La Révolution française
acheva et fit triompher un long processus historique de déchristianisation
et sécularisation, que l'on peut définir comme révolutionnaire.
S'y opposa et s'y oppose une école de pensée catholique,
souvent appelée contre-révolutionnaire, qui tenta
d'analyser les origines et les causes du phénomène
opposé, ainsi que les remèdes à y opposer.
Mais ce n'est que petit à petit que les auteurs "contre-révolutionnaires"
mirent parfaitement au point l'objet de leurs recherches. Dans
le sillage d'une étude de G. Miccoli (1) l'abbé Nitoglia montre comment,
à partir de 1870, le principal agent de la Révolution
fut identifié, par cette école de pensée
et surtout par le Magistère Ecclésiastique, comme
étant la judéo-maçonnerie. Une identification
qui maintenant fait discuter, et qui est souvent oubliée.
Sodalitium
De la polémique contre-révolutionnaire à la lutte contre la Judéo-maçonnerie
Même
dans les meilleurs écrits contre la Révolution et
dans la polémique catholique contre la civilisation moderne
ou sécularisée, précédant la décennie
1870-1880, le Judaïsme n'occupait pas une place centrale
et de premier plan.
Avec la prise de Rome par les Piémontais, la pensée
du Pape et de la Secrétairerie d'Etat (et par conséquent
des grands penseurs et polémistes catholiques, tant laïcs
qu'ecclésiastiques), se précise: le Judaïsme
post-biblique devient le symbole de la "modernité"
et de la sécularisation de la société, le
ver qui a rongé la Chrétienté, le principal
artifice de la conjuration anti-chrétienne, qui a débouché
sur la Révolution ("satanique dans son essence").
Le Judaïsme jusqu'en 1870 constitue un danger grave pour
les polémistes antirévolutionnaires, mais seulement
potentiel; il est l'instrument plutôt que l'agent actif
et principal de la conjuration antichrétienne. "Dans
la conspiration des sophistes, des philosophes, des impies, des
francs-maçons dépositaires du secret suprême
de la secte, des jacobins, telle qu'elle est reconstruite et racontée
par Barruel [Mémoires pour servir à l'histoire
du Jacobinisme, Londres 1797-98], les Juifs n'ont pas de part.
Tout comme ils ne figurent pas dans les autres analyses contemporaines
qui décrivent et découvrent les caractères
de la "révolution": cela vaut pour toutes Les
considérations sur la France [1797] de Joseph de Maistre
La polémique antimaçonnique qui fit rage parmi les
émigrés français ne connaît pas trace
des Juifs, sinon pour dénoncer les faveurs qui leur furent
concédées. La liste des conspirateurs qui ont comploté
pendant des décennies contre le trône et l'autel
devient le lieu commun de toute une presse d'actualité
secondaire: elle ignore les Juifs" (2).
Le Judaïsme est encore totalement absent dans l'excellent
travail, en douze volumes, que Mgr Jean-Joseph Gaume dédie
à La Révolution, entre 1856 et 1858. Il y
approfondit le problème du césarisme ou gibelinisme,
comme retour de la philosophie politique païenne, qui en
niant la subordination du Souverain temporel au Pape est source
de la Révolution ou de dés-Ordre, de l'Humanisme
et de la Renaissance comme étapes fondamentales du réveil
de l'esprit païen, non seulement dans le domaine politique
mais également dans celui des tendances et passions humaines,
qui portera au Protestantisme et à la Révolution
française (3).
Mais il ignore le rôle joué par la Cabale sur la
culture humaniste de la Renaissance (voir Pic de la Mirandole,
Marsilio Ficino, Niccolo Cusano, Giordano Bruno et leur maître
à penser du Moyen Age, Raymond Lulle (4). Dans les Caractères
de la vraie religion proposés aux jeunes gens de l'un et
l'autre sexe, imprimés en 1809 par l'"Académie
de religion catholique", l'un des centres de l'intransigeance
romaine, l'auteur dédie un paragraphe entier aux Juifs,
mais affirme: "Les Juifs... ne sont pas nos principaux ennemis.
Nous en avons d'autres plus dangereux,... je veux dire nos pseudo-philosophes"
(5). Joseph de Maistre dans ses Quatre chapitres sur la Russie,
publiés après sa mort en 1859, mentionne en passant
la dangerosité des Juifs; mais ils ne sont pas la principale
cause des bouleversements actuels, mais plutôt les instruments
des illuminés de Bavière ou de la Maçonnerie
déchue qui aurait perdu, selon le penseur savoyard, sa
pureté originelle (6). Même La Civiltà
Cattolica jusqu'aux années soixante-dix ne nommera
que fugitivement les Juifs. "Les premiers artisans de la
révolution restent la maçonnerie et les sectes"
(7).
La Civiltà Cattolica: naissance et développement
La Civiltà Cattolica née
en 1850 intervint déjà en 1858 sur la question juive,
à propos de l'affaire Mortara. Environ dix ans après,
en 1869, parut en France un livre de Gougenot des Mousseaux qui
traitait amplement de la question juive Le Juif, le Judaïsme
et la judaïsation des peuples chrétiens. Si avec
Pie IX on commença en 1870 à entrevoir dans le Judaïsme
la cause première de la Révolution, ce fut surtout
avec Léon XIII (1878-1903) que le Judaïsme devint
l'objet principal des études et de la polémique
de La Civiltà Cattolica.
Il convient de préciser que déjà en 1830
un abbé italien Luigi Chiarini (8), enseignant d'Antiquités
Orientales à Varsovie, avait publié à Paris
un ouvrage en deux volumes, intitulé "Théorie
du Judaïsme" avec lequel il montra aux Chrétiens
le vrai visage du Judaïsme talmudique et c'est sur cet ouvrage
que se formèrent Giuseppe Oreglia et Gougenot des Mousseaux.
De nombreux chercheurs se sont trompés sur la date de naissance
de l'antijudaïsme catholique moderne de La Civiltà
Cattolica. Renzo de Felice la fait naître en 1895, Norman
Cohn la situe en 1890, et ils soutiennent que la souche de cette
bataille a été l'abbé Chabauty qui en 1882
avait publié Les Juifs, nos maîtres.
Au contraire, la campagne de La Civiltà Cattolica est
antérieure à la vague antijuive française
et on doit la placer en 1870 avec des prémices en 1858
(affaire Mortara) et avec la source en 1830 (abbé Chiarini)
(cf. R. TARADEL - B. RAGGI La segregazione amichevole. "La
Civiltà Cattolica" e la questione ebraica 1850-1945,
Editori Riuniti, Roma 2000, p. 27).
Léon Poliakov aussi a remarqué que la campagne de
La Civiltà Cattolica avait commencé entre
1870-1880 et avait constitué une sorte de "nihil
obstat" du Saint-Siège à l'antijudaïsme
européen qui explosa en France entre 1886 et 1887, quand
Edouard Drumont publia La France juive à l'occasion
de l'affaire Dreyfus. D'après La Civiltà Cattolica,
le XIXème siècle est le siècle du complot
judéo-maçonnico-libéral, le XXème
est celui du complot judéo-bolchevique et dans sa seconde
moitié est celui du complot judéo-anglo-américain.
