Non. Il affirmait, après des recherches.
Les révisionnistes sont des gens qui affirment, après
des recherches. Ils sont positifs et positivistes. Ils ne nient
rien. Voilà. C'est un mot important. C'est une définition
importante.
Si l'on reprend le fil chronologique, on peut dire que c'est
dans les années quatre-vingt que naît ce qu'on appellera
"l'affaire Faurisson"?
R.F.: On peut dire qu'elle éclate en novembre 1978, en
réalité.
Etes-vous d'accord avec le fait que c'est seulement en France
qu'il existe ce soutien minoritaire d'une ultragauche?
R.F.: A l'époque, oui, mais maintenant cela a beaucoup
changé. Parce que, vous le savez, Paul Rassinier lui-même
était socialiste et un socialiste qui avait été
proche du parti communiste.
Oui, nous y reviendrons. Après l'affaire Faurisson,
nous pouvons faire un saut chronologique et évoquer la thèse d'Henri Roques
en 1985. Après quelques soubresauts, nous arrivons aujourd'hui
au livre de Roger Garaudy.
R.F.: Oui, mais il va de soi que l'inconvénient, c'est
que vous faites là du révisionnisme un phénomène
français alors qu'il est international.
Je suis tout à fait d'accord avec vous mais je travaille
actuellement sur la France.
R.F.: Oui, mais une personne qui travaille sur la France ne doit
pas perdre de vue que c'est un phénomène international
et que ce ne sont pas seulement Pierre Guillaume ou La Vieille
Taupe qui vont me permettre d'avancer mais aussi l'Institute for
Historical Review (de Los Angeles), dès 1979.
J'en suis consciente. Nous allions l'évoquer.
R.F.: Et puis mes amis néerlandais, belges, allemands,
autrichiens, etc. Parce que la France, c'est un petit canton de
l'univers. Ce n'est pas grand-chose.
Evidemment, les Etats-Unis ont joué un rôle
majeur dans la diffusion des thèses révisionnistes.
R.F.: Je vous demande de ne jamais le perdre de vue.
Entre la thèse d'Henri
Roques et le livre
de Roger Garaudy, nous pouvons évoquer votre adhésion
à l'Union des Athées, la constitution d'associations
prenant la défense des révisionnistes, etc. Etes-vous
d'accord avec la chronologie que j'ai élaborée?
Le livre de Roger Garaudy et la diffusion des thèses révisionnistes
par Internet la ponctuent.
R.F.: Oui.
Nous allons donc revenir en détail sur certains points.
En premier lieu, j'aimerais que vous évoquiez Paul Rassinier.
L'avez-vous rencontré Vous avez entretenu une correspondance
avec lui?
R.F.: J'ai souvent dit que je ne l'avais jamais rencontré.
Je devais rencontrer Paul Rassinier en juillet 1967 et il est
mort à ce moment-là. Oui, j'ai correspondu avec
lui.
C'est une longue correspondance?
R.F.: Non, c'est une brève correspondance dans laquelle
il m'incite à travailler au lieu de faire du ski ou du
tennis. Ce qui m'a frappé dans cette correspondance, c'est
qu'en réalité je testais Paul Rassinier en lui posant les mêmes
questions qu'aux Poliakov
et compagnie. Comme je l'ai souvent dit, Paul Rassinier me répondait rapidement
et avec précision. Les autres accumulaient les délais
et répondaient à côté de la question
posée. C'était mauvais signe pour eux. C'était
bon pour Paul Rassinier.
Plusieurs écrits évoquent votre vie dans les
années soixante. Pouvez-vous infirmer ou affirmer ces propos,
en dire davantage?
"Secrétaire au Sne-sup (1), il a cotisé au
comité Maurice Audin contre la torture en Algérie.
D'une rare liberté de pensée, il fut dans le même
temps emprisonné à Riom en 1962 pour avoir vivement
protesté contre l'internement administratif d'un sympathisant
de l'Algérie française" (2), "un de ses
amis" (3), "pour offense au chef de l'Etat. [...] C'est
au cours d'une conversation qu'il a tenu les propos... colorés
qui lui sont reprochés" (4). Que pensez-vous de ces
affirmations?
R.F.: Il est exact que j'ai été emprisonné
à Riom pendant seize jours pour outrage à magistrat.
Ces magistrats étaient deux policiers de la police judiciaire
[MM. Portal et Petit] qui avaient eu un comportement scandaleux
vis-à-vis de ma femme et de moi-même. Dans cette
époque d'hystérie, comme la France en a bien souvent
connu, un an après ou presque, on a pris prétexte
de ce qui s'était passé là pour m'arrêter.
C'était à l'époque (mars 1962) où
Charles de Gaulle faisait arrêter tous les gens qui pouvaient
lui paraître hostiles. Un procureur local, M. Jeandet, a
voulu faire du zèle et m'a donc fait arrêter.
Une autre revue vous évoque en ces termes: "Cet
ancien pétainiste qui a été inculpé
de coups et blessures pour ses prises de position violentes en
faveur de l'OAS" (5).
R.F.: C'est imbécile. Qui est-ce qui a raconté cela?
Attendez! "Ancien pétainiste", c'est parfaitement
idiot. En quoi ai-je été "ancien pétainiste"?
Là, c'est de la pure idiotie. (J'avais onze ans en 1940
et quinze ans en 1944 et j'étais farouchement hostile au
maréchal Pétain, à l'amiral Darlan et au
président Laval.)
Pierre Vidal-Naquet vous évoque dans ses Mémoires
tel un antisémite.
R.F.: Pierre Vidal-Naquet
parle souvent de moi. Il semblerait que je lui aie fait forte
impression. Le malheur est que, moi, je ne me souviens pas de
Pierre Vidal-Naquet. Je revois, dans un coin d'une salle de classe,
en cagne, la silhouette de Pierre Vidal-Naquet. C'est tout ce
qui me reste de lui. Je n'entends pas un mot de sa bouche. Je
n'aurais pas été capable de vous dire qui il était.
Cela s'explique d'une façon simple. C'est qu'il y avait
un an de différence entre Pierre Vidal-Naquet et moi-même.
Vous savez qu'un an, lorsqu'on a dix-huit ou dix-neuf ans, c'est
important. J'étais en khagne quand il était en hypokhagne.
Il doit y avoir quelque chose de ce genre. Alors, je ne sais pas
d'où il tire ses propos mais je pense que l'origine est
la suivante: malgré la terreur que faisait régner
le parti communiste français en Sorbonne-Lettres et puis,
aussi, un peu en kagne et en hypokhagne, j'osais dire que, pour
moi, le procès
de Nuremberg était une ignominie. Cela suffisait à
vous faire classer comme nazi, antisémite, etc. C'est aussi
banal que cela.
Serge Thion évoque ce point dans son dernier livre,
Une Allumette sur la banquise. Il pense que Pierre Vidal-Naquet
vous qualifie d'antisémite en rapport avec une lettre que
vous aviez envoyée au comité Maurice Audin.
R.F.: Oui, c'est exact. Je trouve que les juifs, d'une façon
générale, ont tendance à saisir toute occasion
de se propulser sur l'avant-scène. Ils se font du tort
à eux-mêmes et ils font du tort à la cause
qu'ils prétendent défendre en agissant ainsi. Ils
feraient mieux d'être discrets. Voilà mon opinion.
Elle n'a pas varié.
Si l'on revient au livre de Serge Thion, vous savez qu'il
fait état dans ce livre de plusieurs correspondances qu'il
a eues, entre autres, avec Pierre Vidal-Naquet. Lorsque Pierre
Vidal-Naquet vous évoque, il parle d'un chèque de
vingt francs que vous aviez envoyé au comité Maurice
Audin. Vous écriviez à ce propos: "Cachez vos
juifs".
R.F.: C'est exact. Je maintiens qu'il fallait montrer discrètement
son soutien à une cause que j'estimais juste. Mais vous
savez, moi, j'aurais envoyé les vingt francs de l'époque
(soit vers 1960 ?) aussi bien à des gens d'en face. Je
l'aurais fait de la même façon. Quand j'ai vu qu'on
persécutait des gens ici, à Vichy, parce qu'ils
avaient des sympathies OAS et non pas une activité, je
trouvais cela scandaleux.
Je vous demande, Mademoiselle, de ne pas oublier mon hérédité
britannique. J'insiste et je vais vous dire pourquoi. Les Français,
que par ailleurs j'aime beaucoup et que j'estime, sont des gens
envenimés par la politique. Les Français sont intolérants.
Dès qu'ils voient qu'une liberté est donnée,
ils s'inquiètent des abus possibles de cette liberté.
C'est un réflexe français. Ce n'est pas du tout
un réflexe américain.
Si je n'ai pas parlé de vos origines, c'est que vous
les avez évoquées suffisamment dans vos écrits.
R.F.: Je comprends; mais, si je me suis permis de vous le dire,
c'est pour vous faire comprendre mon attitude dans l'affaire,
aussi bien des gens qui étaient victimes de tortures en
Algérie que de ceux qui, de l'autre côté,
étaient également victimes d'attentats, de tortures,
de poursuites policières.
Cela signifie que le seul pays où j'aie l'impression de
jouir d'une liberté d'expression, ce sont les Etats-Unis.
C'est aussi la Grande-Bretagne. Ce n'est certainement pas la France.
La France a une tradition de guerres civiles. Les Français
se croient tolérants. Ce n'est pas vrai. La vie est vivable
en France pour l'intellectuel grâce simplement au désordre
gaulois, à l'anarchie foncière. C'est cela qui fait
que, malgré les lois, les règles, les règlements
et cette intolérance foncière, on peut quand même
en France arriver à s'exprimer. Mais c'est contre, en quelque
sorte, la volonté des Français eux-mêmes qui
trouvent toujours, à droite et surtout à gauche,
qu'il n'y a pas assez de police, pas assez de règlements,
pas assez de lois, pas assez de prisons et que les intellectuels
s'expriment un peu trop librement.
