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[Pour les tableaux, les formules
chimiques écrites sous forme canonique, les graphiques
et les illustrations, qui dépassent nos compétences
numérisatrices, les spécialistes voundront bien
se reporter à la version allemande, accessible surn www.org.(
Das Rudolf Gutachten)
ou disponibles sur papier (en allemand et en français)
à VHO, Posbus 60, B-2600 Berchem 2. NDLR]
3.4.2.4. Rapidité de la ventilation des "chambres
à gaz"
Une expérience par la pensée peut éclaircir
un problème mathématique assez compliqué.
Supposons que devant le sujet se trouve un récipient contenant
100 boules bleues. Le sujet répète l'opération
suivante: déposer une boule rouge dans le récipient,
mélanger brièvement le contenu de ce récipient,
retirer une boule au hasard. Combien de fois doit-il répéter
l'opération avant qu'il ne reste plus que 10 boules bleues
dans le récipient? Voici une petite indication: supposons
qu'il a déjà remplacé la moitié des
boules bleues par des rouges; quelle est la probabilité
pour qu'en tirant au hasard il prenne une boule rouge et non une
bleue, faisant ainsi un coup "pour rien"?
En mathématiques, l'équation correspondant à
ce problème est appelée une équation différentielle
linéaire homogène.
De façon générale, lors du remplacement d'un
gaz (i) par un autre (ne contenant pas i), la variation de la
concentration de i en fonction du temps est donnée (dans
le cas où le mélange se fait dans des conditions
idéales) par la formule suivante (où c i /t) désigne
la concentration de la substance i à l'instant t):
dci sur dt = -a*ci(t) (6)
c'est-à-dire que la dérivée de la concentration
de la substance i par rapport au temps est, à un instant
donné, proportionnelle à la concentration de i à
cet instant.
En transformant cette équation différentielle, on
obtient:
Intégrale de 1 sur ci(t) = dci intégrale de -a*dt(7)
puis, en intégrant à gauche par rapport à
dc et à droite par rapport à dt:
In(ci(t)) = a' - a*dt (8)
ou encore: ci(t) = a"*e-at (9)
Pour t = 0, nous avons e -at = 1, d'où:
a" = ci(t=0) = c o (10)
où c o désigne la concentration initiale (à
la mise en marche de la ventilation). Il en résulte:
ci (t) = c o*e-at (11)
L'équation (6) donne, pour la valeur initiale dc i (t =
0)/dt de la dérivée de la concentration par rapport
au temps:
dci (t=0) sur dt = -a*c o (12)
On obtient ainsi pour valeur de la constante a:
-a = dci (t=0) sur dt*c o (13)
Si le volume dv de gaz échangé par intervalle dt
de temps est assez petit, le rapport c o/dci peut être remplacé
par le rapport du volume total V au volume dv de gaz échangé
(c'est mathématiquement correct si dt tend vers zéro).
Par exemple, si le volume d'air échangé par unité
de temps est 1/1 000 du volume total, la diminution de concentration
par unité de temps est également 1/1 000 de la concentration.
Dès lors, (13) peut s'écrire:
-a = dv sur dt*V (14)
Après le temps t = V*dt/dv le volume complet est échangé
exactement une fois. Donc, a est l'inverse du temps nécessaire
pour changer une fois l'air:
a = 1/temps d'échange d'air.
Pour la concentration après un échange du volume
d'air, nous avons:
ci(t) = co*e-1 = co sur e = 0,37*co(15)
Le temps après lequel la valeur de la concentration est
descendue à 1/x est donné par:
t l/x = ln (1/x) sur -a (16)
Exemple: le temps nécessaire pour que la concentration
tombe à 1 % de la valeur de départ (2 g d'acide
cyanhydrique par m3, 0,17 % en vol. au départ, 20 mg par
m3, 0,0017 % en vol. à la fin) est donné par:
t 1/100 = ln (1/100) sur -a = 4,6 x temps d'échange d'air
(17)
Pour le temps après lequel la concentration est tombée
à la moitié de sa valeur, nous avons:
t1/12 = 0,693 sur a(18)
Ainsi, la concentration est tombée à la moitié
de sa valeur après environ les 2/3 du temps nécessaire
pour changer une seule fois le volume de l'air.
Autres scénarios possibles de ventilation:
1. Seul le gaz ancien est extrait (courant linéaire et
laminaire à travers toute la section transversale du local);
le temps d'échange de l'air est alors à peu près
égal au temps de ventilation. Techniquement impossible
dans les installations qui nous intéressent.
2. Extraction importante d'air frais (sortie et arrivée
d'air trop proches), une partie du gaz à évacuer
n'est pas extraite au cours du cycle: le temps de ventilation
est plusieurs fois plus long que dans le scénario détaillé
plus haut. Dans le cas qui nous intéresse, ces conditions
auraient certainement été remplies pour l'espace
entre les corps entassés, car l'air à évacuer
et l'air frais s'y seraient mélangés difficilement.
De plus, la trop grande proximité de l'entrée et
de la sortie d'air provoque une extraction partielle d'air frais
(court-circuit d'air). Cela multiplie le temps de ventilation
par un facteur de 2 à 4 ou même plus.
A cela s'ajouterait l'inconvénient que l'acide cyanhydrique
continuerait encore pendant quelques heures à se dégager
de son support, de sorte qu'une ventilation ne pourrait être
efficace que deux heures après l'introduction du Zyklon
B. Mais, même alors, de l'acide cyanhydrique absorbé
par les murs et par les corps continuerait à s'évaporer.
La ventilation aurait donc dû continuer à fonctionner
à plein rendement même pendant l'évacuation
des cadavres. Comme on ne dispose pas de données techniques
sur le système de ventilation de la "chambre à
gaz" (morgue) du crématoire I, il est impossible de
rien affirmer à ce propos. Comme on l'a montré à
la section 1.2, cette morgue n'avait pas de système de
ventilation par le toit. Elle ne pouvait donc pas avoir la fonction
qu'on lui attribue.
D'après les données qu'on a sur les sytèmes
de ventilation des morgues I ("chambres à gaz")
des crématoires II et III (ces systèmes ont été
décrits sous 1.3.1), le temps nécessaire à
l'échange d'un volume d'air égal à celui
de la pièce aurait été d'environ 15 minutes
(voir aussi 3.4.2 et [39, 209]). D'après les témoignages,
on peut supposer une concentration de 2 g d'acide cyanhydrique
par m3 (0,17 % en vol., concentration finale théorique
10 g d'acide cyanhydrique par m3, 0,83 % en vol. le reste absorbé).
Dans le cas idéal (où il ne reste pas de granulés
continuant à dégager de l'acide cyanhydrique), le
temps de ventilation doit donc être estimé au moins
à une heure (formule 17) et, si on considère que
l'échange d'air ne se faisait pas de façon idéale
entre les corps, au moins à deux heures. Le tableau 9 donne
des exemples numériques. On voit qu'on ne pouvait entrer
dans les locaux en toute sécurité qu'après
4 à 5 heures. Ceci à condition qu'on pût extraire
l'excédent de Zyklon B, ce qui n'était pas le cas.
Sans dispositif permettant cette extraction, il fallait que l'acide
cyanhydrique fût presque entièrement évaporé
avant qu'une ventilation pût être efficace et qu'on
pût entrer dans la pièce. Vu les grandes quantités
de Zyklon B qui, d'après les témoignages, auraient
été utilisées, ceci aurait encore prolongé
la ventilation de quelques heures.