A ce tableau "fait exception L'Eglise romaine en face
de la révolution de J. Crétineau- Joly... La
première édition de l'ouvrage fut publiée
en 1859 les Juifs ne sont pas mentionnés souvent Mais
un élément important pour les développements
futurs fut mis au grand jour: que la juiverie donne le
mot d'ordre et le salaire aux journalistes, les Juifs contrôlent
toute la presse... "C'est une revanche de dix-neuf siècles
que les déicides complotent contre le Calvaire" (vol.
II, p. 386). C'est la raison pour laquelle les Juifs ont pénétré
dans les sectes... Mais Crétineau- Joly, qui parle toujours
de quelques Juifs, de certains Juifs, a soin enfin
de le relever explicitement: "Le nombre de Juifs qui entreprirent
ce commerce de haine et de vengeance est très restreint"
(vol. II, p. 386). Dans sa reconstruction globale les grands noyaux
de conspirateurs naissent et mûrissent ailleurs: parmi les
hérésies, le jansénisme, le gallicanisme,
le philosophisme, la maçonnerie, les différentes
sectes. Une indication précise cependant avait été
donnée. Crétineau-Joly l'avait écrit explicitement:
il ne sera pas très difficile à l'histoire de surprendre
la main de certains Juifs excitant les révoltes" (9).
Encore quelques années et le pas sera franchi: d'abord
par Pie IX et ensuite par Léon XIII avec la Secrétairerie
d'Etat, qui s'exprimait à travers La Civiltà
Cattolica. Cette revue, à partir de 1880 jusqu'en 1903,
commença à s'occuper systématiquement des
Juifs "devenant ainsi, même pour cette question, un
modèle et un point de référence de premier
plan pour l'opinion publique catholique pas seulement italienne"
(10).
Le Judaïsme symbole et agent principal de la Révolution
"Ce n'est que lentement, au cours de la seconde moitié du siècle [XIXème], que les Juifs prirent une position toujours plus éminente et une fonction toujours plus décisive dans le domaine de cette conspiration sectaire qui, par la culture intransigeante, constituait l'unique vraie clef explicative de tous les bouleversements modernes. (...) Ce pluralisme d'opinions concernant les Juifs..., encore présent dans les années précédentes, disparut ou presque de la scène: dans la seconde moitié du siècle, il est difficile de trouver chez les catholiques quelqu'un qui aille au-delà des prières pour leur conversion" (11). Parmi les auteurs qui dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle comprirent et dénoncèrent le péril juif il y eut Mgr Meurin S.J. (évêque in partibus d'Ascalona et par la suite archevêque titulaire de Nisibi et enfin évêque résident de Port-Louis; né à Berlin, expert en hébreu et en sanscrit) avec le livre La francmaçonnerie synagogue de Satan, de 1893, et Roger Gougenot des Mousseaux, né à Coulommiers en France, formé à l'école de Paul Drach, avec l'ouvrage Le Juif, le Judaïsme et la judaïsation des peuples chrétiens, de 1869.
La brèche de Porta Pia
"Le
virage se vérifie au cours des années Soixante-dix
La chute du pouvoir temporel fut ressentie comme un épisode
central de l'attaque menée par les sectes contre le catholicisme
La révolution apparaît triomphante, ses objectifs
antichrétiens toujours plus manifestes et évidents"
(12). Le Judaïsme devient le symbole de la nouvelle civilisation
sécularisée qui a apostasié de l'Eglise,
précisément parce que par elle formée, après
de longues années de conjuration antichrétienne.
"La conspiration antichrétienne devient ainsi l'oeuvre
éminente des Juifs pour abattre l'Eglise du Christ et les
porter à la domination du monde" (13). C'est justement
à l'occasion de la brèche de Porta Pia que le complot
ourdi dans l'obscurité apparaît au grand jour: "Juifs
de l'étranger, qui accourent dans la nouvelle capitale,
en dirigent les journaux, alimentent les attaques contre l'Eglise;
Juifs de Rome, qui ont trahi leur souverain, en oubliant les bénéfices,
qui ont accueilli joyeusement les "Piémontais",
qui fréquentent des endroits qui leur étaient interdits
auparavant. Le vrai, le grand scandale est là: les Juifs
à Rome, siège de Pierre, capitale de la catholicité,
supplantent les Chrétiens, achètent des propriétés,
exercent des fonctions de gouvernement. C'est là que réside
la preuve de leur "fusion" avec la "révolution",
et la raison de la future revanche chrétienne qui ne pourra
pas les frapper: le droit de prendre dans le futur des "mesures
défensives" contre les Juifs naît en effet de
leurs comportements actuels" (14).
A ce propos les pages écrites par les frères Lémann,
Juifs convertis au catholicisme, sont significatives: "Vos
coreligionnaires [juifs] ont fait très mal à Rome.
(...) Le 20 septembre 1870, les zouaves défenseurs de Rome...,
avaient abandonné les remparts Leurs amis se dépêchaient
de leur apporter des habits civils. Mais à l'extrémité
du pont [Saint Ange]... il y avait des hordes de Juifs qui au
milieu des cris... des révolutionnaires contre les zouaves,
arrachaient à ceux-ci... les valises, les habits, tout
ce qu'ils pouvaient saisir, et... jetaient tout dans le Tibre,
mais en-dessous il y avait leurs matelots qui dans leurs barques
recueillaient tout ce qui avait été jeté
dans le fleuve. (...) L'année dernière à
la porte du Gesù on hurlait contre les Chrétiens,
qui pacifiques et inoffensifs s'étaient réunis pour
prier ensemble. A leur sortie ils furent frappés. Eh bien,
derrière ces forcenés qui hurlaient et frappaient,
on reconnaissait les Juifs du ghetto. (...) Quand nous avons demandé
des renseignements sur les scènes ignobles qui se sont
produites au Corso où les choses saintes furent tournées
en ridicule, les prêtres insultés, les statues de
la Sainte Vierge souillées... on nous répondit toujours:
les buzzurri [les "péquenots", c'est-à-dire
les Piémontais] et les Juifs. (...) Quand le 20 septembre
1870, le Gouvernement subalpin pénétrait à
coups de canon par les portes de Rome, la brèche n'était
pas encore achevée qu'une foule de Juifs y était
déjà passé pour aller se congratuler avec
le général Cadorna et le ghetto tout entier pavoisait
aux couleurs piémontaises (...).
Pie IX méritait-il que les Israélites lui causent
cette double douleur: d'abord passer dans le camp de ses ennemis,
ensuite dévaster Rome durant sa captivité au Vatican?
(...) Non! Pie IX ne le méritait ni comme souverain, ni
comme bienfaiteur. (...) Les Papes ont toujours consenti avec
bienveillance au séjour des Juifs dans leur ville. Ce peuple
errant était libre de ne pas y aller. Mais il y est toujours
allé en nommant Rome... Paradis des Juifs. Les Papes
ont donc constamment protégé les Israélites.
Si cependant il y en eut un qui se soit montré plus spécialement
leur protecteur, qui ait veillé avec une sollicitude plus
vive sur leur condition temporelle, que nous le proclamions avec
la main sur l'histoire et sur notre coeur, c'est bien Pie IX.