Nous poursuivons. Je cite: "Les publications d'extrême
droite font passer Robert Faurisson pour un homme de gauche alors
qu'il ne l'est plus depuis au moins trente ans..."
R.F.: Je n'ai jamais été un homme de gauche...
Je continue et je vous laisse commenter: "...et qu'il
fréquente assidûment depuis des années les
chefs des groupes hitlériens et les rescapés du
national-socialisme historique. Il a, par exemple, collaboré
en 1963 à la revue de droite Accent grave qui publiait
Paul Sérant [...]. Le numéro 4, d'avril 1963, publiait
Robert Faurisson au côté de Pierre Gripari"
(6).
R.F.: Vous croyez que j'ai pu collaborer en connaissance de cause
à cette revue obscure sachant que c'était celle
de M. Paul Sérant? J'ai dû publier dans la revue
Accent grave un article intitulé "Comprendre
Rimbaud". Je ne savais pas du tout ce qu'était cette
revue. J'ajoute que, si elle est d'extrême droite ou d'extrême
gauche, cela m'est égal. Voilà bien un exemple d'intolérance
française. C'est de pratique courante. Cela se fait surtout
chez les intellectuels. On vous dit: "Ah bon! Vous publiez
chez Untel? Bon signe, mauvais signe". Qu'est-ce que cela
veut dire? Je publie où je peux, moi.
Je vais poursuivre avec Emmanuel Ratier qui écrit:
"Il a participé aux événements de mai
1968" (7).
R.F.: C'est excessif de dire que j'ai participé aux événements
de mai 68. J'ai accueilli cela avec plaisir. J'ai trouvé
que c'était une bouffée d'oxygène. Je m'entendais
bien avec mes élèves. J'ai eu la réputation
d'être un soixante-huitard. Je suis de nature un peu rebelle.
Alors, ça me plaisait. Mais c'était une grande récréation,
surtout.
A la question d'un journaliste: "Quand avez-vous commencé
à vous intéresser aux chambres à gaz?",
voici ce que vous répondez:
"[...] En décembre 1960, j'étais en train de
lire un journal allemand, Die Zeit, et c'est dans ce journal
que j'ai appris que l'Institut d'histoire contemporaine de Munich
admettait qu'il n'y avait pas eu de chambre à gaz à
Dachau, à Buchenwald, à Bergen-Belsen et, d'une
façon plus générale [...], dans l'Ancien
Reich. [...] Je me suis dit: "Mais c'est incroyable! Qu'est-ce
que c'est que cette histoire-là!" Mais moi, je pensais
qu'il y avait eu vraiment des gazages, et combien, dans ces camps-là!
Ça commençait à me taquiner et je pense que
j'ai dû alors me mettre à lire des livres de Rassinier"
(8). C'est ce que vous me disiez tout à l'heure. Entre-temps,
vous aviez lu Lettre à François Mauriac, Nuremberg ou la Terre promise.
Vous avez aussi certainement lu Nuremberg
II ou les faux-monnayeurs.
R.F.: Oui, c'est un bon ouvrage.
Et, en parallèle, vous avez lu Paul Rassinier.
R.F.: Je vous fais remarquer que Maurice Bardèche croyait,
et peut-être croit encore aujourd'hui, aux chambres à
gaz.
Non, il n'y croit pas.
R.F.: Je ne sais pas. Vous l'avez vu quand ?
Je l'ai rencontré en janvier 1995. Et Maurice Bardèche
n'y croyait pas dès le début.
R.F.: Ah, je vous en demande bien pardon! Il n'a pas dit: "Les
chambres à gaz ont existé" mais il a bien écrit,
à plusieurs reprises, si mes souvenirs sont bons, que le
génocide avait bel et bien existé. Pour moi, il
n'y a jamais eu de génocide des juifs.
Dès ses premiers livres, Maurice Bardèche
émet un doute quant à l'utilisation des chambres
à gaz. Dans Nuremberg
II ou les faux-monnayeurs, il dit bien que c'est Paul Rassinier
qui donne la meilleure réponse quant à l'existence
des chambres à gaz. Il cite d'ailleurs Paul Rassinier.
R.F.: Attendez: ceci est sous la plume de Maurice Bardèche
? A quelle époque ?
Dès les années cinquante.
R.F.: Ah, pas du tout, dans ses deux livres sur Nuremberg, Maurice
Bardèche ne parle pas de Rassinier.
Dans Nuremberg II ou
les faux-monnayeurs, il cite Paul Rassinier.
R.F.: Ah? C'est intéressant! C'est un bon point pour Bardèche.
Et que dit-il?
A peu près en ces termes il dit: "Sur la question
des chambres à gaz, je pense que c'est Paul Rassinier qui
a donné le meilleur témoignage". Et il cite
les phrases que Paul Rassinier a écrites dans Le Mensonge
d'Ulysse: "Des chambres à gaz, il y en a eu mais
pas tant qu'on le croit..."
R.F.: Cela, c'est le Rassinier du début. Parce que le Rassinier
de la fin n'y croyait pas du tout. Je vous remercie, Mademoiselle.
C'est bien. Moi, je me fie à mes souvenirs. Vous voyez
qu'il ne faut pas se fier à ses souvenirs!
Nous allons continuer de parler de Paul Rassinier. Dans
son livre, François Brigneau dit: En ce qui concerne les
ouvrages de Rassinier, "Faurisson en a fait l'analyse critique.
Rassinier avait commis des erreurs. Marqué par les batailles
internes du parti socialiste, plus il avançait dans ses
recherches, plus il donnait d'importance au rôle joué
par la communauté juive internationale dans le déclenchement
de la guerre" (9). Je pense que François Brigneau
rapporte vos propos.
R.F.: Ah! Pas du tout! Ce n'est pas du tout ma pensée à
moi. Cela pourrait être du style indirect ou semi-direct.
C'est du style direct. C'est François Brigneau qui prend
ces mots à son compte. Il ajoute que c'est ainsi que Rassinier
s'est aliéné les sympathies de gauche et d'extrême
gauche qui lui étaient acquises au préalable.
Justement, pouvez-vous me dire ce que vous pensez de l'évolution
que Paul Rassinier et ses écrits ont connue?
R.F.: Paul Rassinier a avancé pas à pas. Il a d'abord
dit: "Là où j'étais, il n'y en avait
certainement pas". Puis: "Dans tel et tel camp, ce n'est
pas possible". Puis, il est allé voir un peu plus
loin et il s'est aperçu que c'était la même
chose.
A propos de Paul Rassinier, ne pouvons-nous pas parler de
"radicalisation"? Il attaque, avec virulence, la communauté
juive.
R.F.: Il a eu tout à fait raison...
Et ce pseudonyme utilisé dans Rivarol? Que
pensez-vous de l'homme, de ses idées, de ses écrits?
R.F.: Je ne fais pas de réserve sur ce qu'a écrit
Paul Rassinier. Sauf que, dans son dernier livre, il n'est pas
suffisamment clair sur Hilberg. On risque de mal interpréter
ce qu'il a dit à propos des chiffres. Au fond, cette question
de chiffres n'est pas très intéressante. Il prend
le livre du pape de l'exterminationnisme, Raul Hilberg, et il
dit: "Si l'on suit le raisonnement de Hilberg, voici à
quels chiffres on devrait arriver". Mais il n'a pas dit que
c'étaient ses chiffres à lui. Cela n'a pas été
compris par certains. Pour le reste, je ne vois pas de réserve
à faire sur Paul Rassinier. Il y a des phrases que je ne
ferais certainement pas miennes. Et puis, lui était un
homme de gauche. Moi, je n'ai jamais été un homme
de gauche.
A ce propos, vous dites que vous êtes apolitique.
R.F.: Je suis athée et apolitique. Je crois qu'il y a suffisamment
de choses à faire. Je trouve que c'est intéressant,
la religion, la politique. Mais je suis athée et apolitique.
J'ai une vie déjà assez riche comme cela.
Et que pensez-vous de la découverte du pseudonyme
de Paul Rassinier, du fond de l'affaire?
R.F.: Paul Rassinier a eu raison de faire comme il a fait. C'est
extraordinaire: ceux qui font le reproche à Rassinier d'avoir
utilisé un pseudonyme ou un nom de plume ont un certain
aplomb! A partir du moment où vous faites régner
la terreur, où les gens ne peuvent plus s'exprimer, qu'est-ce
qu'ils vont faire, ces gens-là? Ils vont utiliser toutes
sortes de moyens que des gens, dans des dictatures, ont été
obligés d'utiliser. C'est comme si l'on disait à
quelqu'un qui lutterait contre le communisme: "Mais, comment,
vous avez fait passer votre littérature dans des pays étrangers?
Vous avez utilisé des pseudonymes? Vous vous êtes
déguisé? Vous ne vous êtes pas déclaré
sous votre nom à tel endroit?" C'est tout à
fait normal. Moi, je trouve que c'est bien ce qu'il a fait. A
partir du moment où vous dites quelque chose qui est exact
(de votre point de vue), votre devoir, c'est de le dire. Parce
que Paul Rassinier a certainement connu comme moi la tentation
de se taire. Mais c'est de la lâcheté. Imaginez l'impudence
de ces gens surpuissants, pleins d'argent, qui osent faire le
reproche à cet honnête homme d'avoir utilisé
un pseudonyme. Vous rendez-vous compte de ce que cela signifie?
Quand vous avez le bâton pour battre les gens et que celui
que vous allez battre a le réflexe de se protéger
la figure, allez-vous le traiter de lâche, ou d'homme qui
cherche à se dissimuler ?
Vous dites que les gens "reprochent" à
Rassinier. Ce qu'ils disent, c'est qu'en émettant de telles
thèses dans un tel journal, Paul Rassinier fait le jeu
de l'extrême droite.
R.F.: Mademoiselle, je suis dans mon fauteuil mais je bondis!
