AAARGH

| Accueil général | Accueil français | Initiation |

LA CONTROVERSE SUR L'EXTERMINATION

DES JUIFS PAR LES ALLEMANDS

Notes de lecture de Jean-Marie Boisdefeu
2ème édition, 1996, Vrij Historisch Onderzoek a.s.b.l.,
Anvers, Belgique

Tome 2: REALITES DE LA "SOLUTION FINALE"

Jean-Marie Boisdefeu

| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 |

Annexe 8
ESTIMATION DU NOMBRE DE MORTS A AUSCHWITZ

Piper (Musée d'Etat d'Auschwitz) n'extrapole pas le nombre de morts trouvés dans les Sterbebücher mais fait les remarques suivantes:

1. Grâce à la numérotation de 8.803 actes de décès conservés à Auschwitz, on sait, affirme-t-il, qu'il y eut 83.000 morts en '42 et '43. (115)

2. Dans d'autres documents (livre de morgue, état journalier des effectifs, registre mortuaire de l'infirmerie des prisonniers de guerre russes, fichier des prisonniers de guerre russes: tous documents qui, on le notera, sont des incongruités dans l'univers inhumain décrit par les historiens), on trouve quelque 61.000 noms de morts.

En tout et après élimination des chevauchements, ces documents livrent les noms de 100.000 morts, chiffre que Piper ne retient pas, car, dit-il, ces séries statistiques comportent trop de lacunes.

3. Piper préfère estimer le nombre de rescapés, donc de morts, par déduction:

[194]

déportés transférés d'Auschwitz  1940 à 1943  25.000
déportés transférés d'Auschwitz (non compris 25.000 non immatriculés)  1944 à 1945   163.000
déportés transférés d'Auschwitz  total  188.000
déportés libérés    1.500
déportés évadés    500
déportés restés à Auschwitz    8.000
déportés survivants    198.000


Sur 400.000 immatriculés (385.000 civils et 15.000 militaires soviétiques), il y a donc eu, conclut-il, 202.000 morts à Auschwitz même (sans compter 880.000 détenus, presque tous juifs, gazés sans avoir été préalablement immatriculés). On peut toutefois faire remarquer que le chiffre de 188.000 transférés est contestable. Jadis, sur la base des documents trouvés à Auschwitz, on estimait les transferts à 25.000, chiffre ridiculement trop bas. En exploitant les sources documentaires trouvés dans les camps destinataires, L. Krysta est arrivé à 182.000, A. Strzelecki à 188.000 (chiffre retenu par Piper) et S. lwaszko à 225.000 (ce qui donnerait 165.000 morts). On peut penser que ce chiffre de 225.000 (que Piper ne reprend pas parce qu'il n'a pas encore été vérifié) est encore trop bas: il ne peut d'ailleurs qu'être amélioré avec les recherches. De plus, s'y ajoutent tous ceux qui sont morts dans le cours de leur évacuation et dont la survie après Auschwitz n'a pas été enregistrée dans le camp qu'ils rejoignaient: nous avons déjà dit qu'ils durent être très nombreux. S'y ajoutent aussi tous ceux qui s'évadèrent ou qui furent rattrapés par les Soviétiques. Enfin, les archives détruites de certains camps n'ont-elles pas été détruites? Bref, le chiffre des morts (immatriculés) à Auschwitz même retenu par Piper est nécessairement un maximum maximorum.

Pressac (1994), lui, extrapole les 67.223 noms (c'est le chiffre qu'on retenait à l'époque) des Sterbebücher à 126.000 morts auxquels il ajoute 15.000 prisonniers de guerre soviétiques (ceux-ci ayant le plus souvent fait l'objet d'enregistrements à part) et 20.000 Divers (Tziganes et autres dont le décès aurait été enregistré par ailleurs dans des registres [195] spécifiques, ce qui est erroné puisque les morts tziganes figurent bien dans les Sterbebücher).

Les Sterbebücher, dit-il, étaient au nombre de 59 (en fait, on sait aujourd'hui qu'il y en eut 60); il y avait 1.500 noms maximum par registre (un acte de décès par page), sauf dans ceux de fin d'année, qui pouvaient en compter moins. La période couverte par les 46 registres retrouvés s'étend du 4/8/1941 au 31/12/1943, mais avec des trous; ces 46 registres contiennent 67.223 noms (soit, en moyenne, 1.461 par registre). (116)

Pressac estime le nombre total des morts comme suit:

a) tout d'abord, en ce qui concerne les 13 registres manquants, il fait 1.500 x 13 = 19.500, qu'il ajoute aux 67.223 noms trouvés dans les Sterbebücher.

b) en ce qui concerne la période antérieure au 4/8/'41, il retient 2.000 morts de mai '40 à fin '40 et 4.000 de janvier '41 à juillet '41.

c) en ce qui concerne 1944, il retient "100 décès/jour pour un effectif moyen en 1944 identique à celui du second semestre 1943" tout en faisant remarquer que la situation sanitaire s'est grandement améliorée [196] en 1944 (notamment par la mise en service d'une installation d'épouillage à ondes ultracourtes mise au point par Siemens, dont le Dr Klein de Strasbourg, relève Faurisson, avait déjà parlé et dont Pressac a retrouvé la documentation à Moscou). Ceci donne 36.000 morts pour 1944, mais, finalement, Pressac préfère retenir 30.000 morts, chiffre calculé, dit-il, par le Musée d'Auschwitz sur la base de documents en sa possession (il serait intéressant de savoir lesquels, Piper affirmant ne posséder aucun acte de décès postérieur au 31/12/'43).(117)

d) en ce qui concerne 1945, Pressac retient 1.500 morts.
Tout cela donne:

 de mai 1940 à juillet 1941   6.000
 Sterbebücher (reconstitués)  5.988 en 1941 (1.200/mois)
   45.618 en 1942 (3.700/mois)
   36.991 en 1943 (3.000/mois
mais 2.130/mois pour le 2ème semestre)
 1944 et 1945 (mi-janvier 1945)   31.500 (100/jour)
 total arrondi  126.000 morts à Auschwitz
 même, ce qui fait 274.000 survivants sur les immatriculés civils
(dont une partie mourut par la suite). Pressac, avons-nous dit, y
ajoute 15.000 prisonniers de guerre soviétiques et 20.000 autres,
ce qui donne 161.000 morts [mais sur une population de 435.000
personnes minimum].


Notre extrapolation sera:

-- pour la période de mai '40 à fin '43, reprendre l'estimation de Pressac;

[197]
- réintégrer 12 mois '44/'45 (compte tenu de ce que le camp commença à être massivement évacué à partir d'octobre '44, on peut considérer cette période comme un ensemble de 12 mois pleins maximum) à 350/500 décès par semaine, chiffre donné par ailleurs pour le "courant '44", soit 18.000/26.000; ceci correspond à un taux de mortalité mensuel moyen de 2,17%.(118)

Tout ceci donnerait un total de 113.000 à 121.000 morts. Retenons 120.000 pour tenir compte de tous les décès des prisonniers de guerre. Rappelons que cette discussion néglige le fait que nombre de déportés périrent lors de l'évacuation du camp et après.

On notera encore que, du côté des révisionnistes, Mattogno retient provisoirement un chiffre beaucoup plus élevé: entre 160.000 et 170.000 morts car, dit-il, les Sterbebücher ne reprennent pas tous les décès du camp des femmes. Il se pourrait qu'il ait raison, encore que, d'une part, on a vu que les historiens officiels ne semblent pas dérangés par ce déséquilibre des sexes dans les Sterbebücher et que, d'autre part, il existe au moins un début d'explication à ce déséquilibre.(119) Nous en reparlerons.

[198]






[199]
Après avoir effectué le calcul du nombre des morts, Piper donne un bilan complet de la déportation à Auschwitz (en milliers):

   

 Juifs

 Autres

 Total
 Déportés  enregistrés  205  195  400
   non enregistrés  890  15  905
   total  1.095  210  1.305
 Transférés   enregistrés  (103)  (85)  188
   non enregistrés  (25)  (-)  25
   total  (128)  (85)  213
 Evadés   enregistrés  (pm)  (0,5)  0,5
 Libérés  enregistrés  (-)  (1,5)  1,5
 Restés à Auschwitz  enregistrés  (7)  (1)  8
 Morts à Auschwitz  enregistrés  95  107  202
   non enregistrés  865  15  880
   total  960  122  1.082

Piper n'ayant pas ventilé certains chiffres, j'ai tenté de le faire: ces chiffres sont entre parenthèses.

Piper ventile les morts non juifs comme suit: environ 75.000 Polonais, 21.000 Tziganes, 15.000 militaires soviétiques, 5 000 autres. En ce qui concerne les sexes, je n'ai trouvé qu'une seule ventilation, celle de 402.222 immatriculés en 269.373 hommes et 132.849 femmes (Musée d'Etat, 1957, cité par Reitlinger).

Piper arrondit le chiffre des morts à Auschwitz à 1.100.000/ 1.500.000, mais sans justifier ce dernier arrondi de façon convaincante (ne fût-ce déjà que s'il y a eu 1.305.000 personnes à passer par Auschwitz, il n'a pas pu y avoir 1.500.000 morts.). En fait, il faut le comprendre: en 1986, du temps où les amis du camarade Gayssot et de très nombreux autres historiens dirigeaient la Pologne, Piper publiait encore le chiffre de "plus de 4.000.000". Moins de trois ans plus tard, le communisme ayant été balayé, il peut enfin refaire ses calculs plus sérieusement et il en trouve quatre fois moins. On devine sa gêne [200] et on peut comprendre qu'il essaie de tirer ses chiffres vers le haut. (120)

Pressac, en 1993, dit que "le travail très consciencieux" de Piper nécessite néanmoins quelques corrections:

a) Pour les décès d'immatriculés (notion assez floue chez Pressac), nous venons d'en parler: le chercheur français réduit le chiffre de Piper de 202.000 à 161.000.

b) Pressac réduit également à la baisse le nombre de Juifs déportés à Auschwitz et par conséquent celui des Juifs gazés à l'arrivée:

- En ce qui concerne les Juifs polonais et russes, Czech dit qu'il y eut 119 convois à entrer à Auschwitz. Wellers pensait qu'il y avait 5.000 Juifs par convoi; ce chiffre parut tout à fait exagéré à Hilberg qui le réduisit à 2.000, chiffre que Pressac réduit à son tour à 1.000- 1.500. De ce fait, le nombre de Juifs polonais et russes déportés à Auschwitz (623.000 pour Wellers en 1983) tombe à 150.000 environ (dont les 2/3 gazés). On notera qu'il faudrait encore réduire ces chiffres, car on peut penser que les convois venant des ghettos de Pologne étaient composés d'un certain nombre de Juifs de l'Ouest qui y avaient été déportés depuis 1939 et qui, même, dans un certain nombre de cas, avaient déjà pu passer une première fois par Auschwitz, n'y avaient pas été retenus pour le travail et avaient donc été réimplantés provisoirement dans les ghettos du Gouvernement Général; certes, un certain nombre s'étaient retrouvés en URSS, mais, probablement pas tous et, à l'occasion de la liquidation de leur ghetto, ils ont fort bien pu revenir dans ce centre de tri qu'était Auschwitz. On verra plus loin un cas un peu semblable: celui de certains "Kozeliens" qui figurent deux fois dans le chiffre des déportés internés à Auschwitz: une première fois comme Français ou Belges et une deuxième fois comme Polonais.

- Pressac, enfin, constatant que les moyens de mise à mort d'Auschwitz étaient très insuffisants pour gazer 410.000 Juifs hongrois en 2 bons mois (sans parler des autres) comme l'affirmaient les historiens, est bien obligé -- dans le but de sauvegarder le dogme -- d'admettre qu'un certain nombre des 438.000 Juifs hongrois déportés ne passèrent pas par Auschwitz et que certains autres ne firent qu'y transiter et furent aussitôt transbordés, de sorte qu'ils ne peuvent figurer dans la sta[201]tistique d'Auschwitz. En 1993, Pressac en fixait le nombre à 118.000 (soit un tiers de 438.000 -- la partie jugée apte -- moins 28.000 qui restèrent à Auschwitz et y furent immatriculés); en 1994, ainsi que nous l'avons vu, il considère que 198/278.000 ne passèrent pas par Auschwitz.

Le bilan de la déportation à Auschwitz pour Pressac est donc (à l'arrondi près et en milliers):


 

 Juifs

 Non-Juifs

 Total
 Déportés enregistrés  200  200  400
   non enregistrés  470/550  (35)  (505/585)
   total  670/750  (235)  (905/985)
 Morts  enregistrés  (63)  (63)  126
   non enregistrés  470/550  35  505/585
   total  (533/613)  (98)  631/711

 

Pressac arrondit ce dernier chiffre à 630/710.000 (les chiffres entre parenthèses sont de moi et non de Pressac).

Pressac, comme on l'a vu et contrairement à ce que fait Piper, exclut des 400.000 immatriculés et des Sterbebücher, les prisonniers de guerre soviétiques, Les Tziganes et quelques autres: il doit avoir en partie tort.

En retenant le chiffre de Mattogno pour la Hongrie et plus généralement la thèse révisionniste, on pourrait arriver au bilan approximatif suivant (en milliers) de la déportation à Auschwitz:

     Juifs   Non-Juifs   Total
 Déportés  Enregistrés  205  195  400
   Non enregistrés  485(·)  15  500
   Total  690  210  900
 Morts  Enregistrés  40  70  110
   Non enregistrés  -  10  10
   Total  40  80  120
 (·) Sont donc exclus des "déportés à Auschwitz" un certain nombre de Juifs hongrois pour la raison qu'ils n'y firent qu'y transiter; par contre, y figurent un certain nombre de Juifs d'autre origine (dont 16.000 Belges) bien qu'eux aussi ne firent qu'y transiter sans même, le plus souvent, entrer dans le camp. Cette statistique manque donc de cohérence, mais, pour le moment, on ne peut faire mieux.