(...) Les Israélites étaient relégués
dans un quartier séparé, le ghetto Pie IX a fait
détruire ces portes et ces murs..." (15).
A partir de ces faits, les frères Lémann, tirèrent
la conclusion qu'il fallait défendre la Chrétienté
du péril juif et que l'on ne pouvait pas accorder aux Juifs
l'égalité des droits civils: "Nous ne conseillerons
jamais, poursuivent les Lémann, de vous accorder à
Rome le droit de devenir propriétaires. Nous connaissons
les tendances de notre nation; ses bonnes comme ses mauvaises
qualités. Si ce droit de propriété vous est
accordé, nous le parions, dans 30, dans 50 années
au plus, Rome n'appartiendrait plus aux Catholiques, mais serait
entre vos mains (...). Le suprême danger de Rome... ce ne
sont pas les hommes de la révolution, ils passeront. Le
suprême danger de Rome c'est vous, ô messieurs, qui
ne passez pas. Armés du droit de propriété,
avec votre habileté et votre puissance, avant que le siècle
n'arrive à sa fin, vous serez les maîtres de Rome"
(16).
Les frères Lémann, pensent donc, à partir
de la brèche de Porta Pia, aux mesures que les futurs gouvernements
chrétiens devront prendre pour se préserver de la
contagion du Judaïsme, premier artisan et conducteur de la
Révolution. "Le concept a été formulé,
pour annoncer le futur. Défense, droit de se défendre
des Juifs: les mots clés qui justifièrent l'organisation
des mouvements politiques antisémites sont ainsi prononcés"
(17). Mais il convient de remarquer que ce sont deux Juifs convertis
qui les ont prononcés, et qu'ils peuvent difficilement
être accusés d'antisémitisme! En tout cas
la tendance qui se profile avec le 20 septembre 1870 est celle
de l'identification des Juifs à la Révolution. "La
nécessité de la lutte de défense contre la
"révolution" devenait ainsi lutte de défense
contre les Juifs. (...) L'étape suivante franchie en ces
années fut d'en faire les principaux agents, les authentiques
promoteurs occultes (18).
La "Synagogue de Satan"
La représentation du peuple juif
comme rebelle et subversif était très ancienne:
la Synagogue talmudique était vue depuis toujours comme
"fons persecutionum". Donc l'émancipation
des Juifs arrivée grâce à la Révolution
française, et les bénéfices que les Juifs
en avaient retirés étaient devant les yeux de tout
le monde. Ces deux aspects: Sinagogæ Judeorum fontes
persecutionum, et les bénéfices retirés
de l'émancipation (fille de 1789), ne pouvaient expliquer
à eux seuls ce qui s'était passé avant et
ne suffisaient pas à faire du Judaïsme l'artisan principal
du long processus de dissolution qui avait conduit à 1789.
Deux éléments manquaient: le concept de Révolution,
tel qu'il fut précisé dans le Magistère ecclésiastique
et dans l'apologétique contre-révolutionnaire de
ces années, et l'idée d'une longue conjuration souterraine
et secrète. Joseph de Maistre a bien saisi la nature de
la Révolution française (même s'il ne peut
être défini comme un penseur contrerévolutionnaire
complet, à cause de certaines lacunes, sinon de véritables
erreurs de son système doctrinal. Il est influencé
par l'ésotérisme maçonnique qui ne l'a jamais
quitté; cf. sur ce thème l'article paru in Sodalitium
n° 49). Il l'a définie "Satanique dans son
essence, satanique parce que rebelle à l'autorité,
c'est-à-dire à Dieu" (19). L'unique alternative
possible, pour de Maistre, était la Papauté: si
"la Révolution est l'erreur", si elle "est
satanique dans son essence", elle "ne peut donc être
tuée que par la Papauté, qui est la vérité,
puisqu'elle est le Christ en terre" (20). Il faut donc réunir
à nouveau l'Eglise et l'Etat, le trône et l'autel.
Mais l'année 1870, avec la chute du pouvoir temporel du
Pape créa une situation nouvelle. Les gouvernements et
les Rois, désormais largement infiltrés par le mal
révolutionnaire, n'avaient pas répondu à
l'appel en défense du Pape. En 1876 le Père Raffaele
Ballerini (21), dans La Civiltà Cattolica, écrivait
que le péché de l'Europe consistait dans la guerre
que tous les Etats et toutes les cours, suite à
la politique césaropapiste de la seconde moitié
du XVIIIème siècle, sans aucune exception faisaient
à l'Eglise catholique. "Les degrés du mal varient
dans chaque Etat: mais tous ne sont pas infectés. (...)
Tous, en un mot, se sont entendu pour exclure Jésus-Christ
de leur civilisation, en répétant la parole de la
Synagogue contre le Christ-Roi: "Nolumus hunc regnare
super nos" (Lc XIX, 14): nous voulons vivre séparés
de l'Eglise nous voulons la sécularisation universelle"
(22). Déjà en 1872, à Munich, les "Historischpolitische
Blätter", faisaient des Juifs les protagonistes
absolus de la Révolution et de la laïcisation de l'Europe.
Le Père Ballerini, bien qu'en ne les nommant pas explicitement,
fait une analogie entre le comportement des Etats modernes et
celui de la Synagogue pharisaïque: c'est-à-dire le
refus du Règne Social du Christ et de son Eglise. La nouvelle
condition de la société, au fond, est ancienne:
c'est le même rejet obstiné de Jésus-Christ,
qui avait été comploté par le Sanhédrin
et fait passer dans la majeure partie du peuple juif.
Le cas du Père jésuite Ballerini n'est pas isolé.
Les conditions de l'Eglise romaine ces années sont semblables
à celles des trois premiers siècles: elle est persécutée.
Les discours de Pie IX, après 1870, sont significatifs:
"Pie IX ne manque pas de paroles dures explicites contre
les Juifs: "chiens", devenus tels de "fils"
qu'ils étaient, "pour leur dureté et incrédulité"
("et de ces chiens - ajoute le pontife - il y en 9 a malheureusement
trop aujourd'hui à Rome, et nous les entendons aboyer par
toutes les rues, et ils nous harcèlent partout") (23).
Et le Pape poursuit: "boeufs", qui "ne connaissent
pas Dieu", et "écrivent des blasphèmes
et des obscénités dans les journaux": "mais
viendra un jour, terrible jour de la vengeance divine, où
ils devront rendre compte des iniquités qu'ils ont commises"
(24). "Peuple dur et déloyal, comme on voit aussi
dans ses descendants", qui "faisait de continuelles
promesses à Dieu et ne les maintenait jamais" (25).