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Les locaux dits "chambres à gaz" des crématoires
IV et V, comme les fermettes I et II, n'avaient pas de système
de ventilation; leurs portes, peu nombreuses, ne pouvaient leur
procurer qu'une médiocre aération. Comme il n'était
pas possible d'enlever les granulés de Zyklon B dispersés
entre les corps et que ces granulés auraient encore libéré
du gaz pendant des heures, il faut compter avec des durées
de ventilation allant jusqu'à un jour et, par temps froid
et sans vent, jusqu'à plusieurs jours, conformément
aux indications fournies par la littérature, par les directives
et les informations du fabricant concernant les gazages de locaux
[2, 140, 152, 153, 156, 158, 162, 164, 165, 173-176].
Pendant ce temps, les activités dans les autres pièces
du bâtiment (bureau du médecin, incinération)
n'auraient plus été possibles.
3.4.2.5. Capacité des filtres protecteurs
Les appareils à filtre contre les gaz et vapeurs mettant
en danger la santé ou la vie sont répartis (a) en
types selon la nature des gaz à filtrer et (b) en classes
selon la capacité d'absorption. Les filtres de la classe
3, qui ont une grande capacité d'absorption, sont placés
dans des récipients externes qui, la plupart du temps,
doivent être portés car ils sont trop lourds pour
être fixés directement sur le masque. Le filtre est
relié au masque par un tuyau souple. Les filtres de la
classe 2 (qui forment le type le plus souvent utilisé)
sont vissés aux masques. Les filtres de la classe 1 sont
souvent des filtres à insérer.
La durée des filtres à gaz dépend:
-- de la nature et de la concentration du gaz toxique;
-- des besoins en air du porteur, en fonction du travail fourni
et des dispositions personnelles;
-- du degré d'humidité et de la température
de l'air.
Le Deutsche Institut für Normung (institut allemand de normalisation)
a cependant déterminé pour les filtres des valeurs
minimales des durées d'efficacité dans des conditions
expérimentales standard. Ces conditions sont:
-- 20*C
-- 70 % d'humidité relative de l'air
-- débit d'air de 30 litres par minute.
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| Un doublement de ces valeurs est tolérable pour de brèves durées |
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10 |
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1 |
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10 |
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10 * |
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5 |
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25 |
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| * concerne HCN + (CN) 2 |
| Tableau 12: Critique des témoignages |
| Témoignage |
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| Mort de
toutes les victimes instantanément ou en moins de 15 minutes |
En cas d'usage de fortes concentrations d'acide cyanhydrique, comme dans les chambres à gaz d'exécution américaines, la mort survient dans un délai de 4 à 10 minutes. Les conditions sont telles que la victime est immédiatement exposée à la pleine concentration en acide cyanhydrique. Avec le Zyklon B, c'est techniquement impossible, car le support libère le gaz très lentement (50 % en 30 à 90 minutes, selon la température). Le petit nombre des sources de diffusion du gaz dans le local ainsi que son absorption par les murs humides et les victimes proches des sources ralentissent encore le processus. Même à l'aide de très grandes quantités de Zyklon B (beaucoup plus que 10 g par m3), il serait impossible de tuer toutes les victimes en quelques (<15) minutes. |
| Emploi de très grandes quantités de Zyklon B (beaucoup plus que 10 g par m3). | Cela ne correspond pas aux témoignages mais ne suffirait toujours pas à expliquer les temps d'exécution de quelques minutes mentionnés par les témoins. L'usage de ces grandes quantités aurait exigé qu'une partie importante du Zyklon B fourni au camp servît aux gazages d'êtres humains, ce qui, d'après le Tribunal militaire international, ne fut pas le cas. |
| Ouverture
des portes après l'opération. On commence aussitôt à évacuer les cadavres, sans masque à gaz ni vêtement protecteur. |
Si les concentrations de gaz toxique avaient été assez élevées pour tuer les victimes rapidement, les travailleurs du Sonderkommando auraient, eux aussi, été tués par le gaz. Qu'ils aient travaillé sans masque à gaz est tout à fait impossible; d'ailleurs, en cas de grande concentration du gaz toxique, même les masques à gaz manquent de sécurité. Des concentrations supé rieures à 0,5 en vol. imposent le port d'un lourd appareil, ce qui rend très difficile de traîner les cadavres. Comme le travail considéré ici provoque la transpiration et qu'il y avait une forte concentration d'acide cyanhydrique sur la peau des victimes, il faut compter avec une contamination par la peau, qui suffirait à réduire la capacité de travail du Sonderkommando (vertiges, nausées, etc.). Un vêtement de protection est donc indispensable. |
| Vapeur
bleue au-dessus des victimes. |
L'acide cyanhydrique est incolore à l'état liquide et invisible à l'état gazeux. Son nom allemand (Blausäure = acide bleu) tient à ce qu'en réagissant avec le fer il produit le pigment bleu de Prusse. Il ne peut pas avoir existé de "vapeur bleue". |
| Coloration
bleuâtre de la peau des victimes |
L'acide cyanhydrique empêche l'hémoglobine du sang d'apporter l'oxygène aux cellules. Cela provoque une sursaturation du sang en oxygène et les victimes, spécialement aux muqueuses et aux taches cadavériques, prennent une teinte rosée, et non bleue. Si, au contraire, les victimes étaient asphyxiées peu à peu, cela pourrait expliquer une coloration bleue. |
| Tentatives de se débarrasser des cadavres par explosion. | Méthode absolument inefficace. |
| Corps
brûlés dans les fours crématoires sans combustible. |
Témoignage complètement absurde. La graisse que contiennent les cadavres ne suffit jamais à les faire brûler. Un combustible d'appoint est toujours nécessaire. |
| L'évacuation des cadavres hors des chambres à gaz des crématoires II et III commence 20 minutes après le début de la ventilation, sans masques à gaz. | Les morgues I des crématoires II et III, non chauffées et remplies de cadavres, n'auraient pas pu être aérées suffisamment en 15 à 20 minutes à l'aide des systèmes de ventilation qui sont censés y avoir été installés. L'acide cyanhydrique qui aurait continué pendant des heures à se dégager du Zyklon B réparti entre les corps, le dégagement de l'acide cyanhydrique absorbé par la peau des victimes et par les murs, le manque de circulation d'air entre les cadavres, tout cela aurait demandé une ventilation de plusieurs heures avant qu'on pût entrer dans les locaux sans masque à gaz. |
| Les victimes
agonisantes se tordent de douleur sous l'effet des crampes, les corps gisent crispés et entrelacés. |
Le cyanure pris par voie orale (cyanure de potassium) est résorbé dans l'appareil digestif (estomac et intestins) et, si la dose est forte, commence par paralyser les muscles avoisinants, ce qui provoque des crampes qui font pousser des cris de douleur. En revanche, l'acide cyanhydrique inhalé à forte concentration fait perdre conscience à la victime avant que les fonctions musculaires ne soient troublées de façon notable et il n'y a pas d'agonie bruyante et spectaculaire, comme le prouvent des essais sur des animaux et l'expérience des chambres à gaz d'exécution américaines. |
| Combustion
des cadavres à l'aide de méthanol ou de résidus de pétrole. |
La combustion complète de cadavres exige une température élevée. Des combustibles liquides ne brûlent qu'à côté du corps ou sur lui, de sorte que la chaleur se perd en montant. De plus, si ces combustibles liquides sont utilisés à l'extérieur, ils se perdent en pénétrant dans le sol. Le méthanol s'évapore très facilement et a une température d'inflammation très basse. L'expérience qu'on a des combustions par pétrole en plein air montre qu'elles peuvent carboniser les corps en surface mais non les brûler com plètement. |
| Combustion des cadavres dans des fosses d'une profondeur allant jusqu'à plusieurs mètres. | Des combustions de cadavres en plein air ne peuvent avoir lieu que sur des bûchers, où l'apport d'oxygène par les côtés permet d'atteindre les températures nécessaires. En outre, des fosses profondes creusées à Birkenau auraient été pleines d'eau et auraient éteint tout feu. |
| On versait sur les corps la graisse qui en était sortie. | Cette affirmation est tout à fait absurde. La graisse brûle plus facilement que la chair. Comme les corps se seraient trouvés dans le feu, il aurait été impossible de recueillir la graisse hors du feu dans quelque rigole que ce soit. |
| Cheminées de crématoires crachant des flammes. | Les feux de coke ont des flammes courtes. Brûlés à l'aide de coke, même des cadavres produisent très peu de flammes. Que ces flammes arrivent au bout d'un carneau long de 10 mètres et d'une cheminée de 15, c'est techniquement impossible. Le feu disparaît déjà dans le carneau. |
-- pour 1: Pr. J. Roth,
Alpha Analytic Laboratories, Ashland, Massachusetts;
-- pour 2: Institut Jan Sehn d'expertises judiciaires, Section
de toxicologie judiciaire, Cracovie, Pologne;
-- pour 3: Institut Fresenius, Taunusstein, Hesse, sans connaissance
de l'origine des échantillons. Fac-similé des résultats
après la section 5. (On a supprimé l'adresse du
destinataire.)