[202]

Répétons encore une fois qu'en sus de ces quelque 120.000 détenus morts à Auschwitz même, un grand nombre des 400.000 immatriculés sont morts ailleurs. Ceci s'explique par le fait qu'au moment de la libération d'Auschwitz en Janvier '45, l'armée allemande n'était qu'en retraite: sa logistique et notamment ses services de santé étaient encore suffisamment organisés pour permettre la survie de ces foules de prisonniers; par contre, en avril et mai '45, toute cette organisation avait été détruite à l'exception, malheureusement, de la garde des camps et ce fut la catastrophe. Quant au demi-million de non-immatriculés (presque tous Juifs), comme on l'a vu, il est impossible, du moins à notre niveau, de savoir combien ont survécu: il est à craindre que ceux d'entre eux qui ont été réimplantés en URSS aient disparu sans exception (soit qu'ils soient morts sur le lieu de leur réimplantation soit qu'ils aient été déportés en Sibérie) et que ceux qui ont été transférés dans les camps de l'Ouest (surtout des Hongrois) aient connu les lourdes pertes qu'ont connues les détenus juifs qui les ont suivis peu après et les détenus non juifs qu'ils rejoignaient.

Nous terminerons cette annexe par quelques considérations sur le calcul de l'évolution de la mortalité à Auschwitz.

Officiellement, avons-nous vu, les morts repris dans les Sterbebücher font partie d'un ensemble de 385.000 immatriculés, soit, selon Piper:

 205.000  Juifs   21.000  Tsiganes
 137.000  Polonais  25.000  Autres
     388.000   arrondis à 385.000

 

Les prisonniers de guerre russes (12.000 immatriculés auxquels il faudrait, dit Piper, ajouter 3.000 non-immatriculés, peut-être des commissaires politiques?), avaient leur propre registre mortuaire (le "Totenbuch"), du moins, selon Czech, jusqu'à fin février '42 (8.320 noms). On nous dit qu'ils moururent pratiquement tous mais on ne nous dit pas dans quel registre étaient notés leurs décès après cette date. Toutefois, il y a un doute; en effet, la mention "überstellt" qui figure parfois en regard du nom des prisonniers de guerre et qui signifie "transféré" a été assimilée par les historiens à "décédé" voire "mis à mort", ce qui est dogmatique et peut-être erroné.

En plus de ceux que nous avons comptés dans les 385.000, il y eut, [203] dit Piper, 10.000 Polonais (probablement des résistants condamnés à mort) et 2.000 Tziganes à entrer au camp sans être immatriculés: leur décès éventuel a donc dû être enregistré également dans les Sterbebücher (c'est le cas pour les résistants, selon Grotum et Parcer).

Il y eut enfin les Juifs non immatriculés:

- tout d'abord, ceux qui sont morts dans les trains qui les emmenaient à Auschwitz: les historiens disent qu'ils furent parfois très nombreux (mais n'est-ce pas là une exagération de plus?); quand on connait la méticulosité des militaires allemands, on ne doute pas que ces décès aient été enregistrés (et où ailleurs que dans les Sterbebücher?).

- enfin, il y eut, en 1944, les Juifs (surtout des Hongroises) qui furent internées au "Durchgangslager " en attendant qu'il soit statué sur leur sort: les historiens disent qu'ils furent au nombre de 50.000 dès juin 1944, cet effectif étant renouvelé à mesure où ils étaient transférés dans d'autres camps et le solde au 1/10/'44 (17.210 femmes) étant incorporé dans l'effectif du camp sans immatriculation individuelle. Ces hommes et ces femmes moururent, bien entendu, dans la même proportion que les détenus immatriculés et leur mort a dû être enregistrée dans les Sterbebücher de 1944.

De la sorte, les registres -- connus et inconnus -- des morts d'Auschwitz reprendraient les décès survenus dans une population très supérieure à 400.000 détenus.

Cette mise au point faite, disons qu'il est difficile de reconstituer les éléments du calcul du taux mensuel de mortalité:

Pour les décès, on ne dispose pas de registres pour la période antérieure à août '41 et pour 1944: pour ces périodes, on a des données très fragmentaires extraites du Kalendarium et qui sont peu exploitables, ne fût-ce qu'en raison du dogmatisme dont Czech est coutumière. On a vu que, pour 1944, Pressac retenait 100 morts par jour mais que nous retenons plutôt 350/500 décès/semaine à un moment où la population d'Auschwitz devait être de 100.000 détenus, voire plus, et ceci, faute de mieux, pour toute l'année 1944. En fait, la population immatriculée fut de 85.000 au 1/1/'44, tomba à 67.000 en avril pour remonter à 105.000 en septembre (sans tenir compte des 50.000 non-immatriculés du Durchgangslager, car avec eux, il y eut plus de 150.000 détenus à cette époque) et probablement encore plus en octobre, juste avant l'évacuation massive du camp. A fin '44/début '45, enfin, il y avait 67.000 détenus enregistrés au camp, lequel fut évacué à la mi-janvier [204] (à l'exception de 8.000 détenus qui, le plus souvent pour des raisons de santé, choisirent d'attendre les Russes).

Il y a également beaucoup de difficultés à reconstituer mois par mois les effectifs du camp (ce qui manque le plus -- et c'est curieux -- ce sont surtout les chiffres des transferts dans d'autres camps).

Ceci signifie que les taux que nous avons calculés sont approximatifs, puisque nous avons dû retenir les seuls Sterbebücher pour fixer le chiffre des décès et puisque ce chiffre des décès reprend des détenus qui ne font pas partie des populations enregistrées. Toutefois, on peut essayer de faire ce calcul de façon crédible pour la période '42 à '44, laquelle englobe la période au cours de laquelle les Juifs furent internés à Auschwitz. On constate qu'en 1942, ce taux de mortalité mensuel(121) a été de 7,35% en janvier; ce chiffre, déjà effrayant, allait monter à 31,23% en septembre '42 au moment où la première grande épidémie de typhus avait atteint son paroxysme. On comprend les raisons de l'horreur qui frappait le professeur Kremer, qui venait tout juste d'arriver à Auschwitz et qui, selon Grotum et Parcer, signa à lui tout seul et en deux mois et demi 10.250 actes de décès: près d'un tiers des détenus présents au ler septembre '42 sont morts dans le mois et il n'est pas besoin de chambres à gaz pour expliquer l'horreur qu'il a ressentie et qu'il a notée dans son journal (voir tome 1). Le chiffre baissa ensuite très rapidement avec, tout de même, une nouvelle poussée en mars '43 (nouvelle épidémie très vite jugulée); à la mi-'43, le taux était retombé à 3 ou 4% et à la fin de l'année '43, il était de l'ordre de 2%.(122) Pour 1944, nous avons donc retenu 67 morts par jour pour 100.000 détenus, soit 1,85% par mois.

[205]

 

 


MORTALITE A AUSCHWITZ

mois d'arrivée à Auschwitz.

taux de mortalité mensuel.

 rescapés en % à la fin du mois de l'effectif du convoi au début du mois.

rescapés en % des convois à fin décembre 1944.*
 1/1942  7,35  92,65  4,12
  2  8,12   91,88  4,44
 3  18,03   81,97  4,84
 4  15,79   84,21  5,90
 5  17,04   82,96  7,01
 6  19,17   80,87  8,44
 7  20,86 79,14 10,44
 8  23,59  76,41 13,19
 9  31,23 68,77  17,27
 10  16,87 83,13  25,11
 11  14,19 85,81  30,21
 12  10,70 89,30  35,20
 1/1943  9,54  90,46  39,42
  2  8,20  91,80  43,58
 3  16,39  83,61  47,47
 4  4,88  95,12  56,77
  5  3,80  96,20  59,68
 6 4,27  95,73  62,05
 7  2,57  97,43  64,82
 8  2,07  97,93  66,53
 9  2,58  97,42  67,93
 10  2,05  97,95  69,73
 11  1,69  98,31  71,19
 12  5,78  94,22  72,41
 1/1944  2,17  97,83  76,85
 2  2,17  97,83  78,55
 3  2,17 97,83  80,30
 4  2,17 97,83  82,08
 5  2,17 97,83  83,90
 6  2,17 97,83  85,76
 7  2,17 97,83  87,67
 8  2,17 97,83  89,61
 9  2,17 97,83  91,60
 10  2,17 97,83  93,63
 11  2,17 97,83  95,71
 12  2,17 97,83  97,83
 * Ce dernier chiffre, nous en sommes bien conscients, est très théorique, car on peut considérer que les détenus qui avaient résisté aux épidémies lors de leur arrivée, étaient les plus résistants de leur groupe et donc, que leurs chances de survie étaient bien supérieures à celles qu'indique notre tableau.


[206]
Ce tableau se lit comme suit: par exemple, d'un convoi arrivé à Auschwitz au ler février '43 (1), 8,20% des immatriculés sont morts dans le mois (2): il en restait donc 91,80 % (3); de ces 91,80 %, 16,39 % sont morts en mars '43 (2) et ainsi de suite...; de la sorte, à fin '44, à la sortie d'Auschwitz, il n'aurait dû y avoir que 43,45 % des déportés de ce convoi encore en vie (4).

Annexe 9
NOTES SUR LA DEPORTATION DES JUIFS DE BELGIQUE

Les historiens nous disent qu'il y avait à la déclaration de guerre environ 90.000 Juifs en Belgique, dont moins de 5.000 de nationalité belge. Selon Hilberg, un tiers s'enfuirent à l'arrivée des Allemands (la moitié selon une source officielle belge de 1947). Et les 10.000 Juifs déportés par les Belges en France avec d'autres ressortissants du Reich?

D'après M. Steinberg, seuls 1.000 d'entre eux seraient restés emprisonnés en France. En fin '40, les Allemands en expulsèrent 8.000 (surtout des Juifs allemands) en France. De la sorte, il n'en serait resté que 52.000 (42.000 selon la source officielle de 1947) lorsque, en 1942, les Allemands décidèrent de les déporter vers l'Est. De cet ensemble, 24.906 (et 351 Tziganes) furent déportés de Belgique vers l'Est pour motif racial. Parmi ces Juifs, 9.285 adultes furent mis au travail (1.380 hommes à Kozel, 5.017 hommes et 2.888 femmes à Auschwitz), les autres (dont 4.918 enfants) ayant été gazés dès leur arrivée. 67 % furent déportés en 1942, 24 % en 1943 et 9 % en 1944. Il en revint seulement 1.193, soit moins de 13 % de ceux qui avaient été mis au travail ou encore moins de 5 % du total des déportés: c'est donc que tous les autres sont morts du fait de cette déportation.(123) Nous avons [208] donné à la page 71 le pourcentage (par convoi) de Juifs déportés de Belgique qui ont été officiellement rapatriés. Les conclusions qu'en tirent les historiens sont:

1. le faible pourcentage général s'explique par le gazage de la majorité des arrivants à Auschwitz;

2. l'écart entre les premiers et les derniers convois reflète pour une grande part le temps qu'il fallait pour mener à terme l'extermination par le travail de ceux qui, étant jugés aptes au travail, n'étaient pas gazés à l'arrivée.

Il est évident qu'une déportation de civils en temps de guerre ne peut que tourner au drame; dès lors, on peut admettre a priori qu'une grande partie de ces malheureux déportés sont morts, mais, comme dans cette affaire, les historiens mentent ou se trompent sans arrêt, il convient de vérifier l'ordre de grandeur qu'ils nous donnent de ce drame. Nous allons donc essayer de répondre à quelques questions qu'on peut légitimement se poser:

pour ce qui est du faible pourcentage des rescapés:
1. Cette statistique ne contient-elle pas quelque vice de forme?
2. Et si les Juifs déportés avaient émigré à leur retour en Belgique?

3. Et s'ils n'étaient pas revenus pour la raison que les Soviétiques les auraient retenus voire déportés en Sibérie?

pour ce qui est de l'écart entre les premiers et les derniers convois:

4. N'est-ce pas là le reflet des possibilités de réimplantation en URSS compte tenu de l'évolution de la situation militaire?

5. La grande épidémie de typhus de 1942 n'expliquerait-elle pas cet écart?

----

1. La statistique officielle belge est-elle au-dessus de tout soupçon?

a) Il y a déjà à dire sur la définition du mot "décédé": les déportés qui ne se sont pas manifestés ont été déclarés "décédés", souvent après jugement. Certes, on ne pouvait guère adopter d'autre définition mais il faut bien convenir que des rescapés ont dû passer entre les mailles de cette définition. Dans une recherche dont nous allons parler tout de suite sur les Juifs déportés à Vittel, on relève ainsi que, dans trois cas, l'un de deux conjoints déportés et revenus ensemble (les époux K.-P., les époux W.-H. et les époux N.-R.) a été déclaré mort. Bref, si on sait à [209] coup sûr qui est revenu et qui est mort (dans un certain nombre de cas), on ne sait pas la plupart du temps ce que sont devenus les déportés et les historiens ont tort de faire croire qu'ils sont morts, dès lors qu'ils ne sont pas manifestés.

b) En dehors des Juifs déportés à Auschwitz, il y eut quelques petits convois à destination de camps allemands et deux petits convois de juifs dits protégés déportés à Vittel (France) en 1944.(124) La statistique officielle belge, relayée par Serge Klarsfeld et Maxime Steinberg dans le "Mémorial de la déportation des Juifs de Belgique", indique que sur les 72 juifs de ces deux convois, 15 ne sont pas revenus et sont donc présumés morts en déportation: ils font partie des fameux 6.000.000. Or, en 1990, un chercheur bruxellois en a retrouvé 3. Poursuivant cette recherche, un autre chercheur belge en a encore retrouvé 8 autres, étant bien entendu que les 4 qu'il n'a pas retrouvés ne sont à coup sûr pas morts du fait de leur déportation ainsi que l'attestent divers chercheurs. Qu'étaient donc devenus ces disparus?:

Victor B. était parti en Israël puis était revenu en Belgique.

Rachel H., Antonia R., Irma S., Léopold W. étaient revenus en Belgique et, apparemment, y étaient restés.

Lucien G. était revenu en Belgique, puis était parti en France pour revenir définitivement en Belgique,

Luciana G. était retournée en France, où elle était domiciliée.

Georges P. était retourné s'installer en Angleterre, où il était né.

Rywa R. était retournée en Allemagne puis était revenue en Belgique.

Hanna R. était revenue en Belgique puis avait émigré en Hollande.

Annie K. était partie en Israël.

Quant à Chawa W., Ephraïm P., Suzanne P. et Rosie Z., on n'a pas pu les retrouver bien qu'il soit certain qu'ils ne sont pas morts en déportation (probablement sont-ils partis à l'étranger).