Le 23 mars 1873, Pie IX, faisant référence à
Simon le Cyrénéen, revint sur le sujet des "Juifs
réprouvés": "En cette circonstance le
Seigneur ne permit pas qu'un Juif l'aidât. Cette nation
était déjà réprouvée,
et dure dans la réprobation, (...) Jésus-Christ
voulut plutôt être aidé par un païen,
donnant ainsi une preuve de ce qui avait été prédit,
c'est-à-dire qu'à la nation juive dépravée
d'autres nations se substitueraient pour connaître et suivre
Jésus-Christ" (26). Dans le discours du 12 février
1874 aux curés de Rome, le pape Mastai établit,
encore une fois, un parallèle entre la situation actuelle
de l'Eglise romaine et celle de ses débuts: "Les tempêtes"
qui l'assaillent sont les mêmes que celles subies à
ses origines; elles étaient alors "provoquées
par les Gentils, par les gnostiques et par les Juifs" et
"les Juifs y sont aussi présentement" (27). «Ce
n'est pas par hasard qu'en ces années- là Pie IX
recourut à la figure de la "Synagogue de Satan"
(28). Selon Pie IX les actuels révolutionnaires sont les
"pharisiens modernes" qui voudraient, "comme les
anciens", détruire l'Eglise, ils "répètent
les expressions iniques que les pharisiens répétaient
quand le Divin Rédempteur conversait avec les hommes"»
(29).
Le Père Francesco Berardinelli, dans un article publié
dans La Civiltà Cattolica en 1872, définit
les persécuteurs modernes du Vatican comme de "nouveaux
Juifs", "renégats et apostats (...) de la race
de ceux qui ont craché sur Jésus dans l'atrium de
Caïphe", "bande de chiens (...) de la race de ces
bêtes véreuses du Golghota" (30). La Civiltà
Cattolica, qui exprimait la pensée de la Secrétairerie
d'Etat du Saint-Siège, identifiait, à partir de
1870, Révolution, Maçonnerie et Judaïsme, et
voyait dans le Judaïsme talmudique le berceau de la Maçonnerie
et des sectes qui avaient porté la Révolution en
Europe. En résumé la société moderne
est, pour La Civiltà Cattolica et pour le Saint-Siège
une "société judaïsée", et
Judaïsme est synonyme de Révolution et de Maçonnerie,
il en est même la cause.
La conjuration antichrétienne
L'approfondissement des concepts de conspiration,
conjuration, complot ou machination fut décisif pour faire
faire le pas au Magistère ecclésiastique et aux
polémistes contre-révolutionnaires; ils purent ainsi
affirmer que l'auteur principal de l'assaut infernal contre la
Papauté et la Chrétienté était le
Judaïsme, qui se servait des différentes sectes, divisées
quant aux "obédiences", mais unies quant à
la fin: la destruction de l'Eglise et de la Société
chrétienne (31).
Pie IX lui-même, déjà immédiatement
après 1848 avait lancé l'idée d'une grande
conjuration (32). Toutefois "un fil conducteur unit les premières
élaborations de la fin du XVIIIème siècle
aux théories et aux constructions d'un siècle après.
Mais les protagonistes et les artisans en varient. Ce n'est qu'au
cours de la seconde moitié du siècle que les Juifs
y jouèrent un rôle toujours plus important jusqu'à
en devenir les auteurs" (33). Le P. Oreglia (34) dans La
Civiltà Cattolica exprima avec une grande lucidité
ce concept: la Maçonnerie est une fondation relativement
moderne, mais "ce complexe de doctrines sataniquement et
savamment antichrétiennes [...] qui, depuis les premiers
gnostiques et manichéens aux modernes maçons et
libéraux, de secte en secte, fut transmis par la Cabale
et la tradition, est très ancien et contemporain de la
fondation même de l'Eglise" (35).
Les points de départ théologiques sont évidents:
l'opposition constante entre Dieu et Satan correspond, au temps
historique, à une opposition tout aussi irréductible
entre Eglise et Synagogue, entre Cité de Dieu et Cité
de Satan. Ceci a toujours été l'enseignement des
Pères de l'Eglise. Cependant à partir de la brèche
de Porta Pia, les blocs sont clairement distincts. Toutes les
sectes, différentes quant aux membres et aux rituels, fondées
par des personnes différentes en des temps et des lieux
divers, ont un unique et même but: la haine de Jésus-Christ
et de son Eglise. C'est pourquoi elles "doivent avoir toujours
reçu l'inspiration d'une même secte pérenne,
cohabitant avec l'Eglise et naturellement son ennemie" (36).
Or, pour obtenir cette fin, conclut le P. Oreglia, le diable tout
seul aurait pu suffire; cependant il a voulu se servir de ses
suppôts principaux et préférés, ceux
qui ont crucifié Jésus: "Si le diable..., en
plus de sa maligne volonté et puissance... s'était
encore trouvé avoir en main dès les origines de
l'Eglise une société et même un peuple, une
race et une nation de gens prête naturellement et disposée
à en suivre les criminels desseins antichrétiens:
si ce peuple, cette race et cette nation s'était aussi
trouvée être la plus intelligente, la plus industrieuse
et la plus obstinée, ce qu'est la nation juive, comme en
tout le reste ainsi spécialement dans la haine du Christ
et des Chrétiens: et ce parce que par le Christ réprouvée
et évincée jusqu'aux derniers temps, quand elle
se convertira à Lui... Si, disons-nous, le diable, depuis
les débuts de l'Eglise jusqu'à nous, avait trouvé
prête à ses ordres et services une race aussi apte
et aussi disposée naturellement à combattre toujours
et partout sa guerre antichrétienne, pourquoi n'aurait-il
pas dû la choisir comme étant sa propre université
perpétuelle et partout diffusée destinée
à conserver propager toujours et partout... tout le corps
des doctrines et des arts antichrétiens favorables au but
commun du diable et des Juifs?" (37). Ce jugement se fonde
sur la "théologie de l'histoire" propre à
l'Eglise romaine. Elle a enseigné depuis des siècles
que les Juifs sont les ennemis par excellence du Christianisme
comme de Jésus Lui-même.
A partir de 1870 l'Eglise précise que seul le Judaïsme
talmudique peut être le principal inspirateur et le metteur
en scène occulte de la conjuration antichrétienne
qui a explosé avec la plus grande virulence précisément
à Rome siège du Vicaire du Christ. L'expérience
vécue par Pie IX a représenté la preuve par
neuf de cette théorie. L'Eglise invitait donc ses fidèles
à une légitime (et modérée) défense.
Antisémitisme et antijudaïsme
Un des plus grands spécialistes
de la polémique antijudéo-maçonnique et anti-moderniste
fut Mgr Henri Delassus. Né le 12 avril 1836 à Estaires
en France, ordonné prêtre à Cambrai en 1862,
en 1875 il devient directeur de l'hebdomadaire La semaine religieuse
de Cambrai.
S'appuyant sur une doctrine théologique sûre et une
documentation abondante, très souvent de première
main, doté d'une exceptionnelle clairvoyance (il fut l'un
des rares antimaçons à ne pas tomber dans le piège
taxilien), disciple du cardinal Pie et de Dom Guéranger,
des représentants de la pensée ultramontaine la
plus pure, formés à l'école de Louis Veuillot,
membre du "Sodalitium Pianum", il attaque la
Révolution française, en se fondant sur les idées
de Maistre à propos des principes de 1789. Mais il les
intègre avec une sûre doctrine thomiste qui faisait
défaut au Savoyard et les expurge de certaines idées
ésotériques (l'unité transcendante de la
Tradition primordiale) qui ont accompagné de Maistre jusqu'à
la fin; il attaque aussi la "démocratie chrétienne"
et l'Américanisme. Ses ouvrages principaux sur le problème
judéo-maçonnique, qui représentent une véritable
Somme de la pensée contre-révolutionnaire
sont: La conjuration antichrétienne. Le temple maçonnique
voulant s'élever sur les ruines de l'Eglise catholique
en 3 volumes (1910), et Le problème de l'heure présente:
Antagonisme de deux civilisations en 2 volumes (1904).