Parce que la question qui se pose est de savoir si ce qu'il dit
est exact ou non. On ne va pas se préoccuper de savoir
s'il fait le jeu de Pierre ou de Paul! Est-ce que, ce que je vais
dire, sous prétexte que cela va servir Pierre ou Paul,
je vais le mettre dans ma poche et mon mouchoir dessus! si je
pense que c'est exact, évidemment? Alors, à votre
avis, cela fait le jeu de l'extrême droite. Et alors? Vous
croyez que c'était honnête de dire à Galilée,
pour reprendre cet exemple: "Vous faites le jeu des athées"?
C'était malhonnête. On l'a trop vu avec le parti
communiste français. Il n'a cessé de dire ces choses-là:
"Vous faites le jeu des fascistes. Vous faites le jeu de
la droite. Etc." Quand les autres étaient au pouvoir,
ils disaient: "Vous faites le jeu des communistes. Vous faites
le jeu des trotskystes". La question n'est pas de savoir
de qui on fait le jeu. On ne s'amuse pas. Ce n'est pas un jeu.
La question est de savoir si ce que je dis est exact ou non.
Je suppose que vous avez lu le livre de Florent Brayard?
R.F.: J'en ai fait le compte rendu sous le nom de Jacques Dupont.
Vous savez pourquoi j'ai choisi ce nom de plume ou ce pseudonyme?
Oui, je pense. La sortie du livre de Florent Brayard était
annoncée sous le nom de Jacques Dupont.
R.F.: Alors, vous savez, lorsqu'on a tous les médias avec
soi et qu'on a cette assurance, qu'on aille choisir un pseudonyme,
je trouve cela nul. C'est un livre nul, d'un désordre incroyable,
d'une ironie lourde et facile. Aucune information, des insinuations.
Ce n'est pas sérieux du tout. C'est un plaisantin, cet
animal.
Nous allons continuer. En mars 1976, vous vous rendez aux
archives du musée d'Auschwitz. Vous vous apercevez, "en
comparant avec deux plans SS, que l'état actuel du crématoire
I d'Auschwitz ne correspondait en rien à ce qui avait été.
La reconstruction après-guerre du bâtiment, présentée
faussement comme authentique par les autorités communistes
aux foules de visiteurs, avait été ratée
de A à Z" (10). Etes-vous en accord avec ces propos?
R.F.: Ah non! Je suis beaucoup plus sévère que cela!
C'est une pure falsification, cette prétendue "reconstruction"
de la "chambre à gaz". Je vous le montrerai.
Nous emmènerons votre caméra dans mon bureau pour
qu'elle voie les plans et je vous expliquerai la falsification.
Maintenant, puis-je vous demander si vous avez lu l'article d'Eric Conan, "Auschwitz:
la mémoire du mal"?
Non.
R.F.: Vous ne l'avez pas lu! Mais cet article est sensationnel.
Vous savez ce qu'il dit, Eric Conan? Eric Conan est tout à
fait contre moi. Ce doit être [dans L'Express] le
19 janvier 1995, p. 68, où il dit: "A la fin des années
soixante-dix, Faurisson a dit que cette chambre à gaz était
fausse..." Et, retenez bien les mots suivants: "Tout
y est faux". Et il ajoute: "Faurisson avait beau jeu,
à la fin des années soixante-dix, de le dire, d'autant
plus que les autorités du musée d'Auschwitz rechignaient
à le reconnaître". C'est essentiellement ce
que dit Eric Conan. Est-ce que vous mesurez la gravité
de la chose? Cela signifie qu'à la fin des années
soixante-dix déjà, Faurisson, en disant cela, avait
raison. "Tout y est faux": vous les entendez, ces quatre
mots? Et le bonhomme ose ajouter, en guise de commentaire: "Faurisson
avait beau jeu". Mais cela veut dire que Faurisson avait
raison! Cela veut dire que les autorités du musée
d'Auschwitz mentaient! Mais, le mieux, c'est que, dans cette même
page, je crois, il dit que les autorités du musée
d'Auschwitz admettent qu'il y a falsification mais qu'elles continueront
de présenter la chambre à gaz comme elles la présentent
aux touristes car rétablir la vérité serait
trop compliqué. C'est extrêmement important.
Alors, on va oublier qui est Faurisson, on va oublier toutes ces
choses-là et je vais vous demander, à vous, Valérie
Igounet, d'enregistrer ceci: un professeur prend la responsabilité,
un jour, d'affirmer une chose au risque de sa vie, au risque de
mettre en péril sa femme et ses enfants, au risque d'aller
en prison, au risque de finir à l'hôpital ou à
la morgue. Tout le monde est d'accord pour le traiter de menteur
et de faussaire. Il dit cela en 1978. Et, en 1995, du milieu de
cette troupe, de cette meute hurlante contre lui, il y en a un
qui se dégage et qui dit: "Eh bien, Faurisson avait
raison". En fait, il n'a même pas le courage de dire:
"Faurisson avait raison" mais il écrit: "Faurisson
disait <Tout y est faux> et c'est exact: tout y est faux".
Qu'est-ce que vous pensez que l'homme qui a dit cela, qui a couru
des risques, va penser? Est-ce qu'il n'y a pas de quoi être
indigné? Où était-il, l'honnête homme?
Et où étaient les menteurs? La réponse est
très simple. Celui qui disait la vérité,
il est là, devant vous. Et c'étaient les gens autour
de lui, les puissants, qui avaient avec eux les médias,
les juges des tribunaux, c'étaient eux qui mentaient. C'est
écrit en toutes lettres dans Eric Conan, "Auschwitz: la mémoire du
mal", L'Express, 19 janvier 1995, p. 54-73.
Certains historiens expriment l'idée d'Eric Conan.
R.F.: Vous me tendez un article de Jean Stengers qui est un professeur
belge. Il est intitulé: "Quelques libres propos sur
Faurisson, Roques et compagnie". Il date de 1987. Ah, comme
vous faites bien de m'en parler! Ce M. Jean Stengers, professeur
à Bruxelles, disait au début: "Faurisson, Roques
et compagnie, c'est quand même sérieux. Il faudrait
peut-être ne pas aller trop vite en les condamnant."
Vous savez ce qu'il dit aujourd'hui? Eh bien, M. Jean Stengers
est un des responsables du vote de la loi antirévisionniste
en Belgique. Le monsieur a pris peur. Il a pris peur à
tel point, extraordinaire coïncidence, qu'hier je lui ai
envoyé mon récent article de Rivarol sur
Lautréamont avec une dédicace où je lui exprime
mon mépris. Il faut savoir ceci: Jean Stengers va répétant:
"Faurisson est un savant fou". Moi, je réponds
à M. Jean Stengers que, lui, il n'est pas fou du tout;
pauvre Jean Stengers, qui n'est pas fou mais bien lâche
et d'une lâcheté qui s'aggrave avec l'âge!
Alors, vous savez, ce qu'a dit Stengers, cela n'a pas la netteté
de ce qu'a dit Eric Conan. Parce que Stengers, après tout,
ne fait qu'exprimer une vague opinion. Tandis que là, c'est
matériel, c'est matérialiste. Et M. Eric Conan ne
dit pas cela simplement à son propre compte, mais même
pour le musée d'Auschwitz.
Je vous ai promis, Mademoiselle, tout à l'heure, que je
vous dirais des choses sévères. Je vous les dirai
parce que c'est mon devoir. Vous faites une énorme faute
de méthode dans votre travail. Je l'illustrerai notamment
par le fait suivant: c'est que vous n'avez pas commencé
par le commencement. On ne va pas interroger Faurisson ou les
autres sans se poser la question suivante: "Mais, d'abord,
ont-elles existé ou non, les chambres à gaz?"
Parce que cela change tout. On vient ici interroger à son
domicile un homme qui dit la vérité ou qui défend
un mensonge. Parce que c'est l'un ou l'autre, dans cette affaire.
Il faut que ce soit bien clair. Ou bien ces chambres à
gaz ont existé, ou bien elles n'ont pas existé.
Ou bien la Shoah, comme on dit, a existé, ou bien elle
n'a pas existé. Alors, là, vous allez pouvoir l'enregistrer,
par écrit, ce que je vais vous dire: Ou bien la Shoah a
existé, avec les chambres à gaz, et alors les Allemands,
dans cette affaire, se sont comportés en fieffés
criminels. Ou bien cette Shoah, ces chambres à gaz n'ont
pas existé, et les juifs se comportent, dans cette affaire,
comme de fieffés menteurs. C'est l'un ou l'autre. Et, pour
moi, puisque cette Shoah, ces chambres à gaz n'ont jamais
existé, j'en conclus que, dans cette affaire, les juifs
depuis cinquante ans se comportent en fieffés menteurs.
Et je le dis devant une caméra. Vous comprenez? Alors,
moi je crois qu'il faudrait que vous me laissiez aller chercher
cet article d'Eric Conan. Il est trop important. Si ce que je
dis est exact, c'est important.
J'ai fait un compte rendu de cet article. Nous sommes bien d'accord
qu'il s'agissait du crématoire I et de la prétendue
chambre à gaz du crématoire I. Voici ce que je lis
en toutes lettres dans l'article d'Eric Conan: "En 1948,
lors de la création du musée d'Auschwitz, le crématoire
I fut reconstitué dans un état d'origine supposé.
Tout y est faux: les dimensions de la chambre à gaz, l'emplacement
des portes, les ouvertures pour le versement du Zyklon B, les
fours rebâtis selon le souvenir de quelques survivants,
la hauteur de la cheminée. A la fin des années soixante-dix,
Robert Faurisson exploita d'autant mieux ces falsifications que
les responsables du Musée rechignaient alors à le
reconnaître. [...] D'autres, comme Théo Klein, préfèrent
la laisser en état mais en expliquant au public le travestissement:
<l'Histoire est ce qu'elle est. Il suffit de la dire même
lorsqu'elle n'est pas simple plutôt que de rajouter de l'artifice
à l'artifice>". Et voici le plus grave: "Krystyna
Oleksy, dont le bureau directorial, qui occupe l'ancien hôpital
des SS, donne directement sur le crématoire I, ne s'y résout
pas: <Pour l'instant, on la laisse en l'état et on ne
précise rien aux visiteurs. C'est trop compliqué.