Bien entendu, on se gardera d'extrapoler cette réapparition de gens [210] déclarés morts: Auschwitz n'était pas Vittel, hélas. Peut-être objectera-t-on que la statistique officielle a tout de même enregistré pour les Juifs déportés à Vittel une proportion de retours beaucoup plus grande que pour les Juifs déportés à Auschwitz: mais là aussi, on doit se garder de toute extrapolation, car les Juifs de Vittel sont probablement revenus en groupe et à coup sûr d'un camp très proche de Bruxelles. Les juifs déportés à et via Auschwitz, eux, ont été éparpillés du Rhin au Golfe de Finlande et à la Mer d'Azov si pas au Cercle polaire et aux steppes d'Asie centrale et il est évident que les rescapés n'avaient pas à réapparaître inévitablement à Bruxelles comme les Juifs de Vittel.

L'administration belge a sans doute effectué un "travail administratif remarquable et apparemment unique en Europe" ainsi que l'affirme M. Steinberg; toutefois, l'exemple que nous venons d'exposer (et qu'on se gardera bien d'extrapoler, répétons-le) démontre que son travail n'est pas à l'abri de la critique et d'une éventuelle révision; le contraire serait d'ailleurs étonnant.

c) D'autres vérifications sont faciles à faire, par exemple sur les 10 membres de la délégation qui représenta la Belgique au procès Höss en 1947 à Cracovie. Cette délégation était composée d'anciens déportés qui, on peut le supposer, avaient été pour la plupart non seulement déportés à Auschwitz mais, de plus, déportés au départ de Malines pour motif racial (les autres déportés l'ont été à titre individuel -- par exemple, pour faits de résistance -- et ne figurent pas dans le Mémorial de la déportation des Juifs de Belgique, même s'ils sont allés à Auschwitz: ils sont toutefois peu nombreux). Ce sont, d'après la presse de l'époque:

1. Raymond Rivière, dont nous avons déjà parlé dans le tome 1; il présidait la délégation au procès. Bien qu'il soit allé à Auschwitz, il ne figure pas dans le Mémorial, car, n'étant ni Juif ni Tsigane, il fut déporté à titre individuel pour faits de résistance.

2. W.: tous les W. du Mémorial sont présumés morts.

3. A.B.: un seul A.B. figure dans le Mémorial: il est présumé mort.

4. D.: pas de D. dans le Mémorial.

5. K.: pas de K. dans le Mémorial.

6. T.: pas de T. dans le Mémorial (sauf des femmes).

7. W.: tous les W. du Mémorial sont présumés morts.

8. R.: tous les R. du Mémorial sont présumés morts.

[211]

9. M.: tous les M. du Mémorial sont présumés morts sauf un seul, Alfred M. Est-ce celui-là?

10. Mme H.: pas de H. dans le Mémorial.

Certes, il faut être prudent: outre la réserve déjà faite, il faut tenir compte des changements de noms et de prénoms ainsi que des erreurs dans l'orthographe de ces noms; mais, tout de même, on admettra que cette délégation est bien curieuse.(125)

d) Jusqu'il y a peu, un certain nombre de déportés, sélectionnés en gare de Kozel un peu avant Auschwitz, figuraient dans la statistique des "présumés gazés à l'arrivée [à Auschwitz]" (tout en pouvant, il est vrai, figurer parmi les "revenus"). Ils auraient pu être 1.380 Belges dans ce cas. S'apercevant de leur bévue, les historiens la réparaient dans une statistique publiée en 1994. Dans ces "Kozeliens", naguère "présumés gazés à l'arrivée à Auschwitz" pourraient figurer (s'ils avaient été déportés par Malines) deux Anversois dont nous reparlerons (Tobiasz S. et Abraham K.).

Bien que cela n'ait rien à voir avec la statistique belge, on notera en outre que le cas du premier est particulièrement intéressant car il est un bel exemple de ces doublons dont nous parlions dans l'examen du rapport Korherr et qui caractérisent la statistique de la déportation des Juifs; en effet, ce déporté belge (en fait, il était apatride d'origine polonaise) figure deux fois dans la statistique des déportés d'Auschwitz: une première fois comme Juif de France (déporté de Drancy en 1942) et une deuxième fois comme Juif de Pologne (il fut transféré à Auschwitz du camp de travail de Szopienice le 2/11/1943).

[212]

Il n'est, bien entendu, pas seul à être dans ce cas: par exemple, le jour suivant et venant lui aussi de Szopienice, un autre témoin belge bien connu, Nathan R., arrivait à Auschwitz; lui aussi est compté deux fois ainsi que, peut-être bien, les 3.000 détenus entrés à Auschwitz ces deux jours-là.

e) On peut opposer à la statistique belge la statistique globale d'Auschwitz (Juifs uniquement). La comparaison entre ces deux statistiques donne à penser que l'assimilation qu'on fait entre "rapatriés en Belgique" et "rescapés" pourrait être abusive.

en milliers et
arrondis
 total Juifs (Pressac 1994)  dont Juifs "belges"
     %1  %2    %1  %2
 déportés  670/750  100    24,9  100  
 1. gazés à l'arrivée  470/550  70/73    17,5  70  
 immatriculés  200  30/27  100  8,1  33  100
 dont -morts  (63)  10/9  31,5  6,9  28  85
  -rescapés  (137)*  20/18  68,5  1,2** 5 15
 2. morts  (533/613)  80/82    23,7  95  
 rescapés  (137)*  20/18    1,2**  5  
 * au sortir d'Auschwitz: y compris ceux qui ont perdu la vie par après.
** à la libération des camps: ce chiffre tient compte de la mortalité après Auschwitz; la comparaison entre ces deux séries pourrait sembler boiteuse mais elle reste licite, car pareil écart ne peut s'expliquer de cette façon. Si c'était le cas, les historiens devraient nous le dire et nous le dire clairement: ceux qui sont morts ne sont pas morts à deux endroits différents et s'ils sont morts en plus grand nombre ailleurs qu'à Auschwitz, on en tirerait la conclusion qu'Auschwitz n'était donc pas le camp d'extermination qu'ils nous décrivent.

Une question se pose après lecture de ce tableau: pourquoi 5% seulement des Juifs de Belgique seraient-ils revenus contre 18/20% pour l'ensemble des Juifs? Pourquoi 15% seulement des immatriculés de Belgique seraient-ils revenus contre 68,5% pour l'ensemble des immatriculés? (Ces comparaisons supposent bien entendu que 470/550.000 Juifs aient été gazés à l'arrivée, ce que contestent les révisionnistes). En d'autres termes, si 68,5% des immatriculés sont sortis d'Auschwitz, quelque 5.500 Juifs belges auraient dû être dans ce cas et s'il n'en est réellement rentré que quelque 1.200, c'est donc qu'il en est mort davantage sur 6 mois dans les camps de concentration "ordinaires" pour [213] non-Juifs de l'Ouest qu'en plusieurs années dans le camp d'extermination des Juifs d'Auschwitz!

Ceci est confirmé par une autre comparaison, celle des effectifs des détenus hommes juste avant l'arrivée des Soviétiques: à ce moment-là, malgré l'évacuation massive des détenus depuis octobre 1944, il y avait encore:

à Auschwitz I (et ses sous-camps) et à Auschwitz II (Birkenau) le 17/1/'45, c'est-à-dire 10 jours avant la libération du camp et à la veille de la dernière grande évacuation, 15.317 hommes, soit 4.215 non-Juifs (dont 32 Belges) et 11. 102 Juifs (dont 268 Belges soit 1,7%)

à Auschwitz III (Monowitz) le 13/1/1945, 9.806 hommes, soit 752 non-Juifs (dont aucun Belge) et 9.054 Juifs (dont 189 Belges soit 1,9%)

dans les sous-camps d'Auschwitz III, le 17/1/'45, quelque 23.231 hommes, dont on n'a malheureusement pas la ventilation, mais il serait étonnant qu'il n'y ait pas eu de Juifs belges parmi eux: en admettant qu'il y en ait eu la même proportion qu'ailleurs, il y en aurait eu quelque 423.

au total, il y avait donc encore à Auschwitz à la mi-janvier 1945, 48.354 hommes dont vraisemblablement 880 Juifs belges. En fait, par "Belges", il faudrait entendre "de Belgique", sinon on aboutirait à une conclusion absurde. Tout ceci donne le tableau suivant, qui, rappelons-le, ne concerne que les hommes.

 en milliers

 total Juifs et non-Juifs
(Pressac 1994)
 dont Juifs "belges"
     %l  %2    %1  %2
 -- immatriculés  250,8* 100,0    5,2    100,0
 -- morts à Auschwitz  -75,2  30,0        100,0
 -- survivants à Auschwitz  175,6  70,0  100,0      
 soit -- transférés * *  127,2  50,7  72,4      
 -- encore à Auschwitz
à la mi-janv.'45***
 48,4 19,3  27,6  0,9 16,5  
 * Nous supposons qu'il y a eu, comme chez les déportés de Belgique, 62,7% d'hommes dans le total des immatriculés hommes + femmes. Nous supposons de plus que les sexes sont représentés de façon égale dans les immatriculations et les décès, ce qui est loin d'être sûr.
 ** Déduction (soustraction de la ligne 1 de la ligne 3)
 *** Nous supposons que les Juifs "de transit" étaient déjà tous transférés: cela ne modifie pas le raisonnement.

Ce calcul, il est vrai, contient beaucoup d'aléas et, de plus, il porte sur des marges: son résultat mériterait d'être assorti d'un intervale. Pourrait-on quand même, sur cette base fragile, se demander pourquoi il ne serait rentré en Belgique que 718 hommes belges alors qu'il en restait encore 880 à Auschwitz à la mi-janvier 1945 et qu'il abvait dû en être évacué bien davantage auparavant, notamment depuis octobre 1944? De deux choses l'une:

ou bien les juifs déportés et immatriculés à Auschwitz et qui ont perdu la vie, l'ont perdue dans la plupart des cas après leur départ de ce camp. C'est là une révision de l'histoire et les historiens doivent l'accepter et le dire. Comme le suggère l'examen du témoignage de certains rescapés belges, beaucoup des non-réimplantés sont morts non pas à Auschwitz mais dans d'autres camps et un travail élémentaire sur les archives de la Croix-Rouge internationale à Arolsen permettrait de préciser ce point. Mais souhaite-t-on établir une vérité qui pourrait être dérangeante?
- ou bien la statistique belge officielle est erronée.

On peut étendre cette remarque à l'Europe occidentale, c'est-à-dire à l'ensemble France, Pays-Bas, Belgique et Luxembourg (juifs uniquement mais hommes et femmes):

 en milliers

déportés

immatriculés

rescapés
     %1 %2 %1 %2
 Europe occidentale  155 100  e51** 100 4,5* 3 9
 Autres*** 515/595 100 149 100  132,5 26/22 89
 Total 670/750 100 200 100 (137) 20/18 68
 * y compris un certain nombre de déportés qui ne sont pas passés par Auschwitz.
** estimations
*** déductions

f) Nous avons aussi relevé dans ce que disent les rescapés (ils sont 13) dont le Bulletin de la Fondation Auschwitz a publié le témoignage, le sort qu'ont connu leurs proches et amis ou simplement co-détenus. Nous n'avons pris en compte que ceux qui étaient "de Belgique" et qui étaient clairement identifiés par ces témoins; enfin, nous avons assimilé les "non-revenus" aux morts. Sur 98 "juifs de Belgique" citész (100%):

- 31 (32%) n'ont pas été déportés (dont un a été fusillé et un autre est mort sous un bombardement anglais);
- 37 (68 %) (100%) ont été déportés vers Auschwitz (dont deux par la Hollande);
- 24 (24%) (36%) sont morts ou ne sont pas revenus (cinq à Auschwitz, trois après et seize à un endroit non précisé);
- 34 (35%)(51%), à coup sûr, sont revenus;
- 9 (9%) (13%) ont connu un sort non précisé.

D'une part, cette statistique, bien entendu, ne rend pas compte des séquelles physiques et psychiques, parfois graves, chez certaines rescapés. D'autre part, on se gardera bien d'extrapoler dans un sens ou un autre, car cette approche est discutable, sans compter que la plupart des témoins en question ont été déportés tardivement (ce dont on pourrait peut-être déjà tirer une conclusion?): de la sorte, cette statistiques reflète probablement davantage le sort réservé aux derniers convois (ce sort fut moins malheureux du fait qu'ils échappèrent à la terrible épidémie de typhus de 1942). Néanmoins, ne pourrait-on en tirer la conclusion que la statistique officielle, même limitée aux derniers convois, pourrait être erronée, encore qu'il n'est pas niable que le bilan de la déportation des juifs de Belgique a dû être des plus tragiques?

A l'examen de ces points 1a) à 1f), il semble donc permis de se demander si le nombre des rescapés ne pourrait pas être supérieur au chiffre officiel. De combien? Il est probable qu'il en est rentré plusieurs fois plus. Mais l'ordre de grandeur dun br des disparus -- car c'est bien de cela qu'il s'agit -- en serait-il modifié pour autant? On peut craindre que non: qu'il en soit mort, par exemple, 75% au lieu de 95% ne modifierait pas le caractère catastrophique de la déportation.

[216]
2. Les rescapés n'auraient-ils pas émigré en masse?

a) Les Juifs déportés de Belgique n'étaient pas Belges; c'étaient pour la très grande majorité des réfugiés d'Europe centrale et orientale.(126) Ne parlant souvent ni français ni flamand, ils vivaient, regroupés par nations, en marge de la société belge, y compris du judaïsme belge. Pour eux, Bruxelles n'était qu'une étape sur le chemin de l'Amérique, à laquelle ils rêvaient souvent. Plus tard, ceux qui furent déportés en rêvaient encore dans leurs baraquements au point de donner les noms de "Canada" et "Mexico" à certaines parties d'Auschwitz. Tous les internés, dit Wiesel, ne parlaient que de quitter l'Europe, où ils avaient tant souffert. Il est évident qu'il ne fallait pas s'attendre à les voir tous réapparaître à Bruxelles ou Anvers: l'affirmation officielle selon laquelle sur les quelque 1.300 Juifs rescapés, seuls 15 ont été retrouvés à l'étranger est a priori contestable et même tout à fait inacceptable. Dès lors, pris en mains par les organisations sionistes, la plupart des rescapés auraient pu choisir de partir outre-mer, notamment en Palestine, loin de cette Europe inhospitalière.

Certes, il y eut un convoi (le XXIIb) entièrement composé de Juifs de nationalité belge dont très peu sont officiellement revenus, mais c'étaient des Belges de fraîche date dont l'ancrage en Belgique pouvait n'être pas plus solide.(127)

b) Des débuts de preuve de cette émigration des Juifs est-européens réfugiés en Europe occidentale sont à la portée de tous: il suffit, par exemple, de lire la rubrique nécrologique de son journal: les proches du défunt sont souvent disséminés dans le monde entier.