Analyse 1: Les Américains ont analysé la
teneur en fer de 3 échantillons à l'aide d'un spectromètre
ICP 2.. Cette analyse, dont nous ne
traiterons pas en détail, a donné pour ces trois
échantillons des teneurs allant de 6 000 à 7 500
mg par kg. Les analyses de cyanures ont été effectuées
conformément aux normes allemandes (voir Analyse 3). Pour
quelques échantillons où la teneur était
proche de la limite de sensibilité, à savoir 1 mg
par kg, des analyses de contrôle ont été faites.
Les mesures montrent des écarts allant jusqu'à 40
%.
Analyse 2: Les Polonais ont utilisé le procédé
par chambre à microdiffusion, ce qui, pour la détection
des cyanures, n'est ni usuel ni spécialement approprié.
Dans ce procédé, l'échantillon est plongé
pendant 24 heures dans de l'acide sulfurique à 50 %. Les
gaz qui se dégagent sont recueillis par diffusion dans
un piège contenant du KOH. L'usage de l'acide sulfurique,
qui oxyde l'acide cyanhydrique, pour faire se dégager l'acide
cyanhydrique semble un procédé peu sûr. La
limite de sensibilité n'est pas indiquée. On n'a
pas déterminé la teneur en fer.
Analyse 3: Ici aussi, la détermination du fer a
été faite à l'aide du spectromètre
ICP. Pour la détermination des cyanures, on a suivi la
norme DIN 38 405, partie D 13. Brève description pour spécialistes:
on fait se dégager l'acide cyanhydrique en laissant pendant
une heure les échantillons dans une solution aqueuse bouillante
d'HCl en milieu légèrement réducteur (SnCl
2), l'HCN est entraîné par un courant d'air continu
et recueilli dans une solution de KOH. Enfin, détermination
par photométrie ou titrimétrie. La limite de sensibilité
se trouve entre 0,5 et 1 mg par kg. Toutes les valeurs inférieures
à 0,5 mg par kg sont incertaines, elles sont généralement
signalées par la mention "Non détecté".
Des analyses de contrôle (tableau 16) ont été
effectuées par l'Institut für Umweltanalytik Stuttgart
(IUS; Institut pour l'analyse de l'environnement). Il avait été
prévu de soumettre certains échantillons à
des analyses élémentaires et à des mesures
de répartition des pores, mais on y a renoncé parce
que ces analyses sont coûteuses et peu probantes (surtout
les analyses élémentaires) 3,.
4.3. Évaluation des résultats d'analyse
4.3.1. F.A. Leuchter / Alpha Analytic Laboratories
Tous les résultats positifs obtenus par Leuchter pour des
échantillons provenant des prétendues "chambres
à gaz homicides" sont proches de la limite de sensibilité
(1 mg par kg). Il faut donc s'attendre à de très
grands écarts aléatoires. L'échantillon de
contrôle n* 32 provient de l'aile d'épouillage du
bâtiment 5a (chambre d'épouillage 1). Les murs de
soubassement des crématoires IV et V auraient été
reconstruits à l'aide des déblais d'autres bâtiments
[8, 65]. Il est donc intéressant que les analyses des échantillons
provenant de ces murs aient été positives dans certains
cas: ou bien les cyanures qu'elles ont détectés
proviennent de bâtiments gazés, ou bien il y a là
un indice d'une présence ubiquitaire 4
de faibles traces de cyanure.
Les analyses ont montré que, dans les échantillons
provenant des parties abritées contre les intempéries,
la teneur en cyanures était aussi faible que dans les autres
échantillons et, le cas échéant, non décelable.
Leuchter en conclut que l'influence de l'environnement n'a pas
pu diminuer considérablement la teneur en cyanure des bâtiments
exposés [218], ce qui concorde avec les conclusions de
notre section 2. D'après Leuchter, ces légères
traces de cyanure peuvent provenir de gazages uniques qu'on aurait
faits dans les morgues pour y tuer les poux, car de telles opérations
d'épouillage de locaux furent menées à l'époque
dans de nombreux bâtiments des camps. Il est remarquable
que l'analyse ait été positive (1,3 mg par kg) pour
l'échantillon 28, que Leuchter a prélevé
dans le mur séparant l'ancienne salle de lavage et la salle
d'autopsie du crématoire I, car ce mur n'a jamais fait
partie de la prétendue "chambre à gaz"
et n'a même probablement été construit que
quand le crématoire I fut transformé en abri antiaérien.
Que la teneur de cet échantillon en cyanures soit du même
ordre que pour les autres échantillons prouve donc que
la présence de cyanures dans l'ensemble des échantillons
n'est pas due à un usage du bâtiment comme "chambre
à gaz", mais s'explique soit par des opérations
d'épouillage des locaux, soit par une répartition
ubiquitaire des cyanures.
La haute teneur en cyanure de l'échantillon de contrôle
prélevé par Leuchter dans l'installation d'épouillage
provient, selon Bailer, soit d'un artefact, soit d'une erreur
dans le prélèvement des échantillons, soit
d'une erreur d'analyse. Par artefact, il entend que les murs de
l'aile d'épouillage ont été enduits de couleur
bleue, et précisément de bleu de Prusse. Bailer
soutient en outre qu'il ne pourrait pas se former du bleu de Prusse
dans les matériaux de la maçonnerie, vu l'alcalinité
de ce milieu. Enfin, une teneur en cyanure aussi élevée
que 1 50 mg par kg signifierait que 0,1 % du mur consisterait
en bleu de Prusse, ce qui serait impossible [6].
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0,0 |
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1,9 |
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0,0 |
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0,0 |
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0,0 |
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2,3 |
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1,4 |
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0,0 |
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1,4 |
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4,4 |
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1,7 |
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0,0 |
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3,8 |
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1,3 |
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1,4 |
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1,3 |
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7,9 |
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1,1 |
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0,0 |
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1050,0 |
| La morgue du crématoire I et la morgue I du crématoire II auraient été des "chambres à gaz". |
Planche 23: Plan au sol de la morgue I ("chambre à gaz" du crématoire II de Birkenau, avec emplacements des prélèvements de F.A. Leuchter, d'après note [2]
Comme nous l'avons vu dans la section 2, le milieu n'est alcalin
que dans la partie non carbonatée de la maçonnerie.
Nous avons même établi qu'un milieu alcalin favorise
l'enrichissement en cyanure et certaines étapes des réactions
conduisant à la formation du bleu de Prusse. Dans le cas
extrême où tout le fer présent dans les murs
aurait réagi de façon à former du bleu de
Prusse (teneur en fer: 1 à 2 %), la valeur trouvée
par Leuchter est même plutôt faible. Quant à
savoir si les murs de l'aile d'épouillage ont été
couverts de couleur bleue, c'est-à-dire si une teneur élevée
en cyanure ne peut être constatée qu'en surface,
cette question sera traitée dans la section 4.3.3.3.
