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L'Équivoque révolutionnaire, Paul Rassinier, 1960 - 1. Notes


[1]. Du qualificatif grec physicos : « qui concerne les choses de la nature, la matière » - en l'occurence, les livres qui en traitent. La langue française l'emploie aussi couramment sinon plus comme substantif pour désigner tout ce qui est matériel et concret par opposition à tout ce qui est abstrait.

[2]. Physica étant un adjectif, la traduction littérale devrait être « après les livres physiques » mais le français le supporterait malaisément. Pour tout dire de cette classification aussi arbitraire que simpliste, il faut encore noter que dans la philosophie d'Aristote, l'homme et, d'une manière générale l'être, font partie des choses de la nature et qu'à aucun moment de son œuvre, il ne les en sépare. La philosophie d'Aristote est, par excellence, celle de l'unicité d'un monde dans lequel il y a seulement des catégories à définir et un mouvement à expliquer.

[3]. L'étude de l'être, des êtres et des choses, de leur existence dans leurs aspects changeants, sous l'influence du désir ou du besoin de mouvement qui les animent ; de leur essence dans ce qu'elle a de commun à tout ce qui existe, à savoir la matière ; de la nature, êtres et choses considérés dans leur ensemble comme un immense effort de la matière brute vers la forme, la pensée et l'intelligence dont la démarche ne peut manquer de déboucher à la fois sur les causes de tous les phénomènes jusqu'à la cause première et à la pensée pure, parfaite, sans matière ni forme, c'est-à-dire Dieu, mais un Dieu qui n'a de commun que le nom - qui l'a cependant, hélas ! - avec celui des religions et qui n'est que l'expression de la perfection, chef-d'œuvre de l'esprit, non la cause première, le créateur suprême du christianisme ou le « fabricateur souverain » de La Fontaine.

.[4]. Entendue comme chapitre distinct de la philosophie, la chose n'existait pas plus dans la philosophie grecque que le mot dans le vocabulaire, ces deux aspects d'une même constatation s'expliquant l'un par l'autre. La philosophie grecque distinguait la physique, la logique, l'éthique et la politique. On n'a pas de certitudes qui permettent de dater les écrits d'Aristote et d'en établir une chronologie rigoureuse. Sans doute, d'ailleurs, ne les connaît-on pas tous. On a des raisons de penser que celui auquel la métaphysique a été donnée comme titre était, dans l'esprit de son auteur, si méthodique et si sensible aux lignes de faits successives qui conduisent de la matière à la pensée, une préparation sinon une introduction à ses traités de logique, d'éthique et sur la politique. Embrassant toutes les directions dans lesquelles l'orientaient ses observations et ses analyses dans l'ordre des choses physiques, cet ouvrage peut être considéré comme une vue aérienne de toute la philosophie dans ses éléments premiers. C'est pourquoi, métaphysique et philosophie n'ont, longtemps et sans dommage, désigné en fait qu'une seule et même chose.

[5]. Édifices où se rencontraient les marchands, les prêteurs à gages, les badauds. On y rendait la justice et on y donnait des réjouissances publiques. Aux IXe, Xe, XIe et surtout au XIIe siècle, on se mit à y prêcher le nouveau dieu, à y célébrer son culte, à y donner des fêtes religieuses et à y rendre sa justice. Emprunté aux Grecs, le mot désignait une chose empruntée aux Romains et dont le christianisme fit progressivement un lieu saint à son service exclusif.

[6]. Averrhoes, notamment.

[7] Les célèbres moines mendiants qui furent, dans la suite les dominicains (auxquels s'ajoutèrent les dominicaines) du nom du fondateur de l'ordre.

[8]. Exemple : pas de science sans donnée préalable - pas de donnée digne d'être retenue si on ne croit d'abord y trouver ce qu'on y cherche - donc pas de science sans acte de foi préalable. Et, enjambant la raison grecque qui voulait comprendre avant de croire, saint Augustin concluait qu'il fallait croire pour comprendre : credo ut intellegam. A partir de là, cercles vicieux et syllogismes purement formels se présentaient en chaîne dans toutes les directions : « plus besoin de comprendre si on croit » aussi bien que « croire à l'authenticité des récits bibliques pour les comprendre » et « croire en Dieu âme du monde et des hommes », etc. Dieu étant parfait, il était tout et donc aussi la science, la cause et l'explication de tout. D'où un autre aspect de sa règle : « Je désire connaître Dieu et l'âme. Rien de plus. Absolument rien. » (Deum et animam ocire cupio. Nihilne plus. Nihilne omnia.)