Même les Juifs non déportés ont souvent émigré: égrenant ses souvenirs dans le Bulletin de la Fondation Auschwitz (oct.-déc. '89), P.L. fait le compte des Juifs que ses parents avaient connus et souvent aidés à Bruxelles avant et pendant la guerre:

-- Walther K. était retourné en 1938 en Autriche, d'où il était parti en
[217]
Australie: il y avait changé de nom, avait fait la guerre en Afrique puis en Allemagne; enfin, il s'était fixé en Angleterre.
-- Otto M. aurait réussi à gagner Israël.
-- Kurt et Trudl G. finirent par arriver aux USA.

-- Maurice X. est finalement rentré en Autriche, où il a exercé une fonction importante dans la police.

-- Le docteur Viktor S., après un périple, est arrivé aux USA.
-- Les N. sont retournés en Allemagne.
-- La petite Greta F. a changé de prénom et de nom et vit en Belgique.
-- Alex et Dora B. ont été retrouvés à Paris.
-- Certes, P.L. n'a pas eu de nouvelles de H., ni des A., des L., des S., des F. et "d'autres", sans qu'il affirme qu'ils aient été déportés (il a dû le vérifier, je suppose) et en soient morts. Tout simplement, ils n'ont pas donné signe de vie et il n'y aurait là rien d'anormal.

Si tant de Juifs qui résidaient en Belgique peu avant et pendant la guerre, l'ont quittée sans avoir été déportés ni, donc, exterminés, pourquoi les Juifs de Belgique déportés y seraient-ils revenus? On notera que, malgré cette émigration et les déportations, on comptait environ 40.000 Juifs en Belgique après la guerre: ceci montre l'extraordinaire mobilité des populations juives à cette époque.(128)

c) On notera qu'une partie non négligeable de ces 24.906 "Juifs déportés de Belgique" n'étaient même pas domiciliés en Belgique, soit que:

-- ils y résidassent illégalement (en 1939, selon certaines sources, il y eut jusqu'à 110.000 Juifs en Belgique dont 60.000 illégaux; les autorités belges en avaient bien expulsé un certain nombre mais il devait en rester).

-- ils fussent simplement de passage, en route pour l'exil, au moment de leur arrestation: ce fut le cas de nombreux Hollandais (6.000 d'entre eux avaient passé la frontière belge, selon Reitlinger, et 2.221 furent déportés par Malines). C'est aussi, par exemple, le cas de Luciana G. dont nous avons déjà parlé: domiciliée en France, elle fut arrêtée en Belgique, déportée par Malines vers Vittel et à sa libération, elle rentra chez elle, probablement sans rnême passer par la Belgique.

[218]

- ils aient fait partie des 815 (ou 748?) Juifs du Nord de la France dont un contingent de 516 Juifs incorporé au convoi IX (durant la guerre, deux départements français étaient rattachés administrativement à Bruxelles).

Il est compréhensible que les autorités belges n'aient pu enregistrer le "retour" (en Belgique) des rescapés de ce groupe. La situation inverse existe aussi, bien entendu: par exemple les deux Anversois dont nous avons déjà parlé, Tobiasz S. (principal témoin du documentaire "Les derniers témoins" diffusé par la RTBF en 1992 et qui a accompagné le premier ministre belge à Auschwitz en 1995) et Abraham K. (qui fut, un temps, co-responsable d'une association de rescapés et d'ayants droit) furent déportés par Drancy (France) mais quand ils revinrent d'Auschwitz, ils regagnèrent Anvers et il n'est pas étonnant que les autorités françaises n'aient pas enregistré leur "retour" (en France): ils faisaient, dès lors, partie des 73.500 Juifs de France exterminés. Bien que nous n'ayons pas examiné la statistique française, il vaut la peine de s'arrêter un instant au convoi n·25 dont faisaient partie nos deux Anversois: sur les 1.000 déportés de ce convoi, les autorités [219] françaises n'en ont retrouvé que 2 dont un Juif de Belgique rentré en France. Klarsfeld, de son côté, en retrouva 6 de plus "rentrés directement en Belgique en 1945" dont nos deux Anversois, ce qui fait qu'il y a -- provisoirement -- 8 rescapés (dont 7 "Belges").

Or, ces 7 "Belges" faisaient partie d'un contingent "belge" probablement très minoritaire dans ce convoi et il n'est pas pensable que la proportion des rescapés soit moindre dans les autres contingents nationaux (Français, etc...) composant ce convoi: ceci signifie qu'il en est rentré beaucoup plus qu'un seul de ces autres contingents, au point de changes l'ordre de grandeur du nombre de rescapés de ce convoi. Si Klarsfeld avait pu faire le tour du monde des administrations compétentes, combien de rescapés supplémentaires n'aurait-il pas retrouvés?(129)

Il n'y a aucune raison de penser que ce qui vaut pour la France ne vaut pas pour la Belgique: il devrait donc être rentré davantage de déportés que ne le dit la statistique officielle, dans les convois partis de Malines.

d) Un autre exemple: il y eut, bien entendu, des évasions des convois partis de Malines: un peu plus de 500 sur le territoire belge, dont 343 réussies. Ces 343 évadés ne figurent pas dans la statistique belge de la déportation, c'est vrai,(130) mais là n'est pas le problème: ce qu'on en retiendra, c'est qu'après la guerre, les Autorités belges n'en ont retrouvé que 154, c'est-à-dire même pas la moitié (45% exactement) et sans qu'on puisse dire non plus que les 189 autres avaient été exterminés, puisqu'on n'avait pas retrouvé leur trace. Pourquoi, dès lors, aurait-on dû nécessairement retrouver la trace de plus de 45% des déportés?

A l'examen de ces points 2a) à 2d), on retire l'impression que certains rescapés sont à rechercher à l'étranger.

[220]

3. Les Soviétiques n'auraient-ils pas interdit la sortie d'URSS à ceux qui avaient été réimplantés? Et même, ne les auraient-ils pas déportés en Sibérie?

Nous avons dit plus haut tout ce qu'il fallait en penser: ce n'est pas impossible mais on ne possède qu'un seul indice (celui des 8.000 "Parisiens" d'Ukraine) et c'est peu. Cela ne changerait toutefois rien au drame, encore qu'on puisse se demander si le sort de ces malheureux ne doit pas être considéré comme plus abominable encore que celui décrit par l'histoire officielle. Sans compter qu'entre Auschwitz et les kolkhozes soviétiques où les inaptes survivants furent réimplantés, beaucoup avaient dû mourir dans des conditions pitoyables.

4. L'écart entre les premiers et les derniers convois ne reflète-t-il pas l'évolution de la situation militaire dans l'Est européen, les possibilités de réimplantation en URSS, lesquelles étaient complètes en '42, tendant vers zéro au fur et à mesure où les Allemands reculaient?

L'augmentation brusque pour 1944 du pourcentage de Juifs revenus en Belgique (il y a visiblement discontinuité dans le temps) et cela au moment où, nous dit-on, l'extermination avait atteint son paroxysme (jusqu'à 24.000 gazages par jour au printemps et à l'été '44) pourrait peut-être s'expliquer de cette façon.

Mais, disent les historiens, la preuve qu'il y avait des gazages est le fait que tous les Juifs revenus en Belgique avaient été immatriculés à l'arrivée à Auschwitz. Cela pourrait être troublant, mais on peut s'étonner de l'affirmation des historiens; en effet, l'examen attentif de la statistique officielle nous prouve qu'on ne gazait pas forcément tous les non-immatriculés: ainsi dans le XXIIIème convoi du 15/1/'44, y avait-il 309 hommes adultes, dont 139 furent "immatriculés", tous les autres étant "présumés gazés à l'arrivée".(131) Or, la même statistique indique que 142 hommes adultes furent "identifiés à Auschwitz ou autres camps" par la Croix-Rouge: on en a donc retrouvé plus que les SS n'en auraient épargné! Voilà donc bien une preuve de plus, celle-ci sur [221] la base d'un document officiel, qu'on ne gazait pas ceux qui n'avaient pas été retenus pour le travail.(132)

On peut aussi citer le cas des enfants: reprenons par exemple le XXVIème convoi du 31/7/'44, dont nous avons déjà parlé dans le tome 1 en examinant les témoignages de Bela S. et Marie P.: il comprenait 47 enfants, qui tous sont "présumés gazés à l'arrivée".(133)

Or non seulement la Croix-Rouge en a identifié 12 à Auschwitz ou dans d'autres camps, mais il en est revenu officiellement 10! C'est donc bien la preuve qu'on ne les gazait pas.(134)

Il est à noter que la Croix-Rouge, qui a compulsé toutes sortes de documents émanant des camps (fiches d'habillement, fiches de maladie, actes de décès,...) précise qu'elle est loin d'avoir pu reconstituer tous ces fichiers et que le nombre d'identifications auxquelles elle a pu arriver est un minimum. Ainsi, pour plusieurs convois, n'a-t-elle même pas pu identifier tous les enfants revenus en Belgique: par exemple, elle n'a identifié qu'un seul enfant du convoi IX de septembre '42 alors qu'il en est officiellement rentré 4.

Bien entendu, cela ne prouve pas que ces enfants n'ont pas été immatriculés, mais, dans ce cas, il faudrait admettre qu'on ne gazait pas systématiquement les enfants à l'arrivée. Bref, quelle que soit l'hypothèse retenue, l'histoire officielle est prise en défaut.

[222]

 Dogme et Obscurantisme

Le respect du dogme conduit inéluctablement à l'absurde. Prenons, par exemple, le cas de la plus jeune des rescapés belges d'Auschwitz.(135) Elle avait 9 ans lorsqu'elle arriva à Auschwitz avec sa mère le 21/5/'44 avec le 25ème convoi. Toutes deux en sont revenues, ce qui est contraire à la thèse officielle selon laquelle les Allemands gazaient les enfants et leur mère. Et de un ... Ont-elles, au moins, été immatriculées? Oui, mais ... il faut savoir que les 99 femmes de leur convoi qui furent immatriculées (c'est-à-dire épargnées, les autres étant gazées), reçurent les numéros A 5143 à A 5241. Or, les deux femmes ne font pas partie de ces 99 femmes épargnées; elles sont donc censées avoir été gazées et elles sont comptées comme telles dans la statistique belge, tout en étant, par ailleurs, comptées comme rescapées, car elles sont indubitablement revenues! En fait, elles ne furent pas sélectionnées à l'arrivée du convoi et pas davantage gazées, mais envoyées au "Familienlager" (Camp des Familles): en d'autres termes, à ce moment-là, les inaptes auraient bien pu être .réimplantés" à ... Auschwitz même.(136) Finalement, pour une raison qui m'est inconnue, la mère fut immatriculée en même temps que des Hongroises arrivées le même jour qu'elle et qui avaient été, elles aussi, envoyées au Familienlager, la fille étant immatriculée avec les "Tchèques" d'un convoi de Theresienstadt arrivées le 17/5/'44 et également envoyées audit Camp des Familles (leur enregistrement avait dû être différé, ce qui était souvent le cas à cette époque). Et de deux ...

Ces deux cas illustrent bien l'obscurantisme dans lequel sont tombés les historiens de la déportation des Juifs: le mythe de la chambre à gaz qu'ils défendent envers et contre tout, embrouille l'histoire de la déportation et ne permet pas de bien comprendre ce qui s'est réellement passé.


5. L'écart entre les premiers et les derniers convois n'est-il pas dû au fait que les premiers convois arrivèrent en pleine épidémie de typhus et y succombèrent en masse?

La seule alternative à la réimplantation pour expliquer entièrement l'écart dans le nombre de rescapés entre les premiers et les derniers convois est le typhus: les Juifs déportés en 1942 sont arrivés à Ausch[223]witz en pleine épidémie de typhus et il est à craindre qu'ils y aient succombé en grand nombre. Par contre, en 1944, la situation sanitaire était beaucoup Plus satisfaisante. Une première objection de principe est, bien entendu, que l'épidémie qui frappa le camp ne concerne pas ceux qui n'y sont même pas entrés (les inaptes), puisque la sélection -- du moins jusqu'au printemps '44 -- se faisait en dehors du camp. On peut répondre que la situation sanitaire a dû, à cette époque, être la même un peu partout dans l'Est.