Pressac [3, 28] estime que les traces de cyanure dans les murs,
toutes faibles qu'elles sont, constituent la dernière preuve
de l'existence des "chambres à gaz", parce qu'elles
sont encore décelables aujourd'hui, malgré (selon
lui) la brièveté des gazages, la faible réactivité
de l'acide cyanhydrique avec les murs humides, les altérations
chimiques et l'érosion. Il soutient aussi que des murs
chauds seraient favorables à la formation du pigment [3,
76]. Nous avons vu dans les sections précédentes
que ceci est peu conforme à la réalité: tout
d'abord, le pigment formé est stable (section 2.4); ensuite,
les maçonneries froides et humides sont plus favorables
aux réactions formant le bleu de Prusse (section 2.3);
enfin, l'échantillon 28 prouve que les traces de cyanure
ne proviennent pas de gazages d'êtres humains.
4.3.2. Institut d'expertises judiciaires, Cracovie
Dans l'expertise de Cracovie, les concentrations en cyanure sont
données en m
g (KCN) pour 100
g, ce qui est une unité inhabituelle. Dans le tableau 14,
les valeurs sont converties en mg de CN- par kg. On voit immédiatement
que les résultats des mesures sont anormaux, car ils sont
tous inférieurs à la limite de sensibilité
indiquée par les Américains, même pour les
échantillons qui, vu leur coloration bleue, auraient dû
atteindre une teneur de quelques milliers de mg par kg. Il y a
ici non seulement une erreur d'ordre de grandeur, mais aussi une
erreur dans la méthode de mesure [219]. Tout ce qu'on peut
dire, c'est que les Polonais, eux non plus, n'ont pas pu trouver
des traces significatives de cyanures dans les "chambres
à gaz homicides". Le seul échantillon positif
provenant de la prétendue "chambre à gaz"
(n* 15) a la plus faible teneur en cyanure de tous les échantillons.
Il proviendrait de l'enduit d'un pilier de la morgue I ("chambre
à gaz") du crématoire II, ce qui n'est pas
possible, car les piliers de béton n'étaient pas
enduits. Peut-être voulait-on dire "béton"
au lieu d' "enduit".
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| 1 | Épouillage Bloc 3 | Local 4, près de l'ouverture du ventila teur, 2 mm | Enduit | 0,068 |
| 2 | Épouillage Bloc 3 | Local 4, à côté de la porte du local 3, 2 mm | Enduit | 0,036 |
| 7 | Épouillage Bloc 3 | Local 3, sous la fenêtre, en face de la porte d'entrée, 2 mm | Enduit | 0,076 |
| 8 | Épouillage Bloc 3 | Ouverture de porte, entre les locaux 2 et 1, 2 mm, au-dessus à droite | Enduit | 0,140 |
| 9 | Épouillage Bloc 3 | Comme le n* 8, en dessous à gauche | Enduit | 0,404 |
| 10 | Épouillage Bloc 3 | Local 1, ouverture du ventilateur, 2 mm | Enduit | 0,528 |
| 11 | Épouillage Bloc 3 | Comme le n* 10, bleu pâle | Enduit | 0,588 |
| 15 | Crématoire II, morgue I | Pilier de soutien en béton | Enduit (?) | 0,024 |
| 4 autres échantillons provenant du crématoire II, 1, du crématoire I, 1 et du crématoire V, tous pris dans de prétendues "chambres à gaz", et 2 échantillons de contrôle ne contenaient aucune trace décelable de CN-. |
"L'acide cyanhydrique est un acide faible, ce qui a pour conséquence que ses sels se décomposent facilement en présence d'acides plus forts. Même l'acide carbonique, qui s'obtient par réaction du dioxyde de carbone avec l'eau, est plus fort que l'acide cyanhydrique. Des acides plus forts, comme par exemple l'acide sulfurique, décomposent les cyanures plus facilement. Les composés complexes d'ions cyanure avec des métaux lourds sont plus stables. Le "bleu de Prusse", déjà mentionné, est un de ces composés, mais lui aussi se décompose lentement en milieu acide.
"On ne pouvait donc guère s'attendre à ce qu'il subsiste des dérivés de cyanures dans des matériaux de construction (enduit, briques) qui ont été exposés 45 ans aux effets de l'environnement (précipitations atmosphériques, oxacides, en particulier monoxyde d'azote)." [8].
Comme on l'a vu dans la section 2.4, ces affirmations sont indéfendables:
le bleu de Prusse est stable à long terme. Si l'Institut
avait prélevé ses échantillons dans les bâtiments
d'épouillage BW 5a et 5b, situés près des
prétendues "chambres à gaz homicides",
la vue du mur bleu à l'extérieur lui aurait sans
doute épargné cette erreur. Dans un écrit
ultérieur, l'Institut confirme qu'il n'a pas employé
un procédé adéquat de détermination
et qu'il n'a pas une compétence suffisante en chimie pour
le problème qui nous occupe [219]:
"...IV. Avec la méthode que nous utilisions, nous n'étions pas en état de déterminer tous les dérivés de cyanures. Par exemple, seule une partie des ions cyanure présents dans le bleu de Berlin peut en être libérée. Nous devions nous servir de la spectroscopie aux infrarouges, mais avec des résultats seulement quantitatifs...
"...VIII. L'eau active beaucoup de processus chimiques. Les chambres étaient certainement humides. Quelle influence cela a-t-il sur la fixation de l'HCN par le ciment (l'enduit), nous l'ignorons...
"...IX. Les taches bleues sur les murs extérieurs du bâtiment 5a de Birkenau sont difficiles à expliquer. Avant tout, nous devons vérifier s'il s'agit bien de bleu de Berlin..."
4.3.3. G. Rudolf / Institut Fresenius
Pour nos analyses, nous n'avons prélevé dans les
prétendues "chambres à gaz homicides"
qu'un petit nombre d'échantillons, et seulement dans des
matériaux qui, visiblement, n'avaient pas été
exposés aux intempéries. Cette condition n'est remplie
à Birkenau que par quelques endroits de la morgue I ("chambre
à gaz") du crématoire II, où un pilier
soutient encore le plafond et a ainsi soustrait à toute
influence des intempéries le côté intérieur
du plafond et certaines parties du mur, comme le montrent la présence
de toiles d'araignées datant de nombreuses années
et l'absence de tout dépôt calcaire sur le béton
ou le mortier, c'est-à-dire l'absence d'écoulement
d'eau à ces endroits.