On verra plus tard>".
Et il paraît que le faussaire, c'était moi? "Falsifications",
"grosses erreurs", "affabulations", etc.,
et cet article qui dit: "Nous avons menti et nous continuerons
de mentir"! Mais moi je peux vous dire pourquoi ils continueront
de mentir. C'est parce que, matériellement, ils sont coincés.
Je vous l'expliquerai par un dessin des plus simples. Ils sont
complètement coincés. Il n'y a rien à faire
matériellement. Je vous le dis rapidement. C'est comme
s'il n'y avait ici, dans ce salon, aucune porte d'entrée
et qu'on vous dise que les gens entraient dans ce salon et s'y
faisaient gazer. Oui, mais il n'y a aucune porte d'entrée!
Parce qu'en réalité, à Auschwitz I, c'était
une morgue. Elle était en cul-de-sac. Elle n'avait aucune
entrée à l'est par où, aujourd'hui et depuis
cinquante ans, on ose vous dire qu'entraient les victimes. Elles
ne risquaient pas d'entrer car il n'y avait pas d'entrée
(sinon par la salle des fours crématoires). Une morgue,
une chambre froide est très souvent en cul-de-sac pour
des raisons matérielles que je pourrais vous expliquer.
Cet endroit, qui avait été d'abord une chambre froide,
avait ensuite été transformé en abri antiaérien
en 1943-1944, et c'est là qu'on a ouvert une porte! Donc,
si l'on avait voulu reconstituer l'état de 1941-1942, c'est-à-dire
la prétendue chambre à gaz, il fallait supprimer
cette entrée. Mais, si vous la supprimez, vous ne pouvez
plus faire entrer vos victimes. C'est aussi bête que cela.
Que pensez-vous de cet article d'Eric Conan ?
L'histoire évolue. Beaucoup reconnaissent qu'il y
a eu des falsifications, des témoignages non fiables.
R.F.: Mais, Mademoiselle, j'ai donc fait progresser l'histoire.
D'une certaine manière, oui.
R.F.: Mais j'ai été traité comment, à
propos de cela? Qu'en pensez-vous?
L'historiographie française était lacunaire
sur la période 1939-1945. Les révisionnistes ont
d'une certaine façon fait progresser l'histoire. En ce
qui concerne vos thèses, je suis en désaccord avec
vous. En ce qui concerne les attaques que vous avez subies, je
ne les soutiens pas.
R.F.: C'est du sentiment. Laissons les sentiments. Mademoiselle,
aujourd'hui 9 avril 1996, répondez à la question
suivante: "Les chambres à gaz nazies ont-elles existé?"
Oui.
R.F.: Bien! Vous êtes perdue parce que, moi, je vais vous
demander pourquoi vous osez porter cette accusation très
grave. Où est-ce qu'il y a une chambre à gaz? Je
vous pose une question très simple: "Pouvez-vous m'en
montrer une?" On se met à la place du profane. Il
ne connaît pas du tout la question. Mademoiselle Valérie
Igounet dit: "Les chambres à gaz, cette arme monstrueuse,
ont existé". Et quelqu'un lui dit: "Pouvez-vous
m'en montrer une?" Répondez à cette question.
Là, immédiatement, non. Je pense qu'il ne
faut pas commencer à jouer à cela.
R.F.: Voilà!
Attendez. Il est évident que, si l'on engage une
discussion sur les aspects techniques, je ne pourrai pas la suivre.
Vous le savez. Vous vous attelez à cette question depuis
plus de trente ans. Je travaille sur le révisionnisme et
le négationnisme depuis cinq ans.
R.F.: Mademoiselle, ce n'est pas une question d'aspects techniques.
Vous portez une accusation très grave. Je veux que vous
preniez conscience de ce qu'on n'a pas le droit de dire: "Mlle
Igounet a tué quelqu'un; Mlle Igounet a volé".
Ce sont des accusations. C'est très grave; il faut les
fonder. Sur quoi fondez-vous votre accusation?
Si j'ai bien compris, on inverse l'entretien. C'est vous,
maintenant, qui me posez des questions.
R.F.: C'était ce que je vous promettais!
Ah, d'accord! Je ne finis pas le mien et vous me posez des
questions.
R.F.: Je veux cette mise au point. Je ne m'attendais pas à
la faire dès maintenant. Mais ce sont vos réflexions
sur cet article qui m'y obligent. Le fond de la question est là.
Je pense que les chambres à gaz ont existé.
C'est peut-être une terrible accusation mais je le pense.
Il est évident que, plus on avance dans le temps, plus
on se rend compte qu'il y a eu des falsifications, même
si le mot de "falsification" est un peu fort. Sur quoi
je me fonde pour avancer que les chambres à gaz ont existé?
Je peux évoquer les livres que j'ai lus...
R.F.: Vous ne pouvez pas, par exemple, me dire que vous avez lu
le livre de M. Pressac. Est-ce que vous me dites: "Il y a
le livre de M. Pressac"?
Est-ce que vous me dites que, dans le livre de M. Pressac, on
voit une chambre à gaz?
Je pense que le livre de Pressac
apporte des preuves. Par contre, je trouve que c'est un livre
ayant un premier abord relativement ardu, ce qui veut dire qu'il
est adressé à un certain public.
R.F.: Vous jugez un ouvrage technique bien que vous ne connaissiez
pas les aspects techniques?
Je n'ai pas les connaissances de M. Pressac comme je n'ai
pas les vôtres. Je n'avais pas besoin du livre de Jean-Claude
Pressac pour me convaincre de quoi que ce soit.
R.F.: Avez-vous lu ma Réponse à Jean-Claude Pressac?
Je l'ai parcourue. Je vais vous expliquer pourquoi. Je commence
la rédaction de ma thèse. Je fais donc une lecture
préalable quand j'ai le document. Au stade de la rédaction,
j'en fais une analyse.
R.F.: Je vous parlais de méthode, tout à l'heure.
Personnellement, il ne me viendrait pas à l'idée
de rédiger, et puis de lire; moi, j'attendrais d'avoir
fini de lire, et puis, je rédigerais. Je veux maîtriser
mon sujet. Je ne fais pas les deux choses à la fois. C'est
une faute de méthode, à mon avis. Et puis, surtout,
quand c'est un sujet comme celui-là, on essaie d'abord
d'établir les faits. Cela a existé ou non. Et si
cela a existé, de quel droit puis-je, moi, porter une pareille
accusation? Je vais vous mettre à l'aise...
Vous ne me mettez pas du tout mal à l'aise.
R.F.: Alors, répondez-moi: sur quoi fondez-vous une accusation
pareille ?
Je le répète. J'ai lu des livres qui m'ont
convaincue.
R.F.: Mais, Mademoiselle, je veux que vous preniez conscience
aujourd'hui de ce que vous portez une accusation extrêmement
grave sans être en mesure de la fonder. Moi, je vous dis
une chose simple. Vous le connaissez, mon défi: "Show
me or draw me a Nazi gas chamber!" Montrez-moi ou dessinez-moi
une chambre à gaz nazie. Si je dis: "ou dessinez-moi",
c'est parce que, chez les menteurs, il y a deux versions:
-- Première version: il y a des chambres à gaz à
Auschwitz, à Majdanek,
à Mauthausen, au Struthof, etc. Elle a du plomb dans l'aile,
cette version, parce qu'ils savent qu'à ce moment-là
je leur dis: "Eh bien, écoutez, on va examiner cette
pièce que vous osez nommer chambre à gaz homicide".
Cela ne va pas tenir une minute, je vous le dis tout de suite;
-- Alors, il y a l'autre version des menteurs, qui est que les
Allemands ont détruit toutes les chambres à gaz.
C'est fort maladroit. C'est la version de Simone Veil.
Parce qu'à ce moment-là, je leur dis qu'ils se compliquent
la tâche en croyant se la simplifier. Il va falloir me dire
d'abord ce qu'est une chambre à gaz et, ensuite, me prouver
que les Allemands les ont détruites: deux preuves au lieu
d'une.
C'est pour cela que je dis! et je suis bon prince! que, si vous
ne pouvez pas m'en montrer, vous allez m'en dessiner une. Expliquez-moi
cela, Mademoiselle. Vous avez lu mes écrits. Vous avez
lu le livre de Serge
Thion. Vous ne pouvez pas venir me voir et me dire que vous
êtes indifférente au coeur du coeur de la question,
à savoir que c'est une impossibilité ou physique,
ou chimique, ou technique, appelez-la comme vous voudrez, mais
qui est évidente.
Je n'ai jamais dit cela.
R.F.: Moi, dans cette affaire-là, ce que je dis, je le
prouve. C'est le 29 décembre 1978 que je livre mon opinion
dans un court article publié par Le Monde. Au lieu
de me laisser m'exprimer, on me met sous le feu de toute une artillerie.
Je réponds à cette artillerie par un droit de réponse
qui paraît le 16 janvier 1979. Je vais vous le résumer:
"Techniquement, la chambre à gaz nazie est impossible".
Mademoiselle, j'ai gagné quelques jours après. Car,
qu'est-ce qui s'est passé le 21 février 1979 ? Trente-quatre
historiens répondent, dans Le Monde, à Faurisson
(...elle est merveilleuse, leur réponse): "Il ne faut pas se demander comment
techniquement un tel meurtre de masse a été possible;
il a été possible techniquement puisqu'il a eu lieu"!
En bon français, cela veut dire: "Faurisson, nous
sommes incapables de vous répondre". Mais, Mademoiselle,
j'avais gagné! Si trente-quatre historiens se réunissent
pour écrire une pareille ânerie, c'est parce qu'ils
ne peuvent pas répondre. Ils le savent bien. C'est une
ânerie, leurs chambres à gaz. Si elles avaient fonctionné,
les gens seraient tombés comme des mouches sous l'effet
du gaz cyanhydrique en entrant pour aller chercher les cadavres
tout juste cyanurés et donc intouchables. Qui aurait voulu
organiser cela ?