On en était encore à faire des hypothèses à ce sujet quand, il y a quelques mois, le Musée d'Etat d'Auschwitz a publié les noms des quelque 69.000 détenus morts d'août '41 à décembre '43 et dont le décès a été enregistré par l'Etat Civil du camp dans les Sterbebücher. Pour notre part, nous avons dépouillé ces listes en y recherchant le sort des Juifs déportés de Belgique en '42 et '43; on en trouvera le détail dans le tableau ci-après.
[224]
Juifs de Belgique immatriculés et morts à Auschwitz en '42 et '43
[nous supprimons ce tableau peu pratique à utiliser et sans intérêt véritable; nous donnons, en revanche, le commentaire:]
[226]
Conclusions à tirer de l'examen des Sterbebücher
1. Les Sterbebücher de 1943 ne contiennent plus guère de Belges (et mêmes de Juifs d'autres origines) à partir du second trimestre. On peut en donner deux explications (qui ne s'opposent d'ailleurs peut-être pas):

a) Les plus faibles et les moins précautionneux des déportés n'ont pas résisté à la terrible épidémie de typhus de 1942; les plus forts en ont été comme vaccinés et leur mortalité est tombée à presque rien, encore que le chaos final dans les camps de l'Ouest en 1945 a dû en faire mourir un grand nombre, d'autant plus qu'ils étaient affaiblis par près de 3 ans de dure captivité. L'examen des chiffres du convoi 5, par exemple, semble confirmer cette hypothèse: sur 101 hommes immatriculés, 57 à 62 sont morts dans les cinq mois de leur arrivée; comme il en est rentré -- officiellement -- 26, il en serait mort "seulement" 13 à 18 au cours des 30 mois qui restaient; si on admet qu'il est impossible qu'il n'en soit pas mort un grand nombre dans le chaos final de 1945, on ne peut que conclure qu'il en est mort très peu en 24 mois (1943 et 1944) de captivité à Auschwitz.(137)

b) Les détenus belges ne seraient pas restés à Auschwitz et [227] auraient pu être transférés en 1943 dans d'autres camps, par
exemple dans le camp de concentration de Varsovie.(138) Ainsi l'Auversois Nathan R. qui arriva à Auschwitz en novembre 1943 et qui fut envoyé ultérieurement à Varsovie, précise:
"Nous avons débarqué à Varsovie dans un camp où se trouvaient énormément de Juifs du premier transport de Juifs belges (...) Ensuite, il y a eu une terrible épidémie de tiphus; beaucoup sont morts. J'ai vu des amoncellements de cadavres." Toutefois, cet exemple ne permet pas de comprendre l'absence quasi complète de décès parmi les Belges du premier convoi au cours du premier semestre de 1943.
On relève d'ailleurs que le nombre de décès de déportés Juifs de toutes origines enregistrés dans les Sterbebücher diminue aussi radicalement à partir de mars '43.(139) Se pourrait-il que la raison en soit que non seulement les Juifs belges mais tous les Juifs immatriculés aient quitté massivement Ausch
[228]witz à cette époque? Absolument pas et la statistique indique qu'ils continuèrent à constituer la majorité des détenus. La raison, pour les historiens, en serait que l'Etat Civil du camp cessa d'enregistrer les décès des déportés juifs arrivés dans les convois du RSHA (par exemple, tous ceux qui venaient de Malines ou de Drancy) et n'enregistra plus que les décès de ceux qui y avaient été envoyés par la Gestapo, la Kripo ou toute autre police, car, affirment Grotum et Parcer, "ces Juifs étaient mariés à des 'Aryens' qui devaient règlementairement être informés de la mort de leur conjoint"; c'est là une nouvelle illustration du dogmatisme aveuglant dont sont victimes les historiens officiels: à les entendre, les Allemands criaient "A mort les Juifs" sur tous les toits puis, quand ils s'en étaient emparés aux fins de les assassiner, s'ingéniaient à tripoter les actes officiels et les statistiques pour camoufler leurs crimes! Cette théorie est incohérente et, d'ailleurs, démentie par les faits puisqu'on trouve dans les Sterbebücher de 1943 les noms de déportés belges passés par Malines.(140)

En fait et comme nous l'avons dit ci-dessus en a), à la fin du premier trimestre 1943, les épidémies furent jugulées et elles ne réapparurent plus que dans le camp des Tziganes: ne [229] mourraient plus que les plus faibles qu'on trouvait en bien plus grand nombre chez les non-Juifs (et plus particulièrement chez les Tziganes et leurs très nombreux enfants en bas âge) que chez les Juifs, lesquels étaient tous des sélectionnés c'est-à-dire les plus aptes au travail (et donc à la survie) de leurs communautés.(141)

Pourquoi les Belges (et les Juifs occidentaux aussi, semble-t-il) auraient-ils été sélectionnés massivement pour être transférés dans des camps comme Varsovie? Parce que, disent les témoins, comme ils n'étaient pas chez eux (en tous cas, moins que les Juifs polonais restés au pays), ils avaient moins de possibilités de s'enfuir de camps moins bien gardés qu'Auschwitz.

2. Il y aurait eu beaucoup moins de décès chez les femmes, ce qui est également étonnant (9% des femmes contre 22% des hommes). On pourrait avancer une explication sexiste (les femmes seraient plus soigneuses de leur personne que les hommes). Mattogno, nous l'avons vu, se demande si un grand nombre de décès de femmes ne furent pas enregistrés dans d'autres registres que les Sterbebücher.(142)

3. Il y a des écarts considérables et inexplicables entre les convois.

[230]

4. On ne trouve pas d'enfants de moins de 14 ans (parfois 13 ans et demi) et pas davantage de vieux de plus de 60/65 ans (sauf rares exceptions), ce qui conrirme qu'ils n'ont pas été immatriculés: soit ils ont été gazés anonymement (comme le croient les esprits dogmatiques) soit ils ne sont même pas entrés dans le camp et ont été transférés dans les ghettos du Gouvernement Général. Les nombreux enfants en bas-âge qu'on trouve dans les registres sont des Tziganes.

Une conclusion s'impose donc: la majorité des Juifs de Belgique (et de France aussi, d'ailleurs) arrivèrent à Auschwitz au cours du second semestre de 1942 c'est-à-dire en pleine épidémie de typhus; ceux qui y furent retenus pour le travail moururent en masse, plus particulièrement en septembre '42: ainsi, près du tiers des hommes des cinq premiers convois encore en vie à fin août '42 moururent au cours du mois de septembre! A fin novembre c'est-à-dire après 3 à 4 mois de détention, près de la moitié étaient morts! Et il restait encore à ceux qui avaient survécu deux ans et demi à "tirer" dont la terrible épreuve de l'écroulement du Reich! Tout le reste (chambres à gaz et mise à mort lente et délibérée par le travail) n'est qu'odieuses fadaises. L'épidémie de typhus du second semestre '42 pourrait donc expliquer une partie de l'écart qu'il y a dans le % de survivants entre les premiers et les derniers convois.

Avant la publication de ces listes de morts enregistrés dans les Sterbebücher, nous avions tenté de résoudre le problème statistique en calculant des taux mensuels de mortalité pour l'ensemble des détenus d'Auschwitz (voir annexe précédente) et nous étions déjà arrivés à la même conclusion que ci-dessus. Selon ce calcul théorique, 58% des immatriculés juifs de Belgique auraient pu mourir à Auschwitz (pour autant qu'ils y soient restés) alors que moins de 30% de tous les immatriculés (y compris les prisonniers de guerre russes) y sont morts, soit deux fois moins. Ceci s'expliquerait effectivement par le fait que la majorité des Juifs de Belgique arrivèrent assez tôt et, qui plus est, en pleine épidémie. Si leur arrivée à Auschwitz avait été étalée sur 1942, 1943 et 1944 comme l'a été l'arrivée des 400.000 autres immatriculés, ils auraient eu deux fois moins de morts, car ils auraient été (en moyenne) moins longtemps détenus et, surtout, ils auraient été plus nombreux [231] à échapper à la terrible épidémie de 1942. Les questions qu'on se posait légitimement ci-dessus en comparant la statistique belge (et ouest-européenne) et la statistique globale trouvent en partie réponse.

A la sortie d'Auschwitz et des autres camps de l'Est, les immatriculés rescapés connurent une épreuve difficile dans les camps de l'0uest, camps qui se transformèrent en mouroirs. Au moment de leur sortie d'Auschwitz, les rescapés avaient, en principe, la même espérance de survie. Sur la base de la statistique du 26ème convoi on pourrait supposer qu'il en mourut encore 40% dans les camps de l'Ouest. On arrive à la conclusion qu'il aurait pu rentrer deux fois plus d'immatriculés (24% contre 13% dans la statistique officielle). Selon ce calcul très théorique, certes, mais néanmoins instructif, les trois quarts des immatriculés seraient morts dans la proportion de trois à Auschwitz pour un dans les camps de l'Ouest. Et si nous admettions que, comme le disent les historiens, les 7/8èmes des immatriculés sont morts, il faudrait admettre qu'il en est mort deux à Auschwitz pour un dans les camps de l'Ouest, mais sur un laps de temps très différent: il apparaîtrait que la mortalité a été beaucoup plus forte dans ces camps qu'à Auschwitz. En fait, il y a eu trois périodes, dont deux également effroyables (Auschwitz 1942 et camps de l'Ouest 1945), la troisième (Auschwitz 1943 et 1944) étant caractérisée par une mortalité "normale" pour un camp de concentration en temps de guerre.

Ce calcul ne porterait que sur les quelque 8.000 immatriculés (si on en croit les historiens) et, dès lors, se pose la question de savoir ce que sont devenus les quelque 17.000 non-immatriculés. Il est à craindre que leur sort ait été aussi tragique; seules les étapes et les circonstances de leur calvaire nous seraient inconnues: sont-ils morts dans les ghettos du Gouvernement Général, dans les ghettos et camps de travail d'Ukraine et de Biélorussie ou dans les "zones spéciales" de Sibérie ou encore (pour ceux qui arrivèrent à Auschwitz en 1944 et qui ne purent être réimplantés à l'Est en raison de l'avance russe) dans des camps-boucliers à l'Ouest (s'ils ont jamais existé)?

En résumé, il n'est pas douteux que le bilan de la déportation des Juifs de Belgique est un des plus tragiques qui soient (avec celui des Juifs occidentaux); il est bien difficile de quantifier cette tragédie avec précision mais, tout bien pesé, l'ordre de grandeur de la statistique officielle ne semble pas pouvoir être modifié.
[232]

Annexe 10

LE SORT DES NOTABLES JUIFS SOUS LA DOMINATION ALLEMANDE

(d'après la "Revue d'Histoire Révisionniste", no 2 d'août.-oct. '90, n· 4 de févr.-avril '91 et n· 5 de nov. '91)

Un démographe suédois, Carl 0. Nordling, a eu l'idée de travailler sur un échantillon; il a repris dans l'Encyclopoedia Judaïca de 1971 les noms d'un certain nombre de Juifs célèbres, nés entre 1860 et 1909 (ils auraient donc dû avoir entre 36 et 85 ans en 1945) et ayant vécu jusqu'en 1939 dans un pays occupé par les Allemands; il a trouvé les résultats suivants sur un échantillon de 722 personnes (100%):

-- 317 (43,9%) ont émigré ou fui entre janvier 1938 et avril 1945.

-- 405 (56,1%) sont restés sur place. De ces 405,

-- 256 (35,5%) n'ont pas été capturés (88 soit 12,2% sont morts de mort naturelle et 168 soit 23,3% étaient vivants à la fin de la guerre).
-- 149 (20,6%) ont été capturés. De ces 149,

- 17 (2,4%) ont été relâchés ou se sont évadés en dehors de la zone allemande.

-- 18 (2,5%) ont été assassinés ou exécutés.

-- 18 (2,5%) ont été emprisonnés dans des camps de prisonniers de guerre ou en prison. De ces 18, un certain nombre ont été relâchés, mais n'ont pas émigré et 5 (0,7%) sont morts en prison ou en camp.

-- 96 (13,3%) ont été déportés. De ces 96,

-- 15 (2,1%) ont été envoyés à Theresienstadt, qui n'était pas un vrai camp de concentration: 11 (1,5%) ont survécu et 4 (0,6%) y sont morts (dont 3 âgés de 72-74 ans).

-- 20 (2,8%) ont été détenus dans des «camps allemands, autrichiens, français ou hollandais: 9 (1,2%) y sont morts et 11 (1,5%) ont survécu.

-- 61 (8,4%) ont été envoyés dans l'Est (la moitié avaient plus de 60 ans). De ces 61,

-- 33 (4,6%) ont été envoyés à Auschwitz
-- 13 (1,8%) dans d'autres camps polonais
-- 15 (2,1%) vers une destination inconnue.

De ces 61, 4 (0,6%) sont revenus vivants, tous d'Auschwitz; les autres (57 = 7,9%) ont disparu ou sont morts: tout ce qu'on sait avec certitude sur ces 57, c'est que 7 ont été assassinés ou exécutés.

[233]
Une comparaison avec les chiffres de Sanning s'imposant, Nordling a, par la suite, reventilé ses chiffres (notamment parce que l'un partait de 1938 et l'autre de 1939), ce qui donne:

 

 Echantillon
Nordling
 

 Population totale
Sanning
   x 1.000  %1  %2  xl.000

 %1
 %2
 présents en 1939  629  100    5.044  100  
 émigrés 1939/1941 -206 -32,8    -2.197 -43,6  
 présents en 1941 423  67,2  100  2.847 56,4  100
 disparus du fait des Allemands
/morts probablement de mort
non naturelle
 52*  8,3  12,3  304  6,0  10,7


* En fait, l'examen du premier tableau de Nordling fait apparaître que 93 sont morts: sans qu'on puisse le vérifier. Nordling indique donc que 41 auraient pu mourir de mort naturelle, ce qui n'est pas invraisemblable.

Ces deux séries s'accordent assez bien:

Certes, il y a moins d'émigrés chez Nordling, mais c'est logique, car les notables étaient plus âgés que les Juifs ordinaires (d'une part, on ne peut s'attendre à trouver des enfants dans les élites; d'autre part, Nordling a éliminé de son échantillon tous ceux qui étaient nés après 1909); or, on a constaté que la tendance à l'émigration était plus faible chez ceux qui étaient nés avant 1880 et c'était prévisible: avec l'âge, on devient de moins en moins enclin à quitter le cadre dans lequel on a vécu.

On trouve un peu plus de morts dans les notables et c'est peut-être bien normal car ils ont dû être particulièrement visés par la persécution (prise d'otages, etc...). D'autre part, on peut penser, après avoir éliminé les notables morts à un âge canonique, donc vraisemblablement de mort naturelle, que les notables ont pu moins bien résister aux conditions le plus souvent lamentables de la détention du fait de leur plus grand âge. Si on n'admet pas le chiffre de 52 morts retenus par Nordling dans sa deuxième mouture, chiffre qu'on ne peut reconstituer, on constate que, dans son premier tableau, il y aurait eu 40 notables morts du fait de la persécution et 50 disparus (réimplantés et restés en URSS ou morts), soit, au maximum, 90 morts soit 21,3% de 423 (ceux qui [234] sont restés sur place). Rapporté aux 2.847.000 Juifs restés eux aussi sur place, ce pourcentage correspondrait à un total de morts de 606.000 maximum, soit le double des 304.000 calculés par Sanning et auxquels il faut ajouter ceux qui sont morts du fait des Soviétiques. La conclusion qui s'impose est qu'il n'est pas mort 6 millions de Juifs, ni 5 millions mais, heureusement, beaucoup moins.

Il semble finalement qu'on puisse effectivement chiffrer la catastrophe qui frappa les Juifs et ceux qui furent désignés comme tels à 1/1,5 million (peut-être 2 millions) de morts, ce qui reste, tout le monde doit en convenir, un chiffre singulier, que n'atteint aucune autre communauté européenne importante, si ce n'est la communauté germanophone (notons quand même que l'URSS, la Pologne et la Yougoslavie revendiquent également cette singularité). En fait, il a dû y avoir des disparités très grandes entre les différentes communautés juives; il nous paraît probable que les communautés ouest- et sud-européennes (les Juifs français, belges et hollandais par exemple) ont été les plus touchées au point que la plupart de leurs déportés ne sont pas rentrés.

