discours dernière chance: la mondialisation est un fait, interdépendance économique attestée et éprouvée par tous; seules subsistent des frontières héritées du monde ancien, à éliminer.

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même si Hiler ne s'était pas permis tant de fantaisies extra-humanitaires et de violations des traités à l'égard des peuples de I'Europe centrale, les Anglo-Saxons auraient été obligés de lui déclarer la guerre, un jour ou l'autre, dans la même intention que les Anglais la déclarèrent jadis aux Canadiens puis aux Chinois, pour forcer les uns à consommer du thè et les autres à fumer de l'opium.

[...] De libéral, le capitalisme, condamné à se replier en ordre dispersé dans le cadre des frontières nationales, est devenu autarcique, mais, sauf en Allemagne, il n'en a pas pour autant changé ses méthodes.

Encore convient-il d'ajouter qu'en Allemagne, il le fit de telle sorte sur le plan moral qu'il fournit aux autres groupes nationaux, ses rivaux, des raisons idéologiques de lui déclarer une [132] guerre qu'ils cherchent précisément à lui faire pour des raisons économiques.,

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Des juges parfaitement ignorants de la dure réalité sociale et dont les épouses légitimes sont personnellement à l'abri des maternités accidentelles à répétition, sanctionnent, impitoyablement, les agissements reconnus criminels de tout ce que la police peut recenser de pauvres filles-mères acculées aux solutions du désespoir, de marâtres pitoyables par refoulement dans toutes les indigences, de couples déracinés par la faim et qui ont sombré dans l'ivrognerie, de ces parents improvisés qui vivent en marge du contrat tacite de solidarité humaine et que des circonstances indépendantes de leur volonté ont jetés dans l'indignité,

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misère des veuves, des filles-mères, des petits métiers: ch. VI,

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Cet élan poétique, dans la facture de l'époque, se traduisait déjà et se traduit encore en pratique par un nombre appréciable d'enfants sous-alimentés, mal ou pas logés, peu ou pas vêtus, sans école aujourd'hui, sans métier et probablement sans travail demain.,

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Ainsi, on aura payé pour faire naître des enfants, on aura sacrifié des sommes considérables qui auront lourdement retenti sur le budget collectif sans être pour cela très appréciables dans les budgets individuels auxquels elles auront été affectées, et il faudra encore payer pour les faire tuer. Au nombre des futures victimes, il y en a dont les parents exercent le métier d'éleveurs de porcs, de poules ou de lapins. C'est aussi pour les tuer à un moment donné. Mais ils s'arrangent pour qu'ils soient bien gras au jour du sacrifice, car, si on les tue, c'est pour les manger. La guerre est le moyen employé par les classes dirigeantes pour manger les classes dirigées. A cette différence près qu'elles attachent plus d'importance au nombre qu'à la qualité et qu'elles ne les engraissent pas.,

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A nos yeux, tout être humain a droit tout au long de sa vie et successivement, à la chaleur du berceau dans une famille aisée, à l'instruction et à l'initiation à la vie sociale dans une école claire, propre et confortable, à l'apprentissage d'un métier, aux possibilités de l'exercer, à la considération et au respect qui s'attache à la notion que nous avons de la personne, à la vie dans la dignité et avec sa part des moyens que la nature, les générations qui nous ont précédés et sa contribution personnelle à l'effort commun lui garantissent dans des limites et dans des formes imprescriptibles. Aux yeux des privilégiés, l'être humain n'a d'intérêt qu'au dernier stade: quand .il est un ouvrier qui eue des bénéfices et surtout un soldat qui les défend.,

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Le plus probant exemple de ce double subterfuge est la guerre de 1939. Aux yeux des Anglo-Saxons, l'agression allemande avait commencé: avec l'occupation de la Rhénanie ou, pour le moins, avec l'annexion de l'Autriche, puis s'était poursuivie par l'invasion des Sudètes, de la Pologne, etc. Mais, aux yeux des Allemands, elle avait commencé en 1919 à Versailles et s'était poursuivie par une politique constante d'encerclement économique. Les premiers ne la concevaient que militaire, les seconds l'étendaient aux problèmes des échanges et de la répartition arbitraire des matières premières et des marchés nécessaires à la vie d'une nation. C'était un dialogue de sourds.,

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A partir du moment où il devient évident que le pire des fascismes étendu au monde entier anéantirait moins d'êtres humains qu'une guerre, il faut admettre que ce pire des fascismes est préférable a la guerre. Du moins nos aïeux étaient-ils gens bien sensés qui, sur ce point... avaient le sens du moindre mal.,