Dans les prétendues "chambres à gaz",
beaucoup d'échantillons ont déjà été
prélevés pour l'expertise de Cracovie et pour celle
de Leuchter, avec, chaque fois, des résultats négatifs
ou presque. Comme il s'agissait surtout de déterminer quelles
conditions favorisent la formation du pigment et que, d'après
les analyses précédentes, il ne fallait pas s'attendre
à des résultats nettement positifs dans les "chambres
à gaz homicides", les échantillons ont été
prélevés essentiellement dans les installations
d'épouillage des bâtiments BW 5a et b (secteur de
bâtiments B, Ia et, respectivement, b). On sait que non
seulement les murs de ces bâtiments contiennent de grandes
quantités de bleu de Prusse, mais aussi que leur âge
est environ celui des crématoires de l'endroit, ce qu'on
ne peut pas affirmer des bâtiments du camp central. L'âge
peut avoir une influence sur la chimie des matériaux du
mur, mais ce n'est pas forcément le cas. De plus, l'utilisation
muséologique de ces bâtiments est moins importante
que dans le camp central, ce qui permet d'espérer qu'on
ne les a pas trop modifiés.
|
|
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| Concentration en mg par kg; % Fe: proportion maximale du fer entré dans la composition du bleu de Prusse par rapport à la teneur en fer totale |
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| 1 | Crématoire II | Morgue I, plafond, entre le 2e et le 3e pilier de soutien vu du sud, prélèvement de grandes dimensions, à la surface du béton mais incluant un petit morceau de matériau plus profond, 0-3 mm |
|
7,2 | 13000 |
|
| 2 | Crématoire II | Comme 1, 1-5 mm |
|
0,6 | 20000 |
|
| 3 | Crématoire II | Côté intérieur du mur ouest de la morgue I, 0-1,5 cm, voir planche 12 |
|
6,7 | 10000 |
|
| 4 | Crématoire II | Côté intérieur du mur nord de l'aile de la cheminée, incinération des ordures, 0-1 cm |
|
0,1 | 11000 |
|
| 5 | B1b, baraque 20 | Mur de séparation entre couchettes, sous la traverse d'une couchette dans le grand local, 2e rangée de couchettes à partir de l'entrée, 1 re couchette à droite (mur de séparation), environ 5-5-5 cm3 de dimensions |
|
0,6 | 9400 |
|
| 6 | B1b, baraque 20 | Pièce
isolée à l'ouest, mur intérieur, mortier
entre briques, 0-1 cm |
|
< 0,1 | 4400 |
|
| 7 | B1b Baraque 20 | Comme 6, juste à droite de l'entrée, 0-1 cm |
|
0,3 | 19000 |
|
| 8 | B1b baraque 13 | Comme 5, arrière de la traverse |
|
2,7 | 11000 |
|
| 9 | B1a, BW 5a | Côté intérieur du mur extérieur (ouest), à 120 cm du mur nord et 155 cm du sol, 0-2 mm |
|
11000,0 | 12000 |
|
| 10 | B1a, BW 5a | Mur intérieur (sud), à 240 cm du mur ouest et 170 cm du sol, 0-2 mm |
|
3,6 | 10000 |
|
| 11 | B1a, BW 5a | Comme 9, 1-10 mm |
|
2640,0 | 6000 |
|
| 12 | B1a, BW 5a | Mur est (intérieur), 170 cm du mur nord, 170 cm du sol (à l'est de la salle d'air chaud), 0-2 mm |
|
2900,0 | 8500 |
|
| 13 | B1a, BW 5a | Comme 12, 2-10 mm |
|
3000,0 | 9000 |
|
| 14 | B1a, BW 5a | Côté extérieur du mur ouest, à 40 cm du côté sud et 160 cm du sol, 0-5 mm |
|
1035,0 | 25000 |
|
|
|
|
|
|
|
|
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| 15a | B1a, BW 5a | Côté extérieur du mur sud, à 40 cm du côté ouest et 210 cm du sol, 0-3 mm |
|
1560,0 | 10000 |
|
| 15b | B1a, BW 5a | Comme a, >0-5mm, échantillons dont on a ôté la couche de pigment |
|
56,0 | n.d. |
|
| 15c | B1a, BW 5a | Comme b, couche de pigment ôtée de l'échantillon précédent, <1mm |
|
2400,0 | n.d. |
|
| 16 | B1b, BW 5b | Côté extérieur du mur sud, à 2 m de la porte d'entrée et 1 m du sol, 0-7 mm |
|
10000,0 | 47000 |
|
| 17 | B1b, BW 5b | Côté intérieur du mur sud, à 130 cm du mur est et 130 cm du sol, 4-10 mm |
|
13500,0 | 15000 |
|
| 18 | B1b, BW 5b | Montant de porte de la chambre est d'épouillage à air chaud, montant est, niveau du sol, 0-5 mm |
|
7150,0 | n.d. |
|
| 19a | B1b, BW 5b | Côté intérieur du mur nord, à 230 cm du mur est et 90 cm du sol, 0-4 mm |
|
1860,0 | 4300 |
|
| 19b | B1b, BW 5b | Comme 19a, 4-9 mm |
|
3880,0 | 9500 |
|
| 20 | B1b, BW 5a | Côté intérieur du mur extérieur (ouest), à 40 cm du mur sud et 210 cm du sol, 0-3 mm |
|
7850,0 | 11000 |
|
| 21 | B1b, BW 5a | Mur intérieur (est) du local ouest, à 30 cm de la porte et 190 cm di sol, 10-50 mm |
|
0,3 | 18000 |
|
| 22 | B1b, BW 5a | Côté intérieur du mur extérieur (sud), à 40 cm du mur ouest et 155 cm du sol, 3-10 mm |
|
4530,0 | 11000 |
|
| 23 | B1a, baraque 3 | Local spécial au nord-ouest, côté intérieur du mur extérieur (nord), 0-5 mm |
|
0,3 | 8100 |
|
| 24 | B1a, baraque 3 | Local principal, côté intérieur du mur extérieur (nord), 0-5 mm |
|
0,1 | 13000 |
|
| 25 | Test | Pierre non traitée, 0-5 mm |
|
9,6 | 35000 * |
|
| 26 | Test | 16 h dans 0,3 % vol. HCN, 0-5 mm, voir texte |
|
0,1 | 35000 * |
|
| 27 | Test | 24 3/4 h dans 2 % vol. HCN, + 1 g H20n-, 20 mm, 100 g |
|
109 ** | 8800 * |
|
| 28 | Test | Comme 27, sans addition d'H20, 108 g |
|
94 ** | 8800 * |
|
| 29 | Test | Comme 28, 94 g |
|
53 ** | 4500 * |
|
| 30 | Test | Comme 28, + 2 g H20, 96 g |
|
58 ** | 4500 * |
|
| Les teneurs en cyanure entre 0,1 et 0,5 mg par kg sont incertaines; n.d.=non déterminé; *=analyses de l'auteur; **=Institut für Umweltanalytik Stuttgart (IUS, Institut d'analyse de l'environnement). |
Enfin, on a prélevé des échantillons dans
quelques baraques de détenus pour vérifier la thèse
de Leuchter, selon laquelle des faibles traces de cyanure pourraient
être laissées même par de très rares
gazages contre les parasites. La numérotation des baraques
est celle qu'on trouve aujourd'hui sur les lieux [220]. A ce sujet,
voir aussi la planche 3.
4.3.3.1. Échantillons 1-4: crématoire II, morgue
I
Pour le lieu de prélèvement des échantillons
1 à 3, voir planche 7. En général, il faut
compter avec une haute concentration en cyanures à la surface
du matériau. C'est pour déterminer cette concentration
qu'on a prélevé l'échantillon 1, qui contient
surtout des bavures de béton provenant du côté
inférieur du plafond (barbes de béton laissées
par le coffrage en planches), donc des endroits les plus exposés
du béton; il contient aussi du matériau provenant
de la couche extérieure du béton, allant d'un à
deux millimètres, et un morceau allant jusqu'à une
profondeur d'environ 3 mm.
L'échantillon 2 contient du béton jusqu'à
une profondeur de 5 mm, pris à l'endroit où avait
été ôté le morceau de l'échantillon
1 allant jusqu'à 3 mm.
En raison de la dureté du béton, la séparation
entre les matériaux de la couche extérieure (échantillon
1) et de la couche plus profonde (échantillon 2) n'a pas
pu être faite parfaitement.
L'échantillon 3 provient de l'enduit du mur, jusqu'à
la première rangée de briques.
L'échantillon 4 provient de l'enduit du pilier de béton
de l'aile de la cheminée (incinération d'ordures)
du crématoire II. Il n'est intéressant que comme
échantillon de comparaison.