Ne pensez-vous pas que le livre de Pressac constitue indirectement
une réponse?
R.F.: Si trente-quatre historiens ont répondu cela, c'est
parce qu'on ne peut pas répondre à mon argument.
On trouve un guignol (Pressac) dont je vais vous résumer
la thèse. Je prends une comparaison. Une femme est enceinte
ou elle n'est pas enceinte. Pressac voit qu'il y a un médecin
qui dit que cette femme est enceinte et un autre médecin
qui dit qu'elle n'est pas enceinte. Il écarte les deux
médecins et, avec une bêtise pyramidale! car Pressac
n'est pas bête, il est très bête! il prononce:
"Elle est à moitié enceinte". Il dit cela
vers 1982. "Cette femme est enceinte à 50%".
C'est déjà une sottise de dire des choses pareilles.
Mais, le temps venant, si vous suivez les écrits de Pressac
comme je les ai suivis, la femme n'a toujours pas accouché,
elle est toujours enceinte mais elle n'est plus à 50% enceinte,
elle l'est peut-être à 10%. Vous savez à quoi
je fais allusion. Je fais allusion au fait que Pressac dit, de
plus en plus, qu'il faut renoncer à ceci, à cela.
Si on ne prend que les chiffres, vous savez à quels chiffres
Pressac est arrivé ? Vous savez que le chiffre qu'on nous
a imposé au procès de Nuremberg pour Auschwitz!
y fallait-il de l'audace!! était de quatre millions de
victimes. Vous savez que ce chiffre était reproduit sur
dix-neuf stèles en dix-neuf langues différentes
à Auschwitz-Birkenau et que tous les grands de ce monde
sont allés s'incliner devant ce monument qui accusait l'Allemagne
d'avoir, en cet endroit, tué quatre millions de personnes.
Sous la poussée révisionniste, il a fallu réviser.
Une nuit d'avril 1990, on a précipitamment retiré
les dix-neuf inscriptions. Pendant cinq ans on s'est disputé
pour savoir quel chiffre on allait mettre. On a fini par mettre
le chiffre d'un million et demi. Pressac, lui, a dit successivement
d'abord 1.000.000, puis 800.000, 775.000, 710.000, 630.000 et
maintenant 600.000 à 800.000. Pressac n'a jamais répondu
à ma question. Vous ne connaissez pas son grand livre anglais
(Auschwitz: Technique and Operation of the Gas Chambers,
1989). Il est énorme, son livre. Il a coûté
cher. Il a été payé par M. Klarsfeld. Il
y a je ne sais combien d'illustrations. Il ne s'y trouve aucune
chambre à gaz, Mademoiselle!
Quand, en août 1994, je suis allé à l'Holocaust
Memorial Museum de Washington, j'ai demandé à voir
le rabbin Berenbaum puisque c'était lui le conseiller scientifique.
Je vais vous raconter ce qui s'est passé.
Je suis allé à ce musée et j'ai procédé
à la façon américaine, qui est directe: après
avoir fait ma visite du musée avec deux témoins,
j'ai dit: "Je veux parler à M. Berenbaum". La
personne a décroché le téléphone.
M. Berenbaum était là. "Je m'appelle Robert
Faurisson et je désire vous voir". Je pense qu'il
attendait ma visite depuis au moins un an. Il m'a demandé
d'être dans son bureau une demi-heure plus tard. Quand je
suis arrivé dans son bureau, il y avait les deux directeurs
du musée qui étaient là sur un canapé.
Moi, j'étais dans son bureau avec mes deux témoins.
M. Berenbaum me dit: "Alors?" Je lui dis: "Voici:
en bas, sur le livre d'or, j'ai écrit: <J'ai visité
ce musée le 30 août 1994. Je n'ai trouvé aucune
réponse à mon défi: "Montrez-moi ou
dessinez-moi une chambre à gaz nazie". POURQUOI ?>
C'est ma question". Et M. Berenbaum me dit: "Pourquoi
vous répondrais-je? Sachez que ce musée a reçu
deux millions de visiteurs et que tout donne à penser qu'il
en recevra encore plus dans les années suivantes. Alors,
qui êtes-vous?" Je lui demande de répondre à
ma question. Et il me dit: "Je ne vois pas pourquoi je vous
répondrais. Qui avez-vous de votre côté?"
Il a nommé Bradley Smith, un révisionniste, un personnage
intéressant, un Américain plein d'humour et subtil;
il torture M. Berenbaum avec des questions très simples.
M. Berenbaum a également nommé Zündel. Et c'est
là que je lui ai dit qu'il était obligé de
me répondre. Il m'a dit: "Je ne vois pas pourquoi
je vous répondrais". Je lui ai dit: "Si! Parce
que vous portez une terrible accusation contre l'Allemagne".
Et ce juif n'avait peut-être jamais pensé qu'il portait
une accusation contre l'Allemagne. Il s'est levé, fou furieux.
Il a tapé du poing sur la table. Il s'est approché
de moi au point que j'ai cru qu'il allait me frapper. Je lui ai
dit: "Il faut me répondre". Il a eu cette réponse
extraordinaire, écoutez-la bien, je l'ai reproduite partout:
"Il n'y a pas ici de représentation physique de la
chambre à gaz parce que la décision a été
prise de n'en pas donner de représentation physique".
Il aurait pu me répondre: "Ici, nous avons une maquette",
mais il a été prudent; il n'a tout de même
pas osé me parler de sa maquette. Parce que, Mademoiselle,
cette chambre à gaz nazie est tout simplement inconcevable.
C'est comme 2 et 2 font 5; c'est comme le cercle carré.
Voilà donc ma visite à M. Berenbaum.
Pressac n'a rien arrangé, au contraire. Etes-vous au courant
de ce que Le Monde Juif [janvier-avril 1996] vient d'écrire
contre Pressac? Pas simplement l'article de Maurice Cling mais
l'article, auparavant, de Georges Bensoussan et de Claire Ambroselli
qui se disputent avec François Bédarida
en lui demandant quelle idée il a eue de laisser la parole
à Pressac dans un gros bouquin sur la déportation
(La Déportation. Le Système concentrationnaire
nazi, 1995). Pressac est nul. Pressac est extrêmement
bête; alors, il embarrasse beaucoup ces gens-là.
Vous n'êtes pas au courant de ce qui s'est passé
pour Pressac, le 9 mai 1995? C'est moi, Mademoiselle, qui l'ai
fait venir devant un tribunal, qui ai fait convoquer Pressac à
la barre du tribunal. Cela a été affreux pour eux.
Il a failli pleurer. Il a d'abord été incapable
de répondre à deux, trois questions que lui posait
mon avocat. C'était moi qui avais préparé
les questions. Vous allez voir ce qu'il a fait, dans son affolement,
à un moment. La présidente, voyant ce type complètement
à la dérive, quittant le micro à chaque instant,
etc., la présidente et la dame qui était à
sa droite se sont mises à lui poser des questions. Il a
été incapable de répondre. La présidente
en avait les yeux comme ça. Lui, il levait les bras au
ciel et disait: "Mme la présidente, il faut que vous
sachiez, je n'ai qu'une vie!". Ou encore, une phrase merveilleuse:
"Mme la présidente, il faut que vous sachiez, je suis
seul dans mon combat". Avec un air complètement affolé,
il nous a lancé: "Mais votre Leuchter,
il a dit qu'il y avait eu des chambres à gaz!" Il
ne savait plus. C'est comme quand on lui a demandé de nous
présenter une photo parmi les soixante illustrations qu'il
avait d'Auschwitz. Il a été réduit à
montrer un plan avec la légende: "Disposition des
canaux d'aération et de désaération"!
Si bien que, lorsqu'il a été reconvoqué,
il n'y a pas longtemps, monsieur n'est pas venu. Je vous garantis
que les gens ont été consternés. Pressac
est bête comme ses pieds.
J'en profite pour détruire le mythe de Pressac "ancien
révisionniste". Qu'est-ce que c'est, cette invention-là?
Jamais Pressac n'a été révisionniste. Je
sais que cela fait bien de dire: "Vous comprenez, il était
révisionniste et puis, après, il est parti. Il s'est
rendu compte que Faurisson disait des sottises". Mais jamais
de la vie! D'abord, Pressac n'a jamais mis les pieds ici comme
vous. Vous, vous êtes venue. Je ne l'aurais jamais admis
chez moi. Mais il venait souvent chez Pierre Guillaume. Il me
voyait en train de travailler et il était affolé.
J'étais en mauvaise santé. Je n'avais plus le sou.
Je ne mangeais pas toujours à ma faim. Pressac me disait:
"M. Faurisson, il faut arrêter". Et moi, je lui
répondais: "Pressac, laissez-moi travailler tranquillement!"
Il venait souvent chez Guillaume qui le laissait venir et, de
temps en temps, discutait avec lui. Moi, il pouvait m'arriver
de dire deux ou trois phrases mais j'avais noté un tic
chez Pressac. Il répondait toujours: "Oui-non".
Il y a des gens qui disent: "Oui et non". Lui, c'était:
"Vous allez bien, Pressac ?! Oui-non". C'est un caractériel.
Il a eu de gros ennuis à la naissance et il lui en est
resté quelque chose. Alors, un jour, il arrive chez Guillaume
et me dit: "M. Faurisson, je voudrais vous parler".
Je lui dis: "Ecoutez, Pressac, vous voyez bien que vous me
dérangez une fois de plus. Je suis en train de travailler".
Il me dit: "Je voudrais discuter avec vous". Je lui
réponds: "A la rigueur, je veux bien discuter avec
vous mais devant un magnétophone parce que vous ne cessez
de prétendre que vous n'avez pas dit ce que vous venez
de dire". C'était devant un magnétophone ou
rien. Et là, Pressac a dit: "Oui-non"! Je l'ai
foutu à la porte. Jamais ce type n'a été
révisionniste. C'est un pauvre hère qui fait le
métier de commerçant, de potard, et qui s'ennuie
dans sa petite banlieue parisienne. C'est un nazi. Une fois, il
nous a invités chez lui pour nous montrer des photos rapportées
d'Auschwitz. Il nous a dit, à Guillaume et à moi:
"J'espère que vous ne serez pas gênés".