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C'est dans les journaux qui se réclament de la classe ouvrière que la guerre et la paix sont maintenant des problèmes de Patrie, de Nation, de Droit et de Civilisation, et il faut lire ceux qu'on dit de droite pour avoir quelque chance de tomber, de temps à autre, sur des raisonnements qui en font, avec pertinence, une question de régime et de structure économique.,

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Les Munichois ont été vaincus devant l'opinion française en 1939. On n'a pas fini d'épiloguer sur les raisons de cette défaite. L'Histoire enregistrera que c'est le parti socialiste qui a fait pencher la France en faveur des antimunichois. Sans doute, elle s'en étonnera: dans un parti dont un des articles essentiels de la doctrine est précisément le pacifisme, il n'est pas commun de voir se dégager une majorité pour reprendre des thèmes dont le développement semblait jusqu'alors réserve aux écervelés du patriotisme et aux professionnels du chauvisnisme. Il l'est d'autant moins qu'en l'occurrence, les leaders du parti -qui avaient prôné jusqu'au désarmement unilatéral de la France 5 ont décidé qu'il fallait déclarer la guerre à Hitler pour le contraindre au respect du droit des peuples a disposer d'eux-mêmes en Europe. centrale et septentrionale. Cette attitude, dans laquelle la solution de continuité est éclatante. ne peut manquer d'être sévèrement jugée ou, pour le moins, dêtre taxée d'incohèrence. Mais, en dépit qu'avec avec le recul du temps, on se demande déjà ce qui- se serait passe si, la tendance de Paul Faure avait triomphé et en particulier si «la diplomatie internationale ne se serait pas trouvée infléchie dans un autre sens, il n'est pas dans mes intentions d'entrer dans ces détails précis.

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Condamné à mort par la résistance communiste sous l'occupation et n'ayant échappé à ses mitraillettes que parce que les Allemande m'ont déporté à temps, destiné à la corde ou à la balle dans la nuque en cas d'invasion russe, je n'en pense pas moins que la guerre est un mal pire que le bolchevisme.,

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Cette disposition d'esprit a fait tache d'huile et le syndicalisme n'est pas sa seule victime: il est maintenant devenu absolument impossible à un honnête homme de prendre position sur quelque problème que ce voit sans être accusé par les uns ou par les autres, et très souvent par les deux, des plus noirs desseins. Les choses en elles-mêmes ont fini par perdre le caractère qu'elles tenaient d'elles-mêmes et par n'avoir plus d'importance, qu'eu égard à ce qu'en pensent Staline ou Truman, Thorez ou de Gaulle, Bidault ou Jules Moch, Frachon ou Jouhaux.

Il n'est, par exemple, pas permis de protester contre l'arrestation de 2.900 personnes par 10.000 flics sur les Champs Elysées contre la guerre d'Indochine, la politique de réarmement intensif, etc.... autrement qu'en risquant l'accusation de stalinisme. Si, au contraire, vous vous avisez de prétendre que n'importe quel soudard russe pourrait venir se faire acclamer par le Parti communiste en plein Paris, qu'Ho Chi Minh agit pour le compte du nationalisme russe et Mao Tsé Tung itou, que la Pologne, la Tchécoslovaquie ou la Hongrie sont sous la botte, alors, vous devenez un valet de Truman. 'Ne touchez pas aux camps de concentration allemands autrement que pour avaliser ce qui en a été dit par leurs historiographes officiels, sans quoi vous réaliserez contre vous l'unanimité des quatre grands courants politiques agréés, reconnus et dûment estampillés: j'en sais quelque chose. Et si vous vous déclarez pacifiste intégral, ce sera le comble...,

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Ce problème se pose d'ailleurs dans les mêmes termes devant la conscience de tous les pacifistes: s'ils ne réagissent pas collectivement contre la prétention qu'on a de les enfermer dans l'alternative Truman-Staline; s'ils ne mettent pas rapidement au point l'ensemble des règles de propagande , d'action par lesquelles ils entendent affaiblir le pouvoir, partout où ils se trouvent, indépendamment de toutes autres considérations; s'ils ne réussissent pas à accréditer dans l'opinion que l'ennemi du dehors n'existe que dans la mesure où celui du dedans l'a créé pour ses besoins, que les notions d'agresseur, de légitimité de la guerre défensive, de force au service du droit, etc., ne s'entendent que parce qu'elles prennent pour unité d'appréciation d'autres notions tout aussi superficielles, comme la Nation, la Patrie, l'État, la Famille, la Démocratie purement formelle, etc. il leur sera de nouveau impossible de faire prévaloir une solution humaine sur le plan humain quand les événements seront là.,

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