Les résultats sont du même ordre de grandeur que
les résultats positifs obtenus par Leuchter concernant
les autres prétendues "chambres à gaz",
alors que, dans la "chambre à gaz" (morgue I)
du crématoire II, où nos échantillons 1 à
4 ont été prélevés, Leuchter n'a décelé
aucune trace de cyanure. La différence entre les échantillons
1 et 2 indique peut-être qu'effectivement la concentration
dans le béton dépend considérablement de
la profondeur.
Le tableau 16 fournit les résultats d'analyses de contrôle.
L'échantillon du haut de ce tableau, qui, analysé
par l'Institut Fresenius, donne la valeur légèrement
positive de 6,7 mg par kg, ne donne, analysé par l'Institut
für Umweltanalytik de Stuttgart, que des valeurs inférieures
à la limite de sensibilité (0,5 mg par kg). Ceci
confirme la constatation faite sous la section 4.2, à savoir
que des valeurs proches de la limite de sensibilité ne
sont pas reproductibles.
4.3.3.2. Échantillons 5-8 et 23, 24: baraques de détenus
Les échantillons 5 et 8 ont été prélevés
dans deux baraques différentes; chacun provient d'un gros
morceau, respectivement, d'enduit et de mortier pris dans le local
principal de la baraque (voir tableau 15).
On n'a pas fait de distinction entre les différentes profondeurs
de prélèvement, de sorte que les valeurs doivent
être considérées comme des valeurs moyennes.
Les échantillons 6 et 7 ont été prélevés
dans la chambre spéciale à l'ouest de la baraque.
Les échantillons 23 et 24 proviennent du mur extérieur
de la grande pièce d'une troisième baraque.
Comme on le voit, on peut trouver, dans les murs des baraques,
des quantités de cyanure du même ordre de grandeur
que celles que Leuchter a trouvées dans les prétendues
"chambres à gaz". C'est le cas, en particulier,
pour l'échantillon 8. Tous les autres échantillons
sont également positifs, mais notablement moins. Ici aussi,
l'analyse de contrôle (tableau 16) a donné des valeurs
non reproductibles.
|
|
| Dans les deux cas, la détermination du cyanure a été faite suivant la méthode DIN 38 405/D13. Chiffres en mg de CN- par k |
|
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| 3 | Morgue I ("chambre à gaz"), crématoire II, enduit du mur, 0-1,5 cm | 6,7 |
|
| 8 | 1b, baraque 13, mur de séparation de couchette, 3-5 cm | 2,7 |
|
| 11 | B1a, bâtiment 5a, côté intérieur du mur extérieur (ouest), 1-10 mm | 2640,0 |
|
| 25 | Brique non traitée | 9,6 |
|
| 26 | 3 autres échantillons de brique exposée au gaz |
|
|
| * Ces échantillons ont été analysés suivant la méthode DIN 35 405/D14. Dans cette méthode, contrairement à D13, on n'ajoute pas de sel de cadmium. L'effet sur les résultats est inconnu. La limite de sensibilité (LS) est dans chaque cas de 0,5 mg par kg. |
Planche 24: Le mur extérieur de l'aile d'épouillage par acide cyanhydrique du bâtiment BW 5a au plus fort de l'été 1991. De faibles quantités de cyanure, qui ont diffusé à travers les murs, colorent encore aujourd'hui la paroi en bleu. Cinquante ans d'intempéries ne l'ont pas décolorée.
4.3.3.3. Échantillons
9-22: installations pour l'épouillage des vêtements
Pour l'emplacement des prélèvements des divers échantillons,
voir planches 18 et 19.
Bâtiment 5a. Ce qui frappe, dans les murs extérieurs
de l'aile d'épouillage du bâtiment BW 5a, c'est que,
par endroits, leurs briques et leur mortier sont bleus (voir planche
24). L'échantillon 14 est un fragment de brique dont toutes
les parties extérieures -- donc exposées aux intempéries
-- sont nettement bleu foncé. L'échantillon 15 provient
du mortier du mur sud; seule la couche extérieure de ce
mortier, sur une épaisseur d'environ 1 mm, était
bleue. Dans cette couche, la teneur en cyanure doit donc être
encore supérieure à la valeur moyenne, déterminée
pour les trois premiers millimètres environ. L'échantillon
15b est un fragment de brique dont la couche bleue (échantillon
15c) a été ôtée à l'aide d'une
spatule. La masse restante était environ 20 fois supérieure
à celle de la couche enlevée, on ne peut déceler
ici que de faibles quantités de cyanure. La concentration
moyenne doit donc avoir été ici environ de 120 mg
par kg. Donc, dans la brique aussi, c'est seulement du côté
extérieur, exposé aux intempéries, que le
pigment s'est formé en quantités notables.
Il est important de constater que le pigment a, en effet, une
énorme résistance aux influences de l'environnement,
puisque les matériaux où ont été prélevés
les échantillons 14 à 15c ont subi de façon
intense pendant 40 ans les rayons du soleil, le vent, la pluie,
etc. Il est plus difficile de comprendre pourquoi c'est précisément
ici que le pigment a pu se former en si grande proportion, bien
que les côtés extérieurs des murs n'aient
pas été mis en contact direct avec le gaz. Ces côtés
sont humides, surtout par temps de pluie, et il se peut que les
influences de l'environnement activent les réactions du
fer; c'est apparemment pour cela que les faibles quantités
de cyanure diffusant à travers la maçonnerie suffisent
à rendre possible la formation de pigment. Un effet catalytique
des rayons solaires ne peut pas non plus être exclu, mais
les murs nord du bâtiment ne se signalent visiblement pas
par une plus faible teneur en pigment. Il est vraisemblable qu'au
cours du temps, sous l'effet de l'évaporation de l'humidité
des murs, des sels solubles de cyanure présents dans la
maçonnerie (cyanures d'alcalins et d'alcalino-terreux,
ferro- et ferricyanures d'alcalins et d'alcalino-terreux) aient
migré jusqu'à la surface, où une formation
de bleu de Prusse à partir de ces sels aurait été
favorisée, car le fer y est particulièrement réactif
(voir section 2.5.5). Le phénomène de migration
vers la surface est bien connu pour le carbonate de calcium (CaCO3)
du mortier, qui montre, dans les murs humides, une tendance à
produire des efflorescences jusqu'à une certaine hauteur
du mur. Si ce processus était à l'origine du phénomène
qui nous occupe, on devrait voir, outre du bleu de Prusse, des
cristaux de calcaire en efflorescences ou, du moins, des auréoles
de calcaire. Ce qui n'est pas le cas. De plus, les taches bleues
sont distribuées tout à fait au hasard, tantôt
dans le mortier, tantôt dans les briques et à différentes
hauteurs; elles ne suivent pas une ligne d'humidité particulière
et ne sont pas spécialement intenses dans la moitié
inférieure du mur. Une autre possibilité est que
l'acide cyanhydrique gazeux ait diffusé dans les fissures
de la maçonnerie à l'époque où on
utilisait le local pour l'épouillage. Au côté
extérieur du mur, qui était par moments humide et
réactionnel, l'absorption du gaz et la formation du pigment
se seraient déroulés de façon intense. De
telles fissures sont aujourd'hui visibles partout dans le mur.
Dans leur voisinage, la coloration bleue est en effet plus intense
qu'aux endroits sans fissures. Mais, comme ces fissures n'ont
certainement atteint leur grandeur et leur quantité actuelles
qu'en des dizaines d'années, il faut leur chercher un rôle
plus tardif. Il se peut qu'en favorisant le transport de l'humidité,
et donc de substances solides entraînées par l'eau,
les fissures aient activé la formation du bleu de Prusse.