Il tortillait. Et, en haut de son escalier, il y avait un buste
d'Adolf Hitler! Guillaume avait été au Lycée
militaire de La Flèche, comme lui. Il paraît que
Pressac avait eu de gros ennuis pour une espèce de sketch
à tendance nazie. C'est un pauvre hère qui est à
la dérive. Un jour, il trouve quelque chose et Klarsfeld,
qui était perplexe! il n'arrivait pas à répondre
à ma question! se dit qu'il avait trouvé un sauveteur.
Et il annonce dans VSD, en avril 1986, que jusqu'à
présent on n'avait pas apporté de preuves de l'existence
des chambres à gaz. C'est quand même formidable!
Il ajoute qu'il y en a une qui arrive. Et c'était Pressac,
qu'il avait embarqué dans son affaire. Quand on ne sait
plus quoi dire, on prend le premier type qui passe. Guillaume
a un mot que je trouve remarquable; Pressac parle tellement d'histoires
de courants d'air, d'aération et de désaération
que Guillaume dit: "Pressac, il a remplacé les chambres
à gaz par les chambres à air". Il l'a fait
à tel point que, le 9 mai 1995, devant le tribunal, il
a parlé de ventilateurs. Et la présidente, qui avait
envie de sauver ce pauvre gars qui était en train de se
noyer, lui a dit: "Mais M. Pressac, un ventilateur, c'est
fait pour ventiler!" Il était perdu.
J'ajoute ceci, qui est important dans cette affaire. Un jour,
une présidente de tribunal m'a dit en première question:
"M. Faurisson, je voudrais savoir si vous vous rendez compte
du mal que vous pouvez faire aux gens". Eh bien, vous savez,
j'ai trouvé qu'elle était drôlement culottée,
cette dame. D'abord, parce que je n'ai pas à me préoccuper
du bien ou du mal, mais de ce qui est exact, ce qui est beaucoup
plus difficile. Et figurez-vous que, si l'on se met sur ce plan-là,
celui du bien ou du mal, je les écrase, mes adversaires,
parce que, moi, je ne fais pas seulement du bien à l'Allemagne
mais au monde entier car les juifs portent une accusation horrible
qui est la suivante: les Allemands ont perpétré
un crime épouvantable et le reste du monde les a laissés
faire. Donc, moi, je me trouve prendre la défense de presque
tout le monde! Si vous allez visiter le Centre Simon Wiesenthal
à Los Angeles, vous verrez une salle où sont exposées,
en noir et blanc, les photos d'Adolf Hitler, de Goebbels, de Göring:
ils sont les criminels. Mais, Mademoiselle, pour ce musée,
les vrais criminels ne sont pas là; ils sont dans la pièce
d'après, où un déporté, en tenue rayée!
on en a fait une maquette! pointe le doigt sur les images en couleurs
de Roosevelt, Staline, Churchill, du pape Pie XII et, je crois,
de la Croix-Rouge. Ce sont eux, les véritables criminels.
Si vous allez visiter l'Holocaust Memorial Museum à Washington!
il est important de voir comment se termine une visite! cela se
termine par une accusation portée contre l'Amérique,
qui aurait laissé perpétrer le crime. Ils font cela
à Washington! Il y faut de l'aplomb. Le grand criminel,
pour ces juifs, c'est Roosevelt. Il est vrai qu'il n'a jamais
pris la responsabilité de dire la sottise suivante: "Les
chambres à gaz ont existé"; il avait ses services
de renseignements et il a dit que l'Allemagne faisait des horreurs
contre les juifs, etc. Mais, jamais il n'aurait parlé de
"chambres à gaz". Vous pouvez prendre les mémoires
d'Eisenhower, il n'y est jamais question de chambres à
gaz. Vous pouvez prendre les mémoires de Churchill, il
ne s'y trouve jamais de chambres à gaz. Vous prenez les
mémoires de De Gaulle, c'est pareil. C'est parce qu'un
chef d'Etat sait bien ce que ses services de propagande sont capables
de fabriquer. Les chefs d'Etat ne vont pas répercuter ce
que fabriquent leurs services de propagande. Nous avons la preuve
qu'en pleine guerre, pendant l'été 1943, les Américains,
naïvement, ont voulu publier un communiqué disant:
"Voici les horreurs que les Allemands font et ils utilisent
des chambres à gaz". Ils voulaient une déclaration
commune (Grande-Bretagne, Union soviétique et Etats-Unis)
sur le sujet. Mais un télégramme envoyé par
la Grande-Bretagne les a prévenus qu'il n'y avait pas de
preuve suffisante des chambres à gaz. Et les Américains
ont décidé de supprimer la phrase. Je peux vous
prouver tout cela. D'ailleurs, tout cela reproduit tellement les
imbécillités de la première guerre mondiale!
Toutes ces histoires d'usines à cadavres, de machins comme
cela, vous aviez déjà toutes ces inventions dans
la propagande de la première guerre mondiale. C'est un
recyclage du mensonge. C'est la même chose. Et quand on
raconte de telles histoires, on ne se préoccupe pas de
savoir si matériellement c'est même possible. On
raconte: "Un jour, ici, dans ce salon, Mlle Igounet a rencontré
10.000 personnes", et on ne se préoccupe pas de prendre
les dimensions de ce salon pour voir si c'était seulement
possible.
"Les plus importants médias du monde avaient prétendu
que le livre de Pressac apportait une réponse définitive
aux arguments révisionnistes. En 1994, le Docteur Robert
Faurisson a publié une Réponse à Jean-Claude
Pressac / Sur le problème des chambres à gaz.
Faurisson a été immédiatement cité
en justice. Il a été déclaré coupable
et condamné. Il avait prétendu que le livre de Pressac
n'avait pas de valeur scientifique, contenait nombre de falsifications,
n'offrait à peu près aucune source et ressemblait
au travail d'un romancier. Pour son apparition en cour le 9 mai
1995, le Docteur Robert Faurisson avait fait citer à comparaître
Pressac. Incapable de répondre aux questions qui lui étaient
posées, Pressac s'est effondré. Maintenant, dans
l'édition janvier/avril 1996 du Monde Juif, p. 192-196,
Maurice Cling exécute Pressac [...]. Ensuite, Maurice Cling
formule la plus grave accusation: Pressac est un disciple de Faurisson.
En fait, Pressac n'a jamais été un révisionniste.
A la différence de quelques révisionnistes, Faurisson
n'a jamais cessé de critiquer le pharmacien de banlieue,
Jean-Claude Pressac" (11).
R.F.: En ce moment, l'historien David Irving a des ennuis. Une
grande maison de New York devait sortir son livre sur Goebbels.
Et puis, il y a eu une levée de boucliers. Les juifs sont
partis en guerre et le manager s'est complètement rétracté.
Il a fait un communiqué péteux pour dire que, finalement,
il ne publierait pas David Irving, lequel est interdit en Australie,
en Italie, en Allemagne. D. Irving a été chassé
des Archives de Coblence. Mademoiselle, je vous écoute.
J'aimerais arriver à la thèse
d'Henri Roques. Certains disent que vous êtes le véritable
auteur de la thèse d'Henri Roques?
R.F.: J'ai été son conseiller.
Donc, ce n'est pas vous qui avez rédigé la
thèse d'Henri Roques?
R.F.: Non. J'ai aidé l'auteur par apport de documents et
puis par des conseils sur la méthode, méthode de
recherche et méthode d'exposition, pour ne pas aboutir
à des résultats aussi désastreux que ce pauvre
Florent Brayard, en 1996.
J'aimerais connaître le type de rapports que vous
entretenez avec les autres révisionnistes. Nous allons
commencer par Serge Thion.
R.F.: Serge Thion est un homme remarquable, et puis, moderne,
plus moderne que moi.
C'est quelqu'un que vous avez rencontré à
la fin des années soixante-dix?
R.F.: Oui, c'est exact. C'est lui qui m'a poussé à
publier parce que je suis trop intéressé par la
recherche! Et, pour moi, chercher, c'est trouver et quand on a
trouvé, il faut publier. En principe! Mais, en réalité,
chercher m'intéresse tellement que je n'ai même pas
envie ensuite de publier. C'est vraiment l'épée
dans le dos que je publie. Serge Thion a fait partie de ces gens
qui m'ont dit que tout cela était très beau mais
qu'il fallait publier. Alors, il a prêché d'exemple
et c'est lui qui a publié le premier. C'est un homme que
j'aime pour son caractère, pour ses capacités intellectuelles,
mais aussi sur le plan humain. C'est un homme d'une grande classe.
Pierre Guillaume?
R.F.: Pierre Guillaume m'a rendu les plus grands services. Au
moment où j'ai été perdu, au moment où
j'ai cru que j'allais même mourir à une époque,
il m'a soutenu à bout de bras. Il a été bien.
Mais, au moment où j'ai repris mes forces, il n'a plus
été pour moi un bâton pour m'aider, si vous
voulez, mais un fardeau parce que c'est un homme qui me prêchait
la modération et ce que, lui, appelait la "tactique"
et la "stratégie". Je n'ai jamais compris ce
que cela voulait dire. Pour moi, c'est plus un velléitaire
qu'un volontaire. Il trouvait que j'allais la tête dans
le mur, qu'il fallait arrondir les angles, dire la moitié
de ce qu'on pense, essayer de se concilier les gens, ne pas tout
expliquer tout de suite mais peu à peu, et ce n'est pas
mon style. Alors, cela m'a un peu agacé et il va son chemin
et, moi, je vais le mien. Voilà.
Vous préservez tout de même des contacts?
R.F.: Non, je n'ai plus aucun contact avec Pierre Guillaume. C'est
lui qui m'a signifié, le 13 juin 1995, qu'il ne voulait
plus avoir de contacts avec moi.