Mgr Delassus fut créé prélat domestique de
Sa Sainteté par St Pie X en 1904 et protonotaire apostolique
en 1911. Il mourut à Saméon le 6 octobre 1921.
Il a écrit: "Le Calvaire a séparé en
deux la race juive: d'une part, les disciples qui ont appelé
à eux et se sont incorporé tous les chrétiens;
de l'autre, les bourreaux, sur la tête desquels, selon leur
voeu, est retombé le sang du Juste, les vouant à
une malédiction qui durera autant que leur rébellion"
(38). Pour Mgr Delassus l'Antijudaïsme coïncide avec
le Catholicisme dans le sens que les catholiques doivent combattre
le Judaïsme, comme ils combattent la Maçonnerie, le
Socialisme et l'Anarchie, pour défendre la société
civile et l'Eglise.
Sa position est très différente de celle de l'Antisémitisme
biologique ou racial, surtout en ce qui concerne deux éléments
fondamentaux: "La pleine sauvegarde du Judaïsme antique,
duquel naquirent Jésus, Marie, les Apôtres, les fidèles
des premières communautés chrétiennes, et
la reconnaissance qui reste toujours ouverte au Juif pour se racheter,
et qui doit rester telle, la voie de la conversion au Christianisme.
La considération de "race maudite"... est une
condition historique, historiquement datée et historiquement
surmontable n'est pas le produit de la nature qui emprisonne irrémédiablement
dans une condition sans issue" (39).
Le P. Oreglia aussi, dès 1880, avait exprimé la
même théorie (ou mieux la théorie du Saint-Siège
et de la Secrétairerie d'Etat, diffusée au moyen
de La Civiltà Cattolica et reprise, petit à
petit, par les grands penseurs contre-révolutionnaires,
parmi lesquels Delassus) précisément sur les pages
de La Civiltà Cattolica en écrivant: "Les
catholiques ne demandent pas l'expulsion des Juifs, mais demandent
seulement que l'on en restreigne l'action dans la mesure où
elle nuit au bien public. Ils veulent conserver le caractère
chrétien de l'Etat, de la législation, de l'enseignement
et des principes sociaux. Ils veulent l'extirpation des principes
judaïques,... rendus dominant par le régime libéral,
mais non l'expulsion d'un peuple qui, en fin de compte, est du
sang d'Abraham, et au sein duquel naquit le Sauveur. Avec une
organisation chrétienne de l'Etat, les Juifs n'inspirent
aucune crainte" (40). Le P. Oreglia était très
critique sur les agitations antisémites qui avaient éclaté
en Allemagne à cette période, elles étaient
étrangères à l'esprit catholique, elles étaient
en effet d'inspiration protestante. Mais comme cette agitation
ne venait pas d'un "pur esprit de justice - poursuit le Père
jésuite - de religion et de défense sociale bien
entendue, mais principalement de la passion de l'envie et de la
vengeance", elle sera stérile: nihil violentum
durat! Le critère sur lequel le P. Oreglia se fonde,
pour juger de la bonté ou non d'un mouvement, est s'il
s'inspire du Magistère de l'Eglise romaine ou non. C'est
pourquoi l'unique vraie réaction au Judaïsme talmudique
est celle guidée par le Magistère de Pierre, et
il est évident que les catholiques qui s'engagent dans
le domaine social et politique devront être en première
ligne dans la lutte contre la Judéo-maçonnerie,
sous les directives du Saint-Siège. En effet avec les préjugés
libéraux, de "saine" autonomie par rapport à
l'enseignement pontifical, on ne peut gagner la lutte contre le
Judaïsme. Selon le P. Oreglia le chemin à prendre
est le chemin opposé: "Le Judaïsme se vainc d'une
seule manière, c'est-à-dire en vainquant le Libéralisme...
Libéralisme et Judaïsme sont... deux choses tout à
fait identiques et en parfaite harmonie... Les libéraux
sont impuissants à freiner l'invasion juive parce que ce
sont eux-mêmes, bien que n'ayant pas de sang sémite
dans les veines, qui se sont faits juifs avec les fausses doctrines
et les oeuvres mauvaises. Ils ont répudié les grandes
idées de la charité, du sacrifice et de l'honneur
qui constituent la splendide et glorieuse couronne du Chrétien,
et ensuite se plaignent parce qu'ils sont tombés dans l'esclavage
juif. C'est en vain et injustement qu'ils se plaignent; c'est
la peine de leur péché. Qu'ils redeviennent de vrais
Chrétiens et la servitude juive cessera" (41).
De l'Antijudaïsme à l'Antimodernisme
A la fin du XIXème siècle,
surtout avec les pontificats de Pie IX et de Léon XIII,
l'Eglise romaine avait davantage saisi la cause de la Révolution
qui menaçait depuis l'Humanisme, de manière publique
et institutionnelle (même si au cours du Moyen- Age n'avaient
pas manqué les mouvements hérétiques ou gibelins
mais qui n'avaient pas atteint la portée ou la dimension
publique et officielle du retour au "Judéo-paganisme"
propre à l'époque humaniste), la Chrétienté
et l'Eglise elle-même: le véritable ennemi et la
source de toute révolution et de tout désordre était
le Judaïsme talmudique. Pour le Saint-Siège l'Antijudaïsme
représentait aussi la contre-attaque, ainsi que le remède
et l'antidote pour redonner force de pénétration
dans la société civile à la Royauté
sociale de Jésus-Christ, expulsé de l'Etat laïcisé
et sécularisé.
A partir des premières années du XXème siècle,
avec le Pontificat de St Pie X, il y eut un certain changement
dans l'étude de la question, dû à la survenance
d'un phénomène très dangereux, le Modernisme,
condamné par l'encyclique Pascendi du Pape Sarto,
mouvement qui voulait détruire l'Eglise de l'intérieur;
elle dut réunir ses propres forces et raffermir ses rangs
pour démasquer les infiltrations ennemies jusqu'à
son coeur, grâce à la convergence de tous les catholiques
sous la suprême conduite du Pape et du Magistère
authentique de l'Eglise.
La Civiltà Cattolica, qui de 1880 à 1903
avait étudié constamment et sans interruption pendant
vingt-trois ans le péril juif, ne traitera plus avec la
même attention ledit problème, pour diriger ses efforts
vers la lutte contre le Modernisme, sans aucun changement d'opinion
sur les dangers judéomaçonniques. Certainement si
l'on avait cherché derrière les coulisses on aurait
découvert que les promoteurs de l'hérésie
moderniste étaient les mêmes. Mgr Delassus dans L'Américanisme
et la conjuration antichrétienne (1899) avait démontré
comment cette forme de modernisme dans le domaine ascétique
(qui fut condamné par Léon XIII dans Testem benevolentiæ),
avait à ses origines L'Alliance Israélite Universelle!