Les faces intérieures des murs extérieurs de l'aile
d'épouillage du bâtiment BW 5a sont presque entièrement
bleues, et même bleu sombre (voir planche 25). On notera
que les différentes intensités du bleu de Prusse
font apparaître la structure des briques recouvertes par
l'enduit. On connaît le phénomène par lequel
une très forte humidité se condense sur les murs
froids (par exemple lors de grands rassemblements de personnes
transpirant abondamment, comme aux concerts rock, dans les discothèques
ou, de façon générale, dans les locaux mal
aérés) ou encore l'apparition de taches d'humidité
dans les locaux insuffisamment chauffés. Des briques cuites
différemment conduisent différemment la chaleur
et absorbent donc des quantités différentes d'eau
condensée. Ainsi, l'effet constaté peut tenir à
ce que les diffé rences d'humidité et de température
diversifient non seulement la réactivité des éléments
entrant dans la formation des dérivés du cyanure,
mais aussi les capacités de transport pour les sels de
cyanure migrants (voir plus haut et section 2.5.5).
Dans la première couche de l'enduit de ce mur, épaisse
d'environ 1 mm, le matériau est d'un bleu plutôt
pâle, comme à la surface du mur est de l'aile, qui
représente un mur intérieur de la chambre d'épouillage
originelle (échantillons 12 et 13).
Comme on pouvait s'y attendre, les murs extérieurs qui
furent construits plus tard dans le même local et qui appartenaient
donc aux chambres d'épouillage à air chaud (voir
planche 19), ne montrent aucune coloration bleue.
Planche 25: Photo de la salle intérieure nord-ouest de l'aile d'épouillage du bâtiment BW 5a (voir planche 19). Au fond et à droite sur la photo, murs extérieurs colorés intensément par le bleu de Prusse. On voit les emplacements des prélèvements des échantillons 9 et 11. A gauche sur la photo, le mur intérieur, qui fut construit quand le local fut transformé en chambre d'épouillage à air chaud. C'est dans ce mur qu'a été pris l'échantillon 10, contenant une faible quantité de cyanure.
Les résultats des analyses 9 et 11, ainsi que ceux des
analyses 20 et 22, confirment la première impression: la
teneur en cyanure est très forte dans la couche superficielle
de l'enduit des murs extérieurs et diminue dans les couches
plus profondes. Il est vrai que la haute teneur en cyanure trouvée
dans l'échantillon 11 n'a pas pu être confirmée
exactement. La valeur trouvée par l'analyse de contrôle
ne représente qu'environ 54 % de la première valeur.
La cause de cette discordance est peut-être la légère
différence entre les procédés d'analyse (voir
la note au bas du tableau 16).
Dans le bleu de Prusse pur, il y a environ 0,82 g de fer pour
1 g de cyanure. Si on suppose que tout le cyanure est entré
dans la composition du bleu de Prusse, il résulte de l'analyse
que, dans l'échantillon 9, les 3/4 du fer environ ont participé
à cette composition. Si on tient compte du fait que l'acide
cyanhydrique ne peut pas atteindre la totalité du fer,
on peut dire que la couche superficielle du matériau est
quasi saturée en pigment. La diminution de concentration
que l'on constate en passant de la couche superficielle aux couches
plus profondes s'explique, d'une part, par le fait que l'enduit,
étant assez froid et humide, a une action absorbante plus
forte et que sa couche superficielle, vite saturée, empêche
l'acide cyanhydrique de diffuser plus profondément dans
la maçonnerie; d'autre part, il faut aussi tenir compte
ici, tout comme pour la coloration bleue observée sur les
côtés extérieurs des murs, de l'enrichissement
en cyanure produit en surface par l'évaporation de l'eau.
Mais, après la mise hors service du bâtiment, cet
effet n'a pas pu être important, vu que le manque de ventilation
et l'absence d'ensoleillement dans le local ont dû provoquer
une quasi-saturation de l'air en humidité, spécialement
dans le local représenté planche 25, qui ne présente
des fenêtres qu'au nord.
Les échantillons 12 et 13 sont analogues aux échantillons
9 et 11 mais ont été prélevés dans
le mur intérieur (mur est) d'une des chambres de désinfection
à air chaud. La concentration des cyanures en surface est
considérablement plus faible que dans les murs extérieurs,
on ne constate pas ici de gradient de concentration suivant la
profondeur. Cela peut être dû à ce qu'un mur
sec permet une diffusion plus facile de l'acide cyanhydrique dans
la maçonnerie, alors que, dans des murs humides, l'acide
cyanhydrique réagit de préférence en surface.
Mais il est vraisemblable aussi que, vu la sécheresse des
murs intérieurs, il ne s'y produise pas de migration des
sels de cyanure vers la surface.
Les échantillons provenant des murs qui furent construits
lors des transformations en vue de désinfection à
l'air chaud ne devraient contenir aucun résidu de cyanure.
Pourtant, l'échantillon 10, bien qu'il provienne d'un de
ces murs, a révélé à l'analyse une
teneur en cyanure significative. L'échantillon 21 provient
du mortier entre les briques du mur construit lors de ces transformations;
il a été pris à une profondeur de 1 à
5 cm. A cet endroit, la maçonnerie du mur intérieur
est fissurée. Dans ce mur inté rieur aussi, l'analyse
révèle des traces minimes de cyanure. La présence
de ces traces peut faire supposer qu'on pratiqua un épouillage
de ce local à l'aide de cyanure après sa transformation
en chambres de désinfection à air chaud; mais peut-être
aussi les faibles quantités ne signifient-elles rien, comme
les analyses de contrôle l'ont montré pour d'autres
échantillons.
Planche 26: Photo du montant de porte de l'aile d'épouillage du bâtiment BW 5a, dont la charnière inférieure s'est rouillée et a formé du bleu de Prusse avec l'acide cyanhydrique. Emplacement du prélèvement de l'échantillon n* 8.
L'échantillon
18, enfin, provient du châssis de porte, qui ne fut placé
qu'après la transformation en chambres de désinfection
à air chaud. Sous la charnière inférieure,
le bois a une nette coloration bleue (voir planche 26). L'humidité
du sol et la rouille du fer peuvent avoir donné lieu à
la formation de bleu de Prusse, à condition que de l'acide
cyanhydrique ait été utilisé dans ces locaux
après la transformation ou que le sol ait encore dégagé
de l'acide cyanhydrique longtemps après cette transformation.
Dans le premier cas, les traces de cyanure trouvées dans
les murs datant de la transformation (échantillons 10 et
21) s'expliqueraient effectivement par des gazages de locaux.
Enfin, il est également possible que cette porte étanche
au gaz se soit d'abord trouvée à l'entrée
de l'aile d'épouillage de vêtements à l'aide
de Zyklon B et qu'on l'ait réutilisée ici lors de
la transformation en chambres de désinfection par air chaud.
Il ne faut pas attacher trop d'importance à l'aspect quantitatif
du résultat d'analyse, car les matériaux organiques
peuvent perturber les mesures. Quoi qu'il en soit, cet échantillon
confirme la haute réactivité des mélanges
humides contenant de l'oxyde de fer (rouille; cf. section 2.3.2).