[235]

Annexe 11
LE PRINCIPE DU LIBRE EXAMEN

Parmi les adversaires les plus religieux des révisionnistes, on trouve des gens qui sont soit administrateurs soit enseignants dans des universités dites libres, établissements dont l'enseignement est censé être basé sur le principe du libre examen, c'est-à-dire sur le rejet de l'argument d'autorité et sur la liberté de jugement. Si ces gens combattaient leurs adversaires avec loyauté, c'est-à-dire selon les principes du libre examen qu'ils sont précisément chargés de défendre, il n'y aurait rien de répréhensible dans leur démarche; au contraire. Malheureusement, ils foulent aux pieds ces principes, salissant ainsi l'honneur de l'université et se souillant eux-mêmes: il m'a semblé qu'il était nécessaire de les rappeler à leurs devoirs en leur demandant de bien vouloir lire l'exposé ci-après que j'ai trouvé dans l'Annuaire des anciens étudiants de l'ULB -- Université Libre de Bruxelles ASBL.(143) Cet exposé, intitulé "Le principe du libre examen", est composé d'extraits d'une leçon donnée à l'université par Lucia de Brouckere le 2/10/1979.

L'engagement de l'Université n'implique pas celui des étudiants

En vertu de l'article 1 er des statuts de l'U.L.B., tout membre de son corps s'engage à fonder son enseignement et sa recherche sur le principe du libre examen. Ce principe, nous allons tenter d'en dégager la signification profonde en insistant dès l'abord sur le fait qu'il postule, disent les statuts, le rejet de l'argument d'autorité et l'indépendance de jugement.

[236]

Notre institution, oomme telle, n'est donc pas neutre, elle est engagée et chacun doit le savoir. Mais notre Maison accueille en tant qu'étudiants à part entière ceux qui ne partagent pas son idéal. Elle ne veut en aucun cas se transformer en ghetto dont une partie des étudiants serait écartée pour délit d'opinion.

Toutefois, ceux qui choisissent délibérément de venir chez nous, qui avons annoncé la couleur, ceux-là ont le devoir d'acquérir une connaissance personnelle de nos principes, de ne pas nous juger par personnes interposées. La vie en communauté, à laquelle tous les étudiants, sans exception, se doivent de participer, cette vie communautaire implique la compréhension et la tolérance mutuelle. Mais comme l'a fort bien dit Charles Graux qui fut bourgmestre de Bruxelles et administrateur de l'U.L.B.:

"La tolérance n'est ni l'hésitation ni la transaction sur les principes, ni la pusillanimité ou l'équivoque dans leur expression; à ce compte elle consisterait à n'avoir point de principes ou à ne pas oser les dire. La tolérance n'impose pas à proprement parler le respect des opinions d'autrui. Comment respecter ce qui est jugé faux, ce que l'on condamne, ce que l'on s'efforce de détruire."

" La tolérance est le respect de la personne et de la liberté d'autrui. Elle consiste à affirmer ce que l'on tient pour vrai en même temps qu'on reconnaît à autrui le droit d'affirmer ce que l'on considère comme des erreurs, en même temps qu'en les condamnant, on se refuse à recourir pour les vaincre à l'injure, à la violence ou à la proscription."

Le principe du libre examen est immuable dans ses fondements, mais évolue dans sa forme.

Le principe du libre examen implique, nous l'avons dit, le non-conformisme et la critique des valeurs reçues même si elles émanent de l'Université. Mais la mise en question des valeurs ne s'identifie pas à leur rejet automatique. Les libres exaministes recherchent précisément les valeurs fondamentales qui résistent à la critique et sortent renforcées de la critique dont elles sont l'objet.

Dans son contenu, le principe du libre examen est éternel, mais dans son application, le pensée et l'action libre exaministe ont

[237]

fortement évolué au cours des siècles. Ces modifications résultent d'efforts individuels cumulés. Elles viennent de la base. Elles n'ont été imposées par aucune hiérarchie siégeant en conclave ou en concile. C'est en cela que notre évolution se distingue de celle d'une église ou d'une religion.

L'engagement libre exaministe

Le libre examen est un principe auquel on souscrit par un engagement et non, comme on le disait jadis, une méthode intellectuelle d'approche des problèmes. Le libre examen ne se confond pas avec la méthode scientifique. Le libre examen doit imprégner tous les actes de notre vie. Le libre exaministe s'engage à mettre ses paroles et ses actes en accord avec ce qu'il tient pour vrai. Il s'engage donc à parler et à agir. Il ne peut se contenter, comme certains le voudraient, de rechercher sa vérité. Il doit avoir le courage de la dire, de la défendre. Il doit être dans la mêlée et non au-dessus d'elle.

Le libre exaministe accepte un devoir

Les libres exaministes ne revendiquent pas seulement des droits pour eux-mêmes et pour les autres. Ils acceptent un devoir, celui de défendre leurs libertés, non pas tellement contre les autres, mais contre leur propre paresse. Il est tellement plus aisé de marcher en rangs serrés derrière un drapeau en répétant machinalement des slogans que de prendre des décisions après un examen personnel et aussi objectif que possible des situations. Le libre exaministe a le devoir de travailler à l'élaboration d'une société qui garantisse à tous le droit et la possibilité d'exercer les libertés fondamentales, à savoir, les libertés de:

- pensée

- d'information

- d'expression

- d'action.

Les libres exaministes s'engagent à collaborer à l'édification d'une société laïque, la laïcité étant le prolongement dans le domaine de l'action du principe philosophique qu'est le libre examen.

---

 

Bibliographie

[238]


PRINCIPAUX OUVRAGES CONSULTES
Ouvrages exterminationnistes

- "L'Album d'Auschwitz" publié par Serge KLARSFELD, Ed. du Seuil, 1983
- "Le Passage du Témoin", La Lettre Volée et Fondation Auschwitz, 1995
- Hannah ARENDT, "Eichmann à Jérusalem", Gallimard, 1991
- François BEDARIDA, "Le génocide et le nazisme", Press Pocket, 1992
- Dino F. BRUGIONI et Robert G. POIRIER, "The Holocaust revisited: A Retrospective Analysis of the Auschwitz-Birkenau Extermination Complex", CIA, 1979
- Philippe BURRIN, "Hitler et les Juifs", Le Seuil, 1989
- COMITE INTERNATIONAL AUSCHWITZ, "Rudolf Höss - Le commandant d'Auschwitz parle", Julliard, 1959
- Danuta CZECH et autres, "Contribution à l'histoire du KL Auschwitz", Musée d'Etat d'Auschwitz, 1978
- Danuta CZECH, "Kalendarium der Ereignisse im Konzentrationslager Auschwitz-Birkenau 1939-1945", Rowohlt, 1989
- Saul FRIEDLÄNDER, "Kurt Gerstein ou l'ambiguité du bien", Casterman, 1967
- Ilya EHRENBOURG et Vassili GROSSMAN, "Le Livre Noir", Solin et Actes Sud, 1995
- Martin GILBERT, "Atlas de la Shoah", Ed. de l'Aube-Samuelson, 1992
- Raul HILBERG, "La destruction des Juifs d'Europe", Fayard, 1988
- Pierre JOFFROY, "L'espion de Dieu. La passion de Kurt Gerstein", Grasset, 1969
- Serge KLARSFELD et Maxime STEINBERG, "Memorial de la déportation des Juifs de Belgique", 1982
- Serge KLARSFELD, "Le calendrier de la persécution des juifs en France 1940-1944", 1993
[239]
- Eugen KOGON, Hermann LANGBEIN, Adalbert RUECKERL et autres, "Les chambres à gaz secret d'Etat", Ed. de Minuit 1987
- Walter LAQUEUR, "Le terrifiant secret. La 'Solution finale' et l'information étouffée, Gallimard, 1981
- Heiner LICHTENSTEIN, "Mit der Reichsbahn in den Tod. Massentransporte in den Holocaust, Bund-Verlag, 1985
- Anna MALCOWNA, "Bibliografia KL Auschwitz za lata 1942-1980", Musée d'Etat d'Auschwitz, 1991
- Arno MAYER, "La 'Solution finale' dans l'histoire", Ed. de la Découverte, 1990
- G. MIEDZIANAGORA et G. JOFER, "Objectif Extermination", Ed. Labor, 1994
-MUSEE D'ETAT D'AUSCHWITZ-BIRKENAU, "Death Books from Auschwitz", Saur Verlag, 1995
- Franciszek PIPER, "Auschwitz: how many perished Jews, Polen, Gypsies...",1991
- Léon POLIAKOV, - "Bréviaire de la haine", Calmann-Lévy, 1951
- id., "Le procès de Jérusalem", id, 1963
- id., "Auschwitz", Archives, 1973
- Jean-Claude PRESSAC, - "Auschwitz: Technique and Operation of the Gas Chambers", The Beate Klarsfeld Foundation, 1989
- id., "Les crématoires d'Auschwitz. La machinerie du meurtre de masse", Editions du CNRS, 1993
- id.,"Die Krematorien von Auschwitz - Die Technik des Massenmordes", Piper, 1994
-Gerald REITLINGER,"The Final Solution", Vallentine, Mitchell & Co, 1968
-Gitta SERENY, "Au fond des ténèbres", Denoël, 1975
-Kasimierz SMOLEN et autres, "Auschwitz vu par les SS: Rudolf Höss, Perry Broad, Johann Paul Kremer", Interpress, 1991
-Jean STENGERS, "Quelques libres propos sur 'Faurisson, Roques et Cie"', Cahiers du CREHSGM, 1989
- Maxime STEINBERG, - "Les yeux du témoin et le regard du borgne", Ed. du Cerf, 1990
-id., "Dossier Bruxelles-Auschwitz", 1980
- id., "La traque des Juifs -- 42-44", Vie Ouvrière, 1986
- id., "1942 -- Les 100 jours de la déportation des Juifs de Belgique", id, 1984
-Dr Yves TERNON et Dr Socrates HELMAN, "Histoire de la médecine SS", Casterman, 1970
-R. VAN DOORSLAER et autres, "Les Juifs de Belgique. De l'immigration au génocide, 1925-1945", CREHSGM, 1994
-Pierre VIDAL-NAQUET, "Les assassins de la mémoire", La Découverte, 1987
[240]
-Georges WELLERS, "Les chambres à gaz ont existé", Gallimard, 1981
-Annette WIEVIORKA, "Déportation et génocide", Plon, 1992
-"The Holocaust and the Neo-nazi mythomania" édité par Serge KLARSFELD chez The Beate Klarsfeld Foundation, 1978. Ouvrage composé de "The launching of the final solution" de Joseph BILLIG et "The existence of gas chambers" et "The Number of victims and the Korherr report" de Georges WELLERS

Parmi les publications périodiques, nous avons consulté:
-le Bulletin trimestriel de la FONDATION AUSCHWITZ, Bruxelles, depuis le n· 1, déc. 1982.
-"Le Monde Juif, revue d'histoire de la Shoah", Paris, années '91 à '95.
Pour les films-video, citons:
-"Mémoire meurtrie", Sidney BERNSTEIN, 1985
-"Autour de Robert Antelme: l'Espèce Humaine", Jean MASCOLO et Jean-Marc TURINE, 1992
-"Les derniers témoins", Luckas VANDER TAELEN, 1991
-"La colonne de feu", ch. 5 "Le génocide", Asher BEN-TOLILA TLALIM, 1986
-"Auschwitz ou l'introuvable sens", André DARTEVELLE et Micheline LEBLUD,1988
-"Auschwitz ou la mémoire qui revient", Marianne SLUSZNY, Christian DUPONT et Henri ORFINGER, vers 1990
-"Les révoltés de Sobibor", Lily VAN DEN BERGH, 1989
-"Auschwitz", Musée d'Etat d'Auschwitz, 1991
-"Le Reich de la mort", Monika WACHTER et Michel MEES, suivi d'un débat organisé par J.-J. JESPERS avec M. STEINBERG, PRESSAC et WIEVIORKA, 1993
-"Shoah", Claude LANZMANN, 1985
-"Contre l'oubli", William KAREL, 1995 (avec des vues sur un "set" de contrôle de résidus de gaz cyanhydrique)
-"Génocide 1941-1945", Michael DARLOW, 1973


Ouvrages révisionnistes

Le fait que nous citions ou nous référions à tel auteur ne signifie nullement que nous partagions ses idées: cela irait sans dire, si les historiens ne pratiquaient pas systématiquement l'amalgame. On notera d'ailleurs qu'il n'y a pas d'école révisionniste et pas davantage de groupe ou d' "internationale" révisionniste: c'est là un fantasme de journaliste.

Les révisionnistes sont des gens très divers, encore qu'il semble qu'il y ait parmi eux une forte proportion de libertaires, d'athées et de pacifistes (on notera que, dans l'autre camp, on trouve une forte proportion de béni-oui-oui, d'ecclésiastiques et de va-t-en guerre).

Il nous faut d'abord citer quelques revues:

[241]

-"Annales d'Histoire Révisionniste" (AHR), n·l à 8 et dernier. Directeur de la publication: Pierre GUILLAUME (Adresse: La Vieille Taupe, BP 98, 75.224 Paris Cedex 05)

-"Revue d'Histoire Révisionniste" (RHR), n·1 à 6. Directeur de la publication: Henri ROQUES (adresse: BP 122, 92.704 Colombes Cedex)

Sous le coup de la persécution et au mépris de la liberté d'expression, les AHR et RHR ont dû cesser de paraître. On peut toutefois encore se procurer les numéros parus aux adresses susdites ainsi qu'auprès de V.H.O. (Vrij Historisch Onderzoek), Postbus 60, B-2600 Berchem 2, Belgique. Cette association diffuse également la production révisionniste allemande et anglo-saxonne. V.H.0. publie en outre la revue trimestrielle "VHO-Nieuwsbrief" (600 FB/an) et divers livres dans sa "Revisionistische Bibliotheek".

-"Nouvelle Vision" publiée par l'ANEC, 32, rue de la République, 14.600 Honfleur. A aussi cessé de paraître mais on peut toujours se procurer un certain nombre des numéros parus.

- La "Revue d'histoire non conformiste". Rédacteur en chef: André CHELAIN (Adresse: 146, rue St-Honoré, 75001 Paris). Ne paraît plus.

- "Revision" publiée par Alain GUIONNET, 11, rue d'Alembert, 92.130 Issy-les-Moulineaux (200 FF/an pour 6 numéros).

- "La Gazette du Golfe et des Banlieues" publiée par "Le Temps Irréparable", 1, Aubray, F-91780 Chalo St Mars (Editeur: Serge THION).