Et La Vieille Taupe, qui paraît depuis quelque temps?
R.F.: Je ne m'en occupe pas du tout. Vous savez, de toute façon,
cela s'est tellement élargi que, parmi les révisionnistes,
vous avez toutes sortes de personnalités, toutes sortes
de façons de faire, toutes sortes d'opinions. Il y en a
qui font de la politique, d'autres pas. Vous avez des gens qui
croient en Dieu, d'autres qui n'y croient pas. Vous avez des farceurs.
Les révisionnistes sont exactement comme les autres. Vous
savez que tout groupe finit par penser qu'il constitue une espèce
d'élite. Alors, l'âge venant, et la prudence, certains
de ce groupe disent: "Nous avons des imbéciles chez
nous, nous avons des lâches. Mais, enfin, dans l'ensemble,
la moyenne est plus élevée chez nous que chez les
autres". Eh bien, c'est une erreur! Tous les groupes sont
identiques. Vous prenez le parti socialiste, vous prenez l'Union
des athées, vous prenez les révisionnistes, vous
avez partout des imbéciles, des lâches, des menteurs,
des propagandistes et des gens courageux, travailleurs et de parole.
Pour revenir à Pierre Guillaume, vous n'avez pas
lu La Vieille Taupe No 1?
R.F.: Non. Cela doit se composer de choses assez fumeuses. P.
Guillaume est souvent fumeux. Je vous préviens que, dès
que c'est un petit peu philosophique, je ne suis plus là,
moi. J'ai horreur de cela.
Depuis quand vous ne vous côtoyez plus?
R.F.: Depuis deux ans, peut-être, nous n'avons plus eu de
rencontres.
Et le livre de
Roger Garaudy, vous l'avez lu?
R.F.: Non, je l'ai parcouru. J'ai vu qu'il n'y avait rien de nouveau.
Vous comprenez, je n'ai plus le temps de lire d'ailleurs beaucoup
d'ouvrages révisionnistes. Il y a des ouvrages révisionnistes
dont je sais d'emblée la valeur. Mais je n'ai pas le temps
de les lire. Par exemple, vous avez, en Espagne, un révisionniste
de qualité qui s'appelle Enrique Aynat. Il écrit
des choses remarquables. J'en suis désolé mais je
n'ai plus le temps de le lire. Vous avez, par exemple, en Italie,
Carlo Mattogno. C'est pour une autre raison que je ne lis plus
Mattogno. C'est que Carlo Mattogno veut montrer qu'il sait beaucoup
de choses. Or, la question n'est pas de montrer sa science. Il
faut dominer ce qu'on sait. Et il faut apporter sur un plateau
très peu, après avoir énormément travaillé.
Il ne s'agit pas de montrer comment on a fini par construire cette
maison. Il faut, à celui qui a voulu qu'on lui construise
cette maison, apporter cette maison. On ne va pas lui apporter
les échafaudages, des tonnes de plans et des tonnes d'échecs
qui ont précédé la réussite. Cela
ne m'intéresse guère. Moi, je veux qu'on me donne
le résultat. Ce qui explique que je ne lise plus des gens
comme Mattogno qui ne font qu'étaler une science parfaitement
oiseuse. De toute façon, il y a trop d'écrits révisionnistes.
Vincent Reynouard?
R.F.: C'est un jeune homme de qualité, Vincent Reynouard.
Savez-vous ce qu'il faisait avant de s'engager dans le révisionnisme?
C'était extrêmement compliqué comme études.
Ce jeune homme, à l'âge de vingt-deux ans, étudiait
la physique nucléaire. Il offre un exemple surprenant d'idéalisme.
Du jour au lendemain, il a tout abandonné. Il a tout compromis,
en plus, de sa vie personnelle et il s'est retrouvé sans
rien. Il a été tellement indigné par ce mensonge!
qui, Mademoiselle, aujourd'hui, à l'heure où je
vous parle, m'indigne encore (c'est une longue indignation!)!
qu'il s'est dit: "Il faut que je fasse quelque chose. Je
n'ai pas le droit de ne rien faire. Je n'ai pas le droit de donner
la priorité à ma vie personnelle, professionnelle,
familiale". Il a tout abandonné. Et savez-vous quel
métier il a pratiqué ? (Car, en plus, il était
poursuivi par les associations juives, ce garçon qui n'avait
pas le sou.) Il a fait la femme de ménage, se levant à
quatre heures du matin pour aller faire des ménages. Il
a les défauts de la jeunesse. Il écrit quelquefois
trop vite, cela peut lui arriver. Mais, moi, je lui tire mon chapeau.
J'ai beaucoup d'estime pour lui. Cela dit, il a, dans d'autres
domaines, des idées plus ou moins religieuses sur lesquelles
je ne le suis plus du tout. Mais il est libre.
Philippe Costa?
R.F.: Je l'estime. Il a réussi quelque chose d'assez extraordinaire
qui embarrasse beaucoup la justice française: une idée
ingénieuse mais je n'ai pas le temps d'entrer là-dedans.
C'est Philippe Costa qui a fait pas mal d'interviews radiophoniques
de moi. Vous auriez intérêt à les écouter.
Je crois qu'il y en a cinq. Philippe Costa est ingénieur.
Mais, vous savez, ça m'est complètement égal
que les gens aient des titres. Ma bête noire, ce sont les
"intelligents bêtes". Si le type est bête,
toute la science qu'il va accumuler va renforcer sa bêtise.
Alors, je m'en fiche pas mal. Je vous dis que l'un est ingénieur
et que l'autre a fait telles études. Je voulais dire par
là qu'un Vincent Reynouard s'est fait hara-kiri. Je voudrais
bien qu'en face on me cite un seul exemple identique. Ce n'est
pas possible parce que le camp d'en face a pour lui la police,
la justice, les médias. Ils jouent sur le velours, les
gens qui sont en face. Quand vous voulez juger celui qui vous
dit quelque chose, il y a une question que vous devez toujours
avoir présente à l'esprit: "Qu'est-ce que cela
lui coûte de dire ce qu'il dit?" Quand les gens montrent
qu'ils ont tant de coeur, qu'ils aiment l'humanité entière,
qu'il faut agir en tel ou tel sens, qu'est-ce que cela leur coûte
de le dire? Là est la question. Si cela ne coûte
rien, c'est suspect.
Michel Sergent?
R.F.: Pour moi, c'est un type disparu de la circulation.
Olivier Mathieu?
R.F.: C'est quelqu'un qui a du talent, qui sait écrire,
qui est capable de courage. Vous savez ce qui lui est arrivé
sur un plateau de télévision? Vous savez ce qui
lui est arrivé en dehors du plateau? On l'a frappé,
ainsi que sa compagne. J'aurais bien des réserves à
faire sur lui. Je préfère ne pas en dire plus.
Alain Guionnet?
R.F.: Alain Guionnet, c'est un alcoolique. Je n'ai rien à
ajouter.
Vous entrez à l'Union des Athées en 1987 après
Pierre Guillaume.
R.F.: Je ne savais pas que Pierre Guillaume était à
l'Union des Athées. C'est une question qu'il faudrait lui
poser, à lui. Il me semble que c'est spontanément
que je suis allé à l'Union des Athées et
que j'ai découvert que Pierre Guillaume y était.
Mais je ne suis pas sûr de ce que je vous dis là.
Il me semble que je l'ai découvert après coup.
Vous en êtes exclu en octobre 1993. Je vous cite:
"Moi, je dois dire aussi que j'ai constaté que bon
nombre d'athées, au sein de cette association, m'ont défendu
par souci de tolérance, et, parfois, par conviction révisionniste"
(12). Je voudrais savoir pourquoi vous êtes entré
à l'Union des Athées si tardivement.
R.F.: Je cherchais un endroit où l'on oserait vraiment
prendre la défense de la liberté de recherche. Je
n'ai pas dit "liberté d'opinion"; je ne dis guère
"liberté d'opinion" mais plutôt "liberté
de recherche". Alors, j'ai vraiment cherché, comme
Diogène, avec ma lanterne. J'ai cherché et je n'ai
trouvé aucune association capable de prendre ma défense.
Et puis, un jour, je suis tombé sur l'Union des Athées.
J'ai pensé qu'eux, peut-être... J'ai pris mes renseignements.
J'ai vu que c'étaient des gens qui, sur le fondement de
l'article 10 de leur statut, précisaient que nul ne pouvait
être exclu à partir du moment où il entrait
dans cette association. Alors, j'ai pensé que c'était
ma place. Maintenant, si les gens sont capables de me citer une
seule autre association aussi ouverte, du moins en principe, qu'ils
me le disent. Moi, je n'en ai pas vu.
Je suppose que votre venue au sein de cette association
a provoqué certains remous?
R.F.: Cela a provoqué des remous et je pense que je vais
vous donner un scoop, Mademoiselle. Celui qui a donné sa
démission immédiatement est Henri Caillavet. Il
l'a fait avec une hâte suspecte. Or, j'ai appris, par la
suite, sur M. Caillavet! et c'est le scoop! des choses graves
sur son comportement en 1943 à Bagnères-de-Bigorre.
Il a escroqué des juifs qui cherchaient à s'enfuir
en Espagne. J'ai, là-dessus, des rapports des Renseignements
généraux. Car vous pouviez très bien, en
1943, étant juif, aller au commissariat de police ou à
la gendarmerie et déclarer: "M. Caillavet, avocat,
m'a escroqué de tant". Voilà, c'est le scoop.
Seulement, j'ai tellement de travail que je n'ai pas eu le temps
de publier mes pièces.
Comment interprétez-vous ce départ précipité?
R.F.: M. Caillavet savait qu'il allait avoir de graves ennuis
avec les juifs. Serge Klarsfeld a probablement une fiche sur lui
et en sait probablement plus que moi. M. Caillavet a trop vite
déclaré que c'était scandaleux que Faurisson
soit inscrit à l'Union des Athées.
Comment ces années se sont-elles passées?