Bâtiment 5b. Les murs extérieurs de l'aile
d'épouillage BW 5b sont bleus, non seulement par endroits,
comme c'est le cas pour BW 5a, mais presque entièrement
et jusqu'au sol (voir planche 27). Le mur est, toutefois, fait
exception: il ne montre à peu près aucune coloration
bleue (voir planche 20). L'analyse d'un fragment de brique du
mur sud (échantillon 16) indique, comme on pouvait s'y
attendre, une très grande teneur en cyanures. Ici, le pigment
atteint des couches plus profondes de la maçonnerie. Pas
plus qu'ailleurs les intempéries n'ont diminué,
de façon visible ou mesurable, la teneur en pigment. Dix-sept
pour cent environ du fer présent dans le fragment de brique
ont réagi pour former du bleu de Prusse, bien qu'ici aussi
la quantité de cyanures qui a pu atteindre le côté
extérieur de la maçonnerie soit faible. La différence
frappante avec BW 5b, dont les côtés extérieurs
ne sont bleus que par endroits, peut s'expliquer par le fait que
l'aile 5b fut utilisée plus longtemps pour l'épouillage
par Zyklon B (voir section 1.4). La raison pour laquelle la coloration
bleue est insignifiante sur le côté est du mur extérieur
de l'aile 5b n'est pas claire, mais c'est peut-être que
ce côté est peu exposé aux intempéries,
les vents d'est étant le plus souvent secs.
Planche 27: Dans l'aile d'épouillage du bâtiment BW 5b, où l'on utilisa l'acide cyanhydrique plus longtemps que dans le bâtiment BW 5a (voir planche 24), les murs extérieurs sont couverts de grandes taches bleues. Ici non plus, 50 ans d'intempéries n'ont pas détruit le pigment.
Si des échantillons d'enduit prélevés du
côté intérieur de ce mur montraient, eux aussi,
de faibles teneurs en cyanure, on pourrait envisager comme explication
une différence d'exposition des murs aux gaz, provoquée
par une division du local en plusieurs unités de gazage
situées près des murs sud et nord (voir section
3.3).
En observant l'intérieur du local de cette aile, on est
surpris de voir les parois presque partout blanches. Par endroits
seulement, on distingue des taches d'un vert terne. Pourtant,
l'analyse de la couche d'enduit verte, qui est recouverte par
une couche superficielle (blanche), échantillon 7, indique
la plus haute des teneurs trouvées, bien que la couche
d'enduit qui la recouvre, épaisse de 3 à 4 mm, soit
compacte et très dure. En ce qui concerne les réactions
du fer, nous constatons ici ce qui, dans BW 5a, n'était
vrai que pour la couche d'enduit superficielle: une quasi-saturation.
La couleur du matériau, qui n'est ici que verdâtre,
n'est visiblement pas un critère absolu de la teneur en
cyanure. Si c'était le cas, l'intense coloration bleue
que l'on constate çà et là à la surface
ne s'expliquerait pas, puisque la proportion du pigment dans l'enduit,
même là où les valeurs sont maximales, n'est
que d'environ 1,5 %. En réalité, la coloration bleu
foncé provient d'une concentration de pigment plus forte
dans les couches superficielles, d'une épaisseur de l'ordre
du micromètre, en conséquence des processus d'enrichissement
décrits plus haut.
L'échantillon 19 a été divisé en deux
parce que, dans ce local, la couche d'enduit superficielle diffère
visiblement de la couche qu'elle recouvre: les 4 premiers millimètres
de l'enduit sont formés d'un matériau blanc, sec
et dur (enduit de chaux pauvre en sable), les couches plus profondes
d'un enduit de chaux ocre et riche en sable. La séparation
n'a pas complètement réussi et des parties du mortier
riche en sable sont restées sur l'échantillon 19a.
L'analyse de la teneur en fer (qui, en cas de séparation
complète, aurait peut-être donné une valeur
encore plus faible) confirme l'hypothèse que la couche
superficielle est un enduit de chaux pauvre en fer. Cela explique
l'absence de taches colorées à la surface de l'enduit
dans ce local: il y a trop peu de fer pour qu'il se forme du pigment.
Toutefois, la couche d'enduit superficielle montre une haute teneur
en cyanure. Ceci permet d'exclure que cette couche d'enduit ait
été appliquée après la fin des opérations
d'épouillage.
L'hypothèse de J. Bailer, selon laquelle les hautes teneurs
en cyanure des échantillons prélevés dans
les chambres d'épouillage seraient dues à l'application
d'une couche de couleur bleue [6], ne correspond pas à
la réalité. En effet, cette hypothèse n'explique,
même approximativement:
-- ni l'aspect de taches de la coloration bleue sur les faces
intérieures des murs extérieurs de l'aile d'épouillage
du bâtiment BW 5a;
-- ni l'absence de toute coloration bleue aux murs intérieurs
construits plus tard dans cette aile;
-- ni la nuance bleu terne du mur intérieur sud de l'aile
d'épouillage originelle du bâtiment BW 5a;
-- ni la haute teneur en cyanure du matériau superficiel
des murs de l'aile d'épouillage BW 5b, matériau
qui est blanc (parce que pauvre en fer);
-- ni la teneur en cyanure encore bien plus élevée
dans les couches plus profondes, verdâtres-bleuâtres,
de ces mêmes murs;
-- ni les taches nettement bleues, riches en cyanure, sur les
faces extérieures des murs extérieurs des deux ailes.
Les traces de cyanure sous forme de bleu de Prusse résultent
de l'exposition des locaux au gaz cyanhydrique libéré
par le Zyklon B. Ainsi, contrairement à la thèse
de Bailer, l'acide cyanhydrique réagit très bien
avec les composés de fer présents dans les murs
pour former le bleu de Prusse, qui est extrêmement stable
à long terme.
NOTES
1 C.
Mattogno (Rome) a lui aussi prélevé des échantillons
dans quelques installations de Birkenau ("chambres à
gaz" et chambres d'épouillage) et les a fait analyser;
les résultats concordent avec ceux de F.A. Leuchter et
de G. Rudolf [216].
2 ICP (Induced coupled plasma):
spectroscopie d'émission dans un courant de plasma d'argon,
produit par induction.
3 Les spectrogrammes par fluorescence
de rayons X et les spectrogrammes par émission de rayons
X utilisés pour déterminer la teneur d'un élément
dans un échantillon peuvent être très précis
mais ne distinguent pas, par exemple, entre la silice du sable
ajouté et celle du quartz du ciment, distinction qui est
du plus haut intérêt pour la détermination
de la nature du matériau. Sans renseignements sur la composition
initiale des échantillons, la détermination ultérieure
semble à peu près vaine. Pressac, il est vrai (voir
annexe à la note [3]), indique les constituants des matériaux
de construction des crématoires II et III mais ne mentionne
pas ses sources.
4 Des traces ubiquitaires
(du latin ubique: partout) sont des traces qu'on peut trouver
partout dans la nature, réparties de façon aléatoire.
Traduction française de Gutachten über die Bildung und Nachweisbarkeit von Cyanidverbindungen in den "Gaskammern" von Auschwitz. (Das Rudolf Gutachten) Nous utilison la 3e édition révisée et élargie, de novembre 1992, © de Germar Rudolf, Stuttgart. Cette version française, Le Rapport Rudolf -- rapport d'expertise sur la formation et le contrôle de la présence de composés cyanurés dans les "chambres à gaz" d'Auschwitz a été diffusée en France comme numéro 4 de la revue La Vieille Taupe, 2ème année, Hiver 1996. Cet ouvrage a eu l'insigne honneur d'être interdit par un arrêté du ministre de l'Intérieur en date du 7 avril 1997 (JO du 11 avril, p. 5517) qui précise que l'ouvrage ""est un écrit étranger" et que, "par son contenu qui contribue à la propagation de la thèse négationniste de l'existence de crimes contre l'humanité, [il] fait courir un rique de trouble à l'ordre public". Précisons à ces juristes casqués qu'il n'existe aucun délit qualifiable de "négationnisme" dans le Code pénal, et que la phrase "la thèse négationniste de l'existence" relève d'un jargon qui n'a rien en commun avec la langue française et qu'on peut donc la réputer "écrit étranger", elle aussi, et donc la bannir de nos mémoires. Mais cette interdiction nous fait un devoir moral de mettre le texte sur Internet.
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