-"La Vieille Taupe" (Organe de critique et d'orientation postmessianique). Directeur: Pierre GUILLAUME ( Adresse: La Vieille Taupe, BP 98, 75224 Paris Cedex 05) (250 FF/an pour 4 numéros). L'abonnement donne droit à un exemplaire du dernier livre de Garaudy.

-"The Journal of Historical Review" publié par l'Institute for Historical Review, P.O. Box 2739, Newport Beach, Ca 92659, USA.

-L'AIGLE NOIR, "Josef Kramer contre Josef Kramer", Polémiques, 1988

- Enrique AYNAT, - "Estudios sobre el 'Holocaustico': La deportacion de judios de Francia y Belgica en 1942 -- La resistencia polaca y las cameras de gas de Auschwitz", Graficas Hurtado, 1994

- "Los 'Protocolos de Auschwitz': una fuente historica?", Garcia Hispan, 1990 - "El Holocausto a debate -- Respuesta a César Vidal", 1995

- John C. BALL, "Air Photo Evidence: Auschwitz, Treblinka,...", Ball Resource Services, 1992

-François BRIGNEAU, "Mais qui est donc le professeur Faurisson?", Publications FB, 1992.

-Arthur R. BUTZ, "The Hoax of the Twentieth Century", IHR, 1989 [trad. française ici]

-Stephen CHALLEN, "Richard Korherr and his reports", Cromwell Press, 1993

[242]

-André CHELAIN, - "Faut-il fusiller Henri Roques?", Polémiques, 1986

- id. , "La thèse de Nantes et l'Affaire Roques", Polémiques, 1989

-Thies CHRISTOPHERSEN, "Le mensonge d'Auschwitz", l'Histoire Vraie, 1976

-Jean-Gabriel COHN-BENDIT et autres, "Intolérable intolérance", Ed. de la Différence, 1981

-Jean-Gabriel COHN-BENDIT, "Analyse du journal du docteur Kremer", 1980

-Eric DELCROIX, "La police de la pensée contre le révisionnisme. Du jugement de Nuremberg à la loi Fabius-Gayssot', RHR, 1994

- Robert FAURISSON, -"Mémoire en défense", La Vieille Taupe, l980 -"Réponse à Pierre Vidal-Naquet", id, 1982 -"Réponse à Jean-Claude Pressac sur le problème des chambres à gaz", auto-édition, 1994, distribué par RHR.

Le professeur Faurisson a publié un grand nombre d'études dans les AHR et RHR. Ceux qui s'intéressent à ses méthodes d'analyse de textes, liront avec intérêt son ouvrage "A-t-on lu Rimbaud?", La Vieille Taupe, 1991, dans lequel le professeur donne une explication (géniale pour les uns, farfelue pour les autres) du célèbre sonnet "Voyelles", départ d'une explication globale de Rimbaud. Faurisson a aussi publié "A-t-on lu Lautréamont?" et "La Clé des 'chimères' et 'autres chimères' de Nerval".

-Dr Gehrard FREY, "Vorsicht! Fälschung -- 1.000 antideutsche Lügen in Bild und Text", FZ-Verlag, 1994

-Roger GARAUDY, "Les mythes fondateurs de la politique israélienne", La Vieille Taupe, Edition hors commerce 1995

-Ernst GAUSS, "Vorlesungen über Zeitgeschichte", Grabert, 1993.Epuisé.

-Ernst GAUSS et autres, "Grundlagen zur Zeitgeschichte", Grabert, 1995 [en français, ici, peu à peu]

-Jürgen GRAF, "L'Holocauste au scanner", Guideon Burg Verlag, 1993

-Pierre GUILLAUME, - "Droit et Histoire", La Vieille Taupe, 1986

- id., "A-t-on lu Pressac? ou Pressac, mode d'emploi", édition privée hors commerce, 1994.

-Richard HARWOOD, - "Six millions de morts le sont-ils réellement?", HRP.

- "Nuremberg and other war crimes trials", Historical Review Press, 1978

-Barbara KULASZKA, "Did Six Million really die? Report of the évidence in the Canadian 'False news' trial of Ernst Zündel -- 1988", Samisdat Publishers, 1992

-"The LEUCHTER Report: the first forensic examination of Auschwitz", Focal Point Publications, 1989

- Pierre MARAIS, -"En lisant de près les écrivains chantres de la Shoah", La Vieille Taupe,1991

- id., "Les camions à gaz en question", Polémiques, 1994

-Jan MARKIEWICZ et autres, "Gutachten", Institut für Gerichtsmedizin ische Expertisen, Krakow, 1990. Bien que cette expertise ait été commandée par le Musée d'Etat [243] d'Auschwitz, il nous faut, vu ses résultats, la classer dans les ouvrages révisionnistes.

-Carlo MATTOGNO, "Auschwitz -- The End of a Legend -- A Critique of J.-C. Pressac", IHR, 1994

- Carlo MATTOGNO et Franco DEANA, "De Crematoria-ovens van Auschwitz en Birkenau", VHO, 1995

-Pierre PITHOU, "L'Holocausticon", La Vieille Taupe, 1986

- Carlos Whitlock PORTER, - "Made in Russia -- The Holocaust", HRP, 1988

- id., "Not Guilty at Nuremberg -- The German Defense Case", HRP, s.d.

- Paul RASSINIER, - "Le mensonge d'Ulysse", La Vieille Taupe, 1986

- id., "Ulysse trahi par les siens", id, 1980

- id., "Le drame des Juifs européens", id, 1985

- id., "Le véritable procès Eichmann", id, 1983

- id., "L'Opération Vicaire: le rôle de Pie XII devant l'histoire", La Table Ronde, 1965

[cf. notre archive Rassinier]

-Vincent REYNOUARD, "Les crimes 'libérateurs' contre la Paix", Les Mémoires au Bois Dormant, 1995

-Germar RUDOLF, "Gutachten über die Bildung und Nachweisbarkeit von Cyanidverbindungen in den Gaskammern von Auschwitz", 1991 (à paraître en français vers mi 1996

-Walter N. SANNING, "The dissolution of Eastern European Jewry", IHR, 1983

-Wilhem SCHLESIGER, "De lotgevallen van Germar Rudolf", V.H.O., 1995

-Wilhelm STAEGLICH, "Le mythe d'Auschwitz", La Vieille Taupe, 1986

-Serge THION, - "Vérité historique ou vérité politique", La Vieille Taupe, 1980

- id., "Une allumette sur la banquise", édition privée hors commerce, 1993.

-Siegfried VERBEKE, "De Wannsee-konferentie en de 'Endlösung'", Revisionistische Bibliotheek, 1992

-Udo WALENDY, - "Des documents photographiques historiques", sd.

- id., "Auschwitz im IG-Farben Prozess -- Holocaust-Dokumente?", Verlag für Volkstum und Zeitgeschichtsforschung, 1981

-Steffen WERNER, "Die 2. Babylonische Gefangenschaft", autoédition, 1990 (en vente chez Grabert)

Parmi les films-video, citons:

-Robert FAURISSON, "Le problème des chambres à gaz", 1982

-David McCALDEN, "Revisionism for Beginners", 1992

-SAMISDAT PUBLISHERS OF TORONTO, reportage sur l'expertise de LEUCHTER 1988

[244]
- David COLE et Bradley SMITH, "David Cole interviews Dr. Franciszek Piper", 1992

Ouvrages divers

-James BACQUE, "Morts pour raisons diverses", Sand, 1990
-Noam CHOMSKY, "Réponses inédites", Spartacus, 1984
-Adolf HITLER, "Mon Combat", traduction intégrale de "Mein Kampf", Nouvelles Editions Latines, 1934.
-David IRVING, "La destruction de Dresde", Art et Histoire d'Europe, 1987
- Wolfgang R. KEMPKENS, "127 Auszüge aus den Sterbebüchern von Auschwitz",1992
-Arthur KOESTLER, "The Thirteenth Tribe", Random House, 1976
-Bernard LAZARE, "L'antisémitisme: son histoire et ses causes", La Vieille Taupe, 1985 "Contre l'antisémitisme", id, 1983
- Philippe MASSON, "Une guerre totale 1939-1945", Tallandier, 1990
-Jean NORTON CRU, "Du témoignage", Allia, 1989.

Notes

(115) Ces 8.803 actes, doubles ou compléments de ceux des actes qui ont été reliés en 46 volumes et emportés par les Soviétiques, seraient donc tous datés de '42 et '43 et aucun ne serait daté de l'année '44. Comment se fait-il donc qu'on n'ait pas conservé une seule des copies d'un seul acte de décès postérieur au 31/12/'43? C'est étrange.

(116) Thomas Grotum et Jan Parcer, qui ont commenté le travail mé canographique effectué sur les Sterbebücher dans "Death Books from Auschwitz", précisent que:

1. Les Tsiganes sont repris dans les Sterbebücher mais pas les prisonniers de guerre russes. Les résistants polonais condamnés à mort par les tribunaux de Kattowitz et transférés à Auschwitz pour l'exécution de leur peine sont également enregistrés dans les Sterbebücher.
2. Avant août 1941, l'enregistrement des décès se faisait à l'Etat Civil de la Ville d'Auschwitz.
3. L'original des actes de décès établis par le camp à partir d'août 1941 (le "Erstbuch") était conservé à Bielitz, juridiction dont dépendait Auschwitz. En tout pour 1941, 1942 et 1943, il y eut 60 registres (4 en 1941, 31 en 1942 et 25 en 1943). Un seul de ces originaux a été conservé: celui qui se trouve actuellement à Amsterdam.

L'Etat Civil du camp établissait 2 copies (les "Zweitbücher") dont l'une était destinée à l'administration centrale de la SS à Berlin et l'autre était classée à Auschwitz même: on en a retrouvé 46 volumes à Moscou dont 2 très fragmentaires (en tout, 611.053 noms); on a retrouvé aussi des fragments de 2 volumes au camp de Gross Rosen et un volume à un endroit non précisé (il s'agit du n·14 de 1943 qui est conservé par la Croix-Rouge à Arolsen).

Après quelques corrections, cet ensemble a donné 68.864 noms, soit 53.370 hommes, 15.454 femmes et 40 de sexe indéterminé: curieusement, ce déséquilibre n'est pas relevé et commenté par Grotum et Parcer.

Enfin, on compte 29.125 Juifs, 31.814 Catholiques et 7.925 autres (Orthodoxes, etc.); on notera que le nombre de morts juifs enregistrés tombe radicalement à partir de mars 1943 bien qu'ils aient constitué la majorité des détenus (du moins au cours de cette année 1943).

On notera encore que les actes de décès ne reprennent pas le numéro d'immatriculation des défunts. Que de bêtises n'a-t-on pas écrites à propos de la supposée substitution du numéro d'immatriculation au nom des détenus!


(117) David Irving, signalent Carlo Mattogno et Franco Deana, a retrouvé à Moscou les chiffres de consommation de coke des 5 Kremas d'Auschwitz, soit:

KI du 01/11/'40 au 28/02/'41 41,6 T
du 01/03/'41 au 31/10/'41 166,4 T
du 01/11/'41 au 31/01/'42 93,6 T
du 16/02/'42 au 28/02/'43 395,5 T
KI-V du 15/03/'43 au 31/10/'43 568,0 T
KII-III du 01/01/'44 au 27/11/'44 923,0 T

Ce dernier chiffre doit probablement comprendre le K V. Il y aurait aussi lieu de tenir compte que les fours utilisèrent également un peu de bois.
Les chiffres partiels retrouvés à Auschwitz par Pressac sont confirmés à peu de choses près. Sur
la base retenue dans notre tome 1, page 76, soit 29,01 kg/corps, on obtient pour 11 mois '44, 31.800 crémations, chiffre proche de celui retenu par Pressac.

(118) C'est Josef Kramer, commandant de Birkenau de mi-mai '44 à fin novembre '44, qui est à l'origine de ce chiffre (1ère déposition au procès de Bergen-Belsen rappelée par Guionnet dans "Révision", mai-juillet '94); les malades des autres camps du complexe d'Auschwitz étant systématiquement envoyés à Birkenau, on peut donc, en pratique, admettre que la mortalité de Birkenau représente celle de l'ensemble d'Auschwitz. Pour être tout à fait précis, il faudrait tout de même peut-être ajouter au chiffre de Kramer le chiffre des décès de ceux des détenus qui n'ont pas été transférés à l'infirmerie de Birkenau; par exemple, dans le sous-camp de Blechhammer, il y eut d'avril '44 à janvier '45 et d'après le Nummernbuch du camp, 248 morts pour une population de 3.600 détenus, soit 0,6%/mois mais il semble bien qu'un certain nombre de ces 248 malheureux soient morts dans des bombardements de l'aviation alliée.

Pour le tout début d'Auschwitz (1940), Kramer avait indiqué "30 décès/semaine pour 3 à 4.000 personnes", ce qui fait 2,4 à 4,5%/mois et correspond à ce qu'on sait par ailleurs.

Pourquoi préférer le (1er) témoignage de Kramer aux prétentions des historiens? Parce que Kramer, bien qu'ayant parlé la corde au cou, est plus crédible: que Piper (qui a avalisé naguère le chiffre ridicule de 4 millions de morts) ou Pressac (qui, comme nous l'avons vu dans le tome1, tient des propos incohérents à longueur d'ouvrage).

Signalons que, dans cette première déposition, Kramer nia catégoriquement les gazages et autres atrocités: "Tout ce que je peux répondre à ça, c'est que c'est faux du début à la fin."
(119) Mattogno a développé son argumentation dans "Revision", n·60, fév. '95.
(120) Selon une autre version, le chiffre de 1.500.000 résulte d'une décision de la présidence de la république polonaise à laquelle Piper aurait bien dû se soumettre mais de façon peu convaincante.

(121) C'est-à-dire le rapport des morts du mois à l'effectif au début du mois.

(122) Pendant la même période, selon une note de Pohl à Himmler citée par Butz, la mortalité (calculée de la même façon) dans l'ensemble des camps civils allemands a évolué comme suit:

pour 1942: de 8,50% (juillet) à 10,0 (décembre) avec une pointe de 10,62 en août;

pour 1943: de 8,00% (janvier) à 2,09 (août) avec une pointe de 8,14 en février.