R.F.: J'envoyais un petit peu mes cotisations. En réalité,
il n'y a pas de cotisations mais j'en envoyais. Je sentais que
cela s'agitait. En général, je me rendais aux congrès
de l'Union des Athées, pas à tous. Et puis, à
plusieurs reprises, ces messieurs-dames ont essayé de m'exclure.
Ils n'y ont pas réussi parce qu'il y avait des gens qui
étaient révisionnistes et il y en avait d'autres
qui estimaient que l'article 10 du statut interdisait mon exclusion.
La dernière fois, au dernier congrès, ils ont échoué
une fois de plus. J'ai écrit un papier! dont je vous donnerai
copie! où j'ai écrit que j'invite les gens à
rester à l'Union des Athées, à ne pas donner
leur démission. Parce que certains disaient que, si l'on
mettait Faurisson à la porte, ils s'en iraient. Je demandais
aux gens qu'ils restent. Puis, il y a eu un micmac fait par M.
Robert Pannier avec le président Beaughon, qui était
égrotant à l'époque et qui est mort tout
récemment. Voici ce qu'ils ont inventé: faire voter
les gens sur un texte disant plus ou moins que l'article 10 était
modifié en ce sens que nul ne peut être exclu sauf
en cas de nuisance grave. Ils ajoutaient: il est entendu que,
si cette modification est votée, cela signifie que Faurisson
est exclu. Les résultats ont été les suivants:
212 voix pour la modification du statut, et donc pour mon exclusion,
100 voix contre, et 2 300 abstentions, dont la mienne. C'est ce
qu'on appelle un vote démocratique. Mais l'affaire n'est
pas réglée.
Dans quel sens?
R.F.: Pour une raison que je ne peux pas vous dire et qui est
en rapport avec un coup de téléphone que je viens
de recevoir. Moi, je ne me considère pas comme exclu. J'appartiens
toujours à l'Union des Athées.
Il semble que votre soeur vous a beaucoup aidé dans
votre parcours?
R.F.: Oui. L'une de mes soeurs, surtout, m'a aidé mais
je ne veux pas impliquer ma famille.
Vous avez eu des contacts avec Raymond Beaulaton?
R.F.: Oui. Raymond Beaulaton et Mme Beaulaton sont des personnes
que je respecte. Ils sont végétariens, amis des
animaux, gentils et ouverts, et courageux.
Raymond Beaulaton a côtoyé Paul Rassinier.
R.F.: Oui. Je pourrai vous dire des choses sur le sujet dans quelque
temps. J'attends de la documentation sur Beaulaton et Rassinier.
Et vos rapports avec lui?
R.F.: J'ai peut-être échangé trois ou quatre
phrases avec lui lors d'un congrès. J'ai aimé sa
simplicité plébéienne. Sa mort, le 14 octobre
1994, est une perte pour la cause anarchiste et pour le révisionnisme
historique. J'aurais aimé connaître Louis-Ferdinand
Céline, Marcel Aymé, Albert Paraz, Louis Lecoin
et Raymond Beaulaton.
Et des personnes comme Marcel Renoulet?
R.F.: Je ne les vois pas mais je suis abonné à la
revue de Marcel Renoulet (L'Homme libre) et à celle
de Didier Pomarès (Libre Examen) ainsi qu'à
l'Anarchie de Raymond Beaulaton. Ni d'esprit, ni de tempérament,
je ne me sens anarchiste mais je recherche la compagnie de ce
type d'esprits libres, parmi d'autres.
Que représente pour vous Internet?
R.F.: On m'en a parlé pour la première fois lors
d'un congrès à Los Angeles. Ce devait être
en août ou septembre 1994. J'arrive à notre congrès.
Je vois deux congressistes qui me disent: "Maintenant, c'est
réglé!". Je leur demande ce qui est réglé.
Ils me répondent: "Notre possibilité de nous
exprimer. Nous ne voyons pas comment on pourrait nous empêcher
de nous exprimer sur Internet". J'avais entendu parler d'Internet
mais je ne savais pas vraiment ce que c'était. Ma foi,
la France, avec pas mal de retard, l'a découvert en décembre
1995. Je me tiens au courant de ce qui se fait sur Internet (le
grand spécialiste étant Serge Thion) et des efforts!
notamment venant des juifs, et de l'Union des étudiants
juifs en particulier! pour censurer Internet. Ils peuvent aller
se rhabiller. On ne réussira pas à censurer Internet.
Les Allemands ont essayé et s'y sont cassé les dents.
Et il ne faut pas défier les jeunes Américains sur
ce terrain-là. Connaissez-vous Pretty Good Privacy ? C'est
un système de codage qui est fait par un Américain
qui s'appelle Phil Zimmerman. C'est un système tellement
sophistiqué que le Pentagone n'arrive pas à le déchiffrer.
Vous pouvez, par ce système, passer exactement ce que vous
voulez.
Pour censurer Internet, il faut avoir ce qu'on appelle des mots
repères. Par exemple, si l'on veut censurer la pornographie:
il n'y a pas longtemps, les censeurs ont pris des mots comme "seins",
"sexe", etc. Le résultat, c'est qu'ils ont interrompu
un vidéo-congrès de gynécologues! Avec ce
nouveau système, il n'y a aucun moyen de censure. Surtout,
il y a un site qui vient de se créer à Stockholm
avec mon ami, que j'admire beaucoup, Ahmed Rami. J'aime autant
vous dire que l'événement a fait du bruit dans la
presse scandinave. Mes écrits passent par Stockholm, par
exemple. En France, l'autre jour, Serge Thion a pris Alta Vista;
il a eu 1 016 références de "Faurisson"!
Il pourrait en avoir beaucoup plus. Ce sont des écrits,
ou des coupures de presse,...
Mais vous êtes au courant de ce qui se passe avec le juge
Jean-Pierre Marcus ? L'Union
des étudiants juifs, apprenant que j'étais passé
sur Internet, est allée en référé
chez le juge Jean-Pierre Marcus, lui-même juif. Ils choisissent
leurs juges comme nous, nous choisissons nos avocats! C'est quand
même un peu fort de café. C'est toujours Jean-Pierre
Marcus qui est là! Les résultats doivent être
donnés dans quelques jours. Moi, je me moque complètement
de ce que dira M. Jean-Pierre Marcus. D'ailleurs, ces espèces
de nigauds de l'UEJF, ils travaillent mal. Je les suis, ces types-là.
Ils doivent être des étudiants nuls, en plus. Ils
ont assigné neuf organismes. Il fallait en assigner quatre-vingt-onze.
Vous comprenez que les chambres à gaz, elles ne sont pas
du tout indispensables à mon bonheur, comme le dit si bien
Pierre Guillaume. Je ne m'occupe pas que de ce sujet. C'est la
question générale de la seconde guerre mondiale
qui m'intéresse. Je voudrais vous emmener devant le Monument
aux morts de Vichy. Car tout commence là. C'est le lever
de rideau du XXe siècle. Vous verrez la liste interminable
des Français qui se sont fait tuer dans cette boucherie.
Il n'y a pas eu de guerre de 1914-1918; il y a eu une boucherie.
Je veux que vous regardiez ce monument et que, par contraste,
vous voyiez ce qu'il a pu mourir de Français dans la campagne
de 1939-1940 ou en déportation. Je veux que vous puissiez
constater que, quelquefois, sur les monuments, on inscrit les
noms de gens qui sont morts dans leur lit bien des années
après la guerre quand il s'agit de résistants. Et
je veux que vous constatiez qu'il n'y a aucun nom de gens massacrés
par les épurateurs. Ce monument vous donnera une idée
de la boucherie de 1914-1918 et vous fera comprendre pourquoi,
en 1937-38-39, tant de Français ne voulaient surtout pas
faire la guerre. On ose, aujourd'hui, les traiter de lâches;
on ose parler d'esprit munichois. Moi, je regrette que l'esprit
munichois n'ait pas été plus fort. Les Britanniques
et les Français, en 1939, ont à nouveau trouvé
de bonnes raisons de déclencher une guerre contre l'Allemagne!
car c'est nous qui sommes entrés en guerre contre l'Allemagne
sous le prétexte qu'elle avait envahi la Pologne mais lorsque,
quelques jours plus tard, l'Union soviétique, tout juste
débarrassée de sa guerre avec le Japon, a, à
son tour, envahi la Pologne, nous nous sommes bien gardés
d'entrer en guerre contre "la patrie des travailleurs".
La morale des redresseurs de torts était à géométrie
variable. Là, vous êtes au coeur du sujet: comment
se fait-il qu'il y ait eu cette seconde guerre mondiale ? Cela
vous donnera mille idées sur l'ensemble du problème
et non pas simplement sur la question des chambres à gaz
ou du génocide.
FIN
(1) M. Faurisson nous demande de rectifier. Il s'agit du SNES.
Plus tard, il a "adhéré, dans l'enseignement
dit supérieur, au SNESUP".
(2) Emmanuel Ratier, Encyclopédie politique française,
tome I, 1992, p. 255.
(3) François Brigneau, Mais qui est donc le professeur
Faurisson ?, Publications FB, 1992, p. 55.
(4) Le Monde, 4 mars 1962.
(5) A.R.M., 15 avril 1991, p. 16.
(6) René Monzat, Jean-Yves Camus, Les Droites nationales
et radicales en France, op. cit., p. 82.
(7) Emmanuel Ratier, op. cit., p. 255.
(8) Michel Folco, Zéro, avril 1987, p. 56.
(9) François Brigneau, op. cit., p. 61.
(10) Charles Le Mesnil, "Le révisionnisme a osé
la négation des chambres à gaz", Historia,
mars-avril 1995, p. 135.
(11) M. Faurisson lit l'extrait d'une lettre qu'il vient de recevoir.
Ces propos sont sur Internet.
(12) Robert Faurisson, "Mon
expérience du révisionnisme", Annales
d'histoire révisionniste, No 8, printemps 1990, p.
52.
(*) Igounet écrit partout "cagne".
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