[9] Depuis leur intervention psychologique décisive dans l'affaire catarrhe, les Dominicains étaient très en cour auprès de la papauté à laquelle la récente querelle du sacerdoce et de l'Empire avait appris que les thèses vieillies de saint Augustin n'étaient plus d'un grand secours et qui n'était fâchée ni de les voir rajeunir, ni de pouvoir disposer d'un appareil averti lui permettant de s'adresser directement au peuple en cas de retour.

[10] Cf. note 3, p. 12.

[11]. La place Maubert qui lui doit son nom (Contraction de Magister Albertus)

[12]. Voir note 3. En réalité, non seulement Dieu n'a pas créé le monde, mais il l'ignore. S'il en est cependant le moteur, ce n'est pas de sa propre délibération mais uniquement parce que la matière qui est le monde tendant vers la pensée tend alors vers Dieu qui est la pensée pure. Il est donc une force attractive et non impulsive et cette force qui dans ce système n'a rien de religieux, est dans l'homme et dans les choses sous forme de désir et de besoin de mouvement. Chez Platon aussi, le vrai Dieu, c'est l'ensemble des idées, « modèles éternels de toutes choses », mais il y a un démiurge (étymologiquement un ouvrier qui organise) qui fait le monde avec une matière qu'il n'a pas créée et qui lui préexiste. Le panthéisme grec était très proche de cette dernière conception. Le mot signifie que tout (pan) est Dieu (theos) donc que Dieu est infini. Dans ce système si Dieu avait créé un monde extérieur à lui, il aurait ajouté quelque chose à l'infini, ce qui est impossible par définition puisqu'on ne peut rien ajouter à l'infini sans qu'il cesse d'être infini, donc, en l'occurrence d'être Dieu. On voit par là que le panthéisme était très rationaliste.

[13]. Voir note 3. Ce qu'elle eût été chez Aristote s'il avait inventé le mot.

[14]. Reprise, confirmée, précisée, développée tout au long de son oeuvre notamment dans ses Commentaires scripturaires (de l'Ancien Testament), sa Somme Théologique, etc. dont l'ensemble constitue le Thomisme ou philosophie de saint Thomas d'Aquin.

[15]. MM. Denis Huisman et André Vergez

[16]. Sauf si l'on voulait rendre hommage à la mémoire d'Aristote qui le méritait à plus d'un titre auquel cas la création d'un mot qui prît ses références dans sa philosophie eût été très louable. Mais la philosophie du médecin, du physiologiste et du naturaliste Aristote étant en somme celle du mouvement - qu'il reprochait à Platon de ne pas avoir expliqué - et se fondant sur une méthode qui progresse vers la connaissance par approches successives à partir d'observations et d'expériences dont la matière est le premier objet, peut-être était-il indiqué, comme tenta de l'obtenir Bergson, de faire refléter cette philosophie par la métaphysique plutôt que d'en faire une théorie qui prétend se passer de la matière, de l'observation et de l'expérience, c'est-à-dire qui en est à peu près exactement le contraire.

[17] Dans le journal Le Monde (30 juin 1959) un M. François Meyer, professeur de philosophie à la faculté d'Aix-en-Provence, se plaint que « les bacheliers de philosphie manquent d'esprit dominateur » (!…) et raconte qu'à un colloque organisé par l'Inspection générale, ses collègues et lui ont exprimé le vœu « de voir le programme de philosophie générale - pourquoi ne pas dire clairement : de métaphysique - prendre plus d'importance et se développer ». Et re-voici la métaphysique… identifiée à toute la philosophie comme aux plus beaux temps de l'ancilla theologiae.

[18] La citation qui suit est en réalité tirée d'Engels (Socialisme utopique et socialisme scientifique - Introduction - 1892). A toutes les définitions du matérialisme historique données par ses inventeurs, l'auteur de cette étude a préféré la dernière, venant toutes expériences faites, Engels parlant au nom de Marx mort et de lui-même qui mourra deux ans après, c'est-à-dire à l'heure de la sérénité. Cette définition dépourvue du caractère passionnel de toutes celles qui l'ont précédée et qui ont été produites dans de dures et âpres polémiques, présentée en termes académiques dans un bilan établi après mûres réflexions, ne peut invoquer l'excuse de l'emportement dans le feu de l'action.

[19] Cf. Maurice Merleau-Ponty, Les Aventures de la dialectique, Paris, Gallimard, 1955

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