L'évolution est la même, mais la mortalité a été, au cours de cette période, beaucoup plus importante à Auschwitz et surtout, semble-t-il, à Maïdanek: c'est l'effet des épidémies diverses qui ont frappé les camps de Pologne à cette époque (à la fin de la guerre, alors que les camps de l'Est sont libérés, elles frapperont les camps de l'Ouest). Il est à noter que la seule ventilation par camp que donne Pohl porte sur août '43 et qu'elle donne pour Auschwitz un taux un peu plus élevé que celui que nous trouvons (2.380 décès soit 3,22% contre 1.534 décès soit 2,07%); le fait qu'il manque 2 jours dans le Sterbebuch d'août '43 ne peut expliquer l'écart. Pour Mattogno, cet écart pourrait s'expliquer par le fait que les Sterbebücher ne reprennent pas tous les décès du camp des femmes.

(123) Sur les 5.034 Juifs de Belgique déportés par la France, 317 soit 6,3% sont officiellement revenus: ils font partie de la statistique française.

On notera aussi qu'en plus de ces 24.906 Juifs déportés de Belgique à Auschwitz, 218 Juifs "protégés" ont été déportés en '43/'44 à Buchenwald, Ravensbruck, Bergen-Belsen et Vittel. Précédemment, en 1941, selon Reitlinger, 83 familles juives polonaises avaient été "rapatriées" d'Anvers en Pologne et en février/mars '42, un "nombre beaucoup plus grand" avaient été envoyés dans les usines textiles du ghetto de Lodz (Pologne annexée par le Reich).

(124) Il s'agissait de Juifs de diverses nationalités ayant obtenu un passeport d'un des pays belligérants ou d'un pays neutre; ils étaient regroupés en compagnie de ressortissants britanniques et nord-américains dans les palaces de Vittel. Les seuls décès constatés à Vittel furent dus à des suicides: certains Etats sud-américains ne reconnurent pas les passeports dont se prévalaient certains Juifs polonais et les Allemands les déportèrent à Auschwitz; quatre de ces malheureux préférèrent se donner la mort. (Adam Rutkowski, "Le Monde Juif" n·?/1984.) Parmi eux, aucun Juif de Belgique.

(125) Pour des raisons bien compréhensibles, des désinences yiddish comme Sztejn sont souvent devenues Stein, et les prénommés Moszek ont souvent choisi de se faire appeler Moïse, Maurice ou Mauritius. On trouve même dans le Mémorial, 2 graphies du nom de la mère (morte en déportation) d'un historien célèbre et 3 graphies de celui de son père (déporté mais revenu). L'examen des publications légales dans les Annexes du Moniteur confirme la difficulté de toute enquête privée: par exemple, on y trouve une quatrième graphie du nom du père de cet historien; ou encore, on relève que des responsables d'associations changent de nom ou de prénom d'une année à l'autre; on en rencontre même un dont le nom est orthographié de deux façons différentes dans le même acte officiel. Pour compliquer les choses, les prescriptions en matière de publication légale ne sont même pas toujours respectées.

(126) 60% des Juifs de Belgique déportés étaient d'origine polonaise, 18 % d'origine allemande; 5% étaient Belges, 3% Français, les autres (9%) étant Hollandais, Roumains, d'origine autrichienne, etc...

(127) Disons dès maintenant que, par contre, chez les déportés juifs de Hollande, il y aurait eu une majorité de ressortissants néerlandais de souche mais qu'il n'en serait pas pour autant revenu davantage que de Juifs de Belgique ou de France.

(128) Soit, en gros, 27.000 restés en Belgique, 1000 revenus de déportation, 8 à 10.000 revenus d'exil (Cuba, USA, Angleterre, Suisse, ... ) et 5.000 transitaires (probablement Juifs de l'Est) qui se fixèrent en Belgique.

(129) Les Allemands n'ont répertorié que 14 Belges" dans ce 25ème convoi mais comme on ignore le Critère retenu pour cette classification, on ne peut pas en conclure qu'au moins 50% (7 Belges sur ces 14) sont revenus. Il reste que rien ne permet d'affirmer que le convoi était composé d'une forte proportion de "Belges", encore qu'il est sûr qu'il y en ait eu plus de 14. On a une situation identique dans le 26ème convoi: les autorités françaises n'avaient retrouvé que 9 déportés jusqu'à ce que Klarsfeld en retrouve 8 de plus en s'adressant aux autorités belges.

(130) Je ne voudrais pas paraître mesquin mais je me crois obligé de signaler que Korherr les reprend dans les évacués. Cette remarque permet au moins de savoir à quel endroit il a "saisi" certains chiffres.

(131) Entrée du Kalendarium le 17/1/'44: Arrivée du 23ème convoi de Belgique composé de 657 déportés dont 309 hommes adultes (...) Après la sélection, 140 [il s'agit probablement d'une coquille et il faut lire 139 comme indiqué dans la statistique belge] sont immatriculés (...) Tous les autres sont gazés.

(132) Il pourrait même y avoir mieux: il n'y eut, affirme -- probablement à tort -- le Mémorial, aucun immatriculé dans le convoi belge n·6 et tous ceux qui arrivèrent à Auschwitz furent gazés anonymement à l'arrivée. Or, on retrouve 19 de ces supposés gazés à l'arrivée dans les registres mortuaires d'Auschwitz!

On notera que cette rubrique fort dérangeante des "identifiés à Auschwitz et autres camps" a disparu de la statistique belge en 1994!

(133) Entrée du Kalendarium le 2/8/'44: Arrivée du 26 ème convoi de Belgique composé de (...) 24 garçons et de (...) 23 filles. (...) Tous les non-immatriculés, dont les 47 enfants, sont gazés.

(134) Il est à noter que les 10 revenus ne font peut-être même pas partie des 12 identifiés par la Croix-Rouge: c'est donc 12 à 22 enfants sur 47 qui, à coup sûr, n'ont pas été gazés. Pourquoi aurait-on gazé les autres? Comme nous l'avons vu dans le tome 1, parmi ces enfants gazés (et rescapés à la fois), les témoins Marie P. et Bela S., le frère cadet de Bela (qui lui, malheureusement, est sans doute mort en captivité), et peut-être aussi la copine Suzy de Bela.

(135) En ce qui concerne les Belgcs de France, un garçon de moins de 7 ans (déporté en 1942) et une fillette de moins de 5 ans (déportée en 1944) sont également revenus.

(136) La mère et la fille sont restées à Auschwitz jusqu'à l'arrivée des Russes en janvier '45. La mère déclara qu'elle ne savait rien du sort des autres déportés de leur convoi.

(137) Un chercheur français, Claudine Cardon, a donné, lors d'un colloque organisé par la Fondation Auschwitz en 1992, des chiffres concernant un convoi non racial français arrivé à Auschwitz le 9/7'42, c'est-à-dire d'un convoi de déportés non soumis à l'épreuve de la sélection pour la chambre à gaz:
-- après 9 mois: 160 rescapés sur 1.170 détenus soit 14%;
-- ralentissement de la mortalité à partir du printemps '43;
-- en août '44, les 3/4 environ des rescapés sont tranférés;
-- à la fin de la guerre: 122 rescapés soit 10,4% contre 60% habituellement dans les convois non raciaux français. L'allure générale de la mortalité de ce convoi est la même que celle que nous avons trouvée mais en plus marqué: davantage de morts en 1942 et beaucoup moins de morts par la suite (et même très peu: 38 morts "seulement" sur les 160 rescapés au 31/3/'43 (soit 1%/mois), alors qu'il restait plus de deux ans de captivité, les "marches de la mort" pour environ un quart d'entre eux et le chaos final dans les camps de l'Ouest pour tous.)
(138) Le camp de concentration (KL) de Varsovie a été créé en juillet 1943 sur les ruines du ghetto avec mission de les déblayer; c'était un camp autonome, dont les archives (en particulier les registres d'Etat Civil) ne nous sont pas parvenues. En 1944, ce KL, ainsi que les camps de travail des districts de Lublin et de Radom, furent rattachés administrativement au KL Maïdanek. 3.700 détenus d'Auschwitz y furent transférés en 4 convois du 31/8/'43 à la fin de 1943. Reitlinger, de son côté, parle notamment d'un petit convoi de Juifs du Reich venus de Minsk en Biélorussie (ce qui en dit long sur l'itinéraire qu'ont suivi beaucoup de Juifs, ballotés d'un coin à
l'autre), d'un convoi de Juifs hollandais venu d'Auschwitz le 7/10/'43 et de 2 convois de Juifs grecs venus d'Auschwitz et de Majdanek les 8 et 12/10/'43. En 1944, 3.000 Hongrois y auraient été transférés en 2 convois; néanmoins, devant l'avance russe, on aurait aussitôt commencé à évacuer le camp vers Auschwitz et Plaszow (camp de travail dont les détenus furent, par la suite, évacués vers Auschwitz). A fin juillet 1944, les derniers détenus du camp de Varsovie furent évacués vers Dachau (notamment Kaufering) où le typhus et les misères de toutes sortes, résultat du chaos final, les frappèrent durement. Seuls, quelques centaines de détenus (dont des Belges) restèrent au camp et furent libérés lors de l'insurrection de Varsovie en août 1944, à
laquelle ils participèrent: ils ne durent pas être bien nombreux à en rèchapper. L'histoire du camp de Varsovie a été exposée en détails par Adam Rutkowski dans "Le Monde Juif" d'avril-août '93 ("Le camp de concentration pour Juifs à Varsovie.19 juillet 1943 -- 5 août 1944").
(139) % morts juifs dans les Sterbebücher d'après Grotum et Parcer:
2ème sem. '41: 11,9% 3ème trim. '42: 67,7 2ème trim. '43: 2,9
ler trim. '42: 14,0 4ème trim. '42: 63,5 3ème trim. '43: 10,1
2ème trim.'42: 59,0 ler trim. '43: 41,3 4ème trim. '43: 5,2

(140) Il est exact, par contre, qu'en fin '43, il y eut une troisième épidémie de typhus et, apparemment, devant l'ampleur de la catastrophe, l'Etat Civil d'Auschwitz fut défaillant: toute une série de décès de femmes juives (environ un millier reprises dans un document intitulé "Sterbeverzeichnisse 16") ne fut pas traitée en temps normal et a probablement fait l'objet d'une régularisation en janvier 1944 (ce fut vraisemblablement également le cas d'un nombre -- moins important -- d'hommes, juifs et non juifs). Parmi ces femmes (dont le décès a été acté les 6, 7 et 8/12/'43), 23 Belges soit:

-- 1 dans le convoi 6 (on notera que d'après la statistique belge, toutes les femmes de ce convoi ont été gazées à leur arrivée en 1942!)
-- 3 dans le convoi 20,
-- 7 dans le convoi 21,
-- 12 dans le convoi 22.
Chez les hommes de cette "Sterbeverzeichnisse 16" (il y en aurait quelque 500), on relève 2 Belges du convoi 21 (décès acté entre le 1 et le 7/1/'44).
Il est bien possible que ces 1.500 hommes et femmes, dont les 25 Belges, aient été euthanasiés et on peut supposer qu'il y a eu des cas semblables, encore que plus nombreux, lors de la première épidémie de 1942.
Notons aussi qu'on relève les noms de 3 Belges (des hommes) des convois 8, 20 et 22 dans un "Bunkerbuch " de septembre '43, période pour laquelle les actes de décès ont été perdus. Ces trois malheureux ont vraisemblablement été fusillés.

(141) Seule exception: le "Camp des familles" des Juifs venant de Theresienstadt, mais ce camp fut créé tard dans l'année '43.

(142) Le cas des Juives belges immatriculées est incompréhensible. En ce qui concerne les hommes immatriculés, la proportion de rescapés augmente bien entendu avec le temps; ainsi, en est-il rentré 1,4% du premier convoi et 29,1% du dernier. Chez les femmes, on trouve un phénomène identique mais sans commune mesure: s'il n'est rentré que 0,3% des femmes immatriculées du premier convoi alors qu'on en trouve relativement peu dans les Sterbebücher de 1942 et 1943, il en est rentré 85,4% du dernier! Si on admet que le chaos final de 1945 en a fait mourir un grand nombre sur les routes et dans les camps de l'Ouest, on doit donc admettre qu'il n'en est pas mort de ce dernier convoi à Auschwitz. Dès lors, pourquoi beaucoup moins de femmes que d'hommes sont-elles rentrées des premiers convois et pourquoi beaucoup plus de femmes que d'hommes sont-elles rentrées des derniers convois? On y verra, en tous cas, l'indice que le sommet de la tragédie (à l'exception de 1942) n'a pas été Auschwitz mais ailleurs.

(143) Bd du Triomphe, Campus de la Plaine CP 235, 1050 Bruxelles.

 

SUITE ---------------------------------> | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 |
++++++++++++++++++++++++++
LA CONTROVERSE SUR L'EXTERMINATION DES JUIFS PAR LES ALLEMANDS, Notes de lecture de Jean-Marie Boisdefeu, 2ème édition, 1996, Vrij Historisch Onderzoek , Tome 1: Réalités de la solution finale,, ISBN: 90 73111 19 6, Wettelijk Depot: D/5727/1996/2, NUGI 648, V.H.0., Postbus 60, B-2600 Berchem. 2, België (VIaanderen). Verantwoordelijk voor uitgave en verspreiding: Herbert Verbeke


Ce texte a été affiché sur Internet à des fins purement éducatives, pour encourager la recherche, sur une base non-commerciale et pour une utilisation mesurée par le Secrétariat international de l'Association des Anciens Amateurs de Récits de Guerre et d'Holocauste (AAARGH). L'adresse électronique du Secrétariat est <aaarghinternational@hotmail.com>. L'adresse postale est: PO Box 81475, Chicago, IL 60681-0475, USA.

Afficher un texte sur le Web équivaut à mettre un document sur le rayonnage d'une bibliothèque publique. Cela nous coûte un peu d'argent et de travail. Nous pensons que c'est le lecteur volontaire qui en profite et nous le supposons capable de penser par lui-même. Un lecteur qui va chercher un document sur le Web le fait toujours à ses risques et périls. Quant à l'auteur, il n'y a pas lieu de supposer qu'il partage la responsabilité des autres textes consultables sur ce site. En raison des lois qui instituent une censure spécifique dans certains pays (Allemagne, France, Israël, Suisse, Canada, et d'autres), nous ne demandons pas l'agrément des auteurs qui y vivent car ils ne sont pas libres de consentir.

Nous nous plaçons sous la protection de l'article 19 de la Déclaration des Droits de l'homme, qui stipule:
ARTICLE 19 <Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontière, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit>
Déclaration internationale des droits de l'homme, adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU à Paris, le 10 décembre 1948.


aaarghinternational@hotmail.com


L'adresse émectronique de ce document est
<http://aaargh-international.org/fran/bsdf/jmb21.html>