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Chomsky pose

Cette photographie de Noam Chomsky est une photographie «posée». C’est aussi une photographie «composée».
Que Chomsky tienne sous le coude un certain nombre de textes, on pouvait s’en douter. Il tient aussi à la main une publication dont on ne peut voir que la tranche.
Si cela n’était que l’effet du hasard…? Il aurait effectivement pu faire que cette publication soit légèrement décalée dans le champs de l’appareil photo, soit vers le bas (quatrième de couverture) soit vers le haut (première de couverture) et que la publication en question ne soit finalement pas identifiable. Mais il semble bien que pour obtenir exactement le résultat obtenu, il faut que Chomsky et le photographe aient bien pris soin que la photo soit prise exactement dans l’axe nécessaire pour que seule la tranche soit visible, alors que cette publication est indiscutablement mise en valeur par la posture même de Chomsky et du seul fait qu’il la tienne à la main.
Tant de soins pour signifier RIEN. Il y a là un paradoxe de nature à susciter une interrogation: de quelle publication s’agit-il? Et de nature à comporter un message subliminal.
Cette photographie avait été choisie pour illustrer la première de couverture du numéro des Cahiers de l’Herne, consacré à «Chomsky», dont nous avions parlé dans le n°23 et dernier du Bulletin confidentiel de la Vieille Taupe. La page 19 était entièrement consacrée à cet ouvrage remarquable. On ferait d’autant mieux de s’y reporter que la page 20 était consacrée à l’Abbé Pierre, sous le titre «Gare aux dits, aux non-dits et aux contredits»; que la page 18 était aussi consacrée à Chomsky; et que les autres pages ne sont pas non plus dénuées d’intérêt prophétique.
Bien sûr, maintenant, seul Chomsky lui-même peut nous dévoiler quelle publication il tenait dans les mains ce jour-là. Probablement le photographe le pourrait-il aussi? Mais il peut très bien ne l’avoir jamais su; ou l’avoir oublié. Quant à Chomsky, il peut très bien ne pas répondre, et beaucoup s’amuser si on lui pose la question. Beaucoup peuvent hésiter à lui poser la question, de peur d’obtenir une réponse. «Ce qu’il y a de terrible quand on cherche la vérité, c’est qu’on la trouve» n’est-ce pas? Et Chomsky peut mentir.
En l’absence d’une Kollaboration de Chomsky dans la recherche de la vérité, nous ne sommes cependant pas totalement démunis, puisqu’en tenant compte de la théorie de la relativité du grand Albert (Einstein), de la rotation de la terre, et de l’échelle de la photo, la tranche de la publication que Chomsky tient à la main semble bien mesurer 22 cm de long et 13 mm d’épaisseur environ. Ce qui est une première indication approximative.
Notons enfin que l’affichette éditée pour présenter l’ensemble des manifestations organisées dans l’année 2009 en l’honneur de Michel de Boüard, est aussi constituée d’une photographie où le grand historien tient un livre dans ses mains. Mais cette fois le titre de ce livre est parfaitement lisible:
«Guillaume le Conquérant».