Mais il fallait ne pas disperser les efforts sans "perdre"
de temps, remonter aux causes et essayer de débusquer immédiatement
les modernistes, qui s'étaient infiltrés dans les
centres vitaux de l'Eglise, pour les écraser au plus vite,
avec des mesures pratiques et disciplinaires: c'est ce que fit
admirablement St Pie X, même s'il ne réussit pas
à achever l'oeuvre entreprise du fait de sa mort prématurée.
"Cette relative diminution de la polémique
antijuive du côté catholique n'en représenta
pas cependant l'abandon; encore moins sa critique
et son refus. La pensée intégriste, à Rome
comme ailleurs, continua à théoriser le rôle
néfaste des Juifs dans l'ensemble de la société
chrétienne. Et on sait de quel crédit elle jouissait
à Rome durant le pontificat de Pie X" (42).
En 1913 le procès Beylis, qui eut lieu à Kiev pour
un cas d'homicide rituel "reproposa dans la presse catholique,
dans toute leur amplitude, les habituelles accusations contre
le judaïsme talmudique" (43). Outre La Civiltà
Cattolica se distinguèrent dans cette bataille Mgr
Umberto Benigni (dans sa Storia sociale della Chiesa et
dans plusieurs articles écrits dans la revue florentine
Fede e Ragione de l'abbé Giulio De Toth) et Mgr
Ernest Jouin (dans la RISS) considérés comme
les "représentants de l'intégrisme catholique"
(44).
Solution pratique du problème juif
La solution du problème juif consistait, pour La Civiltà Cattolica, à abattre l'état libéral qui avait accordé l'égalité des droits civils aux Juifs et donc dans la ségrégation charitable des Juifs, mis ainsi à l'abri des réactions populaires et violentes des antisémites et mis en même temps en condition de ne pas nuire à la société chrétienne. Les articles sur le problème juif commencés par le P. Oreglia (1870-1880) étaient de caractère spéculatif, montraient aux Chrétiens la philosophie, les principes du Judaïsme, ceux du P. Mario Barbera sont l'application pratique des articles d'Oreglia, c'est-à-dire qu'ils étudiaient à fond comment pouvoir résoudre la question juive au moyen de la ségrégation charitable.
Peuple ou race juive?
La terminologie de La Civiltà
Cattolica se précisa peu à peu, au début
on parlait de Race juive, puis d'origine donc de Nation ou Peuple
juif. Selon le P. Ballerini le peuple juif est constitué
d'un "mélange de Bible, de Talmud et de Cabale",
c'est-à-dire ce qui permet de discerner la nature d'un
peuple c'est une culture (pas nécessairement et uniquement
religieuse) commune qui unissait un groupe de familles. Le Judaïsme
est donc, pour La Civiltà Cattolica, une nation
non au sens territorial mais culturel et par conséquent
est un peuple. Ce concept de nation culturelle ou peuple supplanta
les termes de race et d'origine. Or la culture juive est la culture
talmudique selon laquelle les Juifs sont la race supérieure
qui doit devenir maîtresse du monde entier.
«L'appartenance d'un individu à la "nation juive"
ne dépend pas de facteurs raciaux... ni... religieux: elle
naît, au contraire, de sa provenance d'une famille juive,
et pour avoir absorbé par son intermédiaire les
éléments essentiels de la culture juive et avec
elle la solidarité par rapport à sa propre "nation"»
(R. TARADEL - B. RAGGI, op. cit., p. 102).
Avec la victoire du National-socialisme en Allemagne en 1933,
La Civiltà Cattolica s'éloigna encore plus
du concept de race juive pour élaborer le concept de nation
et peuple juif. Le P. Antonio Messineo en 1938 écrivit
plusieurs articles sur le concept de nation et de race, d'après
lui la nation est un ensemble social naturel qui a comme but celui
de développer les fondements ethniques et culturels sur
lesquels il se fonde et de promouvoir le bien-être commun
temporel (subordonné au surnaturel) de ses sujets. Elle
doit donc se défendre de ceux (les Juifs) qui la corrompraient,
car ils ne se laissent pas assimiler et au contraire tendent à
hégémoniser.
Il faut donc recourir à la ségrégation
charitable (tel le lépreux placé dans une léproserie,
pour sa santé et pour celle des autres). Pie XI condamna
le racisme exagéré et biologique mais déclara:
"Voilà ce qu'est pour l'Eglise le vrai racisme...
le racisme sain... Tous de même, tous faisant l'objet
de la même affection maternelle, appelés à
être tous dans leur propre pays, dans les nationalités
particulières... dans la race particulière, les
propagateurs de cette idée si grande et... humaine, avant
même d'être chrétienne" (28 juillet 1938,
Discours aux Elèves du Collège de la Propagande,
in Actes de S.S. Pie XI, tome XVIII, Bayard, Paris 1939). Le P.
Messineo s'employa ensuite à ce que le terme "Race"
fût remplacé par celui de Peuple ou Nation.
La lutte contre les totalitarismes césaristes
Pie XI condamna les différents
totalitarismes, soit d'origine marxiste (le Communisme), soit
d'origine néopaïenne ou mazzinienne (le National-socialisme
et, sous certains aspects, le Fascisme).
Le racisme biologique préoccupait toujours plus le Pontife,
qui chargea un jésuite de rédiger, avec deux autres
prêtres, l'épreuve d'une future Encyclique qui condamnerait
le racisme biologique; mais Pie XI mourut peu de temps avant de
pouvoir promulguer cette Encyclique, dans laquelle cependant,
concernant le problème juif, on réaffirmait la thèse
traditionnelle.
Voici une partie du texte: "La prétendue question
juive, dans son essence, n'est une question ni de race, ni de
nation, ni de nationalité territoriale, ni de droit de
cité dans l'Etat. C'est une question de religion et, depuis
le venue du Christ, une question de christianisme. (...) Le Sauveur,
que Dieu, ...envoya à son peuple choisi, fut rejeté
par ce peuple, répudié violemment et condamné
comme un criminel par les plus hauts tribunaux de la nation en
collusion avec l'autorité païenne... Enfin, il fut
mis à mort. (...) Le geste même par lequel le
peuple juif a mis à mort son Sauveur... fut... le salut
du monde.
De plus, ce peuple infortuné, qui s'est jeté lui-même
dans le malheur, dont les chefs aveuglés ont appelé
sur leurs propres têtes les malédictions divines,
condamné, semble-t-il, à errer éternellement
sur la face de la terre, a cependant été préservé
de la ruine totale. (...)
Saint Paul maintient la possibilité du salut pour les Juifs,
pourvu qu'ils se détournent de leur péché
(...). Israël demeure le peuple jadis choisi ().
Nous constatons chez le peuple juif une inimitié constante
vis-à-vis du christianisme. Il en résulte une tension
perpétuelle entre Juif et Chrétien, qui ne s'est
à proprement parler jamais relâchée (...).
La haute dignité que l'Eglise a toujours reconnue à
la mission historique du peuple juif, ne l'aveugle pas cependant
sur les dangers spirituels auxquels le contact avec les Juifs
peut exposer les âmes Tant que persiste l'incrédulité
du peuple juif l'Eglise doit, par tous ses efforts, prévenir
les périls que cette incrédulité et cette
hostilité pourraient créer pour la foi et les moeurs
de ses fidèles (...). L'Eglise n'a jamais failli à
ce devoir de prémunir les fidèles contre les enseignements
juifs, quand les doctrines comportées menacent la foi.
(...) Elle a pareillement mis en garde contre des relations trop
faciles avec la communauté juive..." (45).
Conclusion
Les véritables penseurs, intégralement
contre-révolutionnaires, qui ont écrit sur la Révolution
après 1870, se réfèrent justement aux directives
du Saint-Siège. Ils voient dans le Judaïsme la cause
(d'ordre naturel) principale de tout désordre; elle se
sert dans ce but des différentes sectes et surtout de la
Maçonnerie qui est sa créature.
Naturellement il existe aussi une cause concomitante (d'ordre
préternaturel): le diable, qui tente l'homme, en déchaînant
les passions déréglées qui logent dans le
coeur de tout fils d'Adam. Le problème consiste aussi à
analyser la nature de la Révolution et des mécanismes
grâce auxquels elle avance; mais il serait erroné
de minimiser le devoir qui nous revient, celui de dévoiler
l'identité des conspirateurs, puisque sans conspirateurs
il n'y aurait pas de Révolution.
Actiones sunt suppositorum, enseigne la bonne philosophie.
En outre il n'est pas vrai - selon le Magistère ecclésiastique
- que les agents de la révolution changent. Non, après
le déicide l'agent naturel et principal, le suppôt
privilégié de Satan est le Judaïsme, qui continuera
à vouloir détruire l'Eglise et la Chrétienté,
comme il a tué Jésus-Christ, tant qu'il ne se convertira
pas au Christianisme. Parler seulement en passant de sectes secrètes
ou même de Maçonnerie qui sont les principaux agents
de la Révolution, sans dire quelle est l'origine et le
berceau de la Maçonnerie (c'est-à-dire le Judaïsme
postbiblique) est pour le moins réductif! (46). En résumé,
pour être contre-révolutionnaires intégraux
il faut combattre publiquement la Judéo-maçonnerie.
Notes
1) G. Miccoli, Santa Sede,
questione ebraica e antisemitismo, in Storia d'Italia,
Annali vol. 11 bis, Gli ebrei in Italia, Einaudi, Torino
1997. Il s'agit d'une étude très sérieuse,
sur laquelle je m'appuie substantiellement, mais dont je ne partage
pas les jugements et les conclusions.
2) G. Miccoli, op. cit., p. 1388. Il faut préciser
qu'avant de Maistre un jésuite, le Père Pierre de
Cloriviere avait eu l'intuition du caractère mauvais et
diabolique de la Révolution française, dans son
livre Etudes sur la Révolution, Paris 1793.
3) J.-J. Gaume, La Révolution. Recherches historiques
sur l'origine et la propagation du mal en Europe depuis la Renaissance
jusqu'à nos jours, Paris 1856-1858.
4) E. Innocenti, La gnosi spuria, 1er vol. Roma 1993. 2e
vol. Roma 1999. F. Yates, Giordano Bruno e la tradizione ermetica,
Laterza, Bari 1989 et Cabbala e occultismo nel età elisabettiana,
Einaudi, Torino 1979. E. Garin, Lo zodiaco della vita,
Laterza, Bari 1976.
5) Rome 1809, pp. 147 ss.
6) Sur Joseph de Maistre, cf. l'article "Joseph de Maistre
ésotérique?" in Sodalitium n°
49, pp. 11-31.
7) G. Miccoli, op. cit., p. 1411.
8) Luigi Chiarini: "(1789-1832), prêtre italien, orientaliste
et écrivain antisémite. Invité à venir
de Toscane en Pologne, Chiarini obtint la chaire de Langues Orientales
à l'Université de Varsovie grâce à
la protection de Potocki, ministre de l'éducation. En 1826,
il devient membre du Jewish Commitee dont les membres sont
nommés par le gouvernement. Dans sa Théorie du
Judaïsme (1830), Chiarini calomnia le Talmud et le rabbinat...
et tenta de raviver la diffamation du sang [meurtre rituel]. Il
considérait que l'Etat devait aider les Juifs à
se libérer eux-mêmes de l'influence du Talmud. Il
commença une traduction française du Talmud de Babylone,
avec l'appui du Tsar Nicolas Ier, dont deux volumes ont été
publiés (1831)... Chiarini fut contraint d'abandonner son
projet à cause de l'insurrection polonaise. Ses autres
travaux sont une grammaire d'Hébreu en Latin; un dictionnaire
Hébreu-Latin, et un article: Dei funerarii degli ebrei
polacchi (Bologne 1826)". (Voir Encyclopedia Judaica,
Gerusalemme s. d., vol 5, pp. 409-410). The Jewish Encyclopedia,
New York - London 1905-1912, IV vol., pp. 21-22. "Chiarini
né a Montepulciano le 26 avril 1789, mort à Varsovie
le 28 février 1832... Il publia Théorie du Judaïsme
(1830)... ce livre est divisé en trois parties: dans
la 1ère, il établit les difficultés pour
connaître le vrai visage du Judaïsme, dans la 2ème,
il explique la théorie du Judaïsme, dans la 3ème,
il traite de la réforme du Judaïsme et examine en
détail les moyens de supprimer ses éléments
"pernicieux". En résumé, Chiarini s'efforce
de prouver que les prétendus maux du Judaïsme trouvent
leur origine principalement dans les enseignements soi-disant
antisociaux et nuisibles du Talmud. Il soutient que l'Etat devrait
aider les Juifs à se libérer eux-mêmes de
l'influence du Talmud, et qu'ils devraient retourner à
la simple foi mosaïque. Ce but peut être atteint de
deux manières: d'abord par la fondation d'écoles
où l'on donne l'enseignement de la Bible et où l'on
étudie la grammaire hébraïque; ensuite par
une traduction française du Talmud de Babylone avec des
notes d'explication et des réfutations".
9) G. Miccoli, op. cit., pp. 1412-1413.
10) G. Miccoli, op. cit., p. 1414, note 106. Cf. R. Taradel
- B. Raggi, La segregazione amichevole. "La Civiltà
Cattolica" e la questione ebraica 1850-1945, Editori
Riuniti, Roma 2000.
11) G. Miccoli, op. cit., p. 1394.
12) Ibid., p. 1398.
13) Ibid., p. 1399.
14) Ibid., p. 1400.
15) A. et J. Lémann, Lettre aux Israélites dispersés,
sur la conduite de leurs coreligionnaires de Rome durant la captivité
de Pie IX au Vatican, Roma 1873, Libreria e Cartoleria romana,
pp. 5-14.
16) Ibid., pp. 19-21. A propos des frères Lémann,
voir: P. Theotime de Saint-Just OMC: Les frères Lémann
juifs convertis. Leur vie - leur uvre. Lib. S. François,
Paris 1937.
17) G. Miccoli, op. cit., p. 1400.
18) Ibidem.
19) J. de Maistre, Considérations sur la France,
Lyon 1884, p. 67.
20) Idem, Du Pape, Genève 1966, p. 23. Il
s'agit du texte critique avec introduction de J. Lovie et J. Chetail.
21) Raffaele Ballerini S.J. (1830-1907), entré comme novice
au Collège Romain en 1847, a été ordonné
prêtre à Lyon en 1858. Ballerini fut engagé
dans le collège des écrivains de La Civiltà
Cattolica en 1868 et il y resta jusqu'à sa mort. Parmi
ses ouvrages, il faut signaler Della questione giudica in Europa,
Prato, 1891, et Della Massoneria, quel che è, quel che
fa, quel che vuole, Prato 1900.
22) R. Ballerini, I peccati d'Europa, in "CC",
27 (1876), III, pp. 388 ss.
23) Discorsi del Sommo Pontefice Pio IX pronunziati in Vaticano
ai fedeli di Roma e dell'orbe dal principio della sua prigionia
fino al presente, Roma 1874-1878, cit. in G. Miccoli, pp.
1404-1405.
24) Discorsi cit. in G. Miccoli, p. 1405.
25) Ibidem.
26) Discorsi di Pio IX, vol. II, p. 294. On remarque comment
le Magistère authentique du Pape Mastai est contredit par
ce qui est affirmé par le Concile Vatican II dans Nostra
Ætate 4h: "Les Juifs ne doivent pas, pour autant,
être présentés comme réprouvés
par Dieu ni maudits, comme si cela découlait de
la Sainte Ecriture".
27) Discorsi, vol. III, p. 149.
28) Etsi multa luctuosa, Encyclique du 21 nov. 1873. Cf.
aussi la Lettre de 1865, de Pie IX à Mgr Darboy, archevêque
de Paris, in La Documentation catholique, t. VI, juillet-décembre
1921, p. 139.
29) Discorsi, vol. IV, p. 115 et vol. III, p. 37.
30) F. Berardinelli, Il Golgota e il Vaticano, in "CC",
23 (1872), I, pp. 649-50, 654-55.
31) A. Preuss, Etude sur la Franc-Maçonnerie américaine
(1908), réédition Centro Librario Sodalitium,
Verrua Savoia (TO) 1998.
32) Cf. l'Encyclique Nostis et nobiscum, 8 décembre
1849. Et l'Allocution tenue au Consistoire secret du 25 septembre
1865: Inter multiplices machinationes.
33) G. Miccoli, op. cit., p. 1408.
34) Giuseppe Oreglia da Santo Stefano (1823-1895) était
une personnalité notable. Il entra très jeune au
Collège des Nobles aux Carmine de Turin dirigé par
les Jésuites. Le 10 août 1842 il était entré
au noviciat de Chieri et en février 1850 il avait assisté
à la première réunion de La Civiltà
Cattolica à laquelle ont participé les Pères
Carlo Curci, Matteo Liberatore, Luigi Taparelli d'Azeglio, Antonio
Bresciani et Francesco Pellico. Il s'adonna à la polémique
antilibérale maçonnique. Durant cette période
il fut pendant quelques années directeur de La Civiltà
Cattolica. Parmi les oeuvres du P. Oreglia, il faut signaler
"Giovanni Pico della Mirandola e la Càbala",
Cagarelli 1894. Parmi les autres jésuites qui se sont distingués
dans l'étude de la question juive, il faut se souvenir
des Pères: Mario Barbera (1877-1947), entré au noviciat
de la Compagnie de Jésus à Malte, ordonné
prêtre en 1905, il entra au collège des écrivains
de La Civiltà Cattolica en 1910. Parmi ses uvres,
il convient de signaler Ortogenesi e Biotipologia, Roma
1943. Antonio Messineo (1897-1978), entré très jeune
dans la Compagnie de Jésus, il fut appelé à
faire partie du collège des écrivains de La Civiltà
Cattolica en 1931; il fut un des plus grands experts de Droit
international et collabora pendant les années 50 à
l'Enciclopedia Cattolica. Parmi ses oeuvres, signalons
La Nazione, Roma 1944 et Il problema delle minoranze
nationali, Roma 1945. Francesco Saverio Rondina (1827-1897),
entré en 1842 au noviciat de la Compagnie de Jésus
de St André au Vinimal de Rome. Il était intimement
lié à Léon XIII et il fut appelé à
faire partie du collège des écrivains de La Civiltà
Cattolica. 16
35) G. Oreglia da Santo Stefano, Di un recente libro "Pro
Judæis", in "CC", 36 (1885), I, p. 35.
36) Ibid., pp. 35 ss.
37) G. Oreglia, op. cit., pp. 37 ss.
38) H. Delassus, La conjuration antichrétienne. Le temple
maçonnique voulant s'élever sur les ruines de l'Eglise
Catholique, t. III, Lille 1910, p. 1117. A propos de Mgr Delassus,
voir: Louis Medler: Mgr Henri Delassus (1836-1921) in Le
Sel de la Terre: n° 24 printemps 1998. I "Le légataire
universel". n° 28 printemps 1999. II "Le spécialiste
de l'ennemi". n° 29 été 1999. III "Le
combattant". n° 30 automne 1999. IV "Coups donnés
et coups reçus".
39) G. Miccoli, op. cit., p. 1377.
40) "CC", 31 (1880), IV, pp. 756 ss.
41) "CC", 35 (1884), III, pp. 101 ss.
42) G. Miccoli, op. cit., p. 1549. Je renvoie le lecteur
aux ouvrages fondamentaux d'Emile Poulat, Intégrisme
et catholicisme intégral. Un réseau secret international
antimoderniste La Sapinière (1909-1912), Tournai 1969.
Et Catholicisme, démocratie et socialisme. Le mouvement
catholique et Mgr Benigni de la naissance du socialisme à
la victoire du fascisme, Tournai 1977.
43) G. Miccoli, op. cit., p. 1549. Cf. P. Silva, Raggiri
ebraici e documenti papali. A proposito di un recente processo.
In "CC", 65 (1914), II, pp. 196-215 et 330-344.
44) G. Miccoli, op. cit., p. 1550. A propos de Mgr Jouin,
voir: Chanoine Sauvetre: Vie de Mgr Jouin, éd. saint-Rémi;
Ets Brepols S.A. Belgique 1935.
45) G. Passelecq - B. Suchecky, L'Encyclique cachée
de Pie XI, éd. La Découverte, Paris 1995, pp.
285-289. 46) Je me réfère à Plinio Correa
de Oliveira, Revoluçao e Contra-revoluçao, Campos
1959. Là l'auteur, parlant des "agents de la Révolution"
consacre seulement une demi-page à la Maçonnerie
"maîtresse de toutes les sectes", sans rien dire
du Judaïsme talmudique. Parmi les très nombreux articles
que le professeur brésilien a écrit au cours de
sa longue vie, un seul (d'à peine neuf pages) concerne
le Judaïsme (si l'on s'en tient à ce qu'écrit
son biographe Roberto De Mattei): A Igreja e o Judaismo, in
"A Ordem", n° 11 (janvier 1931), pp. 44-52. C'est
pourquoi le titre que lui a conféré De Mattei de
"Docteur de la Contre-Révolution" (Cf. Il
crociato del secolo XX, Casale Monferrato 1996, p. 151) me
paraît quelque peu exagéré et ne correspondant
pas à la réalité. Le Pape Léon
XIII
Sodalitium, édition française, n° 50, juin-juillet 2000.
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Déclaration internationale des droits de l'homme,
adoptée par l'Assemblée générale de
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